04/02/2012

Holmes ? Such nonsense !

Sherlock Holmes 2 Film.jpgJe voulais parler ici de meurtres entre soeurs anglaises, lire enfin le roman de Tash Aw, passer des heures à me prélasser sur mon canapé, mon pc sur les genoux et une delicious cup of tea à portée de main, mais le manque de temps me fait privilégier les sorties cinéma de week-end et parler de films hautement intellectuels.

Sherlock Holmes 2 Film5.jpgPour lutter contre le froid, j'ai opté cet après-midi pour une petite escapade en compagnie de Guy Ritchie et de son nouveau Sherlock Holmes, A Game of Shadows. La semaine dernière j'avais déjà passé un moment assez improbable en compagnie de William Shakespeare, mais je vous raconterai ça d'ici quelques jours. Cette fois-ci, comme le titre le journal Marianne (article croisé sur le Net), j'ai vu Sherlock Holmes version grosse baston ou, ajouterais-je, version tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi). J'avais été très bon public lors de la sortie du premier Sherlock, ne connaissant de Ritchie que son video clip publicitaire avec Madonna. J'espérais une suite un peu originale mais j'ai l'impression d'avoir vu une version infiniment plus caricaturale, définitivement moins subtile et positivement grotesque du premier opus (pour ceux qui ont déjà frémi la première fois, je conçois le caractère quelque peu inquiétant de mes propos). Pour résumer, c'est la même chose, sans beaucoup d'inventivité, le tout assaisonné d'un humour bien lourd.

Sherlock Holmes 2 Film2.jpgOn retrouve les ressorts de tout bon “navet d'action”. Sherlock sauve son ami, évite une guerre mondiale, saute dans des chutes d'eau mais ne meurt pas, suivant un scénario servi par la grâce exquise du réalisateur. Réalisateur qui ne peut s'empêcher de ressortir de son placard les ralentis avant vraie castagne. Mais si je me suis un peu ennuyée pendant ces passages (oui encore une fois je trouve ce type de scène follement soporifique), je n'ai pas été déçue du voyage...

Sherlock Holmes 2 Film6.jpgJ'ai ainsi découvert : que Sherlock avait un penchant pour les vêtements féminins et le maquillage (la question de la nature de sa relation avec Watson étant évoquée avec beaucoup de finesse) ; que lorsqu'il ne pouvait pas s'habiller en femme il adorait les déguisements ridicules (notamment longue barbiche et grosses barbes – Shakespeare et son faux nez à moustache est en comparaison la discrétion même dans Anonymous) ; qu'il buvait du formol (rien de plus naturel) et mettait des combinaisons de camouflage entre sous-vêtements victoriens et pyjama moulant. Quant à Stephen Fry, vous ne le verrez plus du même oeil après l'avoir découvert (tout nu) en Mycroft Holmes. On ne mentionnera pas la liste complète des aberrations et scènes peu crédibles, il faudrait pour ça copier presque intégralement le scénario ici. Les décors (Paris, Londres, Strasbourg...) et les acteurs sont exquis, mais ce film montre bien l'importance du réalisateur, sans qui les meilleurs ingrédients peuvent se transformer en plat bien fade.

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(Voilà qui peut compter pour la prochaine séance des Victorian frogs, au cas où j'aurais besoin d'un plan B)

Sur ce blog : le premier Sherlock Holmes de Ritchie. Une autre version hallucinée de Holmes dans L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Et de Doyle : Le Pacte des Quatre.

Vu dans le cadre du challenge Back to the Past organisé avec Maggie.

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Sherlock Holmes A game of Shadows, un film de Guy Ritchie (2011)

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28/01/2012

Recherche stage à la Hogarth Press

kennedy peur virginia woolf1.jpegJ'avais envie de poursuivre mon séjour dans le quartier bien agréable de Bloomsbury, et j'ai choisi comme compagnon de route Richard Kennedy, né dans une bibliothèque à Cambridge en 1911 (on ne se refait pas). Outre cette anecdote sympathique, Richard Kennedy possède encore un atout de taille : il a fait son apprentissage à la Hogarth Press et nous livre dans J'avais peur de Virginia Woolf son expérience au sein du groupe Bloomsbury.

