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03/11/2011
Portraits de femme
Même si je suis bien incapable de distinguer le moindre oiseau une fois dépassé le niveau du héron, de la mouette et du pigeon, j'ai eu envie de découvrir ces Vies d'oiseaux de Véronique Ovadé, nouveauté parmi tant d'autres en période de rentrée littéraire.
Il y a quelques années, j'ai découvert dans le cadre du prix Landerneau Et mon coeur transparent. Je projetais déjà de lire Déloger l'animal, ce que je n'ai toujours pas fait (honte sur moi, je promets de faire pénitence et de relire un chapitre des Chroniques de Mudfog de Charles DiKens pour la peine). Bref, revenons-en à nos moutons ou plutôt au Coeur transparent (quelle charmante image) ; ce livre très particulier a beaucoup dérangé à l'époque : détesté ou adoré, il n'a laissé personne indifférent. Si je ne garde qu'un souvenir flou de l'intrigue (comme je le dis souvent, en cas de fin du monde et de destruction des librairies, je pourrais bien me contenter de relectures au vu de ma mémoire de poisson rouge)... si je ne garde qu'un souvenir flou de l'intrigue (disais-je avant cette digression), je me rappelle un réel coup de coeur, une lecture enthousiaste faite d'une traite (et que j'associe à un premier long séjour à Barcelone... on peut faire plus désagréable comme contexte) !
Des Vies d'oiseaux est un roman bien différent, de facture plus classique. Il y est question de Vida, qui vit dans sa maison de luxe comme une prisonnière, en apparence soumise à un mari qui aime lui rappeler qu'il l'a sortie de la fange et l'a faite telle qu'elle est aujourd'hui. Mais c'est aussi Paloma, la fille de Vida, qui occupe une place centrale dans le roman. Lasse de voir sa mère humiliée au quotidien, rejetant les valeurs bourgeoises de sa famille, Paloma s'est enfuie avec un séduisant jardinier au crâne couvert de cicatrices (oui je sais dit comme ça, ça donne envie !). Le récit commence avec l'histoire de Vida, suivie du point de vue de Paloma, avant un chapitre final au cours duquel les deux femmes se retrouvent.
Avec sensibilité, Ovaldé décrit une Vida qui se rebelle discrètement contre son mari, par le choix de ses habits, quelques remarques inopportunes venant gâcher ses dîners mondains... jusqu'au jour où elle fait la rencontre du lieutenant Taïbo qui incarne une autre forme de virilité et lui permet de quitter enfin son mari. Malgré tout, la délicate Vida ne peut partir sans la présence d'un nouvel homme : son émancipation n'est ainsi que partielle. Quant à Paloma, c'est un personnage à mon sens moins intéressant. Elle incarne le stéréotype de la gosse de riches privilégiée qui se retourne contre ses parents... pour finir par vivre dans des demeures de luxe innocupées pendant les vacances de leurs habitants. Certes, elle se pose en provocatrice en causant maints désagréments à ses anciens voisins et parents, mais elle continue à profiter sans remord de la vie dorée qu'elle se targue de mépriser. Un personnage plus figé, parfois desservi par des scènes un peu moins réussies : je pense par exemple à une dispute assez artificielle entre le père et la fille. Dommage, car ce roman reste très agréable à lire et soulève de nombreuses questions, traitant aussi bien du fossé qui sépare les différentes couches sociales (et ce d'autant plus que le cadre choisi est l'Amérique latine, où les inégalités se manifestent de façon plus visible) que de la question de la féminité et de la réalisation de la femme.

236 p
Véronique Ovaldé, Des vies d'oiseaux, 2011


Commentaires
oui...effectivement...deux femmes tout a fait "caricaturales" en fin de compte...
