04/02/2012
Holmes ? Such nonsense !
Je voulais parler ici de meurtres entre soeurs anglaises, lire enfin le roman de Tash Aw, passer des heures à me prélasser sur mon canapé, mon pc sur les genoux et une delicious cup of tea à portée de main, mais le manque de temps me fait privilégier les sorties cinéma de week-end et parler de films hautement intellectuels.
Pour lutter contre le froid, j'ai opté cet après-midi pour une petite escapade en compagnie de Guy Ritchie et de son nouveau Sherlock Holmes, A Game of Shadows. La semaine dernière j'avais déjà passé un moment assez improbable en compagnie de William Shakespeare, mais je vous raconterai ça d'ici quelques jours. Cette fois-ci, comme le titre le journal Marianne (article croisé sur le Net), j'ai vu Sherlock Holmes version grosse baston ou, ajouterais-je, version tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi). J'avais été très bon public lors de la sortie du premier Sherlock, ne connaissant de Ritchie que son video clip publicitaire avec Madonna. J'espérais une suite un peu originale mais j'ai l'impression d'avoir vu une version infiniment plus caricaturale, définitivement moins subtile et positivement grotesque du premier opus (pour ceux qui ont déjà frémi la première fois, je conçois le caractère quelque peu inquiétant de mes propos). Pour résumer, c'est la même chose, sans beaucoup d'inventivité, le tout assaisonné d'un humour bien lourd.
On retrouve les ressorts de tout bon “navet d'action”. Sherlock sauve son ami, évite une guerre mondiale, saute dans des chutes d'eau mais ne meurt pas, suivant un scénario servi par la grâce exquise du réalisateur. Réalisateur qui ne peut s'empêcher de ressortir de son placard les ralentis avant vraie castagne. Mais si je me suis un peu ennuyée pendant ces passages (oui encore une fois je trouve ce type de scène follement soporifique), je n'ai pas été déçue du voyage...
J'ai ainsi découvert : que Sherlock avait un penchant pour les vêtements féminins et le maquillage (la question de la nature de sa relation avec Watson étant évoquée avec beaucoup de finesse) ; que lorsqu'il ne pouvait pas s'habiller en femme il adorait les déguisements ridicules (notamment longue barbiche et grosses barbes – Shakespeare et son faux nez à moustache est en comparaison la discrétion même dans Anonymous) ; qu'il buvait du formol (rien de plus naturel) et mettait des combinaisons de camouflage entre sous-vêtements victoriens et pyjama moulant. Quant à Stephen Fry, vous ne le verrez plus du même oeil après l'avoir découvert (tout nu) en Mycroft Holmes. On ne mentionnera pas la liste complète des aberrations et scènes peu crédibles, il faudrait pour ça copier presque intégralement le scénario ici. Les décors (Paris, Londres, Strasbourg...) et les acteurs sont exquis, mais ce film montre bien l'importance du réalisateur, sans qui les meilleurs ingrédients peuvent se transformer en plat bien fade.

(Voilà qui peut compter pour la prochaine séance des Victorian frogs, au cas où j'aurais besoin d'un plan B)
Sur ce blog : le premier Sherlock Holmes de Ritchie. Une autre version hallucinée de Holmes dans L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Et de Doyle : Le Pacte des Quatre.
Vu dans le cadre du challenge Back to the Past organisé avec Maggie.

Sherlock Holmes A game of Shadows, un film de Guy Ritchie (2011)

