19/06/2010
Le come back du retour du papy tueur
Après un silence de plusieurs jours, et ce même si je n'y croyais plus, me revoilà sur ce blog avec des nouvelles de mes dernières aventures, faites de meurtres et de mises en scène macabres dans une maison de retraite. Si vous suivez un peu les dernières parutions, vous vous en doutez déjà : j'ai eu pour guide le facétieux J.M. Erre avec son excellent manuel pratique Série Z. Un certain J.M. Erre que j'avais déjà croisé il y a quelques années en prenant soin d'un chien.
Bon, pour être honnête, j'ai laissé passer deux bonnes semaines entre ma lecture et la rédaction de cette modeste chronique. J'ai depuis lamentablement oublié la moitié de ce que je voulais vous dire, ce qui est bien dommage car je vais maintenant être obligée de broder tout en pensant au ménage et aux cartons qui m'attendent et me perturbent au plus haut point.
C'est l'occasion de faire court (pour une fois). Si la maison de retraite vous déprime à l'avance, jetez-vous sur ce livre dont l'humour potache est loin d'être le seul ingrédient. Bien sûr on rit beaucoup (littéralement, ce qui ne m'arrive presque jamais en lisant un roman - j'ai d'ailleurs dû avoir l'air passablement dérangée dans le métro). Malgré tout, j'ai surtout apprécié la construction du récit : extraits dignes d'un scénario de Série Z, chroniques de blog assorties de leurs commentaires, focus sur des personnages divers et variés, enquête policière, rien ne manque pour multiplier les rebondissements et amuser le lecteur. Un roman (plus) intelligent (qu'il n'y paraît), en souvenir des tomates tueuses sur le retour et d'une moussaka géante aux intentions peu louables. La cerise sur le gâteau : le lecteur fait aussi de brèves incursions dans l'histoire, sous les traits d'un certain M. Hubert C.Poursuivra-t-il sa lecture ? Sera-t-il trop chagriné par les invraisemblances manifestes qui ne manquent pas ? Pour le découvrir, à vous de lire Série Z !
Merci beaucoup aux éditions Buchet Chastel !

366 p
J.M. Erre, Série Z, 2010


20:32 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : erre, prenez soin du chien, serie z, humour, roman, roman français
27/03/2010
Une petite noyade digestive ?
Malgré le silence des derniers jours, je suis toujours vivante. Phénomène très bizarre à vrai dire, étant donné le nombre de fois où j'ai tenté de mettre fin à mes jours dans un élan de solidarité avec le héros d'Une Parfaite Journée Parfaite. Il faut dire que mon compagnon de voyage de la semaine (qui me suivait jusque sur les quais, en louchant bigrement sur les rails avant l'arrivée du métro) est follement audacieux et plein d'imagination. Pendaison, bombe, arme à feu, mine antipersonnelle, pilules, tout est bon pour arriver au même résultat. Un petit suicide toutes les heures, rien de tel pour rester en forme.
Passé ce préambule, je dois dire qu'en réalité, je suis passée complètement à côté de ce roman dont j'attendais vraiment autre chose. Intriguée, je l'ai été pendant quelques dizaines de pages. J'ai bien sûr savouré certains passages mais mon intérêt s'est rapidement émoussé et j'avoue à ma grande honte avoir rendu les armes page 90 (20 pages avant la fin, mais je n'en pouvais plus). Plutôt que de m'étendre sur ce qui m'a déplu, je vous laisserai méditer sur cette phrase : "Nous voulions changer la société, il aurait été plus facile de caresser un dragon psychopathe shooté au crack" (p42).
D'autres avis en général très positifs (Antigone, avec des réserves ; BarttleBooth; Bibliotheca ; Esterella ; Pickwick ; Sarah).
Et comme je trouve dommage d'avoir aussi peu aimé un livre qui me paraissait très prometteur dans le genre jubilatoire, je lance un petit jeu concours pour gagner ce livre (en état neuf car je suis une vraie maniaque à tendances psychopathes). Pour le gagner, vous avez jusqu'au 15 avril pour décrire votre parfaite journée parfaite (version tragique, comique, trash, en prose, slam, dialogues, courrier...). J'enverrai le livre à celui ou celle qui aura écrit le texte le plus surprenant (parce que ce livre est lui aussi étonnant), et bien sûr je publierai un billet avec une copie de tous vos écrits. Vous pouvez m'indiquer les liens vers vos billets dans ce post, comme ça je m'y retrouverai mieux (ma vie est un vrai chantier en ce moment !).
