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30/08/2008

Les chevaliers de la table ronde, acte 2

ovaldé_mon_coeur_transparent.jpgIl y a des livres amusants. D’autres agaçants. Il y a des livres faciles à parcourir, des livres de détente, des livres dérangeants et bien d’autres encore. Et puis il y a les livres qui vous renversent, vous séduisent et vous troublent en vous laissant étonnés et ravis. Et mon cœur transparent fait partie de ceux-là.

 

Avant de poursuivre, voilà les quelques mots de Siri Hustvedt à propos du précédent roman de Véronique Ovaldé, Déloger l’Animal : « Déloger l’animal témoigne des talents d’écrivain de Véronique Ovaldé : drôle et triste, raffiné et brut, c’est un roman très singulier et pourtant universel ». Cette critique pour le moins curieuse est à mon avis diablement précise. Je pourrais presque m’arrêter là car elle décrit exactement ce que j’ai pu ressentir à la lecture de ce roman sélectionné dans le cadre du Prix Landerneau.

 

Et mon cœur transparent est l’histoire d’un curieux personnage au prénom non moins atypique de Lancelot. Ayant perdu tout récemment sa femme Irina, le héros s’aperçoit soudain des bases fragiles sur lesquelles reposait leur relation. Car de sa belle, l’amoureux transi ne sait rien ou presque. Et sa disparition semble également bien mystérieuse. Bientôt, les questions se bousculent et Lancelot tente de se reconstruire en découvrant Irina petit à petit, rassemblant chaque jour les pièces d’un étonnant puzzle.

 

Voilà un livre unique en son genre, audacieux et pétillant. L’écriture est originale, la ponctuation impertinente ; les majuscules remplacent les guillemets, les dialogues s’emboîtant joyeusement à la narration pour donner de l’élan au texte et nous permettre de nous immiscer avec délice dans les pensées du héros. L’univers de ce roman est surprenant : mêlant l’impossible au réel (Cathulu évoquait avec justesse L’écume des jours de Vian), ce roman-conte onirique est à la fois absurde et émouvant. Les meubles disparaissent comme par enchantement devant un Lancelot passif qui semble à peine perturbé par le monde vacillant qui l’entoure. La relation de couple est au cœur du récit, les personnages fantasques donnant une nouvelle dimension à un sujet classique, en particulier dans l’univers des polars auxquels ce roman emprunte quelques codes (pour mieux les transgresser).

 

Au final, un véritable enchantement : une lecture facile et un lecteur constamment sollicité, une histoire captivante, haletante et des qualités littéraires inattendues, un univers tenant parfois du rêve éveillé… ce livre réussit l’exploit en réconciliant avec brio de traditionnels opposés.

 

Je ne saurais trop remercier Elodie et les organisateurs du prix Landerneau de m’avoir permis de découvrir ce roman car sans eux, je serais très certainement passée à côté d’une incontestable révélation !

 

Prix du Livre France Culture-Télérama 2008

Editions de l’Olivier

 

233 p

 

Véronique Ovaldé, Et mon cœur transparent, 2008

 

 

Prix_Landerneau_1.jpg

 

 

Commentaires

Comme une certaine personne m'a vendu la fin (bon, ok, elle l'a fait à ma demande... il ne restait plus que ça!!!), je ne pense pas que je lirai ce livre... mais ton enthousiasme est beau à voir!

Écrit par : Karine | 31/08/2008

Eh ben, j'ai l'impression qu'on n'a pas lu le même roman... Enfin, si, mais tout ce qui t'a enthousiasmée m'a agacée, ennuyée, fait bailler... Comme quoi, tous les goûts sont dans les LCA! :)))

Écrit par : fashion | 31/08/2008

Ah ! intéressant et bien tentant !!! Mais tout d'abord j'ai envie de découvrir Déloger l’Animal . Voilà en tout cas me semble t-il tu as trouvé ton coup de cœur !

Écrit par : Alice | 31/08/2008

Je n'ai pas aimé ce livre. Je trouvais déjà qu'elle ne maîtrisait pas bien la langue française. bcp de lourdeur dans le style.

Écrit par : Loïc | 31/08/2008

@ Karine : oui, je suis vraiment convaincue :)

@ Fashion et Loïc : j'ai vu beaucoup de critiques négatives sur les blogs et je m'attendais à ne pas l'aimer. Ce qui est curieux c'est qu'habituellement quand un auteur prend trop de libertés avec la langue cela m'ennuie profondément, voire me rebute tout à fait. Cette fois-ci j'ai trouvé que Véronique Ovaldé jouait avec la langue, j'ai vraiment pris ce texte pour une histoire plutôt grave rendue désuète de par l'aspect ludique de l'écriture... un livre vraiment à part et donc plus susceptible de diviser... par contre, difficile de rester indifférent !

