16/08/2014

Philippa Boston, Deadly Jobs

boston-deadly-jobs.jpgJe continue à explorer avec plaisir la collection Paper Planes Teens qui a pour objectif de faciliter l'apprentissage de la langue anglaise en proposant des textes stimulants et originaux pour transformer ce qui pourrait être une corvée en un vrai plaisir de lecture.

Je me suis récemment régalée avec Blitz Britain de Philippa Boston, petit ouvrage qui m'a permis de mieux connaître une période de l'Histoire anglaise sur laquelle j'avais des notions assez floues. Je réitère cette fois-ci l'expérience avec Deadly Jobs du même auteur, pour un plongeon au coeur de la révolution industrielle anglaise. Comment ça, encore l'Epoque victorienne ? Je vous assure amis lecteurs, je ne fais aucune fixation sur le XIXe anglais, vous devez être victimes d'une hallucination collective.

De nouveau servi par les judicieuses illustrations à la Quentin Blake de Mark Beech (illustrateur de Blitz Britain), Deadly Jobs est composé de deux parties, l'une historique, l'autre narrative (ce qui était également le schéma de Blitz Britain).

La première partie explique que la révolution industrielle a créé de très nombreux emplois auxquels pouvaient accéder les enfants, dont la petite taille constituait parfois un avantage et dont le salaire était systématiquement plus faible que celui qu'aurait reçu un adulte. Compte tenu des conditions de travail, le taux de mortalité était élevé, avec une chute de la moyenne d'âge à 29 ans dans certaines régions. Sont ensuite présentés différents emplois réservés aux enfants : mineur, ramoneur, ouvrier à l'usine. Il restait également la possibilité de vivre dans une « workhouse » où, pour un abris pour la nuit et une nourriture chiche, il fallait travailler comme une bête de somme, à moins d'être placé en apprentissage – un esclavage déguisé. Pour lutter contre le travail des enfants, plusieurs lois se succèdent pendant des dizaines d'années sans être appliquées au départ. Charles Dickens choisit quant à lui de sensibiliser le public à travers ses romans. Même si je m'intéresse depuis un moment au XIXe anglais, j'ai notamment relevé quelques aspects ou anecdotes que je ne connaissais pas. Par exemple la couleur des vêtements au sein des workhouses, jaune pour différencier les prostituées des autres femmes. Ou encore le fait que la taille moyenne ait baissé en raison des conditions de travail à l'usine, qui entraînaient des déformations physiques.

La deuxième partie s'intitule « The Workhouse boy » et raconte l'histoire d'un garçon placé en apprentissage chez un type alcoolique et monstrueux. J'ai été étonnée par la fin (que je vous laisse le soin de découvrir). Bien entendu, je supposais que l'apprenti tiendrait sa revanche mais je n'aurais jamais pensé qu'elle prendrait cette forme-là.

A ceux qui s'intéressent à l'histoire britannique et à ceux qui veulent apprendre ou enseigner l'anglais en lisant des textes vraiment intéressants, je recommande encore une fois chaudement cette collection !

La suite au prochain numéro puisque j'irai bientôt me promener dans une Angleterre ravagée par la peste !

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44 p

Philippa Boston, Deadly Jobs, 2013

myself 2014.jpgBBC 2014small.jpgpaper planes teens, deadly jobs, philippa boston, collection terrible times, angleterre, angleterre xixe, angleterre victorienne, travail enfants époque victorienne, apprentissage anglais ludique, challenge myself, challenge i love london, challenge bbc 2014

12/08/2014

Christophe Boncens, Au Bord de la Mer

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Je viens de découvrir pour Baby Lou une collection merveilleuse pour accompagner son été au bord de mer! Publiées aux éditions Beluga, ces "Histoires salées du marchand de sable" de Christophe Boncens initient les petits aux animaux de la mer et à leur environnement naturel à travers de petites histoires amusantes. Il existe deux coffrets de six albums qui se vendent également séparément. C'était le cas dans la librairie où je me suis rendue. Je suis d'abord repartie avec La Méduse Moqueuse, album qui m'a tellement enchantée que ce week-end j'ai également offert à ma fille L'Etoile Menteuse, Le Bigorneau Tricheur et L'Anémone se sent seule.

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Illustration tirée du site de Christophe Boncens

Dans chaque album, une aventure va mettre en avant les défauts ou problèmes des uns et des autres, qui seront reconnus ou compris selon, pour que les choses se passent mieux à l'avenir. Outre la dimension morale propre au conte pour enfants, ces histoires permettent de rencontrer des animaux imparfaits mais très attachants, dans un univers joyeux et coloré qui a visiblement su capter l'attention de la petite Baby Lou. A la fin de chaque album sont prévus quelques jeux ou énigmes puis on apprend à dessiner le héros de l'histoire. Pour les parents lecteurs, c'est un vrai bonheur que de raconter une histoire rigolote en commentant les dessins ou en imitant les personnages: difficile de s'ennuyer avec cette série adorable ! Les textes sont suffisamment longs pour avoir un peu de matière et éviter les platitudes, mais aussi assez courts pour capter l'attention d'un tout petit. Bien sûr, cette série ne serait pas la même sans les charmantes illustrations qui ont d'abord attiré mon attention en librairie ! Bref, une série ludique très réussie, recommandée pour les 3-6 ans mais qu'on peut tout à fait présenter beaucoup plus tôt (d'après mon expérience toute récente). A découvrir, dans l'idéal les pieds dans l'eau !

