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04/07/2015

Little Master Carroll, Alice in Wonderland

album_alice in wonderland babylit.jpgAlice de Books are my Wonderland a eu l'excellente idée de nous proposer de célébrer ensemble les 150 ans d'Alice au Pays des Merveilles. Cela tombe bien pour moi qui suis tout à fait dans l'esprit fou, fou, fou du chapelier en ce moment suite à mes deux derniers voyages en Angleterre, où j'ai pu constater à quel point les Anglais étaient prêts à célébrer les 150 printemps de leur célèbre héroïne. Je profiterai donc du mois pour vous présenter quelques clichés pris sur place, ainsi que plusieurs objets inspirés d'Alice in Wonderland qui m'accompagnent au quotidien (magnet, marque-page, cuillère bi-face pour Baby Lou...).

Je commence par un album issu de la série Baby Lit. Je vous ai présenté plusieurs titres l'an dernier : Sense and Sensibility, Wuthering Heights et Jane Eyre. Cette collection se destine aux tout petits. Elle s'inspire de grands classiques de la littérature pour apprendre des fondamentaux aux jeunes enfants. Jennifer Adams a choisi de s'appuyer sur Alice in Wonderland pour présenter les couleurs. Et, de fait, c'est pour l'instant l'album que je trouve le plus beau parmi tous ceux que j'ai vus (car j'ai feuilleté une grande partie de la collection dans une librairie de Cambridge avant de partir avec deux albums et de compléter petit à petit la collection de Baby Lou). Les dessins sont superbes, logiquement très colorés. L'univers est très fidèle à l'image que l'on se fait communément d'Alice grâce à ses représentations les plus connues (Tenniel, Rackham, Disney notamment...). Ma toute petite réserve concerne la chenille, pourtant une de mes planches favorites. Elle est censée être bleue mais je vois surtout du vert et du mauve.

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Lors de mes derniers voyages en Angleterre, je suis tombée sur un coffret qui m'a énormément tentée - j'ai d'ailleurs le coffret équivalent pour Pride and Prejudice. On y trouve l'album accompagné des principaux personnages en carton. J'ai presque envie de le commander pour Baby Lou, qui pourrait commencer à en profiter l'année prochaine je pense. Jouer avec les héros du célèbre récit, voilà un excellent moyen de la familiariser encore plus avec l'univers de Lewis Carroll. Voici une photo du coffret en question :

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Je recommanderais cet album sans hésiter aux amateurs de beaux albums, aux inconditionnels d'Alice et aux parents voulant faire découvrir les couleurs, Alice voire quelques mots en anglais à leur enfant... ou tout cela en même temps !

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22 p

Jennifer Adams, Little Master Carroll, Alice in Wonderland, 2012

Happy Birthday Alice !

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03/07/2015

Bilan du Mois Anglais 2015

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La 4e saison du mois anglais vient de se terminer. L'heure est venue pour moi de dresser un petit bilan sur ce mois passé en votre compagnie - je ne vous ai pas encore vraiment quittés car je continue à lire vos posts.

Cette année a été pour moi riche en billets et je suis ravie d'avoir pu partager autant de lectures avec vous. J'aurais beaucoup de titres à vous recommander cette année à l'issue de ce nouveau Mois anglais. Pour frissonner un peu, "La Chambre des âmes". Pour un plongeon historique, "The Painted Bridge". J'ai été particulièrement intriguée par le classique "The Vet's daughter", que j'ai trouvé déroutant. Et je crois que mon texte préféré reste celui de Vita Sackville-West, "The Heir", qui m'a touchée.

Romans et nouvelles

boston_The_Fortunes_of_John_de_Courcy.jpg wallade_painted bridge.jpeg tyler_etrange suicide dans une fiat.JPG

wooding_qui-veut-tuer-alaizabel-cray---1993642.jpg comyns_vets daughter.jpg granger_mortal curiosity.jpeg

webb_pressentiments.JPG tallis_chambre des ames.jpg woodfine_Clockwork-Sparrow.jpg Sackville-west_the heir.jpg

Albums jeunesse

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Exposition

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Comme chaque année, je tenais à vous remercier pour votre enthousiasme et votre fidélité qui nous font chaud au coeur. Ce Mois occupe toujours une place à part dans nos agendas, et depuis des années, il est devenu un incontournable de la blogosphère grâce à vous, vos innombrables billets, vos logos, vos échanges sur la toile et surtout votre bonne humeur inégalée. Evidemment, merci infiniment à mes acolytes de longue date Titine et Cryssilda avec qui je parcours virtuellement (ou pas) l'Angleterre chaque année... nous en avons passé des moments ensemble autour de ce Mois anglais !

2015 marque un tournant dans l'histoire du Mois anglais puisque dès aujourd'hui, Titine vous propose un challenge annuel "A year in England", qui vous permettra de continuer à partager vos billets anglais même lorsque le Mois anglais est terminé. En juin 2016, Cryssilda et moi prendrons la relève pour un nouveau mois de folie ! On a déjà hâte d'y être mais vous serez en attendant plus que bien accompagnés !

J'en profite pour vous signaler quelques challenges à venir :

En septembre : Le Mois américain est de retour chez Titine

En octobre : Le Challenge Halloween est lui aussi de retour, of course... Hilde et moi réfléchissons au voyage horrifique que nous vous proposerons cette année.

En novembre : le mois Québécois chez Karine:)

En décembre : Cryssilda vous concocte le grand retour du Mois Kiltissime... Eh oui, le fameux Mois écossais, un des tout premiers lancés par notre petit groupe de Victorian Frogs, avant que les Mois ne s'épanouissent de blog en blog chaque année.

Très prochainement : la 3e édition du challenge British Mysteries.

Et dès maintenant vous pouvez fêter les 150 ans d'Alice in Wonderland chez Alice !

 

And as far as the Mois Anglais is concerned...