L'intérêt de ce témoignage est d'apporter une note de fraîcheur dans les nombreuses biographies concernant le couple et plus particulièrement, Mrs Woolf. Jeune apprenti, Richard n'est qu'un petit maillon de la chaîne parmi les célébrités qui côtoient le groupe, un garçon devant lequel les Woolf n'ont pas besoin d'incarner un personnage ou de se mettre en quatre pour le séduire par des remarques spirituelles. C'est donc une vision de Leonard et Virginia Woolf au quotidien que nous livre Richard Kennedy, qui par ailleurs partage avec nous de nombreux petits détails apparemment sans importance qui de suite permettent de se faire une bien meilleure idée de ce qu'est cette maison d'édition, vue de l'intérieur. Les détails croustillants ne manquent pas, telle la radinerie de Leonard Woolf qui exige qu'on utilise les vieilles feuilles de papier aux toilettes pour éviter toute dépense superflue, ou son caractère autoritaire, qui le pousse à exiger de ses employés qu'ils ne déjeunent pas ensemble à midi.

kennedy peur virginia woolf4.jpegDes Woolf, Richard écrit : “ Lui, c'est le magicien qui nous maintient tous en activité par la force de sa volonté – comme celui des contes d'Hoffmann – et Mrs W est une ravissante poupée magique, fort précieuse, mais par moments tout à fait incontrôlable. Peut-être qu'elle n'a pas d'âme, comme la poupée. Mais quand elle en a envie, elle peut créer un monde imaginaire et nous sommes tous subjugués, ou bien réprobateurs.” (p57) D'ailleurs, Richard dit n'avoir lu qu'Orlando, Mrs Dalloway et The Common Reader, ayant eu tellement de mal à lire les autres récits de Virginia qu'il les a simplement feuilletés.

Et lorsqu'il est invité chez le couple : “LW et moi sommes allés nous promener dans le jardin, pendant que Mrs W préparait le dîner. Il m'a donné un livre sur la comptabilité (...). Il me dit que la comptabilité est une très belle chose et que le gaspillage est affreux. Il était tout fier de me montrer son tas de compost.” (p62)

kennedy peur virginia woolf2.jpegCe texte court ne se réduit cependant pas à une biographie du couple “par le petit bout de la lorgnette”. Certes Kennedy nous livre ses impressions sur une période très courte, mais curieusement, ce narrateur complice ne s'efface pas au profit de ses illustres employeurs. Très jeune lorsqu'il entre chez les Woolf, il y vit sa première expérience professionnelle et c'est aussi le parcours d'un garçon un peu fougueux, voulant réussir et devant beaucoup apprendre que nous avons devant nous. On sent aussi derrière l'anecdote un brin d'impertinence (ainsi il ne cache pas son aversion pour Clive Bell, qui “pérore” devant une assemblée) et, en dépit de son admiration pour les Woolf, c'est avec une honnête fraîcheur qu'il remarque leurs petits travers et s'interroge, notamment sur le plan littéraire. Dans un club intellectuel très fermé il s'avoue son manque d'enthousiasme pour certains écrits de Virginia Woolf, se construit en lisant tous ces classiques qu'il ne connaît pas encore et raconte ses divergences de points de vue avec Leonard Woolf lorsqu'il s'agit de publier ou non Ivy Compton-Burnett. Et tout au long du récit apparaìt pour le guider son oncle, figure paternelle bienveillante.

virginia woolf,hogarth press,j'avais peur de virginia woolf,richard kennedy,littérature anglaise,angleterre,bloomsbury,londres,londres xxe,angleterre xxeUn dernier petit clin d'oeil pour la route, qui amusera sans doute ceux qui comme mois aiment se promener dans Bloomsbury en espérant croiser le fantôme de Virginia : “ On étouffe au sous-sol et, à en juger par l'odeur nauséabonde qui règne dans le fond, j'imagine que tous les égouts du Russell Hotel passent juste en dessous.” (p99) (J'adore passer devant cet hôtel à chaque fois que je me rends à Londres)

A tous ceux qui s'intéressent à Virginia Woolf je recommande vivement ce texte réédité en France par l'excellente maison d'édition Anatolia, qui a reproduit les dessins de Richard Kennedy voués à illustrer son passage à la Hogarth Press.

D'autres billets à ce sujet : Pandemonium littéraire, Keisha, DovegreyReader Scribbles

Lu dans le cadre du challenge Virginia Woolf que j'ai finalement décidé de poursuivre car je suis dans une phase woolfienne ascendante. Vous pouvez bien sûr toujours vous joindre à moi si votre coeur bat aussi pour Bloomsbury...

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111 p

Richard Kennedy, J'avais peur de Virginia Woolf, 1972

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18/01/2012

Exposition universelle et steampunk

steamboy2.jpgVoilà un film d'animation que je voulais voir depuis un moment et malheureusement, une déconvenue. M'intéressant beaucoup à l'époque victorenne (vraiment ? vous ne l'auriez jamais deviné !), je suis attirée depuis un certain temps déjà par les romans fantastiques inspirés de l'époque et parmi eux, les romans steampunk. Il y a quelques mois, j'ai découvert par hasard l'existence de Steamboy, film d'animation ayant pour cadre l'exposition universelle de Londres.