21:07 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : sherlock holmes, guy ritchie, robert downey jr, jude law, stephen fry, a game of shadows, xixe, londres, londres xixe, londres victorienne, époque victorienne, angleterre, angleterre victorienne, arthur conan doyle
08/01/2012
Hôtel hanté à Venise
Aujourd'hui notre ami Wilkie fête ses 188 ans... c'était donc l'occasion de lui consacrer un nouveau billet. J'hésitais à sortir de ma PAL ses romans les plus longs mais j'ai réalisé que je n'avais jamais parlé de L'Hôtel hanté, lu et adoré il y a environ deux ans. J'étais incapable de m'en souvenir avec précision, je l'ai donc relu car Wilkie au mois de janvier, vodka rhum toute l'année (oui ça n'a aucun sens, mais Wilkie était assez festif donc je me suis dit que ça lui irait bien).
De quoi s'agit-il ? D'une comtesse étrange, aux cheveux sombres, au visage pâle et fascinant, mélange de beauté et de laideur. De son frère, le baron, qui l'accompagne à travers toute l'Europe, semant sur leur passage le scandale et la disgrâce. De Lord Montbarry, ramolli du bulbe qui abandonne Agnès, exemple même de l'Anglaise idéale, bonne, douce et patiente, même dans le scandale.
Fiancé à Agnès, Lord Montbarry s'éprend de la comtesse Narona et demande celle-ci en mariage. Alors que la famille du lord s'y oppose et que les cancans vont bon train, le couple marié à la sauvette se rend sur le continent et finit par s'installer dans un vieux palais délabré de Venise. Rejoint par le baron, frère de Lady Montbarry, le couple n'a pour entourage qu'une servante qui donne rapidement sa démission ainsi qu'un messager, Ferraris. La première partie se déroule cependant en Angleterre, essentiellement à travers les échanges entre Agnès, Henry – frère de Montbarry et amoureux de la jeune femme, ainsi que Mrs Ferraris. Celle-ci, ne recevant plus de nouvelles de son époux, s'inquiète de son sort, jusqu'au jour où elle reçoit 1000 livres et un billet bien court : “ pour vous consoler de la perte de votre mari”. Pour elle, les choses sont claires : son mari a été assassiné. Mais un autre événement survient : Lord Montbarry meurt des suites d'une bronchite, faisant bénéficier son épouse d'une assurance vie montant à 10 000 livres, contractée à la demande du baron. Le roman suivra les pas de Henry et d'Agnes qui, petit à petit, seront amenés à se rendre à Venise et à découvrir ce qui est réellement arrivé dans le palais désormais transformé en hôtel et visiblement hanté.
Comme lors de ma première lecture, je me suis régalée avec ce roman de Wilkie Collins qui est peut-être celui qui m'a procuré le plus de plaisir jusqu'ici. On sent que ce roman n'est pas le plus abouti au monde, avec un narrateur qui finit souvent ses chapitres en nous lançant “mais que va-t-il se passer ? Vous verrez que l'on découvre l'explication dans le chapitre suivant, qu'on en apprend un peu plus dans le chapitre suivant, qu'il se passe des choses au chapitre suivant”. Je ne sais pas si ce texte a été publié sous forme de feuilleton mais cela pourrait expliquer ces clins d'oeil répétés.
Les traits d'humour si chers à l'auteur ne manquent pas, de ses commentaires sur les Français délurés à quelques passages joyeusement ironiques, tels ceux-ci :
Sur un médecin que demande à voir une patiente à la fin de ses consultations : Un coup d'oeil à une montre lui rappela qu'il fallait bientôt commencer sa tournée chez ses malades. Il se décida donc à prendre le parti le plus sage : fuir (p10).
Il fut un temps où l'homme, à l'affût de toutes les médisances, recherchait la société des femmes. Maintenant, l'homme fait mieux : il va à son cercle et entre dans le fumoir (p27).
Finalement, les personnages féminins ne sont pas si stétéotypés que ce qu'on pourrait imaginer pour un roman victorien. Certes, les deux amours de Montbarry incarnent deux idées bien distinctes de la femme : d'un côté la blonde fraîche et aimante, de l'autre la brune fascinante et perfide. Malgré tout, la comtesse est assez complexe et, consultant un docteur avant son mariage pour connaître son avis sur sa santé mentale, elle peut en quelque sorte obtenir le bénéfice du doute : est-elle si mauvaise que cela ? Ne doit-on pas la plaindre ? Quant à la blonde abandonnée, elle est assez fine pour conseiller Mrs Ferraris, manifeste parfois sa mauvaise humeur et cherche à reconstruire sa vie en dépit des trente ans qui s'approchent à grands pas et sonneront le glas de sa jeunesse déclinante. Les rôles secondaires masculins et féminins sont répartis de manière équilibrée et, si les hommes prennent encore les décisions, les femmes usent de leur pouvoir d'influence avec efficacité et en toute connaissance de cause.
Et cerise sur le gâteau, il s'agit également d'une histoire de fantôme victorienne car au mystère de la disparition du messager et de la mort du Lord s'ajoutent les étranges manifestations dont sont victimes les membres de la famille à Venise.
Que demander de plus ? Un délicieux divertissement populaire à l'anglaise !
Cryssilda n'aime pas ce texte, mais je soupçonne quand même sa mauvaise édition d'y être pour quelque chose... et pour fêter l'anniversaire de notre ami commun, Titine a lu Mari et Femme.
Et de Wilkie Collins sur ce blog :
- Collins Wilkie, En quête du rien
- Collins Wilkie, La Dame en Blanc
- Collins Wilkie, Profondeurs glacées
- Collins Wilkie, Une Belle Canaille
- Dickens Charles & Collins Wilkie, Voie sans Issue
Lu dans le cadre du mois anglais organisé avec les délicieuses Cryssilda et Titine et ici sur ce blog. Lu également pour le challenge God Save the Livre !

