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25/04/2018

Exposition Junya Ishigami : "Freeing Architecture"

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Photo Copyright MyLouBook

Jusqu'au 10 juin 2018, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Freeing Architecture, la première grande exposition personnelle de Junya Ishigami. Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une œuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante.  Source

Ayant la tête au Japon en ce mois d'avril, je ne pouvais pas manquer deux expositions qui se déroulent à Paris en ce moment. Voici la première - je réserve mon billet sur les Enfers et Fantômes d'Asie (Musée du Quai Branly) pour le challenge annuel de Purple Velvet cet été.

Freeing architecture permet de découvrir des maquettes alliant nature et structures modernes, dans des formes innovantes, repensant notre cadre de vie. De beaux projets et une précision incroyable dans l'exécution (notamment dans les blocs de béton et plaques de métal travaillés directement). Le tout dans le cadre extrêmement agréable de la fondation : j'ai profité de ma visite pour me prélasser dans le jardin à l'arrière, sous un beau soleil, un carnet de notes à la main.

Mes photos de l'exposition et du bâtiment ci-dessous.

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Photos Copyright MyLouBook

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23/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru

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Après le myosotis, un dernier symbole avec Hotaru, la luciole. Et quelle belle couverture que celle-ci... Si je n'ai pas eu l'impression de totalement "boucler la boucle" avec ce dernier tome, qui, comme dans la vraie vie, ne livre pas tous les secrets et ne résout pas tous les problèmes d'une vie éclatée, j'ai trouvé que ce dernier opus apportait un éclairage intéressant sur Mariko. Fille-mère ayant caché ses origines coréennes, puis femme adultère pendant une période, Mariko est avant tout une femme qui a traversé les moments les plus tragiques de l'histoire japonaise du XXe. Une femme qui, dans l'adversité, sans soutien familial, sans argent, a réussi à garder la tête haute et à assurer un avenir à son fils. Malgré ses faux pas et cette attirance dont elle ne peut se défaire pour son premier amant, Mariko est une femme qui cherche à reste honnête et méritante à l'égard de son époux, qu'elle apprend à aimer lui aussi.

Avec Hotaru, Mariko s'inquiète pour sa petite fille. Pour qu'elle ne commette pas les mêmes erreurs qu'elle, elle entreprend de lui dévoiler son passé et notamment, l'histoire de sa rencontre avec monsieur Horibe. Une relation dont on connaissait les conséquences, mais pas les circonstances.

Un roman refermé à regret, avec cependant l'envie de relire dans quelque temps cette pentalogie. Outre la dimension historique et les personnages attachants (pour la plupart) et bien croqués, Aki Shimazaki nous comble avec un texte fin, épuré, qui traite de sentiments avec simplicité et retenue. Pour me consoler de cette dernière lecture, le coffret de la deuxième série d'Aki Shimazaki m'attend. Je compte bien savourer prochainement ces cinq courts récits les uns après les autres. [Edit du 23 avril : depuis la rédaction de ce billet, programmé à l'avance, j'ai lu deux romans du 2e cycle... l'engouement se confirme !]

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133 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru, 2004

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09/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa

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Cela fait plusieurs mois que j'ai refermé le dernier tome de la pentalogie d'Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets. Il sera plus difficile pour moi de parler de ses deux derniers romans, mais j'ai tant apprécié ces récits que je trouverais dommage de les laisser dans l'oubli de ma bibliothèque.

Wasurenagusa se lit indépendamment des tomes précédents, une fois de plus, mais vient nourrir cette histoire entremêlée si on a choisi de la lire dans son intégralité. Un personnage en retrait, effacé, est ici mis à l'honneur : Kenji, l'époux d'une femme qui a eu un enfant hors mariage et qui, plus tard, redeviendra la maîtresse de son ancien amant. Dans les premiers tomes, on peut penser que ce mari tranquille est en quelque sorte le dindon de la farce. Il travaille dans le même laboratoire que l'amant de sa femme, apprécie cet homme et devient son voisin sans jamais se douter que c'est le père biologique du garçon qu'il a lui-même adopté.