J'en profite pour lancer une invitation à Pickwick que je connais à travers ma boîte yahoo, pour lui proposer de choisir ensemble notre texte préféré puisqu'elle a lu le livre elle aussi (et l'a même terminé !).
112 p
Martin Page, Une Parfaite Journée Parfaite, 2002

Une caricature de Dessin Cretin.
20:33 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : martin page, une parfaite journee parfaite, humour, humoir noir, roman français
04/02/2010
Lire, c'est mortel !
Aujourd'hui sort un roman policier du genre poilant et absurde, La Commissaire n'aime point les vers, dernier rejeton de Georges Flipo (dont j'ai déjà lu Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur).
Malgré un enthousiasme vacillant pour les polars (frôlant même la récession), j'ai été attirée par le sujet plutôt atypique, aux légers accents ffordiens. Un sonnet inédit de Baudelaire sème un vent de panique sur Paris, car tous ceux qui le tiennent entre leurs mains sont bientôt victimes de tentatives d'assassinat (ou d'assassinats réussis, le cas échéant). Plutôt sulfureux pour le XIXe, le poème divise les experts et suscite l'enthousiasme de la presse, par l'odeur du sang alléchée. Ni une ni deux, l'affaire sera résolue par la commissaire Viviane Lancier qui, pour faire court : a quelques kilos en trop et change de régime tous les jours ; porte un tailleur rose quand elle veut bien s'habiller ; s'inflige des CD de Bach, qu'elle n'apprécie pas spécialement mais dont elle possède un coffret ; lit des polars, et seulement des polars ; regarde des polars à la télé ; et, chose primordiale s'il en est une, sait que chaque gant en pécari a son propre ADN. Comme il se doit, Viviane est flanqué d'un lieutenant jeune, beau, intelligent et débrouillard (en bref, un héros en puissance, comme son nom ne l'indique pas).
Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée, j'ai beaucoup aimé le contexte hugolien et baudelairien (rien que ça !). On retrouve l'humour de Flipo et, malgré le côté un peu franchouillard de la commissaire qui semble déteindre sur l'ensemble du roman, je ne peux que vous recommander ce livre pour vos moments de détente à venir. Pour ma part, je suis déjà partante pour la suite des aventures de la 3e DPJ !
J'en profite pour vous inviter à aller faire un tour chez Emma, qui vient de lancer un swap Sherlock Holmes avec Fashion. Attention, peu de places sont ouvertes : ne laissez pas Watson vous passer sous le nez (et avec un Jude Law-Watson, ce serait vraiment dommage !).
297 p
Georges Flipo, La commissaire n'aime point les vers, 2010

00:05 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : flipo, la commissaire n'aime point les vers, littérature française, roman français, roman, policier, polar, baudelaire, humour, roman humour
28/06/2009
Les Enquêtes de Murdoch
Depuis deux semaines, France 3 diffuse une nouvelle série policière qui se passe au Canada à la fin du XIXe siècle. Très victorienne, cette série a évidemment attiré mon attention et je dois bien avouer, amis lecteurs, que je suis tout à fait prête à suivre l'inspecteur William Murdoch et ses collègues lors des saisons à venir.

Je ne doute pas que certaines seront interpellées par le physique avantageux de Yannick Bisson ; pour ma
part, je le trouve très sympathique avec la voix de Tom Hanks en VF (eh oui pour l'instant je n'ai pas vu la VO, une fois n'est pas coutume) et ses cils décidément très dessinés. Le casting est très réussi, les personnages complémentaires, les intrigues variées et sympathiques, les enquêtes plutôt bien menées, le tout surtout saupoudré d'une bonne dose d'humour, qui donne tout son charme à cette série un brin décalée et franchement pittoresque. Plus que l'énigme, c'est surtout l'ambiance qui m'a séduite.
Mais ce n'est pas tout. Librement inspiré du personnage de Sherlock Holmes, Murdoch rend en quelque sorte hommage au célèbre limier, au point de le rencontrer dans le deuxième épisode. Et puis, pour les amateurs de littérature policière, sachez que cette série a pour origine les Murdoch Mysteries de Maureen Jennigs.
On passe un très bon moment !



Le guide des épisodes. Un article intéressant présentant la série.
