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22/05/2017

Valentina D'Urbano, Acquanera

durbano_acquanera.jpgLe récit s'ouvre avec le retour de la narratrice à Roccachiara après dix ans d'absence. Fortuna a décidé de revenir après avoir appris la découverte d'un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie. Son histoire s'inscrit dans la continuité d'une lignée de femmes, toutes douées d'un certain pouvoir. En quelque sorte des sorcières, elles sont guérisseuses, sentent la présence des esprits ou les voient. Fortuna, elle, semble ne pas avoir reçu ce don de clairvoyance, au grand soulagement de sa grand-mère Elsa. Car leurs connaissances prisées des villageois ne protègent pas la famille de la superstition et de la bêtise des autres: elles sont ainsi mises au ban de la société locale, de façon plus ou moins marquée selon les générations.

Fortuna est protégée du monde extérieur par sa grand-mère Elsa. La petite voue un amour sans espoir à sa mère, Onda, qui ne l'a jamais voulue et vit dans une cabane de fortune près du lac où sont mortes de nombreuses personnes. Lorsqu'elle doit affronter l'école, la jeune Fortuna est seule à son tour, jusqu'à l'arrivée de Luce, la fille du fossoyeur. Egalement prise pour cible par les écoliers, Luce devient rapidement la meilleure amie de Fortuna. Leur relation est fusionnelle mais bizarre et déséquilibrée. Luce, elle, aime aider son père dans son travail, excelle à la préparation des corps et se réfugie dans le cimetière des enfants dès qu'elle en a l'occasion. C'est dans ce cadre étrange, sauvage et quelque peu inquiétant que grandit Fortuna.

L'été venait de commencer, et la grossesse de ma grand-mère approchait de son terme. Elle était nerveuse car le bébé ne cessait de bouger, ce qui lui valait de terribles cauchemars. Une nuit, elle rêva de nouveau du lac.

Dans ce rêve, elle volait comme un héron au-dessus de l'eau bleue, transparente, où les herbes ondoyaient paresseusement et les poissons pullulaient. Sur le fond reposait un village entier, avec ses rues et ses maisons, où les algues tenaient lieu d'arbres. Sur le pas des portes, des gens souriaient et la saluaient.

Elle se réveilla. Il faisait jour et Angelo était déjà parti. Alors qu'elle s'asseyait, un liquide froid à l'horrible goût amer lui monta à la bouche. Elle eut juste le temps de se pencher pour le cracher.

Ce n'étaient pas des glaires, mais l'eau du lac (p 37).

Voilà un superbe roman, à travers les portraits marquants de femmes volontaires face à l'adversité, le tout dans un lieu sauvage et un contexte de superstitions. Un coup de coeur.

Merci aux éditions Points pour cette découverte.

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408 p

Valentina D'Urbano, Acquanera, 2013

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23/02/2013

Giambattista Basile, Le Conte des Contes

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Il était une fois le roi d'un royaume appelé Apreroche qui avait pour femme rien moins que la beauté des beautés elle-même. Mais, par malheur, au plus fort de la course des ans, elle tomba du cheval de la santé et se rompit la vie. Avant que l'éteignoir de la destinée ne chût sur la chandelle de son existence, elle fit appeler son mari. (L'Ourse, p 59)

Encore une fois, les éditions Libretto ont donné une nouvelle vie à un texte méconnu du grand public et pourtant passionnant ! L'auteur a été quelque peu oublié par la postérité car il est bien moins connu que ses successeurs Perrault ou encore Grimm. Giambattista Basile était napolitain, il a fallu traduire ses contes en italien (en 1925, soit des siècles plus tard) pour les rendre accessibles au grand public, ce serait une des principales raisons de cet oubli.