284 p
Wilkie Collins, L'Hôtel hanté, 1878

20:54 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : wilkie collins, époque victorienne, xixe, xixe anglais, roman anglais, roman xixe, l'hôtel hanté, venise
27/12/2011
Merry Victorian Christmas !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous !
Et quoi de plus sympathique en cette période qu'un bon petit polar au coin du feu ? C'est ce qu'a bien compris l'agent d'Anne Perry qui l'incite sans doute très fortement à pondre tous les ans un nouvel opus de Noël histoire de faire un peu de chiffre en fin d'année. Quoi qu'il en soit, ces petites bluettes de saison conviennent en général parfaitement aux trajets précédent mon réveillon. Et mes neurones apprécient le ronron bien huilé des enquêtes victoriennes des proches de Thomas et Charlotte Pitt.
Les enquêtes de Noël sont particulièrement légères : plus courtes, elles accordent souvent plus d'importance au contexte et aux personnages qu'à l'intrigue elle-même, qui en général ne casse pas trois pattes à un canard.
La Révélation de Noël n'échappe pas à la règle et ne risque pas de bouleverser le monde de la littérature policière, mais il m'a fait passer un bon moment.
Puisqu´enquête il y a, il fallait bien un meurtre (vieux de sept ans) et donc, un assassin. Le mobile est plutôt tiré par les cheveux (et surtout la façon assez improbable dont la victime avait découvert un secret concernant le meurtrier). Bien entendu, on suspecte à peu près tout le monde en imaginant des mobiles tout à fait plausibles ; c'est bien sûr l'un des personnages les moins concernés qui s'avère avoir un “squelette” dans son placard...
C'est cette fois-ci Emily qui joue les détectives amateurs... Emily, la soeur de Charlotte Pitt, cette jolie femme assez superficielle qui doit quitter Londres en période de fêtes pour se rendre dans un village perdu en Irlande, auprès d'une tante agonisante dont elle n'a que faire. Elle y découvre des Irlandais plutôt accueillants (malgré leur inimitié envers les Anglais) mais visiblement troublés plus que de raison à l'approche d'une tempête. Et lorsqu'un navire fait naufrage, le malaise s'accentue. Je vous laisserai apporter seuls une réponse (ou pas) à ce suspense quasi insoutenable.
Outre l'histoire sympathique parfaite pour se délasser, j'ai apprécié le cadre différent et j'ai été agréablement surprise par les jolies descriptions de la mer et des paysages sauvages de l'Irlande. Une lecture reposante qui m'a fait voyager (et m'a donné envie de faire mes valises). Voilà en somme une agréable surprise !
Si vous n'avez jamais lu Anne Perry ne commencez pas par ses histoires de Noël mais pour les amateurs du genre, [cet avant-]dernier cru devrait vous plaire.
(Lu et chroniqué l'an dernier, mais je n'avais pas publié mon billet !)
Dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine.

