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05/08/2018

Jennifer Ryan, La Chorale des Dames de Chilbury

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Photo MyLouBook

Repéré pendant le Mois anglais grâce à LadyDoubleH et FondantGrignote, La Chorale des Dames de Chilbury est un roman feel good de bonne facture, comparé par l'éditeur au Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou La Dernière conquête du major Pettigrew. Il devrait également plaire aux amateurs du Manoir de Tyneford, qui traite de la même époque.

1940. La guerre s'étend en Europe. Les soldats anglais partent à leur tour, même si le pays n'a pas encore été attaqué. Le petit village de Chilbury se retrouve sans hommes et le pasteur décide de suspendre la chorale, privée de ses voies masculines. Alors qu'est célébrée une messe en l'honneur du premier disparu (un sale type, au passage), les femmes de Chilbury déplorent cette décision, l'autoritaire Mrs B. tentant de monter au créneau auprès du pasteur. En vain. Mais peu de temps après, Miss Primrose Trent (Prim) vient s'installer dans le village. Musicienne de profession, elle convainc le pasteur de la laisser recréer une chorale, La Chorale des Dames de Chilbury. Cette première étape va donner confiance aux femmes du village qui, peu à peu, vont évoluer et oser s'affirmer face à la guerre et aux hommes, dont l'autorité, voire dans un cas précis le despotisme, sont totalement remis en question.

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Formé de lettres, de journaux intimes, d'annonces dans la presse ou à la mairie, ce roman met en avant des personnages variés dont la complexité ou les failles vont être mis en lumière ou questionnés par cette production croisée. Ce que l'on tient pour acquis au début du récit est progressivement nuancé par la suite. Les personnages féminins évoluent lorsqu'ils sont confrontés à des évènements dans leur vie en temps de guerre. Les circonstances vont permettre à certaines de se découvrir une dose de courage insoupçonnée, ou tout simplement, les aider à donner des priorités à leur vie, quitte à remettre en cause les habitudes, les conventions et ce que l'on peut attendre d'elles.

Evidemment, comme dans tout Feel good qui se respecte, il y aura de l'amitié, de l'amour, des déconvenues, quelques passages dramatiques. Les ingrédients sont là et la recette est réussie... point trop léger, ce roman qui ne manque pas de charme et d'humour est habilement construit et laisse peu de répit au lecteur. Difficile de le reposer! Un très joli moment de lecture, à savourer sans se priver dès cet été !

Deux avis découverts depuis : LadyRomance et Une Française dans la Lune.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte !

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Ce sera ma dernière participation tardive au Mois anglais, avant le billet de bilan... mais aussi une nouvelle participation au challenge de Soukee.

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460 p

Jennifer Ryan, La Chorale des Dames de Chilbury, 2018

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21/07/2018

Ian McEwan, My Purple Scented novel

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Le week-end dernier, alors que je profitais de l'incontournable virée au Waterstones de Picadilly, mon oeil innocent s'est posé sur une pile de livres au petit format peu épais. La couverture était faite pour séduire les amoureux des livres et le titre poétique délicieusement mystérieux. Quand j'ai vu qu'il s'agissait d'une nouvelle de Ian McEwan, je me suis emparée de ce curieux objet sans même essayer d'en savoir plus sur son contenu, impatiente d'être surprise.

My Purple Scented novel nous présente deux amis inséparables devenus auteurs. Les deux jeunes gens ont étudié ensemble, ont partagé leurs débuts de carrière, lu les mêmes livres et découvert et critiqué leurs proses respectives dans un esprit de camaraderie et d'ouverture constructif. Ils ont partagé leurs partenaires, laissé croire qu'ils menaient une relation homosexuelle débridée sans que leurs tentatives de ce côté-là ne les convainquent vraiment. Puis le narrateur (Parker) s'est marié, a fondé une famille, est devenu enseignant, s'est progressivement éloigné de Londres et a continué à publier quelques romans plutôt bien accueillis par la critique, mais sans succès commercial. A l'inverse, après avoir écrit un scénario pour la télévision, son ami Jocelyn est devenu célèbre, ses romans ont connu le succès et lui ont permis de mener une existence luxueuse dans une maison au coeur de Londres, entouré du gratin littéraire et artistique de l'époque.

Cette nouvelle fait référence à un roman de Martin Amis que je serais désormais curieuse de lire, The Information. Dans ce roman, deux amis s'amusent à imaginer les meilleures façons dont un auteur pourrait en anéantir un autre. C'est cette idée que va développer Ian McEwan, qui donne le ton dès le début : "His rise coincided with, though did not cause, my decline. Then his descent was my earthly triumph" (p1). C'est la démonstration de cette affirmation que nous suivrons tout au long de cette nouvelle cruelle et menée d'une main de maître par un Ian McEwan que je découvre pour la première fois en tant que nouvelliste. A glisser sans hésitation dans votre sac de plage ou à déguster un verre de Pimm's à la main cet été ! Et je vous quitte sur le mot de la fin : "Cheers !"

