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21/05/2018

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger

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Retrouver Tracy Chevalier, c'est avoir l'assurance d'un roman historique dépaysant et minutieusement documenté, fluide et agréable à lire. Je n'en attendais pas moins avant de débuter À l'Orée du Verger, dont la jolie couverture n'était pas pour me déplaire. J'attends avec impatience son prochain roman qui se déroulera à Winchester dans les années 1930. Cela fait plusieurs mois que je l'ai repéré sur son blog, mais il va falloir être patiente car il est toujours en cours d'écriture. Remarquez, ce ne sont pas les titres de cet auteur qui manquent dans ma PAL... et cette dernière lecture a aiguisé mon appétit en la matière.

Les Goodenough ont dû quitter le Connecticut, faute de terres à allouer à l'un des plus jeunes fils, James. Lui et sa femme Sadie ont donc fait route vers l'Ouest avant de s'embourber assez vite dans le Black Swamp, zone marécageuse où James a bien du mal à faire pousser les 50 pommiers règlementaires qui lui permettront de devenir définitivement propriétaire de ses terres. La vie y est pénible. Chaque été, la fièvre s'empare de la plupart des habitants et peu à peu, des dix enfants Goodenough il ne reste plus que deux filles et trois garçons. Parmi les enfants, deux nous sont plus sympathiques : la maladive et douce Martha et Robert, garçon sérieux au regard direct. Les autres enfants semblent avoir hérité des traits moins flatteurs de leurs parents qui, mariés précipitamment puis livrés à eux-mêmes dans cette région épouvantable, en sont venus à se détester. En effet, les deux époux se provoquent continuellement, la situation s'envenimant de plus en plus au fil du récit.

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Voilà pour la première partie de ce récit, que j'ai lue assez lentement : je ne partageais pas la passion de James pour les pommiers, tandis que Sadie m'était extrêmement antipathique. C'est un personnage certes malheureux, mais qui n'a pas grand-chose pour la racheter tant elle est mauvaise avec les siens - notamment ses enfants. Puis le récit est brutalement interrompu par des lettres de Robert à ses frères et soeurs : pourquoi est-il parti? Pourquoi n'écrit-il qu'à ses frères et soeurs? Cette série de lettres sème le doute et relance complètement la narration. Ce ne sera pas le seul changement de mode narratif, plusieurs histoires se dessinant et se rejoignant peu à peu.

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Si j'ai mis un peu de temps à entrer dans ce roman, j'ai dévoré les  130 ou 140 dernières pages hier avec avidité. J'aime les romans historiques mais ne me passionne pas particulièrement pour l'époque de la ruée vers l'or et de la Conquête de l'Ouest. Pourtant, j'ai trouvé beaucoup d'intérêt à ce roman aux personnages très tranchés et aux métiers parfois peu conventionnels pour l'époque. Le cadre est soigneusement travaillé : la découverte des redwoods, ces arbres géants, John Appleseed dont on fait la connaissance, les débuts du tourisme, l'essor des grandes villes...

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Si le roman se passe essentiellement dans la nature, c'est l'histoire plus globale des Etats-Unis que l'on retrouve ici, avec un XIXe fait de migrations incessantes et d'évolutions non négligeables dans la société. Comme San Francisco, ville masculine où les rares femmes à y avoir élu domicile ont la possibilité de vivre comme bon leur semble, au mépris des convenances et du carcan qui leur sont imposés plus à l'Est. Sans parler de la crasse ou des saloons peu fréquentés dans ce roman, qui, en toile de fond, rappellent l'incroyable diversité du paysage américain à l'époque.

Merci aux éditions Folio pour cette découverte.

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390 p

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, 2016

26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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21/03/2018

Holly Webb, Rose, Série en 4 tomes

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Grâce à Pedro Pan Rabbit, je me suis régalée avec cette série de 4 romans jeunesse, Rose de Holly Webb. Nous plongeons dans une Londres qu'on imagine au XIXe ou au début du XXe. Le roi tel qu'il était décrit me faisait penser au Prince consort Albert. On retrouve beaucoup d'ingrédients chers aux romans dont l'action se déroule à cette époque : les dures conditions de vie à l'orphelinat, l'espoir de trouver un métier respectable, la vie de domestique, enviable par rapport aux nombreux métiers de la rue mais exténuante au quotidien et faite de rivalités. On peut penser notamment aux romans de Mary Hooper Velvet et Waterloo Necropolis, où de jeunes femmes isolées font leur possible pour continuer à payer une pension, conserver un travail détestable, mais honorable.

Rose et la maison du magicien (286 p) : Rose vit dans un orphelinat où le quotidien est insipide et fait de corvées, mais dont la responsable fait preuve d'humanité et où Rose a une amie. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle sait faire apparaître des images sur des surfaces brillantes. Peu de temps après, une gouvernante vient l'embaucher pour travailler au service de Mr Fountain, éminent magicien de la cour. Un roman dans lequel il est aussi question de disparitions d'enfants et d'une sorcière maléfique qui, cette fois-ci, m'a fait penser aux aventures de Penelope Tredwell (Douze minutes avant minuit).

[Pour la suite, spoilers si vous n'avez pas lu le tome précédent]

Rose et la princesse disparue (279 p) : Mr Fountain sait désormais que Rose est une magicienne. Elle continue à travailler comme femme de chambre mais devient aussi son apprentie, au même titre que Freddy, vexé d'être moins doué que sa nouvelle partenaire. La princesse chérie de la nation est menacée et Rose est amenée au palais pour lui servir de garde du corps dans le plus grand secret. Mais la princesse est enlevée et la mission de Rose devient de plus en plus périlleuse. En même temps, un froid polaire s'abat sur Londres et un magicien distribue des boules de neige enchantées qui font une drôle d'impression à la jeune Rose...