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Ray Steam est fils et petit-fils d'inventeurs brillants, dans un monde où les technologies à vapeur progressent sans cesse et les scientifiques se livrent une compétition rude. Lorsque le film commence, Ray vient de recevoir une boule à vapeur surpuissante que son grand-père lui demande de remettre au professeur Robert Stevenson. L'objet en question est en réalité convoité par plusieurs scientifiques et, du début à la fin, la question sera de savoir à qui confier cette boule et dans quel but. Car Ray déchante rapidement : lui qui est brillant et plein d'illusions se rend rapidement compte des motivations des hommes qu'il croise, à savoir l'ambition, la soif de pouvoir ou d'argent. Stevenson et le père de Ray (défiguré à la suite d'une expérience) se battent pour développer les meilleures technologies militaires et n'hésitent pas à profiter de l'exposition pour montrer les terribles machines qu'ils sont parvenus à développer.

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SteamBoy_1.jpgLe sujet pourrait être intéressant mais j'ai trouvé le scénario léger et le film d'une lenteur épouvantable. Les scènes d'action s'enchaînent à n'en plus finir et je dois avouer que je trouve ce genre de film d'un ennui mortel. Les personnages ont la psychologie d'un poisson rouge sous laudanum, entre les vilains méchants voulant asservir le monde mouah ahahah et les rares gentils intelligents et courageux qui se doivent de triompher à la fin. Le seul personnage féminin un peu développé est la petite Scarlet, petite-fille d'industriel odieuse à force d'être gâtée, très drôle et parfois étonnante dans ses réactions (voyant que les machines guerrières détruisent tout sur leur passage sans savoir que l'entreprise avait envisagé de faire une telle démonstration de force, elle ordonne simplement avec autorité à son habituel souffre douleur de ne pas perdre cette guerre... alors qu'on aurait pu imaginer qu'un tel événement la bouleverserait et la ferait évoluer). Mais à part la petite peste Scarlet et quelques beaux paysages londoniens, que de machines, de vapeur et d'explosions ! Quant à l'esthétisme je suis assez partagée, ayant trouvé les personnages assez basiques (on aurait dit les mangas que je regardais il y a près de 20 ans) et le tout un peu sombre.

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Bref, j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu ! Mr Lou lui, a un peu plus apprécié, ayant mieux résisté à la surdose de testostérone (mais il n'en attendait pas grand-chose, si ce n'est un nouveau “navet” victorien).

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Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo (2004)

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15/01/2012

L'East End londonien

whitechapel.jpgEncore une série qui traînait parmi mes DVD en retard et, quelle surprise ! Encore une série anglaise ! Et pas n'importe quelle série puisqu'il s'agit de Whitechapel, série ITV qui nous mène sur les traces de Jack the Ripper de nos jours, alors qu'un copycat sévit dans l'East End londonien.

Le sujet est assez classique, Jack the Ripper ayant beaucoup fait travailler l'imagination des romanciers et scénaristes anglais (ou autres) depuis 1888. Et pourtant, cette série est une vraie réussite !

east end, angleterre, londres, série anglaise, Rupert Penry-Jones, whitechapel, whitechapel saison 1, Le premier meurtre correspond également à la nomination de Joseph Chandler à la tête de l'équipe chargée de résoudre l'affaire. Blond, bien habillé, maniaque, propre sur soi, Chandler est vu comme le bureaucrate diplômé par excellence et c'est avec scepticisme et beaucoup de moqueries que l'accueillent ses subordonnés, à commencer par Ray Miles, l'officier de police le plus expérimenté. Celui-ci critique ouvertement Chandler devant ses co-équipiers et joue sans trop de difficulté les leaders alors que Chandler peine à affirmer son autorité face à ces hommes plus âgés ayant l'expérience du terrain. Le premier meurtre comporte des similitudes avec le premier meurtre reconnu de Jack the Ripper ; un expert de la question se présente au poste de police et décrit avec précision les blessures de la victime. Lorsqu'on l'interroge, il dit n'avoir fait que décrire ce qui était arrivé à la première victime en 1888 mais, alors qu'on sent que Chandler est intéressé, Miles met l'expert à la porte et prétend qu'à chaque meurtre à l'arme blanche dans l'East End la thèse de Jack the Ripper revient toujours. Mais le deuxième meurtre confirme l'hypothèse de l'historien et c'est donc contre l'avis de son subordonné que Chandler se renseigne sur le sujet. La série aura donc deux thématiques parallèles : la capacité de Chandler à se faire respecter ou non par son équipe ainsi que la résolution des meurtres, car il s'agit bien effet d'un copycat.

