William Ritter, Jackaby

Hiver 1892. Abigail Rook, 17 ans, a fui l’Angleterre pour vivre enfin de grandes aventures. Fille d’un expert en anthropologie et paléontologie souvent parti orchestrer des fouilles sans aucun doute captivantes, Abigail n’est pas faite pour rester chez elle à faire de la couture et à respirer ses sels en attendant de trouver un bon parti. Elle s’est donc enfuie avec la somme laissée de côté pour ses études, attirée par une petite annonce pour un travail sur un chantier de fouilles dans les Carpates. L’expérience s’est avérée très décevante, mais Abigail a fini par mettre le cap sur l’Amérique au lieu de rentrer chez elle implorer le pardon de ses parents.

La voilà donc qui débarque à New Fiddleham en Nouvelle-Angleterre, avec une petite valise pour seule bagage, et pas un seul dollar en poche. A son arrivée, elle fait la connaissance d’un personnage étrange qui, après l’avoir détaillée avec insistance, lui décrit sans erreur le parcours qu’elle a fait, à travers plusieurs pays puis sur l’océan. Un individu que la jeune fille va retrouver dès le lendemain : après plusieurs tentatives infructueuses pour trouver du travail, elle répond à une curieuse annonce et découvre que le mystérieux inconnu en est l’auteur. Il s’agit de Jackaby, enquêteur de l’étrange. Si le caractère pragmatique d’Abigail l’empêche d’ajouter foi aux sornettes que lui débite son nouvel employeur (à savoir que des créatures invisibles vivraient accrochées à elle), la jeune femme ne va pas tarder à réaliser qu’il se passe en effet des choses bien étranges à New Fiddleham. Un meurtre atroce est commis, mais il ne reste pas de sang sur place. Un témoin potentiel est le seul à entendre d’atroces pleurs, ceux d’une banshee d’après Jackaby. Une vieille femme dit se cacher du monstre grâce à un châle qui la rend invisible (et accessoirement, craindre un petit troll particulièrement hargneux qui vit sous un pont). Et chez Jackaby, un fantôme accueille fraîchement Abigail, qui découvre également une belle mare, inexplicablement nichée au deuxième étage de la maison.

Un roman très réussi, avec un héros qui sort des sentiers battus – même si son côté loufoque et ses réactions inattendues me rappellent le Sherlock incarné par Benedict Cumberbatch. On se plonge sans réserve dans ces rues glacées de Nouvelle-Angleterre. On essaie de suivre Jackaby dans ses raisonnements et ses courses à travers toute la ville. On fait des hypothèses quant à l’assassin, et si je ne suis pas tombée loin, je n’avais pas imaginé tous les rebondissements finaux, ni même la nature du criminel. Avec des personnages excentriques ou à fort tempérament, on ne risque pas de s’ennuyer. Le tout est servi par une écriture très agréable – bien que j’aie lu ce roman en français. J’ai désormais hâte de retrouver ce duo étonnant pour sa prochaine enquête.

343 p

William Ritter, Jackaby, 2014

6 thoughts on “William Ritter, Jackaby

  1. Une lecture qui semble bien sympathique et qui me tenterait bien au vu de ton billet. J’aime bien le côté un peu loufoque sui semble y avoir.

    1. Oui c’est certainement loufoque ! A commencer par la relation que Jackaby entretient avec ses étranges colocataires, ou ses tentatives culinaires dans le laboratoire !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *