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19/06/2010

Le come back du retour du papy tueur

erre_seriez.jpgAprès un silence de plusieurs jours, et ce même si je n'y croyais plus, me revoilà sur ce blog avec des nouvelles de mes dernières aventures, faites de meurtres et de mises en scène macabres dans une maison de retraite. Si vous suivez un peu les dernières parutions, vous vous en doutez déjà : j'ai eu pour guide le facétieux J.M. Erre avec son excellent manuel pratique Série Z. Un certain J.M. Erre que j'avais déjà croisé il y a quelques années en prenant soin d'un chien.

Bon, pour être honnête, j'ai laissé passer deux bonnes semaines entre ma lecture et la rédaction de cette modeste chronique. J'ai depuis lamentablement oublié la moitié de ce que je voulais vous dire, ce qui est bien dommage car je vais maintenant être obligée de broder tout en pensant au ménage et aux cartons qui m'attendent et me perturbent au plus haut point.

C'est l'occasion de faire court (pour une fois). Si la maison de retraite vous déprime à l'avance, jetez-vous sur ce livre dont l'humour potache est loin d'être le seul ingrédient. Bien sûr on rit beaucoup (littéralement, ce qui ne m'arrive presque jamais en lisant un roman - j'ai d'ailleurs dû avoir l'air passablement dérangée dans le métro). Malgré tout, j'ai surtout apprécié la construction du récit : extraits dignes d'un scénario de Série Z, chroniques de blog assorties de leurs commentaires, focus sur des personnages divers et variés, enquête policière, rien ne manque pour multiplier les rebondissements et amuser le lecteur. Un roman (plus) intelligent (qu'il n'y paraît), en souvenir des tomates tueuses sur le retour et d'une moussaka géante aux intentions peu louables. La cerise sur le gâteau : le lecteur fait aussi de brèves incursions dans l'histoire, sous les traits d'un certain M. Hubert C.Poursuivra-t-il sa lecture ? Sera-t-il trop chagriné par les invraisemblances manifestes qui ne manquent pas ? Pour le découvrir, à vous de lire Série Z !

Merci beaucoup aux éditions Buchet Chastel !

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366 p

J.M. Erre, Série Z, 2010

 

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27/03/2010

Une petite noyade digestive ?

page_parfaite journee parfaite.jpgMalgré le silence des derniers jours, je suis toujours vivante. Phénomène très bizarre à vrai dire, étant donné le nombre de fois où j'ai tenté de mettre fin à mes jours dans un élan de solidarité avec le héros d'Une Parfaite Journée Parfaite. Il faut dire que mon compagnon de voyage de la semaine (qui me suivait jusque sur les quais, en louchant bigrement sur les rails avant l'arrivée du métro) est follement audacieux et plein d'imagination. Pendaison, bombe, arme à feu, mine antipersonnelle, pilules, tout est bon pour arriver au même résultat. Un petit suicide toutes les heures, rien de tel pour rester en forme.

Passé ce préambule, je dois dire qu'en réalité, je suis passée complètement à côté de ce roman dont j'attendais vraiment autre chose. Intriguée, je l'ai été pendant quelques dizaines de pages. J'ai bien sûr savouré certains passages mais mon intérêt s'est rapidement émoussé et j'avoue à ma grande honte avoir rendu les armes page 90 (20 pages avant la fin, mais je n'en pouvais plus). Plutôt que de m'étendre sur ce qui m'a déplu, je vous laisserai méditer sur cette phrase : "Nous voulions changer la société, il aurait été plus facile de caresser un dragon psychopathe shooté au crack" (p42).

D'autres avis en général très positifs (Antigone, avec des réserves ; BarttleBooth; Bibliotheca ; Esterella ; Pickwick ; Sarah).

Et comme je trouve dommage d'avoir aussi peu aimé un livre qui me paraissait très prometteur dans le genre jubilatoire, je lance un petit jeu concours pour gagner ce livre (en état neuf car je suis une vraie maniaque à tendances psychopathes). Pour le gagner, vous avez jusqu'au 15 avril pour décrire votre parfaite journée parfaite (version tragique, comique, trash, en prose, slam, dialogues, courrier...). J'enverrai le livre à celui ou celle qui aura écrit le texte le plus surprenant (parce que ce livre est lui aussi étonnant), et bien sûr je publierai un billet avec une copie de tous vos écrits. Vous pouvez m'indiquer les liens vers vos billets dans ce post, comme ça je m'y retrouverai mieux (ma vie est un vrai chantier en ce moment !).

J'en profite pour lancer une invitation à Pickwick que je connais à travers ma boîte yahoo, pour lui proposer de choisir ensemble notre texte préféré puisqu'elle a lu le livre elle aussi (et l'a même terminé !).

112 p

Martin Page, Une Parfaite Journée Parfaite, 2002

 

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Une caricature de Dessin Cretin.

04/02/2010

Lire, c'est mortel !

flipo_commissaire.jpgAujourd'hui sort un roman policier du genre poilant et absurde, La Commissaire n'aime point les vers, dernier rejeton de Georges Flipo (dont j'ai déjà lu Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur).

Malgré un enthousiasme vacillant pour les polars (frôlant même la récession), j'ai été attirée par le sujet plutôt atypique, aux légers accents ffordiens. Un sonnet inédit de Baudelaire sème un vent de panique sur Paris, car tous ceux qui le tiennent entre leurs mains sont bientôt victimes de tentatives d'assassinat (ou d'assassinats réussis, le cas échéant). Plutôt sulfureux pour le XIXe, le poème divise les experts et suscite l'enthousiasme de la presse, par l'odeur du sang alléchée. Ni une ni deux, l'affaire sera résolue par la commissaire Viviane Lancier qui, pour faire court : a quelques kilos en trop et change de régime tous les jours ; porte un tailleur rose quand elle veut bien s'habiller ; s'inflige des CD de Bach, qu'elle n'apprécie pas spécialement mais dont elle possède un coffret ; lit des polars, et seulement des polars ; regarde des polars à la télé ; et, chose primordiale s'il en est une, sait que chaque gant en pécari a son propre ADN. Comme il se doit, Viviane est flanqué d'un lieutenant jeune, beau, intelligent et débrouillard (en bref, un héros en puissance, comme son nom ne l'indique pas).

Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée, j'ai beaucoup aimé le contexte hugolien et baudelairien (rien que ça !). On retrouve l'humour de Flipo et, malgré le côté un peu franchouillard de la commissaire qui semble déteindre sur l'ensemble du roman, je ne peux que vous recommander ce livre pour vos moments de détente à venir. Pour ma part, je suis déjà partante pour la suite des aventures de la 3e DPJ !

