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11/03/2012

La Maison du Marais

warden_maison du marais.gifIl y a quelques mois j'ai lu La Maison du Marais de Florence Warden, dans le cadre du mois anglais. Je n'ai pas pris le temps de faire mon billet et pourtant, voilà encore une lecture avec laquelle je me suis régalée et que je recommande vivement à tout lecteur un tant soit peu épris de littérature victorienne. Ce roman d'amour, de mystère et de mort est fait pour vous (l'effet terriblement mélodramatique est voulu, pour un roman de type populaire aujourd'hui oublié). Le plus terrible avec ce roman, ce qui est vraiment scandaleux, c'est que Warden (un pseudonyme) a complètement disparu des rayons des librairies (y compris anglaises... mes recherches sur le Net ne m'ont d'ailleurs pas appris grand-chose). Comme pour Flora Mayor découverte grâce au même éditeur, voilà un auteur bien sympathique que plus personne ne lisait avant l'intervention des éditions Joëlle Losfeld qui ont souvent la bonne idée de déterrer des textes inconnus pour notre plus grand bonheur (j'aimerais simplement que cette célèbre maison édite plusieurs romans des auteurs en question pour ne pas créer chez moi autant de frustration ; voilà qui n'est pas humain !).

Dans La Maison du Marais, il est question de Miss Violet Christie qui, issue d'une famille anglaise modeste, cherche une place de gouvernante. Ce n'est pas chose aisée au vu de son manque d'expérience et de son jeune âge. C'est alors qu'une annonce attire son attention : on cherche une jeune personne pour un poste de gouvernante, photo exigée. Quelque temps plus tard, ayant été recrutée, Violet se rend dans une région reculée pour occuper son nouveau poste. A la gare, elle fait la connaissance du jeune Laurence qui produit rapidement sur elle une forte impression, mais semble peu apprécier son nouvel employeur, Mr Rayner. Rapidement, Violet verra qu'il n'est pas le seul dans ce cas dans la région. Et son nouveau poste est assez remarquable. Dans la famille je demande la mère, être hagard et fantomatique souvent caché dans sa chambre et dont la moindre apparition vous cause la chair de poule. Les enfants, entre l'aînée, agressive envers son père, et la plus jeune, qui passe ses journées à vagabonder dans le jardin en vraie sauvageonne, à se rouler dans l'herbe ou dans la boue et à se tordre de fureur lorsque le soir une domestique se charge de la faire rentrer, personne ne se préoccupant d'elle le reste du temps. Enfin le père, homme charmant et charmeur, violoniste de talent, qui semble avoir tout sacrifié pour une femme bien égoïste. La maison en elle-même est humide, malsaine. Le jardin un véritable marécage, même s'il revêt un certain charme aux yeux de la jeune citadine lorsqu'elle le découvre pour la première fois. Quant aux voisins, beaucoup semblent lui être hostiles.

Petit à petit, des questions surgissent : où dort son employeur qui, paraît-il, ne reste pas le soir dans cette maison rongée par le salpêtre ? Quels sont les mystérieux visiteurs qui viennent de temps à autre ? Pourquoi la plus ancienne domestique déteste-t-elle à ce point la nouvelle venue, au point de lui faire craindre pour sa vie ? Et que penser de l'humeur lunatique de la maîtresse de maison, écrivain de renom ayant désormais tout abandonné ?

La Maison du Marais ne fait peut-être pas partie de ce que l'on appelle la « belle » ou « vraie » littérature, mais c'est un de ces exquis romans à mystère tels que les écrivains du XIXe savaient les faire, avec une bonne dose de suspense, de délicieux frissons, de lieux inquiétants et toujours, une fraîche héroïne pour laquelle nous devrions trembler. Et contrairement à d'autres oies blanches, notre héroïne est plutôt attachante, en particulier lorsqu'elle oublie la sacro-sainte morale victorienne pour protéger un criminel auquel elle s'est attachée. Un plaisir de lecture dont il serait dommage de se priver !

C'est ma première participation au challenge victorien d'Arieste, que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte !

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Florence Warden, La Maison du Marais, 1882

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29/12/2011

La maîtresse de Manderley

du maurier_rebecca.jpgJ'adore ce mois anglais, car je n'arrête pas de piocher dans ma PAL grâce à lui (il faut savoir que ma PAL anglaise est tout simplement sans fin, et il est délicieux de pouvoir y retrouver à peu près tous les auteurs que j'ai envie de découvrir dans le cadre de ce petit challenge). Bien entendu, ma bibliothèque contient Rebecca de Daphné du Maurier (dans l'édition hideuse du Livre de Poche, c'est pour ça que j'ai remis leur ancienne couverture, même si elle correspondait à leur collection fleur bleue)... et curieusement, moi qui aime tant l'Angleterre et ses auteurs, je n'avais encore jamais lu un seul Daphné du Maurier, alors que Rebecca me tente depuis l'adolescence (hum, j'ai dû repérer ce roman en choisissant un Danielle Steel car il fut un temps où je lisais Danielle Steel - l'adolescence est parfois une période difficile). Donc j'adore ce mois anglais qui m'a permis de découvrir enfin ce grand classique de la littérature.

J'avais beaucoup d'idées fausses concernant Rebecca. J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une histoire de fantômes, un roman dans lequel l'héroïne était poussée à bout par les souvenirs voire le fantôme même de Rebecca, ou peut-être quelque chose de romantique à la Brontë, avec une Rebecca encore vivante et cachée dans une partie de Manderley. J'imaginais une fin heureuse après moult frayeurs.

Rebecca est en réalité un roman davantage psychologique que mystérieux, même si peu à peu l'histoire sombre de Manderley est dévoilée. Mais de quoi parlons-nous en fait ? La jeune narratrice est employée comme dame de compagnie et fait avec sa riche patronne un séjour à Monte Carlo. C'est là qu'elle rencontre Mr de Winter, veuf séduisant propriétaire d'une somptueuse demeure anglaise, Manderley. Celui-ci la demande rapidement en mariage et les voilà partis pour l'Italie, puis Manderley. Malheureusement pour la jeune et heureuse mariée, l'ombre de l'ancienne femme de Mr de Winter, plane toujours. La lugubre Mrs Danvers semble n'éprouver que mépris pour la nouvelle Mrs de Winter qui se sent peu à l'aise en tant que nouvelle maîtresse de Manderley, et sans cesse des commentaires glanés ici et là lui font penser que Maxim ne l'a l'a épousée que pour avoir un peu de compagnie, alors que Rebecca était un être bien plus séduisant, intelligent et remarquable qu'elle, si insignifiante. Rapidement des tensions se créent entre elle et Mrs Danvers, tandis que Maxim de Winter redevient morose. Son mariage semble être déjà un échec. C'est alors qu'on retrouve le petit bateau avec lequel Rebecca de Winter avait fait naufrage...

Comme je l'ai dit, Rebecca est assez différent du roman plein de mystères auquel je m'attendais (soit un roman hanté par des fantômes, soit des personnages inquiétants faisant sombrer l'héroïne dans la folie). Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un vrai page-turner qui m'a donné envie de découvrir l'adaptation mais aussi de lire d'autres Du Maurier (ce que je m'interdisais jusqu'ici car je voulais commencer par Rebecca). On peut parler d'un roman à suspense dans lequel les personnages sont soigneusement dépeints. L'intrigue repose essentiellement sur Rebecca, dont la narratrice sait bien peu au début mais qui finalement semble s'insinuer dans toutes ses relations et la tourmenter au quotidien, mais l'intérêt du récit repose aussi sur l'évolution de la narratrice, à travers ses relations avec son mari et les domestiques (elle-même passe de dame de compagnie à maîtresse de maison, dans une demeure plus habituée à voir des grandes dames que des oiseaux tombés du nid). Le personnage de Rebecca est lui-même plus complexe que ce à quoi je m'attendais : je pensais qu'il s'agissait de la femme idéale qui ainsi ne peut être oubliée ni remplacée, mais Rebecca est finalement bien différente de cela.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune Daphné du Maurier). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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378 p

Daphné du Maurier, Rebecca, 1938

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23/09/2009

Les débuts du roman policier

quincey_vengeur.jpgEcrit en 1838, Le Vengeur (The Avenger) de Thomas de Quincey est l'un des premiers romans noirs à mettre en scène un serial-killer dans un contexte policier, précédant en cela Edgar Allan Poe et son Double Assassinat dans la rue Morgue (1841).