34 p

Ian McEwan, My Purple Scented novel, 2016

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08/07/2018

Angela Huth, Valse-Hésitation

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J'enfoncerai une porte ouverte en rappelant à quel point nos lectures sont soumises à notre état d'esprit du moment. Mais rien ne saurait mieux expliquer mon rapport à ce roman de jeunesse d'Angela Huth récemment publié aux Editions de la Table Ronde. Il m'a fallu plusieurs jours pour arriver poussivement à bout des 80 premières pages avant de renoncer au profit d'une autre lecture. Valse-Hésitation n'est pas le seul livre à avoir connu ce sort au cours des deux derniers mois. Puis hier, plus d'un mois après, voilà que je reprends ma lecture et que je dévore en deux jours le roman jusqu'à la dernière page. Mieux vaut se laisser du temps parfois, plutôt que de s'acharner sans plaisir aucun et de passer à côté d'un beau roman.

Dans Valse-Hésitation, nous faisons la connaissance de Clare, une jeune femme qui vient de se rendre aux obsèques de son premier mari, un officier de marine. Clare était presque adolescente lors de ce premier mariage, la "femme-enfant" d'un homme finalement plus porté sur les femmes aux courbes généreuses, ce qui l'a finalement conduit à s'installer avec une Espagnole plus âgée que Clare.

Depuis, Clare a épousé Jonathan, qui se veut écrivain et constitue un mari attentionné, aimant, mais trop envahissant et bourré d'idées préconçues sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, qu'il s'agisse du menu le jour des noces ou de la décoration de la cuisine, en passant par la gestion des glaçons. Au début de ce roman, à la demande de Clare, le couple s'est séparé pour six mois le temps de réfléchir à leur relation et à leur avenir, commun ou non. Jonathan est parti très déprimé et s'est installé dans une mansarde à Rome. Clare vit dans leur maison de Kensington, tournant en rond dans un décor qui l'exaspère.

Cette période va être marquée par deux rencontres. Celle de Mrs Fox, une vieille dame pleine de surprises, et de Joshua, qui réalise des reportages et la fascine dès le premier soir par son comportement détaché et déconcertant. Joshua va rapidement devenir son amant, on s'en doute, sous les yeux bienveillants de Mrs Fox qui recommande de prendre un amant jeune plutôt que de courir le risque d'une névrose sur le tard. C'est cette parenthèse de six mois que nous vivrons avec Clare, dont nous entrevoyons également les souvenirs de ses précédents mariages, souvent lorsqu'elle revit avec Joshua des situations parallèles.

Je m'attendais à la fin après avoir lu La vie rêvée de Virginia Fly : on ne peut pas dire qu'Angela Huth épargne ses personnages. Elle ne leur laisse aucune chance et les conduit tranquillement à la chute que l'on devine, dans un récit qui ferait une délicieuse pièce de théâtre, pleine de mordant. Les protagonistes vivent des bouleversements tout en masquant de nombreuses émotions, tentent de vivre spontanément et de saisir l'instant : excès de vitesse en voiture, musique tonitruante, escapade sur la côte dans une pension miteuse, une dernière soirée passée à danser sur la plage au son de When I'm 64, joué par un homme-orchestre... Des instants de vie qui, pris bout à bout, dessinent le portrait d'une Clare moins indépendante qu'on ne le croyait. Un roman où l'on sent également vibrer l'époque (fin des sixties ou début des seventies), d'autant plus mise en avant par le personnage de Mrs Fox, qui a traversé le siècle avec beaucoup de panache et qui aujourd'hui, écoute autant de la musique classique que les Beatles, met le volume à fond et se rend à des manifestations publiques histoire de vivre des émotions et de prendre part à l'évènement, quel qu'il soit.

Valse-Hésitation est un roman délicieusement anglais, qui parvient à faire de la vie d'une femme malheureuse en amour une comédie féroce et fort réjouissante.

Merci aux éditions de la Table Ronde pour cette découverte !

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229 p

Angela Huth, Valse-Hésitation, 1970

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29/06/2018

Laura Powell, Alice à votre service !, T1, Complot contre la Duchesse

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Il y a deux semaines, dans le cadre du Read-a-thon, voyant que je n'avançais pas dans mes lectures, je me suis tournée vers un roman jeunesse à la jolie couverture gothique, Complot contre la Duchesse. Un livre plus éloigné de mes habitudes de lecture que je ne le pensais, mais qui s'est avéré une belle surprise.

read-a-thon,le mois anglais

Alice a perdu ses parents dans un naufrage et grandi en étant formée pour devenir domestique. Malgré son jeune âge, elle excelle dans son métier et sait faire preuve d'une grande discrétion. Ceci lui vaut une proposition en or : devenir la femme de chambre de son Altesse Royale la duchesse Charlotte, dans un pays étranger (une espèce de mini-pays dans un coin d'Europe que j'ai calé entre la Suisse et l'Allemagne d'après les descriptions). Avec son départ, on l'alerte de l'humeur fantasque de la duchesse, qui est persuadée que son oncle Leopold fomente un complot pour la mettre à l'écart et prendre la tête du duché. 

Si Charlotte est irascible, Alice ne tarde pas à accorder un certain crédit à ses accusations. L'oncle Leopold est bien trop sirupeux pour être honnête, et son fidèle domestique surgit toujours discrètement de nulle part, telle une ombre planant sur la duchesse et sa plus proche domestique. Si l'on ajoute à cela une légende qui veut qu'un dragon revienne régulièrement prendre son tribu de vies humaines et détruire les récoltes, et que le seul moyen de l'apaiser est de lui donner une princesse en pâture , nous avons de quoi nous inquiéter pour la duchesse Charlotte !

