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25/06/2016

Nell Leyshon, Bedlam

leyshon_bedlam.jpgIl y a quelques mois j'ai découvert La Couleur du Lait de Nell Leyshon, roman très original mettant en scène une jeune paysanne soumise à la volonté d'un pasteur hypocrite. Voulant lire d'autres titres de cet écrivain, je suis tombée sur Bedlam lors de mes recherches. Il y est question du tristement célèbre asile de Bedlam au XVIIIe. Ayant un penchant marqué pour les romans historiques anglais et m'intéressant à ce sujet, j'ai donc jeté mon dévolu sur ce titre, qui s'est avéré être une pièce de théâtre présentée pour la première fois au public au Globe en 2010.

Parmi les principaux personnages de Bedlam figure le Dr Carew, médecin en chef de l'asile, qui incarne le "mad doctor" à l'ancienne et a succédé à son père. Il forme - si tant est qu'il ait grand-chose à apprendre - son fils Matthew, qui devra un jour le remplacer... même si ce sympathique jeune homme semble visiblement empoté, pour ne pas dire franchement lent. 

Leur façon d'exercer leur métier va être remis en question par l'arrivée d'un nouvel administrateur, le Dr Maynard, qui porte un réel intérêt aux patients.

Cette pièce résume de manière très efficace ce qu'était alors Bedlam ainsi que la façon de traiter la folie. Les médecins se déclarent volontiers impuissants à guérir réellement les patients (ils ne s'en préoccupent pas non plus), le personnel évoquant davantage des geôliers qu'une quelconque équipe médicale.

Ainsi, le docteur Carew déclare : "We have moved on from feeding patients roasted mouse, and subjecting them to exorcism, but their state remains a mystery" (p26) ou encore My task is not to analyze insanity, but to protect the world from him and him from his own self (p45). Et lorsque son épouse Annabelle lui demande s'il rend visite aux patients pour de se distraire, le docteur rétorque : "Why else would I see them ? I can't take their madness away" (p107).

Les traitements sont sommaires : saignées, bains froids, laxatifs... Et les admissions et sorties acceptées pour des motifs parfois douteux. Citons surtout Stella, internée par son époux pour avoir eu un enfant de son amant. Le docteur Carew juge inutile de donner la parole aux patients, considérant qu'il serait parfaitement ridicule d'écouter les dires d'un fou... bien que l'on puisse se demander qui, du médecin ou du patient, est le moins cohérent dans ses raisonnements. Enfin, chaque semaine, l'asile est ouvert au public et les patients exhibés en échange de quelques pièces. A aucun moment le docteur Carew ne semble considérer qu'au-delà de l'aspect financier, cette expérience peut s'avérer traumatisante et humiliante et, à ce titre, néfaste pour les patients.

D'autres sujets sont traités dans la pièce, qui donne à voir une société plutôt "dépravée" : le gin coule à flot et les relations sexuelles ont toujours une connotation négative (harcèlement sexuels, relations hors mariage se traduisant pour l'une par la déchéance sociale, pour l'autre par une maladie vénérienne). La place de la femme dans la société est également dénoncée, à travers notamment l'internement abusif cautionné par le médecin : The woman is clearly mad. If she can speak that clearly and argue that reasonably then she has no business being on the outside world. Imagine the damage she would wrought (p87)... ou encore le mépris qu'il affiche en public à l'égard de sa femme : "My wife, sir, is a bore" (p27).

A travers cette pièce, Nell Leyshon réussit à faire revivre Bedlam en s'appuyant sur des personnages hauts en couleur, qui aident à planter clairement le contexte historique. Malgré le burlesque et la bouffonnerie qui caractérisent certaines scènes, voilà une pièce qui ne manque pas de profondeur et qui constitue une entrée en matière intéressante pour qui s'intéresserait à ce sujet.

Sur le traitement de la folie en Angleterre et les pratiques douteuses des siècles précédents, voici également deux romans qui m'ont beaucoup plu : The Painted Bridge de Wendy Wallace ; La Chambre des Âmes de Frank Tallis. Enfin, le sympathique roman jeunesse Twelve minutes to Midnight de Christopher Edge se déroule en partie à Bedlam.

Lu dans le cadre de la lecture commune autour du Théâtre anglais.

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128 p

Nell Leyshon, Bedlam, 2010

24/06/2016

Memories of England : Highgate, Hampstead & Regent's Canal

Let's get to Highgate !

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Waterlow Park

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Walking towards Hampstead

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Hampstead Heath

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Keats House

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Towards Regent's Canal

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[Billet programmé - je lirai vos messages avec beaucoup de plaisir dans quelques jours, alors n'hésitez pas à laisser ici une petite trace !]

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23/06/2016

Memories of England on a special day

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[Billet programmé - comme les prochains ; N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, je serai heureuse de les lire dans quelques jours]

Le 23 juin n'est pas un jour comme les autres pour moi, Mois anglais ou pas, puisque c'est aussi un anniversaire un peu spécial. Je me demandais comment combiner "anglitude" et souvenirs. J'ai finalement cherché des photos prises à Londres tout juste un mois avant notre mariage, lors de notre dernier séjour à deux avant le grand jour.