J'en profite pour vous inviter à aller faire un tour chez Emma, qui vient de lancer un swap Sherlock Holmes avec Fashion. Attention, peu de places sont ouvertes : ne laissez pas Watson vous passer sous le nez (et avec un Jude Law-Watson, ce serait vraiment dommage !).

297 p

Georges Flipo, La commissaire n'aime point les vers, 2010

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28/06/2009

Les Enquêtes de Murdoch

inspecteur murdoch 01.jpgDepuis deux semaines, France 3 diffuse une nouvelle série policière qui se passe au Canada à la fin du XIXe siècle. Très victorienne, cette série a évidemment attiré mon attention et je dois bien avouer, amis lecteurs, que je suis tout à fait prête à suivre l'inspecteur William Murdoch et ses collègues lors des saisons à venir.

 

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Je ne doute pas que certaines seront interpellées par le physique avantageux de Yannick Bisson ; pour ma inspecteur murdoch 05.jpgpart, je le trouve très sympathique avec la voix de Tom Hanks en VF (eh oui pour l'instant je n'ai pas vu la VO, une fois n'est pas coutume) et ses cils décidément très dessinés. Le casting est très réussi, les personnages complémentaires, les intrigues variées et sympathiques, les enquêtes plutôt bien menées, le tout surtout saupoudré d'une bonne dose d'humour, qui donne tout son charme à cette série un brin décalée et franchement pittoresque. Plus que l'énigme, c'est surtout l'ambiance qui m'a séduite.

inspecteur murdoch 07.jpgMais ce n'est pas tout. Librement inspiré du personnage de Sherlock Holmes, Murdoch rend en quelque sorte hommage au célèbre limier, au point de le rencontrer dans le deuxième épisode. Et puis, pour les amateurs de littérature policière, sachez que cette série a pour origine les Murdoch Mysteries de Maureen Jennigs.

On passe un très bon moment !

 

 

Inspecteur murdoch livre 01 .jpgsherlock-holmes.jpg
inspecteur murdoch 03.jpg

Le guide des épisodes. Un article intéressant présentant la série.

Ci-dessous, le début d'un épisode, avec le générique :

 

Helene8bit401.jpgInspecteur murdoch_acteur .jpg

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Murdoch Mysteries, série, 2008

27/05/2009

"Nous allons remodeler, très légèrement sa structure"

dollinger_journal desespere ecrivain rate.jpgGentille attaque de l'industrie agro-alimentaire, histoire un poil déjantée de célibataires et de félins, Et le Bébé était cuit à point avait fait mon bonheur il y a quelques mois grâce aux bons soins de Mary Dollinger. Je n'en attendais pas moins du Journal désespéré d'un écrivain raté. On y parle littérature, édition, XIXe. Et puis, peut-être parce que Mary (en insistant sur son prénom, les lettres roulant sur la langue...) est une Anglaise qui aime la langue française en maniant parfaitement l'humour British et que je suis une Française qui aime la langue anglaise (et l'Anglais, l'Angleterre, la Tamise, la brume et le mouton sauce mint), je manque d’objectivité. Ce sont des choses qui arrivent. Ah… ! Le charme anglais !

 

Comme on ne mélange pas les meilleurs ingrédients sans avoir une petite chance d'obtenir un résultat honorable et qu'ici, la cuisinière jongle avec habileté avec les herbes et les épices, la sauce a pris une fois de plus. Trêve d'ambiance culinaire, votre chroniqueuse fidèle au poste a goûté lu et approuvé.

 

Il est ici question des mésaventures de l'auteur et de quelques illustres écrivains l’ayant précédée sur le chemin tortueux qui, péniblement, poussivement, serpente entre marécages et forêts hantées jusqu'à l'apothéose, le panthéon livresque, la gloire littéraire – éphémère ou pas, j'ai nommé : la sacro-sainte publication. On retrouve ainsi Balzac (retour à l'envoyeur du manuscrit), Zola (et l'inventaire de supermarché), Proust (publié à compte d'auteur, et alors ?), Maupassant (séduisant), Stendhal (soit le Marquis est « idiot, soit il y a une grosse lacune dans votre récit »), Flaubert (Madame Bovary, ce n'est pas un titre, autant choisir un prénom et comme Jane Austen est passée par là avant, ce sera Clara), Hugo, Sand et Musset.

 

Voilà un texte malicieux, divertissant, qui donne envie de se replonger dans la lecture de quelques grands classiques (ils gagneraient franchement à être écourtés de quelques centaines de pages, n'est-ce pas M. Beyle ?). Un court exercice de style, léger, sans prétention, qui réussit avec simplicité (et beaucoup d'honnêteté) à rendre hommage à l'écriture. Et à un animal dont le martyr est source d'inspiration : l'auteur.

 

Offert par l'éditeur.

 

78 p

 

Mary Dollinger, Journal désespéré d’un écrivain raté, 2007

25/05/2009

Formation de grumeaux : beware !

bd_grumeau cover.jpgTrès en retard dans mes billets hautement captivants, j’ai décidé de replonger en douceur dans la blog’itude absolue en vous parlant d’un objet fascinant, très pratique, peu encombrant, ultra glamour et attachant : le grumeau.

Le grumeau n’est autre que le rejeton d’une illustratrice qui, comblée par sa grossesse zen et sa maternité paradisiaque, a eu l’excellente idée de mettre sa vie et celle de son grumeau en dessin. Cela a donné un blog que je viens de découvrir et, depuis ce joli mois de mai, un livre très pratique qui vous permet de suivre pas à pas les aventures palpitantes du grumeau et de ses parents attentionnés : 1) donnant un aperçu de ce qui les attend aux futures et jeunes mamans ; 2) offrant à toute femme encore non-grumatisée la possibilité de peser en toute objectivité le pour et le contre de l’entrée dans la sphère grumeautique. Avant le grand plongeon, pendant ou après, voilà un livre que je vous recommande sans hésitation, chers vous, que vous soyez de sexe masculin, féminin ou non déterminé, mammifère, cétacé, aviaire ou alien, jeune ou vieux, rat des villes ou rat des champs, ici par le plus grand des hasards, ou pas.

Avec un dessin qui n’est pas sans rappeler Pénélope Jolicoeur, que beaucoup de blogueurs connaissent déjà,bd_petit grumeau 03.png Nathalie Jomard a pondu (!) un petit bijou de drôlerie et de tendresse, qui a fait rire à moult reprises votre fidèle et dévouée (ainsi que Mr Lou et Papa Lou, un public qui n’était pas gagné d’avance). Cet album est beaucoup moins « girlie » que celui de Pénélope Bagieu. Ceux qui auront aimé Pénélope seront très certainement conquis ; quant aux autres, je les invite à découvrir quelques planches du Petit Grumeau illustré qui devrait davantage leur plaire. Pour ma part, j’ai vraiment adoré (j’ai même lu une première fois alors que je tombais de sommeil – soudainement réveillée – et relu en partie quelques jours plus tard). Une vraie bouffée d’air frais, à apprivoiser sans plus attendre !