Ce récit qui lui est consacré donne à Kenji une autre envergure. On y découvre un homme élevé dans une famille noble, où la lignée est essentielle. Un homme qui, après un mariage malheureux et la découverte de son infertilité, choisit d'épouser une jeune mère célibataire au passé douteux. Kenji rompt avec sa famille et s'investit pleinement dans son nouveau rôle de mari et de père, malgré les épreuves et un séjour en Sibérie. Voilà un homme intelligent, intègre, affirmé, qui fait preuve de beaucoup de bonté et de maturité. On comprend que son mariage ait été un mariage heureux, malgré l'infidélité de son épouse à une certaine période. Et son portrait assombrit encore l'image que l'on se fait du voisin, qui se veut puissant, omnipotent et viril et qui, par contraste, est finalement assez minable. Au-delà de sa relation avec Mariko, on redécouvre Kenji à travers divers moments de son existence qui n'ont jusque-là jamais été évoqués dans les romans précédents.

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Un quatrième tome qui apporte sa pierre à l'édifice et contribue à construire une histoire familiale toute en finesse et en nuances. On se délecte à la lecture de chacun de ces textes si courts, mais si précieux.

Présenté dans le cadre de la lecture commune d'une oeuvre d'Aki Shimazaki.

126 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa, 2003

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05/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T3, Tsubame

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J'ai découvert à l'occasion du premier Mois au Japon l'œuvre d'Aki Shimazaki, que j'avais envie de lire depuis une dizaine d'années (rien que ça!). Suite à deux premiers petits coups de cœur, je poursuis la lecture du Poids des Secrets avec le troisième tome, Tsubame.

Le premier avait pour narratrice Yukiko, qui découvrait un côté obscur de son père et les conséquences que les décisions paternelles avaient désormais sur sa propre vie. C'est aussi l'époque de la bombe atomique lancée sur Nagasaki, qui est également au cœur du récit.

Dans le 2e tome, la parole est donnée à Yukio, voisin amoureux de Yukiko. Enfant solitaire, il a vécu avec sa mère célibataire et les visites sporadiques d'un père attendu comme le messie, honorant parfois le repas qui est préparé pour lui, ne venant parfois tout simplement pas.

Ce 3e tome nous ramène quelques décennies en arrière. La narratrice est cette fois-ci la mère de Yukio, Mariko. Son histoire est aussi liée à un autre évènements tragique du XXe : le tremblement de terre de 1923 et la répression à l'encontre des Coréens.

Un tome encore une fois lu d'une traite (en vacances, sans la suite dans mes bagages, ce que j'ai bien regretté). Un style toujours épuré, également empreint de poésie. Les hirondelles ont la part belle ici, mais encore une fois la flore et notamment, les campanules et les cosmos.

Je me demandais à l'origine ce qui pouvait ressortir d'une série de cinq livres traitant d'une même histoire avec des points de vue différents (car cinq, c'est ambitieux!). En réalité, chaque nouveau tome à sa propre personnalité et apporte non seulement une nouvelle perspective, mais d'autres informations qui viennent enrichir et éclairer l'histoire. Ici, c'est la maîtresse du père de Yukiko qui prend la parole. Personnage plutôt effacé, voire en retrait lors des précédents tomes, elle nous livre maintenant l'histoire de ses origines, mêlée à des évènements majeurs de l'Histoire japonaise. Destin triste pour cette femme attachante mal partie dans la vie, heureusement bien entourée dans la vieillesse.
Beaucoup de pudeur, aucun jugement porté sur les personnages. C'est ce qui contribue à faire de cette pentalogie une œuvre réussie.

Présenté en ce mois au Japon dans le cadre du rendez-vous autour d'une plume féminine

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119 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, Tome 3, Tsubame, 2001

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28/02/2018

Challenge Un mois au Japon, 2e édition

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Pour fêter l'arrivée du printemps (et chasser la pluie des British Mysteries), le challenge "Un mois au Japon" revient pour la 2e année consécutive.

Vous rêvez d'aller au Japon ? Vous en revenez ? Une envie de littérature nippone ? L'art du thé n'a plus aucun secret pour vous ? Vous avez habillé votre fils en samouraï pour le carnaval ? Vous ne vous passez plus de votre gomme en forme de sushi ? Aucun pique-nique sans votre bentô 

Ce sont des signes qui ne trompent pas : le mois japonais est fait pour vous !

Au programme, selon vos envies : billets sur vos lectures, des films, des mangas, mais aussi photos de voyage, beaux livres, essais culinaires, art de vivre japonais... 

Quand ? : pendant tout le mois d'avril mois d'avril.