See you next year !

30/06/2015

Exposition Les Tudors au Musée du Luxembourg

tudors.jpegCela fait environ deux mois que j'ai découvert l'exposition consacrée aux Tudors au Musée du Luxembourg. J'espère m'en souvenir suffisamment au moment de rédiger cet article !

L'exposition rappelle en guise de préambule l'engouement suscité par les Tudors, auxquels on a consacré récemment une série, plusieurs films, sans parler de documentaires, biographies et romans divers et variés. L'idée est de présenter les souverains de la dynastie et d'aider le néophyte à faire la part du vrai.

On découvre successivement chaque monarque, à travers la salle qui lui est consacrée. A plusieurs endroits, des arbres généalogiques aident le visiteur perdu à se repérer dans les mariages et les fratries. Les textes d'introduction à l'entrée de chaque salle permettent de découvrir les principaux faits à connaître sur chaque règne, tandis que des explications apportent un éclairage sur des objets qui, sinon, pourraient laisser le visiteur un peu perplexe ou tout simplement, passer inaperçus. Certains tableaux sont notamment décrits de façon à ce que les différents symboles qui y figurent soient bien décryptés.

J'ai trouvé l'exposition pédagogique ; elle permet de balayer les principaux faits marquants de la période et invite à pousser la découverte plus loin. Outre la politique intérieure, la géopolitique est abordée, notamment à travers les liens entretenus avec les souverains français sur la période.

Les objets présentés sont intéressants. Quelques-uns rappellent le rapport qu'entretient cette époque avec les arts depuis le XIXe. A l'entrée, par exemple, le manteau porté par Cate Blanchett dans le film consacré à Elizabeth I ; plus loin, on croise Camille Saint-Saëns avec son opéra inspiré d'Henri VIII. Beaucoup d'attention est également portée à l'art du portrait et la façon dont il servait à retraduire le statut et la puissance des différents monarques. On y découvre ainsi les méthodes de communication des Tudors.

Malgré tout, et même si j'ai pris tout mon temps pour lire chaque notice et observer chaque objet, l'exposition est assez courte et un peu frustrante. Je m'attendais notamment à croiser davantage Shakespeare ou à en apprendre plus sur l'essor des arts à l'époque élisabéthaine. On se concentre ici essentiellement sur les rois et reines et ce qui les concerne directement. Le reste est survolé, voire passé sous silence. Intéressant mais succinct, donc.

A recommander à ceux que la période attire, mais qui n'ont pas de connaissances déjà très approfondies sur le sujet. Pour prolonger l'exposition, j'ai opté pour le Hors série Connaissance des Arts et ne regrette pas mon choix (articles intéressants, bonne qualité des impressions).

L'avis de Praline.

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28/06/2015

Vita Sackville-West, The Heir

Sackville-west_the heir.jpgSi je devais nommer dix ou mêmes cinq auteurs parmi mes favoris, Vita Sackville-West y occuperait assurément une place de choix. Petit à petit, à raison d'une à deux lectures par an, je poursuis la découverte de son oeuvre avec un plaisir toujours renouvelé. Initialement lu pour la lecture commune consacrée aux femmes écrivains du XXe, The Heir est une novella rédigée par une Vita encore jeune et choquée par l'attitude d'un Sud Américain de sa connaissance alors qu'ils visitaient ensemble une demeure, mise en vente suite au décès de sa propriétaire.

Sur le fond, ce texte pourrait aujourd'hui déplaire par certaines valeurs qu'il défend. A la mort de la vieille et autoritaire Miss Chase, le domaine de Blackboys doit revenir à son neveu. Celui-ci est absorbé par sa vie dans un bureau, une vie que le lecteur imagine rapidement étriquée et sans intérêt. Au décès de sa tante, le jeune homme regrette de devoir laisser à d'autres le soin de gérer ses affaires le temps de régler la succession, qui ne semble pas éveiller un grand intérêt chez lui. Le récit va s'articuler autour de Blackboys : la propriété sera-t-elle vendue et morcelée ? Restera-t-elle aux mains de la famille des Chase, qui y ont toujours vécu ? 

Chase est accompagné dans la succession par les deux notaires de sa tante. Mr Farebrother, âgé, un peu ridicule, toujours optimiste et positif dans ses remarques qui ne sont que rarement constructives.´Very sad, too, the death of your aunt,´he added. ´Yes,´said Chase. ´Well, well, perhaps it isn't so bad as we think,´said Mr Farebrother, causing Chase to stare at him, thoroughly startled this time by the extent of the rosy old man's optimism (p 23)On le sent attaché à Blackboys et aux Chase ainsi qu'au monde suranné auquel ils renvoient.

Son associé, Mr Nutley, est énergique et ambitieux. Bien décidé à tirer son épingle du jeu, il voit le décès de Miss Chase comme une belle opportunité pour lui et s'adresse à Mr Chase comme si tout était déjà décidé : méprisant le domaine de Blackboys - et surtout visiblement envieux - il propose d'en organiser la vente, en le divisant en différents lots (cottages, terrains constructibles, maison...). Si au début il semble surtout efficace, il va rapidement devenir de plus en plus antipathique en outrepassant ses fonctions, pénétrant comme bon lui semble dans la propriété et manifestant de l'agacement envers Mr Chase lorsque celui-ci s'installe pour un moment au manoir ou rend visite à ses locataires. And under his irritability was another grievance : the suspicion that Chase was a dark horse. The solicitor had always marked down Blackboys as a ripe plum to fall into his hands when old Miss Chase died - obstinate, opinionated, old Phillida Chase. He had never considered the heir at all. It was almost as though he looked upon himself as the heir - the impatient heir, hostile and vindictive towards the coveted inheritance (p 34).