Rose et le masque vénitien (250 p) : un masque précieux a disparu au palais. Celui qui le portera pourra acquérir une puissance absolue et il est clair que les Talisiens ont toujours l'ambition d'envahir l'Angleterre. Rose, Freddy, Mr Fountain et sa jeune fille vont partir ensemble à Venise où ils pensent retrouver l'auteur du vol. Une aventure dangereuse pour chacun d'entre eux, et l'occasion d'une rencontre avec une vieille dame, Miss Fell, qui semble avoir des soupçons sur l'identité de Rose.

Rose et le fantôme du miroir (251 p) : Un dernier tome davantage centré sur Rose, même si la menace d'invasion par les Talisiens est dans tous les esprits à leur retour d'Italie. Egalement instruite par Miss Fell, Rose va en apprendre davantage sur son passé.

[Fin des spoilers]

Quatre jolis romans qui se lisent d'une traite. J'ai préféré le premier, pour la découverte de l'univers et le cadre très londonien, et le dernier pour l'intrigue centrée autour de l'identité de Rose après plusieurs complots déjoués. Cependant, chaque livre a ses moments forts et ses aspérités, et c'est aussi le cas du tome 2 avec un hiver de glace fascinant et du tome 3 avec la mystérieuse Venise, cadre idéal pour une lutte entre magiciens. L'intrigue se met aisément en place et si la fin tombe assez rapidement, le plaisir n'est en rien gâché car ce sont avant tout les protagonistes et l'ambiance qui portent ces récits. Les personnages sont bien croqués, complémentaires les uns des autres - et je me suis réjouie de constater que la présence de deux jeunes garçons autour de Rose ne faisait pas prendre un tour mièvre à l'histoire. Une charmante découverte, faite d'amitié, d'entraide, de magie et de nombreux rebondissements.

L'avis de Des livres, des livres ! et de Pedro Pan Rabbit (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez aussi lu cette série).

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Holly Webb, Rose, 4 tomes, 2009-2011

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18/03/2018

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham

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Nouvelle enquête pour Agatha Raisin, et un peu d'inédit puisque dans ce tome, James Lacey n'apparaît qu'à la dernière page ou presque. Parti en voyage on ne sait où, James va laisser toute sa place à Agatha qui, cette fois-ci, sera accompagnée de Sir Charles Fraith, cet aristocrate que l'on croise régulièrement depuis leur rencontre dans Randonnée mortelle.

Sans James, Agatha se morfond dans son cottage et, comble du désespoir, se découvre de premiers cheveux gris. Elle tente d'y remédier elle-même mais se retrouve avec des cheveux violets... heureusement, la femme du pasteur, Mrs Bloxby, lui recommande un certain Mr John, dont on dit beaucoup de bien. Agatha se rend donc à Evesham, dans un salon bondé où le très séduisant Mr John oeuvre avec art pour un résultat capillaire au-delà de ses espérances. Dans ce salon, on surprend les conversations les plus étonnantes : toutes les femmes d'âge mûr qui s'y rendent adorent se confier à leur coiffeur, qui est aux petits soins avec elles. Et depuis les toilettes, Agatha surprend une dispute entre un homme et une femme, qui se termine par une menace de mort. Très vite, Agatha soupçonne Mr John d'être un maître-chanteur. Elle décide de mener l'enquête, encouragée par Sir Charles qui a du temps à tuer et se réjouit de ce divertissement. 

Une cuvée sympathique, où une Agatha en forme va de nouveau prendre des risques inconsidérés et fourrer son nez dans le passé plus ou moins sordide des clientes de Mr John. Malgré l'expérience, Agatha reste un coeur d'artichaut qui ne se méfie pas suffisamment du beau coiffeur... si elle pense qu'il méprise les vieilles rombières qu'il fait peut-être chanter, elle finit par le croire sincèrement intéressé par sa personne. Le fait d'avoir été séduite par l'assassin dans une aventure précédente n'a visiblement pas suffi à la rendre plus prudente.

Quelques questions restent sans réponse à la fin et j'avais deviné de suite l'identité de la femme de Mr John, que l'on cherche pendant un moment. Néanmoins l'enquête était agréable à suivre et j'ai surtout savouré les personnages secondaires. Roy, égal à lui-même, qui passe en coup de vent mais embrasse Agatha dans l'air, en faisant des sons "mwaa, mwaa" pour imiter le bruit des fausses bises. Mrs Bloxby qui tient tête au pasteur, beaucoup moins charitable qu'elle. Mrs Darry dont le petit chien reçoit un annuaire sur la tête dans une piètre tentative d'Agatha pour gagner du temps avec la police. Et surtout Sir Charles, toujours aussi pingre, opportuniste et égocentrique. Charles prend tout ce qui est bon à prendre, suit le sens du vent et, quand on pourrait commencer à entrevoir une étincelle d'humanité, un soupçon d'affection, il prend ses jambes à son coup ou fait preuve d'une grossièreté sans nom. Un Sir Charles au sommet de sa forme dans cet opus, jusqu'au dernier instant où, grâce à lui, un James Lacey de fort méchante humeur claque la porte de son cottage dès son retour de vacances.

Toujours léger et savoureux, comme un thé dans les Costwolds...