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Photos Copyright MyLouBook

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Premiers pas sous un temps estival... 

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Du côté de St Paul...

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Et plus au Sud...

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Se baladant au gré des envies...

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Avant mes inévitables rêveries nocturnes à la fenêtre.

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22/06/2016

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées Séchées

jones_livre des fees sechees.jpgTous ceux qui s'intéressent un peu à l'Angleterre victorienne et édouardienne ou à l'engouement pour le surnaturel à cette époque et un peu après ont forcément croisé un célèbre canular, l'affaire des Fées de Cottingley. Deux cousines vivant dans la région du Yorkshire, Elsie Wright et Frances Griffiths, se mettent en scène entourées de fées dans une petite série de photos. L'affaire est notamment célèbre en raison de l'intérêt que lui portait Arthur Conan Doyle, convaincu de l'authenticité des clichés.

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Photo extraite de l'article Arthur Conan Doyle, Spiritualism and Fairies

Le Livre des Fées Séchées s'inspire de cette histoire en nous donnant à voir le prétendu herbier à fées de Lady Cottington. Cet album contient ainsi son journal, de l'enfance à l'âge adulte, ainsi que des illustrations représentant les fées attrapées par la jeune femme.

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Photo Copyright Myloubook

Au début, l'écriture est particulièrement hésitante et bourrée de fautes car c'est une enfant qui ouvre ce journal. L'écriture, l'orthographe et le style s'améliorent au fil des années. On commence également à connaître un peu mieux l'auteur du journal, à travers sa quête des fées, ses préoccupations puis ses premiers succès amoureux (bien involontaires).

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Photo Copyright Myloubook

Sur le fond, le texte est au départ logiquement très simple. La jeune fille qui dit aimer les fées ne semble d'ailleurs pas franchement perturbée par le fait de les écrabouiller dans son livre.

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Photo Copyright Myloubook

Petit à petit, les fées semblent venir davantage à elle... mais pas nécessairement avec les meilleures des intentions (pas étonnant !). Elles finissent par intervenir fort mal à propos en la déconcentrant ou la chatouillant ; Lady Cottington donne alors l'impression à un prétendant qui ne l'intéresse pas d'être très réceptive à ses avances. Âmes sensibles s'abstenir, notre chaste Lady ne le restera pas longtemps.

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Photo Copyright Myloubook

Il s'agit sans conteste d'un très beau livre - de ceux que l'on aime offrir ensuite. La couverture à la fois épaisse et rembourrée recrée l'illusion d'un véritable carnet à l'ancienne (on penserait presque à un grimoire). Les illustrations sont splendides, même si j'ai trouvé une certaine ressemblance entre certaines fées ou quelques gnomes et aurais peut-être aimé encore un peu plus de variété dans les images présentées. Parfois, Lady Cottington manque en partie sa prise et nous voilà avec une fée imparfaitement restituée, petite touche d'humour bien appréciable. Pour aller jusqu'au bout de l'exercice, le journal est scellé par une bande de papier à la fin, car les dernières créatures attrapées par Lady Cottington ne sont plus que de petites dévergondées, dont la vue choquerait un public non averti... J'ai été surtout séduite par la forme, plus que par le fond même s'il reste original.

Terry Jones est né au pays de Galles mais ayant "émigré" en Angleterre à l'âge de 4 ans et faisant partie de la "troupe" des célèbres Monty Python, il me semble qu'on peut considérer qu'il a sa place dans ce Mois anglais... Pas d'ambiguïté concernant Brian Froud, l'illustrateur, né à Winchester.

60 p

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées séchées, 1994

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21/06/2016

Mois anglais : Concours n°5

Pour clôturer notre série de cadeaux, nous vous proposons aujourd'hui de gagner aujourd'hui trois exemplaires de L'été avant la guerre d'Helen Simonson grâce aux Editions NiL.

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Pour remporter ce roman, pas de travail de création cette fois mais une petite recherche... Si vous étiez à Rye en 1914, qu'auriez-vous des chances de trouver comme auteurs sur les étagères poussiéreuses de la douillette petite librairie de la ville ?

Vous avez jusqu'au 28 juin pour nous envoyer vos réponses sur nos deux adresses : myloubook@yahoo.com et cryssilda@hotmail.com

Good luck everyone !

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20/06/2016

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T1, La Quiche Fatale

beaton_agatha raisin t1 quiche fatale.jpegAgatha Raisin a le vent en poupe en ce mois anglais ! Et ce n'est pas étonnant, car voilà une petite série bien sympathique. Les éditions Albin Michel viennent de publier les deux premiers tomes, écrits au début des années 1990 ; les quelques petits signes de décalage temporel (auxquels je ne m'attendais pas car je croyais la série plus récente) m'ont bien amusée.