Deux mondes s'opposent dans ce récit. Celui où vit une petite noblesse de campagne, attachée à ses terres par les liens du sang, indéfectibles. Et, en face, l'ambition d'une petite bourgeoisie montante, besogneuse, avide de réussite et jalouse de cet attachement naturel qu'elle méprise ouvertement. Vita Sackville-West prend clairement parti en faveur du premier système de valeurs évoqué. 

Elle s'appuie pour cela sur le personnage de Mr Chase, au début insignifiant, happé par son travail et peu satisfait sur le plan personnel. Au contact de Blackboys, Chase va sentir un lien se créer entre le domaine et lui. Alors qu'il vient de la ville, il se passionne soudain pour ses terres, son jardin, les paons de sa tante (que le notaire Nutley a en horreur). Comme un propriétaire terrien qui aurait grandi et vu faire cela toute sa vie, il va rendre visite à ses locataires, qui le considèrent avec respect et affection. Blackboys le grandit : d'insignifiant, il devient Mr Chase of Blackboys, dont la légimité n'est jamais questionnée par les habitants, ni le personnel du domaine. Il devient assuré, heureux et comblé ; c'est avec un grand naturel qu'il prend en peu de temps son rôle de petit châtelain. He absorbed it in the company of men such as he had never previously known, and who treated him as he had never before been treated - not with deference only, which would have confused him, but with a paternal kindliness, a quiet familiarity, an acquaintance immediately linked by virtue of tradition. To them, he, the clerk of Wolverhampton was, quite simply, Chase of Blackboys. He came to value the smile in their eyes, when they looked at him, as a caress (p 31).

Nutley est outré de voir Chase prendre part à la vie de Blackboys et réalise alors que la vente et le morcellement de la propriété ne sont pas encore actés. Néanmoins, alors qu'il sent que Chase devient de plus en plus réticent, il poursuit son travail. Impitoyable, il fait venir des experts pour estimer les biens et tente de se promener sur les lieux comme s'il était le réel décisionnaire. Le récit est tourné de telle sorte que le lecteur est obligé de se sentir proche des Chase et de détester cet individu qui essaie de remettre en question ce qui ne saurait l'être selon Vita Sackville-West. Même s'il est difficile de ne pas lire ce texte avec une certaine distance critique aujourd'hui, il est impossible de ne pas espérer que la vente ne se fera pas.

To part the house and the land, or to consider them as separate, would be no less than parting the soul and the body (p 42).

(...) The mute plea of his inheritance, that, scorning any device more theatrical, quietly relied upon its simple beauty as its only mediator (p 54). 

Un texte très intéressant et émouvant. Encore une belle rencontre avec Vita Sackville-West.

Et d'autres titres de cet auteur chroniqués ici :

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92 p

Vita Sackville-West, The Heir, 1922

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26/06/2015

Marion Billet, Hello ! London

album_billet_hello london.jpgLors de notre récent séjour londonien, j'ai cherché de quoi partager mon goût pour l'Angleterre avec Baby Lou, qui a été très gâtée ! Elle qui adore feuilleter ses livres pendant de longs moments, voilà qu'elle a de quoi se régaler !

Après Paddington dont je vous ai déjà parlé, voici un premier livre sur Londres pour les petits. J'ai hésité entre plusieurs titres de la collection : d'autres y ressemblaient très fortement mais avaient la forme d'un bus ou d'un taxi londonien. J'aimais autant le contenu de cet album là, qui connaît déjà un grand succès à la maison.

C'est un livre au format cartonné, avec quelques scènes typiquement londoniennes animées par des languettes à tirer. Par exemple le pont s'élève ou s'abaisse ; les portes du métro s'ouvrent et se ferment.

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Les double-pages sont remplies de détails sur lesquels on peut s'appuyer pour échanger avec l'enfant, en lui demandant de nommer des objets par exemple (chien, chapeau, bébé, oiseau...). Bien évidemment, pour les non-Anglophones aux parents anglophiles, c'est aussi un bon moyen de se familiariser doucement avec la langue de Shakespeare. 

Highly recommended by Baby Lou ! Et ici, un avis en anglais avec plus de photos des titres de la collection.

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10 p

Marion Billet, Hello ! London, 2014

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Ci-dessus, les trésors anglais rapportés de Londres !

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24/06/2015

Katherine Woodfine, The Mystery of the Clockwork Sparrow

woodfine_Clockwork-Sparrow.jpgLors de mon incontournable passage à Waterstones il y a quelques jours, j'ai succombé à ce roman paru début juin et mis à l'honneur dans cette librairie. Il faut dire que la couverture est superbe et, quand j'ai découvert que le récit se déroulait début XXe et s'inspirait de l'ouverture des principaux grands magasins londoniens (Liberty, Fortnum & Mason, Selfridges, Harrods...), je me suis dit que nous étions faits pour nous rencontrer.

Adolescente, Sophie a récemment perdu son père. Après avoir vécu dans un confort certain, veillée par une gouvernante, Sophie se retrouve sans un sou et obligée de travailler (j'avoue ne pas avoir compris le postulat de base - comment son père apparemment rigoureux aurait-il pu ne pas s'assurer de son avenir alors qu'il menait une vie dangereuse ? Mais passons). Elle trouve un emploi de modiste au sein d'un grand magasin luxueux sur le point de s'ouvrir, Sinclair's. C'est une opportunité pour elle car les conditions offertes aux employés sont largement plus attractives que dans les enseignes déjà existantes. 

Sophie s'investit pleinement dans son nouveau travail, malgré ses collègues immédiates, de vraies pestes qui ont décidé de se moquer de chacun de ses faits et gestes. Heureusement, elle va se lier rapidement à Lil, actrice en herbe embauchée comme mannequin ; Billy, portier et garçon à tout faire ; et enfin, Joe, qui cherche à fuir un gang de l'East End.

