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18/10/2017

I. Chabbert & S. Lefèbvre, L'Etrange Boutique de Miss Potimary, T1, La Boîte à secrets

BD_miss potimary_T1_01.jpgPour cette nouvelle rencontre BD du challenge Halloween, j'ai jeté mon dévolu sur le premier tome de L'Etrange boutique de Miss Potimary, acheté sur un coup de coeur dans une librairie que j'apprécie beaucoup.

Pour ses neuf ans, Betty reçoit un appareil photo et une somme d'argent avec laquelle elle décide de s'offrir une boîte à secrets japonaise. Mais lorsqu'elle parvient à l'ouvrir, elle se retrouve aspirée dans un autre monde : projetée à l'époque de ses parents, et passant justement pour sa mère, Betty peut désormais voir les fantômes et fait la rencontre d'un de ses aïeuls. Elle ne tarde pas à tenter de lui venir en aide, malgré les dangers qui l'attendent.

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On ne va pas se mentir, j'ai d'abord craqué pour la superbe couverture. Et si vous l'aimez vous aussi, vous fondrez pour l'univers graphique de ce très joli album. Dégradés de couleurs dans des tons proches du sepia (avec un petit côté suranné très agréable), nombreux détails nous renvoyant à chaque époque... nos yeux se régalent ! L'histoire quant à elle tient la route et se lit avec plaisir. Mon seul regret : la facilité avec laquelle Betty vient à bout d'un fantôme qui terrorise ses semblables (mais c'est vrai qu'avoir à portée de main une tombe déjà creusée pour y pousser le grand méchant, ça aide !).

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Je succomberai certainement au tome suivant.

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Ingrid Chabbert & Séverine Lefèbvre, L'Etrange Boutique de Miss Potimary, T1, La Boîte à secrets, 2017

 

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12/10/2017

Antonio Moresco, La Petite Lumière

antonio moresco_petite lumiere.jpgVoilà quelque temps déjà que mon père me parlait d'Antonio Moresco après avoir lu deux de ses romans et eu un coup de coeur pour La Petite lumière. Coup de coeur que je partage !

Le narrateur s'est installé dans une zone montagneuse, dans un village abandonné. Il vit dans la plus profonde solitude, fait de longues marches, explore les maisons abandonnées et, de temps en à temps, il se rend dans un petit village encore habité pour faire quelques courses. Des raisons de son isolement, le lecteur ne sait que peu de choses. Une expiation, mais nous n'en saurons pas plus. Pas plus que nous ne saurons pourquoi le village est abandonné. A nous de nous faire notre propre idée.

[Spoilers à venir]

Chaque soir, alors que l'homme s'installe dans le jardin pour contempler l'obscurité, une petite lumière s'allume au loin. Là où, semble-t-il, il n'y a que la forêt. Il finit par trouver un chemin y menant, envahi par la végétation et bloqué par un arbre tombé lors d'une tempête. Il y découvre un enfant solitaire, très autonome, vêtu de culottes courtes démodées et qui accomplit en silence tâches domestiques et devoirs scolaires. Mais à force de l'interroger et de soulever quelques contradictions, le narrateur apprend que l'enfant vit de cette façon depuis qu'il s'est tué.

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Le cadre est en soi un enchantement pour qui aime les vieilles pierres, les ruines et voit en chaque lieu abandonné un terrain d'exploration propice aux errances de l'imagination. Les deux personnages principaux sont, eux aussi, inattendus. On ne sait pas bien d'où ils viennent, qui ils sont, pourquoi chacun d'eux vit un éternel recommencement dans un tel isolement. Le narrateur semble pragmatique, raisonné (même si le doute est sans doute permis). Et pourtant, il ne manifeste aucune surprise quand un habitant d'un village voisin lui soumet une théorie sur les aliens fréquentant la région. Il ne prend pas non plus ses distances lorsqu'il comprend que l'enfant est mort. Ce comportement si rationnel dans un contexte surnaturel nous interpelle et fait de cette lecture un moment unique.

Un roman étrange, déconcertant, envoûtant.

Lu en français (dans une traduction très élégante des éditions Verdier) mais la couverture italienne est superbe.

Lu dans le cadre du challenge Halloween et du challenge Il Viaggio de Martine.

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124 p

Antonio Moresco, La Petite Lumière, 2009

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07/06/2017

Susan Hill, Dolly

hill susan_dolly.jpgPour cette journée du Mois anglais consacrée à Susan Hill, j'ai choisi Dolly parmi les quelques titres en attente dans ma PAL (il doit en rester encore trois!). De cet auteur j'ai lu plusieurs histoires de fantômes (The Woman in Black et The Man in the Mirror) et des extraits de l'essai autobiographique consacré à ses lectures (Howards End is on the landing). Tentée par une petite histoire de fantômes, j'ai eu envie de découvrir une poupée sans doute effrayante à souhait. Susan Hill est douée pour recréer des atmosphères angoissantes, dans des récits gothiques de facture classique (aux influences victoriennes notamment). Tout à fait ce qu'il me fallait.

Le récit s'ouvre avec le retour du narrateur dans la vieille maison de sa tante décédée. Enfant, orphelin, il y avait passé un été en compagnie d'une cousine qu'il ne connaissait pas. Le lecteur découvre les évènements qui se sont produits à l'occasion de ces vacances, évènements qui influencent la destinée des personnages des années plus tard. Sans vouloir trop en dire, imaginez des bruits suspects, le crissement du papier en bruit de fond, des pleurs de poupée. Le tout dans une bicoque lugubre à proximité d'un cimetière.