Pour participer ? : Il vous suffit de vous inscrire à la suite de ce billet ou de celui de Hilde, puis de rédiger en avril un article ou plus si affinités en insérant le logo du challenge.

Lectures libres ou rendez-vous thématiques, il y a mille et une façon de voyager avec nous au pays du soleil levant. 

Quelques suggestions (les dates seront actualisées plus tard):
- Mercredi : Manga
- Vendredi : Séance cinéma / Série
- Samedi : Album jeunesse
- Dimanche : Délices du Japon avec la talentueuse Syl !
 
RDV ponctuels :
- Aki Shimazaki : Le Poids des Secrets OU Au coeur du Yamato (si certains sont prêts à me suivre pour les 5 tomes du Yamato, je suis partante !)
- Le Tombeau des lucioles, le livre ou le film d'animation
- RDV historique (en roman, reportage, film, essai...) autour de la 2e guerre mondiale ou de la bombe atomique
- RDV gourmand, littéraire ou cinématographique autour du thé
- Rencontre avec une Geisha, oeuvre au choix
- Rencontre avec un Samourai
- Plume féminine nippone au choix
- Plume masculine nippone au choix
- Journée du chat nippon
- Journée 100% zen
-...
A compléter avec vos idées et vos envies !
 

N'hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe facebook du challenge, où vous trouverez de la convivialité et de l'inspiration grâce aux discussions et aux liens qui y sont partagés. Si vous le souhaitez, vous pouvez bien entendu aussi relayer ce challenge sur votre blog ou les réseaux sociaux.

Comme toujours, le plaisir de lire, de voir de bons films et de faire des découvertes reste le maître mot !

Rendez-vous en avril !

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29/04/2017

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent

shun_pleurs du vent.jpgDernière chronique de ce Mois au Japon, et une très belle rencontre avec cet auteur nippon que je ne connaissais pas du tout. C'est en déambulant entre les rayons de L'Arbre à Lettres dans le Marais que je suis tombée sur ce livre à la jolie couverture (dont les couleurs ne sont pas très bien rendues ici).

Après Shimazaki qui évoquait la bombe atomique dans Le Poids des Secrets, Medoruma Shun évoque aussi la seconde guerre mondiale, avec la bataille d'Okinawa. Que ceux qui n'aiment pas les romans traitant de guerre ou de bataille se rassurent : point de combat ici, ni de tactiques de guerre, mais plutôt le souvenir d'une période douloureuse et son empreinte sur plusieurs protagonistes des décennies plus tard.

Les Pleurs du vent, ce sont les lamentations du crâne d'un kamikaze japonais tué pendant la guerre, qui repose dans un ossuaire désormais inaccessible en haut d'une falaise, face à la mer. Quand le vent souffle, une plainte sourde et angoissante résonne. Des légendes courent sur ce crâne. On ne connaît pas leur nature mais on sait qu'elles sont suffisamment inquiétantes pour tenir les gens à l'écart. 

Puis arrive une équipe de reporters, décidés à filmer le crâne et à raconter son histoire. Chez les habitants, les points de vue divergent. Certains y voient l'opportunité d'attirer l'attention sur le village et de développer le tourisme. Seikichi, lui, s'oppose fermement à ce qu'on dérange le crâne. Et pour cause, il en sait bien plus long que tous les autres sur ses origines.

Ce court roman est un coup de coeur pour moi. Comme le dit l'éditeur : ce texte "conte magnifiquement la paix retrouvée des âmes". Sa construction est originale et nous entraîne là où on ne pensait pas forcément aller au départ. L'écriture m'a séduite, en particulier lorsque l'auteur décrit la nature autour du village, avec son aspect sauvage et luxuriant, voire dangereux : "la prolifération des banians et des liserons", "l'embouchure où la mangrove poussait dru", ou encore cette luciole qui jaillit "laissant derrière elle une fugitive traînée scintillante ; elle tourna autour d'Akira, monta le long de la cascade de liserons, passa entre les deux formes légèrement bleutées et s'évanouit". Je ne regarderai plus jamais un crabe de la même façon désormais (si vous voulez savoir pourquoi, il ne vous reste plus qu'à lire ce roman).

J'ai découvert que les éditions Zulma avaient publié un recueil de nouvelles de cet auteur. Autant vous dire que je pense déjà en parler l'an prochain lors du prochain Mois au Japon.

