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03/10/2015

Penny Dreadful (série)

serie_penny dreadful 02.pngAujourd'hui, le challenge Halloween proposait de nous retrouver autour d'une série. J'ai choisi de vous parler de Penny Dreadful, qui compte deux saisons à l'heure actuelle (la prochaine étant prévue en 2016) ; j'ai vu pour ma part la première et commencé à regarder la seconde.

Amateurs de monstres victoriens, cette série est pour vous ! Ne serait-ce que le titre devrait vous mettre la puce à l'oreille puisqu'il fait référence aux journaux à sensation de l'époque, qui avaient l'habitude de se répandre sur les crimes contemporains avec moult détails et illustrations racoleuses à souhait.

Penny Dreadful mélange joyeusement les grands classiques de l'épouvante dans un cadre londonien, mais aussi victorien. On y croise donc une medium; le Diable, qui essaie de prendre possession de l'âme d'une des protagonistes, assisté en la matière par de cruelles sorcières ; des vampires, avec des références à Dracula, et des chasseurs de vampires, dont Van Helsing, qui malheureusement pour lui ne fait pas long feu dans la série car il est assassiné brutalement par la créature de Frankenstein. Le célèbre monstre rejeté dès la "naissance" vit dans l'ombre et cherche une partenaire, poussant son créateur à lui faire une âme soeur, sous la contrainte. Un tel univers serait incomplet sans la présence d'un chasseur de vampires lui-même loup-garou, d'une prostituée des bas fonds (Billie Piper), d'un ancien explorateur (Timothy Dalton) tourmenté par le rapt de sa fille par un vampire et surtout, de Dorian Gray, à l'âme si corrompue. Dorian Gray qui cherche à se divertir dans la luxure et le vice sans succès, jusqu'au jour où il croise le chemin de la principale héroïne, Vanessa Ives (Eva Green). On attend le Dr Jekyll qui devrait rejoindre ses camarades lors de la saison 3.serie_penny dreadful 05.jpg

La reconstitution des décors, les scènes extérieures et les costumes sont un vrai atout et confèrent à la série un cadre très fidèle à l'image que l'on a de Londres au XIXe, avec de nombreuses scènes nocturnes sombres et inquiétantes à souhait. Les références littéraires séduiront bien évidemment les habitués du genre, même si le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux ; j'ai eu pour ma part l'impression que toutes ces influences se mêlaient sans une grande cohérence à certains moments. Autour du fil conducteur, quelques pistes sont lancées mais ne sont pas exploitées à fond ; on suppose que les saisons suivantes se feront plaisir d'exploiter les vides laissés jusque-là. C'est une série qui s'adresse à un public averti, en raison de quelques scènes violentes ou d'une certaine noirceur (par exemple la lutte de Vanessa contre le Diable qui veut la posséder), mais aussi de scènes en tenue légère qui interviennent très régulièrement (et n'apportent souvent pas grand-chose en termes de narration, mais ça, c'est un autre débat). 

Dans la mesure où la première quête des héros est en partie terminée, beaucoup de possibilités s'offrent aux scénaristes et ceux qui ont goûté aux premiers épisodes auront bien du mal à ne pas se laisser tenter par la suite !

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Série Penny Dreadful, 2014

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15/10/2014

Le Prince de la Nuit, Tome 3

bd_prince nuit_t3.jpegUn premier cycle s'achève avec Pleine Lune, le troisième tome de la série Le Prince de La Nuit.

Vincent Rougemont est déterminé à mettre un terme aux crimes du musicien Kergan, vampire que sa famille traque depuis des siècles. Mais personne n'est disposé à le croire. Sa fiancée se détourne de lui, la police le considère suspect. C'est donc seul qu'il va devoir agir. Il publie un article dans la presse en mettant en évidence des séries de meurtres dans toutes les villes dans lesquelles Kergan s'est rendu au cours de sa tournée. Furieux, le vampire le somme de le retrouver la nuit dans les ruines de l'ancien château des Rougemont. Nous assistons donc à la confrontation entre Kergan et le dernier de la lignée des Rougemont. A noter que le volume s'ouvre de nouveau sur les rêves de Vincent, qui revoit une rencontre entre un de ses ancêtres et Kergan, au moment de la Révolution. Encore une fois, ses ancêtres ne sont pas forcément sympathiques : cette fois-ci, Armand est un révolutionnaire convaincu qui a participé à l'exécution de nombreux membres de sa famille et qui au bain de sang en Vendée.

bd prince de la nuit integrale 1a3.jpegCe troisième tome est de facture assez classique et la fin ne saurait beaucoup nous surprendre. Swolfs continue à faire référence à la littérature vampirique classique (à noter que dans un tome précédent j'ai néanmoins relevé une belle faute, Stoker ne prend pas de "c"), ce qui reste très agréable. Ainsi la belle se laisse séduire par le ténébreux prince de la nuit, le nouveau disciple paie cher son insubordination, les objets consacrés occupent une place importante et la représentation du vampire reste très conforme à celle que nous en fait par exemple Stoker. Ce qui me va très bien, c'est ce type de récit gothique que j'apprécie vraiment. Si la fin reste prévisible, le scénario est suffisamment solide pour tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout. Et une fois encore, les dessins accompagnent très bien le propos. Superbes couleurs en particulier pour les scènes de nuit, sens du détail... bref une série qui tient ses promesses.

Je serais peut-être un peu plus réservée sur la représentation du vampire, qui présente sur toutes les planches un caractère monstrueux (visage, mais aussi ses doigts plus ou moins crochus) qui le ferait difficilement passer inaperçu. Et je ne suis pas très convaincue par la couverture (la première était à mon avis plus réussie et le vampire ressemblait encore à quelque chose... celle de l'intégrale ici à droite est superbe en revanche).

Voyons ce que nous réserve la suite...

A noter ici d'autres BD de vampires :

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48 p

Swolfs, Le Prince de la Nuit, Tome 3, Pleine Lune, 1996

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08/10/2014

Le Prince de la Nuit, Tome 2

bd_le-prince-de-la-nuit-tome-2-_-la-lettre-de-l-inquisiteur-36.jpgAprès m'être enfin décidée à lire le premier tome du Prince de la Nuit lors du challenge Halloween 2013, j'ai décidé de profiter de ce nouveau mois halloweenesque et des 5 ans du challenge pour remettre les vampires à l'honneur avec cette excellente série. Poursuivons donc avec le tome 2, La Lettre de l'Inquisiteur.

Souvenez-vous dans le tome 1 : Période médiévale. Un troubadour se présente au château des Rougemont et assassine la châteleine, la transformant par la même occasion en vampire. Le Seigneur des lieux jure de se venger ; il chasse ainsi le Prince de la Nuit et déclare que toute sa lignée devra poursuivre le même objectif jusqu'au jour où le monstre aura été anéanti. En parallèle, à Paris au début du XXe, un jeune Rougemont s'interroge sur les cauchemars qui le tourmentent et sur le secret qui semble ronger sa famille.