Si j'ai pris plaisir à lire ce texte, avec le recul, je trouve qu'il manque un peu de consistance.

Dolly est un court roman qui frise avec la nouvelle et, à vrai dire, j'ai eu l'impression que Susan Hill avait un peu de mal à trouver le bon format pour ce récit. Un peu trop de développements pour être une nouvelle avec la chute que l'on pourrait attendre, mais un texte qui reste assez aride et un peu décousu, avec assez peu de matière.

Par ailleurs, Susan Hill utilise des ressorts classiques du récit gothique, mais on a l'impression qu'elle ponctue son histoire de micro évènements sans être capable de tout à fait les relier entre eux. Par exemple, quand le jeune narrateur ouvre pour la première fois l'armoire de sa chambre, il sent quelque chose lui souffler au visage sans la moindre explication. Par la suite, c'est une poupée qui hantera l'armoire mais elle n'est pas encore arrivée lorsque se produit ce premier incident. Sa cousine Leonora est horrifiée par son reflet dans l'eau et dans un plat en argent à l'église, sans qu'on sache ce qu'elle a vraiment vu. Leonora est rousse, elle a un caractère épouvantable et la gouvernante la suspecte d'apporter le Mal avec elle, mais ce point n'est pas vraiment confirmé ni clarifié à la fin. Et finalement, ce sont deux poupées - et non une - qui semblent porteuses ou victimes d'une étrange malédiction (chacun se fera son opinion), sans que le lien entre elles soit clairement établi. Je vous épargnerai mes multiples hypothèses mais, au final, aucune ne me semble tout à fait convaincante.

In fine, un roman d'atmosphère, sympathique mais soutenu par une structure légère. A réserver aux inconditionnels d'histoires de fantômes, aux amateurs de poupées inquiétantes et aux lecteurs de Susan Hill.

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153 p

Susan Hill, Dolly, 2012

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02/06/2017

Adèle Geras, Out of the Dark

geras_out of the dark.jpgJ'ai découvert cette année dans une librairie de Moreton-in-Marsh le principe des Quick Reads. Faisant partie d'une initiative plus globale, les Quick Reads sont des livres d'une centaine de pages vendus à 1£ afin d'encourager les Britanniques à lire davantage. Ce qui vaut au livre d'Adèle Geras de servir au passage d'écran publicitaire au chocolat Galaxy, partenaire de l'opération !

Londres. De retour du front, Rob Stone fait partie des gueules cassées. Autrefois un beau jeune homme, il doit désormais porter un masque pour cacher son visage ravagé. Sa petite amie l'a quitté, il n'a plus de travail et passe ses journées au cinéma, se cachant au fond des salles obscures. Il n'est pas revenu seul, car le fantôme de son ancien capitaine lui apparaît régulièrement, d'abord à l'hôpital, puis chez lui. Rob sait qu'il ne sera pas en paix tant qu'il n'aura pas réussi à retrouver la famille de cet homme pour remettre ses derniers effets personnels et expliquer dans quel contexte il s'est fait tuer.

Davantage novella que roman, ce récit m'a beaucoup plu, tant par sa thématique que par le contexte historique, plutôt bien restitué en dépit d'un texte court. Rob est un héros touchant, confronté au quotidien aux regards, aux murmures, à la gêne, voire à l'effroi devant son apparence. La fin plutôt optimiste est portée par un nouveau personnage féminin énergique qui n'a pas froid aux yeux, tandis que le fantôme atteint son but, qui n'est pas tout à fait celui auquel on pourrait s'attendre.

Malheureusement, les autres titres du même auteur ne me tentent pas plus que ça, car j'aurais bien poursuivi cette rencontre...

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78 p

Adèle Geras, Out of the Dark, 2015
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14/10/2016

Charlotte Riddell, The Old House in Vauxhall Walk

collectif_virago book of ghost stories.jpgFaute de temps, je me contente d'une nouvelle victorienne pour cette journée consacrée aux fantômes britanniques. J'ai ainsi enfin découvert Charlotte Riddell, auteur prolifique notamment connue pour ses "ghost stories" - des écrits quelque peu tombés dans l'oubli, Mrs Riddell étant peu lue du grand public aujourd'hui... et force est de constater qu'il est difficile de se procurer ses recueils et romans.

"The Old House in Vauxhall Walk" met en scène Master Graham, désespéré après une terrible dispute avec son père et prêt à passer sa première nuit à la rue. Par hasard, il rencontre une personne de sa connaissance à Vauxhall Walk. Cet homme est en train de déménager mais offre l'asile à Graham pour la nuit. Le jeune homme fait alors un rêve étrange dans lequel une vieille femme répugnante joue avec des pièces d'or et éconduit des malheureux. On apprend que la soeur du propriétaire a été assassinée dans cette maison pour avoir caché un joli magot resté introuvable... Entre d'étranges rêves et l'intervention d'un spectre, Graham va trouver l'argent tant convoité...

charlotte riddell.JPGUn classique du genre, dont on n'attend pas de vraies frayeurs mais une ambiance, qui est en effet bien posée. Outre le choix de l'apparition (une sorte de Scrooge féminin sans scrupule ni remord), l'originalité tient au croisement entre le surnaturel et la réalité, qui permettent in fine la résolution d'un mystère bien terre-à-terre (l'emplacement du trésor). Une première rencontre avec Mrs Riddell plutôt concluante dans l'ensemble... reste à trouver une édition de ses romans ou nouvelles pour en découvrir davantage !