Self-made woman, directrice d'une agence de communication londonienne, Agatha a pris une retraite anticipée pour venir s'installer dans les Costwolds. Un choix très réfléchi, puisqu'il repose essentiellement sur un souvenir de voyage d'enfance ! Notre héroïne a donc acheté un beau cottage dans un charmant village et confié ses clefs à un décorateur qui a eu la main lourde sur les outils agricoles historiques et autres extrémités. 

Habituée à réussir, à diriger son petit monde, à manipuler et cajoler pour arriver à ses fins, Agatha est un peu perdue à son arrivée. Les villageois sont tous charmants mais à part un sourire, un bonjour et un bref commentaire sur la météo, elle sent que son intégration ne sera pas facile. De toute façon, à moins d'être née sur place, on reste toujours un étranger. Son cottage continue d'ailleurs à être nommé en fonction d'un propriétaire décédé  bon nombre d'années auparavant. Ainsi, on lui dit de son antipathique voisine Mrs Barr : "Elle est nouvelle ici ! (...) Ça fait vingt ans qu'elle est là."

Lorsqu'elle découvre qu'un concours de quiches va se tenir dans le village, Agatha y voit une occasion de se démarquer en gagnant. Petit problème : elle a toujours mangé au restaurant ou acheté des plats cuisinés. Ni une ni deux, la voilà partie pour Londres, pour acheter une quiche aux épinards à un traiteur. En parallèle, elle invite le juge du concours et son épouse à un mauvais dîner affreusement cher dans le restaurant de leur choix, pensant l'amener à la choisir de même qu'elle a su mener par le bout du nez ses relations dans les affaires publiques. Peine perdue, c'est la gagnante habituelle qui remporte le concours. Il semblerait d'ailleurs que l'arbitre de la compétition ait ses favorites dans plusieurs villages et les récompense à travers divers concours (confitures, chiens...). Manque de chance, le voilà qui décède dans la nuit après avoir mangé des restes de la quiche d'Agatha.

S'ensuit une enquête qui conclut rapidement à un empoisonnement accidentel. Mais Agatha n'est pas convaincue, continuant à poser des questions... et à se faire quelques ennemis au passage.

Ce roman n'est pas un whodunnit classique. L'intégration d'Agatha Raisin dans le village, ses interventions aux réunions du comité féminin local, ses virées au pub, son organisation d'une vente de charité nous intéressent tout autant que le fait de savoir ce qui est vraiment arrivé au juge. C'est un roman frais, léger, qui nous permet à l'occasion de découvrir un peu les Costwolds. Une lecture vraiment plaisante. J'ai hâte de découvrir le 2e tome, même s'il semble un peu en dessous du premier d'après ce que j'ai pu lire de vos avis. 

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte !

Cryssilda et moi vous faisons gagner ce premier tome des aventures d'Agatha Raisin pour le mois anglais. N'hésitez pas à aller voir les concours que nous vous proposons grâce aux éditeurs partenaires de nos blogs. Nous avons seulement annoncé les gagnantes du premier concours et pourrons nous poser ensemble sur les concours suivants la semaine prochaine ; vous pouvez donc toujours y participer ! 

Lu dans le cadre de la LC consacrée aux auteurs contemporains sur le Mois anglais, ainsi que pour les challenges British Mysteries et Femmes de Lettres.

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320 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T1, La Quiche Fatale, 1992

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19/06/2016

Karen Dolby, Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II

dolby_sautes dhumour delisabeth ii.jpgCette année, Elisabeth II a fêté ses 90 ans. Rendons-lui ici un petit hommage à travers cette lecture qui lui est consacrée !

Cela fait un moment que je louchais sur cette collection "Les Sautes d'humour"... j'hésite toujours à m'offrir celui de Jane Austen mais me dis que je dois retrouver la plupart des extraits dans ses romans. Qu'à cela ne tienne, lorsque j'ai repéré ce titre sur Elisabeth II, j'ai eu envie de tenter ma chance. Une reine anglaise pleine d'humour? Je veux bien le croire ! 

Si on découvre ou re-découvre ici des anecdotes reflétant la personnalité de la reine, le livre porte néanmoins mal son titre. Tout d'abord, on aurait peut-être pu l'intituler "Les sautes d'humour de la famille royale" - le prince consort en particulier n'est pas en reste ici. Mais finalement, l'humour n'occupe qu'une place modeste. Ce livre est plutôt une sorte de petit guide d'introduction à la reine, à la famille royale, au protocole et à divers évènements qui ont marqué le règne d'Elisabeth II avec, il est vrai, des petites touches d'humour de-ci, de-là.