Dans ce deuxième tome, deux époques alternent de nouveau. Celle où le frère Aymar de Rougemont poursuit avec acharnement les "hérétiques" et les condamne à la torture et au bûcher ; il traque également le Prince de la Nuit, musicien, et pense l'avoir retrouvé à Venise où la peste fait de nombreuses victimes. Et de nouveau, Paris dans les années 1930. Vincent de Rougemont sait désormais quel secret pèse sur sa famille après avoir ouvert un coffre contenant des documents relatifs au Prince de la Nuit. Ses cauchemars se poursuivent et lorsque sa fiancée lui annonce qu'un musicien célèbre, un certain Kergan, sera de passage à Paris, Vincent est persuadé qu'il s'agit du monstre qui hante sa famille depuis des siècles. Bien évidemment sa fiancée ne croit pas une seule seconde à ces sornettes et accepte un dîner avec le Maître à l'issue d'une représentation.

J'ai lu que certains avaient trouvé ce deuxième légèrement en dessous du niveau du premier. Pour ma part je le trouve tout aussi réussi, voire plus intéressant car les premières scènes parisiennes du tome 1 sont déjà pleinement exploitées et la rencontre entre Vincent et Kergan se produit déjà alors que je m'attendais à ce que chaque tome se déroule essentiellement à des époques antérieures, avec une confrontation finale  au XXe siècle dans le dernier tome. L'aspect historique est toujours présent à travers l'époque médiévale toujours aussi peu sympathique (le volume s'ouvre sur une exécution publique), entre la France et Venise - je n'ai cependant pas fait attention au temps qui s'est écoulé entre ce passage et celui du premier tome mais il est possible que cela soit indiqué plus précisément ; en tout cas les codes vestimentaires changent et ici la fraise indiquerait que nous sommes plutôt au XVIe siècle. Et toujours en parallèle, un Paris des années 1930 qui me séduit beaucoup. Le dessin est toujours soigné avec un grand sens du détail qui fait sa forces. Les couleurs sont aussi une vraie réussite, notamment dans les scènes parisiennes de nuit, de toute beauté. Quant au scénario il tient tout à fait la route et le rythme s'accélère avec la venue de Kergan à Paris et la création d'un nouveau disciple du vampire. Bref, un deuxième tome qui pour moi tient toutes ses promesses !

A noter ici d'autres BD de vampires :

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48 p

Swolfs, Le Prince de la Nuit, Tome 2, La Lettre de L'Inquisiteur, 1995

 

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19/11/2013

Armand Farrachi, Un Amour de Dracula

farrachi_amour dracula.gifQuelle déception que cette lecture ! Et quelle déception d'avoir été déçue... d'autant plus que les quelques critiques lues çà et là sur les autres textes d'Armand Farrachi sont toutes positives : je m'en veux de ne pas avoir adhéré à ce court récit.

Un Amour de Dracula traînait dans ma bibliothèque depuis quelques années, à vrai dire je ne sais même plus comment j'ai un jour croisé ce petit livre bleu au titre si alléchant.

Ce récit m'a d'abord séduite, moi qui aime tant les vampires du XIXe, le roman gothique "classique". Jugez-en par la première phrase qui, bien que nécessitant des heures d'entraînement d'apnée (je l'ai d'ailleurs quelque peu entaillée), avait de quoi faire naître en moi certains espoirs.

Tout de cuivre et de verre qu'il semble pourtant bâti, après l'orage, au dernier feu du crépuscule, sinistre est le château de Bistriz, sombres ses couloirs, profonds ses caveaux, là-bas, dans les Carpates tout étouffés sous le grondement des torrents descendus des sommets et le mugissement du vent qui parcourt les forêts à grands coups de hache, et lourd, bien lourd le sommeil du comte Dracula, car, au plus obscur de ses cryptes, au plus souterrain de ses tombeaux, jour après jour, siècle après siècle, depuis tant de siècles, mains croisées sur le nombril, dans son frac noir et dans son cercueil capitonné de soie blanche quoique jaunie par le temps à défaut de soleil, le comte s'endort chaque matin d'un sommeil sans rêve plus épais que la mort, et chaque soir, la rayon soudain disparu qui éteint parmi le lierre la dernier vitre du château rallume son regard en clouant sur sa face plâtreuse les deux diamants de ses prunelles (...) et chaque soir, donc, des profondeurs moussues où s'enterrent les voûtes, et d'un pas encore pesant, le comte Dracula remonte, marche après marche, époque après époque, la spirale d'un escalier (...) (p7-8).

On ne peut guère faire plus gothique, la plume est tourmentée mais pleine d'humour, la scène très visuelle... et pourtant, ma lecture de ce court roman s'est ensuite avérée poussive, chaotique, faite d'espoirs vains et de bâillements. Malgré la minceur de ce volume, celui-ci m'est resté sur les bras plusieurs semaines et c'est en me faisant violence que j'ai lu les 30 dernières pages pour mettre fin à une expérience malheureuse.

Dracula dépérit (autant que peut le faire un vampire voué à mourir tous les soirs), s'ennuie ferme et les quelques visiteurs dont il se repaît n'apaisent en rien son âme tourmentée. Avec nostalgie, le comte songe à de glorieuses époques, rêvant des merveilleux moments passés par exemple en France lors de la Révolution. C'est ainsi qu'il décide de se rendre de nouveau à Paris et de découvrir ce que la capitale est devenue (ce qui nous vaudra au passage quelques tirades sur la pollution et les constructions modernes épouvantables - difficile d'en tenir rigueur au vampire, ce n'est certes pas la tour Montparnasse qui fait le charme de la ville). Il est accompagné de son fidèle serviteur Cukol, qu'il rabroue mais écoute malgré tout. Cukol s'est beaucoup documenté dans la bibliothèque du comte, il est érudit, adore partager ses connaissances et philosopher à n'en plus finir, quitte à se montrer moralisateur à l'encontre de son maître malgré les menaces de celui-ci.

A Paris, Dracula va rencontrer une jeune fille a priori "pure" (ce qui n'est pas si évident par la suite), Lucie (un nom qui ne vous est pas inconnu...). Il tombe amoureux, pense que la jeune fille est amoureuse. Mais comment conjuguer l'amour et la mort, préserver la jeune Lucie et sa candeur ? Cruel dilemme pour celui qui a vu les siècles passer et continuera encore bien longtemps son voyage nocturne sur cette terre.

Lucie avait attendu son noir visiteur, et l'émotion la tint un instant silencieuse tandis que le comte, figé par une beauté à quoi il ne s'habituait pas, se taisait également, immobile, désemparé et sentant toute résolution fondre devant la jeune fille comme neige ou vampire au soleil (p 76).

Ce livre qui s'annonçait si prometteur m'a fait périr d'ennui, si bien que j'ai éprouvé beaucoup de compassion pour ce pauvre comte que plus rien ne distrait. J'ai apprécié les touches d'humour ("fondre comme vampire au soleil", une scène ou Dracula se fait écraser par deux fois et commence à invectiver les automobilistes catastrophés...), le style qui me faisait penser aux tournures réjouissantes de certains écrits du XVIIIe... mais j'ai trouvé l'histoire plate, convenue, sans surprise aucune. Quant aux longues, très longues tirades de Cukol, elles me faisaient désespérer (le comte aussi d'ailleurs, mais cela n'a pas suffi à y mettre un terme visiblement). Un écrin vide, comme je le disais une déception pour moi donc.