Si je ne suis pas une grande amatrice de dragons et du type de récits qui les accompagne bien souvent, j'ai été séduite par ce qui s'annonce comme le premier opus d'une série. Personnages bien campés dans l'ensemble, un château laid et inquiétant avec ses multiples recoins, un dragon dont on ne sait pas s'il existe ou non, quelques individus malfaisants inquiétants à souhait, des influences galloises, des légendes médiévales, le tout avec une intrigue bien menée... que demander de plus ? Et Alice revenant à Londres à la fin du roman et se voyant proposer un poste dans une autre maison à problèmes, on peut s'attendre à de nouvelles aventures un brin fantastiques. Je guetterai la suite avec plaisir !

Si la thématique Upstairs Downstairs vous intéresse, la série de romans jeunesse Rose en 4 tomes pourrait elle aussi vous plaire.

L'avis de Maho.

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259 p

Laura Powell, Alice à votre service !, T1, Complot contre la Duchesse, 2017

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27/06/2018

Roald Dahl, La Potion magique de Georges Bouillon

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Comme je commence à lire des romans courts à Petite Lou, jusqu'ici habituée aux albums jeunesse, j'ai rapidement eu envie de retrouver mon amour de jeunesse Roald Dahl. N'ayant pas encore eu l'occasion de fouiller dans les cartons de livres qui nous attendent sagement chez mes parents, j'ai opté pour un livre que je ne crois pas avoir lu enfant - à moins que je ne l'aie oublié.

Dans La Potion magique de Georges Bouillon, ledit Georges se retrouve un jour seul à la maison avec sa grand-mère maternelle acariâtre qui, non contente d'être une empêcheuse de tourner en rond, prend un malin plaisir à l'effrayer en prétendant être une sorcière et avoir des pouvoirs. Georges décide de remplacer son remède habituel par une autre potion. Il mélange donc tout ce qu'il trouve dans les différentes pièces de la maison, des remèdes pour animaux aux produits capillaires en passant par la peinture et bien d'autres ingrédients improbables et hautement toxiques.

On pourrait s'attendre à ce que cette potion fasse passer la mégère de vie à trépas, mais ses effets sont plus surprenants...

Un livre court où l'on retrouve l'empreinte humoristique de Roald Dahl, même si ce n'est pas mon titre favori. J'ai été surprise par la richesse du vocabulaire. Ce texte est bien plus exigeant que la plupart des titres jeunesse plus récents que j'ai eu l'occasion de lire. C'est sans doute ce que j'ai le plus apprécié : savourer ce texte truculent et mettre l'accent sur les associations de sonorités lors de ma lecture à voix haute. Bien sympathique, et cela confirme qu'on n'est jamais trop grand pour lire et relire Roald Dahl. De lui, j'ai seulement présenté les Selected Ghost stories, choisies et non écrites par Roald Dahl - mon deuxième billet de blog, en 2006 !

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118 p

Roald Dahl, La Potion magique de Georges Bouillon, 1981


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25/06/2018

Patricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes

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1909. La jeune Connie Carew est orpheline et vit dans une grande maison mal entretenue d'un quartier aisé de Londres, avec ses deux tantes et son oncle par alliance. Connie rêve de devenir anthropologue. Pour se préparer à son futur métier, elle visite assidument le British museum et prend des notes sur ses congénères, à commencer par sa famille. Aunt Sylvie est une drôle de femme chauve aux habits extravagants, qui vit dans son monde, persuadée de communiquer avec des absents ou de sentir ou deviner certaines choses. Aunt Dorothea est accablée par la disparition de sa fille Ida il y a des années de cela, alors qu'elle était bébé. Son deuxième mari, Mr Thurston, est un personnage désagréable qui régente tout son entourage avec autorité et mauvaise humeur. 

Lorsque s'ouvre le roman, Connie se rend avec ses deux tantes à une séance de spiritisme, où le retour proche de la jeune Ida leur est annoncé. Et peu de temps après, une jeune femme frappe à la porte des domestiques pour postuler à un emploi chez eux. Son prénom et un médaillon qu'elle porte persuadent Aunt Dorothea de son identité : l'enfant tant attendu est revenu. La vie dans la maison est alors chamboulée. Aunt Dorothea quitte ses tenues sombres et se remet à sortir, ce qui n'est pas pour plaire à son époux, visiblement plutôt satisfait d'avoir une femme souffreteuse à la maison. Quant à Ida, elle est belle, chante divinement bien et son franc-parler peu raffiné fait finalement d'elle la coqueluche de la bonne société, qui trouve tout cela bien rafraîchissant. Ida devant hériter d'une grande fortune, la presse avait couvert sa disparition et s'empresse de la remettre à l'honneur. Au milieu de toute cette effervescence, seule Connie a des doutes sur la véritable identité de sa cousine retrouvée. Qui plus est, elle a remarqué qu'elle était suivie par un homme inquiétant. Que lui veut-il ? Est-elle en danger ? La jeune Connie va mener l'enquête.