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Charlotte Riddell, The Old House in Vauxhall Walk, 1882

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07/10/2016

Daniel Corkery, The Eyes of the Dead

collectif_irish ghost stories.jpgAujourd'hui, pour le rendez-vous "classique d'inspiration gothique", j'ai commencé plusieurs textes avec plus ou moins de succès, pour finalement vous présenter "The eyes of the dead", une nouvelle de Daniel Corkery. Je dois avouer que je ne connaissais pas cet auteur irlandais, dont le texte le plus connu est The Hidden Ireland. 

Le texte s'ouvre sur le retour à la maison du marin John Spillane, après trois ans d'absence. Victime d'un naufrage qui a causé la mort de tous ses compagnons, Spillane est resté aux Etats-Unis pendant trois ans sans donner de nouvelles. Il revient tout aussi mystérieusement et s'enferme dans sa chambre, parlant peu à sa mère et sa soeur, qui le veillent comme un malade. John semble en proie à certaines terreurs. Son naufrage est tabou.

[Spoilers] Un soir, à la suite d'une tempête, un autre marin apparaît. Livide, très éprouvé, il explique être lui aussi le seul survivant d'un naufrage. Il permet à John de sortir de sa léthargie et de faire découvrir au lecteur la raison de ses tourments : ses camarades morts le regardant en mer et lui reprochant silencieusement ce qui est arrivé.

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Marine de Ivan Aivazovski

Une nouvelle courte qui m'a laissée plutôt indifférente, même si l'entrée fracassante du deuxième marin ainsi que la conversation hachée qui s'ensuit sur les naufrages rend bien l'horreur des deux évènements. Deux passages intéressants mais une entrée en matière un peu longuette, qui laisse la place à peu de développements. Je suis passée à côté - mais il faut dire que je ne suis pas particulièrement friande d'histoires de bateaux, alors cela vaut peut-être aussi pour les histoires de marins (?). 

Un article sur Daniel Corkery ainsi qu'un lien vers le texte "The eyes of the dead".

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p 525-537 (in Irish ghost stories, Collector's library)

Daniel Corkery, "The Eyes of the Dead" (year ?)

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25/10/2015

James Herbert, Le Secret de Crickley Hall

herbert_crickley hall.jpgIl y a quelques années, sur une plage avec vue sur l'océan indien ou sur la véranda d'une maison de style colonial, j'ai commencé à suivre une famille dans une maison hantée du Dorset. Après 250p, j'avais mis ma lecture de côté (pour je ne sais quelle raison). J'ai rouvert ce roman ce mois d'octobre et ne regrette pas mon choix.

Gab et Eve ont perdu il y a presque un an leur petit garçon. Ils pensent qu'il a été enlevé au parc mais n'ont pas perdu espoir de le retrouver vivant. Eve s'étant assoupie ce jour-là au parc, elle vit avec un sentiment de culpabilité constant et se remet encore plus difficilement de la disparition de Cam. Pour essayer d'aller de l'avant, le couple vient s'installer temporairement avec leurs deux filles Loren et Cally, dans le village portuaire de Hollow Bay, à Crickley Hall.

Tout de suite, des phénomènes bizarres se produisent : des coups violents en provenance d'un placard vide une fois ouvert, une porte de la cave qui s'ouvre toute seule malgré un verrou, des flaques d'eau qui apparaissent dans le hall et disparaissent tout aussi facilement, Cally qui semble se trouver des amis imaginaires... Puis les manifestations s'intensifient : à travers une ronde d'enfants par exemple, mais aussi une ombre malfaisante à l'odeur écoeurante, qui finit par s'en prendre aux membres de la famille. Dès le premier instant, le chien refuse de rester sur place et finit par s'enfuir, mais les adultes sont plus réservés, en particulier Gab. Mais force est de constater qu'il se passe de drôles de choses à Crickley Hall et qu'il y règne une atmosphère vraiment malsaine. Il faut dire que la demeure est imposante mais laide à souhait, qu'elle comprend une cave à peine éclairée dans laquelle se trouve un puits donnant directement sur une rivière. Sans parler des objets cachés ici et là, comme ces jouets presque neufs ou cette canne assortie à un livre des Châtiments. La maison a aussi un triste passé : onze orphelins y ont été placés pendant la guerre pour les éloigner des bombardements et tous seraient morts noyés dans la maison lors d'une tempête.

