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21/03/2017

Linda McLean, Un Jour ou l'Autre

mclean_un jour ou l'autre.jpegIl y a deux ans (déjà deux ans ?), devant l'enthousiasme de Cryssilda, je me suis procuré un recueil de trois pièces de théâtre de Linda McLean, auteur dont je n'avais encore jamais entendu parler. Je viens d'entamer cet ouvrage en lisant le premier texte, Un Jour ou l'Autre.

Cette pièce se compose de deux parties.

Dans la première, nous faisons la rencontre de Bertha et Bill, couple vivant dans un logement social depuis que l'institut spécialisé qui les accueillait a fermé. Rapidement, les échanges du couple mettent en avant leur difficulté à faire face au quotidien. La venue de la nièce de Bill, Jackie, est source de plaisir mais de nombreuses interrogations. Que lui offrir ? Des Figolu, des toasts au fromage et à tomate. Mais il faut faire des courses, ce qui semble être une épreuve insurmontable. Un caillou est lancé contre la vitre et on pressent également la cruauté du voisinage. 

Dans la deuxième partie, la nièce Jackie discute avec son employeur et ami (voire plus). Son fils l'a appelée pour dire que c'était un jour "avec", ce qui n'a pas été le cas depuis des années. Elle décide de fêter cette journée à part comme il se doit, même si cela implique de remettre à plus tard la visite familiale tant attendue par Bill et Bertha.

Un plaisir de lecture mitigé, mais il me semble assez clair que ce texte se prête mal à la lecture et a besoin d'être porté au théâtre pour prendre une nouvelle dimension. Vous me direz que c'est une évidence - et cela me rappelle le petit-fils d'Oscar Wilde qui, dans l'exposition récente consacrée à l'auteur, déconseillait de lire ses pièces, car il faut les voir sur scène. Il n'en reste pas moins que The Importance of being earnest se lit et se savoure avec délectation quand Un Jour ou l'Autre demande au lecteur de s'accrocher un peu plus, avec ce texte qui cherche à exprimer fidèlement un parler quotidien, souvent haché, interrompu  - ce qui se complique encore lorsqu'il s'agit de personnes handicapées mentalement dont les raisonnements sont parfois un peu décousus. 

L'effort n'en est pas moins louable, et la pièce de Linda McLean ne manque pas d'intérêt. Entre les personnages très réalistes (même s'ils doivent être un peu ternes pour cela), la référence au contexte social de l'après Thatcher, un passage glaçant, ce texte ne laisse pas indifférent. A voir sur scène (et à relire ensuite) !

Une participation au Mois Kiltissime de Cryssilda, dont voici le billet nettement plus enthousiaste (après avoir vu la pièce et rencontré l'auteur).

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88 p

Linda McLean, Un Jour ou l'Autre, 2010

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24/01/2013

Dominic Cooper, Nuage de Cendre

cooper_nuage cendre.pngJe vais inaugurer une nouvelle catégorie aujourd'hui : « Ces livres dont j'aurais voulu vous parler » (on verra après pour le logo, le billet dans un premier temps). Mais qu'est-ce cette nouvelle manie bizarroïde ? Amis lecteurs, vous y trouverez tous les livres lus par votre gentille hôtesse il y a des mois, voire des années, aimés ou pas, en tout cas jamais chroniqués. J'espère ainsi attaquer la pile de chroniques en attente et enfin ranger les livres concernés qui y végètent depuis longtemps. Ce sera aussi l'occasion de parler de quelques romans adorés mais lus avant d'ouvrir ce blog (je pense notamment à quelques titres lus juste avant son ouverture, que je regrette maintenant de ne pas avoir chroniqués). Mais évidemment, je ne me souviens plus très bien d'un certain nombre de ces titres, ce qui promet des billets farfelus. 

Attaquons donc en beauté avec ma première lecture dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai eu la bonne idée de lire ce roman environ six mois avant les trois autres romans en lice pour le Prix, autant dire que j'ai oublié beaucoup d'aspects de ce texte dont j'avais à l'origine très envie de parler, coup de coeur oblige !

A l'inverse du roman de Louise Welsh, autre roman sélectionné par Cryssilda pour le Prix, Nuage de Cendre est assez loin de mes sujets de prédilection habituels. L'action se déroule en Islande, dans un milieu rural, or je ne suis pas particulièrement attirée par le grand nord et affectionne particulièrement les romans dans lesquels les villes occupent une place importante ; enfin, malgré la belle couleur de la couverture, ce nuage de cendre me rebutait plus qu'il ne me donnait envie d'ouvrir ce roman. Je suis bien d'accord, ce sont des préjugés sans intérêt, mais je dois avouer également que je n'ai jamais pu venir à bout de Vers l'Aube du même auteur et que c'était sans doute ce détail là qui m'inquiétait particulièrement. Heureusement le résumé de l'éditeur a rapidement éveillé ma curiosité.

Fin du XVIIIe. Des éruptions volcaniques provoquent des ravages et, dans un pays où la vie est déjà dure, les familles vivent dans la misère et sont frappées par la famine. Dans ce contexte, une affaire va faire scandale et nourrir la haine que se vouent deux représentants de l'autorité danoise. Une jolie orpheline, Sunnefa, est accusée d'entretenir des relations incestueuses avec son jeune frère Jon, dont elle est enceinte. Le récit se déroule sur plusieurs années, au cours desquelles le frère et la soeur vont être séparés (chacun sous la responsabilité de l'un des shérifs), en attente d'un jugement, risquant la peine de mort.

Le récit va dès lors croiser les points de vue. A partir d'un fait divers, Dominic Cooper essaie d'imaginer ce qui a pu motiver les protagonistes ainsi que la réaction des habitants. La rivalité entre les deux shérifs est évoquée au début de l'histoire et le déroulement de l'affaire sera l'occasion de comprendre ce qui, petit à petit, a pu nourrir la haine que se vouent les deux hommes et leurs familles.

J'ai pris un immense plaisir à lire ce roman qui, je peux déjà le dire, est celui pour lequel j'ai choisi de voter dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai tout aimé ! D'abord le sujet lui-même, dont Dominic Cooper parvient à retraduire le caractère tragique. J'ai suivi avec angoisse l'évolution de l'affaire à l'approche du jugement. La forme : un récit foisonnant, polyphonique, qui mêle les points de vue mais aussi les supports (lettres, témoignages...) et repose sur des personnages complexes, créant ainsi une véritable dynamique. La nature occupe également une place importante dans ce roman. La beauté glaciale des fjords est ici magnifiquement restituée et le cadre de nombreuses scènes est très bien rendu. L'écriture de Dominic Cooper m'a de même vraiment séduite. J'avais déjà été sensible à sa plume en lisant Vers l'Aube, mais le récit quasi inexistant avait eu raison de ma bonne volonté. Ici l'auteur nous livre un texte passionnant et très bien maîtrisé. Un très beau livre et même, un pur régal !

