Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/10/2017

Carole Martinez, La Terre qui penche

martinez_terre qui penche.jpg1361, la toute jeune, la presque petite Blanche est conduite par son père chez un autre seigneur en vue d'épouser le fils de ce dernier d'ici deux ans. Le fils est beau mais simple d'esprit. Qu'importe, l'arrangement a été scellé et Martin, le père de Blanche, ne s'embarrasse pas de considérations de ce genre.

Deux récits s'entrecroisent : celui de la petite Blanche, à son époque, et celui de la vieille âme, fantôme hantant l'ancien domaine des Murmures depuis des siècles. Les deux voix se répondent. La vieille âme laisse penser que Blanche est morte à douze ans en 1361. Mais est-ce réellement le cas ?

De Carole Martinez, je connaissais Du Domaine des Murmures qui m'avait beaucoup plu (son Coeur cousu attend dans ma PAL). J'ai dévoré La Terre qui penche mais dois avouer que c'est surtout la deuxième partie qui m'a emportée. Comme la Loue, rivière impétueuse, intrinsèquement liée à une Dame verte à l'humeur changeante et aux amours assassines, ce roman prend son envol soudainement, jouant avec les codes du fantastique avec brio, apportant fraîcheur et originalité à un récit profondément enraciné dans un cadre médiéval. On sent tout l'intérêt que porte Carole Martinez à cette époque; on partage rapidement son enthousiasme.

La Terre qui penche est fait de personnages hauts en couleur, avec de réelles aspérités, voire même parfois ambigus. Le soldat attentionné est en fait un dévoreur de petites filles ; le seigneur répugnant qui utilise son droit de cuissage et empêche sa fille d'apprendre à lire revêt un tout autre visage par le passé ; la petite Blanche d'apparence fière, presque hautaine est en réalité libre, courageuse et prête à défendre ses droits en dépit de sa condition - une femme et rien d'autre.

Et puis il y a la Loue et cette dame verte qui gagnent en importance au fil du récit. Cette figure fantastique qui noie tous les hommes qui se contemplent dans la rivière mais qui, là encore, ne se limite pas au monstre que l'on pourrait penser. Mi-fée, mi-femme, mi-monstre, voilà sans aucun doute l'un des protagonistes les plus fascinants de ce roman.

Merci aux éditions Folio pour cette belle découverte !

LOGO-FOLIO.jpg

 

 

 

 

 

429 p

Carole Martinez, La Terre qui penche, 2015

 logo challenge halloween 2017v3.jpg

03/11/2011

Portraits de femme

ovalde_vies oiseaux.jpgMême si je suis bien incapable de distinguer le moindre oiseau une fois dépassé le niveau du héron, de la mouette et du pigeon, j'ai eu envie de découvrir ces Vies d'oiseaux de Véronique Ovadé, nouveauté parmi tant d'autres en période de rentrée littéraire.

Il y a quelques années, j'ai découvert dans le cadre du prix Landerneau Et mon coeur transparent. Je projetais déjà de lire Déloger l'animal, ce que je n'ai toujours pas fait (honte sur moi, je promets de faire pénitence et de relire un chapitre des Chroniques de Mudfog de Charles DiKens pour la peine). Bref, revenons-en à nos moutons ou plutôt au Coeur transparent (quelle charmante image) ; ce livre très particulier a beaucoup dérangé à l'époque : détesté ou adoré, il n'a laissé personne indifférent. Si je ne garde qu'un souvenir flou de l'intrigue (comme je le dis souvent, en cas de fin du monde et de destruction des librairies, je pourrais bien me contenter de relectures au vu de ma mémoire de poisson rouge)... si je ne garde qu'un souvenir flou de l'intrigue (disais-je avant cette digression), je me rappelle un réel coup de coeur, une lecture enthousiaste faite d'une traite (et que j'associe à un premier long séjour à Barcelone... on peut faire plus désagréable comme contexte) !

Des Vies d'oiseaux est un roman bien différent, de facture plus classique. Il y est question de Vida, qui vit dans sa maison de luxe comme une prisonnière, en apparence soumise à un mari qui aime lui rappeler qu'il l'a sortie de la fange et l'a faite telle qu'elle est aujourd'hui. Mais c'est aussi Paloma, la fille de Vida, qui occupe une place centrale dans le roman. Lasse de voir sa mère humiliée au quotidien, rejetant les valeurs bourgeoises de sa famille, Paloma s'est enfuie avec un séduisant jardinier au crâne couvert de cicatrices (oui je sais dit comme ça, ça donne envie !). Le récit commence avec l'histoire de Vida, suivie du point de vue de Paloma, avant un chapitre final au cours duquel les deux femmes se retrouvent.