Voilà un gros pavé qui se laisse lire tout seul. Si je m'étais fiée au choix des noms des personnages, je n'aurais sans doute jamais eu envie de découvrir ce roman qui nous propose, au final, une très bonne histoire de maison hantée, très agréablement écrite de surcroît. Les manifestations sont expliquées par les évènements des années 1940 que l'on découvre au fur et à mesure. Si l'on pressent beaucoup de choses, je ne m'attendais pas à autant de noirceur. Les apparitions et autres phénomènes liés à la présence d'ectoplasmes sont également variés. Même si je voyais très rapidement ce qui risquait d'arriver à chaque nouveau chapitre, j'ai été surprise par la diversité des situations, qui nous empêche de nous ennuyer. Ce roman aurait pu être beaucoup plus court et raconter la même chose. Ce n'est pas toujours bon signe, mais dans ce cas, chaque passage a son intérêt et contribue à maintenir le lecteur dans un état d'alerte et de tension permanent. J'ai aussi apprécié le dénouement, même si je m'y attendais: James Herbet laisse le lecteur respirer un peu et vivre un joli moment pour ébranler ce joli happy end. Un roman que je recommanderais sans hésitation aux amateurs d'histoires de fantômes.

Je viens de découvrir qu'il existe une adaptation de ce roman grâce à cet article. Je serais très curieuse de la voir !

Ma participation à la 5e et dernière étape de la randonnée d'Halloween.

Il y a quelques années, Hilde l'avait dévoré en deux jours.

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764 p

James Herbert, Le Secret de Crickley Hall, 2006

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15/10/2015

Simone St James, The Haunting of Maddy Clare

st james_haunting of maddie clare.jpgUne chronique rédigée il y a un an et finalisée hier soir pour la 3e étape de la randonnée d'Halloween. On pousse la grille du cimetière !

Je viens de tourner la dernière page de The Haunting of Maddy Clare de Simone St James et me voilà bien ennuyée avec ce billet. Il y a beaucoup, beaucoup de bon mais aussi malheureusement quelques loupés dans ce roman que j'avais une folle envie de lire.

Début des années 1920. Sarah Piper a perdu ses parents et mène à Londres une existence assez terne. Inscrite à un bureau de placement, elle joint les deux bouts et loue son meublé grâce à des missions temporaires en tant que secrétaire. Lorsque nous la rencontrons, lasse de contempler sa fenêtre et de rester à ne rien faire, elle sort dans les rues de Londres et se promène sans but avant d'être poussée à rentrer chez elle par la pluie. Son prochain emploi s'avèrera pour le moins spécial : Sarah va accompagner dans sa prochaine chasse au fantôme Alistair Gellis, expert en paranormal, en l'absence de l'assistant habituel de celui-ci, Matthew.

Nous voilà donc en route pour un petit village où une grange serait hantée par Maddy Clare, jeune domestique au destin tragique. Arrivée blessée et couverte de boue quelques années auparavant, incapable de s'exprimer normalement, terrifiée par les hommes, Maddy a été recueillie par la famille Clare et a travaillé dans leur maison jusqu'à son suicide par pendaison à l'âge de dix-neuf ans. Le fantôme de Maddy importune de plus en plus Mrs Clare qui a décidé de donner accès à la grange à condition qu'on la débarrasse de cette « manifestation » importune.

J'ai trouvé la première partie nettement supérieure à la seconde. Une atmosphère de l'après-guerre bien rendue à travers la vie assez moderne et libérée de Sarah et l'importance accordée aux gueules cassées. Moi qui ai toujours eu un petit faible pour les histoires de fantômes, j'ai trouvé les premières scènes avec Maddy Clare très réussies (le fait d'avoir lu ce roman la nuit à côté d'un grenier plein de craquements a sans doute contribué à l'impression produite par les frôlements, bruits de pas venant de derrière et autres petits artifices). Et soudain, le récit bascule dans la romance, l'eau de rose et l'héroïne émoustillée (je vous ferai grâce de la description détaillée du torse de Matthew, de retour sur le devant de la scène, de ses cicatrices sexy et de ses quelques nuits torrides avec Sarah). En parallèle, le surnaturel est remplacé par une enquête ayant pour but de déterminer ce qui est arrivé à Maddy de son vivant. Malheureusement, il y a peu de surprise concernant les coupables, l'enquête tourne un peu en rond. Bref, ce qui s'annonçait être une très bonne histoire de fantômes à l'anglo-saxonne finit par s'égarer et perdre le lecteur en route. Quel dommage ! Mais l'ambiance de la première partie valait bien cette lecture et je tenterai sans doute à nouveau ma chance avec St James qui a l'air de se spécialiser dans l'après-guerre et les ectoplasmes. Espérons qu'elle ne se laisse pas toujours détourner de son but par ses séduisants héros !

Un grand grand merci à Soie pour cette lecture terrifique !

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318 p

Simone St James, The Haunting of Maddy Clare, 2012

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20/06/2015

F. R. Tallis, La Chambre des âmes

tallis_chambre des ames.jpgFin des années 1950. Le jeune psychiatre Richardson se voit offrir un poste par le très renommé Hugh Maitland, une véritable opportunité dans sa carrière. Le poste se situe dans une institution isolée du Suffolk, que Richardson va devoir gérer à titre de bras droit de Maitland, qui lui, se trouve plus souvent à Londres que dans cet endroit reculé.

Outre l'aile des hommes et celle des femmes, l'asile compte une chambre dans laquelle des femmes sont soumises à un traitement par le sommeil prolongé. Elles ne sont réveillées que brièvement pour leur toilette ou leurs repas.