whitechapel1.jpgSi les relations entre les personnages sont très bien développées et constituent à elles seules un sujet passionnant, l'enquête est elle-même très intéressante. Chandler revient sur chacun des meurtres commis 100 ans plus tôt en cherchant les simitudes... mais les choses sont compliquées : pour commencer, seul Mitre Square existe toujours et il est donc difficile de savoir où le tueur frappera. Quant au copycat, il ne fait pas que reproduire les meurtres : il cherche à incarner le personnage le plus plausible dans chaque cas, selon les témoignages de l'époque, changeant d'habits ou de coiffure selon l'occasion et conduisant ainsi la police sur les mêmes fausses pistes que celles suivies plus de cent ans auparavant. Il se joue lui aussi de l'inspecteur en suivant la même logique, faisant de Miles son Aberline. Il cherche tant à être fidèle à la “légende” que, pour faire écho à la thèse de l'époque disant que l'image de l'éventreur aurait pu être fixée sur les prunelles de ses victimes, il laisse une trace de son ADN sur les yeux d'une des femmes qu'il a tuées.

Un thriller psychologique haletant, servi par un excellent casting (Rupert Penry-Jones de Persuasion, Phil Davis de Sherlock Holmes, A study in Pink ou Bleak House...) et filmé de manière irréprochable : une excellente série ITV !

La bonne nouvelle, c'est que je viens de découvrir qu'il y a d'autres saisons !

Vu dans le cadre du mois anglais organisé avec les très British Cryssilda et Titine et ici sur ce blog. C'est aujourd'hui le dernier jour du mois anglais mais j'ai prévu de poursuivre mes billets anglais jusqu'à la fin du mois de janvier...

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Whitechapel, Saison 1, une mini-série de S.J. Clarkson,  (2009)

05/01/2012

Une histoire de fantôme à l'anglaise

hill_WOMAN_IN_BLACK.jpgAyant récemment entendu parler d'un film britannique plus que tentant (how surprising!) et découvert qu'il s'agissait d'une adaptation d'un roman de Susan Hill, j'ai eu envie de lire celui-ci, The Woman in Black. Bien m'en a pris car je viens de découvrir un auteur contemporain comme je les aime, entre inspirations victoriennes et histoires de fantômes. Curieusement j'ai ouvert ce roman juste après avoir lu Rebecca de Daphné du Maurier et vu à ce moment que Susan Hill avait justement écrit une suite à Rebecca, intitulée Mrs de Winter. Le hasard fait bien les choses !

A l'heure où les premières automobiles font leur apparition, le jeune Londonien Arthur Kipps est envoyé par le cabinet de notaires pour lequel il travaille dans un village isolé du Nord, à l'orée des marais. Il doit s'y rendre pour l'enterrement d'une cliente, Mrs Alice Drablow, avant de chercher dans sa maison tout papier pouvant aider le cabinet à mettre en ordre ses affaires d'ordre financier ou juridique. Ambitieux et optimiste, Arthur ne prête pas attention aux réactions des habitants des environs lorsqu'ils apprennent le motif de sa venue ; il semblerait qu'Eel Marsh House ait fort mauvaise réputation dans les environs et soit l'objet de nombreuses superstitions. A l'enterrement de Mrs Drablow, dans le cimetière du village, Arthur voit une femme en noir au visage amaigri et ravagé par la maladie, vêtue de vêtements de deuil quelque peu insolites, courants soixante ans auparavant. Il reverra plus tard dans la journée cette femme auprès d'une tombe du cimetière abandonné attenant à la maison de Mrs Drablow, dans laquelle il décide de s'installer pour consulter les papiers de la vieille femme. Mais dès le premier jour, des événements troublants se succèdent : c'est ainsi le début de l'étrange expérience que souhaite relater Arthur Kipps de nombreuses années plus tard afin d'exorciser enfin le souvenir de ces pénibles moments.

C'est en tremblant que j'ai poussé la porte d'Eel Marsh House, isolée, battue par les vents et coupée du monde plusieurs fois par jour au gré des marées. Une expérience que je ne regrette pas et que je suis volontiers prête à renouveler en compagnie de Susan Hill. Ecrit par un personnage posé et prosaïque, ce récit se présente comme un témoignage crédible et réaliste et permet peu à peu de convaincre le lecteur, qui se laisse lui aussi gagner par l'angoisse du narrateur. Ce texte m'a évoqué des récits plus classiques (notamment du XIXe) et, bien que le lecteur devine un certain nombre de faits, Susan Hill maîtrise suffisamment son texte pour créer la surprise ou du moins le suspense ; et si le drame final était attendu, j'ai trouvé judicieux le fait de mettre un point final à l'histoire avec ce terrible dénouement au lieu de revenir au temps présent qui sert d'introduction au récit. L'intérêt du roman repose avant tout sur son ambiance, habilement mise en place ; un excellent potentiel pour l'adaptation cinématographique, que j'espère à la hauteur du roman, car avec un tel texte, difficile de ne pas imaginer un film particulièrement effrayant.