Ci-dessous, le début d'un épisode, avec le générique :



08:47 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : enquêtes de murdoch, murdoch mysteries, helen joy, yannick bisson, époque victorienne, canada, xixe, enquêtes, sherlock holmes, policier, maureen jennings, humour, série policière
27/05/2009
"Nous allons remodeler, très légèrement sa structure"
Gentille attaque de l'industrie agro-alimentaire, histoire un poil déjantée de célibataires et de félins, Et le Bébé était cuit à point avait fait mon bonheur il y a quelques mois grâce aux bons soins de Mary Dollinger. Je n'en attendais pas moins du Journal désespéré d'un écrivain raté. On y parle littérature, édition, XIXe. Et puis, peut-être parce que Mary (en insistant sur son prénom, les lettres roulant sur la langue...) est une Anglaise qui aime la langue française en maniant parfaitement l'humour British et que je suis une Française qui aime la langue anglaise (et l'Anglais, l'Angleterre, la Tamise, la brume et le mouton sauce mint), je manque d’objectivité. Ce sont des choses qui arrivent. Ah… ! Le charme anglais !
Comme on ne mélange pas les meilleurs ingrédients sans avoir une petite chance d'obtenir un résultat honorable et qu'ici, la cuisinière jongle avec habileté avec les herbes et les épices, la sauce a pris une fois de plus. Trêve d'ambiance culinaire, votre chroniqueuse fidèle au poste a goûté lu et approuvé.
Il est ici question des mésaventures de l'auteur et de quelques illustres écrivains l’ayant précédée sur le chemin tortueux qui, péniblement, poussivement, serpente entre marécages et forêts hantées jusqu'à l'apothéose, le panthéon livresque, la gloire littéraire – éphémère ou pas, j'ai nommé : la sacro-sainte publication. On retrouve ainsi Balzac (retour à l'envoyeur du manuscrit), Zola (et l'inventaire de supermarché), Proust (publié à compte d'auteur, et alors ?), Maupassant (séduisant), Stendhal (soit le Marquis est « idiot, soit il y a une grosse lacune dans votre récit »), Flaubert (Madame Bovary, ce n'est pas un titre, autant choisir un prénom et comme Jane Austen est passée par là avant, ce sera Clara), Hugo, Sand et Musset.
Voilà un texte malicieux, divertissant, qui donne envie de se replonger dans la lecture de quelques grands classiques (ils gagneraient franchement à être écourtés de quelques centaines de pages, n'est-ce pas M. Beyle ?). Un court exercice de style, léger, sans prétention, qui réussit avec simplicité (et beaucoup d'honnêteté) à rendre hommage à l'écriture. Et à un animal dont le martyr est source d'inspiration : l'auteur.
Offert par l'éditeur.
78 p
Mary Dollinger, Journal désespéré d’un écrivain raté, 2007
00:27 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : littérature xixe, classiques, dollinger, journal désespéré d'un écrivain raté, jacques andré éditeur, proust, balzac, maupassant, zola, musset, sand, humour
25/05/2009
Formation de grumeaux : beware !
Très en retard dans mes billets hautement captivants, j’ai décidé de replonger en douceur dans la blog’itude absolue en vous parlant d’un objet fascinant, très pratique, peu encombrant, ultra glamour et attachant : le grumeau.
Le grumeau n’est autre que le rejeton d’une illustratrice qui, comblée par sa grossesse zen et sa maternité paradisiaque, a eu l’excellente idée de mettre sa vie et celle de son grumeau en dessin. Cela a donné un blog que je viens de découvrir et, depuis ce joli mois de mai, un livre très pratique qui vous permet de suivre pas à pas les aventures palpitantes du grumeau et de ses parents attentionnés : 1) donnant un aperçu de ce qui les attend aux futures et jeunes mamans ; 2) offrant à toute femme encore non-grumatisée la possibilité de peser en toute objectivité le pour et le contre de l’entrée dans la sphère grumeautique. Avant le grand plongeon, pendant ou après, voilà un livre que je vous recommande sans hésitation, chers vous, que vous soyez de sexe masculin, féminin ou non déterminé, mammifère, cétacé, aviaire ou alien, jeune ou vieux, rat des villes ou rat des champs, ici par le plus grand des hasards, ou pas.
Avec un dessin qui n’est pas sans rappeler Pénélope Jolicoeur, que beaucoup de blogueurs connaissent déjà,
Nathalie Jomard a pondu (!) un petit bijou de drôlerie et de tendresse, qui a fait rire à moult reprises votre fidèle et dévouée (ainsi que Mr Lou et Papa Lou, un public qui n’était pas gagné d’avance). Cet album est beaucoup moins « girlie » que celui de Pénélope Bagieu. Ceux qui auront aimé Pénélope seront très certainement conquis ; quant aux autres, je les invite à découvrir quelques planches du Petit Grumeau illustré qui devrait davantage leur plaire. Pour ma part, j’ai vraiment adoré (j’ai même lu une première fois alors que je tombais de sommeil – soudainement réveillée – et relu en partie quelques jours plus tard). Une vraie bouffée d’air frais, à apprivoiser sans plus attendre !
