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30/07/2015

Album Alice in Wonderland de Susie Linn

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Je poursuis mes lectures autour d'Alice au Pays des Merveilles avec cet album tout juste publié au Royaume Uni pour fêter les 150 ans du livre de Lewis Carroll. C'est un album destiné aux enfants encore trop jeunes pour aborder le texte d'origine. Il a donc été réécrit par Susie Linn, en reprenant quelques scènes clef pour résumer l'histoire (la duchesse et la fausse tortue disparaissent par exemple).

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Le texte devient donc très abordable. En revanche, les transitions sont parfois abruptes (vous me direz que c'est un peu le cas dans le roman de Carroll aussi) et certains résumés vraiment succincts. Je me demande donc si ce n'est pas un brin trop décousu pour les enfants qui découvriraient l'histoire seuls via cet album. 

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C'est en tout cas un excellent support pour ceux qui ne voient pas d'inconvénient à s'affranchir du texte pour expliquer le contenu d'un album à un enfant. Comme j'aime bien broder sur la base de simples images, cette version d'Alice me convient très bien.

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J'avais jeté mon dévolu sur ce livre en particulier (car ceux autour d'Alice sont très nombreux) en raison de la couverture. Je ne regrette pas mon choix. J'ai beaucoup aimé les illustrations d'Alexandra Ball, qui occupent chaque double-page. Dans des tons pastels, doux, ces dessins adaptés à un public d'enfants renvoient à l'univers des premiers illustrateurs d'Alice tout en y insufflant un vent de fraîcheur. Un vrai plaisir pour les yeux !

Highly recommended !

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32 p

Alice in Wonderland, Réécrit par Susie Linn et illustré par Alexandra Ball, 2015

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26/07/2015

Albums jeunesse autour de la mer

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Estelle Calim m'a donné envie de faire un billet thématique jeunesse en parlant elle-même de livres avec des trous. Je vous invite à lire son article très bien pensé pour les jeunes parents.

J'ai eu envie de partager avec vous quelques albums de saison, sur la mer ou la plage, pour certains déjà chroniqués ici.

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Dans ma petite sélection de la mer figure l'album Chu's Day at the Beach sorti récemment en anglais. Un vrai travail d'artiste et une histoire mignonne comme tout. Un livre idéal pour les lectures du soir en été ! Et bien sûr recommandé aux fans de Neil Gaiman. Mon billet complet ici.

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Histoires d'animaux de la mer fait partie de la collection Histoires à raconter pour les bébés des éditions Fleurus. Baby Lou a deux albums de cette collection mais celui-ci a sa préférence en raison de sa grande passion pour les poissons (en ce moment, tous les animaux inconnus sont qualifiés de poisson, terme qui s'étendait même aux avions en vol jusqu'à la semaine dernière). Cet album rassemble trois courtes histoires: celle d'un bernard-l'hermite qui se cherche une nouvelle maison ; de Philibert, qui parvient à faire fuir un requin, devenant le roi de la mer auprès de ses amis ; enfin, le cirque de la mer. Les deux premières histoires me plaisent davantage car la situation évolue à travers les petites épreuves traversées par le personnage principal. Le dernier texte est purement descriptif, on y rencontre Gaëtan qui va au cirque et assiste à des spectacles. A noter une remarque qui me choque à chaque fois dans le premier récit: Nic le bernard-l'hermite refuse d'habiter une coquille car elle est rose, elle est donc pour les filles ! Dans l'ensemble cet album est un bon investissement, grâce aux trois histoires courtes, à l'univers ludique et coloré qui plait forcément aux enfants. Le format cartonné est de plus bien adapté aux manipulations des petits. Baby Lou a un peu cassé la tranche mais ça ne se voit pas.

Avec P'tit Loup va à la plage j'ai découvert la célèbre série des P'tit Loup. Ici le jeune héros va à la plage avec sa grand-mère et sa cousine, on le voit s'y amuser. L'histoire est courte mais bien adaptée à de très jeunes lecteurs. Baby Lou s'amuse à reconnaître les objets qu'elle sait déjà nommer et apprend d'autres mots. Les dessins sont gais et d'humeur estivale. Le format est par ailleurs très pratique : petit format carré léger, facile à emporter partout, et des pages plastifiées plus résistantes aux attaques et maladresses des plus petits. Si je devais trouver un défaut à cet album ce serait les rôles là aussi un peu stéréotypés : la cousine avec son ruban rose qui a envie de bronzer pendant que P'tit Loup s'ébat dans les vagues, avant de la consoler quand elle pleure parce que leur château a été détruit par l'eau. Cela reste un album agréable, qui rencontre un certain succès à la maison.

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Enfin ces quelques livres de la série Au bord de la mer, découverte l'an dernier. Dans chacun de ces livres, un animal marin est le héros, vit des péripéties et voit sa situation évoluer : il se rend compte de ses défauts ou trouve des amis par exemple. Les dessins des fonds marins sont adorables et très colorés. J'avais adoré cet univers lorsque j'étais tombée sur ces livres en librairie, et Baby Lou redécouvre cette série avec plaisir en ce moment. Evidemment, avec tous les poissons qu'elle y voie, elle ne peut pas résister ! Voici mon billet plus détaillé publié il y a un an.

Sur ce, bon été avec vos petits marins en herbe !

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19/07/2015

Neil Gaiman & Adam Rex, Chu's Day at the Beach

album_chus day at the beach.jpgIl y a un mois, je revenais le sac à dos plein de souvenirs anglais pour Baby Lou, à commencer par plusieurs livres dont j'ai commencé à vous parler: Paddington et l'album ludique Hello London ! de Marion Billet pour les très jeunes lecteurs. Je poursuis avec une lecture estivale, idéale pour divertir vos enfants au retour de la plage : Chu's Day at the Beach. J'ai découvert que cet album fait suite à Chu's Day et Chu's Day at School mais il peut se lire de manière tout à fait indépendante.