Ce court roman (ou peut-être devrais-je dire « cette novella ») est publié par La Baleine noire. J'avais déjà lu dans la même collection deux textes plaisants, voire très habiles : L'Ecole des Monstres et Ariel. Au final, trois lectures très différentes par la forme et le fond, allant des classiques aux contemporains, mais des textes que je trouve tous de qualité ou intéressants par certains aspects. Bref, une collection qui mérite qu'on s'y arrête.

Dans Le Vengeur, une ville universitaire est marquée par l'arrivée d'un jeune homme que l'on pourrait décrire en disant simplement qu'il est l'archétype du héros ou encore, un croisement de prince charmant, d'esprit fin et de courageux guerrier. A peu près en même temps, une vague de crimes perpétrés au sein de foyers respectables commence à terroriser la ville. Le nouvel arrivé propose d'organiser des rondes mais rien n'y fait, les strangulations et autres méthodes expéditives perdurent.

J'imagine que pour le lecteur du XIXe, habitué à d'autres formes littéraires, ce texte avait un caractère très quincey.gifnouveau et la fin a sans doute dû en surprendre plus d'un. Parmi les meurtriers présumés, plusieurs hypothèses se présentent : le rival en amour du nouvel arrivé, rendu fou par l'impossibilité d'un mariage avec sa belle, au point d'errer pendant des jours dans les bois et de faire de drôles de remarques lorsque le geôlier vient à disparaître ; des étudiants, puisqu'un témoin a reconnu leur habit ; un illustre inconnu ; le narrateur ? ; enfin, le valeureux héros, que l'on sait mélancolique. Autant vous dire qu'aujourd'hui, en lisant ce texte, il est difficile de ne pas soupçonner très fortement le héros, et son innocence m'aurait pour le coup vraiment surprise. En revanche, ce que l'on ne connaît pas, ce sont ses motifs. Ces derniers, sous forme de lettre, constituent un autre récit au sein du récit, donnant un nouveau souffle à l'ensemble et ajoutant un aspect historico-politique au récit.

Une curiosité littéraire dont il serait dommage de se priver.

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112 p

Thomas de Quincey, Le Vengeur, 1838

10/01/2009

Splendide

eglise.jpgAfrique du Sud, au fil du XXe siècle. Tout commence en 1990, quand des ossements sont déterrés et semblent être au cœur d’un secret qui unit Catherine, propriétaire blanche et Maria, la domestique noire, en réalité sa meilleure amie. Puis l’histoire revient en arrière, dévoilant les liens qui se sont tissés entre les deux femmes depuis leur enfance, leur histoire atypique et l’événement mystérieux qui les relit finalement à la macabre découverte faite sur leurs terres.

Que dire de ce texte que j’ai littéralement dévoré et qui est sans doute pour moi l’une des lectures les plus frappantes de ces dernières années ? L’Eglise des Pas perdus évite les nombreux écueils qui pourraient découler de l’histoire d’une amitié entre une blanche et une noire sous l’apartheid : pas de scènes toutes faites ni de passages larmoyants, mais bien au contraire, une relation décrite avec beaucoup de sensibilité. Bien qu’au cœur du récit, cette amitié n’est qu’un sujet parmi d’autres, dans ce roman où les thématiques sont nombreuses : drame familial, quête de soi et du « chez soi », amours impossibles ou voués à l’échec, trahison, haine, commérages et mesquineries du voisinage – lui aussi décrit de manière sobre, avec ses faiblesses mais aussi ses espoirs, ses doutes et ses souffrances. Ajoutons à cela l’alcool, qui plane comme une menace sur les personnages : ceux-ci, sans être vraiment alcooliques, semblent trouver naturellement réconfort dans une bouteille de vin ou de whisky qui les suit presque partout. La peinture, dans toute sa complexité et sa façon de transcender la réalité, est mise en concurrence avec les descriptions d’une nature superbe et omniprésente, qui procure aux personnages volupté et dangers. Car entre les sauts depuis les rochers et les baignades par temps d’orage, les héros semblent parfois chercher à se perdre en bravant la mort. Si la poésie est au rendez-vous dans les belles descriptions, un brin de fantastique vient couronner l’ensemble d’un vent mystérieux : dans l’Eglise des pas perdus, qui sont ces enfants dont les chuchotements et les mouvements ne sont perceptibles que de quelques-uns ? Peu exploité, cet élément un peu étonnant trouve son apogée dans les derniers paragraphes qui constituent une fin très originale – c’est peut-être la scène qui me marquera le plus.