Avec sensibilité, Ovaldé décrit une Vida qui se rebelle discrètement contre son mari, par le choix de ses habits, quelques remarques inopportunes venant gâcher ses dîners mondains... jusqu'au jour où elle fait la rencontre du lieutenant Taïbo qui incarne une autre forme de virilité et lui permet de quitter enfin son mari. Malgré tout, la délicate Vida ne peut partir sans la présence d'un nouvel homme : son émancipation n'est ainsi que partielle. Quant à Paloma, c'est un personnage à mon sens moins intéressant. Elle incarne le stéréotype de la gosse de riches privilégiée qui se retourne contre ses parents... pour finir par vivre dans des demeures de luxe innocupées pendant les vacances de leurs habitants. Certes, elle se pose en provocatrice en causant maints désagréments à ses anciens voisins et parents, mais elle continue à profiter sans remord de la vie dorée qu'elle se targue de mépriser. Un personnage plus figé, parfois desservi par des scènes un peu moins réussies : je pense par exemple à une dispute assez artificielle entre le père et la fille. Dommage, car ce roman reste très agréable à lire et soulève de nombreuses questions, traitant aussi bien du fossé qui sépare les différentes couches sociales (et ce d'autant plus que le cadre choisi est l'Amérique latine, où les inégalités se manifestent de façon plus visible) que de la question de la féminité et de la réalisation de la femme.

3coeurs.jpg



236 p

Véronique Ovaldé, Des vies d'oiseaux, 2011

price ministerrentree_litteraire.png2018507320.jpg

15/10/2011

L'inégalable Cimetière et sa Crypte !

singleton_century.jpgCaché au fond de ma bibliothèque, sur une étagère poussiéreuse regorgeant de romans abandonnés aux tranches décolorées par le temps, sommeillait un étonnant livre aux accents victoriens, Century.

Poussée par la curiosité et toujours en quête de manoirs anglais (avec un petit faible pour les demeures abandonnées, plus à la portée de mon modeste pécule), j'ai suivi la jeune Mercy qui, en propriétaire attentive, n'a pas manqué de me vanter les charmes des lieux. Et moi qui ne possède pas moins de trois propriétés anglaises oubliées, à commencer par un cottage esseulé sur les hauteurs de Haworth, je n'ai pas su résister au charme de cette vieille bâtisse, dans laquelle j'ai posé mes valises la semaine dernière.

Si j'ai été séduite par cette demeure, c'est aussi parce qu'elle annonçait de grandes aventures. C'est donc également munie de mon spectomètre, d'un pic à glace et d'une lampe torche que j'ai fait mon entrée dans Century, domaine où les habitants se couchent avant l'aube et se réveillent après le crépuscule. Un éternel hiver entoure ses jardins, les plantes ne poussent plus, le froid est mordant. Trajan, le père de Mercy, vit enfermé dans une pièce inconnue, ce qui ne manque pas dans une demeure où la plupart des pièces ont été condamnées puis oubliées par leurs habitants. J'ai rencontré mes premiers fantômes, à commencer par un effroyable visage soudain apparu sous la glace d'un lac gelé, alors que j'étais bien décidée à me remettre au patinage (puisqu'il n'y avait pas grand-monde pour me voir, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les patinoires publiques). J'ai subi avec Mercy et sa soeur Charity les fastidieuses leçons de l'austère Galatea (qui semblait décidée à rattraper ce que cinq ans de latin au secondaire n'ont jamais réussi à faire pour moi) et, après deux jours qui m'ont paru une éternité, j'ai suivi Mercy derrière une tapisserie poussièreuse (ce qui, étant donné mon allergie aux acariens, n'a pas été de tout repos). D'un passage secret à un autre, j'ai quitté l'année 1890 pour 1789 (en tant que Française j'étais soulagée d'être bien loin de ma terre natale). C'est là que j'ai découvert qu'un enchantement maintenant Century dans un hiver sans fin, à la suite d'événements tragiques ayant eu lieu un siècle auparavant. Parmi eux, une terrible expérimentation rappelant les laboratoires du docteur Frankenstein et autres scientifiques et alchimistes inquiétants oubliés ou trop éblouis par les Lumières !

Je ressors de ce voyage intrépide enchantée, même si j'ai finalement décidé de quitter Century pour louer un appartement à Londres et suivre Alexia Tarabotti dans sa quête tout aussi mouvementée de la célèbre treacle tart. Et si Century permet de s'arrêter au cimetière pour notre train fantôme, c'est parce que l'une des scènes finales a lieu dans un cimetière familial où une femme enterrée un siècle plus tôt s'extrait soudain de sa fosse, toute couverte de terre mais apparemment en pleine forme. Charming, isn't it ?

A woman under the ice. A ghost. Mercy could see ghosts, the echoes of people who had died.

Avis : Hilde (avec qui j'ai découvert ce livre au hasard d'un petit marché aux livres), Mes imaginaires, Read in a single sitting, Clarabel...