28 p

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Christophe Boncens, Série Au Bord de la Mer, 2010-2014

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09/08/2014

Concours Alan Bennett

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J'ai le plaisir de vous faire gagner grâce aux éditions Buchet-Chastel un exemplaire de La Dame à La Camionnette d'Alan Bennett, dans le prolongement du Mois Anglais.

Un extrait de mon billet sur ce roman pour résumer l'intrigue : "A travers ce livre, l'auteur nous invite à découvrir Londres dans les années 1970-80, et un quartier, Camden Town, progressivement envahi par une classe moyenne intello progressiste, qui cherche à concilier aisance financière et préoccupations d'ordre social. Alan Bennett fait la connaissance de Miss Sheperd alors qu'elle cherche quelqu'un pour pousser sa camionnette vers un nouvel emplacement. Car Miss Sheperd vit dans sa camionnette jaune, remplie d'affaires sales, de cochoneries accumulées au fil des ans mais aussi d'objets on ne peut plus "classe moyenne" (articles de cuisine notamment), assez incongrus dans cet environnement. Le temps passant, Miss Sheperd se fait agresser à plusieurs reprises et Alan Bennett lui propose de stationner dans son jardin. La situation s'éternisera. Loin de remercier l'auteur, la vieille dame ne le ménagera pas et conservera jusqu'au bout toute son autorité... et ses manières originales."

Pour gagner ce roman, rien de plus simple ! Puisque nous parlons ici d'un auteur à l'humour tellement anglais, je vous propose de participer en imaginant que vous êtes sur le point d'écrire un roman se passant en Angleterre et en nous livrant la toute première phrase de votre oeuvre à venir. Vous pourrez la laisser dans les commentaires à la suite de ce billet.

Vous pouvez aussi bien choisir une phrase humoristique qu'une autre descriptive, extrêmement courte ou longue de trois kilomètres, vous imaginer sur le point d'écrire un roman social, une histoire à l'eau de rose, un thriller, un roman historique : the choice is yours !

Vous avez jusqu'au 20 août pour participer.

Bonne chance à tous !

05/08/2014

Molly Keane, Chasse au Trésor

keane_Chasse-au-tresor_5080.jpegAmateurs de vieilleries, Molly Keane a réuni pour vous de délicieux excentriques coincés quelque part dans un siècle passé, peu résignés à abandonner leurs vêtements poussiéreux et leurs habitudes archaïques... pour votre plus grand plaisir !

De quoi retourne-t-il ? : Le propriétaire du domaine de Ballyroden vient de décéder. Le roman s'ouvre alors que ses proches rentrent à la maison, bien décidés à boire du champagne en l'honneur du défunt. Mais une surprise de taille les attend : ce cher Roddy a dilapidé toute la fortune familiale et ses legs généreux ne sont que de charmantes promesses puisqu'il va falloir maintenant réduire considérablement le train de vie de la maisonnée pour ne pas avoir à céder Ballyroden.

Deux clans se forment d'emblée : d'un côté l'héritier, Philip, ainsi que sa cousine Veronica, tous deux pragmatiques, décidés à se retrousser les manches et à recevoir des hôtes payants pour s'en sortir ; de l'autre, le frère et la soeur de Sir Roderick, Hercules et Consuelo, en aucun cas prêts à renoncer à leurs privilèges et nombreux caprices. Et quelque part ailleurs, l'insaisissable et espiègle tante Anna Rose qui, depuis qu'elle a perdu son cher époux pendant leur voyage de noces, s'imagine parcourir le monde entier en train ou en avion, toujours accompagnée d'un oiseau qui trône sur ses différents chapeaux. Ajoutons à ce petit monde étonnant trois domestiques, chacun particulièrement entiché d'Anna Rose, Hercules ou Consuelo et se souciant peu du bien-être des deux jeunes, beaucoup trop terre-à-terre pour ne pas être jugés terriblement ternes (y compris par leurs aînés).

La rupture avec les fastes passés est vite consommée : Philip alloue à son oncle et à sa tante une modeste somme en guise d'argent de poche (ce qui donne des situations cocaces, comme lors d'un jeu d'argent : « Tu me dois neuf pence, Chaton, je t'assure (p 168) »), l'alcool ne coule plus à flots et le quotidien va être bouleversé par l'arrivée de parvenus anglais décidés à profiter de l'hospitalité irlandaise. Ils ne seront pas déçus du voyage !