Le recueil de Giambattista Basile intitulé Le Conte des Contes (sélection de douze textes tirés d'une oeuvre bien plus conséquente) est venu perturber mes petites habitudes de lecture: d'abord parce que ce texte s'éloigne de mon domaine de prédilection (je découvre totalement l'univers des contes au début du XVIIe en Italie), mais aussi parce que ces textes jubilatoires n'ont rien de conventionnel et n'ont cessé de m'étonner, de m'amuser et finalement de me conquérir !

basile giambattista.jpgLe sujet de prédilection : l'amour et le sexe, souvent associés au mariage, car c'est l'élément déclencheur qui va pousser un tel à fuir son royaume, un autre à faire essayer une chaussure égarée à toutes les jeunes femmes du royaume (tiens tiens, il Signore Basile n'aurait-il pas inspiré quelqu'un ?), à faire appel à des sorciers, tandis que les femmes ne sont pas en reste et n'hésitent pas à suivre leur promis, à manigancer, à corrompre... même si le critère premier pour être épousable est d'être plus belle que toutes les autres femmes, ce qui leur vaut alors des déclarations enflammées pour le moins incongrues : "ô adorable petit bec de pigeon, (...) ô carrosse triomphant, si tu n'as pas les oreilles bouchées par de la bouillie de roseau, si tu n'es pas aveuglée par de la fiente d'hirondelle, je suis sûr que tu entendras et que tu verras les tourments provoqués par ta beauté dans ma poitrine et si mon visage, qui n'est plus que cendre, n'est pas pour toi le signe de la lessive qui bout dans mon coeur (...), comment peux-tu comprendre qu'une corde naît de tes cheveux pour m'enchaîner (...) ?". (p48) Quant à l'ogre et sa dulcinée, un couple qui semble très bien fonctionner, ils se nomment tendrement "mon beau poilu", "ma belle baveuse", "mon carnassier adoré". (p55-56).

naples.jpgComplètement loufoques, portés par un style imagé poussé à l'exaggération, ces contes passent souvent du coq à l'âne et ne sont pas vraisemblables pour un sou, pour notre plus grand plaisir. Un veuf éploré va songer à se remarier sa femme à peine trépassée (mais il aura versé des torrents de larmes au préalable);  une princesse se voit "abandonnée comme une courge" (p70) , une vieille femme voulant faire croire à un roi qu'elle est jeune et séduisante exige de le retrouver la nuit et se noue les rides dans le dos ; une jeune promise habillée en garçon sera repoussée par sa moitié incapable de la reconnaître; alors qu'il a vanté la beauté de sa soeur, un jeune homme voit arriver à sa place sa belle-soeur, fort laide, mais lorsque cette dernière prétend être celle qu'il attendait il ne met pas sa parole en doute ; lorsqu'un sage déclare qu'une femme sera rendue fertile si elle consomme un coeur de monstre marin, ni une ni deux, son mari envoie quelques hommes trouver et tuer la bestiole en question, grâce à laquelle même les meubles du palais deviendront fertiles et enfanteront; de façon tout à fait propice des fées passent au bon moment... le merveilleux est un élément essentiel et apporte une nouvelle dynamique au récit, et surtout, des solutions inespérées aux problèmes les plus insolubles !

Un vrai bonheur que cette lecture étonnante que je ne peux que chaudement vous recommander ! Je ne regrette pas d'avoir succombé à la belle illustration de Rackham en couverture, ni d'avoir de nouveau fait confiance aux éditions Phébus Libretto, auxquelles je sais que je peux me fier les yeux fermés (j'en profite pour remercier à nouveau Bénédicte sans qui je ne me serais dans doute pas aventurée dans ce monde fabuleux !).

Les avis de Nebalia, Les Festins de Pierre.

Nouvelle participation au challenge Il Viaggio, que je poursuis à mon petit rythme (ci-dessous mes précédents billets, n'hésitez pas à aller y piocher quelques idées de voyage...). Je compte bien faire d'autres lectures en vue de mon prochain séjour dans la Sérénissime, que j'ai hâte de voir pour la première fois !

Susan Hill, The Man in the Picture (une histoire effrayante ayant Venise pour cadre)
Accabadora de Michela Murgia (magnifique roman)
Alessandro Baricco, Novecento, pianiste

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119 p

Giambattista Basile, Le Conte des Contes, début XVIIe

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12/01/2013

Wilkie Collins, Monkton le Fou

collins_monkton le fou.pngCela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas lu Wilkie (hormis un roman écrit à quatre auteurs, dont je prévois de vous parler depuis un petit bout de temps), mais voilà encore une longue nouvelle qui me donne envie de retrouver ce cher barbu.

