09/03/2010
Au programme : Colin Firth, Londres et de la musique !
Parmi les dernières sorties cinéma, deux films très attendus sur lesquels je me suis précipitée récemment. Évidemment, A Single Man avec Colin Firth et un casting du reste irréprochable. Le spectateur suit pendant une journée un professeur de lettres sur le point de se suicider. Après seize ans de vie commune, George a perdu son compagnon dans un accident de voiture et tente de sauver les apparences depuis huit mois. Entre retours en arrière et vie quotidienne, le tout dans un cadre très 70's, ce film tient davantage du cinéma d'auteur que du blockbuster (et ça fait du bien !). Le grain rappelle les films des années 70, avec de nombreuses scènes très esthétiques appuyant avec justesse l'introspection à laquelle se livre George à l'approche de son suicide. Le tout servi par une bande originale puissante à se procurer immédiatement. Bref, un film à découvrir et pour les amateurs de Colin Firth, un rôle d'un nouveau genre dans lequel il excelle. A noter enfin la prestation de Julianne Moore, excellente en meilleure amie aux allures de Holly Golightly.

A Single Man, un film de Tom Ford, 2010*
* Apparemment produit en 2008
Autre film qui me tentait terriblement pour avoir vu sa bande-annonce irrésistible ! An Education était un film excessivement prometteur, avec son cadre très britannique, ses passages pleins d'humour, une bande-annonce sympathique et l'histoire de Jenny, jeune lycéenne brillante qui rencontre un homme bien plus mûr qui risque de bouleverser sa vie. La bande-annonce est un concentré des meilleurs extraits du film (ou presque) et donne une excellente idée de l'esprit qui y règne. Je me suis ré-ga-lée : les acteurs sont brillants, le scénario dense et bien rythmé, l'histoire racontée avec légéreté montre aussi l'étroitesse d'esprit des années 60 et soulève des questions intéressantes. Ajoutons à cela l'amour de Jenny pour la France et voilà la petite Frenchie amoureuse de l'Angleterre que je suis au comble du bonheur ! Un pur bonheur, notamment dû à la fraîcheur de l'actrice principale et à l'excellent jeu de son charmant tombeur. Un unique bémol, une énorme frustration : la chute, qui m'a laissée pantoise après un film tout bonnement excellent. La fin est convenue, banale et moralisatrice... dommage que le tout ne se soit pas achevé sur une dernière scène un brin impertinente !



Enfin deux films dont je voulais parler très rapidement ici (quant à Bright Star, je ferai un billet à part). Gainsbourg, Vie héroïque (je m'interroge encore sur ce sous-titre qui me paraît un peu excessif, même si Gainsbourg est une légende ici et a eu un parcours à part). Je ne connais pas plus que ça cet artiste, d'autant plus que je l'ai surtout vu sur les plateaux télé des années 80. Le film revient sur son parcours, entre réalité et fantastique. L'acteur principal campe bien ce personnage atypique, le tout donne envie de ré-écouter Gainsbourg et fait rêver par moment à la vie de bohème. Laëtitia Casta était à mon avis tout indiquée pour le rôle de Bardot, les autres s'en tirent plutôt bien. Une bonne biopic quoi qu'il en soit.
Enfin, Coco Chanel & Igor Stravinsky, dont je ne connais pas la fin en raison de manifestations intempestives de mon voisin de cinéma qui avait décidé de se pencher sur mon siège et de m'asphyxier à l'aide de son odeur pestilentielle. Un film qui ne m'a pas énormément marquée (et pour cause) mais dont j'ai beaucoup apprécié le casting ainsi que les costumes et le cadre impeccables. L'histoire est surtout celle de ces créateurs qui peu à peu se rapprochent sous les yeux de la femme et des enfants de Stravinsky, sous le même toît. J'ai apprécié le traitement assez neutre de cette histoire, aucun personnage n'apparaissant sous des traits particulièrement sympathique ou innocent. Un hymne à la création, et un film qui sait rendre aussi bien hommage à l'élégance de Chanel qu'au génie de Stravinsky.
19:13 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : colin firth, a single man, an education, gainsbourg, coco chanel & igor stravinsky
06/03/2010
Come and follow us !