Une interview (avec quelques dessins supplémentaires).

Offert par l’éditeur – merci à Silvana et à Louise pour leurs bonnes sélections.

Au fait Papa Lou a trouvé un certain air de vérité à plusieurs planches… devrais-je en déduire quelque chose ?

192 p

Nathalie Jomard, Le Petit Grumeau illustré, 2009

Parmi les prochains billets, Combat de l’amour et de la faim de Stéphanie Hochet (le début d’une longue histoire passionnée sur ce blog ?).

21/04/2009

ô Romeo, mon Romeo, pourquoi es-tu donc Romeo ?

bagieu_vie tout a fait fascinante cover.pngTiens ! Une note en retard ! Quelle surprise !

Anyway mes amis, dans un moment d'intense courage et de folle intrépidité, j'ai décidé que le temps était venu de vous révéler quelques petits secrets.

Penelope Bagieu a été très à la mode sur les blogs l'an dernier, mais il a fallu attendre 2009 pour que votre chroniqueuse dévouée s'aventure sur le blog de ladite Penelope. Et là, qu'est-ce que j'ai ri ! (et oui c'est un compliment, et non je ne suis pas mauvaise langue – pas toujours)

Evidemment, j'aime le coup de crayon et le sens de l'humour qu'on retrouve sur tous ses dessins. Of course ! But, la raison secrète de mon engouement pour Penelope Jolicoeur c'est que : moi aussi je peux rester des mois sans lumière quelque part, bagieu penelope 1.pngjusqu'à l'intervention héroïque d'un représentant du sexe masculin ; moi aussi j'ai parfois des impulsions bizarres en consultant ma boîte mail (actualiser, actualiser, actualiser, actualiser... Damn it ! Toujours rien et j'ai envoyé mon mail il y a déjà 5 mn ?????!!!) ; j'adore concocter des soupes thaï au lait de coco et curry vert (et ajout de piment quand mon cher et tendre gère tout seul)... vous savez, ces soupes qui font pleurer vos amis qui, en se mouchant bruyamment, vous disent « si si c'est vachement bon, c'est juste un tout petit peu piquant mais on s'y habitue très vite » !

Le livre reprend des dessins présents sur le blog de Penelope, en tout cas certains, alors oui, on peut se contenter du blog. Mais en même temps, j'ai remarqué que mon exemplaire (qui traîne évidemment n'importe où, à savoir devant le pc) fait le bonheur de tous ceux qui s'en approchent. Oui c'est très girlie, oui, c'est loin de l'image classique que veulent donner certaines féministes. N'empêche, c'est drôle (et pas tout à fait faux). Un petit concentré d'auto dérision, à feuilleter sans se priver !

Et pour l'aspect technique, la version du Livre de Poche est très sympa, plus large qu'un format classique, avec un papier plus épais, le tout en couleur.

Offert par Le Livre de Poche.

94 p

Penelope Bagieu, Ma vie est tout à fait fascinante, 2008

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14/04/2009

Papy fait de la résistance

Lavantderniere.jpgVous l'avez peut-être remarqué mais mon obsession pour Pride and Prejudice a pris de nouvelles proportions ces derniers jours. Ayant tout un tas de lectures assez urgentes devant moi, j'ai eu le malheur de commencer The Darcys and The Bingleys, et si je le pouvais, je passerais ma journée plongée dans les préparatifs du double mariage. Ajoutons à cela l'usage compulsif de DVDs (Lost in Austen revu cette semaine, de même que Pride and Prejudice BBC 1995 vu deux fois en deux semaines, sans parler des deux Bridget Jones), et me voilà totalement perdue entre Netherfield et Pemberley, avec quelques passages à Longbourne, mais pas trop – je préserve mes pauvres nerfs.

 

J'ai pourtant eu l'idée de glisser L'avant-dernière chance de Caroline Vermalle dans mon sac avant de prendre l'avion mercredi dernier. Bien m'en a pris !

 

Profitant de l'absence de sa fille, Georges, 83 ans, décide de faire en voiture le Tour de France avec son voisin Charles. Ce voyage de deux mois ne reste pas secret longtemps : la petite fille de Georges Adèle a décidé de refaire surface et l'appelle depuis Londres où elle travaille sur le tournage d'une adaptation d'Agatha Christie. Son coup de fil provoque un petit accident, obligeant Georges à mettre Adèle dans la confidence. Si la jeune femme accepte de ne rien divulguer à sa mère, c'est parce que son grand-père s'engage à lui envoyer chaque jour un sms pour lui dire où il se trouve et la rassurer. De cet accord tacite va naître une nouvelle relation entre Adèle, stagiaire non payée corvéable à souhait dans une maison lugubre de Brick Lane et Georges, qui malgré sa santé fragile revit en découvrant la Bretagne, en tombant amoureux et en enfilant excès gastronomiques et tournées de cidre.

 

Amis lecteurs, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ces deux adorables grands-pères, d'Adèle et de la vieille maison de Brick Lane qui a éveillé ma curiosité (est-elle inspirée d'un bâtiment se trouvant réellement dans le quartier ?). Ce roman assez court se lit d'une traite et pour cause : le voyage est simple et très agréable, les personnages attachants, tandis que l'histoire crédible alterne de drôles de situations et des scènes très touchantes – au point de me faire verser une petite larme à la fin, ce qui n'arrive pas souvent lorsque je lis ! Si les seniors vous font peur, si vous craignez l'invasion de maisons de retraite et de déambulateurs (eh oui le senior est un animal inquiétant avec lequel les auteurs ne sont pas toujours tendres), rassurez-vous : L'avant-dernière chance est un livre plein de vie, de rebondissements et d'énergie, tant et si bien que la fin du périple est douloureuse pour le lecteur – qui peut cela dit se reposer de toutes ces émotions et souffler après tant de palpitations littéraires. Une jolie leçon de vie, où l'on voit bien que la solitude et le désir de vivre pleinement n'ont pas d'âge.

 

Quant aux sms, ils égayent le voyage comme autant de cartes postales mais restent toujours en marge du récit, ayant leur utilité propre sans alourdir le roman ou prédominer sur l'histoire. A noter qu'ils sont systématiquement écrits en langage sms puis traduits en « bon français de France » (et d'ailleurs) pour les néophytes – je ne voyais pas l'intérêt en lisant mais je me dis que si je prête ce livre à mes parents par exemple, la traduction ne sera pas inutile.

