Anthony Horowitz, L’île du crâne

Repéré grâce à PedroPanRabbit, L’île du Crâne sera sans aucun doute une de mes lectures favorites de ce challenge Halloween 2019.

David Eliot se fait renvoyer de Beton (n’y voyez aucune référence avec une autre école anglaise posh de renom). Ses parents sont désespérés. Leur dernier (et septième) fils est la honte de la famille. Alors qu’ils ont tout fait pour qu’il devienne un jour un cadre dynamique de la banque paternelle, il les remercie par sa nullité crasse et son indifférence totale. Son père ne cesse de vociférer et d’expliquer que son propre père lui aurait fait subir moult tortures, lui-même ayant été battu quotidiennement ou encore attaché à l’extérieur d’une voiture lancée sur l’autoroute, et ce pour son plus grand bien. Sa femme a beau lui faire remarquer que, tout de même, il ne peut plus marcher, cela ne semble pas beaucoup impressionner M. Eliot. Dans sa colère, il fait des gestes brutaux, plantant un couteau dans sa femme (qui finit par se relever), lui roulant dessus, sans parler du jour où il lui fracasse une bouteille sur la tête. Des scènes moins choquantes que volontairement ridicules et drôles, tout cela devant un David pragmatique qui sait quand il doit se réfugier dans sa chambre.

Alors qu’il vient d’annoncer son renvoi, une lettre arrivée inopinément. Celle-ci reprend de façon surprenante les termes de M. Eliot pour qualifier la situation et lui propose une nouvelle pension à la dure, à l’image de ce dont il rêve pour son fils ingrat. Ni une, ni deux, David sera expédié dès le lendemain matin sur l’Île du Crâne.

David prend ainsi le train vers le nord avec deux autres enfants envoyés eux aussi en pension. A leur arrivée, Gregor, un homme à l’aspect monstrueux les attend: on dirait un mélange entre Quasimodo pour le physique et la créature de Dracula pour le ton obséquieux, les ricanements intempestifs et la dangerosité (que l’on découvrira plus tard). Les voilà donc en route, traversant des routes peu avenantes, avant d’embarquer sur un bateau avec le capitaine Baindesang. Après une traversée dans la brume, l’île à l’aspect sinistre apparaît.

Les trois nouveaux venus décident de s’épauler et de se liguer contre une école qui leur paraît d’emblée suspecte. Ils signent le registre de leur sang, remarquent qu’un miroir ne reflète pas le directeur adjoint, suivent des cours bizarres. Sans parler des professeurs : une vieille dame qui donne l’impression d’avoir connu personnellement Shakespeare, un M. Leloup qui disparaît à l’approche de la pleine lune, une enseignante qui a tout d’une sorcière ou encore, un professeur à l’odeur marine portant le même nom que celui inscrit sur une tombe du cimetière de l’école.

Ce premier tome met en place un univers foisonnant, hommage à la littérature fantastique et récit plein d’imagination, qui a, à n’en pas douter, plus que fortement inspiré une certaine J. K. Rowling. Néanmoins, malgré certains passages désopilants (qui m’ont fait rire tout haut, ce qui est suffisamment rare pour être noté), l’univers est plus sombre que celui des débuts de Harry Potter. Les enseignants ont beau dire à David et ses amis qu’ils ne veulent que leur bien, on peut tout de même en douter en voyant à quel point ils sont observés. Pourront-ils s’enfuir? Quel est le but de cette école ? Quels choix feront-ils face à des créatures pleines de ressources et visiblement surnaturelles ?

Un coup de coeur ! Un roman original, mêlant humour et obscurité, et qui développe un univers fascinant aux personnages ambigus. Du très grand roman jeunesse ! J’ai maintenant hâte de découvrir la suite.

Une deuxième participation à la thématique British Halloween, et par la même occasion, un nouveau billet pour le Challenge British Mysteries.

181 p

Anthony Horowitz, L’île du crâne, 1983

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