D'autres avis kiltissimes plus détaillés : Cryssilda, Titine, ...

Un grand merci aux éditions Métailié pour cette très belle découverte !

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236 p

Dominic Cooper, Nuage de Cendre, 1978

*****

Mon classement pour le prix Kiltissime :

1) Dominic Cooper, Nuage de Cendre

2) Peter May, L'Homme de Lewis

3) Louise Welsh, De Vieux Os

4) John Burnside, Scintillations

21/12/2012

Louise Welsh, De Vieux Os

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osVoilà enfin les vacances de Noël, mais avant de partir à la recherche de Santa Claus je m'acquitte de mes devoirs et termine enfin mes lectures dans le cadre du Prix Kiltissime, prix des blogueurs du meilleur roman écossais, organisé par la très gaélique Cryssilda.

 Je vous avais déjà parlé de Scintillations de John Burnside et de L'Homme de Lewis de Peter May. Poursuivons avec De Vieux os de Louise Welsh. Dans quelques jours je publierai mon billet sur Nuage de Cendre de Dominic Cooper et vous dirai enfin qui est mon heureux élu !

J'avais hâte de lire De Vieux os mais j'ai réservé cette lecture pour la fin, car je nourrissais de grands espoirs à son égard et anticipais un plaisir de lecture certain. Et pour cause : le héros, Murray Watson, docteur en lettres à l'Université de Glasgow (je vois déjà des yeux qui scintillent), vient de prendre une année sabbatique afin de se consacrer à des recherches sur un poète des années 70, Archie Lunan. Murray est fasciné par un recueil de Lunan depuis son adolescence et est bien décidé à écrire une biographie qui rendra enfin justice à ce jeune génie mort sur un rafiot en pleine tempête. Suicide ? Inconscience ? Le mystère plane autour de la disparition de cet énigmatique personnage, dont on ne connaît qu'un recueil et que la postérité a oublié.

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osMurray tâtonne d'abord : peu de documents intéressants dans les archives de la bibliothèque; Christie, qui vivait avec Lunan à l'époque de ses débauches puis de son décès, refuse d'être interviewée. Mais petit à petit, et grâce à de nombreux hasards tout de même, Murray parvient à retrouver des gens qui ont connu Lunan ou ses comparses. Plus l'enquête avance, plus la fascination presque malsaine que Murray éprouve pour Lunan grandit. Et, au-delà des recherches sur un jeune homme talentueux noyé dans l'alcool, menant une vie de hippie et s'intéressant aux sciences occultes, Murray s'interroge sur sa propre vie et sur le sens de sa démarche. Sur le plan littéraire, il finit par se demander s'il convient vraiment de connaître l'auteur pour comprendre l'oeuvre et plus son enquête avance, plus il songe à abandonner pour publier une analyse purement critique de Lunan. Sur le plan personnel, l'histoire sordide de Lunan et la solitude des personnes qu'il croise au cours de ses recherches mettent en évidence le vide de sa propre existence. Sa mère a disparu depuis bien longtemps, son père vient de mourir sénile, loin de sa maison et de ses deux fils ; Murray vient de se brouiller avec son frère Jack, sa maîtresse Rachel (la femme du chef du département) le quitte, il s'attend à perdre son emploi, une aventure d'une nuit refuse de donner suite, son appartement et son mode de vie chaotiques reflètent sa solitude... bref, ce récit sera aussi celui-ci de la vie de Murray : son travail aura-t-il un effet positif sur lui ?

C'est là un roman fort plaisant, une sorte de thriller littéraire dont le thème avait tout pour me plaire. J'ai évidemment apprécié les références à d'autres textes, toutes les réflexions sur la littérature, brûlé d'envie d'en savoir plus sur Lunan, espéré en secret un nouveau départ pour Murray. Malgré tout cette lecture a légèrement déçu mes attentes car, en raison du sujet, je m'attendais à un texte plus abouti, à une plume plus alerte. A titre de comparaison les descriptions des îles Hébrides faites par Peter May étaient plus spectaculaires – j'emploie ce mot délibérément car en lisant Peter May je voyais les éléments se déchaîner sur les côtes sauvages écossaises. Et paradoxalement, je n'ai pas été complètement emportée par le récit malgré toutes ses qualités (peut-être parce que tout s'imbrique finalement trop bien et que le hasard fait vraiment bien les choses ?).

Une phrase que je trouve peu élégante mais très drôle : Quelques moutons qui s'abritaient derrière s'effrayèrent à son approche et s'enfuirent avec une hâte irréfléchie, telles de grosses dames dévalent une colline sur des talons hauts. (p218)

Et sur Lunan : Je pensais qu'il était plus épris de l'idée d'être écrivain que du besoin de créer. (p94)

Quelques avis kiltissimes : Cryssilda, Melodie ; Choupynette s'est tellement ennuyée qu'elle n'a pas fait de billet, (membres du jury oubliés n'hésitez pas à me laisser vos liens)

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392 p

Louise Welsh, De Vieux Os, 2010

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07/12/2012

Peter May, L'Homme de Lewis

may_homme lewis_jpeg.jpgC'était LE roman de la sélection Kiltissime qui me faisait un peu peur car je lis très peu de polars depuis des années, hormis quelques romans dont l'action se situe au XIXe (ce qui là change ma perception des choses, bizarrement...).

Je ressors pourtant de L'Homme de Lewis de Peter May vraiment ravie de cette découverte (car il est certain que je n'aurais pas lu ce roman si je n'avais pas participé au prix).

Alors que le coût de l'énergie augmente, de nombreux habitants de l'île de Lewis retrouvent les habitudes de leurs ancêtres et utilisent désormais la tourbe pour se chauffer. Le roman s'ouvre avec la découverte d'un corps momifié dans la tourbe. Rapidement, un lien est établi entre le défunt et le vieux Tormod MacDonald, le père de l'ancienne petite amie de Fin Macleod, ex-détective de retour sur son île natale à la suite d'une tragédie familiale. Avant que n'arrive un inspecteur étranger aux îles, Fin commence à mener l'enquête afin de protéger les MacDonald et d'innocenter Tormod, suspect numéro 1. En parallèle de l'enquête, alors qu'il est atteint de sénilité, Tormod se souvient de son enfance et de son adolescence malheureuse : orphelin, il a été envoyé avec son frère Peter dans les îles Hébrides en tant que « homer », au service d'une famille locale.

peter may,écosse,roman écossais,l'homme de lewis,prix kiltissimeJe ne sais pas encore si je me laisserai tenter par les autres romans de Peter May et notamment, par le premier opus de cette trilogie, car j'ai surtout apprécié la dimension historique avec le destin de ces orphelins devenus des homers et bien plus que l'intrigue policière en elle-même, c'est le récit de la vie de Tormod qui m'a fait dévorer de nombreux passages. A l'inverse, je me suis moins intéressée aux personnages plus jeunes.

