Lynn Fulton & Felicita Sala, She Made a Monster

Après avoir lu Mary and Frankenstein, j’ai craqué pour cet autre album sur la création du roman Frankenstein par Mary Shelley. Album repéré grâce à @clottedcreamlover !

Si le sujet est le même, le traité diffère un peu entre les albums. Forcément, les ayant lus à quelques jours d’intervalle, je n’ai pas pu m’empêcher de les comparer.

Dans She made a monster, le point de départ est ce fameux séjour des Shelley avec Lord Byron et Polidori. On nous présente Mary dans sa chambre en train de se brosser les cheveux et de réfléchir à des histoires, car elle veut écrire. Mary vient d’une famille d’écrivains, mais pour l’instant, elle veut écrire une histoire de fantômes, car c’est le défi lancé par Lord Byron à ses amis une semaine plus tôt.

Mais Mary manque d’inspiration et continue à réfléchir. En écoutant ses amis, elle entend parler d’une grenouille morte qui aurait bougé grâce à l’électricité et se souvient avoir entendu la même histoire à ce sujet quand elle était petite : un corps humain aurait également réagi de la même façon. En parallèle, on apprend que Mary a été très influencée par sa mère morte, dont elle a lu les écrits sur la démocratie et les droits des femmes. Le lien est fait avec l’ambition de Mary d’écrire elle aussi un texte significatif, aussi important que s’il avait été écrit par un homme (n’oublions pas la place des femmes dans la société à l’époque).

Réfléchissant à l’expérience scientifique macabre avec l’électricité, elle s’interroge sur ce qui se passerait si la matière morte reprenait vie, et si un tel exploit était une bonne chose.  « (Men) only asked if something could be done – never if it should ». A partir de là, Mary se projette et se demande ce que cela ferait d’être cette créature. Elle peine à s’endormir, imaginant ce monstre et se demandant ce qu’il veut d’elle. Elle finit par faire un terrible cauchemar dont elle ressort effrayée, mais aussi heureuse, car elle a trouvé son histoire.

Je n’ai pas eu un coup de cœur aussi immédiat pour cet album, mais je le trouve très intéressant pour d’autres raisons. Les dessins sombres et tourmentés sont cohérents avec l’atmosphère gothique entourant la naissance de la créature – même si, hormis la couverture, je les trouve plus classiques que ceux de Mary and Frankenstein. Ce dernier album est selon moi un petit bijou d’esthétisme.

Sur le fond, si on retrouve globalement les mêmes éléments biographiques, la réflexion menée autour du personnage principal de Frankenstein fait la particularité et l’intérêt de She Made a Monster. Pour qui n’a pas lu le roman, Frankenstein est la créature elle-même – et non celui qui l’a créée. On imagine un monstre fait de bouts de cadavres et sanguinaire par nature. Or, ce qui bouleverse avec ce roman, c’est l’extrême solitude de la créature abandonnée par son maître et rejetée en raison de son aspect terrifiant. C’est ce contexte qui rend la créature dangereuse. She Made a Monster pointe du doigt ces aspects et invite aussi le jeune lecteur à s’interroger sur le destin du monstre de Mary Shelley.

Un album à découvrir assurément.

40 p

Lynn Fulton & Felicita Sala, She Made a Monster, 2018

13 thoughts on “Lynn Fulton & Felicita Sala, She Made a Monster

          1. j’espere que cela sera bien filme…car il y a beaucoup de techniques et de deplacements sur la scene…;)

    1. J’avoue avoir préféré celle du précédent album lu, mais je les aime beaucoup aussi. Romantisme et gothique mélangés !

    1. Contente de voir qu’il te tente ! J’ai prévu deux lectures sur le même sujet pendant l’été je pense. Je garderai peut-être ces chroniques pour le challenge Halloween en octobre, histoire de rester avec Mary Shelley plus longtemps !

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