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

250 p

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham, 1999

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14/03/2018

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan

springer_enola holmes_t4_pink fan.jpegCela fait presque 4 ans que ce roman de Nancy Springer attendait dans ma PAL. Je l'avais commandé à une période très heureuse où je profitais notamment d'un printemps radieux pour faire de belles lectures au parc. C'était aussi une période où je lisais beaucoup de "mystery novels" et de polars historiques anglais. Voyant fleurir les billet élogieux autour de cette série sur la petite soeur de Sherlock et Mycroft Holmes, j'avais choisi un de ses titres d'après la couverture, pour finalement faire passer d'autres lectures en priorité. Ayant décidé cette année d'exhumer des titres qui sont dans ma PAL depuis trop longtemps, j'ai commencé par jeter mon dévolu sur ce titre-ci. 

Force est de constater que j'aurais sans doute mieux fait de commencer par le commencement et de lire les premières aventures d'Enola Holmes, a minima en BD. Les premières pages ont été un peu abruptes, hors contexte. Qu'est-ce que c'est que cette héroïne qui cherche à fuir ses deux frères et mène une vie extravagante pour son jeune âge et sa condition de femme ? Cela dans une société où la femme est juste bonne à marier pour produire un héritier, quand elle ne travaille pas d'arrache-pied pour payer les pintes de monsieur, selon le milieu social. J'ai eu donc une certaine difficulté à accepter de me laisser happer par l'intrigue, ne croyant pas une seule seconde au postulat de base. Une Enola qui vivrait dans l'East End chez une logeuse s'occupant bien d'elle, dans un confort relatif qui ne cadre pas beaucoup avec les représentations habituelles de ce quartier. Une Enola qui a réussi à monter une agence de détective en se faisant passer pour la secrétaire d'un homme qui n'est jamais présent, qui se déguise à longueur de journée et porte les objets les plus incongrus sur elle au cas où. Bien sûr, cela fait du bien de voir une héroïne audacieuse et peu conventionnelle, mais c'est un peu tiré par les cheveux.

Dans ce tome, Enola aide Lady Cecily Alistair (qu'elle connaît déjà) à échapper à un mariage forcé. Grâce à un message codé inscrit sur un éventail rose que laisse tomber Lady Cecily près d'elle lors d'une rencontre fortuite, Enola comprend que la jeune femme est séquestrée et mène l'enquête pour la délivrer. A l'occasion de ses investigations - souvent nocturnes, on croisera notamment des aristocrates sans scrupule, un Sherlock Holmes charismatique mais moins brillant que ce à quoi on est habitué, un Mycroft toujours pontifiant, un orphelinat, une péniche et un molosse, tout en explorant divers quartiers de la ville.

Une lecture appréciée mais sans plus, je me suis un peu forcée pour en venir à bout rapidement, après quelques jours passés sans lire grand-chose. J'ai les deux premiers tomes des BD à la maison et suis curieuse de les lire pour enfin planter le décor et mieux comprendre les relations que la jeune détective entretient avec ses frères aînés.

183 p

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan, 2008

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04/03/2018

Fiona Melrose, Midwinter

melrose_midwinter.jpgLandyn et Vale Midwinter, père et fils, sont agriculteurs dans le Suffolk, une région pauvre d'Angleterre où, derrière les jolis paysages, les marais et les adorables fermes se cachent le travail dur et ingrat de la ferme, les difficultés financières, le manque de perspective pour les jeunes, qui trouvent une échappatoire dans les soirées largement arrosées. Mais, au-delà de ce quotidien rude, les Midwinter sont tourmentés par la mort brutale de Cecelia Midwinter en Zambie des années auparavant. Ce souvenir douloureux refait surface alors que Vale est un jeune homme et réalise que son père est indirectement responsable de ce qui s'est produit. S'enchaînent ainsi les récits croisés des deux hommes qui, chacun à leur tour, avec une voix d'emblée reconnaissable, vont relater les mêmes évènements du quotidien et revenir sur cette période où la famille a fui la misère en participant à un programme agricole attractif en Afrique.

On avait tous été témoins d'apparitions ces derniers jours. On sentait un frisson étranger flotter autour de nous. Ce n'est pas que j'avais peur, j'essayais juste d'être vigilant au cas où le vent tournerait. On n'est pas hanté par ce qui nous fait peur, mais par ce qu'on désire (p 254).

Premier roman âpre, sauvage et très maîtrisé, Midwinter nous plonge dans un milieu extrêmement masculin, où, pourtant, les rares figures féminines ont une influence indéniable sur le père et son fils, qu'il s'agisse de la mère, de la jeune Beth ou d'une mystérieuse renarde, toutes d'un roux flamboyant. Ce récit tissé de maladresses montre avec une grande pudeur tout l'amour qu'éprouvent l'un pour l'autre le père et le fils, malgré une grande difficulté de communication. C'est aussi un roman d'amitié, où, là encore, des hommes apprennent à reposer les uns sur les autres et à témoigner leur affection avec beaucoup de retenue. Midwinter rend par ailleurs hommage à la nature et aux éléments. La neige, la mer, les marais rythment et menacent le quotidien tandis que les animaux chers aux croyances païennes croisent régulièrement les narrateurs tout au long de ce rude hiver. 

Alors, le garçon sortait marcher. Je ne l'ai plus jamais empêché. Au fil des ans, il ressemblait de plus en plus à un garçon au crâne rempli de rats en colère qui le rongeaient, la tête éternellement penchée en avant, on aurait dit une pomme tardive (p261).

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Beaucoup de profondeur et de recherche dans ce roman, dont j'ai d'autant plus savouré la lecture que j'ai eu la chance de rencontrer Fiona Melrose alors qu'il me restait la moitié du texte à lire. Un beau moment qui m'a permis de réaliser à quel point chaque détail était pensé par cette jeune auteur.