184 p
Anne Perry, La Révélation de Noël, 2008



00:29 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anne perry, la révélation de noel, roman victorien, époaue victorienne, xixe, roman xixe, pitt
22/12/2011
Au bout du chemin, pas grand-chose
Avec enthousiasme, je me suis précipitée sur En Quête du rien, nouvelle inédite de Wilkie Collins publiée en octobre par les Editions du Sonneur. In fine je ressors un peu mitigée de cette lecture. Précisons tout de même que je n'ai pas lu ce texte dans de très bonnes conditions, puisque j'attendais que Mr Lou et Papa Lou se décident sur le choix d'une perceuse chez Mr Bricolage. Après Wilkie, j'ai également eu le temps de faire le tour des décorations de Noël et de feuilleter tous les livres de cuisine avant de quitter enfin les lieux, mais nous sommes partis munis d'une perceuse qui devrait en principe fonctionner et les deux heures passées chez Mr Bricolage étaient sans aucun doute justifiées.
Bien que mes séances de shopping soient follement intéressantes, c'est plutôt des aventures fort ennuyeuses du héros d'En Quête du Rien dont j'ai décidé de vous parler.
Le narrateur, surmené, se voit prescrire un repos absolu par son médecin : pas d'écriture, pas de lecture, rien qui pourrait troubler sa tranquillité. Il est heureusement appuyé par sa femme à "l'esprit pratique", qui écrit ainsi pour résumer : "règles pour le rétablissement de mon cher William. Pas de lecture. Pas d'écriture. Éviter excitation, contrariétés, angoisses, pensées. Fortifiant. Grandes joies déconseillées. Bons petits repas. Éviter aussi états mélancoliques. Autres recommandations à mon bien-aimé : courtes promenades (avec moi). Se coucher tôt. Se lever tôt. Nota bene : assurer sa tranquillé. Très important : veiller à ce qu'il ne fasse rien." (p9)
[spoilers]
[Partageant l'opinion de sa digne épouse, le héros se rend dans un village charmant et isolé afin de se reposer. Manque de chance, les bruits ne manquent pas, le couple est sans cesse dérangé, jusqu'à ne pas pouvoir dormir à cause de villageois jurant comme des charretiers. "Onze heures, me répond-il. Inutile de dire que ma femme et moi ne prenons pas le risque de nous coucher avant ce terme ; nous nous retirons alors dans notre chambre, trempés des pieds à la tête, si je puis dire, par cette giboulée d'obscénités." (p23)
Suivant de nouveau l'avis de sa femme, le héros quitte donc le terrible village pour un lieu plus propice à sa cure. "Ce dont je suis sûr à présent, c'est qu'un village isolé est sans doute le dernier endroit où chercher (le silence). Lecteurs, vous que vos pas guident vers ce but qui a nom tranquillité, évitez, je vous en conjure, la campagne anglaise." (p27)
Mais en bord de mer, notre cher William commence à songer que finalement l'oisiveté peut être une sorte de torture. Il contemple ainsi la mer : toujours les mêmes bâteaux à l'horizon. Il consacre un moment à l'observation des tableaux qui sont dans sa chambre d'hôtel, histoire de gagner du temps. Il admire un bienheureux pêcheur à qui il faut plus d'un quart d'heure pour redresser un clou - quel homme bienheureux qui ne pourra jamais s'ennuyer ! Quant aux heures des repas, elles n'arrivent jamais assez vite ! "Novice que je suis en oisiveté, comment puis-je espérer imiter quelque jour cet artiste consommé ?" (p38) Finalement, notre héros désespère : il ne peut travailler et ne peut paresser... quel dilemme !]
J'ai lu ce texte dans d'assez mauvaises conditions et il ne m'a laissé dans un premier temps qu'un souvenir plus que confus. En le feuilletant pour écrire mon billet, je souris davantage aux traits d'humour. Cette nouvelle n'est certainement pas un coup de coeur, j'ai trouvé certains passages assez drôles mais on voit très vite venir la suite et curieusement, cette nouvelle m'a presque paru un peu lassante. Pourtant, beaucoup de scènes sont savoureuses et dans l'ensemble ce texte très léger est agréable à lire... d'ailleurs je l'ai lu avec curiosité et sans ennui, y compris cette première fois qui m'a laissé si peu de souvenirs. Bref, une petite friandise sympathique, qui pourrait amuser ceux qui souhaitent découvrir Wilkie Collins sans commencer par un de ses longs romans.
Sur ce blog également :
- Collins Wilkie, La Dame en Blanc
- Collins Wilkie, Profondeurs glacées
- Collins Wilkie, Une Belle Canaille
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine, qui ont toutes deux beaucoup apprécié cette lecture. Lu également pour le challenge God Save The Livre !
Lecture commune autour de Wilkie Collins

46 p
William Wilkie Collins, En quête du rien, 1857

09:45 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : wilkie collins, en quete du rien, époque victorienne, xixe, xixe anglais, roman anglais, roman xixe
23/11/2011
Boston, Aggie et Margaret
J'avais très envie de faire la connaissance des Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh, mais c'est finalement Aggie que j'ai décidé de suivre dans son ascension, des bas quartiers aux maisons chics de Boston. Et quel délicieux bonbon que ce court roman ! Je me suis régalée du début à la fin et j'ai passé un si bon moment que c'est le genre de livre que je ne doute pas de relire à l'occasion avec plaisir.
Si la couverture exquise et ses paper dolls ne suffisent pas à vous tenter, peut-être qu'un petit aperçu de l'histoire achèvera de vous convaincre ? Nous voilà à Boston, dans un environnement qui n'est pas sans rappeler Dickens et ses pauvres orphelins. Aggie vit chez un couple peu recommandable qui l'envoie détrousser les gentlemen en pleine nuit, la petite empruntant les égouts de la ville pour s'acquitter de sa tâche. Mais un soir, celui qu'elle prend pour un pigeon comme un autre n'est pas celui qu'elle croyait : c'est ainsi qu'elle sera arrachée à sa misérable existence et présentée à une famille qui n'a plus vu une nièce chérie depuis des années. Mais avant de se faire passer pour une demoiselle comme il faut, Aggie aura du boulot !
Tout est bon dans ce petit livre : l'ambiance très XIXe, les personnages attachants, les références littéraires, l'écriture si agréable et une intrigue qui nous tient en haleine. N'hésitez plus, lisez-le (au passage, si vous avez une petite fille dans votre entourage je ne peux que vous recommander chaudement ce récit pour les fêtes de Noël à venir, car il me semble parfait pour une lecture auprès de la cheminée).
D'autres avis : Malice qui me l'a recommandé, mais aussi Rory, Allie, Bouma, Roudoudou, Sharon, Marie, S'il était encore une fois, Ricochet, Le forum Whoopsy Daisy.