Dans cet opus, Chu se rend à la plage avec ses parents et commence à bien profiter de sa journée grâce à une énorme glace. Mais il a soudain une folle envie d'éternuer et, lorsque l'inévitable arrive, l'impact est si fort que la mer se retrouve coupée en deux. Chu et les autres personnages présents sur la plage se mettent à marcher entre les deux murs d'eau, voyant au passage les habitants marins, peu ravis de la situation. On invite donc Chu à éternuer pour résoudre le problème, mais il est bien sûr impossible d'éternuer sur commande...

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J'ai craqué sur la couverture en librairie et ne le regrette pas. Les dessins sont à la fois gais, très colorés, vivants et pleins d'humour. On s'imagine bien à la plage et on n'a aucun mal à suivre les aventures de Chu grâce à la précision des planches, qui nous permettent de saisir des petits détails comme la texture mouillée du sol ou la présence de coquillages luisant au soleil. Si l'histoire est courte (mais très mignonne), on consacre du temps à chaque double-page en raison des illustrations, qui sont très parlantes. Beaucoup d'attention est portée aux estivants installés à la plage, y compris jusqu'à de petits insectes.

Un vrai régal pour les yeux et une lecture qui sent bon le soleil, le sable mouillé et les vaguelettes. On se sentirait presque en vacances !

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32 p

Neil Gaiman & Adam Rex, Chu's Day at the Beach, 2015

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17/07/2015

Album Alice au Pays des Merveilles par Anne Herbauts

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album_carroll_alice _herbrauts 02.gifLorsqu'Alice a proposé de rendre hommage à Lewis Carroll et aux 150 ans d'Alice au Pays des Merveilles, j'ai dévalisé la médiathèque qui détient pas mal d'albums autour de ce thème. J'étais curieuse de découvrir d'autres illustrations, même si je suis attachée à l'image classique d'Alice que l'on doit à Tenniel, Rackham puis Disney. J'ai du mal à m'en détacher, alors que j'avais déjà un bel album aux illustrations très différentes quand j'étais enfant. 

album_carroll_alice _herbrauts 03.jpgJ'ai été attirée par la couverture de cet album-ci, illustré par Anne Herbauts, mais je n'ai finalement pas été très sensible à son interprétation d'Alice, malgré toutes ses qualités. Si j'ai trouvé certains personnages assez amusants, comme le lapin, ou encore le dodo, voire le chapelier qui disparaît sous son couvre-chef,  d'autres m'ont peu plu. C'est le cas d'Alice elle-même, de la reine ou du chat, aux visages volontairement schématiques, et dessinés à gros coups de crayon (contrastant avec d'autres personnages aux traits délicats). Même si les illustrations jouent avec le texte et l'accompagnent intelligemment, avec espièglerie parfois, le résultat final m'a semblé un peu triste. Peut-être parce que j'ai eu l'impression qu'une distance s'instaurait entre les personnages et moi. Objectivement, j'ai bien perçu la subtilité de nombreuses scènes et ne remets pas en cause la qualité des illustrations, mais c'est un univers qui ne me touche pas particulièrement. En revanche, les dessins sont très nombreux et accompagnent donc le lecteur tout au long du récit : il me semble que chaque double page a son dessin, voire même plusieurs. Un point fort de cet album en comparaison d'autres sur le même thème.

L'album fait à la fin un clin d'oeil à la très belle et tragique Ophelia de Millais.

A noter que cet album est fidèle au texte d'origine - d'autres opèrent des coupes franches dans le récit ou mélangent allègrement Alice au Pays des Merveilles et de L'Autre Côté du Miroir. Il s'adresse (assez logiquement) à des enfants déjà à l'aise avec la lecture ou bien habitués à écouter de longues histoires.

Très attachée à l'univers de Lewis Carroll, Alice des Livres de Malice a publié de nombreux billets autour de son univers et s'est notamment intéressée à cet album. Elle a été beaucoup plus convaincue que moi et a de plus également relu le texte dans cette traduction. Je vous invite donc à aller faire un tour chez elle pour lire son article (qui vous donnera sans doute envie de découvrir ce livre) et trouver votre bonheur autour d'Alice au Pays des Merveilles.

124 p

Lewis Carroll (texte) et Anne Herbrauts (illustrations), Album Alice au Pays des Merveilles, 2002

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14/07/2015

Lewis Carroll, Alice's Adventures in Wonderland

carroll_alice in wonderland.jpgIl y a 150 ans paraissait pour la première fois le célèbre Alice au Pays des Merveilles. Après un premier billet sur un album pour les tout-petits qui en est inspiré, je continue à rendre hommage à Alice avec une relecture du texte d'origine. J'ai choisi pour cela ma version anglaise aux Editions Collector's Library. J'ai également relu ensuite certains passages dans mon édition de la Pléiade, dans laquelle j'ai surtout prêté attention aux commentaires de J. Gattégno qui l'accompagnaient.

