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22/06/2018

The Guernsey Potato Peel Pie Society [Film]

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En 2011, je chroniquais The Guernsey Literary & Potato Peel Pie Society, roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows qui avait connu un succès retentissant sur la blogosphère. J'en gardais le souvenir d'un roman doudou plein de fraîcheur, alors lorsque j'ai vu qu'un film venait d'en être tiré, je n'ai pas tardé avant de m'octroyer une séance cinéma. Un costume drama "à la BBC", ça ne refuse pas !

Pour le pitch, je peux reprendre mon introduction du roman: Jeune écrivain révélé par ses chroniques humoristiques en temps de guerre, Juliet Ashton fait une tournée de promotion lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, Dawsey Adams. Celui-ci a trouvé le nom de Juliet dans un livre d'occasion qu'il s'est procuré et la contacte afin d'obtenir l'adresse d'une librairie à Londres pour commander d'autres oeuvres de Charles Lamb, qui lui a beaucoup apporté pendant l'occupation.

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Mais la comparaison s'arrête là malheureusement. Car le réalisateur de Quatre mariage et un enterrement a choisi de donner un tour beaucoup plus romantique à son film. La correspondance est limitée : très rapidement, Juliet décide de se rendre à Guernsey. Elle plante sa tournée de promotion et un charmant Américain, qui la demande en mariage et lui offre une énorme bague de fiançailles devant le bateau en partance pour l'île. Juliet va participer à une première séance du club de lecture fondé sous l'occupation. A partir de là, elle va chercher à en savoir plus sur certains mystères entourant le groupe, et notamment, la disparition d'Elizabeth, qui en faisait partie. Tout cela en tournant autour de l'éleveur de porcs Dawsey Adams, qui ne manque pas de charme.

J'ai passé un agréable moment avec ce film qui réunit une belle brochette d'acteurs de Downton Abbey. J'ai savouré les vues de "Guernesey" (en grande partie tournées ailleurs, en Cornouailles notamment...), souri devant des petits moments d'humourcomme l'explication du nom farfelu - et je me suis vraiment intéressée aux membres du club, servis pour la plupart par de très bons acteurs.

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Je n'hésiterai pas à le revoir si j'en ai l'occasion, et pourtant, ce n'est pas un coup de coeur ! Trop de mièvrerie, une histoire d'amour naissante envahissante qui laisse trop peu de place aux personnages secondaires hauts en couleur. En relisant mon article sur le roman, je m'aperçois que le film a bel et bien détourné l'intrigue initiale du livre, donnant dans la romance à l'eau de rose quand les points de vue et les personnages s'entrecroisaient davantage dans la version écrite. Et cette Juliet est une jolie jeune femme sympathique, mais qu'a-t-on besoin de la voir se mordiller les lèvres en gros plan à deux reprises, soupirer, regarder en l'air, voir sa respiration s'accélérer dès qu'elle est en situation de stress... trop de minauderies, de regards énamourés ou inspirés (selon les circonstances), d'autant plus que ce n'est franchement pas le personnage le plus intéressant dans cette histoire !

Ce n'est certainement pas un grand film, c'est probablement une assez mauvaise adaptation, mais c'est un film qui se laisse volontiers regarder, plein de bons sentiments, qui vous tirera des larmes et vous donnera envie de prendre le bateau pour Guernesey. A réserver aux adeptes de costume dramas, qui seront servis par le superbe cadre et l'attention portée aux costumes et au décor.

Un film qui s'inscrit dans le cadre du Mois anglais de par le réalisateur, le casting et les quelques scènes tournées à Londres.

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The Guernsey Potato Peel Pie Society [Film de Mike Newell], 2018

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21/12/2017

The Family Stone (Film)

family stone_01.jpgEverett Stone s'apprête à présenter sa petite amie Meredith à sa famille. Le couple quitte New-York pour la banlieue cossue où se retrouve la tribu des Stone ce Noël. Evidemment, rien ne se passe comme prévu.

On a déjà fait plus joyeux comme histoire de Noël, où la disparition à venir d'un des membres de la famille pèse sur l'ambiance générale. Par ailleurs, l'histoire est complètement prévisible (j'avais deviné la situation finale et les couples formés dès le premier tiers du film voire même avant). 

En revanche, Sarah Jessica Parker campe bien son rôle de working girl et jeune wasp un peu coincée et propre sur elle, qui s'humanise au fur et à mesure dans un climat d'hostilité perceptible.

Pris individuellement, plusieurs membres du clan Stone et des satellites qui gravitent autour ont des personnalités tranchées. La mère incarnée par Diane Keaton est elle-même un mélange d'émotions complexes, mère pleine d'amour, drôle, spontanée, parfois culottée, mais aussi tranchante envers l'amie de son fils. Tout le monde n'a pas sa place dans la famille Stone..

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Néanmoins, quand on prend chaque personnage et chaque histoire et qu'on secoue le tout, la sauce ne prend pas complètement. Contrairement à un Love Actually qui réussissait à donner de l'intérêt à chaque histoire et à chaque couple, j'ai trouvé que deux des nouvelles relations naissantes ne présentaient pas grand intérêt en raison notamment de quelques personnages assez fadasses et du scénario qui prend le temps de distiller indices et courts instants de complicité entre deux protagonistes alors que tout s'enchaîne rapidement pour les autres. J'ai notamment trouvé le personnage incarné par Claire Danes totalement transparent (pourtant j'avais un petit espoir après une chute grotesque lors de son arrivée en bus).

Et puis il y a ces grands sujets qu'on retrouve souvent dans les films Américains avec les idées de tolérance quant à la couleur de peau ou l'orientation sexuelle. Evidemment, ce sont des sujets essentiels mais ils sont abordés ici avec beaucoup de lourdeur. On n'aurait pas pu avoir dans ce film un couple mixte homosexuel sans que plusieurs échanges tournent autour des bourdes de la nouvelle petite amie ou de la perception de l'homosexualité par les parents, par le couple lui-même ? Abordé au beau milieu de la cacophonie familiale le propos est totalement dilué et semble juste servir à construire le caractère de Meredith et sa relation avec la famille.

Vous l'aurez compris, The Family Stone n'est pas un coup de coeur, même s'il se laisse regarder.

The Family Stone, 2005 (Film de Thomas Bezucha)

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16/12/2017

A Christmas Prince (Film)

film_christmas prince01.jpgAvec le temps qui se refroidit, les nuages, le manque de lumière, on se raccroche à ces petits plaisirs qui nous conduisent tout droit jusqu'à Noël. Thés bien chauds, romans à lire au coin du feu ou, au moins dans un canapé bien douillet, bougies parfumées, encens... et films de Noël.

Dans la série romances de saison, NetFlix a pondu cette année une petite bluette de circonstance, A Christmas Prince.

