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30/06/2009
Miss Lou, par les couleurs alléchée...
A tous ceux qui comme moi, malgré leurs professions de foi et leurs bonnes intentions, succombent devant une couverture affriolante comme on se pâmerait devant un joli minois (ou un Colin Firth en Darcy), voici une petite piqûre de rappel :
Non !, il ne faut pas forcément donner sa chance à un livre en fondant de la sorte, car l'habit ne fait pas le moine, les titres sont parfois trompeurs, les couvertures encore plus.
Lisant les romans proposés par le Livre de Poche depuis environ un an et jusqu'ici plutôt contente de mon sort, j'ai fait aveuglément confiance au joli titre Le Degré suprême de la tendresse (charmante définition du cannibalisme par Dalí), à la cerise appétissante, à la bouche suggestive et au rose bonne humeur, bonbons et baisers. Mais ensuite, quelle galère !
Partant d'un fait divers sordide (une fellation imposée et une bouche avide qui croque hardiment le membre impertinent), Héléna Marienské propose ici plusieurs pastiches, réécrivant cette histoire avec des variantes, « à la »... et c'est là que ça ce gâte.
Car votre fidèle et dévouée est un esprit curieux, une exploratrice des territoires vierges ou pas, une aventurière de la phrase qui était prête à se laisser embarquer dans ces histoires coquines finissant sur un mode insalubre, quitte à laisser pour ce faire Pemberley où elle se la coulait douce depuis quelques mois. Mais... et là oui, il y a un mais, les références, que dis-je, les modèles de l'auteur sont à peu près tout ce que Damoiselle Lou abhorre dans la scène littéraire actuelle, pour ne pas dire la production verbeuse, narcissique, nombriliste, misogyne et auto-thérapeutique très en vogue dans les têtes de gondole des grands magasins.
Voilà donc une rencontre ratée, malgré l'originalité du procédé employé par Marienské (il y avait bien Fioretto mais en voilà un qui a largement humé le bon air des blogs avant de pondre son livre-conserve ou alors il y a des fois de ces coïncidences dans la vie......!), sans parler des qualités évidentes de son écriture, qui sait ma foi très bien s'adapter aux contraintes des différentes formes et références qu'elle s'impose. Un exercice de style réussi donc (peut-être un brin caricatural mais avec certains de ses modèles, ce n'est guère difficile), cependant pour moi, hormis la lecture de La Marquise Héloïse à la manière de Gédéon Tallemant des Réaux – son nom me rend ce monsieur tout à fait sympathique – une lecture ennuyeuse au possible. J'ai lutté contre Houellebecq (j'ai même ri une fois p39 mais j'ai le plus souvent pleuré), enragé contre Angot et, arrivée à la moitié, j'ai dû déclarer forfait. Dommage, d'autant plus cette exercice me donne finalement envie de relire Héléna Marienské. Avec un genre bien à elle. Et après m'être assurée du peu de rapport entre sa prose et celle de quelques autres que je ne nommerai pas.
Un livre à ne pas bouder, sauf s'il y a pour vous aussi contre-indication.
Et oui, je verse particulièrement dans les parenthèses aujourd'hui. So what ? (Lou, de bon poil)

216 p de catastrophe absolue pour mon équilibre naturel.
Héléna Marienské, Le Degré suprême de la tendresse, 2008
01:33 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : pastiche, littérature française, éros a encore frappé
Commentaires
Argh !
J'avais vu la couverture et le titre m'attirait mais ce que tu en dis, bon, sincèrement, ça refroidit mes ardeurs.
Ce sont de bon marketeux chez Le Livre de Poche quand même !
:-))
Ecrit par : Filaplomb (éditeur de bonnes nouvelles) | 30/06/2009
Répondre à ce commentaireJe vais aussi passer mon chemin car je fuis Angot et Houellebecq (après les avoir lus, je ne suis pas réfractaire à priori à la modernité!!) En revanche, j'avais lu "Rhesus" de Héléna Marienské que j'avais trouvé très drôle. L'histoire se passe dans une maison de retraite et l'arrivée d'un bonono perturbe sensiblement la vie des habitants.
Ecrit par : Titine | 30/06/2009
Répondre à ce commentaireEt bien donc pour moi ce sera un "passe mon tour" ;-) L'histoire ne m'attire pas plus que ça et puis je suis ton avis.
Ecrit par : Lilibook | 30/06/2009
Répondre à ce commentaireJe passe également... Je me demande si Vincent Delerm a raison en disant que les lecteurs de Houellebecq font rarement un sapin de Noël.
Ecrit par : Theoma | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireJ'ai une tendance naturelle à fuir toute les couvertures trop putassières pour être honnêtes... Et à vrai dire celle là m'évoque indissolublement quelque chose entre SAS et les romans de gare...
Ecrit par : Critias | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireJ'ai une tendance naturelle à fuir toute les couvertures trop putassières pour être honnêtes... Et à vrai dire celle là m'évoque indissolublement quelque chose entre SAS et les romans de gare...
Ecrit par : Critias | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireJ'ai une tendance naturelle à fuir toute les couvertures trop putassières pour être honnêtes... Et à vrai dire celle là m'évoque indissolublement quelque chose entre SAS et les romans de gare...
Ecrit par : Critias | 01/07/2009
Répondre à ce commentairedésolé pour les multiples commentaires, ce n'était pas volontaire de ma part.
Ecrit par : Critias | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireBon, je vais passer mon tour... je sens que ce n'est pas duuuuu tout pour moi, malgré la jolie couverture!!! Je me laisse souvent avoir!!!
Ecrit par : Karine :) | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireje fuis également les auteurs cités dans ta critique, donc ce livre n'est, je crois, définitivement pas pour moi...
Ecrit par : zarline | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireJe partage ton peu de goût pour les écrivains vendus en tête de gondole des grands magasins, donc pas pour moi, mais au moins ton billet m'a fait rire, tout comme l'extrait cité en commentaire !
Ecrit par : Aifelle | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireouai...cela ne me tente pas du tout....faut dire que ma liste m'interdit de succomber a de tel livre...peut-etre dommage...;o)
Ecrit par : rachel | 01/07/2009
Répondre à ce commentaireHum... ton blog me hait je crois...
Donc, je disais que je fuis cet éditeur, "Elle s'appelait Sarah" m'a vaccinée, et les quelques livres feuilletés par ci par là ainsi que les quelques avis glanés m'ont fait constater que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre.
Si j'ai bien compris, c'est un livre "à la manière de" ? J'ai "La soupe de Kafka en stock" depuis des lustres dans le genre. Les auteurs choisis sont bien plus intéressants à mon goût.
Ecrit par : Lilly | 02/07/2009
Répondre à ce commentaireJe fuis à toute jambes ! De toutes façons, je ne suis pas très douée pour lire des pastiches et perso, je trouve la couverture des plus vulgaires, na !
Ecrit par : Manu | 04/07/2009
Répondre à ce commentaire







































Ecrit par : gambadou | 30/06/2009
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