Karen Dolby nous présente une Elisabeth II assez attachante, au caractère bien trempé, certes pas toujours commode mais jamais vraiment antipathique. Et surtout, une reine plutôt malicieuse. On la découvre ainsi dans sa jeunesse, qui se mêle à la population londonienne avec sa soeur pour fêter la fin de la guerre et qui raconte même avoir vu deux fois ses parents de loin, alors qu'elle était au milieu de la foule. Ce dernier soir on les reconnut mais, dès qu'un agent de police eut indiqué que les princesses désiraient "être traitées comme de simples particuliers", plus personne ne vint les importuner (p20). Autre exemple de son fort tempérament et de son audace, lorsqu'en 2012 on propose de faire un film d'introduction aux J.O. avec James Bond et la reine, celle-ci accepte et décide même de jouer son propre rôle. Même les princes Charles, William et Harry n'étaient pas au courant.

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Beaucoup de faits relativement connus, de petits détails du quotidien dans ce livre qui n'est pas sans évoquer parfois les émissions de Stéphane Bern, il faut bien l'avouer. Il en va ainsi de ses tenues excentriques, choisies pour ressortir dans la foule, de ses parapluies transparents permettant de toujours la voir ou encore de la façon dont elle évite les cadres gênants. Ainsi, lors de l'inauguration d'une exposition de Lucian Freud, elle confia avoir veillé à "ne pas être photographiée entre une de ces paires de grosses cuisses" (p40). Et à quelqu'un qui lui demandait si l'artiste l'avait représentée, Sa Majesté de répondre "Si, mais pas comme cela !" (p41).

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Elisabeth II par Lucian Freud (à gauche) et Chris Levine (à droite)

On découvre également une reine "du quotidien". Il y a des années de cela, avant l'invention du magnétoscope, elle alla demander à l'évêque anglican qui préparait la prière du soir à Windsor : "Cela vous ennuierait beaucoup de repousser l'heure de l'office ? Maman veut absolument regarder son feuilleton" (p138). A ceux qui s'imaginent une reine grande lectrice, attendez-vous à une certaine déception. La télé semble avoir davantage de succès. Quant aux lectures, elle aime les policiers et les livres avec des chevaux... notamment ceux d'une certaine Jilly Cooper, auteur d'un best-seller érotique Riders et d'autres batifolages plutôt osés se déroulant à la campagne ! (p138) 

Autre petite anecdote amusante : à l'un des convives qui parlait fort à Windsor pour couvrir le bruit des avions atterrissant à Heathrow, la reine passa le repas à préciser le nom de chacun des avions en train de passer (boeing 747, airbus...). Un peu plus étonnant (ou pas, pour une Anglaise ?), la reine croirait aux fantômes et aurait vu celui d'Elisabeth I alors qu'elle était enfant !

Comme je le disais plus haut, le prince Philip est lui aussi régulièrement cité dans l'ouvrage. Ses remarques sont parfois drôles, parfois franchement condescendantes. Lui-même dit un jour : "La platopédalogie est la science qui consiste à mettre les pieds dans le plat, une science que je pratique depuis pas mal d'années déjà" (p45). Certaines de ses remarques ne le rendent pas franchement sympathique, comme son opinion sur la classe économique en avion, qui doit être vraiment "horrible", même s'il peut aussi être amusant. Il dit ainsi en 1966 à la directrice d'un hôpital antillais : "vous avez les moustiques, et moi j'ai la presse" (p147).

Dans les traits d'humour que j'ai relevés, citons encore les surnoms au sein de la famille royale, et notamment celui de la princesse Alexandra, appelée "Pud" comme "pudding" parce qu'elle est née à Noël. Ou encore, l'opinion de la reine sur le golf : "Le golf me paraît une façon bien compliquée de se promener. Moi, je préfère sortir les chiens" (p119). Sans parler d'un certain flegme ou d'un humour pince-sans-rire. Le jour où elle trouva un domestique complètement soûl affalé au pied d'un escalier, elle se contenta de demander : "Quelqu'un pourrait-il aider Frank à se relever ? J'ai l'impression qu'il n'est pas dans son assiette" (p159).

A recommander aux néophytes ou aux curieux. Une lecture légère et plaisante, parfaite pour se divertir un peu. 

Lu dans le cadre de la LC Rois et Reines d'Angleterre, pour le Mois anglais.

Et aujourd'hui, on retrouve aussi la famille royale avec une immersion dans les années 1990 chez FondantGrignote, qui nous présente La Reine et moi de Sue Townsend, et chez Electra avec The Uncommon Reader (La Reine des lectrices) d'Alan Bennett.

171 p

Karen Dolby, Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II, 2015

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18/06/2016

Mois anglais : Concours n°4

Aujourd'hui, grâce aux Editions Points que nous remercions, nous avons le plaisir de faire gagner à trois d'entre vous un lot comprenant les trois titres suivants :

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- Henry James, La coupe d'or (collection Signatures)

- Stella Gibbons, Westwood - mon billet par ici

- Elizabeth Gaskell, Mary Barton

Pour remporter ce lot, nous vous proposons d'imaginer une scène inspirée des trois couvertures ci-dessus. Prolixes ou minimalistes, on espère que vous vous amuserez bien !

Les auteurs des trois scènes qui nous marqueront, nous amuseront, nous étonneront le plus recevront chacun ces trois romans.