3,5coeurs.jpg

 

 

220 p

Sarah Singleton, Century, 2005

Logo Halloween4.jpgsarah singleton,century,les fantômes de century,roman,roman anglais,roman xixe,époque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,manoir hantéChallenge God save le livre : 18 livres lus

12/10/2011

Brume et fantômes en Espagne

el-principe-de-la-niebla1.jpgConnu en France pour L'Ombre du Vent et Le Jeu de l'Ange, Zafón a publié en Espagne quatre romans jeunesse dont Marina, qui vient de sortir en France. Nul doute que la trilogie commençant par El príncipe de la niebla sera bientôt traduite.

Point de Barcelone cette fois-ci. Alors que la guerre assombrit le ciel européen, Max et sa famille quittent la ville pour pour un petit village de la côte atlantique. Alors que les Carver viennent d'arriver, un premier phénomène étrange attire l'attention de Max : l'horloge de la gare semble indiquer l'heure à rebours.

La famille emménage près de la plage, dans une maison abandonnée qui a été le théâtre de bien tristes événements : elle a en effet été bâtie par un médecin, dont le fils est mort noyé.

Observateur attentif et curieux, Max sait qu'il se passe quelque chose d'inhabituel : le chat de sa soeur semble l'espionner et semblera être aussi à l'origine de la chute de la fillette dans les escaliers ; depuis sa fenêtre, Max voit un jardin embrumé où il découvre de morbides statues représentant des personnages de cirque et qui semblent bouger ; enfin il découvre qu'une épave gît non loin de là. La mort rôde ainsi autour du village.

Ce récit fantastique se lit avec beaucoup de plaisir. Zafón crée un cadre intéressant et original, même si, bien que l'histoire reste plaisante, on pourra toujours lui reprocher un développement assez simple et une fin plutôt classique. C'est pour moi un bon roman jeunesse : un récit au décor fascinant, qui tient le lecteur en haleine et lui offre un vrai plaisir de lecture.

Si vous aussi craignez les affreux clowns, les maquillages de cirque, les bâteaux fantômes et les chats maléfiques, El príncipe de la niebla est certainement fait pour vous ! C'est aussi une option tout à fait honorable pour ceux qui aiment séjourner dans les maisons hantées... une certaine scène où la porte de l'armoire s'ouvre toute seule ne serait pas pour vous déplaire !

Le site de l'auteur

D'autres avis : Ciberanika (plusieurs avis), Miguel Lorca (petit blog consacré au roman), Reginairae (présentation du livre et divers avis)

3coeurs.jpg

 

 

230 p

Carlos Ruiz Zafón, El príncipe de la niebla, 1993

Logo Halloween4.jpg

18/09/2011

Qu'il faisait doux au matin de ma mort !

carole martinez,rentrée littéraire 2011,du domaine des murmures,gallimard,roman,roman francais,moyen-âgeEn raison de mon vieil esprit de contradiction, j'ai tendance à fuir les livres qui font l'objet d'un enthousiasme collectif, incroyable, en somme louche (oui je sais)... je me réjouis donc d'avoir lu le dernier Carole Martinez avant que ne fleurissent 150 articles à son sujet - et déjà, en faisant ma modeste chronique, je vois que ce roman sera de ceux qui marqueront la rentrée (si ce n'est les esprits, du moins en s'illustrant par la quantité de fois où ce titre surgira devant les yeux du lecteur vierge et innocent, animal fantastique qui, d'ailleurs, n'existe pas). Le livre de Carole Martinez est déjà très présent en tête de gondole, dans les relais H et autres instruments et lieux merveilleux de notre formidable époque où l'on prend souvent le lecteur pour un mouton sans cervelle qu'il convient de guider sur la route difficile menant aux bonheurs de la lecture. Heureusement pour l'innocent lecteur achetant rapidement sa nourriture spirituelle hebdomadaire dans ces antres de la culture moderne, Du Domaine des Murmures est un roman ma foi très agréable à lire et, s'il sert d'alternative aux derniers crocodiles de Londres et autres spectres omniprésents dans les transports en commun (quand ils ne hantent pas les serviettes de plage), je me réjouirai personnellement. N'allez pas croire que j'aie quoi que ce soit contre les lecteurs de best-sellers (il y a d'ailleurs de bons best-sellers et certains de mes chers classiques ont cartonné à leur époque!) mais vous n'imaginez pas comme une année entourée par Katherine Pancol dans le bus peut nuire à la santé mentale !

Deuxième roman de Carole Martinez, Du Domaine des Murmures (puisque c'est bien de lui que je voulais parler) a éveillé mon intérêt en raison de l'époque dont il traite : le Moyen-Âge. N'ayant rien d'autre en tête en ouvrant ce livre, j'ai donc éprouvé le plaisir de me laisser entraîner dans une histoire très curieuse, où le merveilleux n'est jamais loin.