Ces deux éditions reproduisent les illustrations originales de Tenniel. Celui-ci avait été sollicité par Lewis Carroll. L'artiste trouva d'ailleurs la première impression de trop mauvaise qualité. Une deuxième impression eut lieu. Fort heureusement pour Lewis Carroll qui publiait à compte d'auteur, un éditeur américain racheta tous les livres initialement imprimés en dépit de leurs défauts.

carroll_alice_Tenniel01.jpgMes souvenirs d'Alice au Pays des Merveilles sont étroitement liés au dessin animé de Disney ainsi qu'à une histoire en BD lue dans un magazine quand j'étais petite. Je me souviens encore de quelques dessins et sais où j'avais lu (plusieurs fois) cette BD, mais je serais bien incapable de savoir si elle se trouve toujours quelque part. Toujours est-il que ma vision d'Alice avait besoin d'être dépoussiérée.

carroll_alice_wonderland_tenniel 02.jpgOn se souvient bien du lapin blanc et d'Alice qui part à sa poursuite. Mais ensuite, je dois bien avouer que de nombreux détails m'avaient échappés. A commencer par la chute initiale spectaculaire, où les murs sont encombrés d'étagères et d'objets divers et variés qu'Alice parvient à prendre et à reposer plus bas. Puis les bouteilles et autres denrées la faisant grandir et rapetisser : si je me souvenais évidemment du principe, j'ai été surprise par le nombre de tentatives d'Alice, qui ne cesse de changer de taille tout au long du récit - si bien que cela en devient un brin fastidieux selon moi. J'avais oublié la présence du loir au thé du chapelier fou. Et j'ai eu l'impression de découvrir certaines scènes, comme celle du valet de la reine remettant une invitation à celui de la duchesse, suivie d'un passage surréaliste où la Duchesse tient un bébé de plus en plus porcin dans ses bras, passe son temps à éternuer en raison d'une cuisinière qui a la main très lourde sur le poivre et qui lui jette des ustensiles de cuisine à la figure. J'ai pris plaisir à redécouvrir cet univers et à regarder attentivement les illustrations de Tenniel. Néanmoins, je dois avouer que ma lecture n'a pas toujours été fluide, du fait de la construction du récit, car les scènes s'enchaînent de façon assez décousue. L'introduction des éditions de la Pléiade présente de fait les rencontres d'Alice avec différents personnages comme une série d'épreuves.

Wonderland est un endroit fascinant, merveilleux mais aussi inquiétant. Alice se retrouve dans des situations dangereuses, en particulier lorsqu'intervient la terrifiante Red Queen, qui passe son temps à proclamer des sentences de mort, "Off with his head!" étant son leitmotiv. Et pourtant, là encore, peut-être parce que le monde des rêves relativise tous les dangers, Alice rentre saine et sauve. Un personnage dit ainsi de la Reine : It's all her fancy, that : they never execute nobody, you know (p94).

carroll_oeuvres.jpgL'absurde poussé à l'extrême peut aussi déranger. De façon générale j'ai plutôt savouré les discours sans queue ni tête, les devinettes lancées alors qu'il n'existe pas de réponse. On sent le mathématicien derrière ce texte au premier abord léger, alors qu'il est d'une précision redoutable. Chaque phrase est soigneusement ciselée tandis que le lecteur est constamment sollicité, que ce soit pour suivre un raisonnement dépourvu de logique, relever une allusion à travers un texte détourné ou saisir les traits d'humour et jeux de mots omniprésents. On se rend d'ailleurs compte qu'il est presque impossible de traduire ce texte. J'ai notamment relu un passage qui m'intriguait, fait de calembours. Il est très différent dans la traduction de la Pléiade - pourtant méticuleuse. Il est évidemment compliqué de restituer le sens, la forme et l'esprit avec un texte pareil.

Quelques extraits :

Twinkle, twinkle, little bat, How I wonder what you're at (p73) - une version détournée d'une chanson pour enfants bien connue aujourd'huie encore.

Un exemple de raisonnement farfelu lorsqu'il s'agit de décapiter le chat, dont seule la tête est apparente : The executioner's argument was, that you couldn't cut off a head unless there was a body to cut it off from : that he had never had to do such a thing before, and he wasn't to begin at his time of life. The King's argument was, that anything that has a head could be beheaded, and that you weren't to talk nonsense. The Queen's argurment was, that if something wasn't done about it in less than no time she'd have everybody executed, all round (p88).

carroll_alice_tenniel 03.jpgAlice's Adventures in Wonderland a longtemps été relégué à un récit pour enfant, léger, plein de vie, original certes, mais rien d'autre. En le relisant, je ne comprends pas comment cela a pu être possible alors que le texte est si subtil et impose une lecture active et soutenue. Dans son analyse, Jean Gattégno souligne le fait que la critique a commencé à évoluer au cours du XXe siècle, mettant enfin en avant l'originalité du texte (qui n'est pas un conte de fées comme les autres), ainsi que son approche de l'enfance et du rapport au monde adulte - je schématise très grossièrement. "Question pour elle de survie, et manière pour Carroll de présenter l'enfant comme anti-adulte, rebelle par nécessité et non par simple agressivité" (Jean Gattégno, Editions de la Pléiade, p 1658).

L'édition de la Pléiade est un mine d'informations et d'anecdotes. Parmi elles, la genèse d'Alice au Pays des Merveilles, qui débute par une expédition sur la rivière avec les petites Liddell, filles du doyen de Christ Church (Oxford). Comme souvent, Lewis Carroll raconte une histoire aux enfants mais la petite Alice demandera spécifiquement à ce que celle-ci soit retranscrite. L'auteur travaillera à une première version (Les Aventures d'Alice sous terre), avant de remanier le texte et de le faire cette fois-ci éditer en 1865. De fait, voici les paroles d'Alice dans le roman : When I used to read fairy tales, I fancied that kind of things never happened, and now here I am in the middle of one ! There ought to be a book written about me, that there ought ! (p 38).

carroll_alice_tenniel 04.jpgJ'ai découvert les expressions "mad as hatter" ou "mad as march hare" que je ne connaissais pas du tout, et qui expliquent le choix des personnages. L'expression concernant les chapeliers trouve son origine dans les vapeurs de mercure inhalées lors du traitement du feutre ! Pour ce qui est du lièvre, l'expression est plus prosaïque et fait référence à son comportement pendant la saison des amours. A noter que, parmi les chanceux qui recevront la première édition dédicacée, on note bien évidemment Alice Liddell mais aussi une fille de la reine Victoria. Et moi qui pensais que ce texte était aussi une satire de l'époque victorienne ! 