Ladies and gentlemen,
Dans la foulée du swap The Portrait of a Lady, Titine et moi vous proposons d'accompagner le swap de lectures tirées de la bibliographie (non exhaustive) préparée pour les valeureuses participantes. Pour ceux et celles qui le souhaitent, n'hésitez pas à découvrir quelques-uns de ces titres d'ici la fin du mois d'avril, en nous indiquant les liens vers vos billets dans les commentaires de ce message (ou de celui publié en parallèle par ma coéquipière de choc !). Pour le 1er avril, nous avions déjà prévu de lire Orlando de Virginia Woolf, mais toute publication woolfienne à cette date est également la bienvenue !
J'en profite pour remercier les participantes du swap qui, non contentes d'être adorables avec nous, font preuve d'un enthousiasme communicatif idéal pour coacher les deux victoriano-british-classic lovers que nous sommes !
Et voici la fameuse biblio :
Les écrivains :
AUSTEN Jane
-Orgueil et préjugés
-Raison et sentiments
-Emma
-Persuasion
-Northanger Abbey
-Lady Susan
-Mansfield Park
-Sanditon/Les Watson
-Lady Susan
-Juvenilia
BOWEN Elizabeth
-Les coeurs détruits
-La chaleur du jour
-Les petites filles
-Dernier automne
-Emmeline
-Eva Trout
-L’amant démoniaque
-L’adultère
-La maison à Paris
-Sept hivers à Dublin (autobiographie)
BRADDON Mary Elizabeth
-Sur les traces du serpent
-Le secret de Lady Audley
-L’héritage de Charlotte
-Aurora Floyd
-Lady Lisle
-La femme du docteur
-Le triomphe d’Eléanor
-Henry Dunbar
-Les oiseaux de proie
-L'héritage de Charlotte (suite du livre précédent)
BRONTE Anne
-La recluse de Widfell Hall
-Agnès Grey
BRONTE Charlotte
-Jane Eyre
-Le professeur
-Villette
-Shirley
BRONTE Emily
-Les Hauts de Hurlevent
BROUGHTON Rhoda
-Belinda (v.o)
-Good bye, sweetheart! (v.o)
-Nancy (v.o)
CHRISTIE Agatha
-Les aventures d’Hercule Poirot
-Les aventures de Miss Marple
-Les aventures de Tommy et Tuppence
et beaucoup d'autres !
COMPTON-BURNETT Ivy
-Une famille et une fortune
-Des hommes et des femmes
-Un héritage et son histoire
-Une famille et son chef
-Excellence de nos aînés
-Un Dieu et ses dons
-Deux mondes et leurs usages
-Frères et soeurs
CORELLI Marie
-A romance of the two tales (en v.o et en occasion)
-Barabbas (en v.o)
-Vendetta (v.o)
-Innocent, her fancy and his act (v.o)
-Ziska (v.o)
-Holy orders, the tragedy of a quiet life (v.o)
EDWARDS Amelia
-Une dame dans les Dolomites
-Monsieur Maurice
ELIOT George
-Middlemarch
-Le Moulin de la Floss
-Daniel Deronda
-Silas Marner
-Adam Bede (v.o)
-Felix Holt, the Radical (v.o)
-Romola (v.o)
GASKELL Elizabeth
-Nord et Sud
-Cranford
-Femmes et filles
-La vie de Charlotte Brontë
-Lady Ludlow
-Mary Barton (v.o)
-Sylvia’s lovers (v.o)
-Ruth (v.o)
-Cousin Phillis (v.o)
-La sorcière de Salem (en occasion)
GOUDGE Elizabeth
-L’arche dans la tempête
-Le pays du dauphin vert
-La colline aux gentianes
-Les amants d’Oxford
-La cité des cloches (en occasion)
-La vallée qui chante
-L’appel du passé (en occasion)
-Le domaine enchanté (en occasion)
-Le secret de Moonacre
HAYS Mary
-Memoirs of Emma Courtney
HUNT Violet
-La nuit des saisons mortes
-South lodge (v.o)
-Prisonners of the tower of London (v.o)
-A hard woman (v.o)
-Lord Roberts (v.o)
-The flurried years (v.o)
LEE Vernon
-La voix maudite
-Les épées de l’effroi (en occasion)
LEHMANN Rosamund
-Poussière
-Une note de musique
-Un jour enseveli
-L’invitation à la valse (en occasion)
MAYOR Flora M.
-La troisième miss Symons
OLIPHANT Margaret
-Sheridan (v .o)
-The rector and the doctor’s family (v.o)
-Hester (v.o)
-Miss Marjoribanks (v.o)
-Old lady Mary (v.o)
PYM Barbara
-Lorsqu’un matin d’orage
-Un brin de verdure
-Une demoiselle comme il faut
-Secret très secret
-Moins que les anges (en occasion)
-Adam et Cassandra
-Une question purement académique (en occasion)
-Les ingratitudes de l’amour (en occasion)
-Crampton Hodnet
-Une corne d’abondance
-La douce colombe est morte
-Jane et prudence (en occasion)
RADCLIFFE Ann
-Les mystères d’Udolphe
-The Italians (v.o)
RHYS Jean
-Rive gauche
-Voyage dans les ténèbres
-Quai des Grands-Augustins
-Bonjour minuit
-La prisonnière des Sargasses
-L’oiseau moqueur et autres nouvelles
-Les tigres sont plus beaux à voir
SACKVILLE-WEST Vita
-Plus jamais d’invités !
-Toute passion abolie
-Paola
-Haute société
-Au temps du roi Edouard
-Portrait d’un mariage
-Séducteur en équateur
-Una aristocrate en Asie (récit de voyage)
-Histoire de famille (en occasion)
-Ceux des îles (en occasion)
-Les invités de Pâques (en occasion)
SHELLEY Mary
-Frankenstein
-Le dernier homme
-Maurice ou le cabanon du pêcheur
-Beatrice Cenci
-La jeune fille invisible
-Mathilda (v.o)
STRACHEY Julia
-Drôle de temps pour un mariage
TOWSEND WARNER Sylvia
-Une lubie de monsieur Fortune
-Laura Willowes
-Les royaumes des elfes
-Le c?ur pur
-Le diable déguisé en belette
VON ARNIM Elizabeth
-Vera
-Avril enchanté
-En caravane
-Love
-Mr Skeffington
-Christopher et Columbus
-L’été solitaire (en occasion)
WOOLF Virginia
-Mrs Dalloway
-Les vagues
-Orlando
-La promenade au phare
-Une chambre à soi
-Ce que je suis en réalité demeure inconnu
-La traversée des apparences
-Les années
-Trois guinées
-La fascination de l’étang
-La maison de Carlyle
-La scène londonienne
-L’art du roman
-Instants de vie
-De la maladie
-Comment lire un livre
-Journals
-Correspondance avec Lytton Stratchey
WOLLSTONECRAFT Mary
-A vindication of the rights of woman (v.o)
-Les fantômes des victoriennes
Les héroïnes
-Lorna Doone de Richard D. Blackmore
-Fanny Hill de John Cleland (érotique)
-La dame en blanc de W. Wilkie Collins
-L’hôtel hanté de W. Wilkie Collins
-Seule contre la loi de W. Wilkie Collins
-Pauvre miss Finch de W. Wilkie Collins
- La Femme Rêvée de W. Wilkie Collins
-Moll Flanders, Daniel Defoe
-Little Dorrit de Charles Dickens
-Avec vue sur l’Arno de E.M. Forster
-Tess d’Uberville de Thomas Hardy
-Portrait de femme de Henry James
-Daisy Miller de Henry James
-La muse tragique de Henry James
-L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence
-La fille perdue de D.H. Lawrence
-Carmilla de Sheridan Le Fanu
-La comédienne, Somerset Maugham
-La dame au linceul de Bram Stoker
-Esther Kahn, Arthur Symons
-Miss Mackenzie de Anthony Trollope
13:54 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : swap the portrait of a lady, english classics, british classics, classiques, challenges
28/02/2010
Beaucoup d'orgueil et encore plus de préjugés
Voilà un livre que Titine, Cryssilda et moi avons reçu pour le swap Peinture et Littérature, cadeau que nous avons eu envie de transformer en lecture commune. Ce roman m'avait intriguée à sa sortie, j'étais donc très contente de pouvoir me faire enfin ma propre opinion. Je regrette d'autant plus ce que je vais maintenant faire : un billet plutôt exaspéré qui risque bien de frôler la caricature - je m'en excuse d'avance, surtout auprès de l'adorable Nanne qui a eu la gentillesse de m'offrir ce roman, et que je remercie encore pour cette découverte malgré la rencontre manquée.
Il y est question de la baronne Betty de Rothschild qui, à sa mort, intègre son portrait peint par Ingres en 1848 et se retrouve dès lors dans une position privilégiée d'observatrice de ses enfants, puis de nouvelles générations. L'idée est sympathique, le sujet prometteur. Le tableau traverse les époques, connaît les musées, la seconde guerre mondiale, les salons mondains, ce qui devrait a priori offrir au lecteur un tableau des plus croustillants, passionnants, intelligents, que sais-je... enfin quelque chose en somme.
A partir de là, que de déconvenues ! Certes, Pierre Assouline écrit bien. On peut également souligner l'intérêt de quelques passages, comme cette période où la baronne observe les visiteurs d'un musée. On croise également de grandes figures, tels Balzac, Chopin et Heine.
Malheureusement, cette lecture s'est avérée d'un ennui mortel pour la pauvre lectrice que je suis ; je n'y ai vu qu'accumulation de noms et de titres, anecdotes répétitives et finalement, beaucoup plus de souvenirs (qui pour moi ne suivent pas non plus les chemins hasardeux de la pensée) que d'observations savoureuses faites par la nouvelle Betty en tableau. De nombreux passages semblent plus ou moins tirés de manuels d'histoire ou de chroniques mondaines (car Assouline a vraisemblablement fait un travail de recherche sérieux). Le tout ressemble à un assemblage disparate auquel l'auteur ne parvient pas à donner une quelconque direction, ni un véritable intérêt.
Enfin, j'ai été particulièrement gênée par les constantes allusions de la baronne à sa religion. Si j'en crois ce livre, en résumé, la baronne de Rothschild était riche, et juive (au final je ne retiendrai que ça, à l'exception de son influence dans la société mondaine, c'est un peu léger). Ces deux constantes sont lourdement rappelées à longueur de temps par une Betty rendue antipathique par ses remarques creuses et une tendance à se placer en fausse victime, attitude que j'ai rapidement trouvée insupportable. Dommage de résumer ce personnage à cela !
Alors que la baronne explique que dans sa famille, l'on se devait d'épouser un Rothschild ou, à défaut de mieux, une personne de confession juive, elle dit ensuite au sujet d'une noblesse frileuse vis-à-vis des "Israélites": "et si une société sans mélange s'avérait être une société sans éclat ?" (p81). Passons l'incohérence, mais pourquoi revenir sans cesse sur les mariages entre cousins, oncles et nièces et autres de la famille ? La réponse est sans doute là : "Quand cesseront-ils de nous imaginer en autant de Lilith au vagin denté ? Nous sommes comme les autres, seulement un peu plus." (p129)
Bref, ce livre dessert cette pauvre Betty de Rothschild qui, peut-être, aurait été plus à même de se présenter avec moins d'a priori et d'opinions convenues. Une vraie déception, je ne le recommande absolument pas.
Egalement lu par Titine, dans le cadre d'une lecture commune, et par Malice, Wictoria, clochemerle, Tania, Liliba, Jules , Joelle