124 p

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent, 1997

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28/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T2, Hamaguri

shimazaki_hamaguri.jpgJ'ai manqué le jour de la lecture commune consacrée à la pentalogie Le Poids des Secrets mais, le Mois au Japon touchant à sa fin, je triche un peu en antidatant mon billet afin de pouvoir partager avec vous mes dernières lectures nippones.

Deuxième tome de la pentalogie, Hamaguri est en quelque sorte le miroir du 1er tome, dans lequel la narratrice racontait un secret de famille à sa fille dans une lettre posthume. Elle y évoquait notamment le jeune fils de ses voisins, lorsqu'elle était adolescente pendant la 2e guerre mondiale et notamment, lors des bombardements américains. Dans ce nouvel opus, c'est le jeune voisin qui s'exprime. C'est désormais un homme âgé, qui n'a pas oublié son amour de jeunesse. On lit ce tome avec d'autant plus d'intérêt que l'on connaît d'avance le secret que cet homme mettra toute sa vie à comprendre.

Hamaguri porte un autre regard sur une histoire commune. Comme le roman précédent, il est porté par une écriture fluide et épurée. La structure narrative va elle aussi à l'essentiel. Les personnages n'en sont pas moins attachants. La guerre occupe une place moins importante, en revanche, le carcan social est au premier plan, puisqu'il est question des choix qui s'offrent à une mère célibataire et son fils "bâtard", souffrant de la cruauté des autres enfants.

Un récit d'une simplicité désarmante et de nouveau, un vrai bonheur à la lecture.

112 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets Tome 2, Hamaguri, 2000

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24/04/2017

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire

manga_gourmet solitaire.jpgL'attention portée à l'oeuvre de Taniguchi cette année m'a fait repérer quelques titres prometteurs, moi qui ne connaissais cet auteur que de nom. Je pensais lire Quartier Lointain mais le dernier exemplaire venait de partir et j'ai opté pour Le Gourmet solitaire sur les conseils de la libraire. Je ne regrette pas du tout mon choix !

Le Gourmet solitaire, ce sont 18 chapitres et autant de rencontres gustatives et culturelles. Le personnage principal est un commercial célibataire, un loup solitaire qui, au gré de ses déplacements et sorties, nous fait partager le moment de son repas. Cela pourrait paraître ennuyeux à mourir mais, si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu au Japon, vous devriez vous régaler avec cet album qui s'adresse beaucoup à nos papilles, mais pas que.

Côté repas, c'est une cuisine simple que l'on découvre, une cuisine du quotidien, souvent traditionnelle mais aussi parfois inspirée par d'autres pays. Des plats goûteux, avec des éléments récurrents (légumes au sel et surtout riz, un incontournable pour le personnage principal). On voit notamment souvent le repas dans son ensemble avec les commentaires qu'il inspire au protagoniste, fin gourmet. Autant vous dire qu'on a envie de déguster la vraie cuisine japonaise après avoir lu cet album !

Mais la cuisine est aussi un bon moyen de découvrir la vie de tous les jours, entre la recherche d'un lieu où manger, la découverte de restaurants et gargotes en tous genres ainsi que la clientèle, observée par notre héros culinaire. Quelques commentaires laissent voir l'abîme entre nos deux cultures, avec un portrait du Japon qui n'est pas toujours flatteur (statuts hommes-femmes, ouverture vis-à-vis des étrangers...).

On ne sait pas grand-chose du personnage principal qui interagit globalement assez peu avec son entourage mais, paradoxalement, il parvient à être assez touchant.

Cet album est un vrai coup de coeur pour moi. Je craignais de ne pas prendre autant de plaisir à la lecture d'autres titres de Taniguchi mais je viens de réaliser qu'il y a une suite au Gourmet solitaire. C'est donc par là que je poursuivrai ma découverte...

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200 p

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, 1997

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22/04/2017

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie

album_jour de pluie.jpgEncore une petite pépite dénichée au détour d'un rayon jeunesse, pendant que Petite Lou écoutait un conteur à quelques pas de là.

Dans Jour de Pluie, Akiko s'ennuie ferme, coincée à la maison à cause de la pluie. Elle rouspète jusqu'à ce qu'elle remarque une grenouille à la fenêtre, qui vient lui proposer de la suivre dehors pour s'amuser ensemble. Car quand vient la pluie, c'est la fête pour les batraciens. Akiko la suit, accompagnée de plusieurs doudous et jouets qui s'animent et sont eux aussi ravis de cette activité imprévue.

Une jolie histoire qui plaît beaucoup à ma fille - dont le moment favori reste l'arrivée de petites grenouilles venues se joindre à la fête, et qu'il faut retrouver en regardant attentivement des feuillages verts.

Les illustrations se prêtent très bien à l'univers enfantin décrit. Traits de crayon visibles, tons pastels, de la douceur et du réalisme, voilà qui accompagne à la perfection le récit.

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Une nouvelle délicieuse surprise nippone et une ode à l'imagination, à savourer quelle que soit la météo.

Publié aux Editions Bibi.

Lu dans le cadre de la LC Album jeunesse japonais.

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32 p

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie, 2017 (édition française)

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17/04/2017

Yoko Ogawa, L'Annulaire

ogawa_annulaire.jpgYoko Ogawa est un auteur que j'affectionne particulièrement. Je l'ai d'abord découverte avec trois textes, un lumineux - La Formule préférée du Professeur, les deux autres plus dérangeants, Le Musée du Silence et L'Annulaire. Les ayant lus avant la naissance de blog, j'ai pensé que cette journée en hommage à Ogawa serait l'occasion de relire un de ces textes qui m'avaient marquée à l'époque.

Mon choix s'est finalement porté sur L'Annulaire, en partie parce que j'en avais un souvenir plus confus, mais aussi, avouons-le, parce que c'est un texte court et que je ne suis pas en avance dans mes chroniques japonaises de ce mois d'avril !

La narratrice, jeune femme d'environ 20 ans, trouve un travail chez M. Deshimaru, dans une impressionnante bâtisse où l'on fait des "spécimens". Les clients trouvent l'endroit sans publicité, lorsqu'ils ont vraiment besoin de faire un enfermer un objet associé à un souvenir particulier. Les spécimens une fois préparés sont stockés sur place et les propriétaires peuvent venir les voir, mais cela n'arrive pratiquement jamais. Tout peut être conservé : objets les plus insolites mais aussi musique ou encore un jour, une cicatrice. Le procédé reste mystérieux car M. Deshimaru n'ouvre pas la porte de son laboratoire à la narratrice, qui ne saura donc pas ce qu'il est advenu de la jeune fille ayant fait cette demande si particulière.

La jeune employée a elle même perdu une partie d'un doigt lors d'un précédent travail à l'usine et cette particularité semble fasciner son employeur, plus âgé, avec qui elle ne tarde pas à avoir une liaison. Entre eux, le rapport des forces est peu équilibré et l'ambiance est paradoxalement calme, apaisée mais aussi parfois malsaine, en raison de l'étrangeté des lieux et du personnage de M. Deshimaru.

Je crois que j'apprécie particulièrement cette facette d'Ogawa car j'avais également beaucoup aimé Le Musée du Silence, un peu dans la même veine. Un texte court qu'on peut volontiers recommander pour découvrir une partie de l'univers d'Ogawa ; rien qu'une partie cependant, car elle s'attache à des thèmes variés et ses textes ne sont pas tous aussi étranges.

Si vous voulez découvrir d'autres sources d'inspiration de cet auteur, voici quelques pistes avec mes précédents articles sur certains de ses romans ou nouvelles : 

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95 p

Yoko Ogawa, L'Annulaire, 1994

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15/04/2017

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda

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Mon Panda, c'est le doudou perdu d'un enfant qui s'interroge tout au long de cet album sur ce qui a bien pu arriver à sa peluche. Il personnifie son doudou et émet des hypothèses sur ce qu'il a bien pu faire. Du quotidien au poétique en passant par l'humour, l'imagination du jeune narrateur nous fait entrevoir l'attachement qu'il a pour son petit panda.

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C'est un très joli album, original, empreint de douceur et de nostalgie. Les illustrations sobres en noir et blanc piquées de légères touches de couleur sont superbes. Il me semble qu'il a peut-être plus de chances de plaire aux parents qu'aux enfants. Il ne fait pas partie des favoris lors du choix de la lecture du soir en ce moment - mais le deviendra peut-être. Il est d'ores et déjà bien apprécié.

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Si la chute est un peu triste (l'enfant dit clairement que son panda est vieux et usé mais espère le retrouver), l'histoire est intelligemment menée et pourra peut-être rassurer les petits ayant perdu leur doudou favori. Il est préférable de l'imaginer vivant de fabuleuses aventures que perdu sous un banc ou donné à un autre enfant.