 

Bref, un page-turner à l'écriture très fluide, aux interrogations humaines et pleines de tendresse ; en somme amis lecteurs, un livre que je vous recommande chaudement – parfait d'ailleurs pour accompagner vos valises à Pâques ou cet été, avec un texte rafraîchissant ET intéressant (ce qui n'est pas toujours facile à trouver).

 

 

 

Prix Nouvent Talent de la Fondation Bouygues Telecom – Metro 2009.

 

Merci à Caroline Vermalle, chez qui on trouve également un extrait du livre.

 

Autres avis, tous positifs : Lo, Saxaoul, Praline, Lune de Pluie, Chris89.

 

Et un lien vers mon billet sur 1-TOX, lauréat 2008.

 

246 p

 

Caroline Vermalle, L'avant-dernière chance, 2009

09/04/2009

Momo à l'écran

flipo_film va faire un malheur.jpgLe film va faire un malheur. Tout un programme. Généralement je ne succombe pas à la vue de ce genre de titre un peu racoleur et pragmatique. Eh oui, ma préférence va plus souvent aux romans qu’entoure une aura de mystère, à l’exemple de ces quelques titres pris (presque !) au hasard dans la pile qui est devant moi : L’Ecueil, Amours en marge, Prodige, Inversion (mais je ne citerai surtout pas Le Grand Livre des Gnomes). Bref, tout ça pour dire que le dernier livre de Georges Flipo m’attirait peut-être moins que sa Diablada et que, sans le livre voyageur lancé dans la nature par l’auteur, je ne l’aurais sans doute pas lu avant des mois – au mieux.

 

Jeune réalisateur vaguement prometteur espérant décrocher une récompense à un festival, Alexis est plus ou moins contraint de projeter son film (« Zoubeida l’Africaine » !) à la prison centrale de Caen. Il y rencontre Sammy, taulard sur le point de recouvrer sa liberté et cinéphile rêvant d’être le sujet du prochain film d’Alexis. S’ensuit une relation étrange entre les deux hommes et sans en dire trop, laissons juste entrevoir quelques aspects de l’histoire : des dîners « littéraires » au cours desquels un Alexis orgueilleux doit partager sa maigre culture avec un Sammy tout ouïe ; un scénario à étoffer qui finit par influencer la vie du truand ; une femme entre les deux hommes ; des bides, de la rivalité, des spots publicitaires, des braquages, des meurtres, du jus de tomate et des olives farcies.

 

Si j’ai quelques réserves, j’ai globalement passé un très bon moment avec ce page-turner lu en quelques heures. Plutôt compliquée dans ses rebondissements, son développement et le rapport instauré entre réalité et cinéma, l’histoire est peut-être un peu trop bien ficelée et donc un peu lisse, ce qui ne l’empêche pas d’être assez originale. Plus encore, je me suis amusée en songeant à l’imagination débordante de l’auteur qui multiplie les rencontres et relations plus ou moins probables en suivant une logique que l’on sent implacable. Au final, cette impression d’orchestration parfaite et de détachement est plutôt positive, permettant à mon avis une certaine connivence entre narrateur et lecteur. J’ai été progressivement happée par l’histoire, car autant je n’éprouvais aucune empathie pour les personnages au début, autant Sammy m’a tout de suite été sympathique avec ses influences corse, juive et arabe, son côté killer-nounours, truand ultra dangereux et brave type. Sans parler de sa curiosité intellectuelle et de son honnêteté (contrairement à Alexis qui place ses quelques pauvres références dans des phrases d’une vacuité insoupçonnée - quoique).

 

Alors oui, c’est gentiment grinçant : le milieu de la pub et celui du cinéma en prennent pour leur grade mais finalement, le roman est surtout léger et drôle - ce n’est pas une critique au vitriol de milieux qui, c’est vrai, aiment se prendre au sérieux et faire preuve d’une fausse autodérision (à moitié convaincus, en pensant plutôt au collègue ou au concurrent). Comme l’ont dit d’autres avant moi, on imagine bien une adaptation au cinéma… et pour rester dans le décalage, aurons-nous un film exact, un film hyperexpressionniste ou un nouveau Bal des Actrices (après le Vertige des Auteurs) ?

 

314 p

 

Georges Flipo, Le film va faire un malheur, 2009

30/03/2009

Au pied Comtesse !

mesnier_petits desordres au chateau.jpgPetits désordres au château est un livre qui porte ma foi fort bien son titre. Le comte Ysambart des Rancins mène une vie paisible peuplée de légumineux en tout genre qui font la joie de cet amateur de graines follement épris de son potager. Au grand damne de son épouse Astrid qui le verrait bien faire carrière dans la politique afin de clouer le bec à sa sœur, au mari plus ambitieux. Seulement, il est bien connu que l’habit ne fait pas le moine. Derrière une façade mollassonne et légèrement excentrique, le comte cache un passé très compromettant. Car c’est sous le nom de Tequila qu’on le connaissait avant son mariage et, outre la révélation de ses frasques innombrables, son journal pourrait compromettre le gratin des élites parisienne et ecclésiastique. Vous vous doutez bien que ce journal va circuler et semer la zizanie chez les Des Rancins !

Au sein d’un décor sympathique peuplé de « conservateurs modernes », de particules et de fonctionnaires aux prétentions toutes royales, on croise avec plaisir une myriade de personnages plus loufoques les uns que les autres : un majordome admiratif des années folles de son employeur mais trop éthique pour garder sa place ; une domestique rêvant d’intégrer la Starschool ; un faux majordome, psy (tout à fait dérangé) de son état ; une actrice de Broadway ; une millionnaire persuadée de converser avec ses défunts maris et une cuisinière alcoolique qui n’hésite pas à lancer des œufs sur le facteur.

C’est un livre léger mais très plaisant, parfait pour un bon divertissement. Les expressions incongrues sont pléthore et m’ont souvent fait sourire. L’écriture est fluide et pleine d’humour. On plonge au cœur d’un monde profondément de droite (où voter pour les ex UDF serait faire preuve d’un bolchevisme acharné) ; les préoccupations sont assez parisiennes et élitistes et l’humour très français fleure l’autodérision, mais on n’est finalement pas si loin des romans amusants sur la bonne société anglaise qui m’attirent en général beaucoup plus.

Roman avalé en un rien de temps !

Livre offert par l’éditeur.

260 p

Stéphanie Mesnier, Petits désordres au château, 2008

19/03/2009

Run run Rudolph !