319 p
Pierre Assouline, Le Portrait, 2007
16:41 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : assouline, le portrait, rothschild, roman français
26/02/2010
Et mon 400ème billet sera victorien !
... si ce n'est pas beau ça !
Continuons donc avec Wilkie Collins et Une belle Canaille, recommandé par Cryssilda et lu d'une traite en décembre.
Un roman d'un genre très différent, beaucoup plus marqué par les traits d'humour et le ton ironique du narrateur. On y découvre les mémoires de Frank Softly, la belle canaille prête à faire notre bonheur avec le récit très divertissant de ses frasques diverses et variées. Si je m'attendais à un personnage sombre, j'ai plutôt rencontré un fils de bonne famille trop enclin à gaspiller l'argent et à s'amuser pour suivre les traces de son père médecin. Un jeune homme au final prêt à tout pour gagner son pain quotidien (où devrais-je dire, ses loisirs quotidiens), à commencer par se lancer dans la caricature et profiter du salon de sa grand-mère pour croquer les invités et son aïeule à leur insu.
Son parcours mouvementé lui vaut un petit séjour en prison jusqu'à ce que, après quelques menus tracas, Frank soit contraint d'aider un faux-monnayeur sous la menace.
Curieusement, malgré mon enthousiasme premier, ce court roman ne m'a pas particulièrement marquée et je m'arrache un peu les cheveux pour me souvenir de certains passages. Ceci dit, c'est une lecture que j'ai particulièrement appréciée. J'ai aimé le ton irrespectueux du narrateur, son comportement provocateur au sein d'une société victorienne où il était de bon ton d'afficher une morale en apparence irréprochable. Ce roman qui fait écho à Barry Lyndon est un joli pied de nez aux contemporains de Wilkie Collins, avec cet anti-héros qui s'amuse de ses frasques, tourne en dérision les conventions respectées par son honorable famille et finit riche et heureux en amour, en récompense de son parcours de coquin. Je regrette en revanche la chute à mon avis un peu rapide et, pour être honnête, j'ai davantage goûté la première partie, plus savoureuse et impertinente à mes yeux.
Toujours est-il que c'est en quelque sorte ce livre qui a vraiment créé un déclic chez moi et m'a donné envie de lire, que dis-je, de dévorer les romans de Wilkie. Un roman très léger, écrit en grande partie à Paris, pendant une joyeuse période de débauche en compagnie de Charles Dickens (d'après l'éditeur). Si vous aimez l'humour anglais, le ton railleur de ce narrateur loufoque risque bien de faire votre bonheur !
D'autres avis : Cryssilda, Schlabaya

174 p
Wilkie Collins, Une belle canaille, 1856 (année de rédaction)