A noter que Susan Hill a notamment reçu les Prix Whitbread et Somerset Maugham au cours de sa carrière... c'est dire si son oeuvre est prometteuse ! En ce qui me concerne, je louche déjà sur certains titres...

L'avis de The Dark Scrybe : "Susan Hill has created one of the most elegant, subtle and unsettling ghost stories of all time"

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les mes acolytes Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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Susan Hill, The Woman in Black, 1983

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02/01/2012

Mystère victorien à Cloisterham

 dickens mystere drood.gifSi Le Mystère d'Edwin Drood ne compte pas parmi les romans de Dickens qui me tentaient le plus, j'ai souvent hésité à le lire afin de pouvoir enfin profiter des “drooderies”, variations diverses et variées sur le thème d'Edwin Drood, à commencer par le premier roman de Jean-Pierre Ohl (dont j'ai savouré avec un bonheur immense Les Maîtres de Glenmarkie à sa sortie), mais aussi L'Affaire D, repéré il y a quelques années et, plus récemment, Drood de Dan Simmons. J'espérais lire une ou plusieurs de ces suites au roman inachevé de Dickens pendant le mois anglais mais j'ai sans doute péché par excès d'optimisme à ce sujet. En revanche, j'ai enfin lu le fameux Mystère d'Edwin Drood qui a tant fait couler d'encre !

L'histoire débute à Cloisterham, petite ville tranquille en Angleterre : Edwin Drood, neveu bien-aimé de Jasper, vient rendre visite à son oncle et à la jolie Rosa Budd, orpheline. Tous deux sont fiancés depuis la naissance en raison des liens d'amitié qui unissaient leurs parents ; leur mariage s'approche et les deux jeunes promis ne cessent de se chamailler... cette union qui leur a toujours été présentée comme une évidence laisse peu de place aux sentiments et c'est le coeur plein de doutes que Rosa et Edwin semblent se résigner. A la même époque, le chanoine Crisparkle accueille chez lui le jeune Neville Landless (dont la soeur deviendra l'amie intime de Rosa au pensionnat). Ce jeune homme venu d'Inde, cet orphelin au tempérament violent s'éprend de Rosa et conçoit immédiatement des sentiments peu charitables envers Edwin, indigne de Rosa selon lui. Et il faut bien avouer qu'Edwin n'est guère attachant. Ce jeune citadin sûr de lui est assez agaçant et c'est avec un certain soulagement que j'ai appris sa disparition. Dès lors, la question est posée : Edwin Drood s'est-il absenté sans prévenir quiconque ? A-t-il été tué ? Et si oui, doit-on accuser le jeune Neville, comme semble le penser Jasper, oncle effondré ? Ou faut-il écouter l'instinct de Rosa qui, la première, commence à soupçonner Jasper, qui est amoureux d'elle et lui a toujours inspiré du dégoût ?

dickens_mystere drood2.jpgDickens étant décédé au milieu des livraisons prévues, nul ne saura jamais le fin mot de l'histoire ; pourtant les thèses ne manquent pas. Dans sa très intéressante biographie de Dickens, Jean-Pierre Ohl met notamment en avant une hypothèse intéressante : le coupable serait Jasper mais il serait atteint d'un dédoublement de la personnalité, d'où son comportement étrange, ses tirades inquiétantes et son addiction à l'opium. J'aime cette thèse faisant de Jasper un personnage plus inquiétant mais aussi plus humain, et ce plusieurs années avant la publication Dr Jekyll & Mr Hyde. Les arguments avancés par Ohl pour soutenir cette thèse me semblent intéressants ; il évoque notamment le fait que Dickens se soit vanté d'avoir trouvé une idée nouvelle (on écarterait alors par exemple le retour du héros, vivant finalement), son intérêt grandissant pour les personnages ambigus et doubles. J'ai repensé à divers passages qui m'avaient troublée à la lecture et avec cette thèse, les différents éléments du puzzle semblent se rassembler de manière plutôt satisfaisante. Ce serait en effet une issue originale, inédite à l'époque, alors que Dickens avait déjà largement usé des différents ressors du roman à sensation.

Je ne peux pas vraiment dire que cette lecture m'ait totalement enchantée en soi mais les questions qu'elle soulève et les pistes de lecture qu'elle m'apporte lui donnent un nouvel intérêt. Certains passages sont par ailleurs savoureux, de même que des personnages plus ou moins secondaires tels Durdles, tailleur de pierre qui passe des heures entières dans la crypte de la cathédrale, Mr Sapsea, imbécile se délectant de sa son génie ou encore Mr Grewgious, homme de loi au bon fond mais peu doué pour les relations humaines. On sent que Dickens s'est amusé à les créer et c'est pour le lecteur un vrai délice que de découvrir leurs petits travers décrits par la main du grand écrivain.