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De la tendresse, de la finesse et un graphisme inspiré de l'art traditionnel japonais. Une bien jolie rencontre !

Le site des éditions Belize

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25 p

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda, 2008

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11/04/2017

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

higashino-la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-623808-264-432.jpgVoilà ma première expérience de polar japonais, avec ce roman encensé par la critique et récompensé par le Prix du Polar international de Cognac en 2010.

Sayaka sollicite son ex-petit ami (narrateur de cette histoire) afin de l'aider dans une quête personnelle. La jeune femme ne conserve aucun souvenir de ses années précédant l'entrée au primaire. Suite au décès de son père, elle a retrouvé une clef et un plan. Se souvenant que son père disparaissait parfois pendant plusieurs jours d'affilée autrefois, elle décide de retrouver la maison et espère que cela lui permettra de recouvrer la mémoire par la même occasion. 

Près d'un lac, ils découvrent ainsi une construction de style occidental, cachée entre les arbres. Le temps semble s'y être arrêté. Tous les réveils, horloges et montres indiquent la même heure. La poussière s'est déposée en couches épaisses. Une chambre d'écolier semble figée depuis des années. Le journal du petit garçon qui l'occupait s'est arrêté brutalement. La porte d'entrée est condamnée, il faut ainsi passer par une cave obscure pour accéder à la maison.

Qu'est-il arrivé aux occupants, qui semblent avoir disparu brutalement ? Quel lien avec Sayaka ou son père ?

Un roman policier qui sort des sentiers battus. On se prend même à frissonner à moment donné lorsque le soir tombe - a-t-on vraiment envie de passer la nuit là avec les protagonistes ? Difficile d'en dire davantage sans dévoiler l'intrigue mais voilà avant tout un roman à l'ambiance glaçante très réussie.

Lu dans le cadre de la LC : Un roman policier / thriller.

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256 p

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois, 2010 (pour la publication française)

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07/04/2017

Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories'

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Pour cette première séance ciné du vendredi consacrée aux séries japonaises, j'ai décidé de mettre à l'honneur Midnight Diner : Tokyo Stories, série diffusée par Netflix.

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Le pitch : dans une ruelle de Tokyo, lorsque le quartier s'endort et que les travailleurs ont terminé leur journée et rentrent chez eux, un patron ouvre sa gargote à partir de minuit, jusqu'au petit matin. Il propose peu de plats mais cuisine tout ce que ses clients lui demandent, à partir du moment où il a les ingrédients requis.

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Entrent des clients, des habitués ou de nouvelles têtes. A chaque nouvel épisode, un plat et un groupe de clients sont mis à l'honneur. On suivra les clients du jour en dehors du restaurant, le temps d'arriver à la chute, qui tient souvent du happy end. Le restaurant est en effet un vrai lieu de vie où échangent les clients et le patron, qu'ils se connaissent bien ou non. 

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Jusque-là, la série paraît plutôt classique. Mais si je vous dis qu'on y croise d'anciens acteurs de série à la Bioman, un fantôme encombrant, une célibataire tricotant pour séduire des hommes qu'elle connaît à peine, un savant fou attachant et bien d'autres personnages hauts en couleur, vous vous douterez bien qu'on ne s'ennuie pas une seconde en mettant les pieds dans ce petit restaurant.

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Une série atypique et un peu barge qui permet une immersion totale dans la culture japonaise, entre la vie nocturne à Tokyo, la cuisine mise à l'honneur ou encore les références à la culture populaire (et j'ai dû passer complètement à côté de nombreux détails). C'est aussi une série feel-good avec une jolie philosophie de la vie.

Le patron observe avec intérêt ou amusement ses clients, échange avec eux mais occupe toujours une place plus en retrait, jusqu'au dernier épisode où enfin une scène nous laisse deviner ce que peut être sa vie personnelle. Un personnage discret et attachant.

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La cuisine mise à l'honneur est une cuisine traditionnelle, simple, sans prétention, mais aussi goûteuse et généreuse. Beaucoup de plats ne manqueront pas de titiller vos papilles !

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Quant à moi, j'ai maintenant une folle envie de me promener de nuit dans cette si jolie ruelle et de pousser la porte de ce 'diner'.

Le billet élogieux d'Umamiam dont j'ai découvert avec plaisir le blog très intéressant, tourné vers le Japon. L'article en anglais de Jonathan Pelz.