Au final, je suis complètement tombée sous le charme de ce roman qui ne cède pas à la facilité. Le style sobre, la simplicité des descriptions, la trame de l’histoire très bien construite, la richesse des thématiques et des personnages m’ont vraiment conquise. Ce texte de toute beauté est pour moi une rencontre fracassante avec l’Afrique du Sud et me donne envie de sortir rapidement de ma bibliothèque Coetzee et Brink, qui attendaient leur tour depuis longtemps.

D'autres avis : Brize, Solenn, Amanda, Joëlle, Lorraine, Praline, Malice, Annie, Uncoindeblog, La Mer à Lire

Merci au Livre de Poche et à Elise Davaud pour cette nouvelle opération qui m’a permis de découvrir cet excellent roman !

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284 p

Rosamund Haden, L’Eglise des Pas Perdus, 2003

08/01/2009

I ain't afraid of no ghost

collins_dame en blanc.jpgPremière lecture loubookienne 2009, premier victorien !

De Wilkie Collins, j'avais commencé (difficilement) The Moonstone et lu Voie sans Issue, co-écrit avec l'immense Charles Dickens... mais peu convaincant. J'attendais néanmoins beaucoup de Collins, autre monstre sacré de la littérature victorienne, et je dois avouer que j'ai passé un très bon moment avec La Dame en Blanc.

Ayant décidé de faire face à de vieux démons et de plonger corps et âme dans le débat orageux qui oppose en France les partisans du fameux plan en trois parties à ceux du plan en deux parties (souvenez-vous de vos devoirs de philo, de français...), je vais faire ce billet en revenant à mes premiers pas dans le monde des plans pré-formatés. Ce sera donc thèse, antithèse, synthèse, ou, comme j'aimais les nommer il y a quelques années : oui, non, enfin peut-être.

 

Mais commençons par une rapide mise en situation : jeune professeur de dessin, Walter Hartright se rend dans le Cumberland pour enseigner son art à deux jeunes filles de la bonne société. Il tombe amoureux de Laura, la plus jolie des deux, puis découvre qu'elle est déjà fiancée à un baronnet, Sir Percival. Dépité, Walter part en Amérique latine pour une mission dangereuse qui doit l'éloigner de Laura.

Vous vous demandez peut-être qui est donc la Dame en Blanc ? Cet étrange personnage, une femme du nom de Anne Catherick, apparaît pour la première fois à Walter avant son séjour dans le Cumberland. Echappée d'un asile, la Dame en Blanc réapparaît quelques mois plus tard et cherche à persuader Laura Fairlie de renoncer à son mariage avec Sir Percival, qui serait un homme fourbe et dangereux. Peine perdue, Laura épouse le baronnet. Comme vous vous en doutez, la Dame en Blanc avait vraisemblablement raison de mettre en garde la jeune héroïne.

 

Pourquoi lire la Dame en Blanc ?

Si j'ai mis du temps à lire ce roman, c'est parce que je n'avais pas une minute à moi. Car autant le dire tout de suite, La Dame en Blanc est un bon roman à suspense, qui reprend toutes les ficelles du genre : multiples rebondissements, même minimes ; une galerie de personnages importante, composée notamment de traitres perfides très divertissants ; un grand mystère, avec cette Dame en Blanc fantomatique, peut-être folle ; des lieux énigmatiques, comme la vieille demeure de Sir Percival, qui comprend notamment une aile élisabéthaine abandonnée.