@ Alice : tout à fait, même s'il me reste encore "le temps d'une chute" à lire cette semaine... on ne sait jamais !

Écrit par : Lou | 01/09/2008

Ta critique élogieuse me donne envie de découvrir ce livre mais vu les commentaires je m'attends également à être un peu déçue...

Écrit par : Cécile | 01/09/2008

idem fashion...
c'est à se demander s'il n'y a pas des moments pour chaque livre...pourtant je l'ai lu pendant les vacances, j'étais détendue.

Écrit par : Thaïs | 01/09/2008

Quand j'ai vu le frais minois de Véronique Ovaldé en couverture de télérama, j'ai tout de suite eu envie de lire ce livre. C'est comme ça. J'ai souvent des envies de lectures qui partent d'apparences...
Et quelle ne fut pas ma déception en me plongeant dans le roman..et pourtant, je suis assez ouvert aux nouvelles expériences, aux nouveaux genres, mais là trop c'est trop.
Et puis après je lis des critiques comme celles de notre hôte et je me dis que soit je suis trop exigeant avec la littérature et donc ce livre était trop médiocre, soit c'est moi qui suis médiocre et je n'ai pas compris toute la subtilité de ce roman.
je ne sais.

Écrit par : Loïc | 01/09/2008

Une amie m'a offert ce bouquin dernierement, et j'etais jusque la assez reticente a le lire. Mais ton commentaire me fait penser que je devrais lui donner sa chance. Merci !

Écrit par : gaelleinbgk | 03/09/2008

@ Cecile : c'est très particulier... à feuilleter avant de se lancer ! Peut-être que mon bilan du prix Landerneau t’éclairera un peu plus. Quant à Ovaldé, des critiques complémentaires se trouvent sur un certain site commercial, avec des avis assez divers, bien que plutôt positifs.

@ Thaïs et Loïc : c'est assez amusant parce que j'ai d'abord lu des critiques dithyrambiques puis des avis en majorité très négatifs. Pas étonnant de voir que les avis les plus opposés suivent la lecture de ce drôle de roman qui est pour le moins dérangeant par son style particulier et son univers parfois ubuesque. A mon sens nos réactions différents ne viennent pas tellement du (bon) moment de lecture ou de notre bonne lecture (ou de l’existence d’un éventuel “bon lecteur”!) : c’est un livre si particulier qu’il peut déranger ou enthousiasmer, selon la sensibilité de chacun. Je suis moi-même parfois très difficile avec mes lectures, même si j’ai eu moins de mauvaises surprises récemment en écrémant plus souvent les livres qui risquaient de ne pas me plaire. Je comprends bien que ce livre a de quoi agacer et la plupart du temps je réagis assez mal aux libertés prises avec la grammaire et la ponctuation. Bizarrement, ici, la magie a opéré... sans doute parce que quels que soient les mérites d’un livre, la subjectivité joue toujours un grand rôle dans sa perception. Dans un autre registre, certains auteurs consacrés depuis longtemps enchanteront certains d’entre nous tandis que d’autres n’arriveront pas à comprendre d’où leur vient ce génie annoncé par tout le monde. Moi je dis : nous n’avons pas le même avis et tant mieux! Ce sont ces désaccords qui font la richesse des échanges entre lecteurs et donnent une image plus globale à ceux qui n’ont pas encore lu le livre incriminé!

@ Gaëlle : n'hésite pas à apporter ta pierre au débat en nous disant ce que tu en as pensé :)

Écrit par : Lou | 05/09/2008

Mon avis est l'opposé du tien (il est vraiment rare que je dise "détester un livre" et pourtant dans le cas de celui-ci, je n'ai aucun mal à le dire !) mais tout ce que je retiens, c'est que tu as découvert ET apprécié un nouvel auteur français contemporain ! ;-)

Écrit par : Caro[line] | 08/09/2008

@ Caro[line] : ils commencent à être nombreux maintenant :o)... c'est bien ce que je dis, ce livre ne laisse pas indifférent... visiblement, on accroche et on se laisse totalement embarquer... ou ce livre exaspère au plus haut point !:P

Écrit par : Lou | 10/09/2008

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