Ce roman jeunesse m'avait attiré avec sa jolie couverture, j'ai un peu hésité à le lire et force est de constater qu'il s'agit d'une belle surprise. Connie est jeune mais futée et courageuse, sans avoir le côté écervelé ou téméraire d'autres héroïnes de ce type de romans. Sa maison offre un cadre intrigant, avec ces tâches d'humidité qui évoquent des visages monstrueux et qui semblent l'observer dans sa mansarde. Certains personnages sont rocambolesques, d'autres moins mais tous ont leur caractère et leurs aspérités. Une intrigue bien menée, un peu d'aventure, de l'amitié, un cadre édouardien et un soupçon de spiritisme, voilà qui fait au final un cocktail savoureux ! J'ai vu récemment que ce roman et le suivant ont été traduits en français (comme la question m'est parfois posée quand je lis en anglais). On en redemande !

Une participation au rendez-vous Roman historique du jour.

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298 p

Patricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes, 2015

logo mois anglais 2018.jpgPatricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes, le mois anglais, challenge british mysteries, époque édouardienne, angleterre, angleterre  debut xxe, roman jeunesse anglais, spiritisme

19/06/2018

Agatha Christie, La Dernière Enigme

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Ce n'est pas une ghost story à proprement parler mais j'ai failli y croire au début... Avec La Dernière Enigme, Agatha Christie nous amène en bord de mer, à Dillmouth, où la jeune Gwenda Halliday-Reed achète une maison en attendant l'arrivée de son époux. Tous deux viennent de Nouvelle-Zélande mais cherchent à s'installer en Angleterre. Gwenda jette son dévolu sur Hillside, une vieille maison située non loin du bord de mer. Néanmoins, lors de la visite, elle est saisie d'un moment d'effroi et demande à la propriétaire si la maison est hantée. Elle décide tout de même d'acheter la demeure et s'y sent très bien dès son arrivée. Elle semble en effet se retrouver chez elle. Malgré tout, des évènements bizarres se succèdent. De drôles d'impression. Cette envie systématique de passer entre deux pièces par une porte qui n'existe pas. Cette idée de décoration dans une chambre, avec un papier très particulier... qu'elle retrouve avec frayeur lorsqu'un placard condamné est enfin forcé par des ouvriers. Puis Gwenda se rend à Londres et lors d'une pièce, dans un accès de terreur, elle est persuadée d'avoir eu la vision d'une femme étranglée au pied de l'escalier de sa nouvelle maison.

Lorsqu'elle rentre chez elle et que son mari la rejoint, Gwenda va réaliser qu'il y a matière à mener l'enquête. Qui est la femme assassinée dans la maison ? Qui l'a tuée ? Une enquête menée avec l'aide de Miss Marple, qui résout là sa dernière énigme.

J'avais commencé ce roman au mois de mars, puis (le croirez-vous ?) j'ai égaré mon exemplaire, à force d'empiler livres et dessins de Petite Lou aux endroits les plus improbables. Après une fouille archéologique un soir, j'ai retrouvé mon roman et lu les 120 dernières pages d'une traite le lendemain.

Je ne suis pas une grand lectrice de cette chère Agatha, du moins comparée à d'autres amateurs. J'ai eu ma période quand j'étais adolescente et depuis, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas été très constante dans mes lectures... Et pourtant, depuis que je tiens ce blog, je me suis  notamment régalée avec Mon Petit Doigt m'a dit et, dans une moindre mesure, avec L'Hôtel Bertram ou La Maison biscornue. Ce nouveau titre me montre encore le plaisir que j'ai à retrouver l'univers cozy d'Agatha Christie. Assaisonnée ici d'une pointe de surnaturel avec ces débuts aux allures d'histoire de fantôme, La Dernière Enigme avait vraiment tout pour me plaire. Ajoutons aux points positifs le cadre, en bord de mer, avec quelques escapades dans le Northumberland ou Londres. Je n'ai maintenant qu'une envie : sortir un autre de ses titres de ma PAL !

253 p

Agatha Christie, La Dernière Enigme, 1976

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12/06/2018

Agatha Frost, Peridale Cafe T2, Lemonade and Lies

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Pour notre rendez-vous spécial Agatha (Agatha Christie, Raisin ou Frost), j'ai jeté mon dévolu sur le 2e tome de Peridale Café Cozy Mystery, Lemonade and Lies. J'aime toujours autant le titre et la couverture judicieusement associée !

Après sa première enquête, Julia South voit sa vie prendre un nouveau tour. Elle a recueilli Jessie, jeune SDF, en lui proposant de travailler pour elle et de louer sa chambre d'amis pour un prix symbolique. Elle prévoit un premier rendez-vous avec le séduisant inspecteur, Barker. Bref, tout s'annonce bien pour elle... si ce n'est qu'elle reçoit une invitation horriblement parfumée de Katie Wellington-South, la nouvelle femme de son père. Après le décès de sa première épouse, Brian South a confié ses deux filles à la garde de leur grand-mère avant de vivre sa vie, pour finalement épouser une jeune héritière superficielle de l'âge de Julia. Comble de l'horreur, Katie annonce dans l'invitation avoir une annonce à faire. Un bébé serait-il en vue ?

