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28/02/2010
Beaucoup d'orgueil et encore plus de préjugés
Voilà un livre que Titine, Cryssilda et moi avons reçu pour le swap Peinture et Littérature, cadeau que nous avons eu envie de transformer en lecture commune. Ce roman m'avait intriguée à sa sortie, j'étais donc très contente de pouvoir me faire enfin ma propre opinion. Je regrette d'autant plus ce que je vais maintenant faire : un billet plutôt exaspéré qui risque bien de frôler la caricature - je m'en excuse d'avance, surtout auprès de l'adorable Nanne qui a eu la gentillesse de m'offrir ce roman, et que je remercie encore pour cette découverte malgré la rencontre manquée.
Il y est question de la baronne Betty de Rothschild qui, à sa mort, intègre son portrait peint par Ingres en 1848 et se retrouve dès lors dans une position privilégiée d'observatrice de ses enfants, puis de nouvelles générations. L'idée est sympathique, le sujet prometteur. Le tableau traverse les époques, connaît les musées, la seconde guerre mondiale, les salons mondains, ce qui devrait a priori offrir au lecteur un tableau des plus croustillants, passionnants, intelligents, que sais-je... enfin quelque chose en somme.
A partir de là, que de déconvenues ! Certes, Pierre Assouline écrit bien. On peut également souligner l'intérêt de quelques passages, comme cette période où la baronne observe les visiteurs d'un musée. On croise également de grandes figures, tels Balzac, Chopin et Heine.
Malheureusement, cette lecture s'est avérée d'un ennui mortel pour la pauvre lectrice que je suis ; je n'y ai vu qu'accumulation de noms et de titres, anecdotes répétitives et finalement, beaucoup plus de souvenirs (qui pour moi ne suivent pas non plus les chemins hasardeux de la pensée) que d'observations savoureuses faites par la nouvelle Betty en tableau. De nombreux passages semblent plus ou moins tirés de manuels d'histoire ou de chroniques mondaines (car Assouline a vraisemblablement fait un travail de recherche sérieux). Le tout ressemble à un assemblage disparate auquel l'auteur ne parvient pas à donner une quelconque direction, ni un véritable intérêt.
Enfin, j'ai été particulièrement gênée par les constantes allusions de la baronne à sa religion. Si j'en crois ce livre, en résumé, la baronne de Rothschild était riche, et juive (au final je ne retiendrai que ça, à l'exception de son influence dans la société mondaine, c'est un peu léger). Ces deux constantes sont lourdement rappelées à longueur de temps par une Betty rendue antipathique par ses remarques creuses et une tendance à se placer en fausse victime, attitude que j'ai rapidement trouvée insupportable. Dommage de résumer ce personnage à cela !
Alors que la baronne explique que dans sa famille, l'on se devait d'épouser un Rothschild ou, à défaut de mieux, une personne de confession juive, elle dit ensuite au sujet d'une noblesse frileuse vis-à-vis des "Israélites": "et si une société sans mélange s'avérait être une société sans éclat ?" (p81). Passons l'incohérence, mais pourquoi revenir sans cesse sur les mariages entre cousins, oncles et nièces et autres de la famille ? La réponse est sans doute là : "Quand cesseront-ils de nous imaginer en autant de Lilith au vagin denté ? Nous sommes comme les autres, seulement un peu plus." (p129)
Bref, ce livre dessert cette pauvre Betty de Rothschild qui, peut-être, aurait été plus à même de se présenter avec moins d'a priori et d'opinions convenues. Une vraie déception, je ne le recommande absolument pas.
Egalement lu par Titine, dans le cadre d'une lecture commune, et par Malice, Wictoria, clochemerle, Tania, Liliba, Jules , Joelle

319 p
Pierre Assouline, Le Portrait, 2007
16:41 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : assouline, le portrait, rothschild, roman français
Commentaires
Mince ! D'un coup, je regrette de t'avoir offert ce livre qui me paraissait pourtant prometteur par son sujet. Et, en plus, j'apprécie l'écriture et le travail d'érudition de Pierre Assouline ... Je devais être encore sous le coup de ma lecture du "Lutetia" que j'ai tant aimé et avec qui j'ai passé un moment extraordinaire ! Je suis vraiment désolée que cette lecture se soit transformée en torture littéraire ;-D
Ecrit par : Nanne | 28/02/2010
Répondre à ce commentaireJe n'avais aucune envie de le lire de toute façon...
Ecrit par : Lilly | 28/02/2010
Répondre à ce commentaireet bin oui lala tu nous refroidis...c vrai que le sujet etait prometteur...bon on passe..;O)
Ecrit par : rachel | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireMême avis que toi: trop d'anecdotes, peu de fil conducteur, ennui. Dommage car l'idée du tableau comme narrateur me plaisait bien. Au final, j'ai quand même appris certaines choses sur l'époque.
Ecrit par : Voyelle et Consonne | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireTout comme toi je n'ai pas aimé ce livre ! La quatrième de couverture promettait un tout autre livre à mon avis... Ce n'est que étalage des relations bancaires de la famille ! Ennuyeux et vraiment décevant !!!
Ecrit par : Maudapl | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireJe l'ai trouvé aussi assez long ... ce que j'ai préféré, c'est la dernière partie, où on parle vraiment du tableau proprement dit !
Ecrit par : Joelle | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireDommage, le résumé me tentait bien. Mais ton avis est le deuxième qui parle d'ennui profond. Je passe.
Ecrit par : zarline | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireJe suis comme Joëlle, la dernière partie a relevé le reste du roman qui se présente effectivement comme une accumulation d'anecdotes. Vraiment dommage, il avait l'idée et les documents pour faire un bon bouquin.
Ecrit par : Titine | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireBon, bah c'est une critique ... définitive.
Je suis pas fan d'Assouline, donc je ne l'aurais sans doute pas lu. Mais maintenant, au moins, je sais pourquoi !
Ecrit par : Céline | 01/03/2010
Répondre à ce commentaireC'est ce que je redoutais en lisant la quatrième de couv: le manque de fil conducteur. Et cela se confirme... l'érudition ne fait pas tout, loin s'en faut!
Ecrit par : choupynette | 02/03/2010
Répondre à ce commentairePierre Assouline, je n'aime pas du tout... :(. Et là tu me confortes dans ma position !
Ecrit par : maeve | 02/03/2010
Répondre à ce commentaireBillet intéressant: le sujet de ce livre m'intéressait mais je me méfiais de l'auteur, que je trouve très conformiste. Apparemment, tu confirmes! J'aime bien le clin d'oeil de ton titre...
Ecrit par : didouchka | 03/03/2010
Répondre à ce commentaireOserais-je le dire? Le nom de Pierre Assouline a tendance à me faire fuir...
Ecrit par : Marie L. | 04/03/2010
Répondre à ce commentairePff... est-ce que j'y arriverai un jour ??
Ecrit par : Cryssilda | 08/03/2010
Répondre à ce commentaire








































Ecrit par : Pickwick | 28/02/2010
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