En ce qui concerne le Prix Kiltissime j'attends ma dernière lecture et la relecture d'extraits du roman de Dominic Cooper pour me prononcer. Nuage de Cendre avait été un vrai coup de coeur mais ma lecture date un peu ; L'Homme de Lewis me paraît un peu moins abouti mais je me suis régalée à la lecture de nombreux chapitres, dont la fin, et j'ai été sous le charme des descriptions. Peter May sait faire vivre les îles écossaises sous nos yeux, retraduire la force brute des éléments et la beauté sauvage d'un littoral battu par les vents... sur ce point, cette lecture a été un vrai régal !

(En cherchant une image pouvant illustrer les homers je suis tombée sur le joli dessin en bas)

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315 p

Peter May, L'Homme de Lewis, 2011

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20/11/2011

Steve, back again !

stevenson_intégrale nouvelles1.jpeg2011 aura été mon année Stevenson. Après trois tentatives infructueuses, j'ai découvert une autre dimension de l'auteur avec le célèbre Maître de Ballantrae (un chef d'oeuvre que je vous invite à lire sans plus attendre si vous appréciez les classiques anglo-saxons), avant de me régaler avec Le Club du Suicide. Cette série de trois nouvelles fait partie des Nouvelles Mille et Une Nuits de R.L. Stevenson ; elle introduit pour la première fois le prince Florizel de Bohème, que l'on retrouve dans le Diamant du Rajah, nouvelle série de textes courts. Ces récits devraient donc logiquement être lus d'une seule traite, d'autant plus qu'ils partagent plus qu'un personnage commun. L'esprit et le ton sont les mêmes et Stevenson y dresse avec beaucoup d'humour le portrait d'une société pervertie.

Au début de cette histoire ayant pour cadre Londres et Paris, le diamant du Rajah est en possession du général Vandeleur : cette pierre unique lui a été offerte par le Rajah après qu'il l'ait fidèlement servi, commettant de nombreuses atrocités afin de s'assurer à titre de remerciement la possession du diamant. Marié à une femme qui incarne tout sauf la douce Victorienne idiote, le Général sait qu'il ne doit cette alliance qu'à sa fortune. Quant à sa chère et tendre, elle s'apprête à revendre le diamant pour couvrir des dettes contractées pour sa toilette. Seul obstacle à cela : son secrétaire particulier, qui ne sent pas ses oreilles siffler lorsque le frère de sa patronne parle devant lui de chien-chien à sa mémère qui pourrait tout faire capoter. On finit par lui confier le diamant et d'autres bijoux dans un carton à chapeau, le chargeant de les remettre à un mystérieux interlocuteur. C'est alors que le général s'en mêle, tente de récupérer le carton et qu'à la suite de nombreuses péripéties le diamant du Rajah est perdu.

On pourrait parler de conte moral, dans la mesure où le diamant une fois retrouvé par le Prince Florizel est jeté par ses soins dans la Seine, afin que plus jamais la convoitise et la cupidité qui l'entourent ne causent de nouveaux malheurs. Pourtant, le narrateur est loin de dépeindre une société fidèle aux critères moraux victoriens : le général a été récompensé pour ses crimes; le secrétaire stupide mais fidèle est bien mal récompensé pour son dévouement; la femme du général est vénale et envisage d'occire son compagnon; un prêtre se détourne de ses études pour se lancer dans l'industrie du crime une fois le diamant en sa possession ; quant au prince Florizel, à force de se mêler des affaires d'autrui et de s'illustrer par son oisiveté, il finit par être renversé de son trône (il faut avouer qu'il semble bien ne jamais mettre les pieds en Bohème, préférant mourir d'ennui à Londres et traîner dans les cafés parisiens).

Un bijou d'ironie !

Le billet de Raison et Sentiments

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1878

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Challenge God save le livre : 19 livres lus

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08/08/2011

Le club du suicide

stevenson_intégrale nouvelles1.jpegIl semblerait que le déclic se soit enfin produit entre Stevenson et moi, après des débuts difficiles. Le mois dernier, j'ai ouvert en frémissant Le Maître de Ballantrae, craignant de passer à côté d'un chef-d'oeuvre : je me suis régalée. C'est donc avec curiosité et une certaine gourmandise que j'ai entamé la lecture de l'intégrale des nouvelles publiées chez Phébus Libretto. Commençons par Le Club du Suicide, autre découverte extrêmement agréable... pour une nouvelle à l'humour grinçant !

Afin de se divertir lorsque l'ennui devient trop écrasant, le prince Florizel et son fidèle Géraldine se déguisent et se fondent ainsi dans les couches sociales les plus diverses, à la recherche d'expériences nouvelles et de sensations fortes. Lors d'une petite soirée de ce type, après des heures d'ennui mortel, les deux amis sont intrigués par un jeune homme qui fait le tour des occupants d'un café en leur proposant des tartes à la crème, qu'il ingurgite en cas de refus. Décidant de passer avec lui la soirée, le prince et Géraldine apprennent que, suite à un problème d'ordre sentimental, le jeune homme a décidé de mettre fin à une vie d'absurdités par un acte encore plus absurde. De fil en aiguille, il leur fait part de son adhésion à un club pour le moins particulier : le club du Suicide. Ni une, ni deux, les deux acolytes décident d'y participer ! Le principe est simple : le responsable du club tirera les cartes devant tous les membres. Celui qui recevra l'as de pique mourra le soir-même, celui qui aura l'as de trèfle sera contraint d'aider son camarade à partir.
S'ensuivent deux autres nouvelles qui semblent a priori sans aucun lien... on découvrira qu'en réalité, le prince Florizel et Géraldine traquent le truand tenant le club du suicide.

Un sujet assez morbide où un club de gentlemen s'avère être un commerce glauque. Un récit féroce et drôle qui m'a emportée de la première à la dernière ligne. A recommander chaudement pour découvrir Stevenson !

L'avis de Soukee

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1882

Challenge-god save the livre.jpglogo kiltissime 09.jpgChallenge God save le livre : 12 livres lus

04/08/2011

Peter Pan dans les jardins de Kensington

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Souvenirs de promenades dans un jardin anglais...

Copyright My Lou Book (photos Juillet 2011)

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15/07/2011

Durrisdeer, Ecosse, XVIIIe

stevenson_maitre ballantrae.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec Stevenson, mais ça, c'était avant. Car la lecture du Maître de Ballantrae a été la révélation tant attendue : j'ai pris un immense plaisir à découvrir ce récit de Stevenson, que j'arrive enfin à classer parmi mes grands auteurs victoriens. Il était temps (car cette incompréhension mutuelle me taraudait depuis longtemps) !