Promise à Lothaire, jeune homme belliqueux violant régulièrement les paysannes du domaine, la jeune Esclarmonde se refuse à lui le jour de leur mariage ; se tranchant l'oreille, elle demande à être emmurée vivante dans une chapelle, afin de se consacrer jusqu'à sa mort à Dieu. Si la foi de la jeune femme est sincère, sa décision a priori terrible est aussi motivée par un puissant désir de liberté : se consacrer à Dieu, s'isoler à jamais, c'est aussi se refuser aux hommes et ne pas dépendre du bon vouloir d'un mari après avoir longtemps obéi à un père aimant mais exigeant. Enfermée entre quatre murs, Esclarmonde apprendra à se connaître et à dépasser ses propres limites : un tombeau à ses yeux salvateur. Mais le jour où elle doit être enfermée, la jeune femme est violée à l'orée du bois, lors d'une dernière promenade libératrice.

De ce drame caché puis quelque peu oublié naîtra neuf mois plus tard un enfant, alors qu'Esclardmonde est désormais enfermée. Les gens des environs choisissent de croire au miracle, mais la position de la jeune sainte reste précaire.

J'ai été séduite par le souffle romanesque qui porte ce récit : avec un véritable talent de conteuse, Carole Martinez nous entraîne à sa suite dans cette forêt, aux abords de ce château en ruine. C'est avec grand plaisir qu'on écoute avec elle les pierres murmurer l'histoire d'Esclarmonde, de son père devenu fou, d'un homme qui l'a tendrement aimée, d'un fée verte et de nombreux fantômes qui revivent le temps d'une lecture. Sa réflexion sur la place faite aux femmes en ce lieu dominé par les hommes est intéressante et la prophétesse n'est pas la seule à influencer la population (citons déjà celle qui, par ses formes rondes, sait mener les hommes par le bout du nez).

N'étant pas moi-même historienne, je ne sais pas à quel point ce récit est fidèle à l'époque décrite ; il m'a paru parfois assez moderne, mais je dirais que cela n'a pas grande importance, l'essentiel étant de se laisser porter par le récit et de croire aux légendes si séduisantes qui sont présentées. Assez réfractaire aux textes excessivement mystiques, je n'ai pas été gênée un instant par les interrogations d'Esclarmonde, ses accès de foi, sa communion secrète avec son père parti guerroyer en terre sainte.

Voilà in fine un très joli roman qui saura vous emporter le temps d'une pause, un texte que l'on savoure et que l'on regrette un peu d'avoir ensuite derrière soi.

Les nombreux avis de : Antigone, La petite marchande d'histoires, Clara, Bricabook, Kathel, Pierre Jourde, Là où les livres sont chez eux, Aifelle, Isabelle, Emeraude

3,5coeurs.jpg

 

 

201 p

Carole Martinez, Du Domaine des Murmures, 2011

challenge-1--litteraire.jpg

 

11/09/2011

New York New York

deux-artistes-au-chomage.jpgJe ne sais pas si la chaleur écrasante de Barcelone ou l'air conditionné qui y sont pour quelque chose, mais je ne sais comment partager avec vous ma dernière lecture, Deux jeunes artistes au chômage de Cyrille Martinez.

Ce roman très curieux fait un peu figure d'OVNI dans cette rentrée littéraire. Plutôt expérimental, ce texte a pour cadre New York New York. Ce "déplacement" (je reprends ici un terme employé par l'auteur) est assez emblématique du récit, et si je voulais faire un énorme raccourci, je dirais qu'il résume à lui seul Deux jeunes artistes au chômage. New York New York, une manière de nous placer dans un cadre mental assez précis pour aussitôt nous en arracher ; une perte de repères qui se poursuit avec la rencontre d'Andy et de John, que l'on associe immédiatement à deux artistes des années soixante, pour ensuite découvrir qu'il ne peut s'agir de l'époque en question lorsqu'un téléphone portable fait soudain son apparition. Ce roman est un curieux mélange de chapitres qui se lisent comme autant de  pièces formant un tout mais laisse au lecteur la vague impression d'avoir pénétré dans plusieurs univers parallèles, tous semblables et décalés à la fois. Le passé évoque un futur presque inquiétant, au cours d'une introduction qui n'est pas sans évoquer le roman d'anticipation : des artistes s'installent dans un quartier de New York New York qui devient de plus en plus un ghetto de luxe dans lequel il convient de vivre pour devenir artiste, mais auquel on ne peut accéder sans être auteur de best-sellers, d'où une montée des prix et un quartier d'abord (trop?) élitiste qui devient purement mercantile.