Après L'Hôtel Hanté (que j'adore) dont l'action se déroule en Angleterre et à Venise, c'est à Monkton le Fou de nous entraîner dans un voyage assez similaire, avec un arrêt à Naples cette fois-ci, de nouveau avec un cadre surnaturel.

Le narrateur nous raconte cette époque où, son diplôme en poche, il s'est décidé à voir le monde et à flâner en Europe, jusqu'à Naples. Là-bas il retrouve un voisin, un certain Monkton, héritier de Wincot Abbey. Le comportement de celui-ci est la cible de tous les ragots, car il semble décidé à retrouver coûte que coûte les restes d'un oncle mort en duel afin de l'enterrer décemment dans le caveau familial. Sa recherche tourne à l'obsession et, lorsqu'il en vient à se confier au narrateur et à la persuader de l'aider, les Anglais en villégiature à Naples s'empressent de déconseiller au nouvel arrivant de s'immiscer dans cette sordide affaire, en vain.

En réalité, l'attitude excentrique, voire désagréable de Monkton est bien excusable lorsque l'on sait que partout où il se rend, il est suivi par le spectre de son oncle, tandis qu'une sinistre prophétie annonce la disparition des Monkton et l'associe au jour où l'une des places du caveau restera vide.

J'ai retrouvé dans ce court texte Wilkie dans toute sa splendeur, délicieux, drôle, romanesque, un peu fou, avec ses personnages hauts en couleur et ses péripéties incroyables. La scène en partie italienne et l'apparition d'un vilain fantôme n'ont fait qu'ajouter à mon bonheur. Je vous recommande vivement Monkton le Fou, idéal également pour découvrir l'auteur si vous ne le connaissez pas. C'est un récit offert par les libraires pour l'achat de deux Libretto... n'hésitez pas à vous faire plaisir, je suis sûre que vous ne le regretterez pas !

Encore un très grand merci aux éditions Phébus pour cette délicieuse lecture !

De Wilkie sur ce blog :

Lu dans le cadre du challenge Il Viaggio et du challenge Victorien d'Arieste.

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114 p

Wilkie Collins, Monkton le Fou, 1855

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18/11/2012

Michela Murgia, Accabadora : concours

michela murgia, accabadora, éditions points, prix des libraires, sardaigne, roman italien, littérature italienne, italie, challenge il viaggioAprès le Challenge Halloween, changement d'air avec une virée en Sardaigne (et une scène clef à la Toussaint, je n'ai donc pas trouvé le dépaysement trop brutal). Depuis quelque temps je suis sous le charme de l'Italie après deux voyages. C'est donc avec enthousiasme que je me suis inscrite au Challenge Il Viaggio de Nathalie, puis que j'ai ouvert Accabadora, roman de Michela Murgia. Le récit se déroule dans un petit village sarde. Orpheline de père, quatrième fille de la famille Listru, la petite Maria n'était guère attendue par sa mère, qui la présente toujours comme « la dernière », « la quatrième » et ne cache pas le fait qu'elle se serait bien passée de ce fardeau ; Maria a ainsi l'habitude de vivre dans une totale transparence, jusqu'à ce que la vieille Tzia Bonaria demande à la recueillir. Maria deviendra ainsi sa « fill'e anima ». C'est une nouvelle vie qui s'offre à Maria chez celle qu'elle prend pendant longtemps pour une simple couturière, sans s'expliquer ses absences de nuit, notamment avant le décès d'un des villageois : Tzia Bonaria est en effet appelée de temps en temps pour faciliter le passage de ses voisins mourants vers une « vie meilleure », une activité que le lecteur devine rapidement mais que Maria met des années à découvrir.

Texte court servi par un style travaillé et poétique (je dirais presque chantant), Accabadora m'a séduite d'emblée ; je l'ai d'ailleurs lu d'une traite ou presque, en proie à une étrange fascination. Un récit concis et dense, des personnages qui vivent intensément sous nos yeux, bref, une jolie pépite littéraire qui a reçu le Prix des Libraires en 2011 et fait partie de la sélection 2013 du Prix du Meilleur Roman des lecteurs Points.