94 p
Malika Ferdjoukh, Aggie change de vie, 2009
19:17 Publié dans For kids and kidults !, Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : malika ferdjoukh, aggie change de vie, boston, etats-unis, roman historique, charles dickens, xixe, boston xixe, début xxe
21/09/2011
L'homme qui n'aimait pas les armes à feu
Vous n'aimez pas les Western ? Peu importe, vous vous laisserez emporter par l'album L'homme qui n'aimait pas les armes à feu et son premier volet "Chili Con Carnage", dont le titre annonce déjà la couleur : une bande-dessinée qui allie l'action et un cadre tout droit sorti du Far West à une bonne dose d'humour.
Tout commence avec deux excentriques gentlemen trimballant dans leur carriole un otage qui, rapidement mort, sera tout aussi vite expédié dans un canyon. Deux hommes qui semblent motivés par la vengeance et sont sur les traces de la belle Margot, jeune femme de la haute sur le point d'être détroussée lorsque des bandits mexicains s'attaquent à son train. Mais ce serait mal connaître la belle, qui a plus d'une corde à son arc et parvient à convaincre le chef de s'associer à elle pour détrousser les (mal)honnêtes gens de leurs titres d'actions et autres papiers précieux. Ajoutons à cela un employé de la gare, tombé sous son charme et bien décidé à la sauver, et vous aurez devant vous les ingrédients de ce melting-pot réjouissant, dont on attend la suite avec impatience !
Un premier opus prometteur, qui séduira les amoureux de l'époque mais aussi ceux qui, comme moi, bâillent à la simple annonce du nom de Clint Eastwood et n'aiment les Westerns que lorsqu'ils sont bien dépoussiérés...
Le site consacré à l'album.

47 p
L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, 2011
Lu dans le cadre de la BD du mercredi de Mango.
17:33 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : bd du mercredi, l'homme qui n'aimait pas les armes à feu, far west, western, bande dessinée, xixe
16/06/2011
Trop de raison - et c'est l'extrême folie
Tiens, tiens, voilà un livre qui devait traîner depuis deux ans dans ma bibliothèque, qui avait vraiment suscité ma curiosité quand il était sorti en poche, puis que j'avais remarquablement négligé. Et mal m'en a pris car, amis lecteurs, ce roman est un petit bijou que je ne peux que vous recommander. Il s'agit d'une de mes meilleures surprises de ces derniers mois en matière de littérature anglo-saxonne, mon pếché mignon.
Edimbourg, de nos jours. Iris tient une boutique de vêtements d'occasion, vit dans un petit appartement situé dans l'ancienne maison de sa grand-mère, depuis scindée en plusieurs logements. Iris a un amant mais est amoureuse d'Alex, son "presque" frère, le fils de son ex-beau-père. Sa vie se complique un peu plus lorsqu'elle reçoit l'appel d'un asile sur le point de fermer ses portes : on lui annonce qu'elle a une grand-tante (première nouvelle) enfermée à l'asile (une nouvelle de plus ou de moins...). D'abord méfiante, Iris va se prendre d'intérêt pour Esme, cette parente récemment rencontrée. C'est ainsi que l'histoire d'Esme est dévoilée petit à petit, grâce à la petite enquête menée par Iris, les pensées chaotiques d'Esme et les réminiscences de sa soeur souffrant d'alzheimer.
Enfermée depuis son adolescence, Esme a passé sa vie dans cet hôpital psychiatrique lugubre qui n'a malheureusement rien à envier aux asiles victoriens de si triste réputation. Enfermée parce qu'elle était un peu originale et se souciait peu des conventions, Esme fait partie de ces filles écartées facilement à l'aide d'un médecin par des familles peu désireuses de s'encombrer de femmes trop indépendantes pour ne pas sembler dangereuses.
Ce récit extrêmement bien construit croise les pensées et expériences de plusieurs personnages et ne dévoile le fin mot de l'histoire qu'à la fin (même si le doute plane bien avant), tenant ainsi le lecteur en haleine. Une réussite sur le plan romanesque, certes, mais pas seulement. S'ajoute à cela l'éclairage porté sur une époque : le début du XXe, la transition poussive vers la modernité dans une famille encore marquée par les codes victoriens, la condition féminine ; c'est aussi le portrait d'une famille écossaise ayant vécu des années en Inde et devant se réadapter à une vie bien différente en retrouvant la mère patrie - les enfants n'étant pas épargnés par les quolibets à leur retour.
Un roman tout en finesse qui traverse le XXe siècle en dressant le portrait de deux femmes de caractère, libres à leur façon (car pour Esme, les années d'enfermement n'ont finalement fait qu'exacerber sa tendance à s'évader grâce à une imagination fertile).