18:30 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : une belle canaille, wilkie collins, littérature victorienne, littérature anglaise, roman anglais, époque victorienne, londres, angleterre, angleterre xixe, xixe
23/02/2010
Première étape de wilkinisation
Tentons de profiter du week-end pour rédiger quelques billets sur les nombreuses lectures en retard... et puisque je meurs d'envie de vous parler de L'Hôtel hanté de Wilkie Collins, je devrais en théorie vous parler également de deux de ses livres que j'ai découverts fin 2009. Commençons par le premier, Profondeurs glacées, dont je me suis régalée peu avant mon voyage à Londres.
A priori, ce titre ne m'attirait pas du tout. Je préfère la chaleur au froid (c'est d'ailleurs sans doute pour ça que j'aime tant l'Angleterre...), je n'aime pas trop les récits d'aventures, encore moins ceux qui se déroulent à fond de cale et je dois dire que toute cette glace empilée sur la couverture avait tendance à me faire fuir, moi qui cherchais un bon Wilkie plein de fiacres, de maisons londoniennes et de gentlemen and ladies peu fréquentables.
Puis j'ai lu Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier, histoire vraie de l'expédition tragique du capitaine Franklin, qui cherchait alors un passage à travers le Pôle Nord pour atteindre plus rapidement l'Orient. Immense coup de coeur que cette lecture, qui m'a en partie réconciliée avec les bateaux et la glace, en tout cas suffisamment pour me donner envie de lire Profondeurs glacées, dont le sujet est très proche... et pour cause, puisque Wilkie Collins s'est inspiré de l'histoire du capitaine John Franklin, au coeur du roman de Dominique Fortier.
Neuf ans près le départ des deux bateaux composant l'équipage, des traces de l'expédition sont retrouvées au Groënland. Dont quelques tombes et des restes humains laissant penser que pour tenter de survivre, les marins ont dû se nourrir des restes de leurs camarades.
Si le cadre est plus ou moins le même, Profondeurs glacées traite d'un sujet tout autre. Hébergée chez Crayford, l'un des officiers s'apprêtant à partir au Pôle Nord, Clara est amoureuse d'un certain Francis, après avoir invonlairement laissé quelques espoirs à Richard Wardour, parti en Afrique pour revenir promu à un plus haut grade et en mesure de demander sa belle en mariage. Lorsque Wardour arrive, il découvre que Clara s'est donnée à un autre et profère des menaces à l'encontre de ce dernier. Et Wardour de s'embarquer à bord d'un des deux vaisseaux de l'expédition à l'instar de Francis, sans savoir qu'il suit son rival.
Mortifiée, Clara dépérit à Londres en pensant à la menace qu'il représente pour Francis. Et je ne vous en dirai pas plus, à vous de découvrir la suite...
Sans être un chef-d'oeuvre, Profondeurs glacées est un curieux ouvrage, qui mélange l'art du roman et du théâtre (il s'agit en effet à l'origine d'une pièce). Chaque partie est introduite par quelques indications : "L'action se déroule il y a vingt ou trente ans. La scène se passe dans un port de mer en Angleterre. Il fait nuit, et l'occupation du moment est la danse" (p21). Autant vous dire qu'il se dévore en rien de temps et se déguste avec grand plaisir, même s'il est un peu léger et qu'une fois de plus Wilkie Collins a placé devant moi une héroïne comme je les déteste, falote, maladive, nombriliste, égoïste, molle et bêtasse - une héroïne que j'ai eu envie de secouer pendant la moitié du livre avant de regretter que son état dépressif ne l'amène pas rapidement sur les quais de la Tamise.
Les conditions de vie et les méthodes de survie des marins occupent une place centrale dans la seconde partie du roman, avec au passage une petite dose de morale incarnée par Wardour, le héros malheureux.
Ce n'est sans doute pas le meilleur livre pour découvrir Wilkie Collins. Tant par la forme que par le fond, il diffère radicalement de ses autres écrits. C'est cependant une lecture très agréable, peut-être à recommander en priorité aux amateurs de Collins et de littérature victorienne.

135 p
Wikie Collins, Profondeurs glacées, 1856



14:00 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : wilkie collins, profondeurs glacées, john franklin, angleterre, angleterre xixe, roman victorien, époque victorienne, angleterre victorienne
20/02/2010
Je veux le miel et le vin...
Voilà un livre devant lequel j'ai beaucoup tourné, avancé, reculé et hésité en librairie, malgré les avis plutôt favorables de la blogosphère. Au mois de janvier, prise d'une subite envie de romanesque, je me suis enfin jetée à l'eau et bien m'en a pris - je suis certaine que parmi ses lecteurs, beaucoup seront de mon avis !
Durant toute la période de la Révolution, Miel et Vin suit le parcours de Judith et de Charles, voués à se rencontrer, se perdre pour se retrouver à nouveau. Tous deux ont été élevés par des nobles de province, bien qu'elle ne soit qu'une enfant retrouvée et lui un bâtard seulement devenu héritier suite à l'accident de cheval de son demi-frère. L'une a eu une enfance dorée, l'autre a fait l'objet de superstitions idiotes et a été maltraité en conséquence.
Si tous deux sont attirés dès le premier regard, ce n'est pas ensemble qu'ils construisent leur vie. Plein de rancoeur, Charles fera partie des fanatiques de la Révolution, tandis que Judith épousera un noble bordelais libéral partisan d'une monarchie constitutionnelle. Du Périgord, les amants maudits montent par des chemins détournés à Paris où, après l'effervescence joyeuse des premiers jours de la Révolution, la Terreur s'impose progressivement.
Si ce roman m'a conquise, c'est avant tout pour ses qualités romanesques. Voilà un vrai roman, fourni, dense, construit autour d'une histoire aux multiples rebonds et aux personnages bouillonnants. En ce sens, il va à contre-courant de cette tendance française aux romans épurés qui ne rassasient pas toujours la lectrice que je suis (d'où mon goût pour les romans du XIXe et les auteurs anglo-saxons).
L'histoire elle-même m'a plu pour son cadre historique, les inventions de l'oncle loufoque, la librairie incroyable du village, les brèves rencontres avec Camille Desmoulin et Olympe de Gouges, les descriptions pleines de fièvre et la légère aura de fantastique qui plane autour de l'introduction.
Curieusement, l'histoire de Charles et de Judith n'est pas ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman. Malgré l'intérêt et le parcours de ces deux personnages, leur histoire empreinte de fatalisme est un peu trop romantique à mon goût (les événements les séparent, mais peu importe, ils sont faits pour être ensemble et ne peuvent lutter contre l'autre dès qu'ils se retrouvent). J'aurais aimé que certains personnages soient davantage présents, comme le mari de Judith ou sa soeur, qui disparait brutalement du récit (heureusement, on découvre à la fin ce qu'elle est devenue, ce qui m'a évité quelques nuits blanches). Enfin, ce roman aurait à mon avis pu être élagué d'une centaine de pages, car je lui ai trouvé quelques longueurs. Cependant ces réserves ne sont que de petits bémols par rapport au grand plaisir que m'a procuré cette lecture, qui s'est avérée une très belle surprise. La preuve : j'ai terminé la lecture de ce roman il y a un mois et il est encore très présent à mon esprit, bien plus que d'autres lectures faites en même temps.
J'attends de pied ferme le prochain roman !
Quelques avis (mais ils sont nombreux, n'hésitez pas à me laisser votre lien dans les commentaires) : Malice, Fashion, Kathel, Keisha