Certains personnages donnent une nouvelle dimension à l'histoire : « l'homme de la situation », Marian Halcombe, soeur aînée de Laura, gracieuse mais laide, dotée d'une volonté de fer et d'une grande intelligence. Sir Percival, un peu caricatural mais désarmant dans son rôle hypocrite de fiancé valeureux. Et que dire du Comte Fosco, ce « gros homme » séduisant, qui semble attacher beaucoup d'importance au bien-être des deux soeurs tout en tramant un sombre complot dans leur dos ? Attaché à ses canaris et à ses souris blanches, suivi d'une épouse fidèle et dévouée dont il se sert avec habileté, Fosco cache bien des secrets et mérite à lui seul la découverte de ce roman. Je vous recommande au passage le billet de Julien qui présente justement les personnages.

Et bien sûr, l'intérêt de ce roman repose largement sur l'alternance entre différents narrateurs : compte-rendu de l'un, journal de l'autre... les observateurs sont multiples et permettent de découvrir de nouveaux éléments, couvrant la plupart du temps des événements connus d'eux seuls – ce qui évite les répétitions multiples.

 

Mes réserves :

Un petit problème de fond, sans grande importance cela dit car on se laisse facilement prendre au jeu : l'histoire repose sur la ressemblance frappante entre Laura Fairlie et Anne Catherick, en théorie deux parfaites inconnues. Autant dire que malgré l'explication finale, difficile de trouver les hypothèses de base très crédibles.

Si toute l'histoire tourne autour de Laura Fairlie, c'est bien l'un des personnages les moins intéressants. Walter est lui aussi très agaçant dans son rôle de jeune premier vertueux et, évidemment, extrêmement courageux. Tous deux sont si parfaits et si transparents (en particulier Laura) qu'au final, ce qui leur arrive n'a pas grande importance. Une histoire tumultueuse entre la soeur de Laura, Marian, et le machiavélique Comte Fosco aurait été bien plus passionnante ! Et s'il ne sert à rien de ré-écrire un livre à sa sauce, disons simplement que ce qui arrive à tous les personnages secondaires a bien plus d'intérêt que les aventures de nos deux héros en pâte de guimauve.

Collins a beau être le maître du suspense, le rythme inégal du livre m'a un peu lassée vers la fin. Parfois tout s'enchaîne brutalement, un peu trop même. Et, puisque le complot est révélé au bout de 300 p environ, on se demande bien ce qui nous reste à découvrir dans les 200 dernières pages... quelques événements majeurs mais beaucoup de passages un peu longuets. La fin, qui permet d'établir la vérité sur Laura Fairlie devant tout le village, et qui s'achève par une acclamation de la demoiselle en question par tous les bons villageois présents, est parfaitement ridicule.

 

So what in the end ?

Un bon roman populaire, habilement mené, tenant le lecteur en haleine la plupart du temps. Ayant lu récemment Les Mystères de Morley Court, je trouve certaines ressemblances entre les deux romans, même si je préfère au final celui de Le Fanu. A noter que De Pierre et de Cendre / Set in Stone de Linda Newbery rend hommage à la Dame en Blanc et, si les deux livres n'ont pas grand-chose en commun, le plus récent est lui aussi fort sympathique.

J'ai trouvé ma lecture un peu longuette mais je pense que c'est plus dû au peu de temps que j'avais devant moi. J'ai dévoré de nombreux passages et compte bien poursuivre ma découverte de Wilkie Collins cette année.

 

Beaucoup d'avis dans le cadre du blogoclub de lecture (j'étais moi-même en retard, d'où le billet sur Anne Perry) : les liens sont chez Sylire ou Lisa.

Mais aussi : Lilly, déçue et Isil, qui se remet avec plaisir d'une première déception avec le même auteur.

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476 p

Wilkie Collins, La Dame en Blanc, 1860

 

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