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Petite parenthèse : curieusement, cette histoire qui se déroule il y a quelques décennies renvoie à un passé plus lointain et plus mystérieux, et cette campagne profonde, superstitieuse est si éloignée de mon quotidien que j'imaginais toujours Maria habillée comme une jeune fille du XIXe, alors que de temps en temps une scène nous rappelle qu'elle porte des jeans, ce que j'avais bien du mal à imaginer.

Merci beaucoup Jérôme pour ce coup de cœur partagé !

D'autres avis : Clara, Cositas, Sylvie

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182 p

Michela Murgia, Accabadora, 2009

*****

Et pour ceux qui ne craignent pas l'oeuvre de l'accabadora (qui j'imagine vient du verbe signifiant comme en espagnol « terminer, achever »), j'ai le plaisir de vous proposer de tenter de gagner ce roman grâce aux Editions Points. Deux exemplaires sont mis en jeu. Pour participer ? Rien de plus simple, il suffit de laisser un commentaire suite à ce message en répondant à la petite question qui suit :

Dans ce village sarde, on laisse les portes des maisons ouvertes à la Toussaint pour permettre aux défunts de la famille d'entrer et de profiter d'un repas laissé à leur attention par les vivants. En entrebaillant la porte de sa chambre, on peut voir ces âmes entrer et honorer les mets qui leur sont proposés. Si vous passiez vos prochaines vacances de la Toussaint en Sardaigne et voyiez arriver ces étranges revenants, que feriez-vous ?

Les gagnants seront déterminés par tirage au sort.

Vous avez jusqu'au 23 novembre pour participer et tenter de gagner l'un des deux exemplaires d'Accabadora de Michela Murgia. Buona fortuna !

13/07/2009

Les folles aventures de Miss Lou en compagnie de Marie-Henri

stendhal_vanina+coffre mon edition.jpgJe ne sais pas pourquoi mais Stendhal passe chez moi comme un nuage, mes souvenirs en la matière étant toujours particulièrement brumeux. Le Rouge et le Noir avait été une lecture d'été plaisante pour mes 19 ans, mais je crois que c'est l'un des classiques dont je me souviens le moins aujourd'hui ; quant aux nouvelles Vanina Vanini et Le Coffre et le Revenant lues il y a environ un mois, on dirait bien que le sort qui leur est réservé n'est pas plus enviable. Je serais étonnée de me souvenir encore de leur trame dans six mois.

Dans Vanina Vanini, l'héroïne se prend de passion pour une jeune femme cachée par son père et soignée en cachette. Lorsqu'elle découvre qu'il s'agit d'un carbonaro poursuivi par les autorités, elle croit avoir trouvé son héros après avoir refusé maintes demandes en mariage. Mais le jeune amant est partagé entre la belle Vanina Vanini et son sens de l'honneur. Leur histoire n'est donc pas de tout repos.

Dans Le Coffre et le Revenant (et je me souviens que j'avais choisi ce livre au collège ou au lycée en raison du mot « revenant », qui n'en est pas un mais il m'a fallu dix ans pour le découvrir !), il s'agit du malheureux mariage d'une douce jeune femme avec le terrible directeur de la police qui, jaloux et possessif, entend bien écarter définitivement l'ancien fiancé de sa pauvre épouse. L'amoureux éconduit à contrecœur tente de retrouver sa belle en se cachant dans un coffre censé contenir des étoffes. Au péril de sa vie, car le mari-tortionnaire veille.

Voilà deux textes qui se laissent lire mais qui ne vont pas franchement constituer une révélation dans ma vie de lectrice ; ils auraient pour moi stendhal_vanina+coffre.jpgparfaitement trouvé leur place dans une feuille de chou publiant en épisode des histoires rythmées pour un public avide de sensations (feuilles de chou qui ont ceci dit publié des romans incontournables). Stendhal ne nous épargne rien, pas même l'improbable, à commencer par cette Vanina Vanini qui prend son futur amant pour une fille malgré de nombreux échanges. Je sais bien qu'autrefois au théâtre il suffisait à un homme de porter la robe et une perruque pour jouer le rôle d'une femme, mais j'ai trouvé l'étonnement de Vanina Vanini assez grotesque. Certes, Stendhal est un passionné, ses personnages sont magnifiés par la force de leurs émotions et patati et patata mais vraiment, que c'est mal ficelé ! Au final, je n'ai trouvé aucune des deux histoires crédibles (ce qui dans le fond ne me dérange pas car ce n'est sans doute pas le but), tandis que ni le style, ni l'impression de mouvement ne m'ont réellement emportée. La très courte introduction suggère le choix d'un réalisme (ah bon ?) politique, soulignant le fait que Stendhal a été chassé d'Espagne et d'Italie, les lieux décrits, pour ses convictions. C'est un point intéressant mais qui ne me convainc pas tout à fait de l'intérêt de ces nouvelles.