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Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories', 2009

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05/04/2017

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga)

manga_black butler.jpgCeux qui suivent un peu les chroniques de votre fidèle et dévouée se souviendront peut-être de mes avis très mitigés à la découverte de la série Black Butler. Pourtant, de par son cadre d'inspiration victorienne, elle avait tout pour me plaire et me réconcilier avec les mangas, que je lis très peu. Malheureusement, les énormes aberrations historiques avaient eu raison de moi. De même, je n'avais pas du tout adhéré à l'humour, assez caricatural à mon avis. Pourtant, cette série de manque pas d'admirateurs.

Il aura fallu attendre le troisième tome pour que le déclic opère. Si je ne m'étais pas procuré les trois tomes d'emblée, je n'aurais sans doute pas renouvelé l'expérience, mais je suis désormais tentée de poursuivre l'aventure.

Black Butler, c'est l'histoire de ce majordome lié par un pacte diabolique à son maître Ciel, héritier de la maison Phantomhive. Ciel fait partie des chiens de garde de la reine, il doit ainsi veiller aux intérêts du royaume. Son majordome l'assiste dans cette tâche, résistant à l'épreuve des armes - qui ne font qu'abîmer ses vêtements impeccables. Dans le tome 3, Ciel a résolu l'affaire Jack l'Eventreur.

[Spoilers] Il découvre que sa tante est à l'origine des meurtres, assistée de Grell, un ange de la mort.

Sebastian et Grell vont se livrer un combat graphiquement très esthétique (bien que sanglant) tandis que la tante revient sur ses souvenirs. Cette intervention apporte une autre dimension au récit, lui donnant enfin la profondeur qui lui manquait. Peu de scènes à l'humour raté selon moi (malgré une qui m'a fait chercher mes sels en urgence), c'est un titre plus sombre que voilà.

Si je ne fais pas partie des inconditionnels de la série, me voilà prête à tenter le tome 4 !

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga), 2010

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03/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T1, Tsubaki

shimazaki_tsubaki.jpgCela fait des années que j'avais envie de lire Le Poids des Secrets d'Aki Shimazaki - depuis 2007 si j'en crois ma wish list en ligne ! L'an dernier, les billets de Romanza ont agi comme une petite piqûre de rappel. Je viens donc de lire Tsubaki, premier récit de cette pentalogie.

A sa mort, Yukiko laisse à sa fille deux lettres : l'une destinée à un frère dont on ignorait l'existence, l'autre racontant son adolescence pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Dans ce court roman, Yukiko révèle un secret familial pesant, qui l'a tout autant marquée que l'explosion de la bombe atomique dont elle a été témoin.

Tout en finesse, Tsubaki (Camélia) nous livre les souvenirs d'une femme toute jeune pendant la guerre, travaillant à l'usine pour aider son pays, croisant des prisonniers américains sur son chemin. Une jeune femme également éprise de son voisin, qui a soif de vivre dans un contexte oppressant - car on pressent la défaite du Japon et quant au lecteur, il sait déjà qu'une bombe atomique ravagera la ville quelque temps plus tard.

Ce court récit est un petit bijou, insérant la petite histoire dans la Grande Histoire avec brio. Le contexte historique est au centre du récit ; difficile de rester indifférent aux interrogations du petit-fils de la principale protagoniste : Les victimes étaient pour la plupart des civils innocents. Plus de deux cent mille personnes ont été tuées en quelques semaines ! Quelle est la différence avec l'Holocauste des nazis ? (p11). Malgré tout, l'histoire personnelle de Yukiko est suffisamment intéressante pour toucher le lecteur au-delà de la catastrophe qui s'annonce.

J'ai retrouvé la pudeur et la subtilité des plumes japonaises que je connais. Beaucoup de retenue, une histoire racontée sans détour, sans grands effets ni détournements de notre attention vers d'éventuels détails ou histoires périphériques. La narratrice ne cherche pas non plus à susciter chez nous une émotion particulière : son récit est simple, factuel, sans étalage de sentiments, et pourtant touchant et très humain.

Une belle lecture.

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Le billet de Pasión de la lectura sur les cinq tomes et le billet de Romanza (dont j'aime beaucoup la mise en scène du livre).

Lu dans le cadre de la lecture commune : "Les plumes féminines japonaises à l'honneur".

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115 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T1, Tsubaki, 1999

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