Charles Simmons, Les Locataires de l’été

En quête de lecture américaine pour mes vacances d’été, j’ai découvert ce titre qui m’a paru tout à fait approprié. Charles Simmons étant comparé à Salinger et McCullers sur la quatrième de couverture, et l’éditeur étant pour moi une référence, je n’ai pas hésité. J’ai par ailleurs lu depuis qu’il s’agit d’une réécriture de Premier amour de Tourgueniev (que j’aurais bien besoin de relire). Par la suite, j’ai surtout pensé à Lolita. C’est pourtant une lecture qui m’a moins satisfaite que d’autres au cours des vacances. Un avis qui n’engage bien sûr que moi !

La première phrase est pourtant de celles qui vous marquent : « C’est pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya. »  

Micha passe chaque année les vacances dans une maison familiale sur le cap Bone, non loin de la ville où ils vivent en appartement le reste de l’année. La zone a connu une histoire tumultueuse, servant de camp d’entraînement pendant la guerre, et les propriétaires disposent de leurs maisons pour une période donnée. Des années plus tard, l’Etat récupèrera les terres. En attendant, nous rencontrons Micha, adolescent qui s’épanouit dans ces lieux, vibrant au rythme de la nature. Il pêche, nage, fait du bateau et répare celui-ci avec son père. Une relation complice les unit, à travers des goûts communs et des moments partagés. Une relation virile où chacun se respecte et se fait confiance. La mère, en arrière-plan, est davantage associée à la maison. On sait rapidement que le père est séduisant et plaît aux femmes, mais le doute est permis quant à la façon dont il perçoit cela.

La famille possède un pavillon adjacent loué chaque été. Les assiduités de la précédente locataire a conduit les parents à chercher quelqu’un d’autre pour ce nouvel été. C’est ainsi qu’arrive Zina, 20 ans, et sa mère, la belle et quelque peu provocante Mrs Mertz. Micha tombe instantanément amoureux de Zina, tandis que sa mère se méfie rapidement de Mrs Mertz.

C’est un premier amour voué à l’échec qui est ici présenté. Dès leur rencontre, l’entreprenante Zina mène la danse auprès d’un Micha inexpérimenté et naïf. A leur relation se mêlent d’autres protagonistes, dans une danse de lente agonie, de désir, de rejet et de précaires équilibres entre les couples et les amis.

Je suis ressortie avec une impression mitigée de ce livre. Côté positif : l’écriture élégante, la description d’une époque et du caractère éphémère de l’adolescence, l’histoire du cap et de la maison. Néanmoins, les personnages ne m’ont paru ni attachants, ni passionnants, qu’ils soient sympathiques ou non (certains scélérats sont exquis  – je pense aux Liaisons dangereuses, La Dame blanche…). Seule la mère de Micha aurait pu m’intéresser, mais elle reste finalement très en retrait au profit de la fascinante Mrs Mertz et sa fille. Le père incarne une image masculine séduisante mais contrairement à ce que j’espérais, son attitude en fait finalement un protagoniste très commun. Les femmes manquent de subtilité : entre l’audacieuse séduisante et la femme mariée ou l’amoureuse délaissée qui se laissent dominer, il manque une figure intermédiaire (plus authentique ?).

La chute finale m’a paru beaucoup trop dramatique (et trop attendue) pour être réaliste. Les relations entre les uns et les autres m’ont laissée de marbre. J’étais assez contente de terminer ma lecture, déçue après une première partie plus prometteuse. Me voilà un peu déçue de cette rencontre manquée !

 

 

188 p

Charles Simmons, Les Locataires de l’été, 1997

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