Le roman, pourtant court, évoque par ailleurs de nombreux sujets, dont l'accueil faits aux immigrants (intégrés à condition de venir "travailler" et non "vivre" sur place), accueil absurde qui, on le pressent, n'annonce pas de meilleurs lendemains. Un autre sujet m'a interpelée et je regrette de ne pas avoir profité d'une rencontre avec l'auteur pour l'évoquer : l'un des personnages est atteint du syndrome de la Tourette et passe son temps à jurer. Un personnage qui prête à rire... est-ce là sa raison d'être dans le livre (malgré un côté sinistre dès qu'il s'agit de faire du profit) ? Un personnage qui me fait par ailleurs penser à L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau d'Oliver Sacks, que je vous recommande si la question des troubles nerveux vous intéresse.

Un livre qui ne ménage pas son lecteur et suscite de nombreuses interrogations, ce que j'ai trouvé très raffraîchissant !

Merci à Denis et aux éditions Buchet Chastel pour cette lecture et la rencontre très sympathique avec l'auteur autour d'un pique-nique !

Les avis de : Livresse, Sophie, Moby Livres, Skritt, Avalon

 

3coeurs.jpg

 

 

128 p

Cyrille Martinez, Deux jeunes artistes au chômage, 2011

challenge-1--litteraire.jpg

19/02/2011

Un séjour en Moravie

legatova_zelary.jpgEn 2008, grâce à ma cousine qui avait été marquée par cette lecture, j'ai découvert le très beau roman La Belle de Joza de Kveta Legatova. J'ai enfin terminé il y a quelques jours le deuxième livre du même auteur publié en France, Ceux de Zelary. Très joli ensemble de textes courts qui s'entremêlent, avec des personnages que l'on croise à plusieurs reprises et des sauts dans le temps qui permettent de mieux comprendre quelques secrets évoqués lors des premiers récits.

Il y est question d'un petit village de Moravie, de ses habitants et de leur vie de tous les jours. Leurs travaux, leurs histoires familiales au passé parfois lourd, leurs aspirations, leurs conflits, voilà ce qui anime ce texte portant sur un mode de vie aujourd'hui pratiquement oublié.

C'est une vie dure que dépeint Kveta Legatova : les enfants sont souvent de vraies pestes qui ne se font jamais de cadeaux, les femmes battues ne manquent pas, les hommes vont noyer leurs soirées à la taverne, au risque de sombrer un peu plus dans la misère. Il y a quelques personnages hauts en couleur : Lucka, la guérisseuse crainte et respectée qui fait souvent concurrence au docteur et s'est liée d'amitié avec le curé ; Lipka, orphelin maltraité par son oncle, garnement attachant à la peau dure ; Helenka, son amie fidèle, petite futée qui se bat contre de plus forts sans crainte des conséquences (une petite Don Quichotte au coeur courageux et à la langue acérée) ; Zena, qui transforme le moindre fil de fer tordu en or grâce à ses doigts de fée ; l'ingénieur Selda, amoureux malheureux.. voilà en tout cas ceux qui m'ont le plus marquée.

aste.jpgSans avoir été pour moi un coup de coeur, comme La Belle de Joza, ce livre a su me séduire à travers les personnalités taillées dans un matériau brut qui se livrent à nous à travers ces neuf récits. A ceux qui ne la connaissent pas je conseille vivement de découvrir Kveta Legatova, en espérant que ses écrits leur plairont autant qu'à moi.

Merci beaucoup à Denis et aux éditions Noir sur Blanc pour ce voyage en Moravie.

Un billet dédié à mes grands-mères Anne et Catherine dont le monde était sans doute plus proche de celui de Kveta Legatova que de celui qui m'a vu grandir, et a disparu un peu plus avec leur départ, très récent pour l'une d'elles (d'où mon silence ces dernières semaines).

(L'église est celle d'Asté, petit village sans doute assez semblable à Zelary)

377 p

Kveta Legatova, Ceux de Zelary, 2001

(Version française : 2010, Editions Noir sur Blanc)

19/06/2010

Le come back du retour du papy tueur

erre_seriez.jpgAprès un silence de plusieurs jours, et ce même si je n'y croyais plus, me revoilà sur ce blog avec des nouvelles de mes dernières aventures, faites de meurtres et de mises en scène macabres dans une maison de retraite. Si vous suivez un peu les dernières parutions, vous vous en doutez déjà : j'ai eu pour guide le facétieux J.M. Erre avec son excellent manuel pratique Série Z. Un certain J.M. Erre que j'avais déjà croisé il y a quelques années en prenant soin d'un chien.

Bon, pour être honnête, j'ai laissé passer deux bonnes semaines entre ma lecture et la rédaction de cette modeste chronique. J'ai depuis lamentablement oublié la moitié de ce que je voulais vous dire, ce qui est bien dommage car je vais maintenant être obligée de broder tout en pensant au ménage et aux cartons qui m'attendent et me perturbent au plus haut point.