En vue de l'ouverture du magasin, le propriétaire, Mr Sinclair, décide d'exposer de superbes pierreries et un moineau mécanique serti de pierres précieuses. Ces objets de valeur sont dérobés un soir et les soupçons se tournent d'emblée vers Sophie, qui risque d'être injustement accusée. Les adolescents vont donc mener l'enquête, la police s'étant visiblement déjà fait une idée peu favorable à la jeune fille. Leur destin croisera celui du Baron, ombre planant sur Londres, grand architecte du crime de l'East End, sur qui courent d'inquiétantes légendes... mais que personne n'a jamais vu.

J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce roman et retrouver un lieu que j'apprécie vraiment. L'auteur invite à imaginer Sinclair's à l'endroit où se situe le Waterstones de Picadilly. Ayant acheté mon roman là et passé si souvent les portes de cette librairie, j'ai particulièrement aimé cette référence qui m'a fait me replonger dans des lieux où j'aime flâner. Le roman en lui-même se lit bien. Je me suis régalée avec la partie consacrée au magasin et notamment, aux préparatifs en vue de la venue du public. Les personnages sont assez bien croqués, notamment ceux qui ont le mauvais rôle ; les héros, eux, sont plutôt attachants. J'avoue que mon intérêt pour l'enquête s'est un peu émoussé à moment donné, l'histoire n'allant pas assez vite à mon goût. Néanmoins, la fin ouvre de nouvelles pistes et a éveillé ma curiosité. Un deuxième tome sortira l'an prochain. Peut-être le lirai-je également. En tout cas, voici une lecture agréable, finalement plutôt destinée à un public adolescent - même si elle se laisse bien lire par les adultes !

You are cordially invited to attend the grand opening of Sinclair's department store.

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336 p

Katherine Woodfine, The Mystery of the Clockwork Sparrow, 2015

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20/06/2015

F. R. Tallis, La Chambre des âmes

tallis_chambre des ames.jpgFin des années 1950. Le jeune psychiatre Richardson se voit offrir un poste par le très renommé Hugh Maitland, une véritable opportunité dans sa carrière. Le poste se situe dans une institution isolée du Suffolk, que Richardson va devoir gérer à titre de bras droit de Maitland, qui lui, se trouve plus souvent à Londres que dans cet endroit reculé.

Outre l'aile des hommes et celle des femmes, l'asile compte une chambre dans laquelle des femmes sont soumises à un traitement par le sommeil prolongé. Elles ne sont réveillées que brièvement pour leur toilette ou leurs repas.

Au début, Richardson est ravi de son poste, malgré la solitude. Il s'intéresse à une charmante infirmière et espère beaucoup apprendre de son prestigieux mentor. Son poste lui permet par ailleurs de lier connaissance avec les patients, dont un homme tourmenté par ce qu'il semble avoir fait à une jeune fille de par le passé. Cet homme déclare par ailleurs que son lit se déplace tout seul et qu'il ne peut pas dormir. Peu à peu son état s'aggrave. En parallèle, très rapidement, le jeune psychiatre est confronté à des phénomènes bizarres, de l'ordre du paranormal. Quelques objets changent de place, d'autres tombent brusquement.

Avec le temps, la situation va se dégrader et se faire de plus en plus oppressante, en raison des manifestations surnaturelles qui se multiplient et deviennent moins anodines. Une jeune apprentie a une peur bleue de la chambre du sommeil ; elle se sent épiée, malmenée. Richardson se réveille en sursaut et voit une forme au pied de son lit. Puis plusieurs drames surviennent, le tout allant crescendo jusqu'à la fin du récit. Ce roman fait partie de la collection Grands détectives mais, même si le héros tente de comprendre ce qui explique ces phénomènes inquiétants, le récit tient plus du fantastique que du roman policier. L'influence gothique est très marquée et l'atmosphère sombre, inquiétante particulièrement bien rendue.

Une très bonne surprise pour moi qui n'avais pas encore découvert l'univers de F. R. Tallis. Même si le tome 2 se déroule à Paris et n'aura pas le charme de la campagne anglaise, il est sur ma liste d'envies pour l'été. Ou pour le challenge Halloween, peut-être. En tout cas, je vous recommande de pousser les portes de cet établissement si particulier... if you dare !

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329 p

F.R. Tallis, La Chambre des âmes, 2013

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18/06/2015

Michael Bond, Paddington

bond_paddington.jpgJ'ai profité de mon tout dernier séjour à Londres pour faire le plein de lectures anglaises pour Baby Lou. Je ne pouvais pas passer à côté du célèbre Paddington Bear. Ses histoires existent dans tous les formats mais j'ai pu trouver cet album au format cartonné, idéal pour les tout petits qui ne sont pas toujours tendres avec les livres. Je n'avais pas eu l'occasion de lire les aventures de Paddington jusqu'ici et c'est avec grand plaisir que j'ai fait la connaissance du célèbre ours à mon retour.

A la gare de Paddington, Mr & Mrs Brown découvrent un ours qui attend près des bagages abandonnés. Sur lui, une étiquette indique "Please, look after this bear". Le couple s'inquiète de ce que va devenir le pauvre ours. Ils décident de l'accueillir chez eux et le nomment Paddington, comme la gare où ils l'ont trouvé. Cet album est celui de la rencontre avec l'ours venu du Darkest Peru, ses premiers moments chez les Brown et la découverte de son histoire, qu'il raconte avant de s'endormir dans le moelleux fauteuil où il s'est installé.

Paddington est un ours adorable, rendu très attachant par ses accès de maladresse et les illustrations douces et très expressives à la fois. Il ne faut pas s'arrêter à quelques bizarreries dans ce livre un brin naïf mais plein de charme : Paddington sait parler, qui plus est en anglais alors qu'il vient du Pérou ; il sait écrire. Et pourtant, il laisse une baignoire déborder car il ne pense pas à retirer la bonde. Un ours surdoué mais bien maladroit en somme. Même si l'engouement pour cette série a pris une dimension très commerciale, il est difficile de ne pas succomber à son tour. Un classique de la littérature jeunesse britannique qui a bien mérité ses lettres de noblesse !