Écrit par : rachel | 04/11/2011
Répondre à ce commentaire"Déloger l'animal" peut-être un jour arrivera t-il dans ta boîte aux lettres ! ;-):))
Oui, car j'ai acheté ce roman suite au billet élogieux de Wictoria, je l'ai commencé pas trop accroché, il faudrait que je le reprenne un jour pour voir ! Voilà, mais dans son ensemble concernant l'univers de Véronique Ovaldé je suis à la fois séduite surtout pour son amour des mots et son admiration pour l'univers d'Alice de Lewis Carroll et en même temps doute, indifférence ;-)
Écrit par : Malice | 04/11/2011
Répondre à ce commentaireoui c vrai qu'a cette epoque c'etait pas evident...meme encore aujourd'hui pour beaucoup....mais bon s'enferrer avec un homme qu'on aime pas (c mon cote trop trop moderne...viiiii!)...en fin de compte cela me rappelle le role de julianne moore dans the hours (le personnage que tu n'aimais pas)...;o)...
Écrit par : rachel | 05/11/2011
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas tentée. Je viens de finir Ce que je sais de Vera Candida (lecture commune et billet prévu pour lundi avec Cynthia) et la question de la féminité et de la réalisation de la femme, je souhaite n'en plus faire l'expérience avec Ovaldé, je crois.
Par contre, Déloger l'animal, il faut le lire !!! :)
Écrit par : Reka | 05/11/2011
Répondre à ce commentaireJ'ai adoré ce roman, plus encore que Vera Candida...
Écrit par : Liliba | 06/11/2011
Répondre à ce commentairebon la condition de la femme a vraiment evolue que dans les annees 70....il me semble que les heures se passent dans les annees 50...mais quel horreur quand le mari dit a julianne moore..."tu n'as plus a penser je te fais une superbe vie...tu as une maison et de quoi vivre"....l'horreur...oui d'ailleurs pour julianne moore aussi c dur de partir...la vision de la noyade est bien explicite...
Écrit par : rachel | 09/11/2011
Répondre à ce commentaireooohh j'ai ouvert une douche lala ;o)....je suis d'accord avec toi....sur tout...mais bon au canada j'ai ete un peu ecoeuree du feminisme....le faite de tenir la porte a quelqu'un ou quelqu'une c une insulte pour elles...pour moi c'etait juste de la politesse...c un exemple parmi tant d'autres...mais bon lala au chili boudiou je bouillonne je bouillonne...mais bon c un tel sujet que l'ecrire serait bien difficile...d'ailleurs lit "mon pays reinvente" d'Isabelle Allende....c les annees 60...j'ai failli de pas demenager dans ce pays...
Écrit par : rachel | 12/11/2011
Répondre à ce commentaireet le plus ironique dans l'histoire...ils arrivent a voter des femmes au pouvoir en amerique latine...pourtant quel machisme pas ici!!!...
mais bon c tout un effet de societe, une argentine m'avait dit qu'au chili les femmes le cultivent...il leur faut un homme avec testosterone....bin au bout de 6 ans, oui cela se confirme....
et je suis comme toi...on aime partager nos depenses...j'aime plutot parler de symbiose que d'egalite...;o)...
Écrit par : rachel | 13/11/2011
Répondre à ce commentaireoh pour le salaire egal pour travail egal, c un principe de bon sens...et pour le couple oui c la symbiose...il faut s'apporter d'embellir ensemble...mais bon il y a des femmes, des hommes qui aiment la soumission...mon voisin en est un...et il n'est pas malheureux...je peux te le dire...;o)
Écrit par : rachel | 13/11/2011
Répondre à ce commentaireJ'aime énormément cet auteur et compte bien lire celui-ci.
Écrit par : Edelwe | 16/11/2011
Répondre à ce commentairequand le bon sens s'applique quand il y a de l'argent?....
Écrit par : rachel | 17/11/2011
Répondre à ce commentaireparceque malheureusement ce sont les hommes, en majorite, qui decident de l'argent...helas....
Écrit par : rachel | 20/11/2011
Répondre à ce commentaireoui cela bouge...maintenant au chili par exemple les femmes peuvent travailler sans arriere pensee...au perou le feminicide est un delit majeur! mais c d'une telle lenteur...que c effrayant et pathetique...et elles se battent contre le mademoiselle...c fou...
Écrit par : rachel | 27/11/2011
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Écrit par : zarline | 03/11/2011
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