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Forcée de se rendre dans le manoir de celle qu'elle ne veut pas appeler sa belle-mère, Julia retrouve tout le village, réuni pour profiter de la nourriture gratuite et en attente de ragots. L'ambiance retombe quand il s'avère que Katie souhaite seulement leur parler de l'ouverture d'un spa. Puis Charles, le frère de Katie, est défenestré. Voilà de quoi alimenter les discussions à Peridale pour quelques semaines !

Julia ne peut pas s'empêcher de relever quelques indices et de tenter de démontrer de nouveau à Barker qu'elle est plus perspicace que lui. Elle va donc mener l'enquête en parallèle mais, compte tenu de leur relation naissante, elle va finir par collaborer davantage avec la police. Julia est une bonne observatrice mais il faut aussi dire qu'elle bénéficie d'une part de chance dans ses enquêtes, surprenant par hasard des conversations intéressantes, ou tombant sur des preuves en ouvrant la poubelle du meurtrier, parce qu'elle a cassé un mug chez lui et veut jeter les morceaux ! Cette fois-ci sa témérité la mettra davantage en danger.

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Premier ressenti confirmé avec ce 2e opus. C'est léger, l'enquête est assez simple mais on savoure surtout l'ambiance cozy et pleine de fraîcheur. Après quelques jours loin de Peridale, j'ai lu hier soir le premier chapitre du tome suivant avant de m'endormir. On peut dire que c'est une série facilement addictive !

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224 p

Agatha Frost, Peridale Cafe T2, Lemonade and Lies, 2017

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05/06/2018

Harriet Muncaster, Isadora Moon fait des bêtises

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Récemment à la recherche d'un court roman à lire à Petite Lou, pour varier des albums, je suis tombée sur cette série à la couverture tricolore : noire, rose, avec des touches de blanc. Si vous aimez ce style graphique, ce livre devrait vous combler car les nombreuses illustrations accompagnant l'histoire sont à l'image de la couverture, couleurs comprises.

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Isadora Moon est une petite fée-vampire, fille d'un papa vampire et d'une maman fée. Papa vampire boit du jus rouge, a un petit côté coquet de dandy et prend son petit déjeuner le soir, comme tout vampire qui se respecte. Maman fée a l'air de gérer beaucoup de choses pour le foyer, mais sa baguette magique l'aide bien. Un couple harmonieux et moderne, qui brise les codes habituels!

Dans ce roman, Isadora accueille sa cousine Mirabelle pendant les vacances de celle-ci. La cousine sorcière est sympathique mais a toujours des idées qui les amènent à faire des bêtises. Comme celle de créer un dragon pour le présenter comme un animal domestique à l'école. Des jeux qui dérapent et entraînent Isadora dans des ennuis dont elle se serait passée.

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Une histoire mignonne aux dessins espiègles et tendres, destinée aux jeunes apprentis lecteurs et savourée par Petite Lou lors d'une lecture à voix haute. Les dessins fourmillent de détails ludiques, dans un style tout en rondeur bien loin d'effrayer les bébés vampires. Nous lirons probablement d'autres titres de cette série et relirons ce texte-ci qui, avec ses quelques chapitres, peut être lui en plusieurs soirs.

L'auteur Harriet Muncaster est un peu à l'image de la cousine d'Isadora : habits noirs et cheveux roses.

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123 p

Harriet Muncaster, Isadora Moon fait des bêtises, 2017

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04/06/2018

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death

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Au mois de février, j'ai craqué pour cette belle couverture lors d'un voyage à Londres et je suis revenue avec les deux premiers tomes de la série The Dales Detective series. J'ai choisi le premier tome pour m'accompagner au mois de mai lors d'une dizaine de jours dans le Yorkshire. Nous ne logions pas dans les Dales mais y avons fait une randonnée par une superbe journée.

Voilà pour l'anecdote. Pour ce qui est de cette série qui est également sortie récemment en français, vous y trouverez tous les ingrédients indispensables aux cosy mysteries, les petites vieilles bavardes incluses, la dentelle en moins. Ici nous sommes dans un village au fin fond du Yorkshire, les habitants sont nettement plus bruts de décoffrage. Entre la femme de ménage qui recadre les clients peu soigneux ou le patron de pub maussade, le tout avec un fond de vent et de pluie et une ruralité au quotidien parfois difficile, et vous aurez un environnement nettement plus rude que ceux auxquels nous ont habitué d'autres auteurs. 

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Dans ce contexte, l'ancien rebelle Samson revient dans son village natal après avoir été mis à pied de la police de Londres. Personne n'est au courant des conditions de son retour, même si Samson est de toute façon persona non grata depuis son départ brutal et son absence lors du décès de son meilleur ami. Lorsque le jeune homme ouvre une agence de détective, tout le monde lui rit au nez. Qui pourrait bien avoir besoin de lui dans un bled où il ne se passe jamais rien ? Mais justement, le jour-même, la mère d'un universitaire vient faire appel à ses services. Elle ne croit pas à la thèse du suicide, son fils s'étant en théorie jeté sous un train au petit matin. Bientôt, d'autres morts accidentelles se produisent. Hasard ou plan machiavélique ? Samson va mener l'enquête, mais aussi sa logeuse Delilah, soeur de son meilleur ami et surtout, propriétaire de l'agence de rencontres du village. Dont les clients disparaissent dans de fâcheuses circonstances...