Merci aux Editions de la Table Ronde pour cette découverte.

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293 p

Fiona Melrose, Midwinter, 2016 

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02/03/2018

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death

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Dans le village voisin de Carsely, Ancombe, une fontaine emblématique des lieux va être exploitée par un groupe industriel. Les habitants sont divisés, entre ceux qui pensent aux opportunités commerciales et ceux qui s'inquiètent pour l'intégrité du village. Le conseil municipal est lui aussi partagé. Un seul homme réserve son opinion et fera tout basculer. Il est bientôt retrouvé mort à la fontaine, dans laquelle son sang s'écoule.

Après avoir lu les six premiers tomes d'Agatha Raisin en français, j'enchaîne en anglais après avoir trouvé l'ensemble des 20 premiers tomes neufs pour moins de 20 pounds. J'ai donc de quoi voir venir... la lecture d'Agatha Raisin en anglais est très plaisante et lui donne une petite touche locale supplémentaire. J'ai pris un immense plaisir à retrouver cette quinquagénaire de choc dans sa langue d'origine. Et puis, comme l'action se déroule dans les années 90, je sais maintenant dire "épaulettes" en anglais !

C'est le premier tome dont la lecture a été un peu polluée par le visionnage de la série. Si l'adaptation n'a pas grand-chose à voir avec les livres de M.C. Beaton, elle s'amusait à intervertir et emberlificoter les intrigues des premiers romans, ce qui fait que je savais déjà qui était le tueur en ouvrant the Wellspring of Death. Peu importe, on lit plus ces romans pour l'ambiance anglaise et cosy que pour l'intrigue. Je ne trouve pas qu'Agatha soit une très bonne enquêtrice. Elle met son nez partout pour avoir des informations mais elle prend des risques inconsidérés en se rendant seule chez de potentiels suspects et au final, c'est souvent un peu par hasard qu'elle découvre le meurtrier. On peut comprendre que les gens qu'elle interroge soient agacés par sa démarche.

Côté sentiments, la relation entre Agatha et James ressemble davantage à ce qu'elle était au début, malgré un intérêt désormais partagé pour l'autre. On se rembarre, on prétend avoir autre chose à faire mais on s'espionne discrètement... et voir James monter les escaliers à toute vitesse pour voir par la fenêtre qui Agatha reçoit m'a fait gentiment sourire.

Au final, un plaisir de lecture renouvelé, et l'envie de retrouver les Cotswolds. Il n'y a pas à dire, la série perdait un peu de son charme en partant à Chypre. Mon exemplaire est bourré de post-its de répliques amusantes ou de lieux que j'aimerais voir ou revoir. Alors avant de sillonner de nouveau cette belle région, je l'arpenterai par l'imagination en accompagnant Agatha dans ses prochaines aventures !

Une participation au rendez-vous Meurtre à la campagne du British Mysteries Month !

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

293 p

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death, 1998

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27/01/2018

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes

collectif_Les-Avatars-de-Sherlock-Holmes.jpgDifficile de résister aux belles couvertures de la collection consacrée à Sherlock Holmes par les éditions Rivage / Noir. J'ai encore beaucoup à apprendre sur Holmes mais, comme toute amatrice de l'Angleterre qui se respecte, j'ai toujours été attirée par ce personnage que l'on connaît souvent davantage à travers les adaptations que par les romans et nouvelles d'origine - Le Chien des Baskerville mis à part.

Les Avatars de Sherlock Holmes réunit une série de pastiches de la fin du XIXe / 1ère moitié du XXe, comptant parmi leurs auteurs James M. Barrie, A. A. Milne ou encore P.G. Wodehouse. C'est donc la curiosité qui m'a poussée à découvrir ces courtes nouvelles assez inégales.

James M. Barrie, "Une soirée avec Sherlock Holmes" : texte relativement amusant où le narrateur dit avoir demandé à rencontrer le grand Sherlock lors d'une soirée, pour le battre à plate couture sur son domaine d'excellence, soit sa capacité à deviner "d'un seul coup d'oeil le menu de votre dîner du jeudi précédent".

P.G. Wodehouse, "Extraits du carnet d'un détective" : dans un club de gentlemen, un homme explique comment il a démasqué Holmes, qui serait en réalité un criminel. Il déroule son raisonnement totalement tiré par les cheveux. C'est là que réside l'humour mais venant de cet auteur on aurait pu s'attendre à plus drôle. Where is Jeeves ?! Le seul trait d'humour qui m'ait arraché un sourire figure à la première page.

E.F. Benson et Eustace H. Miles, "Le Retour de Sherlock Holmes" : voilà qui me rappelle les récits Mapp & Lucia repérés pour la première fois en visitant la maison de Henry James à Rye, j'aurais sans doute mieux fait de commencer par là ! Un texte où l'on découvre que Sherlock n'a pas disparu dans les chutes à cause de Moriarty, mais qu'il a fui Watson car il ne le supportait plus. Heureusement, il revient pour le meilleur et pour le pire, en disant "il y a en vous quelque chose qui l'emporte sur tout cela, je l'ai compris (il vient de dresser la liste de ses défauts). C'est votre incomparable médiocrité d'esprit et de style, qui se trouve être le médium le plus adapté pour narrer mes aventures, car il laisse l'esprit du lecteur entièrement libre pour suivre ce que je fais."

A. A. Milne, "L'enlèvement de Sherlock" : quelques pages qui, à vrai dire, ne méritent pas que l'on parle d'elles. La finesse du texte se résume à sa touche finale, "[Moriarty] n'existe pas, dit-il. C'est juste une marque de porridge". No comment.