C'est l'occasion de faire court (pour une fois). Si la maison de retraite vous déprime à l'avance, jetez-vous sur ce livre dont l'humour potache est loin d'être le seul ingrédient. Bien sûr on rit beaucoup (littéralement, ce qui ne m'arrive presque jamais en lisant un roman - j'ai d'ailleurs dû avoir l'air passablement dérangée dans le métro). Malgré tout, j'ai surtout apprécié la construction du récit : extraits dignes d'un scénario de Série Z, chroniques de blog assorties de leurs commentaires, focus sur des personnages divers et variés, enquête policière, rien ne manque pour multiplier les rebondissements et amuser le lecteur. Un roman (plus) intelligent (qu'il n'y paraît), en souvenir des tomates tueuses sur le retour et d'une moussaka géante aux intentions peu louables. La cerise sur le gâteau : le lecteur fait aussi de brèves incursions dans l'histoire, sous les traits d'un certain M. Hubert C.Poursuivra-t-il sa lecture ? Sera-t-il trop chagriné par les invraisemblances manifestes qui ne manquent pas ? Pour le découvrir, à vous de lire Série Z !

Merci beaucoup aux éditions Buchet Chastel !

4coeurs.jpg

 

 

366 p

J.M. Erre, Série Z, 2010

 

seire z 1.jpgserie z2.jpg

04/02/2010

Lire, c'est mortel !

flipo_commissaire.jpgAujourd'hui sort un roman policier du genre poilant et absurde, La Commissaire n'aime point les vers, dernier rejeton de Georges Flipo (dont j'ai déjà lu Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur).

Malgré un enthousiasme vacillant pour les polars (frôlant même la récession), j'ai été attirée par le sujet plutôt atypique, aux légers accents ffordiens. Un sonnet inédit de Baudelaire sème un vent de panique sur Paris, car tous ceux qui le tiennent entre leurs mains sont bientôt victimes de tentatives d'assassinat (ou d'assassinats réussis, le cas échéant). Plutôt sulfureux pour le XIXe, le poème divise les experts et suscite l'enthousiasme de la presse, par l'odeur du sang alléchée. Ni une ni deux, l'affaire sera résolue par la commissaire Viviane Lancier qui, pour faire court : a quelques kilos en trop et change de régime tous les jours ; porte un tailleur rose quand elle veut bien s'habiller ; s'inflige des CD de Bach, qu'elle n'apprécie pas spécialement mais dont elle possède un coffret ; lit des polars, et seulement des polars ; regarde des polars à la télé ; et, chose primordiale s'il en est une, sait que chaque gant en pécari a son propre ADN. Comme il se doit, Viviane est flanqué d'un lieutenant jeune, beau, intelligent et débrouillard (en bref, un héros en puissance, comme son nom ne l'indique pas).

Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée, j'ai beaucoup aimé le contexte hugolien et baudelairien (rien que ça !). On retrouve l'humour de Flipo et, malgré le côté un peu franchouillard de la commissaire qui semble déteindre sur l'ensemble du roman, je ne peux que vous recommander ce livre pour vos moments de détente à venir. Pour ma part, je suis déjà partante pour la suite des aventures de la 3e DPJ !

J'en profite pour vous inviter à aller faire un tour chez Emma, qui vient de lancer un swap Sherlock Holmes avec Fashion. Attention, peu de places sont ouvertes : ne laissez pas Watson vous passer sous le nez (et avec un Jude Law-Watson, ce serait vraiment dommage !).

297 p

Georges Flipo, La commissaire n'aime point les vers, 2010

3coeurs.jpg

10/03/2009

L'affaire Kitty Genovese

decoin_ainsi que les femmes meurent.jpgSi une chose me contrarie en ce moment où je ne suis pas sur Paris, c'est le fait de manquer des rendez-vous comme le Salon du Livre et la rencontre avec Didier Decoin autour d'un petit-déjeuner aux Deux Magots. Outre le cadre symbolique et l'aspect gustatif très alléchant de l'affaire, je regrette d'avoir eu à décliner une invitation à échanger avec l'auteur d'un livre que je qualifierai d'entrée de jeu excellent (allons-y franchement !).