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Une série très prometteuse, que j'ai adoré savourer dans un cottage anglais. Les personnalités sont originales et bien creusées. Le cadre sauvage et superbe des Dales est bien restitué et on retrouve bien l'ambiance un peu abrupte mais sympathique qui caractérise la région. Les petits détails ne manquent pas pour donner vie à ce village où tout le monde se connaît et où la femme d'un universitaire s'est vue simplement mariée "au fils du boucher" en revenant s'installer dans la région. Il y a beaucoup de vérité et d'humour dans la façon dont l'auteur croque ses personnages, et notamment les personnages secondaires qui donnent plus d'aspérité au récit.

J'ai ri en tombant sur ce Travel Guide recommandant une lecture accompagnée d'un Yorkshire Tea et d'un Fat Rascal de chez Betty's Tea Room... exactement ce que j'ai fait ! Le Fat Rascal est un délice et j'ai encore beaucoup de sachets de Yorkshire Tea en prévision des prochains tomes. Ah oui, last but not least, la romance que l'on pressent n'est en aucun cas omniprésente. Pas de mièvrerie dans ce roman et ça, on aime bien ! A bientôt avec les tomes suivants...

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373 p

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death, 2017

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01/06/2018

Agatha Frost, Peridale Café T1, Pancakes and corpses

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En ce début de Mois anglais j'ai des envies de légèreté. Pour l'instant j'ai lu deux romans jeunesse et deux cozy mysteries (un 3e est en cours). Commençons donc par présenter Agatha Frost, découverte récemment sur une recommandation de Goodreads

Julia South est revenue à Peridale dans les Cotswolds après avoir été quittée par son mari, avec qui elle vivait depuis des années. A 37 ans, elle possède désormais un petit cottage, roule en Ford Anglia bleue (acqua blue), porte des robes vintage et tient son propre café. L'affaire marche bien et Julia est réputée pour ses talents de pâtissière. Lorsque s'ouvre le premier roman, un nouveau voisin vient d'emménager dans un cottage bradé aux enchères. Mais sa belle allure et son statut d'inspecteur qu'on découvrira très vite rendent les villageois indulgents. Il faut aussi savoir que Peridale étant un petit village où vivent certaines familles depuis longtemps, tout se sait, tout se commente. D'ailleurs, Julia est très bien placée pour entendre les ragots de par son métier.

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Il est plus particulièrement question dans ce roman de Gertrude Smith, organiste de la paroisse et vieille bique malfaisante. Après en avoir brossé un portrait peu flatteur, l'auteur décide de l'assassiner. Roxy, la meilleure amie de Julia, semble être la coupable idéale. Julia se met donc à enquêter et compte bien damer le pion au séduisant inspecteur un peu trop méprisant à son goût.

La couverture fraîche et amusante est à l'image de ce roman léger qui se lit d'une traite. On est loin d'Agatha Raisin dans cette série où, pour l'instant, j'ai simplement fait le tour du village au lieu de me balader dans la région, en compagnie d'une jeune femme douce et non d'une cinquantenaire un brin revêche. Difficile pourtant de ne pas faire de comparaison entre les deux séries. Si les personnages des Peridale Café cozy mysteries sont un peu plus lisses, j'ai savouré Pancake and corpses un thé à la main en ressentant une sympathie immédiate pour cette Julia South qui a les pieds sur terre et pourtant, vit aussi un peu hors du temps. L'intrigue est simple et Julia a parfois de la chance dans les révélations qu'elle surprend, tandis que l'inspecteur est transparent en ce qui concerne l'enquête... on espère que son rôle sera amené à évoluer dans les prochains romans pour que les deux enquêteurs constituent davantage un tandem ! Malgré cette réserve je recommande cette série à tous ceux qui cherchent une lecture délassante et so British. Je suis d'ailleurs en train de lire la suite, dont je devrais vous parler d'ici peu !

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Agatha Frost a l'air de publier ses romans à un rythme étourdissant, il semblerait que la première publication ait eu lieu début 2017, or la série est déjà bien avancée.

212 p

Agatha Frost, Peridale Café Cozy Mystery T1, Pancakes and corpses, 2017

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21/05/2018

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger

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Retrouver Tracy Chevalier, c'est avoir l'assurance d'un roman historique dépaysant et minutieusement documenté, fluide et agréable à lire. Je n'en attendais pas moins avant de débuter À l'Orée du Verger, dont la jolie couverture n'était pas pour me déplaire. J'attends avec impatience son prochain roman qui se déroulera à Winchester dans les années 1930. Cela fait plusieurs mois que je l'ai repéré sur son blog, mais il va falloir être patiente car il est toujours en cours d'écriture. Remarquez, ce ne sont pas les titres de cet auteur qui manquent dans ma PAL... et cette dernière lecture a aiguisé mon appétit en la matière.