La semaine dernière, j’ai posé une question foncièrement stupide d’une importance toutefois cruciale. Souvenez-vous :

Dans Bridget Jones, un acteur méconnu - et il faut le dire, tout à fait transparent - porte un pull immonde au motif improbable. Pourquoi arborer un renne en particulier et avoir un pull aussi laid ou encore pourquoi lui a-t-on offert cette chose ridicule ?

 

colin firth renne.png

Et maintenant, les réponses, qui changeront définitivement mon regard sur cette scène désormais Kulte dans l’histoire du cinéma.

Je me suis rapidement prêtée au jeu :

Avec cette réunion de famille, notre cher ami ne s’attendait pas à faire une rencontre torride ni même à se trouver en présence de personnes plus saines d’esprit que sa grand-tante Lydia et sa cousine éloignée Drucilla. Car le spécimen dont il est question est curieux, mais il n’est pas tout à fait dépourvu de bon-sens et de savoir-vivre.

Avant d'assister à ce repas, il a donc revêtu cet étrange pull, comme il le fait chaque année à la même date avant de se rendre à la réunion des Anciens Rudolphes d’Eton. Cette confrérie ancestrale a vu ses membres et ses pratiques évoluer au fil des siècles. Néanmoins, le renne a toujours été son animal fétiche, le nez rouge représentant l’état d’ébriété avancé des membres au cours des réunions, dont le principe repose essentiellement sur la pratique assidue du beer-pong. Deux adversaires s’affrontent, chacun tentant de souffler la balle qu’il a dans la bouche dans la chope de bière de celui qui se trouve en face de lui. Si le but est atteint, l’adversaire doit boire sa bière avant de poursuivre. Les rounds durent trois heures et déterminent à la fin le nom des personnes chargées de payer les tournées de la séance suivante.

Ne s’attendant pas à retrouver la civilisation de manière aussi abrupte en se rendant au repas où nous l’avons pris en flagrant délit, notre héros n’a pas pris la peine de se changer avant d’arriver, trop éméché pour entreprendre une activité quelconque. Priorité à ses tentatives appliquées pour paraître normal, digne et flegmatique – en bon Ancien d’Eton. Vous observerez que la réunion ayant été écourtée, le sujet tient un verre à la main afin de célébrer dignement cette journée en poursuivant son œuvre alcoolique. En toute glamouritude, of course !

Fashion, qui ne jouait pas, avait quand même sa petite idée sur la question:

Pour me séduire.

What else ?

:))

Isil, pragmatique :

Parce que son pull fétiche qui porte la tête de Mickey était au lavage, c'est l'évidence même.

Oriane, qui ne perd pas le nord :

Alors on a offert cet affreux pull à Colin pour dissimuler "LA chemise mouillée" qu'il porte toujours sous ses vêtements (genre Superman, mais version Supercolin!). Je suppose que c'est sa copine qui a dû le lui offrir parce qu'elle en avait assez de recoudre la fameuse chemise que des fans en furie déchiraient chaque fois qu'elles apercevaient Colin.

Neph, qui elle aussi aime les symboles :

Après des heures d’intense réflexion, je pense que ce pull a été choisi parce que c’est un animal cornu et que ça symbolise le cocufiage qu’on évoque ensuite dans le film entre Hugh Grant et la copine de l’époque de Colin Firth.

Sid.djcv, fidèle aux traditions :

Alors voilà moi je dis que notre cher ami Mark, porte un pull avec un renne horrible pour les raisons suivantes:

Sa chère maman, très attentionnée a commencé son pull en juillet (ben oui 6 mois il faut bien ça!) pour lui offrir en décembre!

Manque de pot, dans ses "burda" en stock, elle n’avait que celui de décembre 1960 spécial modèle enfant. Après avoir fait les pages unes par unes, elle a choisi le modèle rennes qui était plus sympa que le modèle tintin devant son sapin de noël, ou bien quick et fluck sur une luge.

Amoureusement et maman poule, la voilà qui agrandit le dessin et tricote le pull!

Arrivé le 31 au soir (ben oui le père janvier existe aussi en Amérique, on le fête le 31 au soir et on offre un cadeau utile), Mark ouvre donc son cadeau! et rho surprise un joli... pull tricoté par maman depuis des mois, mais avec un renne dessus (pas top le dessin, mais il lui va le pull!). Tout le repas se passe bien jusqu'à l'arrivée de la mousse au chocolat, et le malheur... une tache de chocolat est si vite faite!

Le repas terminé, Mark essaye tant bien que mal de laver sa tache, qui au lieu de diminuer s'étale de plus en plus sur son beau pull.... et comme c'est le seul qu'il a apporté, ça va être compliqué d'être beau le lendemain...

Mais non, super maman lui a offert un super pull renne!!!! Il se résout donc à porter le 1er janvier son joli pull renne et à faire un immense honneur au talent de tricot de sa mère (et à passer pour ridicule aussi).

Ps : le père janvier est une tradition du côté de st etienne, et donc au premier janvier on offre un petit truc, dans certaines familles c'est des livres, dans d'autres des choses utiles telles que des chaussettes..

Hilde, future agent du FBI, n’écarte aucune piste :

Réponse1:

Sa bonne vieille tante Roberta lui tricote chaque année un magnifique pull en laine d'Alapaga et lui offre au moment de Noël, sauf qu'il n'a plus 14 ans et ne s'apppelle pas Harry Potter ou Ron Weasley. Comme c'est un garçon bien élevé, il le porte au moins une fois en présence de sa tante et en fait don à Emmaus la semaine suivante.

(Petite question angélique à ma vieille compère au collège : le prénom Roberta serait-il un choix innocent ?)

Réponse2:

Ses parents déséspérés par son célibat lui ont offert ce pull en espérant qu'il favoriserait les rencontres, le renne étant un symbole incontestable de virilité.

Cécile de Quoide9, intrépide aventurière :

Ta passionnante question ramène le mystère des pyramides d’Egypte, des statues de l’Ile de Pâques, l’énigme du masque de fer, du trésor de l’Abbé Saunières, de l’assassinat de Kennedy et de l’affaire Grégory sans oublier la paradoxe de l’œuf et de la poule ni le doute raisonnable sur l’existence de Dieu et des extra-terrestres au rang de peccadilles pour désoeuvré(e)s, d’enfantillages obsessionnels pour adulescents névropathes à tendance schizo-paranoïdes.

La réponse est aussi bête que le motif du pull et figure dans le tome 3 des aventures de Bridget Jones non publié à ce jour et sobrement intitulé « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Bridget Jones sans jamais oser le demander ».

