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08/06/2009
Et on rempile… avec plaisir !
Comme l’an dernier où j’ai eu la chance de lire les romans finalistes du prix Landerneau (et aimé un livre qui a fait couler beaucoup d’encre, en bien comme en mal), je m’apprête à découvrir les six livres en liste pour le prix 2009. Cette année, c’est Jérome Ferrari avec Un Dieu un animal qui a obtenu cette récompense mercredi dernier – lors d’une remise de prix à laquelle je n’ai malheureusement pas pu assister.
Avant de me lancer dans mon premier billet, j'ajoute un lien vers les blogs présentant aussi tous ces livres : Katell, Le Bibliomane, Caro[line], Anne, Joëlle, Michel, Fashion, Anne, Lily, Cathulu, Stéphanie, Clarabel, Isabelle, Vanessa et Sylire.
Avec Les Mains nues, Simonetta Greggio raconte à la première personne l’histoire d’une femme approchant de la cinquantaine, accusée d’avoir abusé d’un mineur. En réalité, malgré l’accroche de l’éditeur (« LA DIABLE AU CORPS ») absolument racoleuse et mensongère, ce roman n’a pour moi rien d’une enième version de Lolita. La relation amoureuse entre Emma et le fils de son ancien compagnon n’est presque qu’un sujet parmi d’autres. Je n’ai d’ailleurs pas été particulièrement sensible à cet aspect du récit, vu le peu d’importance qui lui est accordée et la superficialité avec laquelle l’auteur a choisi d’aborder cette relation, aussi bien sur le plan sentimental que sur les plans physique et psychologique. Et, sans les dernières lignes qui remettent le jeune homme à l’honneur, on pourrait presque penser que cette aventure n’est qu’un accident dans la vie d'Emma.
J’ai lu ce roman rapidement, avec un certain intérêt, mais mon avis est plutôt mitigé. Comme d’autres avant moi, j’ai éprouvé une certaine sensation de déjà vu et regretté les nombreux clichés : les deux femmes malheureuses en amour qui se retrouvent à la montagne, l’une vétérinaire de campagne, l’autre jeune cadre dynamique devenue éleveuse de chèvres (rien que ça !). La vision que la narratrice a de la solitude est à mon sens un peu éculée : au final, si je résume, seul l’amour et la vie à deux peuvent apporter le bonheur, le vieil ours solitaire s’épanouissant grâce à sa toute nouvelle vie conjugale, les solitaires se plaignant finalement de leur solitude et les quelques couples semblant tous plutôt heureux, à l’exception de l’ex d’Emma mais on l’a compris, son mariage était une erreur et Emma la femme de sa vie. D’où l’aspect légèrement ridicule de la relation avec le jeune Gio, qui a tout d’un transfert affectif caricatural bien que sans doute hautement symbolique. Je me le demande encore : que veut nous démontrer la narratrice ?
Si ce livre ne m’a pas renversée, je lui ai trouvé certaines qualités. J’ai d’abord jugé le déroulement de l’histoire un tantinet poussif, faisant des retours en arrière et des bonds en avant sans vraiment réussir à aiguiser ma curiosité. Mais on suit tout de même les pensées de la narratrice, qui nous laisse entrevoir des bribes de sa vie en suivant son propre fil conducteur, donnant quelques indications sur son état d’esprit et sa personnalité. Ceci dit, ce que j’ai sans doute réellement apprécié tient à la sensualité qui se dégage de certains passages pourtant anodins et rarement liés à l’aventure d’Emma avec un adolescent. Les mains nues évoquées dans le titre sont aussi mises à l’honneur à plusieurs reprises, mais c’est à mon avis le corps dans son ensemble qui occupe une place importante dans ce récit, avec quelques descriptions courtes mais symboliques, servies par une écriture assez souvent musicale. Enfin, selon moi, Emma incarne aussi le passage du temps, se questionnant sur la façon dont les années qui passent l'ont marquée. Son rapport à la mort est aussi mis en avant et, malgré une impression d'inachevé, cette esquisse est un point fort du roman - d'où le rôle joué par le corps.
Au final, voici un roman globalement agréable mais pour moi un poil figé, une toile où les personnages seraient collés dans une attitude dont ils ne parviennent pas à se dépêtrer, ce qui est bien dommage parce que votre fidèle et dévouée a un peu ramé elle aussi.
Les avis positifs de Lily, Malice, Clarabel ; négatifs de Fashion, Calepin, Caro[line] ; et mitigés de Cathulu, Papillon.
Merci à Elodie Giraud, contact des blogueurs pour ce prix, organisatrice d’enfer et consultante très sympa dont l’enthousiasme mériterait un award à lui tout seul ;)