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118 p

Armand Farrachi, Un Amour de Dracula, 1998

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30/10/2013

Le Prince de la Nuit, Tome 1

bd_prince-nuit.jpgJe m'intéresse aux vampires depuis de nombreuses années (davantage à travers les classiques et des auteurs comme Anne Rice), pourtant je ne m'étais encore jamais décidée à découvrir la série BD Le Prince de la Nuit. Je n'étais pas particulièrement séduite par les illustrations et je pense que cela a beaucoup joué car normalement c'est un thème sur lequel je me serais plutôt ruée. Récemment, dans le cadre des Mercredis Fantastiques et du Challenge Halloween, Sharon puis Purple Velvet et FondantOchocolat m'ont remis cette série en mémoire, et leurs billets m'ont donné envie de la lire de suite.

J'ai donc modestement commencé par le tome 1 pour me faire ma petite idée. Et c'est une très bonne surprise !

bd_prince nuitT1bis.jpgUne nuit, une sorte de troubadour arrive dans un château fort dont les habitants périssent d'ennui. Le maître des lieux n'a guère envie de s'encombrer de ce charlatan mais son épouse exige de l'écouter pour se distraire et lui demande de la suivre dans ses appartements, avec sa dame de compagnie. Malgré les mauvais pressentiments de l'homme d'église assis à la table du Seigneur, on se contente simplement d'envoyer un garde près de la porte de la chambre. Entendant un cri, celui-ci entre : la dame de compagnie a eu la gorge tranchée et, les yeux rouges, l'inconnu boit le sang à même la gorge de la châteleine. Peu de temps après, son époux découvre qu'elle se lève de sa tombe chaque nuit pour aller se nourrir du sang d'innocents. Il accepte de mettre un terme à cela en suivant les rites consacrés (pieu, décapitation, purification par le feu...) puis quitte ses terres en faisant jurer à sa maisonnée que, s'il devait lui arriver quoi que ce soit, il compte sur son fils et les générations suivantes pour poursuivre sa quête et anéantir le monstre qui lui a ravi sa femme. Ce premier tome va être consacré à ses recherches et à sa nouvelle vie de chasseur : lieu après lieu, il traque le Prince de la Nuit en interrogeant ses créatures, qu'il supprime moyennant finances. En parallèle, à Paris dans les années 1930, un de ses descendants s'interroge sur l'état dépressif de sa famille et sur le lourd secret qui semble peser sur elle...

Beaucoup d'atouts à cette série qui me semble bien prometteuse ! Tout d'abord le scénario bien ficelé, qui ravira les amateurs d'histoires de vampires classiques en reprenant de nombreux codes, dans un contexte historique (Europe moyenâgeuse) bien rendu. Certes, cette histoire ne sera pas sans évoquer d'autres récits du même genre, mais la mise en parallèle de deux époques ainsi que la personnalité du Prince (plus proche du monstre que du dandy) et du Chasseur rendent cet album intéressant. Le dessin qui ne m'attirait guère est en tout cas très travaillé et rend bien l'atmosphère particulière de ces nuits passées et barbares ainsi que de ces contrées d'autrefois pour le moins inquiétantes. C'est un bel hommage à une certaine littérature gothique, les amateurs de vampires "à l'ancienne" devraient se délecter de cette plongée dans un univers mystérieux. Evidemment, je ne manquerai pas d'emprunter la suite lors de mon prochain passage à la médiathèque...

A noter ici d'autres BD de vampires :


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48 p

Swolfs, Le Prince de la Nuit, Tome 1, Le Chasseur, 1994

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10/11/2012

Kim Newman, Anno Dracula

newman_anno dracula1.jpegIl y a quelques années, grâce à un de ces petits miracles qui se produisent parfois sur la blogosphère et vous font faire de géniales découvertes, j'ai remarqué la série de Kim Newman débutant par Anno Dracula. Datant du début des années 1990, cette série mettait les vampires à l'honneur bien avant la déferlante de best-sellers sur le sujet mais, en dépit de la qualité de cette oeuvre, les trois romans de Kim Newman étaient épuisés quand je m'y suis intéressée. Aujourd'hui le premier opus, Anno Dracula, est réédité par les éditions Bragelonne, et je ne peux que vous recommander de vous ruer chez un bon libraire pour vous le procurer sans plus attendre. Pas la peine de lire ma modeste chronique, dévorez ce roman !

J'ai un attachement particulier pour la littérature vampirique (j'en ai déjà parlé un peu par ici). Petite puis jeune adolescente j'ai été marquée par quelques textes, comme Je m'appelle Dracula (merci M. Cohen) et à l'adolescence, l'envoûtant Entretien avec un Vampire lu et relu – quel dommage qu'Anne Rice ait bien changé ! Il y a maintenant quelques années, j'ai eu la chance de tomber sur un excellent professeur ayant eu l'idée géniale de proposer un cours en anglais sur les vampires dans la littérature et au cinéma. J'ai découvert avec bonheur de nombreux classiques, rédigé avec un enthousiasme juvénile touchant des essais dont un portant sur les femmes dans la littérature vampirique du XIXe (comme quoi, les Victoriens et moi, c'est une longue histoire). Hormis les lectures obligatoires, j'ai fait quelques découvertes très sympathiques et échangé avec mon professeur devenu un ami ; depuis j'associe toujours mes lectures vampiriques à cette période exaltante et aux discussions passionnantes sur le sujet. J'en garde aussi de la nostalgie pour une certaine approche du mythe du vampire. J'ai toujours eu un faible pour la version romantique du dandy vampire (sans doute une trace de mes lectures d'Anne Rice, qui connaissait ses classiques et savait s'en inspirer) mais je suis surtout fascinée par le fait que ce sujet soit abordé de multiples façons, avec certaines constantes (le pieu, la lumière, l'aïl qui reviennent souvent) mais des variations intéressantes ; beaucoup d'oeuvres ou de navets utilisent le vampire de façon très symbolique (à commencer par la sexualité inhérente au personnage). Quoi qu'il en soit, le mythe du vampire est d'une richesse toute particulière à mes yeux et je regrette de ne pas trouver facilement de textes avec un réel niveau d'exigence depuis la multiplication des romans apparus avec l'arrivée de Twilight. Et lorsque dans la jungle des récits peu ambitieux un livre tel qu'Anno Dracula est réédité, le mérite de la maison d'édition mérite vraiment d'être souligné.

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Anno Dracula avait d'ailleurs tout pour me plaire puisque l'action se situe en 1888 sous le règne de Victoria. Pour les amateurs de l'époque, l'année sera forcément familière puisqu'il s'agit de l'époque des meurtres de Jack l'Eventreur. Kim Newman utilise ainsi les faits divers sordides de l'époque pour reconstruire à sa manière le « mythe » Jack the Ripper tout en offrant à Bram Stoker une suite d'un genre très particulier à son roman Dracula.

kim newman,anno dracula,vampires,angleterre,angleterre victorienne,challenge halloween,londres,londres xixe,londres victorienne,bram stoker,dracula,époque victorienneQuelques mots sur le contexte : la reine s'est remise de la mort du prince Albert et a eu la bien mauvaise idée d'épouser le comte Dracula, que Van Helsing n'est pas parvenu à tuer (avec une lucidité certaine Newman a décidé que Van Helsing ne pouvait pas lutter contre le terrible Karpathe, ainsi sa tête est fichée dans un pieu devant le palais depuis la montée en puissance de Dracula). Même s'il n'est que le prince consort, Dracula a désormais les rennes du pouvoir et fait appliquer sa loi dans les rues de Londres qui deviennent de plus en plus sordides en raison de l'application de decrets moyenâgeux (par exemple ceux consistant à lutter contre l'homosexualité en tirant les « invertis » d'un bordel pour les empaler en plein cœur de la ville au beau milieu de la nuit). La terrifiante garde Karpathe patrouille et terrorise les habitants, les assassinats sont tolérés, la justice expéditive.