Vos réponses sont à nous envoyer par mail au plus tard le 25 juin prochain sur nos deux adresses : cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

Bonne chance à toutes et à tous !

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17/06/2016

Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes, The Five Orange Pips / BBC L'Effroyable Mariée

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Récemment, j'ai vu l'épisode du Nouvel an 2016 de l'excellente série BBC Sherlock, "L'Effroyable mariée" ou "The Abominable bride". C'est un épisode qui avait tout pour me plaire car l'histoire se déroulait cette fois-ci essentiellement à la fin du XIXe, même si Sherlock finissait par reprendre conscience à notre époque.

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Vêtue de sa robe de mariée, Emelia Ricoletti fait feu sur plusieurs passants dans la rue pour attirer l'attention sur elle, avant de se suicider d'une balle dans la bouche devant de nombreux témoins. Néanmoins, on raconte qu'elle serait revenue d'entre les morts pour tuer son époux peu après. La rumeur dit qu'elle serait réapparue ensuite pour commettre d'autres meurtres.

Quelque temps plus tard, Lady Carmichael fait appel à Holmes : son mari Sir Eustace a reçu une lettre contenant cinq pépins d'orange, un courrier qui pour lui revient à une menace de mort. Holmes et Watson vont se rendre dans la propriété du couple pour protéger Sir Eustace, sans y parvenir. La mariée semble avoir encore frappé.

C'est un épisode particulier au sein de la série. D'abord pour son cadre historique, mais aussi l'intervention du paranormal avec une mariée morte pour le moins effrayante. Et enfin, c'est aussi un fiasco pour Holmes qui ne parvient pas à protéger son client. J'ai eu plus de mal à adhérer aux allers-retours dans le présent mais hormis cela, c'est un épisode qui m'a beaucoup plu et qui me marquera je pense davantage que d'autres.

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Série Sherlock, L'Effroyable Mariée / The Abominable Bride, Episode du Nouvel an 2016

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série anglaise,série bbc,sherlock holmes,sherlock bbc,arthur conan doyle,the five orange pips,cinq pepins d'orange,l'effroyable mariee,the abominable bride,mois anglais,mois anglais 2016,british mysteries,challenge british mysteriesEn me renseignant un peu, j'ai découvert que cet épisode s'était principalement inspiré d'une nouvelle extraite des Adventures of Sherlock Holmes, "The Five Orange Pips". Je l'ai donc lue, sachant que je ne suis pas une grande lectrice de Doyle. J'ai beaucoup apprécié Le Pacte des Quatre, abandonné A Study in Scarlet en raison d'un passage dans les grands espaces sur lequel je bloquais (oui pour moi, l'attrait de Holmes vient en grande partie de son lieu de résidence au 221B Baker street, je n'ai aucune envie de devoir ensuite partir dans la pampa pour suivre ses aventures... même si je sais que ce roman est censé être excellent et que je ne désespère pas de le lire enfin)... hormis ces deux lectures, seulement quelques nouvelles découvertes à l'adolescence et oubliées depuis. Bref, ma culture holmesienne reste à faire.

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Force est de constater que les aventures de Sherlock Holmes peuvent être passablement barbantes. Je gardais un souvenir très positif du Signe des Quatre, aussi bien du point de vue de l'intrigue que du ton adopté par l'auteur (beaucoup d'humour surtout). Ici, à partir d'une idée de départ extrêmement prometteuse, Doyle nous offre une nouvelle bâclée, qui se laisse lire mais ne présente pas un grand intérêt.

Dans The Five Orange Pips, alors que Watson séjourne quelques jours chez son ami Holmes au 221B Baker Street parce que sa femme est partie rendre visite à sa famille, la tempête fait rage dehors. Arrive un jeune homme, John Openshaw, venu chercher de l'aide auprès du célèbre détective. Il a passé son adolescence avec son oncle, revenu brusquement des Etats-Unis où il avait fait fortune en Floride. Suite à l'arrivée d'une lettre marquée par les initiales "K K K" et contenant cinq pépins d'orange, son oncle fait son testament, avant de mourir quelques mois plus tard, noyé dans un bassin d'eau peu profonde de son jardin. Un suicide pour la police. Puis c'est son héritier, le père de John, qui reçoit une lettre de menace semblable avant de faire une chute accidentelle, mortelle bien sûr. John se présente chez Holmes alors qu'il vient de recevoir lui-même la fatale lettre. Malheureusement pour lui, il décèdera la nuit-même de manière "accidentelle" lui aussi, Holmes n'ayant pas suffisamment anticipé les risques qu'il courait à se rendre seul à la gare en soirée.