J'ai particulièrement apprécié la première partie du roman, construite comme une pièce de théâtre. La première scène s'ouvre sur la présentation d'une pièce vide, la maison attendant le retour des occupants. Puis chaque protagoniste fait une entrée en fanfare dans ladite pièce, avec son lot d'extravagances. Hercules et Consuelo sont croqués avec beaucoup d'humour et, si on ne peut pas vraiment les détester, on ne peut s'empêcher d'être un peu choqué en les considérant à travers le prisme de nos repères modernes. Quelques exemples croustillants :

Les gens sont prêts à risquer leur vie pour nous. C'est tellement gentil (p 27).

En définitive, ça revient toujours moins cher de descendre au Ritz. Et personne ne pourrait m'accuser d'être dépensière – regardez ma pingrerie avec les épingles, les épingles ordinaires ou les épingles de nourrice. Dès que je vois une épingle, je la ramasse, voilà comment je suis. Jamais de ma vie je n'ai acheté une épingle – ce sont mes économies préférées (p 55).

Même si j'ai eu un peu plus de mal à m'intéresser aux visiteurs anglais (du moins à la plus jeune d'entre eux), le regard qu'ils portent sur leurs hôtes (ces deux vieux vestiges inutiles d'extravagances passées (p104)) est on ne peut plus acéré : Mon frère est un fervent collectionneur d'antiquités, dit Dorothy, dont le regard alla ostensiblement se poser sur les gens, pas sur les meubles (p 103).

C'est ma deuxième lecture de Molly Keane et, une fois encore, je suis vraiment séduite par la manière dont elle croque ses personnages, si improbables et pourtant tellement irrésistibles et pleins de vie. Si vous ne la connaissez pas encore je ne peux que vous recommander de la laisser vous présenter ses aristocrates déchus. En n'oubliant pas de vous armer d'une tasse de thé (voire d'un soupçon de brandy) of course !

Merci à Babelio à travers l'Opération Masse Critique ainsi qu'aux éditions Quai Voltaire.

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272 p

Molly Keane, Chasse au Trésor (Treasure Hunt), 1952

 

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01/08/2014

Ian Mc Ewan, Amsterdam

mc ewan_amsterdam.jpgPour cette lecture commune autour de Ian Mc Ewan j'ai choisi de découvrir un livre étrange, Amsterdam.

A l'enterrement de leur amie et ex-maîtresse Molly, Clive et Vernon se retrouvent. La cérémonie impersonnelle a été orchestrée par le veuf, autrefois très possessif. Est également présent Garmony, ministre réactionnaire, autre amant de Molly.

Nostalgiques de leurs jeunes années et de leurs aventures passées, Clive et Vernon sont à un tournant de leur vie : leur obsession pour leur travail, leur étroitesse d'esprit et leur manque de clairvoyance vont bientôt les conduire à leur perte.

Vernon est patron d'un journal dont les ventes s'érodent. Il est alors contacté par le mari de Molly qui lui remet des clichés compromettants du ministre Garmony : voilà qui pourrait permettre au journal de remonter la pente. En bon businessman, Vernon est convaincu de devoir saisir cette opportunité et ne s'embarrasse pas de questions d'éthique, contrairement à Clive choqué par l'attitude de son ami.

Quant à l'artiste Clive, il peine à trouver l'inspiration pour une symphonie du millénaire et s'en va dans la région des Grands Lacs. Lors d'une promenade, il assiste à l'agression d'une femme sans rien faire car il vient de trouver une suite à son oeuvre. Vernon lui apprend plus tard qu'il s'agissait du violeur des Grands Lacs et le somme de se rendre à la police pour témoigner.

En quelques étapes décisives sur lesquelles il ne sera pas possible de revenir, l'amitié entre Clive et Vernon est mise à l'épreuve avant de s'effriter inéluctablement. D'autres pensées l'en distrayaient de temps à autre, et par moments il se mettait à lire, mais tel fut le thème qui accompagna son voyage vers le nord : le long et minutieux réexamen d'une amitié (p 101).

Froidement orchestré autour de personnages « marionnettes », ce roman offre un bien curieux exercice littéraire. Ne vous attendez pas à vous attacher aux personnages, ce n'est pas le propos ici. J'ai pour ma part passé un très bon moment avec ce livre original dans lequel tout un univers s'écroule comme un château de cartes à partir d'une série de choix malheureux. On pourra sans doute reprocher à Ian Mc Ewan d'avoir livré une construction artificielle mais Amsterdam ne manque pas d'intérêt. Malgré quelques maladresses, le récit ne manque pas d'anecdotes marquantes. Un passage m'a notamment interpelée. Alors que Vernon s'apprête à savourer son triomphe la veille de la publication de choc qui devrait signer la fin de la carrière politique de Garmony, le responsable de la rubrique nécrologique lui tend un papier : Il devait s'agir du papier qu'on lui avait demandé de préparer au cas où Garmony se flinguerait (p 161). Et le récit est en effet bien souvent cynique.