542 p
Myriam Chirousse, Miel et Vin, 2009
13:21 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : myriam chirousse, miel et vin, révolution française, roman français
17/02/2010
Un petit coup de soleil
Je viens de dévorer L' Hôtel Hanté de Wilkie Collins et ne désespère pas de vous en parler rapidement (après tout ce n'est qu'un livre de plus parmi les 7 ou 8 qui attendent déjà)... mais, avant de prendre un ferry pour rejoindre ma très chère Angleterre (victorienne ou pas), j'ai préféré retrousser mes manches et soulever mes jupons pour vous guider en Australie, en compagnie de Paul Wenz.
Auteur oublié, Paul Wenz est aujourd'hui mis en avant par les éditions Zulma qui une fois de plus, remettent au goût du jour des classiques encore trop méconnus. Né en 1869 en France, Wenz s'établit en 1892 en Australie où il rencontre Jack London.
Dans son roman L'Echarde, le lecteur est plongé au coeur du bush, où deux familles voisines vont peu à peu être amenées à se livrer une guerre sans relâche. Au coeur de ce conflit, une femme étranglée par la jalousie, dont la haine se nourrit au fil des années de menues contrariétés.
Ce roman à l'écriture musicale est d'abord un vibrant hommage aux grands espaces :
"L'oreille apprend à aimer tout ce qui est le chant des oiseaux, le bêlement des moutons, les cloches que portent les chevaux entravés et qui tintent à chaque broutement, la plainte de la moindre brise dans les aiguilles des "chênes taureaux". Il y a aussi le silence, qui se perçoit aussi bien que les bruits, et qui n'est que la respiration de la nature endormie.
Les yeux sont pleins du bleu pâle du ciel, si pâle parfois qu'il semble avoir été mangé par le soleil comme la peinture d'une porte de jardin ; du rose des dunes de sable, qui colore les toisons des troupeaux; de l'ocre de la terre ou de la grande tache couleur ardoise d'un lac desséché." (p119)
Beaucoup de courtes scènes se succèdent pour planter le décor: tours du propriétaire à cheval, pique-nique en bord de rivière, départs pour la ville. A cela s'ajoutent des scènes d'intérieur qui donnent un bon aperçu de la vie au sein des grandes propriétés du début du XXe, avec une atmosphère très bien rendue.
L'Echarde, c'est aussi un personnage féminin central, une gouvernante qui, parce qu'elle n'a pas pu épouser son employeur, construit toute sa vie autour des multiples tracas qu'elle peut lui causer, sa jalousie tournant à l'obsession.
Un roman habilement construit (j'ai beaucoup apprécié les années qui glissent imperceptiblement au fil du récit) et agréable à lire ... un classique à redécouvrir !

223 p
Paul Wenz, L'Echarde, 1931

22:03 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : paul wenz, l'écharde, littérature classique, australie, jack london
08/02/2010
The portrait of a lady swap
Bienvenue dans notre salon ! Vous tombez bien, c’est justement l’heure du thé !
Vous aimez la culture britannique ? Les samedis pluvieux, vous adorez savourer Jane Austen ou Henry James assis près de la fenêtre, une tasse de thé bien chaude à portée de main ? Peut-être aimez-vous aussi les héroïnes au caractère bien trempé, les aventurières en jupon… quoi qu’il en soit, amis lecteurs, amies lectrices, si vous avez l’âme britannique et l’esprit joueur, ou même, si vous êtes simplement curieux, Titine et moi vous proposons de fêter le printemps et l’arrivée des beaux jours avec The Portrait of a Lady swap.

Le thème : les femmes dans la littérature britannique classique (jusqu’aux 1950’s), femmes écrivains ou héroïnes principales d’un roman écrit par un/une Britannique. Nous vous invitons notamment dans l’univers d’écrivains tels que Elizabeth Gaskell, Jane Austen, Ann Radcliffe, Mary Shelley, Vita Sackville, Virginia Woolf, Rosamund Lehmann, Violet Hunt, Vernon Lee, Barbara Pym, Mary Wollstonecraft, Elizabeth Goudge, Flora M. Mayor, Julia Strachey, George Eliot, les sœurs Brontë, Elizabeth Bowen; mais aussi DH Lawrence, Henry James (naturalisé Anglais), Charles Dickens, W. Wilkie Collins, EM Forster qui ont créé des personnages de femmes marquants. Nous vous enverrons une bibliographie avec le questionnaire.

Les colis devront contenir :
2 livres neufs : par exemple un livre de Virginia Woolf et L’Amant de Lady Chatterley de Lawrence
1 sweet thing, pour un moment de douceur, de détente : des sels de bain, un parfum d’ambiance, du thé… qui n’a d’autre limite que notre imagination et les goûts des swappés et swappées.
1 objet personnalisé en rapport avec le thème : fait main ou customisé en ligne par exemple (nous vous enverrons aussi des liens vers des sites très pratiques)… mugs, slat et bien d’autres choses !
1 carte personnalisée et en rapport avec le thème
Afin que ce swap reste un plaisir pour tout le monde, nous aimerions que les goûts des swappés soient le plus possible respectés et que les colis aient des proportions raisonnables ! Vous pouvez rajouter une ou deux petites choses du type marque-page si vous êtes très inspirés, le but du swap n’étant pas de se ruiner mais bien de s’amuser en faisant plaisir à sa swappée.