Ayant compris que le cas avait un rapport avec le Ku Klux Klan (la tâche était ardue), Holmes fait quelques recherches qui lui permettent de lier les menaces et décès suspects à un bateau et à trois membres de l'équipage en particulier (car assez opportunément, il n'y a que trois Américains sur le bateau...!). Ses déductions ne sont tout de même pas fulgurantes et hormis un cours fait à Watson à propos du Ku Klux Klan, cette nouvelle coule comme un court fleuve tranquille, très tranquille. Holmes n'est certainement pas au mieux de sa forme (Doyle non plus). Hormis la lettre mystérieuse, il n'y a pas grand-chose à sauver de ce récit : une intrigue plus que mince, un Holmes fade et ennuyeux, nullement brillant... j'espère que d'autres nouvelles ont quand même un peu plus de consistance et permettent de retrouver l'humour que j'avais tant apprécié dans Le Pacte des Quatre !

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Arthur Conan Doyle, The Five Orange Pips (extrait de The Adventures of Sherlock Holmes), 1891

Article rédigé dans le cadre du rendez-vous "Sherlock Holmes, l'original et les produits dérivés ou Arthur Conan Doyle" pour le Mois anglais, et pour le challenge British Mysteries.

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16/06/2016

Mois anglais : Concours n°3

C'est toujours un peu Noël en ce Mois anglais, grâce aux éditeurs partenaires de nos blogs.

Aujourd'hui, grâce aux éditions Albin Michel que nous remercions pour leur gentillesse, nous vous proposons de participer à un jeu concours pour tenter de gagner le 1er tome des enquêtes d'Agatha Raisin, la fameuse "Quiche fatale". Trois exemplaires sont en jeu.

Si vous ne connaissez pas encore Agatha, n'hésitez pas à aller voir les billets recap du Mois anglais pour retrouver les articles qui commencent déjà à fleurir sur ce roman !

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Pour participer, rien de plus simple ! La quiche fatale a été dégustée dans le cadre d'un concours de quiches (eh oui, le charme de la vie des villages anglais...). Pour gagner ce concours, quelle quiche auriez-vous choisi de proposer au jury ? N'hésitez pas à nous proposer des recettes farfelues !

Les gagnants seront désignés par tirage au sort.

Vos réponses sont à nous envoyer par mail au plus tard le 22 juin prochain sur nos deux adresses : cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

Good luck everyone !

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15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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14/06/2016

Mois anglais 2016 : Résultats du Concours nº1

Nous avons le plaisir de vous annoncer le nom des trois gagnantes du premier concours de ce mois anglais: Pativore, Larie Lys (qui participe au mois anglais sur le groupe facebook) et Mrs Figg remportent un exemplaire des Jonquilles de Green Park. Bravo à vous trois !

Merci de nous envoyer vos adresses postales par mail à cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

les jonquilles de green park

 

Et pour le plaisir, voici le poème bucolique de Mrs Figg, qui invite aux pensées vagabondes :

"Rêveries de printemps.

 

Quand le hérisson pointe son nez hors du terrier,

Que les lys et les narcisses de William Morris s'incarnent,

Dans l'herbe tendre, se dressent les cerisiers sauvages.

Quand le soleil, à travers les timides treuillages

des lierres et des jacinthes, envahit les bords de Marne,

je rêve de manoirs cossus, de cimetières moussus et d'aller

à Londres, admirer les jonquilles de Green Park … "

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Nous en profitons pour vous rappeler que vous pouvez encore participer au jeu concours pour remporter Le Célibataire de Stella Gibbons (deux exemplaires en jeu). Pour participer, c'est très simple : vous trouverez toutes les indications ici et . Dépêchez-vous, le concours est bientôt terminé ! Bonne chance à toutes et à tous !

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13/06/2016

Eric Hill, Collection de livres "Spot"

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Après mes grands-parents, mes parents et moi, la tradition se poursuit dans la famille puisque nous avons à la maison une lectrice en herbe qui accepte d'aller aux toilettes presque uniquement pour bouquiner, peut rester de longs moments seule dans sa chambre à sortir et feuilleter ses livres et qui, depuis quelques mois, refuse de dormir avoir d'avoir lu deux ou trois histoires avec ses parents. Parmi tous ses livres, sans surprise avec la maman qu'elle a, les titres anglais occupent une place de choix.

Chaque moment de la journée a ses lectures dédiées et je ne pouvais pas passer à côté de la collection de livres d'Eric Hill consacrée à un chien bien mignon nommé Spot. Nous avons commencé par "Where's Spot ?", qui m'a tout de suite semblé très familier : je suis presque certaine de l'avoir également lu petite. Puis nous avons complété avec plusieurs titres, toujours au petit format carré cartonné, sur des occasions plutôt générales  de façon à pouvoir en profiter toute l'année (même s'il existe plusieurs tomes sur des occasions particulières : Noël, anniversaire...).

Tous ces livres (hormis le livre plastique pour le bain) fonctionnent avec un système de rabats

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L'enfant comprend très rapidement le principe et la lecture est très ludique. Ces livres très réclamés par notre petite lectrice font aussi partie de ceux que nous avons le plus de plaisir à ouvrir en tant que parents car ils permettent une grande interaction. Pour les fidèles de la série, un autre atout réside dans les personnages secondaires récurrents, qui permettent de se replonger dans un univers familier même si la thématique est différente.