Didier Decoin revient sur le meurtre de Catherine « Kitty » Genovese, jeune new-yorkaise d'origine italienne habitant le quartier de Queens. Gérante d'une boîte de nuit, elle se fait agresser lorsqu'elle rentre chez elle une nuit de mars 1964. Kitty est poignardée à de nombreuses reprises, puis le tueur abuse d'elle alors qu'elle est mourante. Déjà atroce en soi, le fait divers ne s'arrête pas là : 38 personnes assistent au calvaire de Kitty Genovese et, malgré les cris et les râles qui se poursuivent pendant une demi-heure, une seule personne se décide à prévenir la police et les secours, lorsqu'il est déjà trop tard. Plus surprenant encore, ceux qui n'ont pas agi sortent de leur tanière dès l'arrivée des autorités, pressés d'agir en citoyens responsables en aidant la police par leur témoignage. Certains ont vu l'agresseur et son couteau, d'autres ont assisté au début de l'agression, presque tous ont entendu Kitty Genovese appeler à l'aide en hurlant qu'on l'assassine. Alors que le tueur achève Kitty dans l'entrée de son immeuble, un voisin entrouvre sa porte et vient sur le palier à plusieurs reprises sans pour autant agir.

 

El sitio del crimen.JPG
El lugar del crimen actualmente (011).JPG

 

Ecrit pour la collection « Ceci n'est pas un fait divers » (Grasset), ce texte revient sur le parcours du meurtrier et sur le procès en posant un regard critique sur ces témoins passifs responsables eux aussi de la mort de Kitty Genovese. Pour ce faire, il invente un narrateur idéal : voisin absent lors du drame, il découvre à son retour la lâcheté de ses voisins lors de l'enquête du journaliste qui couvre l'affaire pour le New York Times. Très humain, bouleversé par le sort de sa petite voisine, le narrateur a toute notre sympathie, même si une question reste en suspens : si gentil soit-il, qu'aurait-il fait s'il avait été présent ?

Ce cas illustre ce qui est depuis devenu le syndrome Kitty Genovese ou bystander effect, vérifié lors d'expériences à l'Université de New York. Plus il y a de témoins d'un appel au secours, moins les chances d'intervention sont nombreuses, chacun espérant que l'autre prendra les devants. Cet aspect m'a particulièrement remuée au regard de mauvais souvenirs. Et ce pathétique voisin qui conclut à une querelle d'amoureux après avoir constaté la violence des coups portés à sa voisine m'a ramenée quelques années en arrière : agressée dans le métro devant un étudiant avec qui je parlais l'instant d'avant, dans une rame bien remplie, j'ai réussi à ne pas me laisser entraîner sur le quai où on essayait de me tirer. Tranquille une fois les portes fermées, j'ai vu tous les occupants du métro me regarder placidement. Avant que mon camarade ne dise en guise d'excuse « je pensais que c'était ton copain ». Ce n'est pas mon seul souvenir en matière de bystander effect, et si je sais maintenant que cela porte un nom, cela ne me laisse pas moins amère. En lisant ce récit, j'avais parfois à l'esprit les regards bovins surpris dans ce genre de situation ; c'est sans doute en partie pour cela que l'histoire de Kitty Genovese m'a révoltée.

Très proche des faits, très documenté, ce roman est construit avec habileté grâce à ce narrateur aux premières loges qui émaille son récit de réflexions et de souvenirs personnels. Un autre narrateur met en scène l'assassin, se glisse dans sa peau, cherche à lui faire prendre corps, quitte à le rendre parfois un peu banal. Il évite ainsi le manichéisme, rendant le personnage plus crédible. L'écriture est factuelle, claire, très visuelle, le style extrêmement agréable. Certaines scènes n'épargnent pas le lecteur, et tant mieux. On perçoit très bien l'injustice de ces morts violentes, la cruauté de leur déroulement, la panique des victimes, on devine malgré tout leur courage, leur volonté de vivre, l'impossibilité dans laquelle elles se trouvent d'abandonner. Le récit se lit d'une traite ; les faits macabres éveillent une curiosité sans doute morbide et, plus encore, on se questionne au sujet de ces témoins inertes.

Un livre tout simplement brillant.

Je ne connaissais pas du tout l'auteur mais j'ai repéré quelques titres que je chercherai à mon retour en France, comme La Femme de Chambre du Titanic et Meurtre à l'anglaise, ou encore les textes plus new-yorkais.

Quelques avis, tous positifs : Malice, Lily, Jules

Un article intéressant sur l'affaire (en espagnol). Il y aurait un lien avec Danse Macabre de Stephen King – lequel ?

Merci aux éditions Grasset pour l'envoi de ce livre remarquable et pour ce petit-déjeuner manqué auquel j'aurais tant aimé assister !

227 p

Didier Decoin, Est-ce ainsi que les femmes meurent ?, 2009

Kitty Genovese (004).JPG

28/01/2009

Trick or Treat

glaister_halloween.JPGParmi les temples de perdition qui voient souvent défiler Miss Lou, il est une enseigne bleue en haut du Boulevard Saint-Michel dont les dangers égalent au moins ceux du fameux temple dans lequel Indiana Jones brava un jour pièges et vieux squelettes avec aplomb. Cet endroit a une fâcheuse tendance à brader à 1€ d’excellents livres et, depuis qu’elle a repéré cette stratégie sournoise, Miss Lou sait que la meilleure solution est d’éviter le plus souvent possible le quartier latin. Mais il est bien sûr des moments d’égarement. Dont un qui a entraîné la découverte de Halloween de Lesley Glaister, occasion « rouge » au titre assez intrigant pour que, résumé et prix confondus, votre chroniqueuse dévouée glisse (comme par inadvertance) ledit objet dans une PAL déjà frémissante (pendant que beaucoup d’autres livres alentours semblaient sautiller et lui dire « moi ! moi ! moi ! »).