Au début, Richardson est ravi de son poste, malgré la solitude. Il s'intéresse à une charmante infirmière et espère beaucoup apprendre de son prestigieux mentor. Son poste lui permet par ailleurs de lier connaissance avec les patients, dont un homme tourmenté par ce qu'il semble avoir fait à une jeune fille de par le passé. Cet homme déclare par ailleurs que son lit se déplace tout seul et qu'il ne peut pas dormir. Peu à peu son état s'aggrave. En parallèle, très rapidement, le jeune psychiatre est confronté à des phénomènes bizarres, de l'ordre du paranormal. Quelques objets changent de place, d'autres tombent brusquement.

Avec le temps, la situation va se dégrader et se faire de plus en plus oppressante, en raison des manifestations surnaturelles qui se multiplient et deviennent moins anodines. Une jeune apprentie a une peur bleue de la chambre du sommeil ; elle se sent épiée, malmenée. Richardson se réveille en sursaut et voit une forme au pied de son lit. Puis plusieurs drames surviennent, le tout allant crescendo jusqu'à la fin du récit. Ce roman fait partie de la collection Grands détectives mais, même si le héros tente de comprendre ce qui explique ces phénomènes inquiétants, le récit tient plus du fantastique que du roman policier. L'influence gothique est très marquée et l'atmosphère sombre, inquiétante particulièrement bien rendue.

Une très bonne surprise pour moi qui n'avais pas encore découvert l'univers de F. R. Tallis. Même si le tome 2 se déroule à Paris et n'aura pas le charme de la campagne anglaise, il est sur ma liste d'envies pour l'été. Ou pour le challenge Halloween, peut-être. En tout cas, je vous recommande de pousser les portes de cet établissement si particulier... if you dare !

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329 p

F.R. Tallis, La Chambre des âmes, 2013

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21/06/2014

Wilkie Collins, The Ghost's Touch

collins_i say no.jpgPlus je lis Wilkie Collins, plus je réalise qu'il fait partie de mes auteurs favoris. Je raffole de son humour, de ses personnages extravagants, bien souvent ridicules et je trouve son oeuvre très variée. Pour l'instant, les quelques textes que j'ai lus couvrent divers genres et se ressemblent peu pour la plupart.

Récemment j'ai ouvert un livre ancien de Wilkie offert par ma belle-famille et Mr Lou. J'adore parcourir cet ouvrage et m'imaginer son histoire à travers plus d'un siècle. J'ai commencé par lire "The Ghost's Touch", également connu sous le titre de "Mrs Zant and the Ghost".

Dans un parc, une petite fille prend peur d'une femme à l'attitude étrange, qui semble ne pas voir ce qui l'entoure. Le père de l'enfant s'intéresse à la femme (que je prenais au départ pour un fantôme). Il finit par se lier d'amitié avec elle et apprend qu'elle pense sentir la présence de son époux récemment décédé. Assez isolée, Mrs Zant a malgré tout gardé contact avec le frère de son mari, qui semble décidé à prendre soin d'elle... mais n'inspire aucune confiance au nouvel ami de Mrs Zant.

Cette nouvelle n'est pas aussi percutante que Neuf Heures !, lue dans l'intéressant recueil Les Fantômes des Victoriens que je vous recommande. Néanmoins, j'ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de Wilkie. J'ai apprécié le fait que le fantôme soit abordé de façon assez détournée : on le croise peu même s'il a un rôle essentiel dans le récit. On retrouve également un thème de Pauvre Miss Finch : la rivalité entre deux frères pour une même femme, bien que l'issue soit tout à fait différente. La première scène dans le parc m'a fait penser à James Matthew Barrie et les jardins de Kensington tels qu'il les décrit.

On a fine morning, early in the month of April, a gentleman of middle age (named Rayburn) took his little daughter Lucy out for a walk in the woodland pleasure-ground of Western London, called Kensington Gardens.

The few friends whom he possessed reported of Mr. Rayburn (not unkindly) that he was a reserved and solitary man. He might have been more accurately described as a widower devoted to his only surviving child. Although he was not more than forty years of age, the one pleasure which made life enjoyable to Lucy's father was offered by Lucy herself.

Playing with her ball, the child ran on to the southern limit of the Gardens, at that part of it which still remains nearest to the old Palace of Kensington. Observing close at hand one of those spacious covered seats, called in England "alcoves," Mr. Rayburn was reminded that he had the morning's newspaper in his pocket, and that he might do well to rest and read. At that early hour the place was a solitude.

Je m'apprête à lire le recueil de nouvelles de Wilkie Collins récemment publié chez Phébus Libretto. Je compte bien me régaler !

De Wilkie Collins sur ce blog :

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29 p

Wilkie Collins, The Ghost's Touch, extrait de "I say no" and other stories, 1893

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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04/11/2013

Dorothy Macardle, La Falaise Hantée

macardle_falaise hantee.jpegParfois, les cheminements du lecteur dans sa quête de nouvelles idées de romans sont pour le moins étonnants. Cela fait plusieurs années que j'ai La Falaise Hantée de Dorothy Macardle dans ma PAL, et à chaque nouveau challenge Halloween je songe à écouter ses tristes lamentations mais finis toujours par l'écarter et à l'abandonner à son triste sort. Pourtant, c'est sur un coup de tête que je me l'étais procuré : j'avais vu une jeune femme le lire dans les transports en commun. Le titre, la couverture (ou du moins, ce que je pouvais en voir), le grand format, tout cela m'avait rappelé un roman dont j'ai aujourd'hui oublié le titre mais que j'avais dévoré au lycée, puis prêté, et qu'on ne m'a jamais rendu. C'était là aussi une histoire de maison hantée ou envoûtée, toujours est-il qu'en voyant cette lectrice j'ai de suite retenu le titre et l'ai commandé très rapidement. Depuis, il végétait.