Et en repensant à cette lecture, je fais un rapprochement avec une de mes lectures en cours, L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau d'Oliver Sacks (un billet ici, où j'ai également repris l'illustration), livre extrêmement intéressant portant sur les comportements étranges observés par un médecin, cas illustrant les liens étroits entre neurologie et psychiatrie.
Lu dans le cadre du challenge Kiltissime organisé avec Cryssilda, qui commence aujourd'hui et prendra fin le 15 juillet.
La première photo est celle d'un asile psychiatrique russe abandonné, issu de ce site sur lequel figurent de nombreuses photos du lieu (y compris des photos d'intérieur).
La deuxième est celle de Bass Rock (évoqué dans le roman) et provient de ce site.
Titre extrait d'un poème d'Emily Dickinson.

232 p
Maggie O'Farrell, L'Etrange disparition d'Esme Lennox, 2006

Challenge God Save the livre de Passion livre: 6 livres lus... Après avoir atteint la catégorie Prince Charles (5 livres lus), j'entame la catégorie Prince William (10 livres lus).

00:29 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : maggie o'farrell, l'étrange disparition d'esme lennox, ecosse, xixe, roman irlandais, grande-bretagne, roman britanique
29/05/2011
Notre rose et notre orgueuil
Récemment j'ai été amenée à ranger de nouveau toutes mes bibliothèques et croyez-moi, mes amis, ce n'est pas le genre de petite tâche ménagère pliée en moins de deux (surtout quand les cinq étagères sont pleines à craquer !). J'ai donc été interpelée à cette occasion par Exils de Ron Hansen, qui criait son désespoir en pensant que je l'avais oublié définitivement et trépignait (d'impatience ou de rage, je ne saurais vous le dire) en attendant que je daigne m'emparer de lui. Comme la lamentation du livre oublié est de loin le hululement le plus angoissant qu'on puisse imaginer (surtout de nuit où il devient indispensable de se munir d'écouteurs et de musique zen pour ne pas sombrer dans la dépression avant l'aube), j'ai renoncé à énumérer à ce coquin toutes les raisons qui m'avaient fait le négliger et je me suis emparée de lui afin de le lire et, une bonne fois pour toutes, lui régler son compte.
Et ma foi, j'ai beaucoup apprécié ce roman qui met en scène en parallèle le naufrage du Deutschland en 1875 et le destin du poète jésuite Gerard Manley Hopkins qui, bouleversé par la mort de cinq nonnes ayant péri dans le naufrage, décida de rédiger un poème à ce sujet.
De famille anglicane, Hopkins suscite la désapprobation en se convertissant au catholicisme, avant de devenir finalement séminariste jésuite, au grand dam de ses parents. Hopkins choisit une confrérie particulièrement stricte, vivant dans des conditions spartiates puis, une fois ordonné, se voit muté régulièrement d'un endroit à l'autre par une hiérarchie peu soucieuse de son bien-être et de sa santé. Il décèdera encore jeune, à la suite d'une maladie éprouvante (une péritonite est évoquée et il finit par mourir de la fièvre typhoïde). Le roman montre un Hopkins profondément pieux, plein d'abnégation mais qui doutera parfois et traversera des périodes d'angoisses. He is thought to have suffered throughout his life from what today might be diagnosed as either bipolar disorder or chronic unipolar depression, and battled a deep sense of melancholic anguish (Wikipedia).
C'est aussi un Hopkins attachant, à la fois intelligent et plein d'humour, mais aussi vulnérable que dépeint Hansen.
Il ne jouissait pas d'une semblable protection en tant qu'enseignant. En cette époque où les enfants passaient pour les ennemis jurés du savoir, les directeurs n'avaient de cesse de rouspéter contre la gentillesse de Hopkins à l'égard de ses élèves, à qui il accordait autant de liberté qu'à de studieux étudiants d'Oxford, latitude dont ses potaches abusaient en le sifflant et en le chahutant ; un jour, quand il s'était retourné, Hopkins s'était ainsi retrouvé encerclé, car toute la classe avait rapproché ses putitres pendant qu'il écrivait au tableau.
"Je dois avouer que votre vif intérêt pour l'ablatif latin me touche beaucoup", avait-il lâché de sa voix de ténor haut perchée. (p194)
Quant aux soeurs naufragées, on relate leur conversion puis leurs derniers instants lors du naufrage avec une certaine économie de moyens. Avouons-le, je m'attendais sans doute à une fin particulièrement glauque ou très favorable à l'industrie du mouchoir mais c'est avec un style sobre que Ron Hansen achève son récit. Son écriture est presque clinique et ce roman s'apparente parfois à un documentaire.
Un livre qui apporte un éclairage intéressant sur les tensions religieuses du XIXe (aussi bien en Angleterre qu'en Allemagne, à travers le rejet du catholicisme) et met à l'honneur un poète anglais méconnu du public français. Et comme je raffole des romans inspirés de faits historiques, mais aussi de ceux ayant pour cadre le Royaume-Uni ou mettant en avant une figure littéraire, j'ai bien évidemment trouvé Exils particulièrement intéressant. Il m'a d'ailleurs donné envie de lire ses deux romans ayant pour sujet les Etats-Unis au XIXe.
A noter que cette édition inclut le poème "le Naufrage du Deutschland" de Hopkins.
Un très grand merci aux éditions Buchet Chastel pour cette lecture !