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32 p

Michael Bond, Paddington, 1998 (adaptation de A bear called Padington de 1958 qui s'adressait à un public de lecteurs un peu plus âgés)

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14/06/2015

Katherine Webb, Pressentiments

webb_pressentiments.JPGUne fois de plus j'ai succombé à une jolie couverture. Depuis longtemps je croisais le nom de Katherine Webb et, malgré le titre français un peu racoleur, j'ai finalement tenté ma chance avec son roman Pressentiments

L'histoire débute par la découverte d'un cadavre de la première guerre mondiale parfaitement conservé. Dans ses effets personnels, des lettres suscitent la curiosité. Informée de leur existence par son ex petit-ami, la journaliste Leah va tenter de remonter leur piste pour identifier le corps et tenter de percer le mystère qui semble l'entourer. Une enquête qui la plongera au début du XXe, dans un presbytère où s'est noué un drame à huis-clos.

En lisant les premières pages, j'avoue avoir eu une petite frayeur : la journaliste ne se remettant pas de sa rupture, je voyais poindre de loin la romance facile et totalement superflue. Heureusement, Leah occupe une place assez mineure dans le récit, qui se déroule pour l'essentiel avant-guerre. On croise ainsi Canning, un prêtre fanatique pour des raisons finalement peu liées au caractère divin de sa mission ; un opportuniste qui s'installe chez les Canning en prétendant avoir une aura particulière lui permettant de voir des êtres supérieurs, à commencer par des fées ; une femme malheureuse qui cherche des conseils auprès de sa soeur, déjà mère plusieurs fois et sans doute à même de lui expliquer pourquoi son propre mariage n'a toujours pas été consommé ; enfin, une domestique accueillie par charité après un passage en prison en raison de ses activités de suffragette. C'est cette dernière qui apporte une dimension historique supplémentaire au livre. En raison de ses convictions et de son engagement peu conformes à sa condition, elle incarne cette époque charnière où le sort des femmes a commencé à basculer en Angleterre.

Si ce roman est assez léger, cela reste un page-turner historique très honorable. Je n'hésiterai pas à lire de nouveau Katherine Webb quand je serai en panne de lecture !

Aujourd'hui on parlait Rois et Reines pour le Mois anglais, mais je n'ai pas eu le temps de faire mon billet avant de partir à Londres, où je me trouve au moment où s'affichera cet article. 

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502 p

Katherine Webb, Pressentiments, 2011

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12/06/2015

Ann Granger, A Mortal Curiosity

granger_mortal curiosity.jpegJ'avais beaucoup apprécié les tomes 1 et 4 de la série Ben Ross et Lizzie Martin d'Ann Granger. C'est avec plaisir que j'ai retrouvé ce couple bien sympathique à travers ce 2e opus, qui me donne d'ailleurs envie de lire le tome suivant sans trop tarder.

Elizabeth Martin vit depuis le décès de son père chez une parente éloignée, qui l'a engagée comme dame de compagnie. Dans le tome 1, la jeune femme vient d'arriver à Londres et se retrouve mêlée à une enquête. Elle rencontre l'inspecteur Ben Ross, ancien enfant des mines, qu'elle avait croisé des années auparavant. Dans le tome 2, son employeuse attend avec impatience qu'Elizabeth trouve une autre situation. Elle lui propose de tenir compagnie à une jeune femme qui a récemment perdu son bébé. Elizabeth se rend ainsi sur une petite île anglaise, dans une maison cossue isolée, au sein d'une famille respectable. Bientôt, un chasseur de rat est assassiné dans le jardin. La police locale n'ayant jamais eu à traiter ce genre de cas, on envisage de faire appel à Scotland Yard et Elizabeth recommande de contacter Ben, qui arrive sur place. Comme c'est toujours le cas dans cette série, Elizabeth et Ben sont les deux narrateurs de ce roman, chacun faisant progresser l'enquête à sa manière d'un chapitre à l'autre.

ann granger,a mortal curiosityUne lecture vraiment agréable, portée par deux personnages principaux très attachants. Le lecteur est de suite embarqué dans le récit, qui se lit d'une traite pour qui a un peu de temps devant soi. J'ai cependant trouvé la solution de l'énigme un peu énorme et ai eu du mal à complètement adhérer aux motifs de l'assassin. On ne s'intéresse par ailleurs plus du tout à deux personnages importants à la toute fin du récit, ce qui m'a laissée un peu sur ma faim. Mais, en dépit de ces quelques réserves, j'ai beaucoup aimé me plonger dans cette ambiance mystérieuse mais bucolique et retrouver les deux héros. Sans être un roman social, A Mortal Curiosity évoque aussi les workhouses et le sort des orphelins victoriens, ce qui ajoute un peu de profondeur à l'intrigue.

C'est aussi un roman qui met à l'honneur une femme volontaire et indépendante assez en avance sur son époque, au point de jouer un rôle important dans les enquêtes du Yard. Elle fait un peu penser à Charlotte Pitt mais j'avoue que ma préférence va encore au futur couple imaginé par Ann Granger. Une série chaudement recommandée aux amateurs de polars historiques et plus encore, victoriens !

(Lu en anglais mais je n'ai pas résisté au plaisir de mettre également en avant la couverture française, qui me plait énormément !)

Lecture commune autour d'Ann Granger pour le Mois anglais.