John Kendrick Bangs, "Une énigme pragmatique" : Les capacités de déduction du grand détective sont tournées en ridicule à travers un Holmes très pompeux qui explique à Watson tout ce qu'il sait de ses faits et gestes récents... en s'appuyant sur des observations sans queue ni tête puisqu'ils ont passé tout ce temps ensemble et que sa capacité de déduction n'a rien à voir là-dedans. Agaçant. A noter au passage quelques moqueries concernant les étudiants américains ("des joueurs de football s'engageant pour un parcours de quatre ans dans une institution savante") et Henry James, que personne ne comprend.

Stephen Leacock, "Tiré par les cheveux" : une bonne ouverture : "A présent, le mystère avait atteint son apogée. Premièrement, l'homme avait, sans nul doute possible, été assassiné. Deuxièmement, personne n'aurait pu le faire, c'était absolument certain." Une histoire courte à l'humour un peu sommaire, mais l'absurde fait davantage sourire ici que dans la plupart des textes précédents. Holmes compte identifier un coupable en recherchant le propriétaire d'un cheveu retrouvé sur le lieu du crime. Après avoir passé les rues au peigne fin, il jette son dévolu sur un homme à casquette qui s'avère être chauve et Holmes, plutôt que de reconnaître son erreur, déclare que l'homme n'en était pas à son premier forfait.

Robert Barr, "Le Mystère de Pegram" : Holmes accepte de résoudre un mystère qui passionne tout Londres, celui d'un homme retrouvé mort dans le compartiment d'un train dans des circonstances inexpliquées. A partir de déductions et de calculs, Holmes conclut à un suicide et retrouve l'arme (que le suicidé a jeté par la fenêtre...). Grâce à lui, la police retrouve les propriétaires de l'arme et, officiellement, les vrais coupables... Un texte un plus abouti, sans être renversant.

Robert Barr, "L'affaire du second butin" : Où l'on découvre le triste sort réservé à Holmes. Un Holmes bête comme ses pieds, il faut bien l'avouer. Ce texte, comme le précédent, est un peu au-dessus du lot.

Vous l'aurez compris, ce recueil présentera probablement davantage d'intérêt aux collectionneurs, qu'ils soient holmesiens ou férus de littérature anglo-saxonne. Une curiosité, sans plus.

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139 p

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes, 2015 (textes : Fin XIXe - 1ères moitié XXe)

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20/01/2018

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques

mc beaton_t6_Vacances-tous-risques.jpgL'été dernier, j'ai accompagné mes vacances d'un livre de circonstance avec Vacances tous risques, le 6e tome de la série Agatha Raisin. Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais, venant d'achever la lecture du tome 7, je me suis sentie un peu obligée de rédiger quelques lignes sur le précédent opus.

Dans cette nouvelle aventure de notre quinquagénaire forte en gueule et détective amatrice, tout commence par un bilan bien triste de la vie sentimentale d'Agatha. Ceux qui ont déjà lu la série savent qu'elle devait épouser son voisin James Lacey (une relation qui s'était nouée tellement rapidement qu'on avait un peu de mal à y croire...), mais que celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle depuis qu'il avait découvert qu'elle n'était pas veuve comme elle le prétendait. "Heureusement", le tome 5 était là pour arranger les choses puisque le mari disparu se faisait assassiner après avoir refait brièvement surface. Bref, après cet épisode, James met les voiles.

C'est à Chypre qu'Agatha va le retrouver. Elle se retrouve rapidement mêlée à un groupe de touristes mal assortis, entre un couple de snobs et des parvenus très vulgaires dont elle ne comprend pas la proximité. Evidemment, comme le veut la tradition raisinesque, un meurtre a lieu. Agatha va profiter de sa proximité au sein de ce groupe pour enquêter tout en croisant le chemin de James... mais aussi celui de l'aristocrate Sir Charles Fraith, avec qui elle aura une petite aventure. 

Je suis devenue une inconditionnelle des aventures d'Agatha Raisin, pour l'ambiance doucement surannée, l'héroïne atypique et les errances à travers les Cotswolds, qui me permettent d'y retourner par procuration. Ce dernier aspect m'a manqué, même si je trouvais intéressant de découvrir Chypre dans les années 1990. Mon souvenir s'est un peu estompé. Pas un coup de coeur, mais il vaut mieux passer par là pour continuer le reste de la série.

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286 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques, 1997

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24/11/2017

Anne Perry, La Disparue de Noël

perry_disparue de noel.jpgAllez, c'est parti ! Ce matin j'ai acheté quelques décorations à personnaliser, je suis en train de me faire un thé chai maison avec tout plein d'épices, je suis enrhubée... autant de signes annonciateurs de Noël ! Pour fêter son arrivée, quoi de mieux qu'un petit crime de Noël comme on les aime ? Voilà donc un chronique très tardive sur une lecture faite il y a des mois de cela pour le mois kiltissime. Un billet qui s'annonce donc pour le moins expérimental.

Si vous avez déjà fait une pause dans mon petit salon littéraire à cette période de l'année, vous avez probablement remarqué que je succombe régulièrement au Anne Perry de Noël, malgré des cuvées inégales.

A la période des fêtes, lors d'une réception mondaine en petit comité à la campagne, Isobel Alvie insulte Gwendolen Kilmuir en lui adressant des sous-entendus à peine voilés quant à son comportement. La jeune veuve entretiendrait-elle des relations inconvenantes avec un domestique ? La remarque blessante est faite en présence d'un parti intéressant semblant prêt à demander Gwendolen Kilmuir en mariage. Le lendemain, la jeune femme est retrouvée morte. Les convives semblent décidés à en faire porter la responsabilité à Isobel. Pour faire pénitence, elle devra annoncer la triste nouvelle et expliquer les circonstances du drame à la famille de Gwendolen.