Les vampires pouvant vivre désormais librement, sans se cacher, beaucoup de sang-chauds recherchent le baiser des ténèbres en espérant vivre éternellement, et les vampires prolifèrent. La vie après la première mort n'est pas si évidente ; peu expérimentés, beaucoup de ressucités prennent des risques inutiles ; dans les quartiers sordides de l'East End les alcooliques deviennent des vampires en bien mauvaise santé et certains meurent (définitivement) rapidement. Enfin quelques sang-chauds tentent de s'opposer au système et comprennent qu'il y a quelque chose de peu naturel à changer ainsi la société (où les vivants deviennent progressivement du bétail).

Dans cette machine de mieux en mieux huilée, les meurtres de Whitechapel touchant des prostituées vampires viennent mettre quelques grains de sable bien fâcheux. Le pouvoir y voit une offense envers les vampires qui mérite de sévères représailles et la pègre locale est gênée dans ses activités par les trop nombreuses descentes de police. Ainsi beaucoup de personnes sont amenées à enquêter. Parmi elles se trouvent Beauregard, sang-chaud oeuvrant pour une société secrète, et Geneviève, une Ancienne, vampire avant Dracula lui-même (Dracula dont la lignée est dégénérée).

newman_anno dracula.jpeg A partir de là, Anno Dracula est un fabuleux roman mêlant une intrigue habile et pleine de rebondissements à une intertextualité jouissive et délicieusement maîtrisée. L'on croise ainsi le docteur Moreau, le docteur Jekyll, les personnages de Dracula, Joseph Merrick, la police de l'époque... mais aussi des personnages moins connus telle que cette bonne vieille Lady Ducaine. Que dire d'autre, si ce n'est que nous avons là un texte intelligent, riche, passionnant ? Un impératif pour les amoureux de l'époque victorienne ainsi que les amateurs de vampires et un texte fortement recommandé pour les autres. D'ailleurs j'avais tellement envie de vous parler de cet excellent moment de lecture que je ne m'étais pas autant amusée à rédiger un billet depuis longtemps !

C'était ma dernière contribution au Challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie Hilde.

Lu également dans le cadre d'une rencontre des Victorian Frogs, pour le challenge Victorien d'Arieste ainsi que le challenge de Londres de mes amies Maggie et Titine.

Rendez-vous dans quelques jours pour publier le billet récapitulatif du Challenge Halloween 2012, et à l'année prochaine pour la 4e édition du challenge, car si nous avons survécu au périple de l'extrême organisé cette année pour l'occasion, nous survivrons bien à la fin du monde à Noël !

Merci aux éditions Bragelonne et bravo pour cette nouvelle édition !

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381 p

Kim Newman, Anno Dracula, 1992

29/10/2012

Matt Haig, Les Radley

haig_radley.jpgIl faut croire qu'un terrible sorcier anglais m'a envoûtée car je ne cesse de revenir sur mes pas et à chaque fois que je cherche à m'arracher à notre première escale Halloweenienne, je reviens bien malgré moi vers les rues pluvieuses, la brume d'automne et les frissons anglais. Mais il est vrai que nous vous avions prévenus : ce voyage Halloween 2012 organisé par notre Tour Opérator de l'Extrême présentait des risques !

Cette fois-ci j'ai quitté les fantômes et le XIXe pour notre époque et les vampires du Yorkshire, un séjour à haut risque pour votre fidèle et dévouée, que je dois à Hilde qui avait en cachette réservé mes billets.

J'ai fait la connaissance des Radley, une famille de vampires respectables, bien sous tous rapports : monsieur est médecin, madame peint des natures mortes et fait partie d'un club de lecture, leurs deux enfants sont au collège et l'aîné se fait traiter de taré et passe pour un looser avec ses problèmes de peau chroniques et son goût peu commun à cet âge pour Byron. Oui mais. Les deux adolescents n'ont jamais été informés de leur véritable nature, quant à leurs parents, ils vivotent bien médiocrement depuis qu'ils ont décidé d'abandonner le sang au humain au profit d'un régime peu vampirique. Jusqu'à ce que leur fille, malade à cause de son régime végétalien, quitte en urgence une fête et se fasse poursuivre par le gros dur de l'école. C'est alors que la jeune innocente suit son instinct et passe de la défense à l'attaque, finissant par se repaître avec délectation du caïd, qui voit là s'achever sa carrière de demi-cerveau.

A partir de là, les problèmes s'enchaînent : comment se débarrasser du corps, couvrir leur fille, faire face à la réapparition d'un frère vampire pratiquant et dangereux, gérer la crise d'adolescence de leurs enfants mis face à leur vraie nature ? Etre vampire et végétalien n'est vraiment pas de tout repos, c'est ce que vous verrez si vous prenez le risque de vous installer dans une petite banlieue tranquille, au 17 Orchard Lane...

Une lecture drôle, haletante, hautement British que je recommande vivement à ceux qui aiment les romans de vampire originaux et à ceux qui aipprécient parfois une lecture de détente sans forcément avoir envie de lire un navet. En prime on apprend que la plupart des poètes romantiques anglais étaient des vampires, ainsi que mon cher Sheridan Le Fanu (je me disais bien aussi...).

C'était Lou, dégustant une tasse de thé tchaé et en reportage pour le challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie Hilde, qui n'a pas hésité à m'expédier chez les Radley (Hilde si j'ai quelque chose à me faire pardonner c'est le moment de me le dire avant de me confier à des mutants de l'espace...).

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413 p

Matt Haig, Les Radley, 2010

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17/10/2012

Rapaces, tomes 1 à 4

rapaces1.jpgJ'envisage de vous parler de Rapaces depuis le premier challenge Halloween, mais je n'avais jamais eu l'occasion de relire les 4 tomes. Une petite insomnie m'a aidé à mener mon diabolique projet à bien. Cette série d'albums est sortie avant la déferlante Twilight et autres vampires adolescents, quand les monstres suceurs de sang n'avaient pas encore le vent en poupe... et il est certain qu'on est loin ici d'une version édulcorée.

rapaces2.jpgNew York. Une série de meurtres frappent la ville, tous signés du message « Votre règne s'achève ». Les victimes sont vidées de leur sang et toutes présentent un kyste percé derrière l'oreille. Vicky Lenore et Spiaggi mènent l'enquête et vont rapidement être mêlés à une conspiration de grande envergure qui les dépasse : les vampires se sont installés depuis l'Inquisition à des postes clef mais aujourd'hui, alors qu'ils ont pris leur aise et perdu de leur vigueur à force de ne plus se battre, ils sont menacés par de mystérieux vengeurs. Il s'agit de Drago et Camilla, frère et soeur incestueux aux tenues de cuir, prêts à semer la terreur pour instaurer un nouvel ordre et venger par là-même leurs parents. Bien qu'animés par des motifs différents, Vicky et les deux vampires vont servir la même cause : une rencontre qui va changer radicalement la vie de Vicky.

rapaces3.jpgRapaces04.jpgUne série dont je gardais un excellent souvenir et qui a très bien résisté à une deuxième lecture. Le scénario bien ficelé est servi par un esthétisme irréprochable, dans un cadre très urbain et moderne. Une BD sexy (mais pas mièvre) et bouillonnante qui balaie d'un coup les idées reçues sur la question vampirique. Si vous pensiez tout savoir sur nos amis à dents pointues, n'hésitez pas à vous plonger dans cette série. Dépaysement garanti !