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405 p

Ann Granger, A Mortal curiosity, 2008

ann granger,a mortal curiosity, la curiosite est un peche mortel, editions 10-18, grands détectives, romans policiers, romans époque victorienne, angleterre xixe, angleterre époque victorienne, ben & elizabeth ross

10/06/2015

Barbara Comyns, The Vet's Daughter

comyns_vets daughter.jpgAujourd'hui j'avais prévu de participer à la lecture commune autour de Terry Pratchett, mais je peine à terminer mon roman. Je l'ai donc un peu mis de côté en espérant vous en parler avant la fin du Mois anglais. A la place, je vous présenterai The Vet's Daughter de Barbara Comyns. J'ai découvert cet écrivain au cours d'un de mes séjours en Angleterre. J'ai toujours l'habitude de prévoir du temps pour explorer tranquillement les rayons d'une librairie ou deux quand je m'y rends. Je fais systématiquement un tour du côté des Modern classics ou des Vintage classics qui sont souvent rassemblés sur quelques étagères et parfois mis en avant sur une table. J'ai fait pas mal de trouvailles comme ça et eu de très bonnes surprises. Ce roman en fait partie (si bien que je compte chercher d'autres titres de Barbara Comyns lors de mon escapade à Londres cette semaine). Mais trêve de bavardages, parlons donc plutôt du roman !

The Vet's Daughter est un curieux roman, peut-être un brin dérangeant ; il dégage en tout cas une ambiance très particulière qui en fait un livre à part. La narratrice Alice Rowlands vit dans une quartier assez populaire de Londres. Son père est vétérinaire, c'est aussi un homme d'humeur sombre, qui n'aime ni sa femme ni sa fille et se montre souvent distant avec elles et parfois même brutal. Alice a une bien triste vie dans cette maison peu ensoleillée où elle a l'habitude de nettoyer les cages et de nourrir les animaux laissés en pension. Le métier de son père ne se limite pas aux soins ; il couvre ainsi le gardiennage mais aussi l'euthanasie pour les animaux dont on ne veut plus. Pour gagner davantage, le père vend les malheureuses bêtes concernées à un homme qui fait des vivisections. Alice n'a qu'une amie sourde muette, qui s'apprête à rejoindre l'atelier d'une modiste et sera ainsi moins présente. Heureusement elle compte deux autres alliés dont un futur vétérinaire amoureux d'elle mais pas assez séduisant à son goût, qu'elle surnomme Blinkers. Au cours du roman, de nombreuses péripéties vont bouleverser le quotidien d'Alice, dont une en particulier, puisqu'elle découvre qu'elle est capable de léviter. 

Sarah Waters parle de "Gothic masterpiece" sur la 4e de couverture, mais je trouve que l'atmosphère qui se dégage de ce roman est plus subtile (n'y voyez pas là une critique contre les romans gothiques ou d'inspiration gothique car j'en raffole). Nous suivons pendant quelque temps le quotidien d'une jeune fille anglaise de classe moyenne, qui mène une vie peu commune du fait du métier de son père. Elle s'exprime de façon très factuelle, raconte les faits marquants de cette période en allant droit au but. Très observatrice, elle intègre soudain la lévitation à son récit sans faire grand cas de l'évènement, donnant ainsi au lecteur une impression peu confortable : le récit est on ne peut plus factuel et terre-à-terre ; pourtant, soudain, un évènement hors normes se produit. La rupture d'équilibre qui en découle est pour le moins déstabilisante.

[Quelques spoilers dans ce paragraphe] Le récit est par ailleurs porté par des personnages très intéressants, bien que peu attachants. Le père est détestable dès le début, il le deviendra plus encore par la suite mais il perd de son autorité lorsqu'on le voit parler seul ou manifester un penchant certain pour la boisson à moment donné. Alice a eu une enfance peu heureuse et a toujours dû se plier en quatre pour assurer le confort de son père, mais lorsqu'elle aura l'occasion de s'éloigner de la maison paternelle, elle profitera de la gentillesse de son employeuse et se montrera subitement remarquablement égoïste. Son manque de clairvoyance en matière d'hommes est par ailleurs étonnant pour quelqu'un qui a été aussi mal aimée qu'elle. On pourrait l'imaginer capable d'aller vers le gentil Blinkers pour s'éloigner de son père et contracter un mariage basé sur le respect et la bonne entente - ce qui, à l'époque, était déjà une belle perspective. Pourtant, elle préfère prendre le risque de s'aliéner son prétendant en fréquentant un jeune homme riche et séduisant qu'elle croise à moment donné. La complexité des personnages est ainsi l'un des points forts de ce court roman étonnant et très bien mené que j'ai pris grand plaisir à découvrir.

Pour terminer, j'ajouterai ici l'avis de Graham Greene : "The strange offbeat talent of Miss Comyns and that innocent eye which observes with childlike simplicity the most fantastic or the most ominous occurrence, these have never, I think, been more impressively exercised than in The Vet's Daughter".

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159 p

Barbara Comyns, The Vet's Daughter, 1959

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08/06/2015

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?

wooding_qui-veut-tuer-alaizabel-cray---1993642.jpgVoilà un roman qui se destine aussi bien à un public adolescent qu'à un lectorat plus adulte, une très bonne surprise pour moi qui n'avais jamais entendu parler de ce titre avant de tomber dessus par hasard dans les allées de la médiathèque.

D'inspiration steampunk, ce récit mêle une atmosphère victorienne (chevaux, charrettes, cochers, lampes à gaz, femmes s'habillant de robes...) à des inventions plus modernes (métro ayant fait appel à l'électricité, dirigeables), sur fond d'apocalypse.

Vingt ans plus tôt, la Prusse a bombardé Londres, qui ne s'est jamais remise de ce triste épisode. Des quartiers entiers sont restés détruits, des stations de métro ont dû être abandonnées, des loups rôdent, le Sud de Londres est un sombre repère de truands le jour et se vide la nuit car y prolifèrent des créatures monstrueuses, apparues après les bombardements. Ajoutons à cela la présence d'un tueur, le Recousu, qui a depuis longtemps détrôné Jack l'Eventreur dans les annales de la police et se cache sous un masque de toile de jute recousue et une perruque de femme.