Je ne peux que vous recommander de découvrir ce livre original à votre tour. Il me donne envie de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Mc Ewan, c'est certain !

 

Quelques citations relevées ici ou là :

Il aurait pu couper à ses obligations en évoquant la liberté de l'artiste, mais semblable arrogance lui était odieuse. (…) Ces gens-là – les romanciers étaient de loin les pires – parvenaient à convaincre leur entourage que non seulement leur temps de travail, mais la moindre de leurs siestes et de leurs promenades, leurs accès de mutisme, d'abattement ou d'ivrognerie étaient couverts par l'immunité des grands desseins. Un masque pour la médiocrité, estimait Clive (p 94).

Malgré le froid, il ouvrit grand la fenêtre pour pouvoir respirer, tout en défaisant ses bagages, l'air hivernal caractéristique de la région des lacs – eau de tourbières, roche mouillée, terre moussue (p 101).

Chez ceux qui remâchent une injustice, on voit parfois l'appétit de vengeance se dissimuler ainsi, commodément, sous le sens du devoir (p 213).

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253 p

Ian Mc Ewan, Amsterdam, 1998

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12/07/2014

Bilan de mes lectures de mai et juin

Après le Mois anglais je fais une petite pause bloguesque bien méritée... quelques billets prévus pendant l'été (essentiellement des SP) mais je me réserve pour le Mois Américain de septembre organisé par Titine puis le challenge Halloween 2014 où je retrouverai une fois de plus ma fidèle comparse Hilde.

En espérant ne rien oublier, voici mes lectures de mai et de juin (cliquer sur les couvertures pour accéder au billet), qui du coup recoupent beaucoup mon bilan du Mois anglais 2014 :

Des albums jeunesse inspirés de romans anglais :

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Une série qui vise un objectif pédagogique (apprendre à compter, parler du temps qu'il fait...) en s'inspirant de classiques. Ne vous attendez pas à une version abrégée des romans d'origine mais je recommande chaudement cette série aux amateurs de littérature anglaise car c'est un bon moyen de faire découvrir ses lectures favorites à son enfant.

Deux livres dédiés à l'apprentissage de l'anglais 

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Une collection ludique très bien pensée pour découvrir la langue anglaise sans effort. Des récits amusants, des illustrations bien choisies et pour Bliz Britain, un contenu historique très intéressant qui m'a permis de mieux connaître le Blitz. Un autre livre de cette série attend sur ma table de chevet... on peut parler de coup de coeur ! Hilde vient elle aussi de lire What is Brian ?.

Des romans anglo-saxons (voire anglais !)

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Hormis Le Bourreau de Hyde Park (dont je suis laborieusement venue à bout), vous trouverez mes billets sur ces différents romans en cliquant sur les couvertures. Ian McEwan m'a offert le plus grand plaisir de lecture. Depuis j'ai dévoré Amsterdam (en juillet), toujours du même auteur !

Et vous, avez-vous eu des coups de coeur de lecture récemment ?

Je vous souhaite à tous un bel été en compagnie de jolies pépites littéraires !

01/07/2014

Bilan du Mois Anglais 2014

mois anglais, mois anglais 2014

Déjà la fin du Mois Anglais et de cette troisième édition que nous sommes très heureuses d'avoir de nouveau passé en votre compagnie. J'ai publié 18 billets en comptant le petit concours, le recap et la présentation de vos superbes logos. Je n'aurais pas pensé pouvoir écrire autant malgré notamment la reprise récente de mon travail et la présence à la maison de Baby Lou ; je suis vraiment ravie d'avoir partagé un certain nombre de lectures avec vous. Je regrette encore une fois de ne pas avoir fait de billets inspirés de mes voyages anglais mais cela me laisse de très nombreuses possibilités pour l'an prochain.

Merci à vous tous pour les nombreuses chroniques, la bonne humeur, les messages sur facebook et plus encore sur nos blogs et ceux des autres participants, pour les coups de coeur partagés... et pour les blogs qui soudain émergent d'un long sommeil pour notre plus grand plaisir !

Même si le mois est toujours dense pour les organisatrices c'est un vrai bonheur pour nous que de retrouver le Mois Anglais chaque année. Merci my dear Titine et Cryssilda pour cette nouvelle aventure (et vous pouvez féliciter Titine qui a profité de ce mois de juin pour réussir aussi un concours) !

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Mes billets 2014

Cliquez sur les couvertures pour accéder aux chroniques

Des albums jeunesse

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Des BD

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Deux livres dédiés à l'apprentissage de l'anglais 

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Des romans (6) et une nouvelle

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Billets divers

Les Lectures communes et Logos 2014

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Interrogation sur une photo des soeurs Brontë

Concours Julian Barnes

Résultats du concours Julian Barnes

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Et le fameux billet recap 2014 !