277 p
Ron Hansen, Exils, 2008
20:18 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : xixe, naufrage du deustchland, gerard manley hopkins, buchet chastel, ron hansen, exils, roman américain, roman xixe, angleterre
16/03/2011
Beware : highly addictive
Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment exhumé des livres jusque-là cachés chez moi, mais j'ai subitement éprouvé une subite envie de lire un polar historique... et tant qu'à faire, un polar victorien (sans surprise pour ceux qui commencent à me connaître).
Mon choix s'est porté sur l'un des deux romans de Lee Jackson qui attendaient sagement leur tour sur mon étagère. Pour ceux qui n'étaient pas passés par ici à l'époque, j'avais été complètement transportée par cette série qui avaient su me faire passer d'excellents moments à Londres, au XIXe of course.
Troisième volet des enquêtes de Decimus Webb, Le Jardin des Derniers Plaisirs commence avec un banal fait divers : un homme s'amuse à couper les mèches de femmes dans les jardins de Cremorne, dont la réputation légère n'est pas pour plaire au quartier plutôt huppé de Chelsea. Tandis que Rose, fille de bonne famille, prépare son entrée dans le monde, que son père se rend à la City, que sa mère reçoit ses voisines au thé et que le révérend Featherstone milite pour l'éradication du vice, de nombreux fêtards londoniens se rendent chaque soir aux jardins afin de danser et d'assister aux diverses attractions. Mais bientôt a lieu un premier meurtre, lorsqu'une servante est retrouvée morte, brûlée vive dans la cuisine du révérend. George Nelson, tout juste sorti de prison, est bien évidemment soupçonné... si ce n'est que ses alibis semblent tenir la route.
Je ne sais pas si cette impression est due au fait que je n'ai pas lu de roman de Lee Jackson depuis deux ou trois ans, mais je me suis particulièrement régalée avec ce récit très bien mené : les différentes histoires s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir, les personnages ont tous quelque chose à se reprocher et le cadre est passionnant pour quelqu'un qui comme moi s'intéresse de près à l'époque victorienne. Certes, les enquêteurs ne sont pas particulièrement attachants, ni mis en avant, mais c'est un parti pris qui me sied tout à fait. Bref, je me régale avec Lee Jackson, et maintenant que j'ai lu celui-ci, je n'ai qu'une envie : boire une tasse de thé (et surveiller mes arrières) en ouvrant un autre livre de son cru !
Encore bravo aux éditions 10/18 pour les couvertures très réussies de cette série (je ne m'en lasse pas).
D'autres idées de lecture ? Régalez-vous avec : Les Secrets de Londres, et les deux premiers tomes de la série de l'inspecteur Decimus Webb, Le Cadavre du Métropolitain et Les Bienfaits de la Mort.