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Amber travaille dans un journal new-yorkais. Elle est blonde, mignonne, très intelligente, passe sa vie à réécrire les articles de journalistes mieux payés qu'elle et n'en reçoit aucune reconnaissance. Voilà la situation de départ. Mais la rédactrice en chef ou directrice du journal - peu importe - n'a personne sous le coude pour couvrir un évènement et se trouve contrainte d'envoyer Amber pour un premier reportage. Où ça ? Dans le royaume bien connu d'Aldovia, perdu quelque part en Europe. Notre journaliste s'y rend, le lieu a des airs de parcs Disneyland et de Monaco croisés avec les Carpathes. Il s'agit de faire un reportage sur le prince Richard ("his Royal Hotness"), qui n'a plus que quelques jours avant d'accepter le trône. Les tabloïds mettent en avant sa vie de playboy, il ne se présente pas aux conférences de presse, manque des engagements... bref, un sujet qui promet de faire couler beaucoup d'encre !

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A partir de là, Amber bénéfice d'un concours de circonstance hallucinant. Elle réussit à faire le tour du château, à entrer sans être inquiétée puis à passer pour la nouvelle préceptrice américaine attendue dans quelques jours (!!!). Elle doit s'occuper d'une petite princesse pourrie gâtée qui a fait fuir toutes ses enseignantes, mais, miracle, elles deviennent rapidement amies. Quant au prince, on se doute bien qu'il cache un coeur tendre derrière sa réputation sulfureuse. Ajoutons à ça un cousin qui veut s'emparer du trône, une ex fiancée qui joue les amoureuses éperdues pour devenir reine et un secret découvert par Amber, qui tient alors entre ses mains le scoop de sa vie... qui pourrait détruire celle du prince.

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C'est mièvre, largement inspiré de moult romances de Noël découpées et remixées ensemble. Les décors font un peu carton pâte, on ricane en entendant le nom du royaume, on sait comment ça se terminera dès le départ, les commentaires journalistiques d'Amber sont à pleurer... je continue ? Malgré tout, ce film joue tout à fait son rôle de feel-good movie de Noël.

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A Christmas Prince (Film - 2017)

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20/10/2017

Room on the broom (Film d'animation)

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Pour la séance ciné d'aujourd'hui, je vous présente un film d'animation coup de coeur du blog !

Room on the broom est adapté d'un roman de Julia Donaldson & Axel Scheffler dont je vous ai parlé l'année dernière. C'est devenu un classique dans les pays anglo-saxons, tout comme Gruffalo, autre création des mêmes auteurs.

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Image Pinterest

Synopsis : une sorcière s'envole sur un balai avec son chat ... jusque-là, rien de bien nouveau. Mais la voilà qui perd son chapeau, son ruban, sa baguette magique et qui a chaque fois, les retrouve grâce à un nouvel animal. Au fur et à mesure de son périple, elle emmène de plus en plus de monde sur son balai - malgré l'opposition de son chat.

Derrière elle, un dragon aimant les sorcières aux frites a flairé sa piste et compte bien la dévorer pour dîner...

Ci-dessous plusieurs scènes, dans l'ordre a priori :

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J'ai vu plusieurs fois ce film d'animation et force est de constater qu'il s'agit d'une adaptation très réussie.

Le texte à rimes du livre d'origine est parfaitement respecté, mais enrichi par les mimiques des personnages, leur personnalité, ainsi que les petites scènes qui se jouent à chaque arrêt de la sorcière.

Les paysages sont superbes, surtout le marécage qu'on ne voit malheureusement pas sur ce billet.

Les voix, excellentes... il faut dire qu'il ne s'agit pas de n'importe qui : Simon Pegg pour le narrateur ou encore, Gillian Anderson.

D'un livre court surtout porté par la musique du texte, les réalisateurs ont fait une histoire à part entière, avec des personnages drôles et attachants.

A découvrir sans plus tarder !

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Room on the broom, Film d'animation réalisé par Max Lang et Jan Lachauer, 2013

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20/06/2017

Série The Bletchley Circle

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1943. Une courte séquence introduit Susan, Jean, Millie et Lucy, quatre femmes brillantes aux qualités complémentaires qui travaillent dans un même service à Bletchley Park pour décoder les messages transmis par les Allemands.

Neuf ans plus tard, nous retrouvons Susan. Elle est désormais mère et femme au foyer et mène une vie terne, aux antipodes de son ancien métier en temps de guerre. Elle doit d’ailleurs garder le secret sur ses activités passées et son mari pense qu’elle occupait un poste de secrétariat ou de standardiste quelconque.

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Mais Susan est loin de s’adonner à sa passion du tricot ou à se contenter de veiller au repas qui accueillera son époux le soir venu. Elle a donc commencé à collecter des informations sur une série de meurtres de femmes qui ont lieu à Londres et dans ses environs. Elle pense avoir découvert une certaine logique mais lorsqu’elle se tourne vers la police, elle est gentiment éconduite après une fouille n'ayant rien donné suite à ses conseils.

Elle retrouve alors ses anciennes complices et après quelques hésitations, toutes acceptent d’unir leurs efforts pour mener l’enquête. Elles découvrent ainsi un corps et décident de traquer ensemble le tueur, quitte à prendre des risques inconsidérés.

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Une excellente surprise que cette saison 1. D’une part, de par la qualité des reconstitutions historiques : les scènes de rue de même que les costumes sont particulièrement réussis, tandis que la série donne à voir le quotidien des femmes de la classe moyenne, avec un point de vue résolument féministe. La médiocrité des activités des héroïnes tranche avec leurs capacités intellectuelles et le talent particulier de chacune. Toutes devraient avoir un poste clef au sein d’une administration ou d'un service de renseignements et les voilà cantonnées à des rôles de second plan, voire victimes de leur entourage (l’une d’elles est même battue par son mari). J'ai lu un avis soulignant des incohérences, notamment dans le choix des véhicules présents, mais étant donné ma connaissance du sujet ça ne m'a pas empêché de dormir. 

A cet intérêt historique s’ajoute d’autre part une intrigue haletante, bien menée et pleine de rebondissements. Ce qui commence comme une enquête tourne au thriller, au fur et à mesure que nos héroïnes se rapprochent dangereusement de leur cible. Etonnamment, Susan fait preuve d’une certaine naïveté et finit par se jeter dans la gueule du loup… mais je vous laisse découvrir par vous-même ce qu’il adviendra d’elle et qui l’emporte in fine.

Highly recommended !

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Série The Bletchley Circle, Saison 1, 2012

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07/04/2017

Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories'

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Pour cette première séance ciné du vendredi consacrée aux séries japonaises, j'ai décidé de mettre à l'honneur Midnight Diner : Tokyo Stories, série diffusée par Netflix.