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Comme l'an dernier j'ai bien profité de ce mois anglais. Je n'ai pas noté tous les livres et films que vous m'avez donné envie de découvrir mais de nouveau vous m'avez donné de très bonnes idées. J'ai déjà le DVD de Noblesse oblige en attente, pour commencer en douceur (enfin pas vraiment étant donné le sujet!).

Et si nous vous disons au revoir jusqu'à l'an prochain, les Anglais nous envahissent encore (!) puisque le 1er août nous avons prévu une LC consacrée à Ian Mc Ewan. N'hésitez pas à vous joindre à nous !

J'en profite pour vous indiquer une autre LC cette fois-ci proposée dans le cadre du challenge British Mysteries mais ouverte à tous : le 19 juillet sera consacré à un roman détective jeunesse ayant pour cadre la GB ou Irlande dans le passé (jusque deuxième guerre mondiale), par ex Enola Holmes, Douze Minutes avant Minuit, YS Lee... (et le 19 septembre sera consacré à Sherlock Holmes).

Sur ce le Mois Anglais tire sa révérence...

See you next year !

30/06/2014

Little Miss Bronte, Wuthering Heights

little miss bronte_wuthering heights.jpgPendant ce Mois Anglais j'ai eu envie de partager avec vous une fabuleuse découverte en matière d'albums pour les petits, avec la collectiom Babylit. Petit rappel du principe : des livres éducatifs détournant de grands classiques, principalement anglo-saxons. Ces petits livres cartonnés s'inspirent du roman d'origine pour initier les petits à différents sujets : apprendre à compter, découvrir le temps qu'il fait, les contraires...

En ce dernier jour de Mois Anglais consacré à Emily Brontë j'ai donc choisi de mettre à l'honneur Little Miss Brontë, Wuthering Heights. Cet album est consacré au temps qu'il fait. Et quel classique aurait pu davantage se prêter à un tel sujet ?

Ce livre est une vraie petite merveille avec ses illustrations délicates mettant en scène le même lieu, avec chaque fois une météo différente... ensoleillée, venteuse, pluvieuse... Je pensais a priori qu'il était difficile de présenter ce livre à un enfant puisque le lieu est toujours inchangé. Pourtant de nombreux détails varient, à commencer par les personnages présents et ce qu'ils font, ce qui fournit un bon support pour commenter les scènes.

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Photos Copyright My Lou Book

Il ne faut pas s'attendre à retrouver le roman original sous une forme abrégée : il sert seulement de toile de fond ; l'album a une vocation éducative, qui guide le choix des situations mises en scène. On peut néanmoins en profiter pour résumer l'histoire d'origine... ou s'amuser à inventer de nouvelles aventures ! Avec leur trame simple, ces albums ouvrent le champ des possibles aux parents lecteurs. Chaudement recommandé, même pour les non-Anglophones !

Mes billets sur Little Miss Austen, Sense and Sensibility etLittle Miss Bronte, Jane Eyre.

Un avis du BrontëBlog sur cet album.

Jennifer Adams, Alison Oliver, Little Miss Bronte, Wuthering Heights, 2013

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29/06/2014

Julian Barnes, Une Fille, qui danse

julian barnes,une fille qui danse,challenge bbc 2014,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,angleterre,angleterre xxe,roman anglaisA 22h passées je vais tenter de me joindre à la LC autour de Julian Barnes en cette fin de Mois anglais ! Voici donc quelques impressions de lecture au sujet d'Une Fille, qui danse, roman qui me laisse plutôt songeuse...

Tony, le narrateur, revient sur ses années de lycéen et d'étudiant, époque où il fréquentait Adrian, étudiant brillant qui s'est donné la mort. Tony et Adrian font partie du même petit cercle, puis tomberont amoureux de la même fille. Des années plus tard, Tony s'interroge sur les raisons qui ont poussé Adrian à se suicider.

S'ensuit une longue réflexion sur le rapport au temps, à la mémoire et sur la perception des événements passés. L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus (p 86). Le cheminement intellectuel de Tony est intéressant, son analyse pertinente et extrêmement lucide même si j'ai trouvé ses remarques sur la jeunesse et le temps qui file à toute allure démoralisantes.

Tony fait souvent référence à un évènement naturel étonnant, un fleuve qui inverserait sa trajectoire subitement. Et ce temps personnel, qui est le vrai temps, se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée - quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus -, ç'a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé. Comme si, pendant ce moment-là, le fleuve avait coulé vers l'amont (p 174).