Il se trouvait devant un ancien cinéma haut de trois étages, bâtiment triangulaire à la façade lisse niché au creux du V de deux rues convergentes. Sombre et revêche, il se dressait au-dessus de lui telle la proue d'un navire. Les étages inférieurs étaient complètement murés et la plupart des fenêtres du dernier étage étaient brisées. Autrefois, ce lieu avait abrité une merveille technologique de son temps qui permettait de projeter des films, et des gens de toute l'Europe avaient afflué pour voir cela. Aujourd'hui, il n'était qu'une victime parmi tant d'autres tombées dans la bataille perdue d'avance que les habitants de Londres menaient pour conserver leur ville (p 15).

Dans cette ville inquiétante où la mort est omniprésente et survient souvent par des voies surnaturelles, le jeune Thaniel Fox est chasseur d'Y-majes. Payé par le gouvernement, il traque les créatures qui chaque nuit franchissent la Tamise pour voler des bébés et attaquer ceux qui n'ont d'autre choix que de sortir tardivement. Lors d'une de ses sorties, Thaniel rencontre une jeune fille, Alaizabel. Très jolie, elle a néanmoins un comportement étrange : rapidement, on découvre qu'elle est possédée par l'âme d'une puissante sorcière et se trouve au coeur d'une conspiration sectaire.

Ce roman m'a d'abord vraiment beaucoup plu même si, l'histoire avançant, je n'ai pas tardé à lui trouver davantage de défauts. Parmi ses atouts : l'ambiance neo-victorienne, le mélange d'Histoire, de technologies et de superstition, les errances dans les ruelles sordides et les sous-sols lugubres des Allées biscornues (que je vous laisse le plaisir de découvrir). En revanche, les héros de l'histoire manquent un peu de profondeur tandis que certains personnages secondaires sont beaucoup plus intéressants et auraient pu être davantage exploités (le Recousu ou encore Petit-Diable, conseiller pour le moins mystérieux du Roi des Mendiants). Par ailleurs, l'histoire s'achève de façon assez conventionnelle, avec beaucoup d'action, ce qui n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Qui veut tuer Alaizabel Cray ? devrait vous ravir si vous êtes comme moi friands de récits d'inspiration victorienne mais il plaira aussi aux amateurs de littérature fantastique et de steampunk. A découvrir !

A noter le titre anglais que je trouve plus approprié (The Haunting of Alaizabel Cray).

Lecture commune du Mois anglais : "Journée littérature enfantine / jeunesse anglaise".

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390 p

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?, 2001

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06/06/2015

Wendy Wallace, The Painted Bridge

wallade_painted bridge.jpegAmateurs de romans historiques victoriens, ce livre s'adresse à vous !

Dans The Painted Bridge, nous faisons connaissance d'Anna. Fille de marin, récemment mariée à un pasteur hypocrite et arrogant, Anna a été abandonnée dans un asile privée des environs de Londres. A cette époque, les asiles privés sont très critiqués et soumis à des contrôles, ce qui obsède le directeur de l'établissement où est accueillie la jeune femme, Lake House.

Il s'agit d'une belle demeure, dont les propriétaires ont été contraints pour des raisons financières de transformer une partie des pièces en centre de repos pour femmes aux nerfs fragiles. Le propriétaire a pris la succession de son père dans ce triste métier et, comme cela arrive assez fréquemment à l'époque, il fait montre de peu de scrupules lorsqu'il s'agit d'interner des parentes gênantes sur la base d'un certificat pour le moins douteux – les médecins prêts à se montrer arrangeants ne manquant pas à l'époque.

A son arrivée, Anna fait preuve de naïveté, elle s'entête à vouloir prouver le fait qu'elle n'a rien à faire à Lake House. Elle tarde à comprendre que parmi ses compagnes d'infortune, nombreuses sont celles à y faire un séjour sans être plus malades qu'elle. C'est notamment le cas d'une jeune femme internée pour être tombée amoureuse d'un homme jugé infréquentable par sa famille. Le roman va être celui de l'apprentissage d'Anna, qui restera toujours convaincue qu'elle pourra sortir libre un jour de Lake House, même si sa tactique et ses opinions évoluent au fur et à mesure.

wallace_SarineCollodion2.jpegJ'avais déjà croisé de sordides asiles victoriens mais jamais de maison de campagne cossue de ce genre, où les apparences sont trompeuses : sous la vieille vaisselle, les travaux de tricot et les politesses, petites et grandes souffrances quotidiennes ne manquent pas, du simple fait de porter chaque jour une robe malpropre dont on ne connait pas la provenance jusqu'aux traitements barbares (« douche » glacée et surtout, la chaise tournante, dont je n'avais encore jamais entendu parler – et dont je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le fonctionnement... si cela vous dit quelque chose, je veux bien quelques éclaircissements). Sans parler de la gouvernante, ancienne patiente reconvertie en gardienne mesquine, parfois cruelle.

Traitant à la fois des asiles et des débuts de la photographie, The Painted Bridge est intéressant sur le plan historique tout en proposant au lecteur une histoire qui tient la route. J'ai beaucoup apprécié l'essentiel du récit, entre Lake House et Londres, même si j'ai porté un peu moins d'intérêt aux rêves éveillés d'Anna, qui lui font repenser à des événements de son enfance – même s'ils s'avèrent avoir une importance cruciale pour le récit. [Spoilers ci-après] J'aurais peut-être aimé une issue un peu plus douce en voyant s'épanouir la relation entre Anna et St Clair, un docteur venant parfois à Lake House. Néanmoins, objectivement. Wendy Wallace a sans doute eu raison de privilégier une autre issue pour Anna en faisant d'elle une femme indépendante et maîtresse de son destin.