C'est le début d'un long périple. Accompagnée de Lady Vespasia (personnage récurrent de la série Charlotte et Thomas Pitt), Isobel va entreprendre un voyage périlleux vers une région d'Ecosse encore indomptée par l'homme. Malgré les paysages sauvages et grandioses, le trajet ne s'annonce pas une partie de plaisir. 

Ma lecture date mais j'en garde un très agréable souvenir. Ce n'est pas tant la résolution du mystère qui importe ici que la description minutieuse de la société victorienne et de quelques femmes au caractère bien trempé forcées de faire preuve de courage - malgré tous les défauts d'Isobel. Il est question de rédemption et le récit s'achève sur une note positive. Une lecture cosy qui a le mérite de nous faire voyager et qui donne envie de sillonner l'Ecosse.

Ce titre fait partie de mes récits de Noël d'Anne Perry favoris.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

Ma première participation au Christmas challenge 2017 de Mya Rosa.

126 p

Anne Perry, La Disparue de Noël, 2003

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31/10/2017

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween

bradbury_arbre-d-halloween.jpgCela fait plusieurs années que je vois fleurir des billets sur L'Arbre d'Halloween de Ray Bradbury lors du challenge Halloween. Je me suis enfin décidée à le lire mais en ressors avec un avis pour le moins mitigé.

Tout commence le soir d'Halloween. Une bande de gamins se retrouve pour partir en quête de bonbons. Déguisés en momie, sorcière, squelette, mendiant, faucheuse et autres personnages classiques, les enfants remarquent rapidement l'absence de Pipkin, le leader adoré du groupe. Lorsqu'ils passent chez lui, nulle trace de décoration de circonstance et l'enfant, l'air maladif, promet de les rejoindre plus tard. Pour finir la soirée en beauté, le groupe file sonner à la porte d'une maison hantée. Mais la demeure est vraiment inquiétante et le maître des lieux plus encore. Après leur avoir joué un vilain tour et fait apparaître un arbre d'Halloween tout de citrouilles vêtu, Montsuaire – car c'est son nom – entraîne les enfants en d'autres temps, pour découvrir les origines de la célébration d'Halloween. Nous irons en Egypte, à Paris ou encore au Mexique. A chaque arrêt, on comprend pourquoi le déguisement de chaque enfant a un sens particulier. Et on retrouve le pauvre Pipkin, de plus en plus mal en point à chaque fois.

Ce roman n'est pas inintéressant sur le plan historique mais il est terriblement décousu. Fait de courts chapitres, il s'appuie sur un schéma répétitif qui m'a fait penser à une promenade dans un parc d'attractions où l'on passerait d'un manège à l'autre sans grande cohérence. Hop ! Allons voir les momies égyptiennes, paf ! Nous voici sur Notre Dame à faire accourir les gargouilles. Il manque un lien entre chaque moment historique mais aussi des personnages plus étoffés pour un vrai plaisir de lecture. Personnellement, je me suis souvent ennuyée malgré un début prometteur (je pense notamment à la maison « vivante »).

J'ai néanmoins découvert à cette occasion les Momies de Guanajuato au Mexique : le cimetière étant devenu trop exigu, on décida d'exhumer certains corps à partir des années 1860. Les propriétés du sol les avaient conservés naturellement. Ces momies (plus d'une centaine) sont désormais exposées dans un musée.

[Billet rédigé en septembre 2016 mais gardé de côté pour un challenge Halloween !]

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159 p

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween, 1972

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09/10/2017

H.P. Lovecraft, La Maison maudite / Celui qui hante la nuit

lovecraft_maison maudite.jpgJ'entretiens un rapport un peu compliqué avec Lovecraft : fascination, répulsion, vif intérêt avant de sombrer parfois dans l'ennui... Cela dépend bien entendu des textes car j'ai déjà fait un certain nombre de tentatives et même choisi Lovecraft comme thématique pour un essai de fin de semestre dans le cadre d'un cours sur la littérature américaine. Mais finalement, plus le temps passe et plus j'apprécie cet auteur dont il me reste finalement tout ou presque à découvrir, tant son répertoire est vaste !

Ce recueil de deux longues nouvelles correspond bien à l'univers lovecraftien que je préfère. Celui de la vieille ville de Providence, avec ses maisons et ses ruelles fascinantes datant d'un à deux siècles. Biscornues, décrépites, mystérieuses, nous invitant à laisser libre cours à notre imagination. 

Premier texte du recueil, La Maison maudite était une relecture pour moi. Intrigué par l'histoire d'une maison à l'abandon dont les occupants sont morts les uns après les autres de façon mystérieuse, le narrateur décide de trouver l'origine de cette malédiction pour y mettre un terme. A ses risques et périls. Un récit qui trouve ses clefs dans le passé, mêlant une approche rationnelle au folklore et à la sorcellerie

J'ai surtout apprécié le côté historique et la description de cette maison horrifiante, un peu moins les scènes finales avec les formes monstrueuses qu'affectionne Lovecraft. Je suis plus fantômes, vampires et sorcières classiques que monstres gigantesques. Question de goût !