J'ai été moins convaincue par l'aspect narratif. Les interrogations concernant Adrian poussent Tony à renouer avec leur petite amie commune, qui m'a paru être une fille hystérique, dérangée et insupportable. Les échanges entre les anciens amants m'ont paru assez artificiels en raison du personnage féminin, si survolté qu'il en devient caricatural et peu crédible. Enfin je reste dubitative quant aux raisons qui ont poussé Adrian à mettre fin à ses jours et surtout, pourquoi Tony s'en veut tellement et pourquoi son ex petite amie le hait. J'ai d'abord pensé que Tony se reprochait l'envoi d'une lettre horrible à son ami et s'en voulait d'autant plus que ses menaces ont finalement correspondu à la réalité ; son ancienne petite amie lui en aurait voulu pour les mêmes raisons. Néanmoins ce n'est pas franchement vraisembable, et la raison de la mort d'Adrian pourrait être celle-ci : Il n'avait pas noblement refusé un don existentiel : il avait peur du landau dans le vestibule (p 201), auquel cas ma première théorie ne tient pas debout. Pour l'instant aucune hypothèse ne m'a vraiment convaincue. Bref, je ressors un peu perplexe des dernières pages de ce roman.

Un Fille, qui danse est indéniablement écrit par un bel auteur et ne manque pas de qualités mais malgré tout l'intérêt que je lui ai porté mon plaisir de lecture a été variable, sans doute également car je ne me suis attachée à aucun personnage. C'est peut-être un beau texte mais il en émane une certaine froideur.

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212 p

Julian Barnes, Une Fille, qui danse, 2011

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28/06/2014

Philippa Boston, Blitz Britain

boston_BlitzBritain.jpgPendant ce Mois Anglais je vous ai parlé de la collection Paper Planes Teens* destinée aux personnes apprenant la langue de Shakespeare et cherchant des lectures à leur portée... et fun ! J'ai d'abord lu What is Brian ?, histoire de zombies pour les débutants en anglais, livre qui m'a vraiment amusée malgré la syntaxe simple et le vocabulaire réduit inhérents au niveau.

Aujourd'hui je vous présente Blitz Britain de Philippa Boston, autre livre de la collection, cette fois-ci de niveau intermédiaire. Avis aux amateurs de Terry Deary (auteur de Vile Victorians, Terrible Tudors, Slimy Stuarts...), ce livre est fait pour vous !

Blitz Britain est composé de deux parties, la première informative, la seconde mettant un scène un jeune garçon à qui il arrive une folle aventure alors qu'il tente de rentrer chez lui à vélo sous les bombes. La nouvelle se lit avec plaisir et m'a fait penser à mes lectures d'enfance favorites en raison des illustrations de Mark Beech qui rappellent le travail de Quentin Blake (pour les livres de Roald Dahl).

J'avoue un faible pour la première partie décrivant le Blitz et ses incidences en abordant différents thèmes : l'évacuation des enfants, le début et la fin du Blitz, les différents types de bombes, les abris plus ou moins sophistiqués (du kit de survie pour jardin au métro), la façon dont on cachait les cibles potentielles de nuit, le Zoo de Londres (eh oui ? que faire des fauves et autres bestioles ?), Buckingham Palace ou encore les différentes options pour participer à l'effort de guerre pendant le Blitz. Cette partie est à la fois bien documentée, pleine d'anecdotes concrètes permettant de mieux comprendre ce que vivaient les Anglais au quotidien, le tout accompagné de dessins humoristiques très réussis.

Une nouvelle fois j'ai trouvé ce livre de la collection Paper Planes Teens très malin : s'il a des visées pédagogiques, il est avant tout intéressant et drôle. Le lecteur s'amuse, passe un excellent moment et travaille son anglais sans s'en rendre compte. Et même lorsqu'on ne lit pas Blitz Britain pour apprendre l'anglais on se régale tout simplement ! J'ai tellement adoré la façon dont l'Histoire était abordée dans cet ouvrage que j'ai eu très envie de découvrir les autres titres de Philippa Boston... rendez-vous bientôt pour d'autres horribles histoires (car m'attendent Deadly Jobs et Bubonic Britain !).

Vous pouvez lire ou écouter un extrait par là.

* Collection lancée il y a un peu plus d'un an.

De nouveau merci à Héloïse des Editions Didier !

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48 p

Philippa Boston, Blitz Britain, 2014

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26/06/2014

Vita Sackville-West, Le Diable à Westease

sackville west_diable-a-westease.jpg1946. Dans la Royal Air Force pendant la guerre, Roger Lilliard est l'auteur d'un roman à succès et cherche à s'établir à la campagne pour se consacrer à l'écriture et éloigner les souvenirs du récent conflit. Il découvre l'endroit idéal à Westease, paisible village au charme fou. Pourtant, peu après l'arrivée de Roger, un meurtre va bouleverser les habitants du village. La piste d'un meurtrier extérieur est rapidement écartée. Le diable habiterait-il à Westease ?