Les Goodenough ont dû quitter le Connecticut, faute de terres à allouer à l'un des plus jeunes fils, James. Lui et sa femme Sadie ont donc fait route vers l'Ouest avant de s'embourber assez vite dans le Black Swamp, zone marécageuse où James a bien du mal à faire pousser les 50 pommiers règlementaires qui lui permettront de devenir définitivement propriétaire de ses terres. La vie y est pénible. Chaque été, la fièvre s'empare de la plupart des habitants et peu à peu, des dix enfants Goodenough il ne reste plus que deux filles et trois garçons. Parmi les enfants, deux nous sont plus sympathiques : la maladive et douce Martha et Robert, garçon sérieux au regard direct. Les autres enfants semblent avoir hérité des traits moins flatteurs de leurs parents qui, mariés précipitamment puis livrés à eux-mêmes dans cette région épouvantable, en sont venus à se détester. En effet, les deux époux se provoquent continuellement, la situation s'envenimant de plus en plus au fil du récit.

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, at the edge of the orchard, littérature américaine, redwoods, billie lapham, pionniers, johnny appleseed, éditions folio, editions quai voltaire

Voilà pour la première partie de ce récit, que j'ai lue assez lentement : je ne partageais pas la passion de James pour les pommiers, tandis que Sadie m'était extrêmement antipathique. C'est un personnage certes malheureux, mais qui n'a pas grand-chose pour la racheter tant elle est mauvaise avec les siens - notamment ses enfants. Puis le récit est brutalement interrompu par des lettres de Robert à ses frères et soeurs : pourquoi est-il parti? Pourquoi n'écrit-il qu'à ses frères et soeurs? Cette série de lettres sème le doute et relance complètement la narration. Ce ne sera pas le seul changement de mode narratif, plusieurs histoires se dessinant et se rejoignant peu à peu.

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Si j'ai mis un peu de temps à entrer dans ce roman, j'ai dévoré les  130 ou 140 dernières pages hier avec avidité. J'aime les romans historiques mais ne me passionne pas particulièrement pour l'époque de la ruée vers l'or et de la Conquête de l'Ouest. Pourtant, j'ai trouvé beaucoup d'intérêt à ce roman aux personnages très tranchés et aux métiers parfois peu conventionnels pour l'époque. Le cadre est soigneusement travaillé : la découverte des redwoods, ces arbres géants, John Appleseed dont on fait la connaissance, les débuts du tourisme, l'essor des grandes villes...

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, at the edge of the orchard, littérature américaine, redwoods, billie lapham, pionniers, johnny appleseed, éditions folio, editions quai voltaire

Si le roman se passe essentiellement dans la nature, c'est l'histoire plus globale des Etats-Unis que l'on retrouve ici, avec un XIXe fait de migrations incessantes et d'évolutions non négligeables dans la société. Comme San Francisco, ville masculine où les rares femmes à y avoir élu domicile ont la possibilité de vivre comme bon leur semble, au mépris des convenances et du carcan qui leur sont imposés plus à l'Est. Sans parler de la crasse ou des saloons peu fréquentés dans ce roman, qui, en toile de fond, rappellent l'incroyable diversité du paysage américain à l'époque.

Merci aux éditions Folio pour cette découverte.

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390 p

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, 2016

26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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21/03/2018

Holly Webb, Rose, Série en 4 tomes

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Grâce à Pedro Pan Rabbit, je me suis régalée avec cette série de 4 romans jeunesse, Rose de Holly Webb. Nous plongeons dans une Londres qu'on imagine au XIXe ou au début du XXe. Le roi tel qu'il était décrit me faisait penser au Prince consort Albert. On retrouve beaucoup d'ingrédients chers aux romans dont l'action se déroule à cette époque : les dures conditions de vie à l'orphelinat, l'espoir de trouver un métier respectable, la vie de domestique, enviable par rapport aux nombreux métiers de la rue mais exténuante au quotidien et faite de rivalités. On peut penser notamment aux romans de Mary Hooper Velvet et Waterloo Necropolis, où de jeunes femmes isolées font leur possible pour continuer à payer une pension, conserver un travail détestable, mais honorable.

Rose et la maison du magicien (286 p) : Rose vit dans un orphelinat où le quotidien est insipide et fait de corvées, mais dont la responsable fait preuve d'humanité et où Rose a une amie. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle sait faire apparaître des images sur des surfaces brillantes. Peu de temps après, une gouvernante vient l'embaucher pour travailler au service de Mr Fountain, éminent magicien de la cour. Un roman dans lequel il est aussi question de disparitions d'enfants et d'une sorcière maléfique qui, cette fois-ci, m'a fait penser aux aventures de Penelope Tredwell (Douze minutes avant minuit).

[Pour la suite, spoilers si vous n'avez pas lu le tome précédent]

Rose et la princesse disparue (279 p) : Mr Fountain sait désormais que Rose est une magicienne. Elle continue à travailler comme femme de chambre mais devient aussi son apprentie, au même titre que Freddy, vexé d'être moins doué que sa nouvelle partenaire. La princesse chérie de la nation est menacée et Rose est amenée au palais pour lui servir de garde du corps dans le plus grand secret. Mais la princesse est enlevée et la mission de Rose devient de plus en plus périlleuse. En même temps, un froid polaire s'abat sur Londres et un magicien distribue des boules de neige enchantées qui font une drôle d'impression à la jeune Rose...