Une interview (avec quelques dessins supplémentaires).
Offert par l’éditeur – merci à Silvana et à Louise pour leurs bonnes sélections.
Au fait Papa Lou a trouvé un certain air de vérité à plusieurs planches… devrais-je en déduire quelque chose ?
192 p
Nathalie Jomard, Le Petit Grumeau illustré, 2009
Parmi les prochains billets, Combat de l’amour et de la faim de Stéphanie Hochet (le début d’une longue histoire passionnée sur ce blog ?).
19:31 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : humour, maman, bébé, parents, petite enfance, cartoon
21/04/2009
ô Romeo, mon Romeo, pourquoi es-tu donc Romeo ?
Tiens ! Une note en retard ! Quelle surprise !
Anyway mes amis, dans un moment d'intense courage et de folle intrépidité, j'ai décidé que le temps était venu de vous révéler quelques petits secrets.
Penelope Bagieu a été très à la mode sur les blogs l'an dernier, mais il a fallu attendre 2009 pour que votre chroniqueuse dévouée s'aventure sur le blog de ladite Penelope. Et là, qu'est-ce que j'ai ri ! (et oui c'est un compliment, et non je ne suis pas mauvaise langue – pas toujours)
Evidemment, j'aime le coup de crayon et le sens de l'humour qu'on retrouve sur tous ses dessins. Of course ! But, la raison secrète de mon engouement pour Penelope Jolicoeur c'est que : moi aussi je peux rester des mois sans lumière quelque part,
jusqu'à l'intervention héroïque d'un représentant du sexe masculin ; moi aussi j'ai parfois des impulsions bizarres en consultant ma boîte mail (actualiser, actualiser, actualiser, actualiser... Damn it ! Toujours rien et j'ai envoyé mon mail il y a déjà 5 mn ?????!!!) ; j'adore concocter des soupes thaï au lait de coco et curry vert (et ajout de piment quand mon cher et tendre gère tout seul)... vous savez, ces soupes qui font pleurer vos amis qui, en se mouchant bruyamment, vous disent « si si c'est vachement bon, c'est juste un tout petit peu piquant mais on s'y habitue très vite » !
Le livre reprend des dessins présents sur le blog de Penelope, en tout cas certains, alors oui, on peut se contenter du blog. Mais en même temps, j'ai remarqué que mon exemplaire (qui traîne évidemment n'importe où, à savoir devant le pc) fait le bonheur de tous ceux qui s'en approchent. Oui c'est très girlie, oui, c'est loin de l'image classique que veulent donner certaines féministes. N'empêche, c'est drôle (et pas tout à fait faux). Un petit concentré d'auto dérision, à feuilleter sans se priver !
Et pour l'aspect technique, la version du Livre de Poche est très sympa, plus large qu'un format classique, avec un papier plus épais, le tout en couleur.
Offert par Le Livre de Poche.
94 p
Penelope Bagieu, Ma vie est tout à fait fascinante, 2008

16:08 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : penelope bagieu, penelope jolicoeur, ma vie est tout à fait fascinante, chick lit, humour, filles, girlitude
14/04/2009
Papy fait de la résistance
Vous l'avez peut-être remarqué mais mon obsession pour Pride and Prejudice a pris de nouvelles proportions ces derniers jours. Ayant tout un tas de lectures assez urgentes devant moi, j'ai eu le malheur de commencer The Darcys and The Bingleys, et si je le pouvais, je passerais ma journée plongée dans les préparatifs du double mariage. Ajoutons à cela l'usage compulsif de DVDs (Lost in Austen revu cette semaine, de même que Pride and Prejudice BBC 1995 vu deux fois en deux semaines, sans parler des deux Bridget Jones), et me voilà totalement perdue entre Netherfield et Pemberley, avec quelques passages à Longbourne, mais pas trop – je préserve mes pauvres nerfs.
J'ai pourtant eu l'idée de glisser L'avant-dernière chance de Caroline Vermalle dans mon sac avant de prendre l'avion mercredi dernier. Bien m'en a pris !