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Lecture commune autour de Dickens, partagée avec : CryssildaTitineKarineEliza, Perséphone.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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Charles Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood, 1870

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24/12/2011

Périr d'ennui à Noël

perry_noel plein d'espoir.gifSi vous ne trouvez rien de mieux à faire cette année à Noël, vous pourrez toujours chercher Charlie, l'âne disparu de Minnie Maude. Ce sera l'occasion de vous promener près de Whitechapel dans la capitale britannique au XIXe siècle ce qui, à défaut d'être une balade passionante, aura le mérite de vous dépayser.

Vous risquez toutefois de vous poser de multiples questions, comme les jeunes héroïnes de ce Noël plein d'Espoir d'Anne Perry qui, deux paragraphes sur trois, répètent inlassablement les mêmes interrogations : mais pourquoi Charlie a-t-il disparu après la mort d'oncle Alf ? Pourquoi oncle Alf, chiffonnier de son état, n'a pas fait sa tournée habituelle ? Et s'il n'a pas fait sa tournée habituelle, pourquoi Charlie aurait disparu ? Mais si Charlie a disparu, pourquoi oncle Alf est mort ? Et si oncle Alf est mort, est-ce que Charlie a disparu ? Mais si Charlie a disparu, est-il toujours vivant ? Et s'il n'est pas vivant, est-il mort ?

Tout comme les petites Minnie Maude et Gracie Phipps qui, en recherchant un âne, se mêlent d'un meurtre déguisé en accident, j'ai pataugé dans les rues de Londres, transie de froid et morte d'ennui, attendant le prochain vendeur de marrons pour me remonter le moral. C'est bien le Noël le plus sordide que j'ai passé en compagnie d'Anne Perry, dans un roman englué dans la boue des bas-fonds de la capitale, avec une enquête qui n'avance pas, des scènes répétitives, une solution sortie  de nulle part (le méchant aristo soupçonné depuis le début est bien le tueur, tandis qu'est confirmée la supposition faite au départ - une histoire de drogue tiré du chapeau comme un lapin de Pâques). Je me suis follement ennuyée et autant je m'étais régalée l'an dernier (billet de circonstance prévu pour le 27 décembre), autant je ne peux que vous recommander de passer votre chemin cette fois-ci, au risque de vous effondrer dans votre bouillon du soir à force de lassitude.

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Sur ce blog, d'Anne Perry également :

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici et avec mes amies Cryssilda (qui publie aussi aujourd'hui un billet sur Anne Perry) et Titine, et du challenge God save the livre d'Antoni.

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153 p

Anne Perry, Un Noël plein d'Espoir, 2011

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18/12/2011

Théâtres londoniens au XIXe

Esther Kahn.jpgIl y a deux ans j'ai découvert un auteur victorien que je ne connaissais pas grâce à Alice, Arthur Symons, à travers un recueil incluant le court texte Esther Kahn.

Il s'agit d'une jeune fille élevée dans une famille juive de couturiers modestes, dont les ambitions la portent vers un autre univers : le théâtre. Bâtissant un film long sur une nouvelle très courte, Desplechin dépeint l'ascension d'Esther Kahn. La première partie insiste beaucoup sur les origines sociales de la jeune fille, avec de nombreuses allusions aux relations tendues qu'elle entretient avec sa mère. Celle-ci lui dit ainsi au début indirectement qu'elle ne fait qu'imiter sa famille mais n'a rien d'humain, puis la traite de vicieuse et l'accuse de pervertir ses soeurs, avec lesquelles elle partage sa chambre. Adorant le théâtre, Esther parvient à convaincre ses parents de l'aider quelques mois le temps de réussir et d'être en mesure de les rembourser. Elle joue des rôles mineurs mais cherche à améliorer son jeu, notamment grâce à un acteur juif plus âgé qui lui donne des cours dans un théâtre vide pendant la journée. Malgré tout, tant qu'elle n'aura pas vécu et notamment, souffert pas amour, Esther ne sera pas en mesure de jouer correctement - c'est du moins ce qu'on lui dit. Elle finit par s'éprendre d'un critique, qui l'abandonne pour une jolie potiche. Brisée, Esther se trouve obligée de jouer alors que son amant vient la provoquer en compagnie de sa nouvelle conquête. Elle excellera ce soir-là en souffrant le martyre. Une étoile est définitivement née, mais à quel prix ?

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esther kahn2.jpgL'adaptation est assez déconcertante lorsqu'on connaît la nouvelle. A partir d'une trame qui lui sert de fil conducteur, Desplechin extrapole pour nous immerger dans la vie d'Esther Kahn et nous permettre de mieux comprendre ce personnage complexe et insaisissable. L'idée est louable, l'exécution plutôt réussie, malgré des bémols me concernant. J'ai surtout apprécié la reconstitution de l'époque, Londres et ses théâtres (un milieu que je ne connais pas - s'il vous intéresse je vous recommande vivement Que le spectacle commence ! d'Ann Feathertone), certains rôles secondaires (je pense notamment à Ian Holm, jouant l'acteur de troisième zone enrôlé pour servir de caricature aux personnages juifs, et qui donne des cours à Esther).