Il me reste beaucoup à découvrir sur Alice. Je pense qu'il me faudra pour cela tout l'été car j'avoue avoir besoin d'une petite pause avant de poursuivre avec les aventures d'Alice de l'autre côté du miroir, mais aussi sous terre ! Entre-temps, des albums, des BD, des DVD et deux livres "documentaires" m'attendent également.

128 p

Lewis Carroll, Alice's Adventures in Wonderland, 1865

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09/07/2015

Le Challenge Halloween... le retour !

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Hilde vient de nous préparer le logo de la prochaine édition du Challenge Halloween, qui approche maintenant puisque le 1er octobre, nous ferons un nouveau périple horrifique pour célébrer cette période de l'année bien particulière. C'est la 6e année consécutive (on n'en revient toujours pas,) que nous passerons le mois d'octobre en votre compagnie. Comme toujours, nous nous réjouissons à l'avance de vous retrouver. J'ai commencé à réfléchir à mes lectures et profité de mes derniers séjours anglais pour rapporter de petits recueils de nouvelles classiques idéales pour une lecture un soir d'orage. Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire ici ou sur le blog de Hilde. Bien évidemment, le groupe facebook est toujours actif.

Rendez-vous le 1er octobre pour cette 6e édition du challenge !

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Les premiers participants :

Acr0

Adalana 

Arieste 

Chicky Poo

Cryssilda 

Elodie

FondantOChocolat

George

Mariejuliet

Marjorie - Chroniques littéraires

MyaRosa

Myrtille

Rachel 

SKTV

Sybille

Syl.

Yoda Bor

Hilde

Lou

04/07/2015

Little Master Carroll, Alice in Wonderland

album_alice in wonderland babylit.jpgAlice de Books are my Wonderland a eu l'excellente idée de nous proposer de célébrer ensemble les 150 ans d'Alice au Pays des Merveilles. Cela tombe bien pour moi qui suis tout à fait dans l'esprit fou, fou, fou du chapelier en ce moment suite à mes deux derniers voyages en Angleterre, où j'ai pu constater à quel point les Anglais étaient prêts à célébrer les 150 printemps de leur célèbre héroïne. Je profiterai donc du mois pour vous présenter quelques clichés pris sur place, ainsi que plusieurs objets inspirés d'Alice in Wonderland qui m'accompagnent au quotidien (magnet, marque-page, cuillère bi-face pour Baby Lou...).

Je commence par un album issu de la série Baby Lit. Je vous ai présenté plusieurs titres l'an dernier : Sense and Sensibility, Wuthering Heights et Jane Eyre. Cette collection se destine aux tout petits. Elle s'inspire de grands classiques de la littérature pour apprendre des fondamentaux aux jeunes enfants. Jennifer Adams a choisi de s'appuyer sur Alice in Wonderland pour présenter les couleurs. Et, de fait, c'est pour l'instant l'album que je trouve le plus beau parmi tous ceux que j'ai vus (car j'ai feuilleté une grande partie de la collection dans une librairie de Cambridge avant de partir avec deux albums et de compléter petit à petit la collection de Baby Lou). Les dessins sont superbes, logiquement très colorés. L'univers est très fidèle à l'image que l'on se fait communément d'Alice grâce à ses représentations les plus connues (Tenniel, Rackham, Disney notamment...). Ma toute petite réserve concerne la chenille, pourtant une de mes planches favorites. Elle est censée être bleue mais je vois surtout du vert et du mauve.

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Lors de mes derniers voyages en Angleterre, je suis tombée sur un coffret qui m'a énormément tentée - j'ai d'ailleurs le coffret équivalent pour Pride and Prejudice. On y trouve l'album accompagné des principaux personnages en carton. J'ai presque envie de le commander pour Baby Lou, qui pourrait commencer à en profiter l'année prochaine je pense. Jouer avec les héros du célèbre récit, voilà un excellent moyen de la familiariser encore plus avec l'univers de Lewis Carroll. Voici une photo du coffret en question :

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Je recommanderais cet album sans hésiter aux amateurs de beaux albums, aux inconditionnels d'Alice et aux parents voulant faire découvrir les couleurs, Alice voire quelques mots en anglais à leur enfant... ou tout cela en même temps !

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22 p

Jennifer Adams, Little Master Carroll, Alice in Wonderland, 2012

Happy Birthday Alice !

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03/07/2015

Bilan du Mois Anglais 2015

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La 4e saison du mois anglais vient de se terminer. L'heure est venue pour moi de dresser un petit bilan sur ce mois passé en votre compagnie - je ne vous ai pas encore vraiment quittés car je continue à lire vos posts.

Cette année a été pour moi riche en billets et je suis ravie d'avoir pu partager autant de lectures avec vous. J'aurais beaucoup de titres à vous recommander cette année à l'issue de ce nouveau Mois anglais. Pour frissonner un peu, "La Chambre des âmes". Pour un plongeon historique, "The Painted Bridge". J'ai été particulièrement intriguée par le classique "The Vet's daughter", que j'ai trouvé déroutant. Et je crois que mon texte préféré reste celui de Vita Sackville-West, "The Heir", qui m'a touchée.