Ecosse, XVIIIe, pendant la guerre civile. Au manoir de Durrisdeer, le Maître de Ballantrae, héritier du titre, et Henry, son frère cadet, jouent à pile ou face leur sort en ces temps incertains : le Maître partira combattre avec les rebelles tandis que Henry et son père afficheront leur fidélité au roi George. Ce tirage au sort se fait à la demande du Maître, joueur, opportuniste et aventurier, contre l'avis du père et du frère, persuadés que le tenant du titre devrait rester au manoir. Le Maître part, recrute une troupe de rebelles en soudoyant et menaçant de braves villageois et, au bout d'un certain temps, l'un d'eux revient dans la région et prétend être le seul survivant de l'expédition. Le Maître serait donc mort, mais en réalité, il revient à de nombreuses reprises au cours du récit.

Henry, le cadet, est donc amené à hériter du titre. Contrairement à son frère aîné qui n'est qu'un calculateur peu recommandable, Henry est un homme posé, droit et bon, très amoureux de sa cousine Alison, autrefois promise au Maître. Malgré toutes ses qualités, cet homme n'est reconnu à sa juste valeur que par l'intendant du domaine (narrateur principal) : son père lui est reconnaissant mais préfère le fils indigne, Alison se voit contrainte de l'épouser tout en mettant un point d'honneur à rappeler sa fidélité au disparu, les villageois conspuent Henry qu'ils accusent de la perte d'un homme qui, guère aimé de son vivant, est devenu un héros en mourant.

Tout d'abord qualifié de "tale" par Stevenson, puis de "tragédie", ce récit mélange les genres avec panache : roman d'aventures, où l'on découvre un bateau pirate, des indiens "scalpeurs", une traversée en mer sous la tempête, l'Inde, sans parler de la guerre civile, fond de toile ; mais aussi tragédie, où deux frères  se haïssent et se livrent un combat sans fin, qui ne pourra aboutir qu'à la mort de l'un d'eux, et où l'amour n'est jamais réciproque.

Les personnages sont peu nombreux dans ce récit qui repose principalement sur le duel opposant les deux frères : Ballantrae, dépossédé de son titre, de sa fortune et, accessoirement, de sa fiancée, nourrit une rancoeur sans fin à l'égard de son cadet ; celui-ci, d'abord plutôt enclin à céder au chantage auquel il est soumis, finit petit à petit par céder à la folie, la solitude l'ayant peu à peu détruit.

L'évolution des personnages est particulièrement fascinante : au début du récit, Henry est le frère incompris, certes un peu terne mais intègre, intelligent; puis il devient de plus en plus dur et intraitable, afin de faire de son frère une véritable obsession, qui causera sa perte ; à la fin, Henry devient un être pitoyable, qui n'a plus tout à fait sa tête et qui s'aliène ceux qui lui sont finalement attachés.

A l'inverse, le Maître est au début une sinistre individu, buveur, fourbe, profitant de son vieux père au coeur trop tendre ; c'est aussi un séducteur, beau parleur, capable de tromper facilement son entourage (à côté de lui le pauvre Henry paraît bien fade à leur père et à la nouvelle Mme Henry Durrie) ; malgré tout, petit à petit, on finit par prendre un peu en pitié le Maître, qui parvient à manipuler le lecteur sans doute ; en dépit de la façon dont il persécute Henry et sa famille, le Maître est finalement un homme qui a échoué toute sa vie, que tous détestent et méprisent et dont le dernier compagnon est son serviteur indien.

A noter le parallèle entre McKellar, serviteur dévoué de Henry et Secundra Dass, qui accompagne le Maître : tous deux sont les  seuls alliés indéfectibles des frères ennemis.

Voici deux passages donnant un apperçu intéressant du Maître (le premier étant l'un des seuls extraits plutôt amusants) :

"Il haïssait le baron d'une haine terrible ? demandai-je.

- Ses entrailles se nouaient quand l'homme approchait de lui, dit le Maître.

- J'ai ressenti cela, dis-je.

- En vérité ! s'écria le Maître. ça, c'est une nouvelle, alors ! Je me demande... je me flatte, peut-être ? ou suis-je la cause de ces perturbations abdominales ?" (p827)

"Si j'avais été le moindre petit chef de clan dans les Highlands, si j'avais été le plus petit roi des nègres qui vivent nus dans le désert d'Afrique, mon peuple m'aurait adoré. Mauvais, moi ? Ah ! mais j'étais né pour faire un bon tyran ! Demandez à Secundra Dass ; il vous dira que je le traite comme un fils. Unissez votre sort au mien demain, devenez mon esclave, mon bien, une chose que je puisse commander, comme je commande les forces de mes membres et de mon esprit... vous ne verrez plus ce côté sombre que je tourne vers le monde, dans ma colère. Il me faut tout ou rien. Mais quand on me donne tout, je le rends avec usure. J'ai le caractère d'un roi : c'est ce qui fait ma perte !" (p831)

Un texte superbe et foisonnant qui mêle habilement les récits les plus divers. Conduisant le lecteur d'un manoir écossais jusqu'aux forêts glacées d'Amérique du Nord, ce livre dépaysant est de ceux que l'on ne peut abandonner. La lutte fratricide du Maître et du nouveau Lord est aussi la nôtre, et c'est le coeur glacé d'effroi que nous suivons les tortueux chemins conduisant au désastre final.

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366 p

Robert Louis Stevenson, Le Maître de Ballantrae, 1889

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09/07/2011

Callander, Ecosse

filmimogene-mccarthery02.jpgDepuis le début du challenge Kiltissime, l'indomptable Imogène McCarthery a fait l'objet de nombreux articles, à tel point qu'il n'y a sans doute plus grand-chose à dire au sujet du film de 2010 inspiré du premier roman de la série d'Exbrayat.

Ecossaise et fière de l'être, Imogène vit en exilée à Londres et travaille en tant que secrétaire à l'amirauté. Elle se chamaille avec ses collègues, prend sous son aile une collègue à moitié écossaise et tient régulièrement tête à son supérieur hiérarchique, qui n'est  jamais rien qu'un Gallois à demi sauvage ! Lorsqu'elle est convoquée par la direction suite à une ultime altercation, Imogène envisage déjà son licenciement. C'est une surprise qui l'attend, puisqu'on lui demande de jouer les espionnes et de remettre dans le plus grand secret les plans d'un avion qui intéresserait grandement la puissance russe (nous sommes encore en période de guerre froide). Dès lors, Imogène part dans les Highlands, son "pays" natal, bien décidée à défendre jusqu'à la mort la précieuse enveloppe qui lui a été remise.