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En revanche la façon dont est traité le personnage d'Esther Kahn m'a moins convaincue. Autant la dernière partie est extrêmement bien menée, lorsque l'on voit Esther dans les coulisses et sur scène, souffrant tant qu'elle veut se blesser et partir avant d'enchaîner finalement les répliques sur scène, autant j'ai trouvé qu'Esther paraissait complètement idiote parfois, avec des réactions bizarres, des regards vides, des grimaces lorsqu'elle est petite et des attitudes étranges plus tard, tout cela donnant à penser qu'elle n'a pas toute sa tête. J'ai été un peu dérangée par cet aspect sur lequel le film insiste beaucoup : un aspect qui met mal à l'aise et qui pour moi n'apporte pas grand-chose au sujet, la façon dont se réalise l'actrice. Dernier point : l'amant d'Esther parle avec un accent français très marqué (le film a été tourné en anglais), ce qui lui ôte toute crédibilité et vient nous perturber. Un film à découvrir sans aucun doute, qui présente de nombreuses qualités mais qui m'a moins plu que la nouvelle dont il est tiré.

Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec les délicieuses Cryssilda et Titine, et du challenge Back to the Past, organisé ici aussi avec ma chère Maggie.

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Esther Kahn, un film d'Arnaud Desplechin, 2000logo mois anglais9.jpg

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20/11/2011

Steve, back again !

stevenson_intégrale nouvelles1.jpeg2011 aura été mon année Stevenson. Après trois tentatives infructueuses, j'ai découvert une autre dimension de l'auteur avec le célèbre Maître de Ballantrae (un chef d'oeuvre que je vous invite à lire sans plus attendre si vous appréciez les classiques anglo-saxons), avant de me régaler avec Le Club du Suicide. Cette série de trois nouvelles fait partie des Nouvelles Mille et Une Nuits de R.L. Stevenson ; elle introduit pour la première fois le prince Florizel de Bohème, que l'on retrouve dans le Diamant du Rajah, nouvelle série de textes courts. Ces récits devraient donc logiquement être lus d'une seule traite, d'autant plus qu'ils partagent plus qu'un personnage commun. L'esprit et le ton sont les mêmes et Stevenson y dresse avec beaucoup d'humour le portrait d'une société pervertie.

Au début de cette histoire ayant pour cadre Londres et Paris, le diamant du Rajah est en possession du général Vandeleur : cette pierre unique lui a été offerte par le Rajah après qu'il l'ait fidèlement servi, commettant de nombreuses atrocités afin de s'assurer à titre de remerciement la possession du diamant. Marié à une femme qui incarne tout sauf la douce Victorienne idiote, le Général sait qu'il ne doit cette alliance qu'à sa fortune. Quant à sa chère et tendre, elle s'apprête à revendre le diamant pour couvrir des dettes contractées pour sa toilette. Seul obstacle à cela : son secrétaire particulier, qui ne sent pas ses oreilles siffler lorsque le frère de sa patronne parle devant lui de chien-chien à sa mémère qui pourrait tout faire capoter. On finit par lui confier le diamant et d'autres bijoux dans un carton à chapeau, le chargeant de les remettre à un mystérieux interlocuteur. C'est alors que le général s'en mêle, tente de récupérer le carton et qu'à la suite de nombreuses péripéties le diamant du Rajah est perdu.

On pourrait parler de conte moral, dans la mesure où le diamant une fois retrouvé par le Prince Florizel est jeté par ses soins dans la Seine, afin que plus jamais la convoitise et la cupidité qui l'entourent ne causent de nouveaux malheurs. Pourtant, le narrateur est loin de dépeindre une société fidèle aux critères moraux victoriens : le général a été récompensé pour ses crimes; le secrétaire stupide mais fidèle est bien mal récompensé pour son dévouement; la femme du général est vénale et envisage d'occire son compagnon; un prêtre se détourne de ses études pour se lancer dans l'industrie du crime une fois le diamant en sa possession ; quant au prince Florizel, à force de se mêler des affaires d'autrui et de s'illustrer par son oisiveté, il finit par être renversé de son trône (il faut avouer qu'il semble bien ne jamais mettre les pieds en Bohème, préférant mourir d'ennui à Londres et traîner dans les cafés parisiens).

Un bijou d'ironie !