Les dates :
-Inscriptions jusqu'au 28 février
-Envoi des questionnaires le 5 mars
-Retour des questionnaires le 12 mars
-Redistribution le 14 mars
-Envoi des colis du 1er au 17 avril
-Publication des billets le 30 avril
20 places sont disponibles
Nous acceptons pour ce swap toutes personnes ayant un blog et nous accepterons en priorité les personnes que nous connaissons déjà (ou, si nous ne vous connaissons pas, merci de vous présenter en quelques mots et de rassurer les pauvres organisatrices angoissées que nous sommes). Et même s’ils participent peu aux swaps, gentlemen are very welcome as well !
Pour vous inscrire, merci d’envoyer un mail à cette adresse : theportraitofaladyswap@yahoo.fr

« Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature. » Virginia Woolf
Venez vous aussi regarder dans le miroir que nous tendent les femmes écrivains et les héroïnes, welcome to our swap !
Edit du 09/02/2010 : oyez oyez bonnes gens ! Je vois que l'objet "personnalisé ou customisé" vous fait peur car beaucoup d'entre vous me ressemblent terriblement, en ce sens qu'ils ne savent pas faire grand-chose de leurs dix doigts. Mais nous avons pensé à vous (et aussi à moi ou surtout à mon/ma pauvre swappé(e)) en ajoutant cet objet : pas besoin d'avoir des talents en tricot ni de savoir fabriquer quelque chose... bien sûr vous pouvez customiser à la main un objet existant, mais il existe aussi plein de boutiques, notamment en ligne, pour faire éditer vos propres objets collector à un prix tout à fait raisonnable. Don't be afraid (on ne veut tout de même pas torturer nos acolytes, enfin pas tout à fait !). Et en image, un petit exemple de ce qu'a reçu Cryssilda à Noël :
21:30 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note | Tags : swap, littérature britannique, portrait of lady swap, femmes en littérature
06/02/2010
Not us, just you !
Attention, ladies and gentlemen, gros coup de coeur en vue ! J'ai craqué à l'improviste pour une soirée Sherlock Holmes au cinéma et mamma !, je ne pouvais pas trouver de meilleur moyen d'amorcer le week-end !
Je m'attendais à être dépaysée, je l'ai été. Exit le vieux limier à l'imperméable immonde, les quinquagénaires et l'embonpoint du bon vieil "associé".

Côté intrigue, le scénariste n'y est pas allé par quatre chemins : une secte adepte de magie noire, un complot au niveau national, un retour d'entre les morts, une fiancée pour Watson et le retour de l'ex-maîtresse de Holmes, voleuse de son état. Alors pas le temps de s'ennuyer (même dans une salle de cinéma gelée, blottie derrière une étole). Je dirais même que le scénario est parfois un brin chargé, qu'on loupe éventuellement quelques détails techniques et que les scènes d'action (bagarres, courses et explosion diverses et variées) encombrent peut-être un peu trop l'ensemble - malgré une réalisation impeccable.
A part ces quelques réserves qui n'en sont pas vraiment tant j'ai apprécié ce film, rien que du bon, du très bon et même du succulent ! Tout d'abord l'esthétique en général : musique absolument parfaite et décalée, plans et éclairages soignés, costumes et décors bluffants, le tout arrosé du plus beau générique de fin que j'aie jamais vu. Et s'il n'y avait que ça... mais il y a également le casting parfait, l'humour et l'ironie et, plus que tout, cette réinterprétation moderne des deux personnages légendaires. Holmes est un parfait compromis entre le beau tombeur et l'excentrique bougon un poil névrosé. Watson n'est plus son ombre, mais bien un égal fort, intelligent et presque aussi caustique que son illustre compère.


Et si vous aimez Londres et le XIXe, les vues de la capitale sont magnifiques (peut-être les plus belles scènes dans une Londres victorienne pour moi).
C'est Guy Ritchie qui doit se frotter les mains, maintenant on saura ce qu'il a fait en dehors de son mariage avec Madonna !

04/02/2010
Lire, c'est mortel !
Aujourd'hui sort un roman policier du genre poilant et absurde, La Commissaire n'aime point les vers, dernier rejeton de Georges Flipo (dont j'ai déjà lu Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur).
Malgré un enthousiasme vacillant pour les polars (frôlant même la récession), j'ai été attirée par le sujet plutôt atypique, aux légers accents ffordiens. Un sonnet inédit de Baudelaire sème un vent de panique sur Paris, car tous ceux qui le tiennent entre leurs mains sont bientôt victimes de tentatives d'assassinat (ou d'assassinats réussis, le cas échéant). Plutôt sulfureux pour le XIXe, le poème divise les experts et suscite l'enthousiasme de la presse, par l'odeur du sang alléchée. Ni une ni deux, l'affaire sera résolue par la commissaire Viviane Lancier qui, pour faire court : a quelques kilos en trop et change de régime tous les jours ; porte un tailleur rose quand elle veut bien s'habiller ; s'inflige des CD de Bach, qu'elle n'apprécie pas spécialement mais dont elle possède un coffret ; lit des polars, et seulement des polars ; regarde des polars à la télé ; et, chose primordiale s'il en est une, sait que chaque gant en pécari a son propre ADN. Comme il se doit, Viviane est flanqué d'un lieutenant jeune, beau, intelligent et débrouillard (en bref, un héros en puissance, comme son nom ne l'indique pas).
Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée, j'ai beaucoup aimé le contexte hugolien et baudelairien (rien que ça !). On retrouve l'humour de Flipo et, malgré le côté un peu franchouillard de la commissaire qui semble déteindre sur l'ensemble du roman, je ne peux que vous recommander ce livre pour vos moments de détente à venir. Pour ma part, je suis déjà partante pour la suite des aventures de la 3e DPJ !
J'en profite pour vous inviter à aller faire un tour chez Emma, qui vient de lancer un swap Sherlock Holmes avec Fashion. Attention, peu de places sont ouvertes : ne laissez pas Watson vous passer sous le nez (et avec un Jude Law-Watson, ce serait vraiment dommage !).
297 p
Georges Flipo, La commissaire n'aime point les vers, 2010

00:05 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : flipo, la commissaire n'aime point les vers, littérature française, roman français, roman, policier, polar, baudelaire, humour, roman humour
02/02/2010
Sous la Terreur
1793. La Révolution française a déjà fait nombre de victimes et, pour l'heure, l'homme de pouvoir est Robespierre. Au sein du Louvre transformé en musée, le politique souhaite mettre en avant les oeuvres révolutionnaires. Il commande à David un tableau symbolique, qui ne verra finalement jamais le jour.
Retraçant cette quête d'idéal et revenant sur une période sombre de la Révolution, Le Ciel au-dessus du Louvre tient presque davantage de l'album illustré que de la bande dessinée. Ceux qui apprécient la série Sambre auront peut-être déjà fait le rapprochement avec la couverture aux tons rouges ; l'empreinte de son auteur se retrouve aussi dans les traits des protagonistes, qui ne sont pas sans rappeler la célèbre bande dessinée.
Concentrée autour de quelques événements, l'histoire est relativement simple mais permet de mettre habilement en scène Robespierre et David dans un contexte bouillonnant et sordide au demeurant très bien rendu. Le graphisme est sobre et très élégant. L'ensemble se lit avec grand plaisir et mérite une place une place de choix dans ma bibliothèque ! Avis aux amateurs de peinture : c'est bien le sujet principal de cet album.
A venir par ici : Miel et Vin, qui se passe aussi pendant la Révolution (je fais ce que je peux avec les chroniques en retard, tâche d'autant plus ardue que Bones passe ce soir à la télévision).