J’explique. 6 ans plus tôt, la mère de Darcy s'est piquée d'une étonnante lubie : elle a ouvert une mercerie. Son sens des affaires calamiteux et ses goûts de chiotte manifestes ont vite fait le reste : le commerce a périclité et elle s'est retrouvé avec sur les bras quelques emprunts à rembourser plus des tas de pelotes aux textures synthétiques, aux couleurs criardes et à la qualité douteuse.

Elle écoule son stock lentement en rendant hommage aux origines canadiennes de son mari et en tricotant horreur sur horreur sur fond de paysages enneigés, de drapeaux rouges et blancs, de feuilles ou pots de sirop d'érable, de portraits de la famille Dion.

Chaque année, à Noël, elle envoie sa dernière création par la poste à son fils unique et préféré. La première fois, il a tellement été effaré par l'affreuseté du résultat qu'il a prétendu ne pas avoir reçu le colis. Cela n'a servi à rien qu'à attrister sa tricoteuse de mère qui, opiniâtre, a recommencé à l'identique... Ainsi possède-t-il deux pulls vert pomme représentant la carte du Canada et ses fleuves !

Depuis, il joue le jeu à la Saint Sylvestre et songe philosophe que le ridicule ne tue pas en enfilant sa tenue de réveillon.

… mais aussi plus philosophe parfois :

A le voir comme ça, on donnerait le bon dieu sans confession à Monsieur Darcy. Son air sérieux, son regard impassible, son attitude constamment réservée lui confèrent la patine terne d'un gendre idéal aux yeux de parents sans folie.

Mais, derrière les apparences, la vérité est toute autre. Dans le milieu de la nuit, Darcy est affectueusement surnommé "Dark Saw" ("la scie sombre" pour les non anglophones) et dans certains clubs échangistes près de la City, on le Shaw mieux sous le nom de "Dear Sex".

Le soir de la Saint Sylvestre, il était convié à une soirée "back to wild" chez un producteur de video érotiques et la nuit promettait d'être aussi sauvage et dévêtue que les déguisements exigés à l'entrée se devaient d'être ridicules et embarrassants. Les filles coulaient à flots, la coke se consommait à la paille et le champagne était en libre service et inversement toutes choses égales par ailleurs.

Darcy plongea dans la soirée comme un gardien de but plonge pour arrêter un penalty : résolument, carrément, éperdument. Il oublia le temps, son corps et jusqu'au nom de sa mère dans les bras de Gina-Lolo Bridge-Idea, de Jenny the genious, de Cherry Blossom Girl, dans le verre de Lily la tigresse, dans la bouche experte d'une certaine Sonja, une grande transsexuelle slave. Surfant de corps en mains, de bras en membres, Darcy enivrait ses sens à la hauteur de sa réputation de débauché : il était à fond.

Trop peut-être puisque vers 7h00 du matin, après une Nième séance d'un érotisme plus barbare que torride, il s'effondra dans le coin d'une chambre du 2e étage, oublié parmi le dernier carré d'invités, cuvant, récupérant seul d'un nuit blanche et agitée. Il ne se réveilla que vers midi alerté par les voix de Jamie (8 ans) et Clay (5 ans), les deux enfants de son hôtes, tout juste rentrés de chez leur baby sitter.

Darcy se rhabilla à la hâte, doublement affolé, à l'idée tout d'abord que Clay et Jamie puissent le surprendre nu comme un ver une menotte en fourrure rose encore accrochée au poignet gauche, par l'heure ensuite : il n'avait plus le temps de rentrer chez lui pour se changer avant de se rendre au traditionnel buffet de nouvel an organisé par les meilleurs amis de ses parents. Tant pis, il irait avec son pull à tête de rêne acheté suite à un pari perdu à Camden Market le soir où il n'avait pas réussi à ramener chez lui cette contractuelle revêche qui venait de coller une prune à son meilleur ami. Ce pull était ce qu'on imagine de mieux en matière de ridicule et il avait dû le porter au stade pour un match Liverpool-Arsenal !

Heureusement, cette horreur possédait des manches longues qui lui permettraient de camoufler ces satanées menottes dont les clefs demeuraient introuvables.

(vous noterez qu'on ne voit pas la main gauche de Darcy sur la photo !)

Merci à toutes pour vos réponses qui m’ont bien fait rire !

Et le but étant de gagner une bande-dessinée, après brassage de petits papiers et tirage au sort en regardant le plafond et en cherchant à tâtons le nom de l’heureuse gagnante, je vais enfin lui annoncer son nom (eh oui, elle ne le connaissait pas encore – aujourd’hui c’est terrible par ici, je dois arrêter de lire Jane Austen, les effets sont curieux) :

NEPH

Qui a choisi Dimitri Bogrov !

 

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08/03/2009

We could be heroes forever and ever

bd zelphire cover.jpgVoilà une BD fantastique qui devrait plaire aux amateurs de X-Men et de steampunk. Presque tous dotés de super pouvoirs, les héros du Réveil du Zelphire se métamorphosent en femme-pieuvre, en arbre vengeur ; certains usent de leur chevelure tentaculaire pour survivre, d’autres ont le pouvoir de tuer ou de sauver leur prochain d’un simple geste.

Dans un cadre qui n’est pas sans rappeler Dickens et une Londres victorienne, on découvre une source au miraculeux pouvoir de guérison, on suit les émois amoureux d’un Sylvan d’écorce et de sève, on rencontre un drôle de savant fou et une sombre famille qui, du haut de son repère, assassine des innocents au nom d’une quête mystérieuse. Vous vous en doutez, après moult péripéties, bons et méchants s’affrontent. Certains perdront la bataille, mais pas la guerre ! A quand le tome 2 pour connaître la suite ?

Un album qui se lit avec grand plaisir et que j’ai trouvé bourré de qualités : dessins adorables (parfois aux airs de manga), personnages sympathiques ou exquisément atroces, beaucoup d’humour, des décors charmants, une histoire haletante… ajoutons à cela certaines vignettes caractérisées par une économie de moyens dont l’illustrateur tire très bien partie et nous voilà forcés de conclure avec enthousiasme. Sans parler des dernières pages où figure notamment une parodie de Goya. Décidément, j’en redemande !

Egalement lu et approuvé par Mr Lou.

Merci aux éditions Bayou et à Sonia pour ce délicieux moment de détente !

D’autres avis : Tamara (qui a organisé un jeu-concours pour recevoir cette bande-dessinée) ; la rédaction de WART ; Benjamin Roure.