170 p
Simonetta Greggio, Les mains nues, 2009

02:15 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : simonetta greggio, les mains nues, roman français, prix landerneau, prix orange
Commentaires
oh deja le sujet ne m'interesse pas...alors avec ta critique...cela ne va pas m'aider a le lire...;o)
Ecrit par : rachel | 08/06/2009
Répondre à ce commentaireJe suis sympa aujourd'hui, j'écoute ce que tu dis ;o) (il faut dire que grâce à toi, j'ai trouvé un nouvel amour : Sorolla) : Je ne suis pas tentée pour ce livre
Ecrit par : Lilly | 08/06/2009
Répondre à ce commentaireet bin je vais attendre une autre critique sur cette auteure...;o)
Ecrit par : rachel | 09/06/2009
Répondre à ce commentairecela peut etre un avantage d'habiter loin de librairies...bibliotheques francaises...moins de tentations...mais a la fin cela se transforme en inconvenient...on rate les nouveautes et nouveaux auteurs...;o)..ma liste doit etre nettement moins consequente que la tienne...c sur...
Ecrit par : rachel | 09/06/2009
Répondre à ce commentaireEffectivement, avec ce livre, on est loin du "Diable au corps"! Je ne l'ai pas aimé et l'ai vite oublié. Je n'avais pas encore de blog et ne me forçais pas alors à discerner à tout prix de possibles qualités. Je trouve ton analyse très poussée et très précise mais sûrement plus indulgente que celle que j'aurais pu en faire!
Ecrit par : Mango | 10/06/2009
Répondre à ce commentaireoh oui je fais ma valise de livres...ah a mon dernier passage en france, j'ai ete "obligee" de passer par g*bert....aaaaaah...;o)...oui oui vive les kits de survie...;o)
Ecrit par : rachel | 10/06/2009
Répondre à ce commentaireRavie de lire ce premier billet "landernéen" chez toi, Lou ! J'ai un peu le même avis mitigé que toi sur le Greggio qui est au final un des deux romans que j'ai le moins aimés sur l'ensemble de la sélection. Il faut dire que j'en ai littéralement adoré 3 et beaucoup aimé le quatrième. J'ai hâte de lire tes avis sur les autres ! Et merci pour tous les petits compliments qui me font extrêmement plaisir, tu es vraiment adorable !!!
Ecrit par : Elodie G | 10/06/2009
Répondre à ce commentaire;-) ! Jamais, jamais, jamais je ne me dessaisirai du Prix Landerneau !!! J'aime bien trop ce Prix et tout le travail qui est fait par les Espaces Culturels E.Leclerc dans ce cadre est bien trop stimulant. Mon Top 3 : T.Arfel, J.Ferrari, F.Humbert !
Ecrit par : Elodie G | 10/06/2009
Répondre à ce commentaireRien à voir, mais tu es taguée ma chère !
Ecrit par : praline | 11/06/2009
Répondre à ce commentaireJe l'avais noté, mais je vois maintenant que les avis sont très mitigés... du coup, je ne sais plus trop !
Ecrit par : liliba | 14/06/2009
Répondre à ce commentaire







































Ecrit par : Ys | 08/06/2009
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