21:55 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
28/01/2010
Challenge Virginia Woolf, le come back du retour !
Début décembre, j'ai proposé un challenge Virginia Woolf par ici et, pour enfin commencer moi-même ce défi, je vous propose une lecture commune (avec la complicité de Titine). Je vous propose de lire pour le 1er avril (histoire de laisser du temps à tous les volontaires) Orlando.

Concernant le Challenge, vous pouvez vous inscrire maintenant ou n'importe quand en 2010. Le principe est simple : lire et voir le plus de livres, films écrits par, sur, inspirés de Virginia Woolf et son univers. Et pour venir à bout de ce challenge, il vous suffit de présenter sur votre blog au moins un texte ou film en rapport avec Woolf. Au moins un défi presque impossible à râter ! Pour mettre un lien vers vos billets, c'est ici !
Et pour vous donner envie, n'hésitez pas à faire un tour chez Lilly, qui dévore les livres de Virginia Woolf depuis quelques mois.
Après une période où j'ai un peu dû délaisser ce blog, me voici de retour : par conséquent, j'ai ENFIN répondu aux commentaires sur mon post consacré aux différents challenges et notamment, aux challenges Braddon et Woolf !
Enfin, pour ceux qui ne seraient pas au courant, vous pouvez encore poster des billets dans le cadre du challenge Jane Austen de Fashion.
22:12 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
Robert rules !
Hier, à l'initiative de Cryssilda, un petit groupe de blogueuses avait décidé de passer une soirée relativement improbable, en tout cas diantrement Scottish, à savoir la soirée Robert Burns. Le lieu du crime était l'Auld Alliance, le pub écossais sur le point de devenir l'un des quelques QG des Victorian Frogs (and Ladies). Et voici mes acolytes : Chiffonnette, Cryssilda, Emma, Fashion, Fée de passage, Isil, Pascale et Titine !
Voilà donc tout un petit groupe de Frenchies dans un pub peuplé d'Ecossais en kilt, lors d'un repas purement écossais entrecoupé de lectures de poèmes, de toasts et de morceaux à la cornemuse. Pour commencer, here was the masterpiece of the night !
Address To A Haggis
Fair fa' your honest, sonsie face,
Great chieftain o' the puddin-race!
Aboon them a' ye tak your place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy o' a grace
As lang's my arm.
The groaning trencher there ye fill,
Your hurdies like a distant hill,
Your pin wad help to mend a mill
In time o' need,
While thro' your pores the dews distil
Like amber bead.
His knife see rustic Labour dight,
An' cut you up wi' ready sleight,
Trenching your gushing entrails bright,
Like ony ditch;
And then, O what a glorious sight,
Warm-reekin, rich!
Then, horn for horn,
they stretch an' strive:
Deil tak the hindmost! on they drive,
Till a' their weel-swall'd kytes belyve,
Are bent lyke drums;
Then auld Guidman, maist like to rive,
"Bethankit!" 'hums.
Is there that owre his French ragout
Or olio that wad staw a sow,
Or fricassee wad mak her spew
Wi' perfect sconner,
Looks down wi' sneering, scornfu' view
On sic a dinner?
Poor devil! see him ower his trash,
As feckless as a wither'd rash,
His spindle shank, a guid whip-lash,
His nieve a nit;
Thro' bloody flood or field to dash,
O how unfit!
But mark the Rustic, haggis fed,
The trembling earth resounds his tread.
Clap in his walie nieve a blade,
He'll mak it whissle;
An' legs an' arms, an' heads will sned,
Like taps o' thrissle.
Ye Pow'rs wha mak mankind your care,
And dish them out their bill o' fare,
Auld Scotland wants nae skinking ware
That jaups in luggies;
But, if ye wish her gratefu' prayer,
Gie her a haggis!
“Discours à un Haggis”
Salut à ton honnête, à ton aimable face,
Toi qui parmi les puddings es le chef de ta race!
C’est à toi que revient la première des places
Dessus tripoux, panse et abats,
Tu mérite que tous vraiment te rendent grâces
Longues comme mon bras
Tu remplis le tranchoir qui sous ton poids se plaint.
Tes fesses font penser à la colline à la colline au loin
Ta pointe pourrait bien réparer le moulin
Si le besoin en advenait,
Tes pores cependant distillent comme un suint,
De l’ambre en chapelet
Regarde le rustaud essuyer son couteau,
Se mettre à découper avec aise et brio,
Creusant comme un fossé, en excisant la peau
Tendue et chaude de tes miches.
Dans quelle gloire alors tu suscites les oh!
Que ton fumet est riche!
Tous alors, coude à coude, approchent et s’entrepoussent,
Ils s’empiffrent comme s’ils avaient le diable aux trousses,
Jusqu’à ce que leurs ventres tendus et maousses,
Résonnent comme tambours en somme,
Et qu’un vieil échevin, d’éclater plein de frousse,
Entonne un Te Deum.
Y a-t-il être ici-bas aux moeurs dégénérées
Qui irait préférer ragoût ou fricassée,
Un olio propre aux porcs à donner la nausée,
Et qu’ils repousseraient, maussades,
Alors qu’ils peuvent ainsi faire franche lippée
De telle régalade?
Pauvre diable! Voyez-le devant son assiette
Comme un roseau fluet, tout l’air d’une mauviette,
Le poing guère plus gros qu’une pauvre noisette,
Tout flageollant sur ses guiboles.
Comment à l’ennemi peut-il faire sa fête,
Quand vient l’occasion folle?
Mais, nourri au haggis, voyez un peu le gars!
Il fait en s’avançant tout trembler sous son pas,
Dedans son poing robuste une épée plantez-moi,
Il la fera sitôt siffler,
Et toc, comme chardons, têtes, jambes et bras
Il va vite élaguer.
Vous, puissants, qui voulez le bonheur pour la masse
Et veillez que soit bien bon le menu qu’on lui fasse,
L’Ecosse, sachez-le, ne veut pas de lavasse
Qui dans le bol clapote et bruisse.
Mais si vous entendez rester en bonne grâce,
Donnez-lui du Haggis