Après un vampire végétalien, deux vampires meurtriers pour accompagner le challenge Halloween, co-organisé avec ma comparse Hilde Van Helsing, et pour participer à la BD du mercredi, sous l'égide de notre chef d'orcheste Mango.

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Rapaces, 4 tomes, Dufaux et Marini, (publication de 1998 à 2003)

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12/10/2012

Willis Hall, Le Dernier des Vampires

Hall_dernier des vampires.jpgContrairement à toi, ami lecteur suffisamment intrépide pour naviguer sur ce blog hanté ces derniers temps, la famille Hollins ne savait vraiment pas où elle mettait les pieds en quittant l'Angleterre pour ses vacances. Premières vacances passées à l'étranger, loin de Crabton-sur-Mer et c'est déjà le drame : pas d'étendue d'eau pour indiquer une frontière, il n'en fallait pas plus pour que la famille se perde et ne sache plus dans quel pays elle se trouve (ces continentaux, aussi, ils ne vous faclilitent pas la tâche !). La nuit tombant, la famille cherche en catastrophe un endroit où s'arrêter alors qu'elle progresse sur une route de montagne déserte. Et lorsqu'elle voit un chemin caché dans une forêt sombre, elle n'hésite pas à s'y engager en dépit des ténèbres (impénétrables) et des loups (affamés, que seul le petit garçon Edgar remarque). Arrive enfin une ancienne entrée de domaine manifestement abandonnée et une clairière sur laquelle les Hollins décident de planter leur tente, non loin d'un vieux château qui domine une crête. Quel cadre bucolique !
Mais les vacances seront loin d'être de tout repos : entre le comte Alucard (vampire végétarien), descendant des Dracula, les loups des environs (que Mrs Hollins confond avec de gentils toutous et n'hésite pas à gronder lorsqu'ils montrent leurs crocs) et des villageois bas de plafond, le danger est partout !
Ami lecteur, si tu as toi aussi l'âme de chasseur de vampire, mais aussi un peu d'humanité, fais toi aussi ce voyage désopilant en compagnie des Hollins. Si tu succombes à cette aventure, ce sera sans doute que le comte Alucard t'aura fait mourir, mais de rire !
(Au passage, les illustrations de Babette Cole sont adorables et pleines d'humour, un vrai coup de coeur !)

Billet à haute teneur végétarienne vampirique.

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie la très maléfique Hilde

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228 p

Willis Hall, Le Dernier des Vampires, 1982

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08/10/2012

Olivier Cohen, La Fiancée de Dracula

je m'appelle dracula, olivier cohen, dracula, bram stoker, vampires, littérature jeunesse, roman français, paris, venise, je bouquine, la fiancée de dracula, challenge halloweenIl y a trois ans, je relisais avec délectation Je m'appelle Dracula, récit dans lequel le comte rédige ses mémoires afin de réfuter les abominables accusations contenues dans le récit de Bram « Stocker » (au sujet du « c » incongru je vous invite à lire mon billet sur ce premier opus pour me voir pérorer un peu).
Je commandais quelques jours plus tard la suite, « La Fiancée de Dracula » (que je ne pense pas avoir lu dans ma prime jeunesse) et voilà le résultat : il faut attendre la 3e édition du challenge Halloween pour que ce livre sorte de ma PAL !
Toujours réfugié dans le marais, Dracula alias Jacques Dracole (admirez l'art du camouflage) tente de mener une vie normale, si tant est que cela soit possible pour un vampire, et tient une galerie à Paris. Il y fait la rencontre d'Albertine qui semble immédiatement séduite par le sombre et séduisant comte, qui l'invite à dîner dans sa maison du Marais. Tous deux amoureux, Dracole et Albertine se fréquentent régulièrement et multiplient les promenades romantiques, en dépit de la peur que la jeune femme éprouve en présence de son fascinant compagnon.
Malheureusement l'affreux Van Helsing (curieusement ce type-là ne m'a jamais été particulièrement sympathique) poursuit toujours Dracula et convainc la police de l'aider à anéantir le monstre. Pour s'échapper, Dracula n'hésitera pas à s'enfuir avec Albertine à Venise... la suite, vous la connaîtrez si vous vous laissez aussi tenter par cette lecture !
J'ai dévoré ce court roman de jeunesse très agréablement écrit mais il m'a moins séduite que « Je m'appelle Dracula », peut-être parce que j'avais savouré la première fois les nombreux clins d'oeil au roman de Stoker. En tout cas, une lecture bien agréable qui vient à point nommé pour fêter ensemble Halloween.

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 organisé ici et chez la diabolique Hilde

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92 p

Olivier Cohen, La Fiancée de Dracula, 1985
(j'ai donc fait une erreur en indiquant la date de publication de « Je m'appelle Dracula », j'ai dû retenir celle de l'édition Je Bouquine).

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14/11/2010

La marque du baiser de Judas

collectif-femmes-vampires.jpgPour le challenge Halloween proposé le mois dernier avec Hilde, j'ai sorti de mon étagère une acquisition plutôt récente : Les Femmes Vampires, recueil collectif publié chez José Corti. Un livre acheté à Montparnasse en compagnie de Titine et auquel je pouvais difficilement résister :

- les vampires sont un de mes thèmes de prédilection, en particulier dans les textes plus classiques qui n'avaient pas du vampire une vision aussi glamour que ce qu'on peut voir aujourd'hui en bit lit ou sur grand écran, même si, en recoupant des textes assez différents, on retrouve un certain nombre d'éléments qui inspirent largement les auteurs plus contemporains (d'ailleurs en parlant de glamour, Carmilla de Le Fanu incarne déjà un vampire sensuel un brin sulfureux si l'on songe que ce texte a été écrit à l'époque victorienne, où le saphisme n'était pas vraiment dans le ton des valeurs morales - en partie de façade, mais c'est une autre histoire - de l'époque).

- J'ai une confiance aveugle dès que je vois qu'un livre est édité par José Corti (un peu comme avec Phébus), qui par ailleurs publie beaucoup de classiques anglo-saxons oubliés - un éditeur qui ne passe pas inaperçu pour moi lorsque je vais en librairie.

- Enfin, voilà une bonne façon de poursuivre mon challenge Mary Elizabeth Braddon, dont la nouvelle est sans doute la plus inattendue au sein de ce recueil.