128 p

Le Réveil du Zelphire, Tome 1, 2009

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26/02/2009

Soyez constants !

constant.pngAutant vous prévenir : j'entre dans une phase mystique où toute opposition à mon amour naissant pour Wilde (je dis bien toute rébellion, et même le moindre doigt timidement levé) se verra châtiée immédiatement à coup de projections d'Encyclopédie Universalis (et croyez-moi, une fois les multiples tomes réunis l'opération s'avère douloureuse).

Wilde est un génie.

Maintenant que j'ai dit ça je peux aller me recoucher.

Et puis non ce serait trop bête. Voilà dix raisons d'aimer à la folie Wilde et sa pièce The Importance of being earnest, dans laquelle il est question d'être constant mais pas seulement.

1- Parce que l'écriture de Wilde (à consommer de préférence en anglais) est un art en soi, parce qu'on savoure chaque tournure, chaque phrase en succombant tout autant à la musique des mots qu'à la philosophie particulière des personnages.

2- Parce que les déclarations les plus absurdes sont faites selon une logique irréprochable qui titille l'esprit du lecteur, qui est perdu entre sourire moqueur et volonté de suivre les raisonnements les plus incroyables avec une attention religieuse.

3- Parce que les personnages sont exquis, à commencer par les rôles moins importants. Une petite mention spéciale pour Cecily, à l'apogée du charme avec son esprit vif et ses remarques cultes. Mais la concurrence est rude !

4- Parce cette pièce est terriblement drôle et irrésistiblement inconvenante, et les répliques d'une efficacité surréaliste.

5- Qui devrait être numéro 1. Parce que Wilde était victorien.

6- Qui devrait être numéro 2. Parce que nul ne saurait être plus irrévérencieux que lui et que sa critique de la société victorienne est faite sur un ton si léger (voire badin) que les plus concernés l'ont eux-mêmes largement acclamé.

7- Parce que cette pièce nous fait baver d'envie avec ses cucumber sandwiches, son bread and butter et ses muffins (et je n'éprouve pas souvent une envie irrésistible de partager le repas de mes héros victoriens).

8- Parce que Ernest (Constant) et Algernon sont les héros les plus creux qui soient mais nous sont malgré tout profondément sympathiques.

9- Parce que cette pièce paraît légère tout en puisant sa source dans de nombreuses influences. Wilde est érudit, sa pièce géniale s'inspire savamment de grands classiques tout en étant divertissante et surtout,  originale et véritablement moderne.

10- Parce qu'au final, tout tourne autour du langage, que Wilde maîtrise remarquablement. Parce qu'il joue avec les mots et les phrases, que c'est au final l'essence-même de la pièce mais qu'on l'oublie paradoxalement, car Wilde sait comme nul autre multiplier les (fausses) pistes pour nous égarer. Pour notre plus grand bonheur.

Et vous qui passez rapidement par ici, sans doute par hasard, vous avez peu de temps pour lire tout mon baratin et d'autres soucis en tête qu'Oscar Wilde. Pour vous je ferai court, clair et net : The Importance of being earnest est un chef-d'oeuvre unique en son genre, à découvrir impérativement. C'est mordant, intelligent, déconcertant et, cerise sur le gâteau, tout simplement brillant.

Et pour ceux qui se demandent de quoi il s'agit, j'ajouterai juste qu'il est question de mariages contrariés pour des raisons de fortune ou de rang, mais que les rebondissements sont nombreux et que mieux vaut avoir la surprise de la découverte (d'autant plus que la pièce est très bien construite).

« ALGERNON - (...) The doctors found out that Bunbury could not live, that is what I mean – so Bunbury died.

LADY BRACKNELL : He seems to have had great confidence in the opinion of his physicians. I am glad, however, that he made up his mind at last to some definite course of action, and acted under proper medical advice. »

300 p (éditions GF Flammarion, à recommander pour l'excellent dossier et la version bilingue)

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Oscar Wilde, The Importance of Being Earnest (L'Importance d'être constant), 1895 (année de la première, le jour de la Saint Valentin !)


51CR9A6RDWL._SL500.jpgPour l'adapter au cinéma, on a pensé à Colin Firth (Jack) et Rupert Everett (Algie). Avouez qu'il y a tout de même des castings moins heureux !

Le film est très fidèle à la pièce, hormis quelques petites variantes dont l'utilité me semble discutable. Une première scène montre une poursuite entre Algie et des policiers, son but étant essentiellement de nous faire comprendre qu'il est criblé de dettes. Si la tante d'Algie mentionne ses dettes dans la pièce, ce sont surtout celles contractées par Jack dont il est question. De même, lorsqu'Ernest doit être conduit en prison pour des factures impayées, le dénouement est différent et nous prive d'excellentes répliques. Mais je chipote car ce film rend tout à fait justice à la pièce.

Le casting est une réussite et les acteurs incarnent à la perfection leur personnage, tout en lui insufflant une vie nouvelle. Gwendolen, un peu nunuche tout de même, devient une tigresse sensuelle, déterminée et ridicule, Cecily est fraîche et pétillante, cette pauvre Miss Prism terriblement touchante... tous excellent mais, (presque) en toute objectivité, Colin Firth est peut-être le meilleur d'entre eux, avec une variété d'expressions inouïe et une capacité certaine à passer de l'attitude la plus cocasse à la plus résignée. Les décors et les costumes sont soignés, le déroulement très fluide grâce à des scènes intercalées par rapport au texte d'origine.

Un très bon film, (presque) aussi drôle et original que la pièce elle-même.

Nibelheim en a parlé ici !

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The Importance of being earnest, un film d'Oliver Parker, 2002

 

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06/02/2009

Une drôle de famille !

BD Blaise.JPGLa couverture ne fait pas franchement rêver et, vu que j’ai tendance à privilégier les bandes dessinées historiques ou certains dessins pour le moins différents, je n’aurais peut-être jamais découvert Blaise s’il ne m’avait pas été envoyé par les éditions Glénat. Et heureusement que je bouscule de temps en temps mes habitudes de lecture car voilà un album que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, que je relirai sans aucun doute et dont j’ai déjà commencé à parler autour de moi… c’est dire si je l’ai trouvé sympathique.

 

Quoique. Car sympathique n’est pas vraiment le mot le plus approprié ! Blaise, c’est le petit Blaise aussi charmant (ironique) et apathique (objectif) qu’en couverture. C’est aussi ses parents, leurs collègues de travail, sa mémé, un Président-dictateur et l’idole des jeunes, Dabi Doubane. A travers des sketchs d’une page, ce sont tous les travers de la société contemporaine qui sont dépeints. Et tout le monde en prend pour son grade ! Humour vache et cynique, parfois très provocateur (« maman je peux voir le porno ce soir à la télé ? » peut-être, mais tout dépend de l’heure car le petit a école demain), toujours est-il que le lecteur s’amuse aux dépens de personnages au comportement souvent absurde mais aussi parfois franchement réaliste. Heures sup’ à n’en plus finir, petites hypocrisies, regard de l’autre, société de (sur)consommation, voilà les thèmes de prédilection d’un auteur qui aime visiblement mettre les pieds dans le plat !