Romans et nouvelles

boston_The_Fortunes_of_John_de_Courcy.jpg wallade_painted bridge.jpeg tyler_etrange suicide dans une fiat.JPG

wooding_qui-veut-tuer-alaizabel-cray---1993642.jpg comyns_vets daughter.jpg granger_mortal curiosity.jpeg

webb_pressentiments.JPG tallis_chambre des ames.jpg woodfine_Clockwork-Sparrow.jpg Sackville-west_the heir.jpg

Albums jeunesse

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Exposition

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Comme chaque année, je tenais à vous remercier pour votre enthousiasme et votre fidélité qui nous font chaud au coeur. Ce Mois occupe toujours une place à part dans nos agendas, et depuis des années, il est devenu un incontournable de la blogosphère grâce à vous, vos innombrables billets, vos logos, vos échanges sur la toile et surtout votre bonne humeur inégalée. Evidemment, merci infiniment à mes acolytes de longue date Titine et Cryssilda avec qui je parcours virtuellement (ou pas) l'Angleterre chaque année... nous en avons passé des moments ensemble autour de ce Mois anglais !

2015 marque un tournant dans l'histoire du Mois anglais puisque dès aujourd'hui, Titine vous propose un challenge annuel "A year in England", qui vous permettra de continuer à partager vos billets anglais même lorsque le Mois anglais est terminé. En juin 2016, Cryssilda et moi prendrons la relève pour un nouveau mois de folie ! On a déjà hâte d'y être mais vous serez en attendant plus que bien accompagnés !

J'en profite pour vous signaler quelques challenges à venir :

En septembre : Le Mois américain est de retour chez Titine

En octobre : Le Challenge Halloween est lui aussi de retour, of course... Hilde et moi réfléchissons au voyage horrifique que nous vous proposerons cette année.

En novembre : le mois Québécois chez Karine:)

En décembre : Cryssilda vous concocte le grand retour du Mois Kiltissime... Eh oui, le fameux Mois écossais, un des tout premiers lancés par notre petit groupe de Victorian Frogs, avant que les Mois ne s'épanouissent de blog en blog chaque année.

Très prochainement : la 3e édition du challenge British Mysteries.

Et dès maintenant vous pouvez fêter les 150 ans d'Alice in Wonderland chez Alice !

 

And as far as the Mois Anglais is concerned...

See you next year !

30/06/2015

Exposition Les Tudors au Musée du Luxembourg

tudors.jpegCela fait environ deux mois que j'ai découvert l'exposition consacrée aux Tudors au Musée du Luxembourg. J'espère m'en souvenir suffisamment au moment de rédiger cet article !

L'exposition rappelle en guise de préambule l'engouement suscité par les Tudors, auxquels on a consacré récemment une série, plusieurs films, sans parler de documentaires, biographies et romans divers et variés. L'idée est de présenter les souverains de la dynastie et d'aider le néophyte à faire la part du vrai.

On découvre successivement chaque monarque, à travers la salle qui lui est consacrée. A plusieurs endroits, des arbres généalogiques aident le visiteur perdu à se repérer dans les mariages et les fratries. Les textes d'introduction à l'entrée de chaque salle permettent de découvrir les principaux faits à connaître sur chaque règne, tandis que des explications apportent un éclairage sur des objets qui, sinon, pourraient laisser le visiteur un peu perplexe ou tout simplement, passer inaperçus. Certains tableaux sont notamment décrits de façon à ce que les différents symboles qui y figurent soient bien décryptés.

J'ai trouvé l'exposition pédagogique ; elle permet de balayer les principaux faits marquants de la période et invite à pousser la découverte plus loin. Outre la politique intérieure, la géopolitique est abordée, notamment à travers les liens entretenus avec les souverains français sur la période.

Les objets présentés sont intéressants. Quelques-uns rappellent le rapport qu'entretient cette époque avec les arts depuis le XIXe. A l'entrée, par exemple, le manteau porté par Cate Blanchett dans le film consacré à Elizabeth I ; plus loin, on croise Camille Saint-Saëns avec son opéra inspiré d'Henri VIII. Beaucoup d'attention est également portée à l'art du portrait et la façon dont il servait à retraduire le statut et la puissance des différents monarques. On y découvre ainsi les méthodes de communication des Tudors.

Malgré tout, et même si j'ai pris tout mon temps pour lire chaque notice et observer chaque objet, l'exposition est assez courte et un peu frustrante. Je m'attendais notamment à croiser davantage Shakespeare ou à en apprendre plus sur l'essor des arts à l'époque élisabéthaine. On se concentre ici essentiellement sur les rois et reines et ce qui les concerne directement. Le reste est survolé, voire passé sous silence. Intéressant mais succinct, donc.

A recommander à ceux que la période attire, mais qui n'ont pas de connaissances déjà très approfondies sur le sujet. Pour prolonger l'exposition, j'ai opté pour le Hors série Connaissance des Arts et ne regrette pas mon choix (articles intéressants, bonne qualité des impressions).

L'avis de Praline.

mois anglais, mois anglais 2015, exposition les tudors, les tudors musee du luxembourg

28/06/2015

Vita Sackville-West, The Heir

Sackville-west_the heir.jpgSi je devais nommer dix ou mêmes cinq auteurs parmi mes favoris, Vita Sackville-West y occuperait assurément une place de choix. Petit à petit, à raison d'une à deux lectures par an, je poursuis la découverte de son oeuvre avec un plaisir toujours renouvelé. Initialement lu pour la lecture commune consacrée aux femmes écrivains du XXe, The Heir est une novella rédigée par une Vita encore jeune et choquée par l'attitude d'un Sud Américain de sa connaissance alors qu'ils visitaient ensemble une demeure, mise en vente suite au décès de sa propriétaire.