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Le pitch : dans une ruelle de Tokyo, lorsque le quartier s'endort et que les travailleurs ont terminé leur journée et rentrent chez eux, un patron ouvre sa gargote à partir de minuit, jusqu'au petit matin. Il propose peu de plats mais cuisine tout ce que ses clients lui demandent, à partir du moment où il a les ingrédients requis.

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Entrent des clients, des habitués ou de nouvelles têtes. A chaque nouvel épisode, un plat et un groupe de clients sont mis à l'honneur. On suivra les clients du jour en dehors du restaurant, le temps d'arriver à la chute, qui tient souvent du happy end. Le restaurant est en effet un vrai lieu de vie où échangent les clients et le patron, qu'ils se connaissent bien ou non. 

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Jusque-là, la série paraît plutôt classique. Mais si je vous dis qu'on y croise d'anciens acteurs de série à la Bioman, un fantôme encombrant, une célibataire tricotant pour séduire des hommes qu'elle connaît à peine, un savant fou attachant et bien d'autres personnages hauts en couleur, vous vous douterez bien qu'on ne s'ennuie pas une seconde en mettant les pieds dans ce petit restaurant.

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Une série atypique et un peu barge qui permet une immersion totale dans la culture japonaise, entre la vie nocturne à Tokyo, la cuisine mise à l'honneur ou encore les références à la culture populaire (et j'ai dû passer complètement à côté de nombreux détails). C'est aussi une série feel-good avec une jolie philosophie de la vie.

Le patron observe avec intérêt ou amusement ses clients, échange avec eux mais occupe toujours une place plus en retrait, jusqu'au dernier épisode où enfin une scène nous laisse deviner ce que peut être sa vie personnelle. Un personnage discret et attachant.

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La cuisine mise à l'honneur est une cuisine traditionnelle, simple, sans prétention, mais aussi goûteuse et généreuse. Beaucoup de plats ne manqueront pas de titiller vos papilles !

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Quant à moi, j'ai maintenant une folle envie de me promener de nuit dans cette si jolie ruelle et de pousser la porte de ce 'diner'.

Le billet élogieux d'Umamiam dont j'ai découvert avec plaisir le blog très intéressant, tourné vers le Japon. L'article en anglais de Jonathan Pelz.

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Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories', 2009

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03/10/2015

Penny Dreadful (série)

serie_penny dreadful 02.pngAujourd'hui, le challenge Halloween proposait de nous retrouver autour d'une série. J'ai choisi de vous parler de Penny Dreadful, qui compte deux saisons à l'heure actuelle (la prochaine étant prévue en 2016) ; j'ai vu pour ma part la première et commencé à regarder la seconde.

Amateurs de monstres victoriens, cette série est pour vous ! Ne serait-ce que le titre devrait vous mettre la puce à l'oreille puisqu'il fait référence aux journaux à sensation de l'époque, qui avaient l'habitude de se répandre sur les crimes contemporains avec moult détails et illustrations racoleuses à souhait.

Penny Dreadful mélange joyeusement les grands classiques de l'épouvante dans un cadre londonien, mais aussi victorien. On y croise donc une medium; le Diable, qui essaie de prendre possession de l'âme d'une des protagonistes, assisté en la matière par de cruelles sorcières ; des vampires, avec des références à Dracula, et des chasseurs de vampires, dont Van Helsing, qui malheureusement pour lui ne fait pas long feu dans la série car il est assassiné brutalement par la créature de Frankenstein. Le célèbre monstre rejeté dès la "naissance" vit dans l'ombre et cherche une partenaire, poussant son créateur à lui faire une âme soeur, sous la contrainte. Un tel univers serait incomplet sans la présence d'un chasseur de vampires lui-même loup-garou, d'une prostituée des bas fonds (Billie Piper), d'un ancien explorateur (Timothy Dalton) tourmenté par le rapt de sa fille par un vampire et surtout, de Dorian Gray, à l'âme si corrompue. Dorian Gray qui cherche à se divertir dans la luxure et le vice sans succès, jusqu'au jour où il croise le chemin de la principale héroïne, Vanessa Ives (Eva Green). On attend le Dr Jekyll qui devrait rejoindre ses camarades lors de la saison 3.serie_penny dreadful 05.jpg

La reconstitution des décors, les scènes extérieures et les costumes sont un vrai atout et confèrent à la série un cadre très fidèle à l'image que l'on a de Londres au XIXe, avec de nombreuses scènes nocturnes sombres et inquiétantes à souhait. Les références littéraires séduiront bien évidemment les habitués du genre, même si le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux ; j'ai eu pour ma part l'impression que toutes ces influences se mêlaient sans une grande cohérence à certains moments. Autour du fil conducteur, quelques pistes sont lancées mais ne sont pas exploitées à fond ; on suppose que les saisons suivantes se feront plaisir d'exploiter les vides laissés jusque-là. C'est une série qui s'adresse à un public averti, en raison de quelques scènes violentes ou d'une certaine noirceur (par exemple la lutte de Vanessa contre le Diable qui veut la posséder), mais aussi de scènes en tenue légère qui interviennent très régulièrement (et n'apportent souvent pas grand-chose en termes de narration, mais ça, c'est un autre débat). 

Dans la mesure où la première quête des héros est en partie terminée, beaucoup de possibilités s'offrent aux scénaristes et ceux qui ont goûté aux premiers épisodes auront bien du mal à ne pas se laisser tenter par la suite !

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Série Penny Dreadful, 2014

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03/09/2014

Harold et Maude, film et roman

higgins_harold et maude.jpgJe n'avais jamais entendu parler de Harold et Maude jusqu'à ce que mon oncle me recommande le film, très drôle et plein d'humour noir (en revanche la pièce sortie peu après à Paris ne m'a pas spécialement tentée). J'ai donc noté le titre dans un coin de ma tête, jusqu'à ce que je tombe par hasard sur un roman du même intitulé à la médiathèque. Ni une, ni deux, j'ai donc emprunté roman et film pour enfin me faire ma propre idée sur ce qui est apparemment un classique américain des années 1970.

Colin Higgins ouvre son roman Harold et Maude avec une citation de Lewis Carroll qui tout de suite donne le ton (décalé) de ce qui va suivre : Je trouve extrêmement vexant, déclara Humpty Dumpty, après un long silence, et sans regarder Alice, oui, extrêmement vexant de s'entendre traiter d'oeuf.