Rose et le masque vénitien (250 p) : un masque précieux a disparu au palais. Celui qui le portera pourra acquérir une puissance absolue et il est clair que les Talisiens ont toujours l'ambition d'envahir l'Angleterre. Rose, Freddy, Mr Fountain et sa jeune fille vont partir ensemble à Venise où ils pensent retrouver l'auteur du vol. Une aventure dangereuse pour chacun d'entre eux, et l'occasion d'une rencontre avec une vieille dame, Miss Fell, qui semble avoir des soupçons sur l'identité de Rose.

Rose et le fantôme du miroir (251 p) : Un dernier tome davantage centré sur Rose, même si la menace d'invasion par les Talisiens est dans tous les esprits à leur retour d'Italie. Egalement instruite par Miss Fell, Rose va en apprendre davantage sur son passé.

[Fin des spoilers]

Quatre jolis romans qui se lisent d'une traite. J'ai préféré le premier, pour la découverte de l'univers et le cadre très londonien, et le dernier pour l'intrigue centrée autour de l'identité de Rose après plusieurs complots déjoués. Cependant, chaque livre a ses moments forts et ses aspérités, et c'est aussi le cas du tome 2 avec un hiver de glace fascinant et du tome 3 avec la mystérieuse Venise, cadre idéal pour une lutte entre magiciens. L'intrigue se met aisément en place et si la fin tombe assez rapidement, le plaisir n'est en rien gâché car ce sont avant tout les protagonistes et l'ambiance qui portent ces récits. Les personnages sont bien croqués, complémentaires les uns des autres - et je me suis réjouie de constater que la présence de deux jeunes garçons autour de Rose ne faisait pas prendre un tour mièvre à l'histoire. Une charmante découverte, faite d'amitié, d'entraide, de magie et de nombreux rebondissements.

L'avis de Des livres, des livres ! et de Pedro Pan Rabbit (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez aussi lu cette série).

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Holly Webb, Rose, 4 tomes, 2009-2011

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18/03/2018

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham

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Nouvelle enquête pour Agatha Raisin, et un peu d'inédit puisque dans ce tome, James Lacey n'apparaît qu'à la dernière page ou presque. Parti en voyage on ne sait où, James va laisser toute sa place à Agatha qui, cette fois-ci, sera accompagnée de Sir Charles Fraith, cet aristocrate que l'on croise régulièrement depuis leur rencontre dans Randonnée mortelle.

Sans James, Agatha se morfond dans son cottage et, comble du désespoir, se découvre de premiers cheveux gris. Elle tente d'y remédier elle-même mais se retrouve avec des cheveux violets... heureusement, la femme du pasteur, Mrs Bloxby, lui recommande un certain Mr John, dont on dit beaucoup de bien. Agatha se rend donc à Evesham, dans un salon bondé où le très séduisant Mr John oeuvre avec art pour un résultat capillaire au-delà de ses espérances. Dans ce salon, on surprend les conversations les plus étonnantes : toutes les femmes d'âge mûr qui s'y rendent adorent se confier à leur coiffeur, qui est aux petits soins avec elles. Et depuis les toilettes, Agatha surprend une dispute entre un homme et une femme, qui se termine par une menace de mort. Très vite, Agatha soupçonne Mr John d'être un maître-chanteur. Elle décide de mener l'enquête, encouragée par Sir Charles qui a du temps à tuer et se réjouit de ce divertissement. 

Une cuvée sympathique, où une Agatha en forme va de nouveau prendre des risques inconsidérés et fourrer son nez dans le passé plus ou moins sordide des clientes de Mr John. Malgré l'expérience, Agatha reste un coeur d'artichaut qui ne se méfie pas suffisamment du beau coiffeur... si elle pense qu'il méprise les vieilles rombières qu'il fait peut-être chanter, elle finit par le croire sincèrement intéressé par sa personne. Le fait d'avoir été séduite par l'assassin dans une aventure précédente n'a visiblement pas suffi à la rendre plus prudente.

Quelques questions restent sans réponse à la fin et j'avais deviné de suite l'identité de la femme de Mr John, que l'on cherche pendant un moment. Néanmoins l'enquête était agréable à suivre et j'ai surtout savouré les personnages secondaires. Roy, égal à lui-même, qui passe en coup de vent mais embrasse Agatha dans l'air, en faisant des sons "mwaa, mwaa" pour imiter le bruit des fausses bises. Mrs Bloxby qui tient tête au pasteur, beaucoup moins charitable qu'elle. Mrs Darry dont le petit chien reçoit un annuaire sur la tête dans une piètre tentative d'Agatha pour gagner du temps avec la police. Et surtout Sir Charles, toujours aussi pingre, opportuniste et égocentrique. Charles prend tout ce qui est bon à prendre, suit le sens du vent et, quand on pourrait commencer à entrevoir une étincelle d'humanité, un soupçon d'affection, il prend ses jambes à son coup ou fait preuve d'une grossièreté sans nom. Un Sir Charles au sommet de sa forme dans cet opus, jusqu'au dernier instant où, grâce à lui, un James Lacey de fort méchante humeur claque la porte de son cottage dès son retour de vacances.

Toujours léger et savoureux, comme un thé dans les Costwolds...

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

250 p

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham, 1999

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