John Boyne, This House is haunted

Voilà bien deux ou trois ans que ce roman devait attendre que je daigne le sortir du coin le plus obscur de ma bibliothèque. Avec un tel titre, je pouvais difficilement l’ignorer plus longtemps compte tenu du thème fantomatique du Challenge Halloween cette année. Bien m’a pris, car j’ai dévoré ce roman.

La narratrice Eliza Caine est originaire de Londres. Au début du récit, elle vit en bonne harmonie avec son père dans une petite maison. Tous deux travaillent, elle comme enseignante, lui dans un musée, échangent lors de la lecture du journal ou des écrits de Charles Dickens, dont ils raffolent. Et c’est l’écrivain qui va causer la perte de Mr Caine : celui-ci brave la pluie pour se rendre à une conférence de l’illustre personnage, aggravant un refroidissement qui l’emporte en un rien de temps.

Dans l’incapacité de payer un loyer devenu trop élevé et souhaitant s’éloigner d’un passé douloureux, Eliza décide de postuler pour une place de gouvernante dans le Norfolk. L’annonce est bizarrement rédigée et très vague, sa candidature acceptée sans entretien, mais ces circonstances curieuses n’arrêtent pas Eliza qui quitte Londres quelques jours seulement après avoir perdu son père.

Son arrivée ne se fait pas sous les meilleurs auspices : dans un brouillard dense, Eliza sent deux mains la pousser et manque de tomber sous les roues d’un train qui arrive. Sauvée de justesse par un médecin qui deviendra un ami, Eliza commence à remarquer qu’elle suscite des réactions curieuses lorsqu’elle annonce qu’elle va se rendre à Gaudlin Hall. Lorsqu’elle y arrive, aucun adulte n’est là pour l’accueillir : seuls les deux enfants dont elle aura la charge sont présents. Un jeune garçon espiègle qui se cache derrière une porte et l’effraye d’emblée, ainsi qu’une jeune fille de douze ans étrange, qui joue les maîtresses de maison.

Petit à petit, Eliza va découvrir la sordide histoire ayant marqué la maison qui, si elle n’est pas tellement sinistre de prime abord, met à rude épreuve la raison de la jeune femme. Les premiers temps, explications rationnelles et dénigrement sont de mise, mais force est de constater rapidement qu’une entité malveillante rôde dans la maison et semble en vouloir particulièrement à la nouvelle arrivée. Qui est d’ailleurs la sixième d’une série de six gouvernantes. Dont quatre sont décédées dans des circonstances dramatiques, accidents malencontreux inclus.

Un roman d’inspiration gothique et de facture classique, très XIXe. La narration est fluide et il est vraiment difficile de s’arracher à cette histoire, même si je pressentais beaucoup de rebondissements – il faut dire que je suis une grande amatrice d’histoires de fantômes. Jusqu’aux dernières pages que je voyais venir avec certitude, parfaitement adaptées pour ce genre de récit. Si vous aimez les happy ends, ce livre n’est peut-être pas pour vous. En revanche, si vous aimez les romans victoriens implacables et Le Tour d’Ecrou du Maître Henry James, This House is haunted devrait vous séduire, voire, vous régaler !

 

 

349 p

John Boyne, This House is haunted, 2013

4 thoughts on “John Boyne, This House is haunted

  1. Olala ! Ca me tente terriblement ! Tu me donnes très envie de le découvrir et puis j’aime beaucoup cet auteur. Et je ne parle même pas de cette couverture qui est… waouh ! Je le veux, je le veux ! Merci pour la découverte. Je te souhaite une belle journée.

  2. oh punaise…tout un livre effrayant…oui il peut etre tentant…cela fait penser a un jane Eyre sans amour et tout effrayant….;)..vraiment tentant…;)

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