Autant le dire tout de suite à ceux qui connaissent un peu mes goûts et qui eux aussi apprécient l'humour noir absurde, ce roman est en la matière un vrai régal.

higgins_harold maude.jpegHarold est un jeune homme de bonne famille qui vit avec sa mère dans une grande propriété. Alors que sa mère enchaîne sorties mondaines, les rendez-vous chez le coiffeur et autres, Harold soigne son oisiveté en organisant son suicide. Car il en est maintenant à son quinzième suicide approximativement : pendaison, balle dans le crâne, noyade dans la piscine, immolation, toutes les méthodes y passent... devant la plus profonde indifférence de sa mère qui, après les premiers épisodes, a compris que son fils orchestrait soigneusement ses mises en scène sans jamais avoir la moindre intention de mettre fin à ses jours. Ainsi, devant son fils qui se balance mollement au bout de sa corde, la langue pendante, elle se contente de lui demander de faire quelques efforts dans la mesure où des invités sont attendus le soir même. Mais les journées de Harold vont être bousculées par plusieurs événements : lui qui aimait se suicider, assister à des enterrements d'inconnus, voir des démolitions d'immeubles ou des voitures broyées, va être sommé par sa mère de mettre un terme à ses enfantillages et de se marier. Il rencontrera ainsi trois candidates après que sa mère ait rempli pour lui le formulaire de l'agence matrimoniale. C'est sans compter sur Maude, bientôt octogénaire, autre adepte des enterrements. Cette vieille dame va se lier d'amitié avec lui et lui faire partager son quotidien rocambolesque, entre vols de voiture, excès de vitesse, infusions de paille et autres découvertes. Maude, pour qui la vie est en soi une philosophie à part entière, va-t-elle tirer Harold de sa léthargie ?

Une histoire d'amour pour le moins inhabituelle, qui par certains côtés m'a rappelé Le Cher Disparu d'Evelyn Waugh. Beaucoup d'humour, des personnages tous plus étonnants les uns que les autres, mais aussi touchants... et une jolie leçon de vie. Un roman qui se lit tout seul, à savourer lorsque vous avez envie de vous changer un peu les idées.

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155 p

Colin Higgins, Harold et Maude, 1971

*****

film_harold_and_maude.gifLe film est très proche du roman... et pour cause, Higgins a écrit le scénario du film, rédigé le roman ainsi que la pièce de théâtre du même titre !

Dans un sens, il est préférable de ne pas forcément lire le roman et voir le film juste après (comme je l'ai fait) pour pouvoir profiter de l'effet de surprise car je m'attendais à la plupart des scènes. Et pour ceux qui hésiteraient à lire le roman, il me paraît judicieux de commencer par le film qui donne une excellente idée de l'esprit du récit.

Le choix des acteurs est réussi même si je pensais au début que Bud Cort est un peu jeune pour le rôle. En réalité, il incarne à la perfection Harold en retraduisant bien son côté déphasé, amorphe mais aussi malicieux et cynique ! Maude est pétillante, comme il se doit.

La mère est aussi très convaincante et certaines scènes sont excellentes, comme celle où elle décide de se détendre dans leur piscine, met sa petite musique, commence à nager la brasse puis voit à ses côtés le corps de son fils flotter dans l'eau... avant de le dépasser et de faire une nouvelle longueur en passant près de lui sans lui prêter attention. J'ai trouvé malgré tout que le roman retraduisait encore mieux son côté un brin hystérique. Par exemple lorsqu'elle fait les questions et les réponses pour l'agence matrimoniale, je la voyais plus caricaturale. A l'inverse, une autre excellente scène n'apparaît pas dans le roman : Harold a fait un pantin lui ressemblant et, alors qu'il est dans une anti-chambre, il voit sa mère entrer dans sa chambre, s'asseoir devant le pantin et monologuer comme d'habitude sans remarquer la supercherie, pour conclure en lui disant qu'il est tout de même un peu pâle, puis s'en aller.

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Le film est servi par une BO de Cat Stevens très sympathique, qui prend le contrepied des scènes d'enterrement ou de suicide avec des chansons très joyeuses.

Il faisait gris, il faisait froid quand j'ai rencontré ces drôles de personnages... c'était le moment idéal pour découvrir Harold et Maude !

Je vous invite également à consulter l'article wikipedia, qui développe plus longuement les thèmes évoquées, l'accueil du film et de la pièce à l'époque, son influence ensuite.

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Harold et Maude, un film de Hal Ashby, 1971

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02/11/2013

Dolores Claiborne, le film de 1995

film_dolores claiborne.jpgAujourd'hui, nous avons eu envie de profiter du challenge Halloween pour parler un peu de Stephen King, maître contemporain de l'horreur s'il en est.

A cette occasion j'ai découvert le film Dolores Claiborne, adapté de l'un de ses romans. Je connaissais le titre depuis bien longtemps mais absolument pas l'histoire. 

Dolores Claiborne est suspectée d'avoir tué Vera, son employeuse millionnaire. La vieille femme a fait une chute mortelle dans les escaliers et Dolores a été retrouvée avec un rouleau à pâtisserie, visiblement sur le point d'achever la victime. L'inspecteur chargé de mener l'enquête tient absolument à prouver la culpabilité de Dolores : il n'a toujours pas digéré une affaire vieille de près de vingt ans, à savoir la mort accidentelle fort suspecte du mari de Dolores.

Journaliste à succès dans une grande ville, sa fille Selina reçoit un fax lui apprenant la situation. Elle se rend sur l'île de son enfance, où elle n'avait pas mis les pieds depuis quinze ans. Elle boit, fume, souffre de dépression et entretient des relations plus que compliquées avec sa mère.

Le film alterne entre la situation présente et des flash-backs. Une employeuse dominatrice, un mari alcoolique, violent qu'elle soupçonne d'agresser leur fille... Dolores a eu une vie particulièrement sordide. Mais est-elle une double meurtrière ?

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Film à suspense (sans surnaturel), Dolores Claiborne est servi par un bon casting et ne manque pas d'intérêt. Le principe des flash-backs fonctionne assez bien malgré la récurrence du procédé. La scène de l'éclipse est plutôt réussie sur le plan esthétique, le reste du film souffrant un peu de l'époque du tournage (couleurs un peu fades...). Si je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce film, par ailleurs un peu long, j'ai trouvé le scénario intéressant et il m'a surtout donné envie de lire le roman et de retrouver l'ambiance spéciale que sait créer Stephen King.

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Dolores Claiborne, un film de Taylor Hackford, 1995

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28/10/2013

L'Etrange Pouvoir de Norman

paranorman.jpegPetit Speculoos a publié il y a quelques jours son avis sur  L'étrange pouvoir de Norman... moi qui adore les films d'animation, j'ai brutalement réalisé que, enfer et damnation, j'avais manqué celui-ci à sa sortie mais avais toujours très envie de le découvrir. Deux minutes après, je constatais avec bonheur que ma médiathèque avait ce DVD en stock. Compagnon fidèle et toujours prêt à voler à mon secours même en territoire zombie, le vaillant Mr Lou a profité de quelques courses pour récupérer le précieux sésame. Nous avons ainsi passé notre samedi soir en compagnie de Norman.