Le Diable à Westease est un roman très différent de ce à quoi je m'attendais. Malgré le sujet relevant du genre policier, je pensais retrouver la patte de la brillante Vita Sackville-West avec toute son originalité et sa fraîcheur. En réalité ce roman est un whodunnit malheureusement classique, à mon avis assez convenu. Pour la première fois je me suis presque ennuyée avec cet auteur que j'adore, le récit manquant de dynamisme malgré le format relativement court. Passons sur Roger qui veut voguer « sur le navire de l'amour » (j'ai pris cette remarque pour un trait d'esprit moqueur). L'intrigue reste sympathique sans bouleverser les codes du genre. Les personnages sont pour certains inconsistants (par exemple Mary qui aurait pu incarner une héroïne moderne), tandis que d'autres sont assez artificiels et auraient mérité d'être davantage développés. Je n'irais pas jusqu'à dire que l'intrigue est cousue de fil blanc mais elle manque cruellement de profondeur. Le dernier renversement de situation m'a fait penser qu'au fond, Vita Sackville-West doutait elle aussi de la crédibilité de son histoire.

L'intérêt du récit réside à mon avis dans cette interrogation éthique soulevée à la fin : la vie d'un seul homme vaut-elle davantage que celle de la multitude ? Le meurtre d'un simple pasteur de campagne peut-il rester impuni si son auteur est un génie ?

Je déconseille ce roman à ceux qui n'auraient pas encore découvert Vita Sackville-West car il n'est pas du tout représentatif de son oeuvre, aussi bien par le genre que par la qualité. Toute Passion abolie est par exemple bien plus abouti ; The Edwardians (Au Temps du Roi Edouard) est pour moi un petit chef-d’œuvre. Ici de meilleurs romans :

205 p

Vita Sakville-West, Le Diable à Westease (The Devil at Westease), 1947

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25/06/2014

Concours Julian Barnes : les résultats !

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Pendant le Mois anglais, il pleut des cadeaux sur la blogosphère !

Je vous proposais de citer la première phrase de votre roman anglais préféré pour tenter de remporter un exemplaire de Une Fille, qui danse de Julian Barnes.

Et voici les trois gagnantes tirées au sort :

Chat de bibliothèques : "Last night I dreamt I went to Manderley again" - Rebecca de Daphne Du Maurier

Sylire : "La pièce de théâtre - dont Biony avait conçu affiches, programmes, billets, construit la caisse à l'aide d'un paravent renversé et garni la boite à monnaie de papier crépon rouge -, elle l'avait écrite en deux jours de furie créatrice, au point de sauter un déjeuner et un petit-déjeuner." Expiation de Ian Mc Ewan

Yueyin: "It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife” Pride and Prejudice de Jane Austen

Il ne vous reste plus qu'à m'envoyer vos adresses à myloubook[at]yahoo.com. Et surtout :

Bravo à vous !

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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BBC 2014small.jpgXIXe siecle 03.jpg

22/06/2014

Ian Mc Ewan, Opération Sweet Tooth

ian mc ewan, operation sweet tooth, littérature anglaise, angleterre, angleterre annés 1970, londres, londres années 1970, littérature espionnage, littérature guerre froide, mois anglais, mois anglais 2014, challenge i love londonAnnées 1970. Fille d'un évêque anglican, séduisante, intelligente, diplômée d'une licence de maths à Cambdrige pour faire plaisir à sa mère, Serena Frome intègre sur les conseils de son amant plus âgé le MI5, l'agence de renseignements anglaise.

 De la jeunesse de Serena se dégagent deux grands axes : son goût pour les hommes et son amour des livres. Le lecteur la suit ainsi à travers les quelques relations qui l'ont fortement marquée, voire construite, mais aussi de livre en livre. La jeune femme est une grande lectrice et surtout une lectrice rapide, ce qui lui permet d'engloutir roman sur roman, appréciant Jane Austen tout autant que des romans de gare, jusqu'à l'intervention de son amant Tony qui lui apprend à être plus exigeante en la matière. Vous l'avez compris, je me suis régalée (et n'ai pas manqué de relever un certain nombre de titres).

Mais revenons-en au MI5. Cantonnée à des tâches ingrates, peu rétribuée, Serena souffre du manque total de perspectives pour les recrues féminines de l'agence. Jusqu'à ce qu'on lui propose une mission dans ses cordes : offrir à un jeune auteur prometteur une bourse lui permettant de se consacrer à son art, un certain Tom Haley ayant été retenu pour la qualité de ses rares nouvelles et ses articles plutôt anti-communistes. Et voilà que l'agent infiltré devient la maîtresse de l'écrivain travaillant sans le savoir pour le MI5. Une fois l'histoire amorcée, deux interrogations vont guider la lecture : quelle sera l'issue de la rencontre entre Tom et Serena (quid de leur relation ? L'opération Sweet Tooth sera-t-elle un succès ?) ? Mais aussi : pourquoi Serena a-t-elle été recrutée sans mention quand ses collègues sont toutes diplômées de lettres avec les félicitations du jury ? Vous verrez que l'agent infiltré est lui aussi source d'intérêt pour le MI5, sans que l'on comprenne tout à fait pourquoi au départ.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman suivant de multiples pistes. J'aurais pu craindre un roman d'espionnage classique (ce qui n'est absolument pas ma tasse de thé) or il n'en est rien.