Lecture commune du Mois anglais : Roman historique se déroulant en Angleterre 

Source image : http://britishphotohistory.ning.com/profiles/blogs/the-painted-bridge

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386 p 

Wendy Wallace, The Painted Bridge, 2012

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04/06/2015

L.C. Tyler, Etrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage

tyler_etrange suicide dans une fiat.JPGJ'ai failli passer à côté de ce roman malgré sa chouette couverture. Je m'étais surtout arrêtée à la Fiat - moi qui n'aime pas les voitures et ne sais pas distinguer une Mercedes d'une Twingo ou peut s'en faut – et je n'avais pas du tout réalisé que le roman pouvait se dérouler en Angleterre (eh bien oui, peut-être qu'un taxi londonien, voire une Mini à faible kilométrage m'auraient mis la puce à l'oreille mais la Fiat, non). Bref, c'est un peu par hasard que je suis finalement revenue sur mes pas en librairie pour y jeter un oeil et là, lorsque j'ai vu que le héros était écrivain ET anglais, j'ai bien sûr commencé à trouver ce livre bien plus intéressant. Que voulez-vous, quand on est « du bon côté de la Manche », comme le dit l'un des personnages (p 238), je suis aux anges.

Ethelred Hengist Tressider (oui, je sais) est donc un écrivain plus ou moins raté qui gagne à peu près correctement sa vie tout en restant lucide en ce qui concerne la qualité de ses rejetons littéraires. Il publie sous trois noms différents des polars contemporains et historiques ainsi que des romans à l'eau de rose (sous le pseudo adapté au genre d'Amanda Collins : C'était évidemment, comme tous les romans à l'eau de rose, un ramassis de conneries » p 113 - dixit son agent aux avis tranchés).

En réalité, nous entendons surtout parler de la série consacrée à l'inspecteur Fairfax : Peter Fielding écrit des polars ayant pour héros le redoutable inspecteur Fairfax, de la police du Buckfordshire. Fairfax a la cinquantaine bien tassée et le tempérament aigri par son absence de promotion et mon inaptitude à lui écrire des scènes de sexe d'aucune sorte. Quand je l'ai créé, il y a seize ans, il avait 58 ans et il était à deux doigts de partir en préretraite. Il a maintenant 58 ans et demi et a résolu douze affaires quasiment insolubles au cours des six derniers mois. Il a donc légitimement le droit de penser qu'il mérite une promotion (p12).

Divorcé depuis des années (et plaqué pour son ex meilleur ami), Ethelred voit un jour la police débarquer pour lui apprendre la disparition de son ex-femme Géraldine. Les choses s'aggravent lorsqu'on retrouve le corps d'une femme étranglée rapidement identifiée comme étant celui de Géraldine. Dès lors, poussé par son agent littéraire Elsie (qui n'a pas sa langue dans sa poche et n'hésite pas à lui dire que son dernier roman, c'est de la merde, et pour être plus précise, de la merde de chien), Ethelred va mener sa petite enquête en parallèle, alors que tous les soupçons des autorités se portent d'abord sur lui.

Une histoire rafraîchissante, pleine d'humour et d'ironie très British, dont le dénouement m'a prise au dépourvu (je parle de la chute et de l'hypothèse extravagante d'Elsie qui laisse espérer une suite à cette histoire). L'été approche, aussi je ne saurais trop vous conseiller de penser à ajouter ce titre à vos lectures de bord de mer, histoire de démêler ce joyeux tissu de mensonges au soleil (car du soleil, j'ai eu le sentiment qu'il n'y en avait pas beaucoup dans ce roman).

Sur ce, je vous laisse méditer sur cette dernière phrase : Il y a une différence majeure entre la fiction et la vraie vie. La fiction doit être crédible (p 98).

272 p

L.C. Tyler, Etrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage, 2007

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02/06/2015

Philippa Boston, The Fortunes of John de Courcy

roman historique,philippa boston,editions didier,the fortunes of john de courcy,angleterre élisabethaine,tudors,oxford,mois anglais,mois anglais 2015Oxford, 1582 – sous le règne d'Elisabeth I. John de Courcy obtient un titre très convoité, celui de Boursier du duc de Gloucester, ce qui lui permet de bénéficier d'un revenu généreux tout le temps qu'il continuera à se consacrer à ses études à Oxford.

Néanmoins, cette récompense universitaire n'est pas du goût de tous et, le jour-même, De Courcy est accusé d'avoir dérobé une bague au duc. Celui-ci lui octroie cinq jours pour prouver son innocence, défi qui devrait être à la hauteur de ses compétences intellectuelles – celles-là mêmes qui lui ont valu son titre prestigieux. Sinon, ce sera l'emprisonnement.

Aidé de quelques proches, De Courcy va ainsi s'employer à trouver des preuves suffisantes pour sauver son honneur et éviter le triste sort qui l'attend sans cela.

Edité dans la collection Paper Planes – qui vise à proposer des textes abordables en anglais, ce court roman est certes facile d'accès pour qui n'est pas habitué à lire dans la langue de Shakespeare, mais il est surtout agréable à lire. Je connaissais déjà plusieurs titres de Philippa Boston chez Paper Planes Teens pour lecteurs plus novices en anglais. J'ai été ravie de découvrir cette autre collection qui met une nouvelle fois à l'honneur le plaisir de lire avant tout. 

Evidemment, le format court limite un peu l'intrigue qui reste simple - un peu trop malheureusement. Néanmoins, on passe un bon moment  et le roman se lit d'une traite, ne serait-ce que parce qu'il nous permet de plonger dans l'époque élisabéthaine, en plein coeur d'Oxford. Idéal si l'on cherche un titre pour commencer à lire en anglais, très sympathique bien qu'un peu léger pour qui lit régulièrement dans cette langue.

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117 p

Philippa Boston, The Fortunes of John de Courcy, 2010

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