J'avais sans aucun doute oublié cela mais ce roman a été écrit en 1941 par une Irlandaise. Or, je ne me lasse pas de ces auteurs souvent classés dans les "modern classics" ; l'époque, les thématiques et un petit côté délicieusement suranné font mon bonheur de lectrice à chaque fois. Lorsque je me suis aperçue de ce petit détail j'ai curieusement été prise d'une envie urgente de lire enfin La Falaise Hantée.

Le sujet ? Le critique londonien Roderick Fitzgerald et sa soeur Pamela décident de quitter la capitale pour acheter ensemble une maison à la campagne. Lors d'une virée en Cornouailles, ils tombent sous le charme de Cliff End, une sublime maison curieusement abandonnée. La demeure domine une falaise et donne accès à une plage privée... c'est pour les deux jeunes gens le comble de la perfection et lorsqu'ils découvrent avec stupeur que cette demeure est dans leurs moyens, ils n'hésitent pas un instant à l'acheter, même si on les prévient que les derniers locataires sont partis car ils entendaient des bruits dans la maison.

L'installation est d'abord idyllique (indeed, il faudra une bonne centaine de pages avant qu'un revenant ne pointe vraiment le bout de son nez). Pamela décide de l'ameublement et de la décoration, Roderick vient les week-ends et attend avec impatience la fin de ses engagements londoniens. Pamela confesse bien avoir entendu quelques bruits mais cela ne semble en rien compromettre leur bonheur. Puis, peu à peu, la situation se dégrade. Un parfum de mimosa et une petite lumière se manifestent dans l'ancienne chambre d'enfant. Un froid intense envahit la maison lorsqu'une apparition lumineuse se manifeste dans l'escalier. Malgré un courage certain et leur volonté d'enquêter pour mieux comprendre ce qui peut expliquer la présence d'un ou plusieurs revenants, les Fitzgerald commencent à perdre espoir après de longues nuits sans sommeil et quelques événements plus brutaux que d'autres...

Ce roman m'a fait penser à Rebecca, pourtant chez Daphné du Maurier il n'y a point de fantôme ; cela tient sans doute à l'atmosphère particulière des deux maisons et à la tragédie qui dans les deux cas s'y est déroulée. Je n'ai pas eu le coup de coeur auquel je m'attendais car je reproche quelques longueurs à ce roman : le frère et la soeur ne cessent de retourner dans tous les sens la situation, de se remémorer les différentes apparitions et de faire des conjectures, avec je trouve quelques répétitions. Et lorsqu'il faut arriver au dernier tiers du roman, voire au dernier quart pour que l'on remette enfin en question ce que l'on sait des défunts concernés (le méchant ne serait pas celui qu'on croit ?), je me suis dit que c'était un peu dommage car sans être médium je m'attendais à quelque chose dans le genre depuis longtemps. Malgré tout j'ai savouré l'ambiance de cette maison où l'on aime se reposer un livre à la main dans la journée mais que l'on craint de parcourir une fois la nuit tombée. J'ai apprécié les protagonistes, entre le critique qui s'essaye au théâtre, la soeur fantasque et leurs amis peintre, actrice ou décorateur. Les revenants sont pour le moins effrayants et il est clair que jamais je n'oserais monter l'escalier de nuit. Bref, c'est une agréable découverte, à l'ambiance délicieusement British, un brin effrayante, à savourer une tasse de thé à la main, un soir d'orage de préférence.

Une lecture recommandée par le site maison-hantée.com, qui conseille par ailleurs d'autres titres British alléchants.

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361 p

Dorothy Macardle, La Falaise Hantée, 1941

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19/10/2013

Malika Ferdjoukh, La Fiancée du Fantôme

ferdjoukh_fiancee fantome.jpg- Allons, venez-vous ?

- Je vous suis, milord.

 Shakespeare

J'avais déjà lu ce court roman jeunesse lorsque Malice me l'avait offert mais ne l'avais pas chroniqué (comme Minuit Cinq ! du même auteur). Pendant mes vacances d'été, en farfouillant dans la bibliothèque de ma chambre d'ado où de temps en temps je laisse se reposer mes récentes lectures au côté de celles de mon enfance, je suis tombée sur ce petit livre et j'ai eu envie de le redécouvrir, en prévision du retour du challenge Halloween.