ian mc ewan,operation sweet tooth,littérature anglaise,angleterre,angleterre annés 1970,londres,londres années 1970,littérature espionnage,littérature guerre froide,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,challenge bbc 2014C'est un roman d'initiation, en compagnie d'une jeune femme qui, ayant à peine plus de vingt ans, a déjà beaucoup vécu à la fin du roman. Elle a fait des rencontres marquantes, s'est émancipée de sa condition de fille d'évêque anglican en fréquentant les bars rock underground, les hommes et les soirées arrosées, mais elle a également souffert de grandes désillusions. C'est aussi un roman sur l'écriture : Tom Haley s'interroge sur sa capacité à écrire plus qu'une longue nouvelle, à réitérer après un premier succès. Ses nouvelles (dont plusieurs m'ont séduite par leur trame audacieuse) sont lues par Serena, qui nous en fait le résumé : j'ai appris depuis que Ian McEwan s'était servi de ses premiers écrits pour les attribuer à Tom.

Le décor historique passionnant est clairement planté : les années 1970 avec leurs désillusions et une jeunesse en déclin, loin de l'effervescence optimiste des années 1960 ; la question irlandaise ; la crise (qui donne lieu à une semaine de trois jours) ; la guerre froide et l'influence des diverses agences de type CIA ou KGB ; l'actualité littéraire.

Le seul bémol - s'il faut en trouver un - tient au fait que je ne me suis vraiment attachée à aucun personnage, même si leur histoire était très intéressante à suivre.

Un roman dense, haletant qui me donne très envie de relire rapidement l'auteur. Ce roman me conforte une fois de plus dans l'idée que la littérature anglo-saxonne a conservé un véritable attachement à l'art de la narration et offre une meilleure continuité avec les grands romans du XIXe que notre littérature, souvent plus introspective (lorsqu'elle n'est pas nombriliste) et parfois aride.

Un grand merci à ma chère Titine grâce à qui Ian McEwan m'a souhaité mon anniversaire !

Egalement sur ce blog : Sur La Plage de Chesil.

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440 p

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth (Sweet Tooth), 2012

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21/06/2014

Wilkie Collins, The Ghost's Touch

collins_i say no.jpgPlus je lis Wilkie Collins, plus je réalise qu'il fait partie de mes auteurs favoris. Je raffole de son humour, de ses personnages extravagants, bien souvent ridicules et je trouve son oeuvre très variée. Pour l'instant, les quelques textes que j'ai lus couvrent divers genres et se ressemblent peu pour la plupart.

Récemment j'ai ouvert un livre ancien de Wilkie offert par ma belle-famille et Mr Lou. J'adore parcourir cet ouvrage et m'imaginer son histoire à travers plus d'un siècle. J'ai commencé par lire "The Ghost's Touch", également connu sous le titre de "Mrs Zant and the Ghost".

Dans un parc, une petite fille prend peur d'une femme à l'attitude étrange, qui semble ne pas voir ce qui l'entoure. Le père de l'enfant s'intéresse à la femme (que je prenais au départ pour un fantôme). Il finit par se lier d'amitié avec elle et apprend qu'elle pense sentir la présence de son époux récemment décédé. Assez isolée, Mrs Zant a malgré tout gardé contact avec le frère de son mari, qui semble décidé à prendre soin d'elle... mais n'inspire aucune confiance au nouvel ami de Mrs Zant.

Cette nouvelle n'est pas aussi percutante que Neuf Heures !, lue dans l'intéressant recueil Les Fantômes des Victoriens que je vous recommande. Néanmoins, j'ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de Wilkie. J'ai apprécié le fait que le fantôme soit abordé de façon assez détournée : on le croise peu même s'il a un rôle essentiel dans le récit. On retrouve également un thème de Pauvre Miss Finch : la rivalité entre deux frères pour une même femme, bien que l'issue soit tout à fait différente. La première scène dans le parc m'a fait penser à James Matthew Barrie et les jardins de Kensington tels qu'il les décrit.

On a fine morning, early in the month of April, a gentleman of middle age (named Rayburn) took his little daughter Lucy out for a walk in the woodland pleasure-ground of Western London, called Kensington Gardens.

The few friends whom he possessed reported of Mr. Rayburn (not unkindly) that he was a reserved and solitary man. He might have been more accurately described as a widower devoted to his only surviving child. Although he was not more than forty years of age, the one pleasure which made life enjoyable to Lucy's father was offered by Lucy herself.

Playing with her ball, the child ran on to the southern limit of the Gardens, at that part of it which still remains nearest to the old Palace of Kensington. Observing close at hand one of those spacious covered seats, called in England "alcoves," Mr. Rayburn was reminded that he had the morning's newspaper in his pocket, and that he might do well to rest and read. At that early hour the place was a solitude.

Je m'apprête à lire le recueil de nouvelles de Wilkie Collins récemment publié chez Phébus Libretto. Je compte bien me régaler !

De Wilkie Collins sur ce blog :

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29 p

Wilkie Collins, The Ghost's Touch, extrait de "I say no" and other stories, 1893

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