Ce recueil comporte cinq récits :

Ernst Raupach, Laisse dormir les Morts ("Lasst die Toten ruhen") - 1823 :

Un jeune châtelain pleure sur le tombeau de Brunehilde, sa première épouse au caractère affirmé, dont le souvenir le hante depuis qu'il s'est lassé de la douceur et de la gentillesse de sa nouvelle femme. Il finit par rencontrer un homme capable de faire revenir les morts à la vie et décide de retrouver ainsi sa chère défunte. Cependant celle-ci a ses exigences et l'oblige à répudier son épouse de manière à ne pas être simplement sa maîtresse. Après son arrivée au château, des morts suspectes se produisent parmi la jeunesse du pays. Aveugle à tout, envoûté, le héros ne voit rien jusqu'à ce que ses propres enfants soient tués par Brunehilde qui s'alimente du sang des personnes en bonne santé. Et lorsqu'il tente de s'en débarrasser, c'est pour s'apercevoir qu'un acte contre nature tel que celui qu'il a commis ne se défait pas facilement.

Un texte agréable à lire mais qui présente une vision assez surannée du vampire et des personnages féminins, avec un héros un peu fade, tandis que le déroulement du récit même est assez conventionnel - ceci dit c'est là le texte le plus ancien.

Anne Crawford, Baronne Von Rabe, Un Mystère de la Campagne Romaine ("A Mystery of the Campagna") - 1887

Plusieurs voix se mêlent pour raconter l'histoire de Marcello, artiste de la villa Médicis qui décide de s'installer dans une maison isolée pour composer un opéra. Un de ses amis s'inquiète immédiatement et sans raison apparente après l'avoir laissé dans la maison en question. Il finit par tomber lui-même malade et à imaginer dans son délire que de terribles choses arrivent à Marcello. Envoyé sur place, un ami commun découvre ainsi que Marcello semble avoir une maîtresse qu'il rejoint une nuit dans son jardin, avant de disparaître sous terre dans ce qui semble être des catacombes romaines. Pourtant, peu de temps après, en revenant sur place, on découvre le corps de Marcello qui est bizarrement vidé de son sang.

Une nouvelle intéressante dans la mesure où elle comporte également une autre dimension fantastique, l'ami du mourant communiquant avec lui par la pensée, tandis que la vampire est finalement peu présente. Malgré tout j'ai trouvé quelques longueurs au texte, qui est sans doute celui qui m'a le moins plu.

X.L. : Le Baiser de Judas ("A Kiss of Judas") - 1893 :

Un homme voyageant à bord d'un steamer (le lieutenant-colonel Rowan) cherche à se renseigner auprès du capitaine après avoir aperçu un curieux passager, au souffle d'asthmatique, le visage toujours caché par ses vêtements. Suite à cette discussion, le passager concerné qui a eu vent des questions posées à son sujet vient menacer le premier voyageur, faisant preuve d'une hargne et d'une vulgarité étonnantes. A cette occasion son foulard glisse un peu et le héros aperçoit un visage d'une laideur effrayante. 

Peu de temps après, arrivé chez ses amis, Rowan entend parler du baiser de Judas, qui voudrait que des créatures repoussantes soient à même de servir Satan en se donnant volontairement la mort pour revenir sous des traits beaucoup moins reconnaissables afin de frapper les vivants par toute sorte de fléau. Les victimes de ces serviteurs du diable se trouvent marqués d'une petite croix. Suite à cette histoire, Rowan revoit le passager qui l'a suivi pour l'assassiner et qui, n'y parvenant pas, se tue d'un coup de poignard en promettant de revenir...

Cette nouvelle qui mêle légendes, folklore et vampirisme est très originale. Non seulement le récit est bien mené mais le monstre-vampire est fascinant, très différent de ce que l'on a l'habitude de croiser dans la littérature vampirique. Je ne saurais dire pourquoi mais il m'évoquait l'expressionnisme de Nosferatu.

Mary Elizabeth Braddon, La Bonne Lady Ducayne ("Good Lady Ducayne") - 1896

Une jeune femme entre au service d'une vieille dame aisée qui l'emmène avec elle en Italie, avec un salaire dépassant toutes ses espérances. Eclatante de santé, Bella (notre héroïne) devient curieusement de plus en plus faible, sans en comprendre la raison, hormis les petites plaies qu'elle découvre parfois sur sa peau à son réveil. Le médecin personnel de son employeuse, Lady Ducayne, lui assure qu'il s'agit de piqûres, mais lorsqu'elle les montre à un jeune médecin anglais avec qui elle a sympathisé, celui-ci est persuadé que des saignées ont été pratiquées sur la jeune femme à son insu.

Voilà le deuxième texte qui m'a particulièrement séduite dans ce recueil (normal, c'est Mary Elizabeth qui l'a écrit - dit-elle en toute objectivité !). Ni sensuelle, ni surnaturelle, la vampire évoque davantage cette Landlady a priori sympathique qui empoisonnait ses jeunes pensionnaires dans le texte de Roald Dahl. Le vampirisme prend ici une tournure plus médicale, à travers la transfusion. Un récit finalement moderne qui se lit avec plaisir.

Francis Marion Crawford, Car la Vie est dans le Sang ("For the Blood is the Life") - 1905

J'en avais parlé (mais j'avais oublié que je l'avais déjà lu). Et je disais donc : deux hommes observent un champ depuis la tour d’une vieille demeure. Lorsque les rayons de lune se posent sur un tertre a priori désert, une forme étrange apparaît, laissant entrevoir un corps allongé sur un tombeau. Pris de curiosité, l’un des deux hommes souhaite se rendre sur place pour mieux observer le phénomène. A quelques mètres de l’objet, il s’arrête : plus rien sur le tertre. De loin, l’autre homme voit le corps se redresser et s’accrocher à son ami. Cette histoire n’est pas ma préférée mais j’apprécie l’atmosphère inquiétante qui l’imprègne ainsi que le caractère hautement fantomatique du vampire. Ici, le vampire n’a pas encore pris ses traits classiques et fait appel aux premiers monstres de notre imaginaire…

 

Sur ce blog, quelques liens piochés dans les Chroniques de Vampires (toujours à gauche dans mes listes de livres lus - pas tout à fait actualisées) : Les cent ans de Dracula (Goethe, Polidori, Crawford, Gautier, Stoker, Askew, Ray, Lovecraft), La Dame pâle d'Alexandre Dumas, et une très bonne surprise : La Baronne Trépassée de Pierre Alexis Ponson du Terrail (roman populaire du XIXe).

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213 p

Anthologie, Les Femmes Vampires, de 1823 à 1905

dark side challenge.jpgchallenge-mary-elizabeth-braddon.gifChallenge Mary Elizabeth Braddon

Le challenge Mary Elizabeth Braddon prenant fin au 31 décembre 2010, je vous propose une lecture commune pour le 20 décembre : Le Secret de la Ferme grise (un de ses textes les plus courts, idéal pour un petit plaisir avant la fin du challenge ), La Bonne Lady Ducayne (nouvelle vampirique citée plus haut) ou, pour ceux qui chercheraient un roman plus conséquent, Henry Dunbar (avec lequel j'ai passé un très bon moment).

LECTURE COMMUNE 20 DECEMBRE 2010, 3 TEXTES AU CHOIX  :

Le Secret de la Ferme Grise : disponible d'occasion (facile à trouver). Pour en savoir plus sur le sujet voir les liens ci-dessous.

Good Lady Ducayne : nouvelle disponible gratuitement en anglais ici / en français dans Les Femmes Vampires, José Corti. 

Henry Dunbar : publié chez Labyrinthes.