Le billet de Raison et Sentiments

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1878

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Challenge God save le livre : 19 livres lus

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27/10/2011

Being a spinster in Victorian England

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Après avoir quitté un manoir victorien poussiéreux et lutté contre les vampires de Salem armée d’eau bénite et de pieux, j’ai jeté mon dévolu sur un appartement londonien, histoire de changer (no comment) ! Alors que je profitais tranquillement de la quiétude de Hyde Park pour lire un délicieux Wilkie Collins, mon attention a été attirée par une scène étrange qui se déroulait à quelques pas de moi : une jeune femme (enfin plus trop jeune selon les critères victoriens) menaçait avec une ombrelle un petit garçon qui, visiblement, venait de la bousculer en courant après son cerceau. Par terre gisait une part de tarte aux noix de pécan : c’est là que j’ai compris l’ampleur du drame et l’origine des rugissements de la demoiselle !

Ayant prévu de rester un moment au parc, je n’étais pas venue les mains vides et après avoir proposé à Miss Alexia Tarabotti (car c’était elle) de partager quelques muffins, j’ai finalement passé l’après-midi au salon de thé en sa compagnie puis, de fil en aiguille, l’ai accompagnée dans une librairie : notre amour commun de Fortnum & Mason et de Jane Austen venait de faire de moi sa nouvelle confidente !

Alexia m’a ainsi raconté ses folles aventures et, à vrai dire, je n’ai jamais connu goûter plus animé ! Préternaturelle (« preternatural »), Alexia n’a pas d’âme, ce qui lui permet d’annuler au moindre contact physique les pouvoirs des créatures surnaturelles qui, elles, souffrent d’un excédent d’âme (on en apprend tous les jours !). Sous l’ère de la Reine Victoria, Alexia mène une vie mouvementée. Entourée d’une mère remariée et de deux demi-sœurs idiotes, Alexia souffre d’un grand nez, d’une peau halée et du statut méprisable de vieille fille de 26 ans.

Lorsqu’un vampire hargneux l’attaque et lui fait manquer un délicieux dessert, Miss Tarabotti l’achève malencontreusement à coups d’ombrelle et de pinces à cheveux. C’est là le début d’un récit loufoque dans lequel j’ai croisé un vampire gay extrêmement soucieux de son apparence, un majordome complice des frasques de miss Tarabotti, un Lord loup-garou grognon sous l’influence  de la pleine lune.

So what ? Soyons honnêtes, je n’ai pas rencontré Miss Tarabotti mais me suis contentée de lire Soulless de Gail Carrister. D’abord un peu effrayée par la touche de rose sur la couverture, j’ai fini par succomber à la curiosité. Et ce roman, je l’ai dévoré, pourtant…

Up !

Evidemment la période victorienne n’a pas été pour rien dans mon choix de lire ce roman. L’héroïne au début très décalée m’a conquise : vieille fille, déjà rangée au placard par sa famille, Miss Tarabotti s’illustre par un caractère trempé, un estomac solide, un goût prononcé pour les bibliothèques et une ombrelle qui lui sert d’arme lorsqu’elle est mal entourée. Beaucoup d’éléments m’ont d’abord donné envie de dévorer ce texte : une scène d’ouverture bourrée d’humour, une société dans laquelle vampires et loups garous vivent au grand jour et un début de romance mouvementée… de quoi aborder ce récit avec grand plaisir !

Down !

Lorsque Lord Maccon, loup-garou de son état, a embrassé Alexia au bout de 100 pages, j’ai déjà vu partir en  fumée leurs disputes jouissives et senti poindre la fleur bleue chez Miss Carriger. Et quand le baiser a duré 10 pages et a été rapidement suivi d’une deuxième scène du même genre, j’ai failli faire une syncope ! Le récit d’aventures reprend ensuite le dessus mais le roman se finit malheureusement par un mariage et une série de mini happy ends qui pour moi font plonger Soulless de page-turner au statut de gentil divertissement… surtout que je ne saurai jamais maintenant pourquoi l’emblème de la société secrète démasquée était un octopus (ce qui est source de grande frustration !). Et lorsque Miss Tarabotti rencontre la Reine Victoria, la conversation est des plus improbables ("you" et non "your majesty" ou "your royal highness") : la Reine finit par dire à la jeune femme "allez, tu sais bien que Lord Maccon est fou de toi depuis le début"... un passage qui m'a fait frémir d'indignation.

Malgré tout j'ai lu ce roman d'une traite. Je n'achèterai pas toute la série mais vais quand même tenter de lire le deuxième tome en espérant qu'il sera moins fleur bleue !

D'autres avis : Fashion, Karine:) et Pimpi qui m'ont fait découvrir et donné envie de lire ce roman (merci à vous, je ne regrette pas ce moment passé avec Lord Maccon & co), mais aussi Nourritures en tout genre, Adalana, Yueyin, Chimère, JainaXF, Sandy, Miss Babooshka

Challenge Halloween : ça se passe ici et chez Hilde

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384 p

Gail Carriger, Soulless, 2009

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