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Maintenant que j'ai lu le premier roman d'Exbrayat (découvert après le film), je me rends compte des nombreuses libertés prises avec Ne vous fâchez pas, Imogène ! Dans ce dernier, Imogène s'imagine bien plus facilement que tous les hommes qui l'entourent s'intéressent à elle ; elle ne retrouve aucun amour d'enfance en revenant à Callander, ainsi le happy end est bien moins fleur bleue. On retrouve en revanche dans le film l'humour décalé, l'exagération et les stéréotypes volontaires qui font du roman d'Exbrayat une lecture très divertissante.

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Le film Imogène McCarthery m'a énormément amusée et, si j'ai pu lire quelques avis très négatifs, je ne partage pas du tout la frustration de ceux qui ont vu dans cette bluette un film fade est passablement ennuyeux. Catherine Frot incarne à la perfection Imogène et Lambert Wilson fait un parfait imbécile heureux, rôle nouveau pour lui mais qui lui sied à merveille (n'y voyez aucune ironie, j'ai simplement apprécié le décalage entre ce rôle et l'image que l'on a en général de Wilson).

Comme vous le voyez ci-dessous Imogène est une espionne très discrète !

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Mais elle sait au moins régler proprement les situations problématiques !

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A conseiller sans hésitation si vous aimez l'humour au quinzième degré... en ce qui me concerne, j'ai vu deux reprises ce film et me suis régalée à chaque fois ! Et Mr Lou, qui rechignait à le voir, s'est bien amusé lui aussi.

Mon billet sur le roman Ne vous fâchez pas, Imogène ! de Charles Exbrayat.

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Imogène McCarthery, un film de Franck Magnier et Alexandre Charlot (2010)

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03/07/2011

Edimbourg attaquée par des zombies en 1759

doctor who the many hands.jpgThe Many Hands de Dale Smith est l'un des nombreux livres publiés en marge de la série Doctor Who. Nous sommes à Edimbourg en 1759. Le docteur (David Tennant) et Martha voient l'un de leurs voyages dans le temps bousculé par l'attaque d'un fiacre par un mort-vivant. Suite à une course poursuite, le docteur est "malencontreusement" arrêté par des soldats, dont la capitaine a tendance à faire de l'excès de zèle. Les péripéties sont assez nombreuses et je vous  passerai les détails (d'autant plus que ce livre n'ayant aucun intérêt littéraire je ne voudrais surtout pas vous priver du plaisir de l'action). Sachez simplement que ce roman compte :

plague doctor schnabel.jpg- Des mains grisâtres douées d'une vie propre

- Une armée de zombies sortie d'un loch et bientôt rejointe par toute la population d'un cimetière

- Deux docteurs fous se livrant à des expériences insolites et adeptes du clonage

- Benjamin Franklin, qu'on voit peu mais dont le comportement est louche (on apprend que ses découvertes scientifiques sont dues à des phénomènes peu naturels)

- Le fantôme d'un docteur de la peste ("plague doctor")

Sachez également que l'on fait un plongeon dans les ruelles sordides et obscures de l'ancienne ville dont les vestiges sont aujourd'hui encore enfouis sous les rues d'Edimbourg.

Ce roman très léger se lit facilement et, après un démarrage poussif en ce qui me concerne, je l'ai lu très rapidement, profitant de son caractère délassant pendant une semaine plus que chargée. Beaucoup d'éléments m'intéressaient dans cette histoire (j'ai d'ailleurs adoré me promener dans la ville souterraine) et j'aurais beaucoup aimé lire un récit plus abouti traitant des mêmes sujets.

Pour les amateurs de Doctor Who et les amis des zombies.

Voir le site Doctor Who Reviews pour un autre avis.

Merci à mon amie Cryssilda pour le prêt !

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256 p

Dale Smith, The Many Hands, 2008

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Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 11 livres lus (Catégorie Princesse Diana : 15 livres lus)

29/06/2011

Une île écossaise hantée

herge-tintin ile noire.jpgComme plusieurs participantes au challenge kiltissime, j'ai eu envie de relire L'Île Noire, une des aventures de Tintin que je préférais quand j'étais petite, et que j'ai dû lire un grand nombre de fois. Toutes ont trouvé l'album assez ridicule et c'est certain, il a beaucoup vieilli. Cela dit, j'ai relu avec beaucoup de plaisir cette aventure, sans doute parce qu'elle m'a rappelé la petite fille que j'étais autrefois et les séances de lecture de Tintin avec mon père.

ile noire.jpegPuisque c'est la séquence émotions, sachez que mon père avait lu la série des aventures de Tintin avant ma naissance (tous les albums ou pas, je n'en ai aucune idée !). Lorsque j'ai été en primaire, il a pris l'habitude de m'offrir des livres, souvent le samedi après mon cours de piano. Nous faisions une petite pause à la maison de la presse (quand j'habitais dans ma ville d'origine il n'y avait pas encore de vraie librairie) et en dehors des nombreux romans acquis à cette occasion, nous avons pris l'habitude de revenir régulièrement à la maison avec une BD dans notre sac... et c'est avec Tintin que nous avons commencé. Nous avons lu l'intégralité de ses aventures ensemble, puis j'en relisais à l'occasion (Le Secret de la Licorne, Les Bijoux de la Castafiore, Les 7 Boules de Cristal...). Nous avons bien lu ensuite quelques Alix et Asterix, mais c'est Tintin qui a le plus marqué mon enfance !

tintin_illu.jpgAujourd'hui c'est avec un certain amusement que je relis cette aventure que j'adorais. En effet, l'histoire manque de crédibilité et ce n'est que grâce à une chance incroyable que Tintin parvient à se tirer d'affaire. Les pompiers perdent la clef de la caserne, Tintin reste à surveiller le lieu d'un crime sans se douter que ses ennemis risquent d'y revenir, les frères Dupont et Dupond sont certes stupides, mais ils ne sont finalement peut-être pas les seuls. J'avais oublié ce détail mais dans ce tome n'interviennent pas le professeur Tournesol ni le célèbre capitaine Haddock.

Cet album reste empreint d'un charme nostalgique et plaira toujours à ceux qui connaissaient déjà Tintin, mais la comparaison avec la production actuelle est tout de même assez rude : au niveau des dialogues (effectivement, comme le dit Cryssilda, chez Tintin les phrases du type "mince, mon revolver n'est pas chargé" ne manquent pas), mais aussi au niveau du graphisme, qui peut décevoir. A noter également le fait que Tintin peine à vraiment nous faire voyager (ce n'était pas le cas dans mes souvenirs), et seules les vingt dernières pages nous font vraiment sentir que nous sommes en Ecosse. Heureusement le kilt et le whisky sont là pour nous le rappeler...

ile noire ecosse.jpgLa photographie ci-contre représente l'île qui aurait inspiré Hergé. C'est une photographie prise par Labastiane : je vous invite à aller sur son blog où vous trouverez d'autres photos de cette même île.