Vous l’avez déjà constaté, la couverture est moche, disons-le franchement. Oui mais « de vieux souvenirs reviennent à la surface, et un drame s’aiguise, une farce funèbre se prépare dans l’ombre des gestes de chaque jour. »

Lesley Glaister était jusque-là une illustre inconnue pour moi. Figurez-vous qu’après avoir dévoré son Halloween, j’ai découvert qu’elle a publié de nombreux titres dont un couronné par le Sommerset Maugham Award. Ouf ! Je vais encore pouvoir me régaler !

Ici il est question de voisins dont les destins s’entrecroisent. Là-bas, cette énorme vieille dame, statue impressionnante aux lèvres moustachues couvertes de caramel, c’est Olive. A son côté, le vieillard frêle qui la soutient, c’est Arthur, son compagnon. Tous deux sont d’anciens militants et croquaient la vie à pleines dents. Il faut dire qu’à l’époque ils étaient bien différents, un brin fous et superbes tous deux.

Derrière eux, cachée par l’imposante Olive se tient Nell. Boucles impeccables, tenue soignée, un seau d’eau javellisée à la main, voilà l’ancienne rivale d’Olive : voisines, fausses amies, toujours en compétition. Aujourd’hui Nell est bien plus en forme, même si elle doit supporter le retour de son grand balourd de fils, sorti de prison récemment et parlant de lui à la troisième personne.

Au fond, dans une maison isolée, un type peu recommandable qu’on ne voit pas bien mais qui nous observe à travers ses rideaux tirés.

Et là, un peu débordés par l’organisation de la soirée de Guy Fawkes, Petra, Tom et les enfants s’agitent dans un remue-ménage insupportable, vous dirait Nell. Les petits ont de drôles de noms mais, Olive le sait bien, c’est la mode : Buffy, Bob et Loup. Ajoutons le chaton Rien, le chat Mao (à la peau translucide et sans le moindre poil) et le chien Kropotkine (Potkins), et nous aurons dressé le tableau de cette galerie de personnages pour le moins loufoque.

Tout commence à Halloween où l’on découvre les personnages, entre les enfants qui vont réclamer des bonbons et les voisins âgés qui se terrent dans leur maison la peur au ventre. Au fil des jours, Petra et sa famille font la connaissance des deux maisons qui les entourent : celle de Nell et celle d’Olive et Arthur. L’histoire prend fin après la soirée de Guy Fawkes. Entre-temps des amitiés se créent, de vieilles rancoeurs ressurgissent, certains démons ressortent de leur placard, une menace pèse et le passé des plus vieux est plus ou moins révélé. La tendresse et la mesquinerie ne sont pas loin non plus.

Voilà une histoire émouvante, parfois cruelle, souvent drôle, dans laquelle les personnages révèlent leurs faiblesses et où il est difficile de ne pas s’attacher un peu aux uns et aux autres, quels que soient les conflits qui les opposent. A cela s'ajoute un brin de suspense, avec le doute qui plane sur le retour du fils de Nell, dont je ne dévoilerai pas les penchants. Il s'agit presque d'un huis clos où la psychologie des personnages transparaît peu à peu à travers les petites manies, sous la plume d’une marionnettiste qui manie parfaitement les ficelles de son art. Précisons maintenant que le décor est profondément britannique (ces héros qui ne mangent presque que des sandwiches en buvant du thé, ça m’a rappelé des souvenirs…) et vous comprendrez mon petit coup de cœur !

Voilà un véritable page-turner, charmant bien qu’un peu sombre, un livre qui devrait notamment plaire aux amateurs de littérature anglo-saxonne et aux lecteurs de Kate Atkinson – j’ai retrouvé sa manière de mettre en scène les personnages. En ce qui me concerne, quiconque tentait de me détourner de ce roman risquait d’être rapidement écharpé. Le message est passé et me voilà ravie de cette rapide lecture et surtout prête à replonger dans un nouveau Lesley Glaister ! Chaudement recommandé !!

Ici on parle de son livre Partial Eclipse et de Soleil de Plomb. Là, on a aimé C’est la curiosité qui tue les chats (encore une couverture bien ratée).

4coeurs.jpg

 

 

233 p

Lesley Glaister, Halloween, 1991

guy fawkes house.JPG