 

Enfin le format est intéressant en lui-même. Photomontage avec des couleurs retravaillées et des visages en noir et blanc aux traits peu mobiles insérés dans un décor très coloré, le graphisme est étonnant, mélangeant complètement photo d’origine et dessin. Avec un côté très kitsch, cet album très travaillé a petit côté pop art décalé qui m’a bien plu.

 

Voilà un album original à ne pas bouder !

 

Merci beaucoup aux éditions Glénat et à Sonia Ribeiro pour cette découverte !

 

64 p

 

Blaise, 2009

20/01/2009

God Bless the Queen

bennett_uncommon reader.jpgLorsque j’ai repéré ce livre, j’ai immédiatement su qu’il fallait que je le lise... après un petit saut rue de Rivoli (librairie sympa, vendeuse – libraire ? ce jour-ci très souriante, mais qu’est-ce que c’est cher !), j’ai dû attendre jusqu’au lendemain pour lire, non, pour dévorer ce court roman en un rien de temps.

Vous aimez lire ? Vous aimez l’Angleterre ? Sa Majesté vous amuse avec ses sublimes tenues rose fushia et ses chapeaux ultra glamour ? N’hésitez plus, mes amis, jetez-vous à votre tour sur The Uncommon Reader d’Alan Bennett, débranchez le téléphone, dites à vos amis que vous êtes malades, préparez-vous un bon thé… and enjoy !

Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête : lire ! Et que dire de l’âge avancé auquel elle se met enfin à découvrir les joies de la lecture ? Tant de retard à rattraper ! Tant d’auteurs rencontrés par le passé sans avoir un mot à leur dire !

« E.M. Forster figured in the book, with whom she remembered spending an awkward half-hour when she invested him with the CH. Mouse-like and shy, he had said little and in such a small voice she had found him almost impossible to communicate with. Still, he was a bit of a dark horse. Sitting there with his hands pressed together like something out of Alice in Wonderland, he gave no hint of what he was thinking, and so she was pleasantly surprised to find on reading his biography that he had said afterwards that had she been a boy he would have fallen in love with her. »(p20-21)

Guidée par Norman, un ex-plongeur propulsé des cuisines au staff rapproché de la Couronne, Elisabeth II découvre pêle-mêle (et là j’ai fait une liste à peu près exhaustive) :

Ivy Crampton-Burnett, Ackerley (My Dog Tulip), E.M. Forster, Masefield, Walter de la Mare, Rose Tremain, Ishiguro, Beckett, Nabokov, Philip Roth, Mary Renault, Denton Welch, Isherwood, Balzac, Tourgueniev, Fielding, Conrad, Jane Austen, Dostoievski, TS Eliot, Priestley, Philip Larkin, Ted Hughes, Robert Frost, James Tait Black, Ian McEwan, A.S. Byatt,  Dylan Thomas, John Cowper Powys, Jan Morris, Kilvert, Vikram Seth, Salman Rushdie, Sylvia Plath, Lauren Bacall (Memoirs), Winifred Holtby, Henry James, Dr Johnson, Genet, Pepys, Alice Munro, Dickens, Virginia Woolf, Thackeray, George Eliot, The Brontës et Proust, sa nouvelle marotte.

Ah ! Tous ces auteurs, ça fait rêver n’est-ce pas ? Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une lectrice pas comme les autres, et que ses lectures sont loin d’enchanter un premier ministre et un secrétaire qui n’ont plus l’attention de la reine, sans parler du manque d’enthousiasme évident de notre héroïne lorsqu’il s’agit d’inaugurer une cantine ou de baptiser un bateau. Ainsi, durant ses tournées, la Reine ne demande plus à ses sujets s’ils ont fait bonne route et autres lieux communs. Elle s’interroge plutôt sur leurs lectures ! Après un vent de panique, les assistants prennent l’habitude de briefer en amont les personnes qui rencontreront la Reine :

At this most people looked blank (and sometimes panic-stricken) but, nothing daunted, the equerries came up with a list of suggestions. Though this meant that the Queen came away with a disproportionate notion of the popularity of Andy McNab and the near universal affection for Joanna Trollope, no matter ; at least embarrassment had been avoided. And once the answers had been supplied the audiences were back on track and finished on the dot as they used to do, the only hold-ups when, as seldom, one of her subjects confessed a fondness for Virginia Woolf or Dickens, both of which provoked a lively (and lengthy) discussion. There were many who hoped for a similar meeting of minds by saying they were reading Harry Potter, but to this the Queen (...) invariably said briskly, “Yes. One is saving that for a rainy day” and passed swiftly on. (p42-43)

Parmi les changements de comportement qu’a entraînés la découverte des joies de la lecture, notons simplement qu’Elisabeth II applique une nouvelle technique depuis son carrosse :

She’d got quite good at reading and waving, the trick being to keep the book below the level of the window and to keep focused on it and not on the crowds. (...) the Duke waving viciously from his side. (p32-33)

Au final, les conséquences sont désastreuses :

The equerry, with whom she’d never shared such confidences before and who ought to have been flattered, simply felt awkward and embarrassed. (...) And whereas the Queen herself thought that such feelings probably arose out of her reading books, the young man felt it might be that she was beginning  to show her age. Thus it was that the dawn of sensibility was mistaken for the onset of senility. (p 80-81)

Ce livre est un vrai rayon de soleil en ce mois de janvier bien gris et pluvieux. Ce n’est certainement pas un chef-d’œuvre mais bien un pur moment de bonne humeur, à lire et à relire le sourire aux lèvres. Entre l’amanuensis (assistant littéraire) gay, le secrétaire « kiwi » qui n’aime pas qu’on le lui rappelle, l’ancien secrétaire qui s’endort pendant les entretiens au sommet, les responsables de la garde-robe traumatisés par la soudaine désinvolture de la reine, le Duc surpris d’entendre son épouse rire à voix haute alors qu’il passe devant sa chambre une bouillotte à la main, difficile de ne pas s’amuser ! Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA !

Livre repéré la semaine dernière chez Emeraude (grâce à qui j’ai évité de lire ce roman en français) et Yspaddaden. Et depuis, j'ai découvert le billet d'Amanda.

Et chez nos amis anglo-saxons : Marg, qui renvoie vers d'autres liens.

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121 p

Alan Bennett, The Uncommon Reader, 2007

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