J'avoue que Vanina Vanini est intéressante : maîtresse passionnée, on pourrait attendre d'elle un dévouement total alors qu'en réalité, il s'agit d'un personnage profondément égoïste qui ne soutient les projets de son amant que lorsque cela sert son propre intérêt. C'est une femme pragmatique, qui après sa malheureuse histoire, choisit de se marier à un autre, se plaçant bien loin des clichés romantiques. Quant à la deuxième nouvelle, dont la fin est catastrophique pour l'héroïne, on peut s'étonner du peu de moralité de l'histoire et de la manière crue avec laquelle en quelques phrases coupantes comme ce qu'elles énoncent, on apprend le meurtre de la femme malheureuse, une fin brutale qui finalement rétablit l'équilibre, laissant le tortionnaire dans sa situation de célibat initiale et mettant fin au désordre matrimonial occasionné par le retour de l'ancien fiancé. Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'avoir l'impression que ces textes sont un peu légers. J'ai surtout bien ri et lu rapidement l'ensemble pour satisfaire ma curiosité. Je suis comme vous vous en doutez un peu déçue car après tout, c'est Stendhal, que diable !

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108 p

Stendhal, Vanina Vanini, 1829 / Le Coffre et le Revenant, 1830

10/07/2009

Once you put your hand in the flame

cortanze_belle endormie.jpgAprès l'échec et mat du dernier livre de poche, voici une deuxième lecture érotique pour Miss Lou qui a décidément de bien coquines lectures cet été. Si ma première tentative pour rendre ce blog un soupçon libertin n'a pas été une franche réussite, la découverte de La Belle Endormie de Gérard de Cortanze a été bien plus plaisante.

Servie par un style agréable et un cadre historique qui n'était pas pour me déplaire, l'histoire se déroule en Italie, entre la bibliothèque royale de Turin et l'ancien domaine des Cortanze. Entourées de mystère, les recherches généalogiques du narrateur aboutissent à la découverte d'un texte érotique signé par Maria Galante, une Cortanze ayant vécu au XVIIIe et poursuivie par une drôle de légende. Elle aurait été indirectement mêlée au meurtre d'un abbé qui sans doute la violait mais, peut-être pour asseoir sa sulfureuse réputation, la voilà qui viendrait aussi hanter son ancienne chambre et participer aux ébats des jeunes couples mariés auxquels la pièce est généralement réservée, le château ayant été converti en hôtel. Poussé par la curiosité, le narrateur décide de mettre les rumeurs à l'épreuve en louant la chambre de Maria Galante.

Comme le dit si bien Léthée, l'érotique n'est qu'un prétexte, de même que l'aspect morbide pour le moins présent dans les mises en scène de Maria Galante et d'autres. Voilà avant tout un roman qui grâce à son intrigue solide et originale mène son lecteur par le bout du nez, jusqu'à la fin qui constitue à mon sens le point faible de ce livre. Tout s'enchaîne rapidement et m'a laissé un goût d'inachevé ; bref, une petite déception car j'avoue que j'attendais beaucoup du déroulement une fois les premiers pions placés pour une partie qui semblait très prometteuse. Entre fantasmes et réalité, l'onirique et l'influence libertine du XVIIIe font de cette lecture un très agréable divertissement, auquel il ne manquerait pas grand-chose pour être tout à fait envoûtant.

A noter au passage le curieux titre, qui évoque Kawabata mais aussi Elizabeth Taylor.

Un avis sur Blue Moon, un autre chez Léthée. Et merci beaucoup à Adeline !

(PS : je n'ai pas oublié le tag qui m'attend !)

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122 p

Gérard de Cortanze, La Belle endormie, 2009