Sur le fond, ce texte pourrait aujourd'hui déplaire par certaines valeurs qu'il défend. A la mort de la vieille et autoritaire Miss Chase, le domaine de Blackboys doit revenir à son neveu. Celui-ci est absorbé par sa vie dans un bureau, une vie que le lecteur imagine rapidement étriquée et sans intérêt. Au décès de sa tante, le jeune homme regrette de devoir laisser à d'autres le soin de gérer ses affaires le temps de régler la succession, qui ne semble pas éveiller un grand intérêt chez lui. Le récit va s'articuler autour de Blackboys : la propriété sera-t-elle vendue et morcelée ? Restera-t-elle aux mains de la famille des Chase, qui y ont toujours vécu ? 

Chase est accompagné dans la succession par les deux notaires de sa tante. Mr Farebrother, âgé, un peu ridicule, toujours optimiste et positif dans ses remarques qui ne sont que rarement constructives.´Very sad, too, the death of your aunt,´he added. ´Yes,´said Chase. ´Well, well, perhaps it isn't so bad as we think,´said Mr Farebrother, causing Chase to stare at him, thoroughly startled this time by the extent of the rosy old man's optimism (p 23)On le sent attaché à Blackboys et aux Chase ainsi qu'au monde suranné auquel ils renvoient.

Son associé, Mr Nutley, est énergique et ambitieux. Bien décidé à tirer son épingle du jeu, il voit le décès de Miss Chase comme une belle opportunité pour lui et s'adresse à Mr Chase comme si tout était déjà décidé : méprisant le domaine de Blackboys - et surtout visiblement envieux - il propose d'en organiser la vente, en le divisant en différents lots (cottages, terrains constructibles, maison...). Si au début il semble surtout efficace, il va rapidement devenir de plus en plus antipathique en outrepassant ses fonctions, pénétrant comme bon lui semble dans la propriété et manifestant de l'agacement envers Mr Chase lorsque celui-ci s'installe pour un moment au manoir ou rend visite à ses locataires. And under his irritability was another grievance : the suspicion that Chase was a dark horse. The solicitor had always marked down Blackboys as a ripe plum to fall into his hands when old Miss Chase died - obstinate, opinionated, old Phillida Chase. He had never considered the heir at all. It was almost as though he looked upon himself as the heir - the impatient heir, hostile and vindictive towards the coveted inheritance (p 34).

Deux mondes s'opposent dans ce récit. Celui où vit une petite noblesse de campagne, attachée à ses terres par les liens du sang, indéfectibles. Et, en face, l'ambition d'une petite bourgeoisie montante, besogneuse, avide de réussite et jalouse de cet attachement naturel qu'elle méprise ouvertement. Vita Sackville-West prend clairement parti en faveur du premier système de valeurs évoqué. 

Elle s'appuie pour cela sur le personnage de Mr Chase, au début insignifiant, happé par son travail et peu satisfait sur le plan personnel. Au contact de Blackboys, Chase va sentir un lien se créer entre le domaine et lui. Alors qu'il vient de la ville, il se passionne soudain pour ses terres, son jardin, les paons de sa tante (que le notaire Nutley a en horreur). Comme un propriétaire terrien qui aurait grandi et vu faire cela toute sa vie, il va rendre visite à ses locataires, qui le considèrent avec respect et affection. Blackboys le grandit : d'insignifiant, il devient Mr Chase of Blackboys, dont la légimité n'est jamais questionnée par les habitants, ni le personnel du domaine. Il devient assuré, heureux et comblé ; c'est avec un grand naturel qu'il prend en peu de temps son rôle de petit châtelain. He absorbed it in the company of men such as he had never previously known, and who treated him as he had never before been treated - not with deference only, which would have confused him, but with a paternal kindliness, a quiet familiarity, an acquaintance immediately linked by virtue of tradition. To them, he, the clerk of Wolverhampton was, quite simply, Chase of Blackboys. He came to value the smile in their eyes, when they looked at him, as a caress (p 31).

Nutley est outré de voir Chase prendre part à la vie de Blackboys et réalise alors que la vente et le morcellement de la propriété ne sont pas encore actés. Néanmoins, alors qu'il sent que Chase devient de plus en plus réticent, il poursuit son travail. Impitoyable, il fait venir des experts pour estimer les biens et tente de se promener sur les lieux comme s'il était le réel décisionnaire. Le récit est tourné de telle sorte que le lecteur est obligé de se sentir proche des Chase et de détester cet individu qui essaie de remettre en question ce qui ne saurait l'être selon Vita Sackville-West. Même s'il est difficile de ne pas lire ce texte avec une certaine distance critique aujourd'hui, il est impossible de ne pas espérer que la vente ne se fera pas.

To part the house and the land, or to consider them as separate, would be no less than parting the soul and the body (p 42).

(...) The mute plea of his inheritance, that, scorning any device more theatrical, quietly relied upon its simple beauty as its only mediator (p 54). 

Un texte très intéressant et émouvant. Encore une belle rencontre avec Vita Sackville-West.

Et d'autres titres de cet auteur chroniqués ici :

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92 p

Vita Sackville-West, The Heir, 1922

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26/06/2015

Marion Billet, Hello ! London

album_billet_hello london.jpgLors de notre récent séjour londonien, j'ai cherché de quoi partager mon goût pour l'Angleterre avec Baby Lou, qui a été très gâtée ! Elle qui adore feuilleter ses livres pendant de longs moments, voilà qu'elle a de quoi se régaler !