314 p
Lee Jackson, Le Jardin des Derniers Plaisirs, 2006
23:20 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : lee jackson, le jardin des derniers plaisirs, 10-18, polar 10-18, roman policier, xixe, policier xixe, londres, londres xixe, époque victorienne, angleterre victorienne, cremorne, chelsea
16/09/2010
Héroïne, quand tu nous tiens !
Il y a un an, j'ai lancé un challenge Braddon qui n'a de challenge que le nom, puisqu'il suffit de lire un roman de cette chère Mary Elizabeth d'ici la fin de l'année, et qu'il n'est pas obligatoire de s'inscrire à l'avance pour participer (en résumé : vous avez envie de lire un Braddon d'ici la fin de l'année ? Vous vous décidez en novembre et m'indiquez votre participation au moment de la publication de votre billet ? Voilà, vous avez participé au challenge !). J'avais envie de découvrir et de faire découvrir cet auteur victorien un peu oublié - voire totalement inconnu la plupart du temps.
Hier, sous le coup de ma fiévreuse passion pour Lady Audley (le livre, et non le personnage), je suis allée faire un tour en librairie, histoire de dénicher un Braddon susceptible de me rendre lui aussi insomniaque. N'en voyant pas, je demande à la libraire si par hasard ils en ont un, et on me répond "Mary Elizabeth Braddon ? Je ne vois pas... ah si !" et, ajoute-t-elle avec une flexion du genou et un léger haussement d'épaules évoquant le sautillement, "les petites Anglaises, c'est ça ?". J'ai sans doute dû avoir l'air un peu décontenancé, mais après coup, je me suis surtout dit que la libraire ne savait pas qu'aucune description ne pouvait plus mal convenir à Mary Elizabeth Braddon, à moins que les petites Anglaises qui sautillent en riant (et qu'on imagine bien en train de ricaner bêtement en secouant leurs boucles blondes et en plissant leur nez en trompette) permettent de se faire une idée précise d'une femme qui à l'époque victorienne où le puritanisme de façade était de mise, a décidé d'écrire un roman feuilleton sur une bigame qui cherche à tuer au moins un de ses époux, met le feu à un bâtiment habité et abandonne son enfant.
Autant vous le dire : si vous attendez du Secret de Lady Audley une construction de type classique, avec un coupable à démasquer à la fin, ce livre n'est pas pour vous. Dès les premiers chapitres, on sait que lady Audley est bigame et a vraisemblablement assassiné son premier mari, moins riche que le deuxième. (Aucun spoiler ici donc).
Plus que le roman policier, ce livre évoque le roman feuilleton "à sensation", avec ses rebondissements en fin de chapitre, ses effets d'annonce, son style parfois un peu emberlificoté et, à l'occasion, quelques oublis ou abandons d'une piste qu'on s'attendait à voir développer.
Mary Elizabeth Braddon n'est sans doute pas un très grand écrivain, mais elle excelle dans le roman populaire dont elle maîtrise tous les ressorts, qu'elle emploie sans modération. Vous aimez Dumas, Le Fanu, Wilkie Collins ? Vous devriez vous régaler avec cet auteur dont le roman phare m'a complètement emportée. Pour ma part, outre le fait que j'ai dévoré ce roman, ce qui montre déjà à quel point il m'a plu, j'ajouterais que Mary Elizabeth Braddon a su me surprendre, là où je n'attendais que des petits chamboulements. Le retournement de situation final me paraissait si peu crédible que je ne l'envisageais pas - j'imaginais plutôt un nouveau développement concernant Lady Audley. J'étais également étonnée de voir l'histoire se poursuivre après les aveux de la coupable, qui mettent en général un point final aux histoires de ce genre. Le tout dernier chapitre est un peu niais (imaginez Pride and Prejudice s'achevant sur un dernier chapitre "et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Lizzie faisait de la broderie pendant que Mr Darcy chassait. Ils voyaient souvent les Bingley qui avaient l'habitude de loger chez eux plusieurs mois chaque année"). Mais je chipote un peu, car ce roman à sensation remplit pleinement sa mission. Plus encore, il vient de créer chez moi une addiction à Miss Braddon. Rendez-vous au prochain numéro !
Voici ce que dit mon Oxford Companion to English literature: "The bigamous pretty blonde heroine (...) shocked Mrs Oliphant (que je veux lire depuis au moins un siècle) who credited Miss Braddon as the inventor of the fairhaired demon of modern fiction. (M.E. Bradon) was often attacked for corrupting young minds by making crime and violence attractive, but she won some notable admirers including Bulwer Lytton, Hardy, Stevenson and Thackeray).
Merci beaucoup à Hilde pour ce cadeau !

474 p
Mary Elizabeth Braddon, Le Secret de Lady Audley, 1862
CHALLENGE ELIZABETH BRADDON - les lectures :
Aurora Floyd : Cécile, Maggie, Mea
L'Aveu : Loula,
Henry Dunbar : Lou, Loula, Nag,
La Ferme Grise : Maggie,
Lady Isle : Cécile
Le Secret de Lady Audley : Cécile, Karine, Keisha, Lou, Malice, Mango, Titine,
Le Triomphe d'Eleanor : DViolante,
Les Oiseaux de Proie : Rachel,
Sur les Traces du Serpent : Choupynette,

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J'ai choisi ce billet pour le challenge "On veut de l'Héroïne" de Pickwick et d'Emma.
Je me suis dit qu'on attendait plus pour ce challenge des sortes de Cats Eyes ou autres héroïnes des temps modernes mais finalement je trouve que Lady Audley remplit très bien son rôle en la matière. Pourquoi Lady Audley est plus forte que Bella ?
- Au lieu de fantasmer sur un type mort dont le fond de teint excessif révèle des tendances psychopathes, elle épouse un type plus riche qu'elle et, pragmatique, quand l'occasion se présente, change de nom et épouse un type encore plus riche (qui avec un peu de chance décèdera rapidement vu qu'il est nettement plus âgé qu'elle).
- Au lieu de raconter des niaiseries et avec seulement trois ou quatre ans de plus que Bella, lady Audley est une femme d'action : elle tue son premier mari, commence à empoisonner le deuxième et met le feu à une auberge pour se débarrasser d'un ennemi. Pour une nunuche élevée à l'époque victorienne, c'est un sacré palmarès !
- Enfin parce qu'elle ne se drogue pas à l'héroïne mais n'hésite pas à prendre quelques gouttes d'opium à l'occasion.
Comme quoi, même les Victoriennes sont moins ringardes que Bella !









































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