00:02 Publié dans Sorties de la blogosphère | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : ecosse
23/01/2010
Un petit Victorien pour bien commencer l'année...
En décembre, les Victorian Frogs avaient pour mission de lire un classique victorien de la littérature enfantine. Je rends enfin ma copie sur Moonfleet de J. M. Falkner, roman d'aventures qui m'a réconciliée avec les histoires de garçons, pour les garçons. Parce que quand on y regarde de près, parmi mes lectures d'enfance, on compte pas mal de classiques et de lectures fusionnelles...dans un monde peuplé d'héroïnes : Joe March, Alice la détective, l'héroïne de Papa Longues Jambes, Laura Ingalls, Mathilda... et bien d'autres. Et, à part les héros de Mark Twain, sur papier ou au petit écran (haut comme trois pommes...), je n'ai jamais été particulièrement friande d'histoires à la Stevenson. L'avantage ? Du haut de mes 27 ans et deux jours, j'ai devant moi une perspective alléchante, peuplée de pépites littéraires toutes plus prometteuses les unes que les autres (malgré le mal de mer occasionné par les transports en bâteau, les attaques à la sarbacanne et la présence inquiétante de tigres prêts à bondir sur moi depuis les étagères autrefois sûres de ma bibliothèque).
Dans un petit village du Dorset, John Trenchard vit avec une tante austère qui l'a accepté chez lui en raison de son sens du devoir développé, non par affection. Dans cet endroit situé sur la côte, la mer fait souvent des victimes au rang des pêcheurs et, les nuits où le vent souffle fort, les naufrages ne sont pas si rares. Parmi les villageois se trouve un certain nombre de contrebandiers que le juge Maskew a promis de démasquer pour les conduire à la potence. Amoureux de la fille du juge, John est aussi un garçon aventureux qui, après avoir fait preuve de trop de curiosité, se retrouve mêlé aux traffics et pourchassé à son tour par la justice.
Beaucoup d'aspects méritent le détour dans cette histoire. Tout d'abord, je craignais une histoire de pirates et des pages et des pages passées à fond de cale, ce qui ne me réjouissait pas plus que ça. En réalité, John passe très peu de temps sur l'eau. Ce roman mêle l'aventure aux influences gothiques, le tout saupoudré de sentiments et d'exploits virils (l'amitié, l'amour filial, l'honneur, le courage, le sens du sacrifice). Outre l'action rythmée (peut-être moins vers la fin) et les personnages prompts à susciter l'empathie du lecteur, ce roman met en lumière les conditions de vie sur la côte du Dorset au XIXe, sans faire dans le sentimentalisme. Et pour l'aventure, ce livre avait tout pour me plaire, avec une crypte d'où proviennent des grincements inquiétants, une famille de nobles défunts autour de laquelle flotte un parfum de mystère, sans oublier un passage secret sous une tombe et des galeries hantées dans une ancienne carrière.
Un roman entraînant et dépaysant à lire impérativement avant de se risquer dans les coins abandonnés qui faisaient notre bonheur lorsque nous étions petits (et qui me fascinent toujours autant, que croyez-vous ?).

239 p
J. Meade Falkner, Moonfleet, 1898


21:57 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : falkner, moonfleet, folio junior, angleterre, époque victorienne, xixe, littérature anglaise, roman anglais
20/01/2010
"Un esprit à l'envers dans un corps inversé"
Peu avant la rentrée littéraire, j'ai accepté de chroniquer Contretemps, premier roman publié aux Forges de Vulcain. Une lecture qui s'est faite en deux temps (deux périodes de lecture assidue entrecoupées d'une pause nécessaire), d'où mon billet tardif qui précède tout de même les autres livres dont j'ai promis de parler bientôt par ici.Premier roman de Charles Marie, jeune avocat parisien, Contretemps suit pendant quelques mois un personnage au nom improbable, Melvin (oui je sais). Un nom d'ailleurs loin d'être le seul élément incongru lorsqu'il s'agit de cet énergumène qui nous entraîne dans un monde où le quotidien se retrouve jeté en pâture à l'absurde et à l'inconcevable.
Vous dire trop précisément de quoi il s'agit pourrait gâcher tout votre plaisir de lecture, aussi je vous dirais simplement que dans ce roman, deux sociétés secrètes se livrent la guerre, que l'une d'elle possède les cacatombes (pas seulement sur le territoire français), que Melvin est poursuivi par ces sociétés et voit soudain sa vie prendre un tour rocambolesque. Vous le verrez ainsi survivre à des armes à feu et au poison, séduire toutes les jolies filles qui passent par là (un mystère qui demeure entier pour moi à la fin de ma lecture), voyager à travers l'Europe tel un fugitif poursuivi par des agents secrets ou recevoir des liasses de billet pour effectuer une mission impossible.
Pourtant, ce héros malgré lui n'a pas grand-chose d'un James Bond, pas plus que ce roman ne ressemble aux hard-boiled novels dont il semble avoir tiré quelques notions en matière d'espionnage. En réalité, il s'agit avant tout d'un livre à l'écriture soignée où les scènes du quotidien se retrouvent brusquement propulsées dans un univers parallèle au sein duquel les faits les plus étonnants sont innocemment évoqués au détour d'une phrase. Le décalage tient en partie au peu d'importance accordée à des événements inattendus, alors que les petits détails de la vie quotidienne sont décortiqués avec minutie et délectation.
Ce roman me laisse une double impression : d'un côté, un roman au héros assez peu attachant (un type peu intéressant doublé d'un côté tombeur à la 007) et une histoire aux multiples ramifications qui, malheureusement, ne tient pas forcément le lecteur en haleine et semble parfois un peu creuse (d'où la lecture en deux temps pour ma part) ; de l'autre, une maison d'édition sérieuse (malgré quelques coquilles qui n'ont ceci dit rien à envier à d'autres maisons d'édition), un style recherché idéal pour les amateurs de phrases bien ciselées et un esprit décalé qui fait de Contretemps un roman plutôt original. Une curiosité qui mérite quoi qu'il en soit d'être découverte !
Les avis de Papillon (déçue) et de Levraoueg, qui a aimé.
Rentrée littéraire : 5/7

163 p
Charles Marie, Contretemps, 2009
16:17 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : contretemps, aux forges de vulcain, charles marie, littérature française, roman français











