Après Paddington dont je vous ai déjà parlé, voici un premier livre sur Londres pour les petits. J'ai hésité entre plusieurs titres de la collection : d'autres y ressemblaient très fortement mais avaient la forme d'un bus ou d'un taxi londonien. J'aimais autant le contenu de cet album là, qui connaît déjà un grand succès à la maison.

C'est un livre au format cartonné, avec quelques scènes typiquement londoniennes animées par des languettes à tirer. Par exemple le pont s'élève ou s'abaisse ; les portes du métro s'ouvrent et se ferment.

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Les double-pages sont remplies de détails sur lesquels on peut s'appuyer pour échanger avec l'enfant, en lui demandant de nommer des objets par exemple (chien, chapeau, bébé, oiseau...). Bien évidemment, pour les non-Anglophones aux parents anglophiles, c'est aussi un bon moyen de se familiariser doucement avec la langue de Shakespeare. 

Highly recommended by Baby Lou ! Et ici, un avis en anglais avec plus de photos des titres de la collection.

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10 p

Marion Billet, Hello ! London, 2014

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Ci-dessus, les trésors anglais rapportés de Londres !

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24/06/2015

Katherine Woodfine, The Mystery of the Clockwork Sparrow

woodfine_Clockwork-Sparrow.jpgLors de mon incontournable passage à Waterstones il y a quelques jours, j'ai succombé à ce roman paru début juin et mis à l'honneur dans cette librairie. Il faut dire que la couverture est superbe et, quand j'ai découvert que le récit se déroulait début XXe et s'inspirait de l'ouverture des principaux grands magasins londoniens (Liberty, Fortnum & Mason, Selfridges, Harrods...), je me suis dit que nous étions faits pour nous rencontrer.

Adolescente, Sophie a récemment perdu son père. Après avoir vécu dans un confort certain, veillée par une gouvernante, Sophie se retrouve sans un sou et obligée de travailler (j'avoue ne pas avoir compris le postulat de base - comment son père apparemment rigoureux aurait-il pu ne pas s'assurer de son avenir alors qu'il menait une vie dangereuse ? Mais passons). Elle trouve un emploi de modiste au sein d'un grand magasin luxueux sur le point de s'ouvrir, Sinclair's. C'est une opportunité pour elle car les conditions offertes aux employés sont largement plus attractives que dans les enseignes déjà existantes. 

Sophie s'investit pleinement dans son nouveau travail, malgré ses collègues immédiates, de vraies pestes qui ont décidé de se moquer de chacun de ses faits et gestes. Heureusement, elle va se lier rapidement à Lil, actrice en herbe embauchée comme mannequin ; Billy, portier et garçon à tout faire ; et enfin, Joe, qui cherche à fuir un gang de l'East End.

En vue de l'ouverture du magasin, le propriétaire, Mr Sinclair, décide d'exposer de superbes pierreries et un moineau mécanique serti de pierres précieuses. Ces objets de valeur sont dérobés un soir et les soupçons se tournent d'emblée vers Sophie, qui risque d'être injustement accusée. Les adolescents vont donc mener l'enquête, la police s'étant visiblement déjà fait une idée peu favorable à la jeune fille. Leur destin croisera celui du Baron, ombre planant sur Londres, grand architecte du crime de l'East End, sur qui courent d'inquiétantes légendes... mais que personne n'a jamais vu.

J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce roman et retrouver un lieu que j'apprécie vraiment. L'auteur invite à imaginer Sinclair's à l'endroit où se situe le Waterstones de Picadilly. Ayant acheté mon roman là et passé si souvent les portes de cette librairie, j'ai particulièrement aimé cette référence qui m'a fait me replonger dans des lieux où j'aime flâner. Le roman en lui-même se lit bien. Je me suis régalée avec la partie consacrée au magasin et notamment, aux préparatifs en vue de la venue du public. Les personnages sont assez bien croqués, notamment ceux qui ont le mauvais rôle ; les héros, eux, sont plutôt attachants. J'avoue que mon intérêt pour l'enquête s'est un peu émoussé à moment donné, l'histoire n'allant pas assez vite à mon goût. Néanmoins, la fin ouvre de nouvelles pistes et a éveillé ma curiosité. Un deuxième tome sortira l'an prochain. Peut-être le lirai-je également. En tout cas, voici une lecture agréable, finalement plutôt destinée à un public adolescent - même si elle se laisse bien lire par les adultes !

You are cordially invited to attend the grand opening of Sinclair's department store.

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336 p

Katherine Woodfine, The Mystery of the Clockwork Sparrow, 2015

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20/06/2015

F. R. Tallis, La Chambre des âmes

tallis_chambre des ames.jpgFin des années 1950. Le jeune psychiatre Richardson se voit offrir un poste par le très renommé Hugh Maitland, une véritable opportunité dans sa carrière. Le poste se situe dans une institution isolée du Suffolk, que Richardson va devoir gérer à titre de bras droit de Maitland, qui lui, se trouve plus souvent à Londres que dans cet endroit reculé.

Outre l'aile des hommes et celle des femmes, l'asile compte une chambre dans laquelle des femmes sont soumises à un traitement par le sommeil prolongé. Elles ne sont réveillées que brièvement pour leur toilette ou leurs repas.

Au début, Richardson est ravi de son poste, malgré la solitude. Il s'intéresse à une charmante infirmière et espère beaucoup apprendre de son prestigieux mentor. Son poste lui permet par ailleurs de lier connaissance avec les patients, dont un homme tourmenté par ce qu'il semble avoir fait à une jeune fille de par le passé. Cet homme déclare par ailleurs que son lit se déplace tout seul et qu'il ne peut pas dormir. Peu à peu son état s'aggrave. En parallèle, très rapidement, le jeune psychiatre est confronté à des phénomènes bizarres, de l'ordre du paranormal. Quelques objets changent de place, d'autres tombent brusquement.