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challenge-mary-elizabeth-braddon.gifCHALLENGE ELIZABETH BRADDON - les lectures :

Aurora Floyd : Cécile, Maggie, Mea

L'Aveu : CécileLoula,

Henry Dunbar : Lou, Loula, Nag,

La Bonne Lady Ducayne : Lou,

Lady Isle : Cécile

La Ferme grise : Cécile, George Sand et moiMaggie, Manu, Sabbio, Titine,

Le Secret de Lady Audley : Cécile, ClaudiaLucia, Keisha, Lou, Malice, Mango, Titine,

Les Oiseaux de Proie : Rachel,

Sur les Traces du Serpent : Choupynette, ClaudiaLucia,

26/10/2009

Dracula vs Wilcox : round 1

colin_vampires_londres.jpgÉtant un brin débordée ces temps-ci, je trouve peu le temps de lire et encore moins celui de blablater par ici. A ma décharge, j'ai été récemment retenue prisonnière par les soeurs Wilcox qui, toutes héroïnes qu'elles sont, portent deux prénoms foncièrement louches (Amber et Luna) qui auraient dû me mettre la puce à l'oreille quant aux intentions malhonnêtes de ces deux demoiselles.

Remarquez que je ne me plains pas de ce séjour prolongé dans un manoir un brin lugubre certes, mais visiblement conçu spécialement pour moi (ou alors je ne suis pas Lou et mon terrible clavier sévit tout seul ou sous le contrôle d'une influence hautement diabolique, rien de moins !). J'ai donc mis les pieds dans une maison cossue de Londres et, les soeurs Wilcox ne faisant visiblement pas les choses à moitié lorsqu'elles reçoivent, j'ai vécu moult moments palpitants faits pêle-mêle de : XIXe, Queen Victoria, Sherlock Holmes, Dr. Watson, Nosferatu, Dracula, Elisabeth Bathory, créatures magiques, bibliothèque immense et voilà que je perds mon souffle ce qui est bien dommage car ce n'était qu'une accumulation très succincte de mes rencontres diantrement bouleversifiantes !

Ceux qui me connaissent un peu se doutent bien que je ne pouvais pas résister à l'appel des sirènes qui m'ont proposé un plongeon dans un univers qui rassemble autant de mes sujets de prédilection, entre les vampires, l'époque victorienne et le cadre londonien pour faire au plus simple.

Ce récit constitue pour moi une agréable découverte. J'ai particulièrement apprécié les premiers passages, aussi bien l'introduction que l'atmosphère fantastique bien rendue et ma foi assez crédible. Les aventures des deux sœurs se suivent avec plaisir et conviennent parfaitement aux moments où l'on cherche désespérément un livre qui saura nous détendre et se lire facilement sans pour autant manquer d'intérêt. Un joli roman d'aventures qui devient un peu moins surprenant vers la fin, avec une trame assez classique qui n'est pas sans rappeler d'autres livres pour adulescents (par exemple avec la bagarre qui m'endort inévitablement – X lâche le couteau qu'Y essaie de rattraper mais que Z a réussi à subtiliser pour le donner à A tout en frappant B... hein ? Quoi ? Que ? Pardon, je m'étais assoupie...).

Je compte bien guetter la suite et, en attendant, me pencher sur A vos souhaits que j'hésitais encore à lire.

PS : je n'oublie pas les réponses en retard à vos commentaires !

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284 p

Fabrice Colin, Les Etranges Soeurs Wilcox, T1, Les Vampires de Londres, 2009

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08/10/2009

Halloween for kids

surget_grande_peur_halloween.jpgContinuons donc avec les lectures autour du Bloody Swap, de Halloween et des créatures de la nuit qui vont bientôt investir les demeures des irréductibles participants.

Au programme, deux lectures jeunesse toutes deux assez légères pour que je préfère en parler dans un seul billet.

Première découverte avec La Grande Peur d'Halloween d'Alain Surget chez Cascade, une collection qui me rappelle de délicieux moments de lecture il y a quelques années.

Le soir d'Halloween, trois frères et sœurs accompagnés de plusieurs camarades font la tournée des maisons, réclamant des bonbons sous leurs costumes traditionnels (le palmarès revenant au terrifiant vampire qui zozotte avec ses dents en plastique). Mais devant la maison d'une vieille dame charmante qu'on a vu acheter beaucoup de friandises à la boulangerie, une citrouille inquiétante les guette. Serait-ce la maison d'une sorcière ?

Cette histoire s'adresse aux tout-petits ou aux jeunes lecteurs de 7-8 ans. Pour les adultes, ce sera seulement un livre mignonnet, divertissant et très vite lu. Les illustrations ajoutent d'ailleurs au charme de ce court roman. Pour les jeunes lecteurs, j'ai trouvé le dossier de la fin très bien fait : avec beaucoup de simplicité, on parle aux enfants d'Halloween, de citrouilles ou de jack-o-lanterns. Avis aux parents qui cherchent un livre sympathique sur ce sujet !

Ne vous mettez pas en retard. Et n'oubliez pas de dire aux gens « Trick or treat ! » sinon vous n'aurez pas de friandises.

-Trico trit, répète Sophie.

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91 p

Alain Surget, La Grande Peur d'Halloween, 1999


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Je poursuis avec un livre croisé par hasard à la bibliothèque, Dans les forêts de la nuit, livre rédigé par Amelia Atwater-Rhodes à l'âge de treize ans. Écrit à la première personne, ce roman suit les pas d'une jeune femme transformée en vampire aux Etats-Unis à la fin du XVIIe. Alternant des chapitres sur son quotidien et sur son passé, le récit se décline autour de quelques thèmes clefs : souvenirs d'un bonheur familial détruit, désir de vengeance à l'encontre d'un autre vampire, le tout dans un cadre puritain ma foi assez bien rendu par la narratrice.

Ce roman est sympathique et agréable à lire. Le fait de choisir pour cadre Concord et une époque troublée par la chasse aux sorcières et l'extrémisme religieux ajoute une dimension intéressante au traitement assez classique du vampire. Ce n'est pas un coup de cœur, sans doute parce que la trame du récit est un brin simpliste ; c'est tout de même un livre à recommander aux amateurs du genre car il ne manque pas de qualités.

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153 p

Amelia Atwater-Rhodes, Dans les forêts de la nuit, 1999

06/07/2009

My bloody Valentine

curtis klause_solitude 02.gifSuite aux conseils de Laëtitia La Liseuse, j'ai découvert récemment La solitude du buveur de sang d'Annette Curtis Klause. Dans la collection Frissons de Pocket Junior qui a marqué mon année de CM2 et mon entrée en 6e (souvenirs souvenirs), ce roman est celui de Zoé, une adolescente qui rencontre un vampire alors que sa vie semble sur le point de s'écrouler. Entre l'agonie de sa mère à l'hôpital et le déménagement de sa meilleure amie, Zoé est une adolescente en souffrance. Lorsqu'un soir elle voit un étrange garçon dans son parc favori, elle est loin de se douter qu'il s'agit d'un adolescent changé en vampire en Angleterre au XVIIe. A la même époque, une vague d'assassinats sauvages perturbe la tranquillité de la petite ville où vit l'héroïne : des jeunes femmes sont retrouvées la gorge tranchée dans des passages obscurs. Zoé emprunte un soir une ruelle dans laquelle on a retrouvé peu de temps avant le cadavre d'une femme égorgée. Elle y découvre Simon, le vampire, des plumes dans les mains et le visage barbouillé de sang.