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Comme aujourd'hui notre billet commun a pour thème la Maison hantée, et que je n'ai toujours pas réussi à m'échapper de la maison des Fitzgerald (La Falaise hantée de Dorothy Macardle), j'ai décidé que ce film ferait bien l'affaire puisque la vieille grand-mère décédée de Norman tricote toujours dans son salon.

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Le pitch : Norman est un jeune garçon au don particulier, puisqu'il voit les morts qui partout continuent à vaquer à leurs occupations autour de lui. Bien évidemment, cela fait de lui un "freak" au collège, son père ne supporte plus de l'entendre dire que la grand-mère décédée demande à ce qu'on monte le chauffage, sa soeur le prend pour un looser. Il va sans dire qu'il n'a pas le moindre ami. Un jour, son oncle tente de prendre contact avec lui. Ce marginal n'est pas bien perçu par la famille... et voit lui aussi des fantômes. Sentant sa fin approcher, il souhaite investir Norman d'une mission. Une sorcière condamnée à mort par les puritains il y a quelques siècles menacerait de revenir à la vie, accompagnée d'une horde de morts-vivants. C'est à Norman de nous sauver !

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Voilà un film d'animation qui fonctionne bien et tient assez bien ses promesses. Si la trame reste assez classique, si les personnages sont stéréotypés, j'ai beaucoup apprécié le côté historique qui distingue ce film d'autres adressés au même public. Au coeur du sujet, les procès de "sorcières" dans l'Amérique puritaine. Un thème bien exploité, avec une sorcière effrayante mais touchante aussi, et des Puritains qui ont eu largement le temps de se repentir de leur terrible jugement. Ajoutons à cela des décors soignés, un travail minutieux sur les personnages et de petits traits d'humour sympathiques, et l'on passe un très bon moment !

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Au passage je trouve le titre original bien meilleur, ParaNorman. Dommage de ne pas l'avoir conservé en français.

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L'Etrange Pouvoir de Norman / ParaNorman, un film de Sam Fell et Chris Butler, 2012

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07/10/2013

Ça / Il est revenu de Tommy Lee Wallace

film-ca.jpegJ'ai longtemps détesté les clowns et dois avouer qu'encore aujourd'hui, ils ne me sont guère sympathiques. Je trouve leurs pitreries rarement drôles et leur aspect grotesque plus effrayant qu'autre chose - au point d'en avoir vraiment peur quand j'étais petite (je les mettais dans la catégorie des épouvantails et des automates qui me fascinaient mais me fichaient la frousse eux aussi). Alors quand j'ai eu ma période Stephen King à l'adolescence et que j'ai découvert le film Ça, j'ai forcément éprouvé quelques frissons en me confrontant à l'horrible clown Grippe-Sous. 

Précisons au passage que je n'ai toujours pas lu le roman (qui me tente vraiment) pour une raison triviale : j'avais l'édition de poche en trois tomes mais j'ai été assez folle pour prêter le 1er tome avant lecture à une fille de ma classe pendant tout un été. Elle me l'a rendu en n'ayant lu que les premiers chapitres, mais les cinquante premières pages se décollaient, elle avait abîmé la couverture avec du feutre, corné des pages, bref, un véritable cauchemar pour moi qui ai toujours tellement pris soin de mes livres. Le pauvre tome 1 pestiféré a eu raison de mes tentatives de lecture. Plus de quinze ans plus tard j'ai maintenant l'édition américaine mais je n'ai pas encore pris le temps d'ouvrir cet énorme pavé.

Cessons les digressions et revenons à ce film de 1990. J'étais curieuse de le revoir, j'en gardais le souvenir d'une mini-série un peu datée mais tout de même caractérisée par une ambiance assez effrayante. Un classique du film d'horreur des années 1980/90 en somme. J'ai beaucoup de souvenirs personnels en raison de moments partagés notamment avec Hilde lorsque nous avons découvert Ça pour la première fois.

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Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire, nous sommes dans la petite ville de Derry où tous les trente ans survient une catastrophe. L'année qui nous intéresse est marquée par une série de meurtres d'enfants. Un groupe de 7 enfants, le club des Paumés, va découvrir que le massacre est dû à une créature maléfique, Ça, qui, sous la forme d'un clown, attire les enfants pour les tuer. Le groupe va réussir à mettre un terme à la série de meurtres qui frappe la ville. Mais, trente ans plus tard, les morts violentes d'enfants reprennent. Le groupe éparpillé aux quatre coins du monde va se reformer pour tenter d'anéantir définitivement Ça. A leur retour en ville, les vieux souvenirs ressurgissent, les bons mais surtout les mauvais : traumatismes d'enfance et rencontres effrayantes avec l'épouvantable clown.

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Bon. Il y a toujours un certain risque à revoir ce genre de film un peu plus de dix ans après, et pourtant je suis bon public avec les films qui m'avaient marquée aux collège et lycée. D'une certaine façon, maintenant qu'il m'a bien fait rire, j'ai définitivement surmonté mon aversion pour le clown Grippe-Sou dont je n'aimais pas spécialement croiser les photos sur le Net.

Le téléfilm se divise en deux parties. La première, plutôt réussie, est surtout centrée autour de la période où les enfants se sont rencontrés, la naissance de leur amitié, les brimades dont ils étaient les victimes, leurs premiers moments de terreur avec le clown. Le scénario tient assez bien la route, les personnalités très différentes des enfants jouent pour beaucoup dans l'intérêt de cette partie. On retrouve aussi le côté "Amérique profonde" du téléfilm, avec cette petite ville tranquille reposant sur des apparences trompeuses, ces ringards qui molestent le club des paumés, ces enfants qui sont mis à l'écart parce qu'ils sont un peu différents : le gros, le binoclard, l'asthmatique, la fille, le Noir, le bègue, le Juif...

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En revanche j'ai trouvé la deuxième partie mortellement ennuyeuse (quant à Mr Lou il l'a jugée affligeante et mon choix de DVD m'a valu bien des sarcasmes). Une fois adultes, les protagonistes présentent moins d'aspérités. Certes, on découvre ce qu'ils sont devenus, certains ont bien réussi, d'autres ont une vie plus tranquille, tous sont profondément marqués par leur origine (par exemple Beverly qui était battue par son père vit avec un homme violent). Mais cette partie se résume à peu de choses. Les adultes se retrouvent, ils ne se sont pas oubliés, tous les garçons sont encore un peu amoureux de Beverly, qui est très démonstrative avec eux et tombe dans les bras de l'un d'entre eux presque de suite. Leurs retrouvailles avec Ça ont un petit côté "bouh fais-moi peur", par exemple lorsque le clown Grippe-Sou se transforme en Beverly et embrasse fougueusement l'un des garçons. On a presque envie de rire pendant cette scène... Les flash-backs qui entrecoupent cette deuxième partie (procédé inverse à celui de la 1ère partie) ralentissent l'histoire sans y apporter grand-chose. Les effets spéciaux sont ridicules et leur côté maladroit n'est pas compensé par l'ambiance glauque qui caractérisait davantage la première partie, en particulier dans la scène finale où l'on se dit "Tout ça pour ça ?". Au final, on rit davantage que l'on ne tremble en voyant la fin du téléfilm.