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Les titres lus et relus des dizaines de fois à la maison :

- Where's Spot ? : Sally, la maman, cherche Spot dans toute la maison. A chaque page, on se demande s'il est caché dans/sous tel ou tel meuble. A chaque fois le même rituel : "nooooon", puis l'enfant nomme l'animal qui se cache à chaque endroit (et qui n'a rien à faire là...). C'est le premier que nous avons commencé à lire, Baby Lou avait 18 mois et s'est tout de suite prise au jeu. Près d'un an plus tard, elle continue à s'y intéresser même si c'est celui qui présente l'histoire la plus simple.

- Spot says goodnight : notre incontournable du soir. Ici une histoire très simple autour du rituel du coucher. Spot rentre chez lui, doit prendre son bain puis dit bonne nuit à toute la maisonnée avant de s'endormir. Un livre plein de tendresse. Notre fille ne se lasse pas de dire bonne nuit à tout le monde avec Spot puis lorsque Spot lui-même est endormi, elle referme tout doucement le livre pour ne pas le réveiller.

- Spot goes on holiday : Sally et Sam, les parents, font découvrir à Spot les joies de la plage. Achat de nombreux jouets, jeux sur la plage, château de sable, plongeon dans l'eau... autant de petits plaisirs découverts par Spot.

- Spot goes to the park : notre avant-dernière acquisition. Nous l'avons depuis peu mais l'avons déjà lu de nombreuses fois. Sally emmène Spot et son amie Helen au parc, où ils retrouvent leur copain Tom. Malheureusement, ils laissent s'échapper le ballon qui atterrit dans la mare aux canards. Grand succès du canard qui fait "quack quack "!

- Enfin, le livre pour le bain Splish, Splash Spot ! : un imagier classique, à présenter aux enfants les plus jeunes. Je n'avais pas pu le voir avant de l'offrir à ma fille car il était sous plastique. Elle le feuillette régulièrement mais très rapidement, car à 2 ans et demi elle est un peu grande pour ce livre. Si ce n'était pas Spot je pense qu'il la laisserait indifférente.

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eric hill,chien spot,where's spot ?,spot says goodnight,spot goes on holiday,spot goes to the park,splish,splash spot !,albums jeunesse,albums jeunesse anglaisJ'avais préparé ce billet avec un peu d'avance. Depuis nous avons offert Spot goes to school à notre fille, pour la préparer doucement à sa première rentrée. On assiste à la première journée de Spot, qui s'amuse bien et fait beaucoup d'activités différentes. La journée passe donc trop vite ! Encore un album qui a du succès à la maison même si nous ne le lisons que depuis quelques jours.

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En tout cas, je recommande sans aucune réserve cette collection pour les lecteurs en herbe. Bien sûr les rabats sont un peu fragiles comme toujours, mais nous n'avons jusqu'ici pas eu besoin d'en re-scotcher (Baby Lou est peut-être particulièrement soigneuse avec les livres, j'ai du mal à m'en rendre compte).

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Eric Hill, Les livres de Spot, série débutée en 1980 avec Where's Spot ?

eric hill,chien spot,where's spot ?,spot says goodnight,spot goes on holiday,spot goes to the park,splish,splash spot !,albums jeunesse,albums jeunesse anglais

12/06/2016

Les Gourmandises du dimanche : Scones

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Ambiance anglaise pour le tea time aujourd'hui - Photos Myloubook

Syl nous propose de nous retrouver chaque dimanche autour de gourmandises, anglaises en ce mois de juin. Je présente rarement mes essais culinaires sur ce blog mais ai essayé de me prêter au jeu aujourd'hui en m'inspirant de Bea qui nous a proposé une recette de scones la semaine dernière. Elle-même suit la recette de Scally.

Voilà la recette telle que présentée par Bea (je vous invite à aller lire son billet) :

"Il faut, pour réaliser 8 scones : 225 g de farine, 1 sachet de levure chimique, 25g de sucre, une pincée de sel, 75 g de beurre mou (Scally utilise du demi-sel, si vous préférez le doux, mettez un peu plus qu'une pincée de sel),  5cl de lait, 1oeuf battu. (pour la dorure : un jaune d'oeuf additionné d'une cuillère à soupe de lait)

Vous mélangez la farine, la levure, le sucre, vous cassez l'oeuf que vous battez légèrement dans un petit bol, vous ajoutez le beurre, vous mélangez la préparation du bout des doigts comme pour un crumble puis vous ajoutez l'oeuf. Vous continuez à pétrir rapidement (pas trop, ça doit rester friable) vous versez la moitié du lait (il faut y aller prudemment avec le lait, en fonction de la texture de la pâte, vous ajustez) et vous façonnez vite fait un gros carré que vous coupez en huit.

Vous badigeonnez vos carrés de jaune d'oeuf deux fois, puis vous les déposez sur une plaque, au four, à 180°C (préchauffage préalable) pendant 7-8 minutes. Dégustez les scones rapidement, tiède de préférence, après les avoir coupés en deux et fourrés de confiture."