Profitant de l'absence de sa fille, Georges, 83 ans, décide de faire en voiture le Tour de France avec son voisin Charles. Ce voyage de deux mois ne reste pas secret longtemps : la petite fille de Georges Adèle a décidé de refaire surface et l'appelle depuis Londres où elle travaille sur le tournage d'une adaptation d'Agatha Christie. Son coup de fil provoque un petit accident, obligeant Georges à mettre Adèle dans la confidence. Si la jeune femme accepte de ne rien divulguer à sa mère, c'est parce que son grand-père s'engage à lui envoyer chaque jour un sms pour lui dire où il se trouve et la rassurer. De cet accord tacite va naître une nouvelle relation entre Adèle, stagiaire non payée corvéable à souhait dans une maison lugubre de Brick Lane et Georges, qui malgré sa santé fragile revit en découvrant la Bretagne, en tombant amoureux et en enfilant excès gastronomiques et tournées de cidre.
Amis lecteurs, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ces deux adorables grands-pères, d'Adèle et de la vieille maison de Brick Lane qui a éveillé ma curiosité (est-elle inspirée d'un bâtiment se trouvant réellement dans le quartier ?). Ce roman assez court se lit d'une traite et pour cause : le voyage est simple et très agréable, les personnages attachants, tandis que l'histoire crédible alterne de drôles de situations et des scènes très touchantes – au point de me faire verser une petite larme à la fin, ce qui n'arrive pas souvent lorsque je lis ! Si les seniors vous font peur, si vous craignez l'invasion de maisons de retraite et de déambulateurs (eh oui le senior est un animal inquiétant avec lequel les auteurs ne sont pas toujours tendres), rassurez-vous : L'avant-dernière chance est un livre plein de vie, de rebondissements et d'énergie, tant et si bien que la fin du périple est douloureuse pour le lecteur – qui peut cela dit se reposer de toutes ces émotions et souffler après tant de palpitations littéraires. Une jolie leçon de vie, où l'on voit bien que la solitude et le désir de vivre pleinement n'ont pas d'âge.
Quant aux sms, ils égayent le voyage comme autant de cartes postales mais restent toujours en marge du récit, ayant leur utilité propre sans alourdir le roman ou prédominer sur l'histoire. A noter qu'ils sont systématiquement écrits en langage sms puis traduits en « bon français de France » (et d'ailleurs) pour les néophytes – je ne voyais pas l'intérêt en lisant mais je me dis que si je prête ce livre à mes parents par exemple, la traduction ne sera pas inutile.
Bref, un page-turner à l'écriture très fluide, aux interrogations humaines et pleines de tendresse ; en somme amis lecteurs, un livre que je vous recommande chaudement – parfait d'ailleurs pour accompagner vos valises à Pâques ou cet été, avec un texte rafraîchissant ET intéressant (ce qui n'est pas toujours facile à trouver).
Prix Nouvent Talent de la Fondation Bouygues Telecom – Metro 2009.
Merci à Caroline Vermalle, chez qui on trouve également un extrait du livre.
Autres avis, tous positifs : Lo, Saxaoul, Praline, Lune de Pluie, Chris89.
Et un lien vers mon billet sur 1-TOX, lauréat 2008.
246 p
Caroline Vermalle, L'avant-dernière chance, 2009
17:32 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : caroline vermalle, l'avant-dernière chance, prix fondation bouygues telecom, prix 2009, roman francais, humour, famille
09/04/2009
Momo à l'écran
Le film va faire un malheur. Tout un programme. Généralement je ne succombe pas à la vue de ce genre de titre un peu racoleur et pragmatique. Eh oui, ma préférence va plus souvent aux romans qu’entoure une aura de mystère, à l’exemple de ces quelques titres pris (presque !) au hasard dans la pile qui est devant moi : L’Ecueil, Amours en marge, Prodige, Inversion (mais je ne citerai surtout pas Le Grand Livre des Gnomes). Bref, tout ça pour dire que le dernier livre de Georges Flipo m’attirait peut-être moins que sa Diablada et que, sans le livre voyageur lancé dans la nature par l’auteur, je ne l’aurais sans doute pas lu avant des mois – au mieux.
Jeune réalisateur vaguement prometteur espérant décrocher une récompense à un festival, Alexis est plus ou moins contraint de projeter son film (« Zoubeida l’Africaine » !) à la prison centrale de Caen. Il y rencontre Sammy, taulard sur le point de recouvrer sa liberté et cinéphile rêvant d’être le sujet du prochain film d’Alexis. S’ensuit une relation étrange entre les deux hommes et sans en dire trop, laissons juste entrevoir quelques aspects de l’histoire : des dîners « littéraires » au cours desquels un Alexis orgueilleux doit partager sa maigre culture avec un Sammy tout ouïe ; un scénario à étoffer qui finit par influencer la vie du truand ; une femme entre les deux hommes ; des bides, de la rivalité, des spots publicitaires, des braquages, des meurtres, du jus de tomate et des olives farcies.