Je garde un excellent souvenir de cette collection, qui proposait une large gamme de textes et des histoires très bien menées. Ce titre ne fait pas exception à la règle, même si j'ai été surprise de repérer plusieurs fautes d'orthographe, ce qui me gêne particulièrement dans une édition qui vise un jeune public. Et, si quelques conversations entre Zoé et sa meilleure amie sont peut-être un peu artificielles, j'ai trouvé ce roman plein de qualités. Je l'aurais adoré 15 ans plus tôt. Et, du haut de mes 20 et quelques années, même si j'ai ressenti un certain décalage, j'ai dévoré ce livre, passant un excellent moment en compagnie de Zoé et de Simon.

Ce texte s'appuie finalement beaucoup sur une vision classique du vampire. La transformation se fait par l'échange de sang (c'est le cas curtis klause_solitude buveur 01.jpgdans Anne Rice, en revanche si on repense à LA référence Dracula, toute victime de vampire devient vampire à son tour après sa mort), les croix éblouissent les vampires que l'on peut parfaitement tuer en les transperçant de pieux, ces mêmes vampires qui vivent la nuit, portent avec eux un peu de leur terre natale et brûlent au contact du soleil.

Si j'ai apprécié l'héroïne et suivi avec intérêt ses passages à l'hôpital, les échanges avec sa meilleure amie et autres éléments récurrents de son quotidien, c'est surtout la partie consacrée au vampire qui m'a intéressée. Bien que bref, le récit de la transformation dans l'Angleterre de Cromwell et de Charles II a fait mon bonheur. J'ai trouvé les vampires de ce roman très crédibles, y compris dans leurs échanges avec les mortels et leur intégration dans la société d'une petite ville américaine dans les années 1980-1990.

Et comme je vous aime bien, amis lecteurs, je vous parlerai très certainement bientôt de deux autres romans « jeunesse »* sur le même thème (tant qu'à faire je les lis dans la foulée pour pouvoir comparer). Normal, après la redécouverte de Je m'appelle Dracula, un grand bonheur de lecture à une époque où je portais encore des couettes et gardais dans ma chambre des cassettes de Dorothée, et un plaisir vraiment renouvelé cette année ! Si c'est pas formidouble, ça...

* A ce sujet, je vous invite à lire le très joli billet de Malice qui revient sur la notion maladroite de « littérature jeunesse ».

Et pour le fun, ce montage qui permet à Buffy de tuer Edward et de mettre fin au pire maquillage de l'histoire du cinéma (depuis le film sur Michael Jackson avec un acteur noir maquillé uniquement au visage et ayant en plus l'air gris !).


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214 p

Annette Curtis Klause, La solitude du buveur de sang, 1990

13/05/2009

I only drink wine...

cohen_je m'appelle dracula.JPGAmis blogueurs, chers draculitos et draculettes en devenir, bonsoir !

Parmi les challenges inavoués de cette année 2009 (à part Jane Austen j’ai prévu les grands fantastiques classiques ainsi que Wharton et Wilde), le vampirisme s’est rappelé à moi récemment car je ne me remets toujours pas de ma difficulté à lire plus de quelques pages de Stephenie Meyer qui, à défaut de particulièrement m’enflammer, fait maintenant partie des livres populaires incontournables en la matière. Tout ça pour dire que je ne désespère pas de me faire ma propre opinion un jour mais qu’en attendant, j’ai décidé d’exhumer d’autres titres de ma bibliothèque afin de partager mon intérêt (hautement scientifique, of course !) pour les vampires.

Donc, mes amis, j’ai profité d’un week-end sur la côte atlantique pour farfouiller comme toujours dans ma bibliothèque de petite fille et d’ado, à la recherche de titres à relire ou simplement, à feuilleter. Je suis tombée sur Je m’appelle Dracula d’Olivier Cohen dans la vieille collection Je Bouquine. J’avais complètement oublié l’existence de ce livre que j’avais lu plusieurs fois étant petite et hop ! ni une ni deux, j’ai eu envie de le relire.

Eh bien pour faire court c’est vachement chouette, chers vous tous ! Mais laissez-moi développercohen_je_m_appelle_dracula_lcover2.jpg un peu plus mes propos (et autocensurer mes digressions matinales qui me laissent penser que mon livre de chevet* a une influence pernicieuse et me fait passer trop de temps en compagnie de Miss Bates).

Je m’appelle Dracula est une réponse du comte à la publication de Dracula de Bram « Stocker ». Au passage, cher Monsieur Cohen, je ne sais pas si l’effet était voulu ou non mais Stoker s’écrit normalement sans « c » et, en relisant votre histoire (une de mes favorites lorsque j’étais petite, mais c’est un autre sujet), j’ai commencé à comprendre pourquoi je me suis acharnée sur le nom de ce pauvre Stoker jusqu’à ce qu’un essai sur la condition de la femme dans Dracula me soit rendu avec des corrections à chaque fois qu’apparaissait le nom de l’auteur (thanks by the way, Gregory). Mais plus de détour, promis ! Je vais aller droit au but.

Réfugié dans le Marais à Paris, le comte Dracula écrit son histoire afin de mettre un terme aux accusations portées contre lui dans le livre de « Stocker ». Outré de voir son portrait en couverture, son nom conservé, ses ennemis portés aux nues et toutes ses actions mal interprétées, le comte tient à opposer à ce tissu de mensonges sa propre version des faits. Il revient sur le passage de Harker dans les Carpathes, sa rencontre avec Lucy (Mina est absente en revanche), le bateau fantôme, les caisses de terre, le petite cimetière ou encore Renfield (son vieil oncle devenu fou).

Paris, le 4 novembre 1897. Quatre mois se sont écoulés depuis la parution de cet abominable livre. Quatre mois pendant lesquels j’ai dû me cacher pour fuir la haine d’une populace excitée par le scandale, la curiosité des journalistes et l’acharnement d’une secte bien décidée à me perdre. (p7)

cohen-je mappelle dracula 03.JPGVoilà une lecture très rafraîchissante, bourrée de clins d’œil à Dracula dont j’ai enfin pu profiter (puisque j’ai lu ce roman bien après avoir lu et relu le petit livre d’Olivier Cohen). Pas besoin d’avoir apprécié le livre de Stoker pour s’amuser des inventions d’un comte bien plus proche du dandy que ne l’a jamais été le monstrueux vampire. Les illustrations sont sympathiques, le style alerte et très agréable. Je n’ai d’ailleurs pas observé le décalage que je regrette en général lorsque je lis des romans jeunesse maintenant (par exemple The Graveyard Book, pourtant destiné aux adolescents), ce qui me fait penser que ce court roman peut être lu à n’importe quel âge car il est assez simple pour un public jeune, tout en étant écrit par un narrateur adulte, aux préoccupations et au ton plus proches d’un lectorat plus âgé. Les explications sont relativement crédibles bien que l’auteur laisse finalement planer le doute – dans une fin que j’apprécie particulièrement, car j’aime penser que Dracula reste une créature fantastique.

En somme, un très très bon livre à recommander à tous les amateurs de vampires qui trouveront là un texte divertissant et bien écrit qui s’inspire très bien de l’histoire universellement (mal)connue de Bram Stoker.

 

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75 p

Olivier Cohen, Je m’appelle Dracula, 1993

* Emma de Jane Austen