Deuxième texte, cette fois-ci une découverte. Dans Celui qui hante la nuit, Lovecraft met en scène un artiste à l'univers très obscur, qui se retraduit notamment dans ses peintures de corps monstrueux. Cet homme observe une colline au loin, toujours dans la ville de Providence. Il est fasciné par un dédale de petites ruelles et surtout, par une masse sombre, une église que même les oiseaux semblent fuir. Il finit par se rendre là-bas. La communauté italienne qui vit à proximité refuse de lui indiquer le bâtiment et rapidement, le narrateur découvre les nombreuses superstitions qui courent autour de cet endroit. Une secte s'y serait établie au XIXe, pratiquant la magie noire et à l'origine de disparitions. L'endroit serait aujourd'hui hanté par un être monstrueux très sensible à la lumière. Et de fait, lorsqu'une panne d'électricité prive la colline d'éclairage, la panique s'empare un soir des habitants et les pousse à s'organiser avec flambeaux, lampes et torches pour tenir éloignée la créature qui vit peut-être dans l'église abandonnée.

Un récit très intéressant et original, qui allie les codes classiques du fantastique à des éléments beaucoup plus modernes. L'ancrage à l'époque de Lovecraft est très marqué, à travers la présence de cette communauté d'immigrés ou encore l'intrusion de la technologie et ces pannes d'électricité du plus bel effet. Et en même temps, force est de constater que le mystère qui entoure la créature ne manque pas de nous inquiéter. Lors de ses explorations, le narrateur nous donne un aperçu de ce qui a pu se passer mais l'information reste imprécise. A la fin, le journal intime incompréhensible soulève encore des questions et invite le lecteur à imaginer une partie de la scène.

Il faut s'habituer à la prose de Lovecraft, volontairement lourde, tortueuse, vieillotte.  Une fois le cap passé, c'est un univers fascinant qui s'offre à nous. A découvrir absolument !

Merci aux éditions Points pour cette lecture.

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D'autres chroniques sur d'autres récits de Lovecraft :

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117 p

H.P. Lovecraft, La Maison maudite (1928), suivi de Celui qui hante la Nuit (1936)

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24/09/2017

Jennifer Egan, Le Donjon

egan_donjon.jpgJe poursuis ma participation au Mois américain avec Le Donjon de Jennifer Egan, un roman surprenant, voire dérangeant qui ne m'a pas laissée indifférente.

Danny et Howard sont cousins. Lorsqu'ils étaient enfants, le premier était adulé, promis à un bel avenir. Le deuxième, adopté, empâté, seul, était jugé avec une certaine réprobation par sa famille.
Tous deux étaient néanmoins plutôt proches au début. Jusqu'à ce que Danny abandonne son cousin dans une grotte après l'avoir précipité dans une nappe d'eau souterraine.

Les années ont passé. Les deux hommes ont désormais la trentaine et leurs rôles se sont inversés. Danny est un looser de New York, obsédé par les moyens de communication modernes, vivant sa vie par procuration et confondant son réseau de connaissances à distance avec la réalité. Perdre son réseau, c'est ne plus exister. A l'opposé, Howard a pris sa retraite de trader à 34 ans pour acheter un château médiéval immense perdu en Europe. Il envisage d'y créer un hôtel tourné vers l'introspection, où les technologies qui font le bonheur de Danny seront interdites.

En parallèle, Ray, un prisonnier incarcéré au Etats-Unis participe à un atelier d'écriture.

J'ai mis un peu de temps à adhérer à cette histoire, je dois bien l'avouer. Bien sûr, le contexte m'intriguait, avec cette forteresse venue d'un autre temps offrant mille possibilités d'exploration, de découvertes historiques, de passages secrets. La piscine où s'étaient noyés des jumeaux. Les pièces délabrées où les objets désuets vieux de quelques dizaines d'années côtoyaient les lits à baldaquin et une végétation reprenant ses droits. Une vieille baronne excentrique, voire carrément folle. Malgré tout, quelque chose dans le style ne correspondait pas à mes goûts personnels (notamment le style volontairement familier avec l'emploi de "mec", "putain" etc) et j'avançais doucement ma lecture.
Puis arrivée au dernier tiers ou presque, les rebondissements, la structure narrative surprenante ont ravivé mon intérêt et c'est avec avidité que j'ai dévoré les cent dernières pages. Un roman habile, qui mêle les ingrédients de la littérature gothique avec un contexte contemporain en total décalage. Sans être un coup de cœur, ce roman fait sans aucun doute partie de mes lectures les plus marquantes au cours de ces derniers mois.

Merci aux éditions Points pour cette étrange découverte.

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312 p

Jennifer Egan, Le Donjon, 2006

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13/09/2017

Richard Brautigan, L'Avortement

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L'été dernier (2016), j'ai lu pour la première fois un roman de David Foenkinos avec grand plaisir, Le Mystère Henri Pick. Le choix du titre évocateur et le sujet m'avaient interpelée et, à une période où je passais mes journées et mes nuits à calmer un bébé aux capacités vocales insoupçonnées, ce livre est devenu un compagnon de route hautement apprécié. Dans ce roman, il est fait allusion à L'Avortement de Richard Brautigan, dans lequel figure une bibliothèque des manuscrits étonnante. Alors, lorsque ma route a croisé celle du roman de Brautigan, je me suis réjouie à l'idée de passer de nouveau un excellent moment.
Malheureusement, si je ne veux pas m'avancer en disant que l'élève a dépassé le maître, l'élève a certainement réussi à m'emporter bien plus facilement.

Dans L'Avortement, le narrateur est bibliothécaire dans un lieu bien spécial : les auteurs qui viennent déposent directement leur manuscrit, qui n'a jamais été publié. Tout est accepté, quels que soient la forme et le sujet, sans limite d'âge pour les auteurs non plus. Le bibliothécaire doit mettre les nouveaux arrivants à l'aise, enregistrer le titre et le nom de chaque livre et inviter l'auteur à placer le nouveau manuscrit où il le souhaite.