De quoi s'agit-il ? L'histoire se déroule il y a très longtemps (disons pour me plaire, au XIXe siècle).


malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenLa Famille March (le père, le grand-père, le jeune Horace, sa cousine Livia âgée de vingt ans et la gouvernante) quitte Londres pour s'installer à Forest Lodge, au fin fond de l'Ecosse. L'arrivée de ces Anglais se fait conformément aux traditions écossaises : vent, tonnerre, foudre, cliquetis suspects... et découverte de l'existence du fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh dans leur nouvelle demeure. Celui-ci se serait empoisonné après la mort à Londres de sa bien-aimée Olivia, dont il aurait été séparé en raison de leur appartenance à deux clans différents.

malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenCe livre pour les jeunes lecteurs est plein de charme et m'a séduite pour de nombreuses raisons. Il reprend les codes du conte gothique et initie les jeunes lecteurs au genre à travers une ambiance délicieuse : manoir isolé, Ecosse, éléments déchaînés, présence d'un lugubre cimetière à proximité, histoire d'amour tragique, sinistres coïncidences... À la seconde, la lune disparut. La nuit devint très noire et le vent enfla. La colline glissa comme un rideau et la nouvelle maison de la famille March se découpa sur des ciels de nuages mauves. (p12)

malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenChaque chapitre est introduit par un court texte de Shakespeare, toujours en lien direct avec le chapitre à venir, mais l'atmosphère lugubre est contrebalancée par de petites touches d'humour çà et là. Alors, adoptant une des lois de la relativité que le monde des Esprits avait découvertes avant le XXe siècle futur, le fantôme se coula dans un courant d'air et disparut. (p 24) Et puis, j'ai retrouvé les petits détails qui me faisaient rêver enfant, comme cette remarque sur les meubles qui conversent entre eux à la nuit tombée, ce qui expliquerait les craquements que l'on entend parfois (et qui sans cela ne seraient pas très rassurants). Les meubles sont ainsi de sympathiques compagnons. Par les petits trous à clefs qui lui servaient d'yeux, la vieille horloge voyait ce que les humains ne voient pas... Pourtant, sa bonne figure ronde indiquait l'heure sans faillir. (p 45) 

Un livre idéal pour les jeunes amateurs de fantômes et les rêveurs, grands ou petits.

Du même auteur j'avais adoré Aggie change de vie (moi qui lis si peu d'ouvrages pour la jeunesse), encore dans une ambiance très British !

Merci beaucoup à Malice pour cette découverte !

Lecture commune aux challenges Halloween et British Mysteries : Fantômes et cimetières britanniques et irlandais.

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71p

Malika Ferdjoukh, La Fiancée du Fantôme, 1990

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06/11/2012

Etape asiatique pour le Challenge Halloween

ringcover.jpgJ'aurais bien du mal à vous expliquer pourquoi mais, à sa sortie, la version américaine du film The Ring m'a fait une forte impression. Après une séance au cinéma angoissante j'ai été hantée par la cassette video malfaisante, la petite fille monstrueuse sortant de la télé et cette femme se retournant après s'être brossé les cheveux.

Pour l'étape asiatique de notre périple d'Halloween (qui s'achève bientôt) j'ai donc suivi ma fidèle comparse Hilde et lu Ring, le roman original de Suzuki.

Si vous avez vu une adaptation de ce roman vous devinerez facilement son dénouement, malgré les personnages un peu différents. Mais la lecture est loin d'être inintéressante. Le récit s'ouvre sur la soirée d'une adolescente en train de travailler, seule dans une maison. Elle se sent soudain mal à l'aise, se rend dans la cuisine pour boire du coca, sent une menace invisible mais bien présente et imagine quelqu'un dans son dos. On la retrouvera morte un peu plus tard, une expression de peur sur le visage.

Peu de temps après, son oncle journaliste fait le rapprochement entre cette mort mystérieuse et celle d'un jeune motard qui s'est effondré brutalement à un carrefour. Son instinct professionnel stimulé, Asakawa décide de mener l'enquête... ce qui l'amène dans un chalet désert et à une certaine cassette vidéo. Celle-ci est différente de mon souvenir du film : on y voit notamment une vieille femme faire une prémonition, un bébé, un visage d'homme, une éruption. Aidé d'un ami intrépide qui prétend ne pas craindre la mort et décide de voir la vidéo, Asakawa finit par découvrir que la cassette émane de Sadako Yamamura, décédée il y a bien des années.

Hormis le début angoissant, j'ai trouvé que ce roman s'apparentait davantage à un thriller qu'à un roman d'épouvante, dans un cadre pour le moins mystérieux et inquiétant. Ce roman nous tient facilement en haleine et si vous voulez savoir ce qui arrive à une jeune femme étrange assassinée, dont la mère s'est jetée dans le cratère d'un volcan, vous aurez la réponse ici. Cette lecture a été un petit exorcisme pour moi : je tenterai peut-être enfin de revoir les adaptations maintenant que je connais le fin mot de l'histoire, même si celle-ci est sans fin. La soif de vengeance de Sadako Yamamura n'est pas prête d'être assouvie... et d'ailleurs à la fin quelques questions restent sans réponse !

J'ai été interpelée par quelques allusions au statut marital, dont cette première phrase : « Pour la première fois depuis qu'ils sont mariés, Asakawa a envie de battre sa femme. » (p 114) A plusieurs reprises, il est fait allusion à cette violence maritale latente annoncée comme quelque chose d'assez normal, Asakawa étant tout de même un chic type car il n'a jamais levé la main sur son épouse. Cela ne m'avait pas marquée jusqu'ici au cours de mes lectures japonaises mais ces passages m'ont fait m'intrroger sur la place de la femme dans les foyers japonais...