Si j’ai quelques réserves, j’ai globalement passé un très bon moment avec ce page-turner lu en quelques heures. Plutôt compliquée dans ses rebondissements, son développement et le rapport instauré entre réalité et cinéma, l’histoire est peut-être un peu trop bien ficelée et donc un peu lisse, ce qui ne l’empêche pas d’être assez originale. Plus encore, je me suis amusée en songeant à l’imagination débordante de l’auteur qui multiplie les rencontres et relations plus ou moins probables en suivant une logique que l’on sent implacable. Au final, cette impression d’orchestration parfaite et de détachement est plutôt positive, permettant à mon avis une certaine connivence entre narrateur et lecteur. J’ai été progressivement happée par l’histoire, car autant je n’éprouvais aucune empathie pour les personnages au début, autant Sammy m’a tout de suite été sympathique avec ses influences corse, juive et arabe, son côté killer-nounours, truand ultra dangereux et brave type. Sans parler de sa curiosité intellectuelle et de son honnêteté (contrairement à Alexis qui place ses quelques pauvres références dans des phrases d’une vacuité insoupçonnée - quoique).
Alors oui, c’est gentiment grinçant : le milieu de la pub et celui du cinéma en prennent pour leur grade mais finalement, le roman est surtout léger et drôle - ce n’est pas une critique au vitriol de milieux qui, c’est vrai, aiment se prendre au sérieux et faire preuve d’une fausse autodérision (à moitié convaincus, en pensant plutôt au collègue ou au concurrent). Comme l’ont dit d’autres avant moi, on imagine bien une adaptation au cinéma… et pour rester dans le décalage, aurons-nous un film exact, un film hyperexpressionniste ou un nouveau Bal des Actrices (après le Vertige des Auteurs) ?
314 p
Georges Flipo, Le film va faire un malheur, 2009
14:09 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : flipo, film va faire un malheur, publicité, cinéma, humour, roman français
30/03/2009
Au pied Comtesse !
Petits désordres au château est un livre qui porte ma foi fort bien son titre. Le comte Ysambart des Rancins mène une vie paisible peuplée de légumineux en tout genre qui font la joie de cet amateur de graines follement épris de son potager. Au grand damne de son épouse Astrid qui le verrait bien faire carrière dans la politique afin de clouer le bec à sa sœur, au mari plus ambitieux. Seulement, il est bien connu que l’habit ne fait pas le moine. Derrière une façade mollassonne et légèrement excentrique, le comte cache un passé très compromettant. Car c’est sous le nom de Tequila qu’on le connaissait avant son mariage et, outre la révélation de ses frasques innombrables, son journal pourrait compromettre le gratin des élites parisienne et ecclésiastique. Vous vous doutez bien que ce journal va circuler et semer la zizanie chez les Des Rancins !
Au sein d’un décor sympathique peuplé de « conservateurs modernes », de particules et de fonctionnaires aux prétentions toutes royales, on croise avec plaisir une myriade de personnages plus loufoques les uns que les autres : un majordome admiratif des années folles de son employeur mais trop éthique pour garder sa place ; une domestique rêvant d’intégrer la Starschool ; un faux majordome, psy (tout à fait dérangé) de son état ; une actrice de Broadway ; une millionnaire persuadée de converser avec ses défunts maris et une cuisinière alcoolique qui n’hésite pas à lancer des œufs sur le facteur.
C’est un livre léger mais très plaisant, parfait pour un bon divertissement. Les expressions incongrues sont pléthore et m’ont souvent fait sourire. L’écriture est fluide et pleine d’humour. On plonge au cœur d’un monde profondément de droite (où voter pour les ex UDF serait faire preuve d’un bolchevisme acharné) ; les préoccupations sont assez parisiennes et élitistes et l’humour très français fleure l’autodérision, mais on n’est finalement pas si loin des romans amusants sur la bonne société anglaise qui m’attirent en général beaucoup plus.
Roman avalé en un rien de temps !
Livre offert par l’éditeur.
260 p
Stéphanie Mesnier, Petits désordres au château, 2008
12:25 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : humour, roman français, aristocratie, élite







