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Un classique qui a beaucoup vieilli et dont le côté très kitsch n'est pas compensé par un scénario solide ni une ambiance très réussie. Beaucoup de longueurs, beaucoup d'ennui heureusement entrecoupés de quelques fous rires lors des scènes les plus ridicules. Bref, pour moi le mythe s'est effondré.

Un autre avis très critique sur For Blood's Sake.

A noter qu'en ce moment un clown librement inspiré de Ça se promène dans les rues de Northampton et fait beaucoup parler de lui.

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Ça, un film de Tommy Lee Wallace, 1990

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17/06/2013

Downton Abbey saison 2

downton-abbey2_01.jpgJ'ai profité du Mois anglais pour plonger de nouveau dans l'univers de Downton Abbey. Au mois de mai j'ai donc revu la saison 1 et découvert tous les autres épisodes. Aujourd'hui parlons un peu de la saison 2 !

[Tout plein de spoilers dans mon billet]

Après la saison 1 qui couvrait le nauffrage du Titanic en 1912 jusqu'à l'annonce de la 1ère guerre mondiale, la saison 2 traite de la période de la 1ère guerre mondiale, avec tous les bouleversements que l'on peut imaginer. Downton n'est évidemment pas à l'abri du conflit. Parmi les serviteurs, Thomas s'enrôle en espérant qu'un sort plus clément le récompensera du fait de s'être porté volontaire tôt. William ne reçoit jamais son affectation et vit mal le fait de passer pour un planqué. Lord Grantham espère pouvoir intervenir mais n'obtient qu'un poste honorifique. Bien évidemment, Matthew part à la guerre : que va-t-il advenir de l'héritier ? De façon générale, la vie du domaine se trouve bouleversée : effectifs réduits puis transformation de plusieurs pièces en hôpital de convalescence.

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J'ai dévoré cette saison comme toutes les autres, mais il y a du bon et du mauvais dans ces épisodes. Rien à dire du côté des costumes, de l'aspect historique, du casting. L'évolution de certains personnages m'a paru intéressante, comme Lady Edith qui apprend à conduire, donne un coup de main à la ferme puis s'investit pleinement auprès des soldats convalescents résidant à Downton. Son engagement est peut-être plus surprenant que celui de Lady Sybil, qui devient infirmière et reste conforme à son personnage : généreuse, sympathique, attachante, bien que moins complexe que sa soeur (malgré tout j'ai toujours adoré Lady Sybil et la saison 3 m'a traumatisée). Lady Violet est de plus en plus délicieuse au fil des saisons ; ce personnage garde sa langue acérée tout en paraissant plus humaine et moins distante, devenant même très attachante. Certains n'évoluent pas favorablement : je pense surtout à Cousin Isobel qui devient un peu moins sympathique qu'auparavant. Alors qu'elle incarnait une femme ouverte d'esprit et généreuse dans la saison 1, son comportement devient plus équivoque dans la saison 2. Elle oublie sa place en croyant pouvoir imposer des changements brutaux à ses cousins propriétaires de Downton. Elle se rengorge à l'idée de gérer seule la maison de convalescence, ce qui ne sera pas le cas, et se satisfait de ses mérites, au point d'être un peu décontenancée et déçue lorsque c'est Edith qui est félicitée pour son investissement désintéressé. Enfin elle se mêle de l'enrôlemement de certains hommes de son entourage que Violet avait essayé de protéger par égard pour leur famille (derniers fils de la fratrie).

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Une grande partie de la saison 2 tourne autour des relations de Matthew et de Mary. Evidemment, on sait bien qu'ils vont finir ensemble, mais dans cette saison nous avons droit à la jeune fiancée amoureuse  et innocente pour l'un et au promis arriviste et intraitable pour l'autre. En sachant pertinemment que d'une façon ou d'une autre ces personnages auront fait leur temps à la fin de la saison, on voit Matthew et Mary échanger des conversations privilégiées, taire leurs sentiments etc etc. L'issue est pleine de trémolos, mais le point final prévisible : les deux cousins se déclarent leur amour. Oh, quelle surprise.

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Dans les petites péripéties incongrues, notons l'arrivée d'une nouvelle servante qui va s'intéresser de trop près à Lord Grantham, à deux doigts de tromper sa femme. La servante en question n'apporte rien à la série, rien dans sa personnalité ne pourrait rendre crédible une histoire d'amour, quant à une simple infidélité c'est assez peu probable quand on considère les principes moraux stricts de Lord Grantham et sa réaction peu clémente à l'annonce de Lady Sybil, lorsque celle-ci lui annonce son intention d'épouser Tom, le chauffeur irlandais révolutionnaire. Lord Grantham méritait mieux que ces quelques scènes sans intérêt s'il devait avoir une aventure ! Au niveau des domestiques, l'histoire entre Bates et Anna s'enlise et tourne au mélodrame avec l'arrivée de la méchante Mrs Bates, si bien qu'entre la fin de la deuxième saison et le début de la troisième saison je n'éprouvais plus beaucoup d'intérêt pour cette partie de l'intrige. Enfin, un événement m'a paru trop rapidement traité : l'ancien héritier en titre, Patrick, qui était censé avoir péri dans le naufrage du Titanic, revient complètement défiguré. Lord Grantham refuse de croire à sa version des faits, seule Edith pense le reconnaître. Il partira en laissant planner le doute ; on peut supposer qu'il est parti car ce n'était qu'une tentative de fraude et que, s'il avait réellement été Patrick, il aurait tenté de rester un peu plus longtemps. Malgré tout la parenthèse est fermée bien rapidement sur cette péripétie.

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Malgré cela, cette série reste complètement addictive, ne serait-ce que pour certains personnages qui jamais ne nous déçoivent (à commencer par Violet). Et puis, on s'attache si facilement à cette famille qu'il est impossible de les quitter en route... et même si l'histoire d'amour de Sybil et de Tom reste dans l'ombre de celle de Mary et Matthew, j'ai pris un immense plaisir à suivre son évolution. De même que les personnalités des domestiques qui nous sont progressivement révélées nous donnent envie de descendre plus souvent à l'office pour assister à leurs échanges et fréquentes prises de bec.

Mon billet sur la saison 1.