Une fois encore merci à Mélodie qui nous a donné le lien pour lire la BD en ligne : ICI

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62 p

Hergé, L'Île Noire, 1937

tintin kilt.jpeg.psd.jpgLu dans le cadre du challenge kiltissime et  de la BD du mercredi de Mango.

26/06/2011

La Terreur des Highlands

Imogene.jpgEtape 1

Suis bien arrivée. STOP. Plans top secrets en sécurité dans corsage. STOP. Amoureux secret en vue. STOP.

Etape 2

Mince, ce n'était pas la bonne enveloppe. Pars à la recherche des documents en question.

Etape 3

Compagnon de voyage démasqué et expédié dans l'au-delà (lui ai fracassé le crâne, ne pouvant pas faire usage du pistolet hors d'âge de Daddy).

Shame on me ! Avant de lancer avec Cryssilda le mois Kiltissime, je ne connaissais pas Exbrayat et n'avais pas remarqué que le film Imogène McCarthery était librement inspiré du premier roman de la série.

Imogène McCarthery travaille à Londres, à l'amirauté. Cette fille aux cheveux rouges qui frise la cinquantaine est écossaise et fière de l'être ; elle traite ainsi les Gallois de demi-civilisés, car elle a été à bonne école :

Son père décida de parachever lui-même son éducation. Pour ce, il lui enseigna qu'Adam devait être écossais, car les Ecossais constituaient le peuple le plus intelligent de la terre et le plus aimé de Dieu. Une fois ce principe bien ancré dans l'esprit de la petite, le capitaine lui affirma que, parmi les Ecossais, les habitants des Highlands formaient une classe privilégiée à laquelle ils avaient tous deux la chance d'appartenir. Leurs compatriotes vivant dans les Lowlands et les Borders étaient, certes, de bons et dignes compagnons, mais enfin il leur manquait et leur manquerait toujours cette touche de génie que le plus humble Ecossais des Hautes-Terres apporte en naissant. Quant aux Anglais, ils composaient un agrégat d'individus peu intéressants et qui ne devaient qu'à leur nombre d'avoir pris la tête du Royaume-Uni. Henry-James-Herbert tenait les Gallois pour une peuplade n'ayant pas encore atteint complètement le stade de civilisation où étaient parvenus - non sans effort - les Anglais, tandis que les Irlandais se cantonnaient au plus bas de l'échelle des valeurs britanniques. Au-delà, il y avait la mer et, derrière la mer, le monde des sauvages, quelle que soit la couleur de leur peau. Pour la fillette, ces sauvages se divisaient en tribus dont Paris, Madrid, Bruxelles, Rome se révélaient les centres principaux. (p 6)

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Lorsque, à sa grande surprise, son supérieur hiérarchique lui confie une mission d'agent secret, Imogène se croit de suite investie d'une mission glorieuse et se rêve héroïne au même titre que Rob Roy. Mais elle est également incapable de garder un secret : de suite, elle parle à mots couverts de ce qui lui arrive, avant de partir pour l'Ecosse où elle devra remettre de précieux documents.

Ce roman qui tient tout autant du livre d'espionnage que du livre d'aventures met en scène les rocambolesques péripéties qui, au final, n'empêcheront pas la flamboyante Ecossaise de mener à bien sa mission.

Une excellente surprise que ce petit livre plein d'humour très agréablement écrit ! On s'attache follement à Imogène avec sa mauvaise foi, son chauvinisme excessif, ses fanfaronnades mais aussi son courage et son tempérament impétueux qui lui seront bien utiles.

Quelques faiblesses toutefois (soulignées par Manu dont je partage le ressenti) : Imogène est fleur bleue et passe son temps à penser que les hommes tombent amoureux d'elle, sans jamais remettre en question son jugement, au risque de s'exposer à de grands dangers en faisant confiance à ses ennemis... parfois, Imogène est si sotte qu'on aimerait faire un saut dans le roman et la secouer une bonne fois pour toutes !

On peut également reprocher au livre le caractère répétitif de certaines situations qui reviennent en boucle, les légères variations tenant essentiellement à la façon dont Imogène parviendra à occire le vilain.

Mais ceci n'est rien par rapport à cela et ces quelques reproches que je fais à ce roman n'ont en rien gâché ma lecture, tout à fait délicieuse ! Ce n'est qu'une première pour moi car j'entends bien retrouver Imogène, la terreur des Highlands !

Les avis de The Bursar, Sophy, Soukee, Manu

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191 p

Exbrayat, Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1962

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22/06/2011

A Scottish 'Treasury of Victorian murder'

geary-case-madeleine-smith.jpgJe profite une fois encore du mois kiltissime pour faire sortir de ma bibliothèque un livre qui y traînait depuis quelques mois. En l'occurence, il s'agit cette fois-ci d'une bande dessinée en noir et blanc issue de la série A Treasure of Victorian Murder de Rick Geary : The Case of Madeleine Smith.

Qui est donc cette charmante jeune femme servant un délicieux chocolat sur la couverture du livre (tandis que je savoure un thé Paul & Virgine) ?

Madeleine Smith est, vous vous en doutez déjà, accusée d'avoir empoisonné quelqu'un. Mais qui donc ?

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madeleine2.jpgNée en 1836, la jeune femme est issue des classes supérieures de Glasgow. Après avoir parfait son éducation à Londres dans une maison pour jeunes filles respectables, dans le but évident de faire un beau mariage et une bonne maîtresse de maison (selon la mode en vigueur à l'époque), Madeleine revient à Glasgow. Nous sommes en 1855. Au cours d'une promenade, elle rencontre Emile L'Anglier, né à Jersey, avec qui le coup de foudre semble immédiat. Les deux jeunes gens finissent par être présentés : L'Anglier accompagne Madeleine et sa soeur lors de promenades et, petit à petit, s'engage entre Madeleine et lui une correspondance d'environ 200 lettres de Madeleine (aucune information quant à celles de L'Anglier) qui atteste de leur relation. Tous deux se déclarent mari et femme sans pour autant mettre leurs plans à exécution. Le père ayant vent de l'histoire par la petite soeur de Madeleine, la jeune fille se voit interdire tout contact avec L'Anglier. Bien entendu, la correspondance et les rencontres secrètes se poursuivent. Smith et L'Anglier consomment leur relation à une occasion, ce qui est source de culpabilité chez L'Anglier, bien décidé à se racheter.

langlier.jpgPeu à peu, Madeleine se détache d'Emile et cherche à rompre avec lui. Elle a en effet été présentée à un parti avantageux et tout laisse à penser que les fiançailles sont imminentes. L'Anglier ne l'entend pas de cette façon et considère toujours Madeleine comme sa promise. A noter que le jeune homme avait apparemment des tendances suicidaires avant de la rencontrer, et qu'il avait vécu une longue suite de romances finalement déçues (ce qui ne semble pas étonnant compte tenu des informations qui suivent).

Au bout d'un certain temps, Emile est pris de violentes crises : maux d'estomac, fièvre... ces attaques violentes le laissent très affaibli. Il semble se rétablir quelque peu lorsque les circonstances l'éloignent de Madeleine, mais une nouvelle rencontre est suivie d'une rechute. Il ouvre un journal (dont l'authenticité n'a pas été prouvée lors du jugement) et évoque la relation entre ses rencontres avec Madeleine et ses crises. Selon son amie Mme Perry, qui témoignera au tribunal, L'Anglier aurait jugé plausible un empoisonnement par Madeleine, qui lui sert de temps en temps du chocolat dans la rue depuis sa fenêtre, lorsqu'il vient lui rendre visite.

Emile décède et, une fois sa correspondance retrouvée, Madeleine est arrêtée et conduite à Edimbourg où a lieu le procès. Les lettres d'Emile n'ont pas été retrouvées et Madeleine demandait à son prétendant de détruire les lettres qu'elle-même lui adressait. Dans les derniers temps, elle lui demandait instamment de ne pas ruiner son honneur en dévoilant à son père leur histoire.

Le procès fait grand bruit, et beaucoup sont prêts à payer une guinée pour voir Madeleine qui, dans l'ensemble, recueille la sympathie du public. Finalement, suite à la plaidoirie de son avocat (qui met en avant l'absence de preuves et le fait que Madeleine voulait que ses lettres ne soient pas retrouvées, ce qui était incompatible avec le meurtre de L'Anglier qui les rendrait forcément publiques), Madeleine est acquittée, jugée non coupable de tentative de meurtre et, quant au meurtre lui-même, il n'est pas prouvé aux yeux du juré (qui rend la décision "not proven"). Pourtant, Madeleine avait acheté par trois fois de l'arsenic avant le décès de L'Anglier, pour se débarrasser de vermine et de rats selon elle (mais quelle fille aînée de bonne famille serait chargée de s'occuper des invasions d'animaux nuisibles dans la demeure familiale ? J'ai personnellement bien du mal à le croire).

DSC05049.JPGMadeleine quitte l'Ecosse pour Londres avec un frère dont elle est proche. Elle finit par se remarier et vit à Bloomsbury, dans un cercle actif où l'élite intellectuelle de l'époque se rencontre régulièrement pour débattre. Elle connaissait les préraphaélites et aurait servi de modèle à Rossetti. George Bernard Shaw dit d'elle n'avait rien de sinistre et qu'il acceptait son café sans ressentir d'effets secondaires !

Son mari la quitte. Elle se retire à Leek, où elle passe pour une excentrique, avant de rejoindre son fils à New York. Elle a 80 ans mais ne fait pas son âge et épouse un homme d'une soixantaine d'années qui décèdera avant elle. Curieusement, lorsqu'elle décède à l'âge de 92 ans, son certificat de décès indique seulement l'âge de 64 ans. Elle est enterrée dans l'état de New York.

madeleine.jpgEn 1950, l'histoire de Madeleine Smith a été portée à l'écran par David Lean. Voici un lien vers un avis sur ce film que j'aimerais voir si je parviens à le trouver.

Voici également un article intéressant concernant cette affaire renvoyant également vers d'autres liens (l'auteur de l'article est aussi celui du livre ci-dessous). Pour les challengers du mois kiltissime, à noter que ce site s'intitule Books from Scotland.

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Ici un extrait d'un article de  Marion Arnott sur le livre de Douglas Mac Gowan - article détaillé que je vous invite à lire : "L’Anglier was a demanding and bullying lover – he decided what clothes she should wear, whom she could speak to, where she should go (she had to plead with him to allow her to walk with her own brother in Sauchiehall Street). He constantly criticised her behaviour; her supposed lack of feminine accomplishments is compared unfavourably to those of his other female acquaintances. Madeleine’s letters refer to these admonishments constantly. She seeks approval constantly." (Visiblement dangereux et névrosé, Emile aurait-il pu écrire son journal tout en s'empoisonnant volontairement pour faire payer à Madeleine son éloignement ?)

Alors, à votre avis : guilty ? Not guilty ?

Voilà pour le cas Smith. Quant à la bande-dessinée, elle est à mon sens très intéressante : je m'attendais à un récit quelque peu "brodé" autour du cas, avec des effets de suspense, or il n'en est rien. C'est un récit très factuel, une bande-dessinée descriptive qui offre une vue d'ensemble au profane : principaux événements et protagonistes, historique des faits, déroulement du procès, conclusion. A noter toutefois que Geary fait à peine allusion au comportement pressant de L'Anglier relaté plus haut : hormis quelques allusions je n'avais pas forcément l'impression que L'Anglier était un personnage aussi malsain et obsédé par son histoire avec Madeleine, mais plutôt un amoureux effectivement très présent jouant à tort le rôle du patriarche qu'il n'était pas. Enfin, le graphisme est soigné et m'a plu, hormis L'Anglier dont le portrait est peu flatteur et peu ressemblant. En tout cas, cela m'a donné envie de poursuivre ma lecture de la série A Treasury of Victorian Murder.

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80 p

Rick Geary, The Case of Madeleine Smith, 2006

écosse, challenge kiltissime, glasgow, the case of madeleine smith, madeleine smith, rick geary, a treasury of victorian murderUne lecture kiltissime qui est aussi ma première participation à la BD du mercredi de Mango.

20/06/2011

Coup de foudre en Ecosse

pilcher_neige en avril.gifLorsque mon cher et tendre a commencé à rire en voyant mon livre de chevet, je me suis dit que c'était une manifestation curieuse de sa part, lui qui, bien souvent, ne prête pas vraiment attention à mes lectures. Lorsqu'il m'a dit "quoi ? tu lis Rosamunde Pilcher (en prononçant le nom à l'allemande) ? Oh non toutes les séries pour mamies qui passent à la télé en Allemagne sont tirées d'histoires de Rosamunde Pilcher" (mais il a tout de même découvert grâce à moi que non, la dame en question n'était pas allemande).

A vrai dire, j'ai acheté ce livre complètement par hasard, parce qu'il se passait en Ecosse.

Premières pages du roman. Caroline prend un long bain avant de prendre part à regret à une soirée mondaine organisée par Diana, sa belle-mère. Diana qui est mariée à Shaun, un ancien amour, qui n'est pas le père de Caroline, décédé dans les îles grecques où ils vivaient avant. Caroline retrouvera notamment à cette soirée Hugh, le frère de Diana, sa belle-mère. Hugh qui est aussi son fiancé (enfin ce n'est qu'un détail puisqu'elle le plaque en cours de roman alors vraiment, je complique les choses, je l'avoue).

Caroline est donc sur le point de se marier, tandis que sa belle-mère et le nouvel époux de celle-ci (qui n'est ceci dit pas techniquement parlant le beau-père de Caroline) prévoient de s'installer au Canada et d'emmener avec eux le petit frère de Caroline (qui n'est pas non plus le fils de Diana). Le frère ne voulant pas partir, il persuade Caroline de l'emmener en Ecosse où  se trouve leur frère aîné (de retour d'Inde où il était parti faire de la méditation).

scotland.jpegBien entendu, Caroline rencontrera un bel Ecossais et là, je ne vous en dis pas plus car je ne voudrais pas mettre un terme à ce suspense insoutenable.

Sachez tout de même que, lors de la première soirée, Caroline revoit Elaine, meilleure amie de Diana (amie qu'elle ne supporte pas, au passage). Elaine lui parle de sa fille parfaite, Liz, qui vient de subir une terrible perte à travers la mort d'un ami de longue date en Ecosse. Lorsque Caroline se rend en Ecosse, elle aura bien entendu un accident de voiture à l'entrée de la propriété du frère de l'homme décédé. Et Caroline rencontrera Liz en Ecosse.

Quant à Liz, lorsque sa mère l'appelle suite à l'enterrement, ça donne à peu près ça :

"Ma chérie, ça va ? (inquiète)

- Mais oui, absolument ! C'est magnifique, je m'éclate ! (enthousiaste)

- Mais... et l'enterrement ? (étonnée)

- Ah oui, l'enterrement (subitement affectée)... parfaitement affreux... mais Oliver était là (de nouveau enjouée) !

- Mais, ma chérie, alors c'est Oliver que tu... ? Mais j'avais toujours pensé que c'était son frère qui...

- Eh bien non maman, c'est Oliver ! Il reste deux semaines en Ecosse, je suis si heureuse !"

coucher-soleil.jpgAu final, Neige en avril est un mélange de Barbara Pym sans humour et de Danielle Steel, ayant Londres puis principalement l'Ecosse pour cadre. On y apprend qu'en Ecosse il fait un temps pourri, et ça c'est utile. On y apprend même qu'il neige en avril (et ça tombe bien, sinon Caroline n'aurait pas eu d'accident et n'aurait pas rencontré Oliver et n'aurait pas quitté Hugh et n'aurait pas damé le pion à cette pimbêche de Liz). Et même si tout ce que j'ai pu dire vous a dissuadés, sachez que j'ai décidé de lire Les pêcheurs de coquillages (car j'ai acheté ses livres dans un format 2 en 1), roman qui va traiter de l'héritage d'un tableau victorien (et façon Danielle Steel-Pym, je demande à voir !). Car je ne peux pas résister à l'appel du mot victorien, cette faiblesse me perdra. Have fun !

L'avis de Fondantochocolat sur plusieurs romans de Rosamund Pilcher.

Lu dans le cadre du challenge Kiltissime organisé avec Cryssilda.

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202 p

Rosamunde Pilcher, Neige en avril, 1976

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Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 8 livres lus (Catégorie Prince William)

rosamunde pilcher,neige en avril,écosse,challenge kiltissime


18/06/2011

Robert Louis, mon ami...

DSC05040.JPGJ'ai beau particulièrement aimer les auteurs du XIXe, plus encore lorsqu'ils sont anglo-saxons, je peine à apprécier les textes de Stevenson, tout en étant convaincue de passer à côté d'un auteur incontournable. Je profite donc du "mois écossais" pour lire à nouveau cet auteur en espérant enfin me laisser séduire - d'autant plus que je l'ai lu il y a quelques années déjà. Après l'avoir lu  Stevenson en anglais, c'est avec une traduction de The Bottle Imp (La Bouteille endiablée) que je reprends mes lectures... un texte qui me disait quelque chose : et pour cause, je l'avais déjà lu en anglais ! J'avais oublié de nombreux détails mais l'histoire me semblait tout de même familière : j'ai d'abord pensé confrondre avec un autre texte traitant du même thème "classique" qui évoque Faust, mais après vérification, il n'en était rien !

Kéaoué fait la rencontre d'un homme vivant dans une maison magnifique. L'homme semble pourtant abattu : il doit sa richesse à une bouteille dans laquelle vit un diable. Une bouteille qu'il doit revendre à un prix inférieur au prix d'achat sous peine de perdre son âme. Kéaoué la lui rachète puis se fait construire une maison suite au décès de proches parents et donc, d'un héritage imprévu. Il pense pouvoir se défaire facilement  de la bouteille mais se voit contraint de la racheter pour des raisons que je ne préciserai pas car je ne voudrais bien entendu pas mettre fin au suspense. S'ensuivent de nombreux rebondissements, la bouteille passant de maître en maître et son prix chutant à chaque fois.

Un conte qui se lit facilement mais qui ne m'a pas fait grande impression malgré tout. Je reste herméthique à certains passages tels que ceux-ci :

C'est ainsi que Kéoué fit sa cour ; les choses avaient été rapides; mais ainsi va la flèche, et la balle de fusil plus vite encore, et pourtant l'une et l'autre peuvent atteindre la cible. (p47)

Robert_Louis_Stevenson_by_Sargent.jpg"Me voici maintenant au pinacle, se dit-il. La vie ne peut pas être meilleure. C'est ici la cime de la montagne et tout autour de moi dégringole vers le pire. Pour la première fois, je vais illuminer les salles et me baigner dans ma belle baignoire à eau chaude et froide et dormir seul dans le lit de ma chambre nuptiale". (p48)

Malgré tout, j'ai passé un moment agréable en lisant ce récit reprenant le thème classique du pacte avec le diable en l'inscrivant dans un cadre nouveau, Hawaï. Si j'ai trouvé certaines ficelles un peu grosses et ai regretté le peu d'intérêt que je portais à Kéaoué (parfois antipathique), j'ai goûté le rebondissement final, assez inattendu. J'aurais aimé savoir apprécier davantage ce texte et faire davantage honneur aux talents de conteur de Stevenson mais  cette lecture m'a laissée assez indifférente, sans vraiment me déplaire pour autant. J'entends bien me rattraper avec Le Maître de Ballantrae, que je compte lire ce mois-ci.

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93 p

Robert Louis Stevenson, La Bouteille endiablée, 1891

logo kiltissime 05.jpgChallenge-god save the livre.jpg Challenge God Save the livre de Passion livre: 7 livres lus...  catégorie Prince William (10 livres lus). Prince-William.jpg