Puis entre en scène une jeune femme superbe mais bien gauche, car elle ne sait que faire de toute cette beauté. Elle devient la compagne du bibliothécaire et ne part plus, jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est enceinte. Alors le couple fait appel au seul collègue du narrateur, chargé de l'approvisionner régulièrement et de récupérer son lot de manuscrits de temps en temps pour les stocker ailleurs. Grâce à lui, le couple part au Mexique pour un avortement clandestin.

Malheureusement, je suis passée complètement à côté de ce roman. Je ne doute pas de ses qualités mais nous évoluons tous deux dans des dimensions parallèles (peut-être pas si parallèles que ça d'ailleurs). La première partie centrée sur la bibliothèque m'a plutôt amusée. Le narrateur est lui aussi un personnage décalé, peut-être un peu bizarre - sans aucun doute un critère indispensable pour le poste. En revanche, j'ai trouvé la deuxième partie consacrée au personnage féminin et à l'avortement d'une lourdeur indescriptible. Oui, on a bien compris que Vita est magnifique et que les hommes tombent, ont des accidents à cause d'elle, mais une fois le sujet abordé j'ai trouvé assez pénible de voir le procédé se répéter presque à chaque fois qu'un personnage masculin passe dans les parages. On oublie la bibliothèque dans cette deuxième partie, or c'est pour moi ce qui faisait tout l'intérêt du roman. J'ai bien compris la volonté de l'auteur de produire un texte décalé, avec des commentaires pour le moins inattendus. Néanmoins, la magie n'a pas opéré et j'ai eu du mal à terminer ce livre pourtant devenu un incontournable pour beaucoup.

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Richard Brautigan, L'Avortement, 1973

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29/06/2017

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford

granger_brouillard deptford.jpgJ’attendais avec impatience la sortie du tome 6 de la série Ben Ross et Elizabeth Martin d’Ann Granger, que je continue finalement à poursuivre en français  - ma sensibilité aux belles couvertures n’y est pas pour rien, et pour une fois, les couvertures françaises sont plus réussies. Force est de constater que je suis passée à côté de ce roman.

On retrouve l'inspecteur Ross et son épouse Lizzie, dont les points de vue s'entrecroisent et permettent d'enrichir le récit des aventures de chacun. Si j'apprécie beaucoup ce procédé, j'ai trouvé qu'il fonctionnait nettement moins cette fois-ci. Quelle histoire artificielle !

Une femme est retrouvée morte sur un terrain vague, avec une profonde blessure à la tête. On découvre rapidement qu'il s'agit d'une prêteuse sur gage, ce qui ne lui fait logiquement pas beaucoup d'amis. En parallèle, Lizzie apprend que le futur beau-frère de son cousin Frank Carterton est criblé de dettes contractées auprès d'une prêteuse sur gage. Quelle surprise ! Il s'agit de la femme assassinée. Les soupçons vont donc immédiatement se porter sur le jeune homme, mêlant ainsi indirectement Lizzie à l'enquête puisque sa famille sollicite son aide.

Moi qui adore cette série, je me suis un peu ennuyée cette fois-ci. Trop de coïncidences, à commencer par Lizzie, le jeune homme endetté et sa soeur qui tentent d'entrer chez la prêteuse alors que Ben y est déjà en raison de son assassinat. Une enquête qui tourne en rond et avance poussivement selon le fruit du hasard. On n'explore même pas sérieusement la piste des personnes endettées qui auraient pu chercher à se débarrasser de celle qui menaçait de les faire tomber : il suffit de dire que les reconnaissances de dettes ont disparu pour écarter toute cette piste. Quant aux coupables, je les soupçonnais depuis longtemps, avec une surprise finale qui n'en est pas vraiment une si on a lu quelques mystery novels (je savais bien que le mort n'était pas mort...). On croise moins Lizzie cette fois-ci, le rapport entre son récit et celui de Ben est moins équilibré et c'est bien dommage.

Au passage, dans les notes de bas de page on parle des cinq femmes d'Henri VIII, un peu surprenant à moins de considérer qu'Anne de Clèves est à exclure puisque le mariage fut remis en question une fois la promise découverte (et nettement moins séduisante que ne le laissait présager son portrait)? J'ai toujours entendu parler des six femmes d'Henri VIII...

Dans les points positifs : l'accent mis sur la condition injuste de la bonne de la meurtrière, dont la vie s'annonce sombre en raison d'une arthrite sévère ; un passage touchant où un pauvre bougre illettré est en admiration devant le policier venu noter sa déposition ; une remarque du superintendant qui regrette qu'on ne puisse pas engager Mrs Ross car c'est une femme, avant de dire que cela vaut peut-être mieux car on n'aurait alors plus besoin des services de ces messieurs.

Franchement pas le meilleur opus, tout juste passable même si on retrouve avec plaisir les personnages. J'espère que le prochain tome me séduira davantage !

Je ne suis pas dans une bonne période là, car je lutte aussi avec ma lecture en cours (un vrai ramassis d'idioties malgré un bon départ).

Mes précédentes lectures d'Ann Granger, en VF ou VO selon les tomes :

Lu dans le cadre de la Lecture commune autour d'Ann Granger.

ann granger,mois anglais,le mois anglais 2017,mois le brouillard tombe sur deptford,editions 10-18,grands détectives,romans policiers,romans époque victorienne,angleterre xixe,angleterre époque victorienne,ben & elizabeth ross

 

 

360 p

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford, 2016

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