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Downton Abbey, saison 2, 2011

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13/06/2013

From Time to Time

film_From_Time_to_Time.jpgCes derniers temps j'ai beaucoup croisé Julian Fellowes : avec toute la série Downton Abbey mais aussi ce film, From Time to Time, découvert un peu par hasard alors que je me livrais à quelques achats compulsifs de DVD anglais.

Ce film avait tout pour m'attirer : film d'époque, casting de rêve (retrouvons donc encore une fois Maggie Smith et Hugh Bonneville), histoire de fantômes et de maison mystérieuse, scénario de Julian Fellowes... je ne pouvais que pousser des glapissements ridicules tant ma joie était à son comble !

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The plot : Fin de la seconde guerre mondiale. Le jeune Tolly est envoyé chez sa grand-mère tandis que sa mère reste à attendre des nouvelles de son père soldat. Il connaît peu sa grand-mère, qui s'était fâchée avec la famille, et découvre la merveilleuse propriété qui avait servi de terrain de jeu à son père. La demeure est malgré tout en mauvaise posture : après le départ des soldats qui l'ont occupée, il apparaît que les frais d'entretien sont trop importants et qu'il faudra bientôt vendre, après des siècles passés entre ses murs. Le jeune Tolly s'intéresse immédiatement à ses ancêtres, dont les portraits figurent en bonne place dans toute la maison. Peu à peu, il va voir leurs fantômes et revivre ainsi une partie tragique de l'histoire de la maison, au début du XIXe siècle. Dès lors les deux périodes s'entremêlent, les fantômes servant de lien entre les deux époques et les passages entre les siècles se multipliant pour qui sait voir autrement.

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C'est un film très agréable, même s'il n'a pas été pour moi le coup de foudre absolu auquel je m'attendais. Le point fort tient à la co-existence et l'entrecroisement des deux périodes, très contrastées. D'une part la fin de la guerre avec les tickets de rationnement, les couleurs ternes, une vie assez simple et austère sur laquelle planne la menace de la mort du père ; de l'autre côté, l'époque napoléonienne avec le faste, les fêtes, les costumes, les bijoux. Le casting est bien choisi, avec l'intervention d'acteurs que Julian Fellowes semble apprécier, puisque, outre Lord Grantham et sa mère, nous retrouvons la cuisinière de Mrs Crawley, Tom Branson et le docteur Clarkson dans ce film (clins d'oeil très appréciés, d'autant plus que je sors d'une immersion prolongée dans le monde de Downton Abbey).

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Malgré tout, je reste plus dubitative quant à certains aspects. J'ai été étonnée par les couleurs : on aurait dit qu'une sorte de brume planait sur plusieurs scènes, j'ai eu l'impression que cela venait du DVD mais il était tout neuf et je vois sur Internet que les photos issues du film n'ont pas beaucoup plus d'intensité. Sur le plan du scénario, j'ai trouvé les personnages trop manichéens; hormis peut-être la mère au début du XIXe, tous sont d'une transparence à faire peur, qu'ils soient bons ou mauvais. Le scénario lui-même est un peu léger et même si les sauts dans le passé permettent de découvrir l'histoire du domaine, il ne se passe pas grand-chose de bien surprenant. Jusqu'à la fin, qui lie habilement le passé et le présent, les vivants et les morts, mais qui n'étonne pas non plus énormément. Malgré tout je le recommande aux amateurs de films d'époque, qui ne pourront manquer de tomber sous le charme des lieux.

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D'autres avis : Perséphone, plus enthousiaste (pendant le précédent Mois anglais) et en anglais Vicki, The Blurb...

Vu dans le cadre du Mois Anglais, co-organisé avec Titine, pour le challenge British Mysteries, une aventure partagée avec Hilde, et  pour le challenge Back to the Past, également organisé ici avec Maggie

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From Time to Time, un film de Julian Fellowes, 2009

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03/06/2013

Lost in Austen (2008)

film-lost in austen01.jpegIl y a trop longtemps que je n'avais pas parlé aussi de Jane Austen ou de films d'époque inspirés de son oeuvre. J'ai donc décidé de revoir Lost in Austen, découvert à sa sortie mais jamais chroniqué par ici. Ce qui me fait réaliser que certains films se prêtent assez mal aux retrouvailles, car cette série qui avait fait mon bonheur il y a quelques années (et que j'avais vue deux fois en peu de temps) m'a cette fois-ci laissé une impression plus mitigée.

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[Contient des spoilers]

L'idée de départ est plutôt sympathique et faite pour plaire à toute janéite : Amanda Price vit à Hammersmith aujourd'hui, une vie assez caractéristique de la classe moyenne anglaise, et peu satisfaisante aux yeux de la jeune femme. Celle-ci regrette le manque de romantisme de son petit ami (qui la demande en mariage en rotant) et aspire à une vie moins terne, s'échappant ainsi dès qu'elle le peut dans Pride and Prejudice de Jane Austen – qui semble être sa seule lecture au passage. Elle apprécie l'art de courtiser, les manières qui caractérisent la période et soupire en pensant à Mr Darcy (qui lui évoque Colin Firth). Un soir, elle entend du bruit dans sa salle de bain et y trouve Elizabeth Bennet, qui dit avoir découvert un passage entre le grenier de sa maison et l'appartement d'Amanda. Celle-ci pénètre ainsi dans la maison des Bennet mais, manque de chance, ne parvient plus à revenir sur ses pas une fois entrée dans le monde d'Austen. A partir de là, c'est tout l'univers de Pride and Prejudice qui est menacé. Mr Bingley vient de s'installer à Netherfield Park, lui et Mr Darcy vont bientôt rencontrer les filles Darcy... mais rien ne va se passer comme prévu. Elizabeth n'est pas là, quant à Amanda, elle se distingue tellement des autres par son comportement qu'elle concentre toute l'attention sur elle : Mr Bingley ne s'intéresse pas à Jane mais à elle, plus tard Mr Collins lui fera aussi une demande en mariage... et ainsi de suite. Amanda cherchera à rétablir les relations entre les personnages pour ne pas détruire le roman, malheureusement, ce sera d'autant plus difficile qu'Elizabeth ne tient pas à revenir et qu'Amanda tombe bien entendu amoureuse de Darcy.

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Je gardais le souvenir d'une série amusante, fraîche et agréablement divertissante grâce à ses traits d'humour et aux nombreuses allusions à l'univers d'Austen et à l'adaptation de la BBC avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Lost in Austen prend toutefois un certain nombre de libertés par rapport au roman, modifiant l'histoire de Wickam par exemple, ou faisant de Caroline Bennet une disciple de Sapho.