Avec le temps, la situation va se dégrader et se faire de plus en plus oppressante, en raison des manifestations surnaturelles qui se multiplient et deviennent moins anodines. Une jeune apprentie a une peur bleue de la chambre du sommeil ; elle se sent épiée, malmenée. Richardson se réveille en sursaut et voit une forme au pied de son lit. Puis plusieurs drames surviennent, le tout allant crescendo jusqu'à la fin du récit. Ce roman fait partie de la collection Grands détectives mais, même si le héros tente de comprendre ce qui explique ces phénomènes inquiétants, le récit tient plus du fantastique que du roman policier. L'influence gothique est très marquée et l'atmosphère sombre, inquiétante particulièrement bien rendue.

Une très bonne surprise pour moi qui n'avais pas encore découvert l'univers de F. R. Tallis. Même si le tome 2 se déroule à Paris et n'aura pas le charme de la campagne anglaise, il est sur ma liste d'envies pour l'été. Ou pour le challenge Halloween, peut-être. En tout cas, je vous recommande de pousser les portes de cet établissement si particulier... if you dare !

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329 p

F.R. Tallis, La Chambre des âmes, 2013

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18/06/2015

Michael Bond, Paddington

bond_paddington.jpgJ'ai profité de mon tout dernier séjour à Londres pour faire le plein de lectures anglaises pour Baby Lou. Je ne pouvais pas passer à côté du célèbre Paddington Bear. Ses histoires existent dans tous les formats mais j'ai pu trouver cet album au format cartonné, idéal pour les tout petits qui ne sont pas toujours tendres avec les livres. Je n'avais pas eu l'occasion de lire les aventures de Paddington jusqu'ici et c'est avec grand plaisir que j'ai fait la connaissance du célèbre ours à mon retour.

A la gare de Paddington, Mr & Mrs Brown découvrent un ours qui attend près des bagages abandonnés. Sur lui, une étiquette indique "Please, look after this bear". Le couple s'inquiète de ce que va devenir le pauvre ours. Ils décident de l'accueillir chez eux et le nomment Paddington, comme la gare où ils l'ont trouvé. Cet album est celui de la rencontre avec l'ours venu du Darkest Peru, ses premiers moments chez les Brown et la découverte de son histoire, qu'il raconte avant de s'endormir dans le moelleux fauteuil où il s'est installé.

Paddington est un ours adorable, rendu très attachant par ses accès de maladresse et les illustrations douces et très expressives à la fois. Il ne faut pas s'arrêter à quelques bizarreries dans ce livre un brin naïf mais plein de charme : Paddington sait parler, qui plus est en anglais alors qu'il vient du Pérou ; il sait écrire. Et pourtant, il laisse une baignoire déborder car il ne pense pas à retirer la bonde. Un ours surdoué mais bien maladroit en somme. Même si l'engouement pour cette série a pris une dimension très commerciale, il est difficile de ne pas succomber à son tour. Un classique de la littérature jeunesse britannique qui a bien mérité ses lettres de noblesse !

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32 p

Michael Bond, Paddington, 1998 (adaptation de A bear called Padington de 1958 qui s'adressait à un public de lecteurs un peu plus âgés)

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14/06/2015

Katherine Webb, Pressentiments

webb_pressentiments.JPGUne fois de plus j'ai succombé à une jolie couverture. Depuis longtemps je croisais le nom de Katherine Webb et, malgré le titre français un peu racoleur, j'ai finalement tenté ma chance avec son roman Pressentiments

L'histoire débute par la découverte d'un cadavre de la première guerre mondiale parfaitement conservé. Dans ses effets personnels, des lettres suscitent la curiosité. Informée de leur existence par son ex petit-ami, la journaliste Leah va tenter de remonter leur piste pour identifier le corps et tenter de percer le mystère qui semble l'entourer. Une enquête qui la plongera au début du XXe, dans un presbytère où s'est noué un drame à huis-clos.

En lisant les premières pages, j'avoue avoir eu une petite frayeur : la journaliste ne se remettant pas de sa rupture, je voyais poindre de loin la romance facile et totalement superflue. Heureusement, Leah occupe une place assez mineure dans le récit, qui se déroule pour l'essentiel avant-guerre. On croise ainsi Canning, un prêtre fanatique pour des raisons finalement peu liées au caractère divin de sa mission ; un opportuniste qui s'installe chez les Canning en prétendant avoir une aura particulière lui permettant de voir des êtres supérieurs, à commencer par des fées ; une femme malheureuse qui cherche des conseils auprès de sa soeur, déjà mère plusieurs fois et sans doute à même de lui expliquer pourquoi son propre mariage n'a toujours pas été consommé ; enfin, une domestique accueillie par charité après un passage en prison en raison de ses activités de suffragette. C'est cette dernière qui apporte une dimension historique supplémentaire au livre. En raison de ses convictions et de son engagement peu conformes à sa condition, elle incarne cette époque charnière où le sort des femmes a commencé à basculer en Angleterre.

Si ce roman est assez léger, cela reste un page-turner historique très honorable. Je n'hésiterai pas à lire de nouveau Katherine Webb quand je serai en panne de lecture !

Aujourd'hui on parlait Rois et Reines pour le Mois anglais, mais je n'ai pas eu le temps de faire mon billet avant de partir à Londres, où je me trouve au moment où s'affichera cet article. 

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502 p

Katherine Webb, Pressentiments, 2011

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