 

Enfin en parlant de citations, mon édition était truffée d'erreurs, une vraie honte ! J'ai noté celles-ci : « on avait estimer à » (p19) ; « lui donne Pair assez miteux » (p26) ; « l'on pourra pas pour autant répondre » (formule élégante s'il en est en p 34) ; « ils pressentaient seulement le son côté étrange » (p 104) ; « tu veux dire, par exemple, que l'on peut transformer donner vie à des idées que l'on a dans la tête ? » (p133) ; « que font les gens en général quand il quitte une troupe de théâtre ? » (p152) ; « tant que nous n'aurons pas trouver comment supprimer ce sortilège » (p 155) ; « allongées sur le pierre » (p199). Voilà qui est bien dommage car le texte lui-même ne manque pas d'intérêt.

Lecture terminée à Londres, et une de mes dernières participations au Challenge Halloween 2012, qui touche à sa fin. Challenge co-organisé avec la très énigmatique Hilde.

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308 p

Koji Suzuki, Ring, 1991

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29/04/2012

Harry Potter ne peut rien contre les fantômes anglais

james watkins,la dame en noir,daniel radcliffe,susan hill,fantômes,fantômes anglais,angleterre,angleterre xxeAprès avoir lu le roman de Susan Hill, j'avais très envie de découvrir l'adaptation cinématographique et voir ce que pouvait donner Harry Potter lorsqu'il ne s'agissait pas de sorcellerie. En compagnie de Titine, bien plus résistante que moi à l'épreuve des maisons hantées, j'ai fait la connaissance d'un Arthur Kipps dépressif, dont l'histoire est assez différente de celle que je connaissais déjà.

Contrairement au roman qui fait de Kipps un homme plus âgé et respectable, brusquement rappelé à d'effroyables souvenirs lorsque les enfants du foyer réclament une histoire de fantômes, e film ne nous présente pas Kipps une fois plus âgé... et pour cause.

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Dans le roman, Kipps est un jeune notaire ambitieux et apprécié de ses supérieurs, fiancé à une charmante jeune femme. C'est alors que la vie lui sourit qu'il part régler la succession d'une vieille femme excentrique au fin fond des marais. Dans la plus pure tradition du roman du XIXe, c'est un homme éclairé, qui fait peu de cas des superstitions qui l'accueillent, et qui sera contraint bien malgré lui de reconnaître l'existence des fantômes et du surnaturel. Dans le film, Kipps a perdu sa femme à la naissance de leur fils. Kipps est donc dépressif, prend une flasque d'alcool en prévision du voyage et au lieu de partir en conquérant, c'est menacé d'être renvoyé par ses supérieurs si son travail laisse encore à désirer que Kipps doit régler la succession. Autre version de l'histoire, qui ceci dit ne gêne pas vraiment et tient la route.

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Les petites variantes par rapport au roman continuent ensuite, certaines scènes sont supprimées au profit d'autres, plus spectaculaires, dont l'une des toutes premières : des soeurs, enfants, jouent à l'étage lorsque leur attention est attirée par quelqu'un que nous ne voyons pas. Main dans la main, elles se dirigent vers la fenêtre et se suicident. Et en effet, les cas de morts brutales d'enfants se sont multipliés : elles surviennent lorsque l'on a vu La Dame en Noir, qui rôde autour de la maison dans laquelle Kipps doit se rendre.

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Comme le héros du roman, le Kipps du film est intrépide. Lorsqu'il entend des bruits inquiétants dans la maison, lorsqu'alors que la maison est isolée par la marée des coups brutaux retentissent à la porte d'entrée, le voilà qui sort dehors. Il cherche sous les lits, ouvre les portes de pièces condamnées et n'hésite pas à entrer dans une pièce dans laquelle il entend un bruit retentissant (un fauteuil à bascule se balançant violemment tout seul).

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Le réalisateur a misé sur une ambiance de film d'horreur et est certainement bien parvenu à créer une atmosphère angoissante déjà présente dans le livre, en y ajoutant nombreuses scènes visant à nous faire sursauter (j'étais crispée toutes les deux minutes dans la salle de cinéma). Le fait d'avoir choisi la chambre de l'enfant et ses horribles jouets était tout indiqué pour moi qui, petite, avais une peur bleue des automates.

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Dans l'ensemble ce film est plutôt réussi à mon avis, en raison de cette angoisse permanente que l'on ressent (j'avoue être particulièrement sensible aux histoires de fantômes) mais aussi des décors et costumes très travaillés, un régal pour ceux qui est aiment les films d'époque (période comparable à celle de Downton Abbey).

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Malheureusement, James Watkins s'enflamme un peu et finit son film dans une ambiance hollywoodienne assez grotesque : le fantôme est largement mis en scène au lieu de rester présent et invisible ; un cadavre retrouvé dans la boue après cinquante ans est parfaitement conservé et à la fin, nous avons droit à la suite de Ring ; même si Kipps enterre le fils mort dans les sables mouvants avec sa mère (le fantôme), la terrible Dame en Noir n'est toujours pas satisfaite et ne pardonnera jamais. C'est ainsi que, comme on le voyait arriver depuis le début (et plus encore en ayant lu le roman qui annonce la triste fin de la première famille de Kipps), c'est au fils du notaire que la Dame en Noir décide de s'en prendre. Heureusement pour la famille Kipps, passer sous un train leur permettra de retrouver épouse et mère. Finalement, tout va pour le mieux.

Autres avis : Titine, Le passeur critique, Legolegitislegimus, Kecha...

Le roman de Susan Hill dont est tiré le film.

Un film Back to the Past, challenge lancé avec ma chère Maggie.

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The Woman in Black, un film de James Watkins, 2011

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