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J'ai ainsi passé de nouveau un bon moment, ceci dit je suis peut-être un peu moins bon public car j'ai été davantage gênée par certains aspects de la série, qui tiennent essentiellement au personnage d'Amanda. Je l'ai trouvée vulgaire, trop en décalage avec le monde de Jane Austen pour quelqu'un qui passe sa vie à lire et relire Pride and Prejudice. Les passages où on l'entend penser sont souvent bien mièvres dès que son histoire avec Mr Darcy commence à évoluer (de façon chaotique et assez peu crédible). Peut-être qu'une Elizabeth Bennet des temps modernes m'aurait davantage convaincue mais finalement, c'est essentiellement le décalage d'Amanda avec l'époque qui la rend unique et attire les personnages masculins ; Amanda n'a en soi pas beaucoup d'intérêt. La trame elle-même est également tirée par les cheveux, comme le mariage de Jane avec Mr Collins, qui pourra prendre fin car il n'a pas été consommé, tandis que Charlotte Lucas décide de partir en Afrique ou que Lydia s'enfuit avec un Bingley dépressif.

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A ceux qui n'auraient pas encore vu cette série je la recommanderais à condition de ne pas en attendre davantage qu'une romance légère faite pour vous rappeler un roman merveilleux.

Un billet austenien pour le Mois anglais ! Cette série est inspirée de Pride and Prejudice ; quelques chroniques autour de ce roman, qui fête cette année ses 200 ans :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films : Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004).

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Lost in Austen (2008)

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03/03/2013

Un week-end royal / Hyde Park on Hudson

WEEKEND ROYAL_1.jpgBillet mystérieux, tout un tas de modifications faites hier et vues hier  en ligne n'apparaissent plus. J'adore.

J'ai de nouveau beaucoup de billets en retard, très envie de partager avec vous mes dernières lectures, films et pièces vus, je commencerai aujourd'hui par une sortie récente au cinéma.

[Contient des spoilers]

Je voulais faire un billet mensuel sur mes sorties cinéma puisque depuis janvier j'y suis allée régulièrement, mais pour l'instant je me contenterai juste de vous parler d'Un Week-end royal, que j'attendais avec impatience. Comme d'habitude je m'étais contentée de la bande-annonce (parfois je me contente de moins) car j'aime bien me réserver des surprises ; il s'est avéré qu'il y avait cette fois-ci un grand décalage entre l'idée que je m'étais fait de ce film et ce qu'il est en réalité.

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Week-end Royal traite de la venue du couple royal George VI et Elizabeth aux Etats-Unis en 1939. Le roi se connaît peu d'alliés et s'attend à entrer en conflit avec Hitler. Il vient ainsi demander à Roosevelt son assistance en cas de conflit. Alors que beaucoup d'Américains sont hostiles à l'idée d'intervenir dans une nouvelle guerre et que la récession touche toujours sévèrement la population, Roosevelt décide de recevoir le couple dans un cadre moins formel et les invite chez sa mère, à Hyde Park on Hudson (un nom qui perturbe la reine, pour qui Hyde Park est évidemment à Londres). En parallèle de ce week-end politique, Roosevelt se rapproche de sa cousine Daisy, avec qui il entretient une relation très particulière. C'est ainsi Daisy qui sera la narratrice du film.

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Je pense que j'avais en tête Le Discours d'un Roi en allant voir ce film, dont j'attendais une ambiance en partie britannique et des scènes intéressantes entre Roosevelt et George VI, un film traitant essentiellement des subtilités diplomatiques d'un tel week-end. Je ressors de ce film très partagée, même si je ne regrette pas du tout d'être allée le voir.

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Ce film disposait de nombreux atouts grâce au casting brillant : Bill Muray très convaincant en homme politique ; Samuel West (Howards End) fait un excellent George VI et soutient tout à fait la comparaison avec Colin Firth auquel on ne pouvait pas ne pas penser après son interprétation récente du rôle (qui, certaines d'entre vous le savent, est un acteur que j'apprécie énormément) ; Olivia Colman, parfaite en Elisabeth (et pour le coup, bien plus crédible que Helena Bonham Carter qui pour moi constituait un choix discutable). Laura Linney et Olivia Williams incarnent très bien le rôle de la cousine-maîtresse pour l'une et de la femme pour l'autre. Toutes les scènes dans lesquelles interviennent George VI et son épouse sont une réussite et correspondent à ce que j'attendais, si ce n'est que tout est traité avec beaucoup de légèreté et que la diplomatie intervient ici bien peu ; en revanche, le choc des personnalités est intéressant, entre un Roosevelt exubérant, drôle, accessible et qui pourtant domine sans cesse la situation, et un George VI conscient de ne pas avoir été choisi par son peuple, complexé par son bégaiement, régulièrement comparé à son frère par son épouse, et pourtant plein de charme, drôle et très attachant. La reine est d'abord choquée à leur arrivée en découvrant que Madame Roosevelt veut l'appeler Elizabeth, que dans la chambre de son mari figurent des caricatures de soldats anglais et que le lendemain l'attend un pique-nique avec hot dogs et danse indienne. Elle voit dans tous ces signes de l'irrespect et une façon détournée de leur faire sentir qu'ils ne sont pas les bienvenus, quand en réalité leurs hôtes Américains bien moins subtils (mais plus sincères) n'ont vu nulle part la moindre insulte dans leur organisation, si ce n'est peut-être un brin de provocation humoristique.

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S'il n'y avait que ça, j'aurais été absolument conquise mais mon plaisir a été gâché par le fait que plus de la moitié du scénario repose sur les affaires personnelles de Roosevelt. On apprend donc que sa femme était lesbienne et vivait dans une autre maison, qu'il a trois maîtresses en même temps et n'est qu'un beau parleur. Si ce n'était que mentionné au passage cela ne m'aurait pas gênée mais une très grande partie du récit repose sur l'évolution de sa relation avec sa cousine, puis le fait qu'elle découvre qu'il a une autre maîtresse, ne veut plus le voir, etc. Le jour même du pique-nique est en partie consacré aux relations entre Roosevelt et Daisy alors que c'est l'apogée de la rencontre américano-britannique. Enfin la scène de la colline n'apporte rien, 1 mn pour nous faire comprendre que Roosevelt incite sa cousine à lui procurer certaines caresses sur fond de jazz, quel intérêt ? Citons enfin la scène dans laquelle Roosevelt demande à Daisy de mettre de la moutarde sur le hotdog du roi et qu'elle se met à consciencieusement enduire toute la saucisse de moutarde : un mauvais goût absolu !

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Sur Cliomuse, un article intéressant faisant la part entre la réalité et la fiction ; chez The History chef, l'anecdote du hot dog sur le plan historique.

Dans le cadre du challenge Back to the Past, organisé avec  Maggie.

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Week-end Royal / Hyde Park on Hudson, un film de Roger Mitchell, 2012

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