J'ai suivi ces indications avec quelques adaptations : j'ai principalement utilisé de la farine de seigle (près de 200g) et non de blé. J'ai oublié le sel mais finalement ça ne m'a pas dérangée à la dégustation. Pour la dorure, n'ayant relu que la fin du post de Bea je me suis contentée d'oeuf sans y ajouter la cuillère de lait, d'où mes scones bien jaunes au final (hum). Il me restait trop d'oeuf pour dorer huit scones. Enfin, si je reteste la recette, je ferai huit petites boules au lieu des 8 carrés car tels que je les ai faits les scones étaient pour certains un peu plats malgré la levure, pas facile donc de les couper en deux comme le veut la tradition.

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Mis à part quelques ajustements à faire suite à mon premier essai, j'ai été plutôt contente du résultat. Des scones un brin friables mais goûteux - très différents de ceux de Mr Lou qui sont excellents (recette de Christophe Michalak, "Le mega scone qui tue sa mère", plus calorique aussi), mais en même temps c'est lui le cuisinier de la maison ! La farine de seigle a apporté un goût un peu typé très appréciable.

Bonnes dégustations à l'anglaise en ce dimanche !

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11/06/2016

Henry James, La Bête dans la Jungle / Lamb House (Rye)

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Aujourd'hui, pour la lecture commune du Mois anglais autour d'un écrivain anglais d'origine étrangère, j'ai choisi de consacrer un article à Henry James, qui demanda à être naturalisé à la fin de sa vie. L'écrivain vivant à Rye et très tourné vers l'Europe avait en effet été choqué par la neutralité des Etats-Unis au début de la 1ère guerre mondiale.

Mon choix s'est porté sur une longue nouvelle rédigée à l'origine pour compléter un recueil, La Bête dans la Jungle. Outre le fait que j'avais croisé ce titre à de nombreuses reprises et lu qu'il faisait partie des oeuvres majeures de James, je l'ai choisi car il avait été écrit à Lamb House à Rye - ou plutôt, dicté en trois fois en 1902.

Henry James n'est pas un auteur facile. Si certains textes sont très abordables, d'autres exigent beaucoup d'attention de la part de leurs lecteurs. C'est sans aucun doute le cas de celui-ci.

En visitant la demeure de Weatherend avec un groupe d'amis, John Marcher retrouve May Bartram, rencontrée en Italie une dizaine d'années plus tôt. Si Marcher se souvient l'avoir déjà vue, il a presque tout oublié des circonstances de leur rencontre alors que la jeune femme en garde un souvenir très exact. Plus particulièrement, elle se souvient d'une confession que lui a faite Marcher, qui lui a dit se savoir promis à un grand évènement, menacé par cette "Bête dans la jungle" dont il ne sait rien, si ce n'est qu'elle bondira un jour. Marcher est surpris de s'être livré à la jeune femme et de l'avoir oublié alors qu'il pensait ne jamais s'être ouvert à quelqu'un de son obsession. Il lui demande alors si elle est prête à veiller avec lui jusqu'à l'accomplissement de son destin. A partir de cet instant, les deux jeunes gens vont devenir amis, se fréquenter régulièrement à Londres et vieillir, non pas ensemble mais côte à côte. Finalement, May comprend ce qu'était cet évènement et sait qu'il s'est déjà produit mais John reste toujours perplexe. Ce n'est qu'après la mort de son amie que lui viendra la brutale révélation.

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Mélancolique, ce texte aux accents philosophiques pourrait être l'histoire d'un amour manqué, d'une vie stérile, mais il ne se "limite pas" à cela. Il s'inspire des mythes classiques et de leur ironie (en cherchant à fuir un destin on le rencontre). Il se focalise avant tout sur un personnage totalement tourné vers lui-même et ainsi, se concentre principalement sur sa psychologie, ses tourments, ses doutes, ses limites - John Marcher est au final assez pathétique. Cette nouvelle trouve notamment son origine dans l'amitié qui liait James à Constance Woolson, qui aurait attendu davantage de leur relation et dont le suicide supposé - elle "tomba" dans le Grand Canal à Venise depuis sa fenêtre - marqua profondément l'écrivain. 

Un texte riche, que je ne recommanderais pas pour découvrir James cependant car il est assez ardu de prime abord. J'ai d'ailleurs pris davantage conscience des différentes implications du récit grâce aux commentaires pointus de l'édition de la Pléiade.

D'autres avis chez MissyCornish et George.

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126 p (pour l'édition du Livre de poche)

Henry James, La Bête dans la Jungle, 1903

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Je voulais profiter de ce billet pour vous présenter quelques photos prises à Rye en avril dernier. Les hommages à Henry James seront nombreux cette année, comme celui ci-dessous :

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J'avais surtout envie de partager avec vous quelques photos de Lamb House, la maison de Henry James à Rye.

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Photos Copyright MyLouBook

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