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05/11/2016

Résultats du concours Jekyll & Mr Hyde

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Et voici les gagnantes du concours : Blandine (Vivrelivre) et Chicky Poo.

Pour la suite, il ne vous reste plus qu'à m'envoyer vos coordonnées postales par mail à myloubook[at]yahoo.com.

Bravo à vous deux et merci à toutes les participantes !

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27/10/2016

Concours album Dr Jekyll & Mr Hyde

album_jekyll and hyde marmaille.pngGrâce aux Editions Marmaille et Compagnie et dans le cadre des challenges Halloween et British Mysteries, nous avons le plaisir de vous proposer un petit concours pour gagner l'album LE CAS ÉTRANGE DU DR JEKYLL ET DE MR HYDE.

Pour tenter votre chance, répondez à la question suivante dans les commentaires en indiquant: votre pseudo + votre adresse e-mail + le lien vers votre blog, ainsi que le challenge auquel vous participez. 

Quel est votre monstre britannique favori, celui qui vous fascine ou vous intrigue le plus ? (Dracula, la créature de Frankenstein, Carmilla, Dr Jekyll & Mr Hyde, Dorian Gray, l'homme invisible...)

Un tirage au sort déterminera ensuite les gagnants.

Et petit bonus : pour les remercier, les participants aux deux challenges auront une chance supplémentaire de gagner, ainsi que les personnes relayant ce concours sur leur blog ou les réseaux sociaux (le tout se cumulant).

Deux exemplaires sont en jeu.

Vous avez jusqu'au 4 novembre à 23h59 pour participer.

Bonne chance à tous !

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09/10/2013

Pedro Rodriguez, Macabre

BD_macabre1.jpegJe dois encore à ma récente inscription à la médiathèque la découverte d'une petite pépite, Macabre de Pedro Rodriguez. Une BD dont le titre français et la couverture sont peut-être un peu trompeurs et évoquent un peu trop les Contes de la Crypte, tandis que le titre original me semble mieux correspondre au contenu : Historias para no dormir (Histoires pour ne pas dormir).

Avis aux amateurs de littérature classique, cet album est pour vous! Macabre met en scène des nouvelles d'auteurs célèbres pour leurs écrits fantastiques, et non des moindres ! Jugez-en par vous-mêmes, voici les textes sélectionnés par Pedro Rodriguez : La Main de Guy de Maupassant ; Le Pacte de Sir Dominick de Sheridan Le Fanu ; La Maison du Cauchemar de Edward Lucas White ; Le Vampire de John William Polidori ; La Maison B... à Candem Hill de Catherine Crowe ; Le Voleur de Cadavres de Robert Louis Stevenson et Le Chat Noir de Edgar Allan Poe.

BD_macabre2.jpegMême si je suis friande de nouvelles d'inspirations gothiques et ai déjà lu au moins un texte de la plupart de ces auteurs, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir des histoires qui m'étaient encore inconnues ou à retrouver de vieilles connaissances. Cette BD a le mérite de nous donner envie de nous plonger de suite dans les textes originaux du XIXe et de connaître un peu mieux leurs auteurs. Les récits ont été judicieusement choisis : thèmes et cadres variés, histoires de fantômes, de vampires, de mauvais sort ou de malédiction, toujours selon une pâte assez classique dont je raffole personnellement. Certes, à force de lire ce genre de littérature on a souvent une petite idée des frissons qui nous attendent et des effets recherchés par les auteurs de cette époque, mais c'est toujours un vrai délice que de se laisser embarquer par leur talent de conteurs !

Si le fond est un vrai régal, la forme m'a également beaucoup plu. Les palettes de couleurs sont toujours les mêmes, dans une atmosphère sepia qui convient bien au contenu. Les personnages ont un visage assez géométrique qui peut-être déplaira à certains, mais j'ai pour ma part apprécié cette touche moderne mélangée à un respect assez rigoureux du cadre historique, à travers les décors et les codes vestimentaires.

Cet album est de ceux que l'on relira avec plaisir plusieurs fois et qui ont toute leur place dans la bibliothèque des amoureux du XIXe et de la littérature fantastique classique. C'est aussi un excellent moyen de découvrir ou de faire découvrir (par exemple à des lecteurs adolescents) des auteurs passionnants. 

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Pour la 2e édition des Mercredis Fantastiques, organisés avec Mango et Hilde. Les billets du jour :



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95 p

Pedro Roriguez, Macabre, 2010

british mysteries2.jpgvictorien-2013.pngXIXe siecle 02.jpg

20/11/2011

Steve, back again !

stevenson_intégrale nouvelles1.jpeg2011 aura été mon année Stevenson. Après trois tentatives infructueuses, j'ai découvert une autre dimension de l'auteur avec le célèbre Maître de Ballantrae (un chef d'oeuvre que je vous invite à lire sans plus attendre si vous appréciez les classiques anglo-saxons), avant de me régaler avec Le Club du Suicide. Cette série de trois nouvelles fait partie des Nouvelles Mille et Une Nuits de R.L. Stevenson ; elle introduit pour la première fois le prince Florizel de Bohème, que l'on retrouve dans le Diamant du Rajah, nouvelle série de textes courts. Ces récits devraient donc logiquement être lus d'une seule traite, d'autant plus qu'ils partagent plus qu'un personnage commun. L'esprit et le ton sont les mêmes et Stevenson y dresse avec beaucoup d'humour le portrait d'une société pervertie.

Au début de cette histoire ayant pour cadre Londres et Paris, le diamant du Rajah est en possession du général Vandeleur : cette pierre unique lui a été offerte par le Rajah après qu'il l'ait fidèlement servi, commettant de nombreuses atrocités afin de s'assurer à titre de remerciement la possession du diamant. Marié à une femme qui incarne tout sauf la douce Victorienne idiote, le Général sait qu'il ne doit cette alliance qu'à sa fortune. Quant à sa chère et tendre, elle s'apprête à revendre le diamant pour couvrir des dettes contractées pour sa toilette. Seul obstacle à cela : son secrétaire particulier, qui ne sent pas ses oreilles siffler lorsque le frère de sa patronne parle devant lui de chien-chien à sa mémère qui pourrait tout faire capoter. On finit par lui confier le diamant et d'autres bijoux dans un carton à chapeau, le chargeant de les remettre à un mystérieux interlocuteur. C'est alors que le général s'en mêle, tente de récupérer le carton et qu'à la suite de nombreuses péripéties le diamant du Rajah est perdu.

On pourrait parler de conte moral, dans la mesure où le diamant une fois retrouvé par le Prince Florizel est jeté par ses soins dans la Seine, afin que plus jamais la convoitise et la cupidité qui l'entourent ne causent de nouveaux malheurs. Pourtant, le narrateur est loin de dépeindre une société fidèle aux critères moraux victoriens : le général a été récompensé pour ses crimes; le secrétaire stupide mais fidèle est bien mal récompensé pour son dévouement; la femme du général est vénale et envisage d'occire son compagnon; un prêtre se détourne de ses études pour se lancer dans l'industrie du crime une fois le diamant en sa possession ; quant au prince Florizel, à force de se mêler des affaires d'autrui et de s'illustrer par son oisiveté, il finit par être renversé de son trône (il faut avouer qu'il semble bien ne jamais mettre les pieds en Bohème, préférant mourir d'ennui à Londres et traîner dans les cafés parisiens).

Un bijou d'ironie !

Le billet de Raison et Sentiments

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1878

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Challenge God save le livre : 19 livres lus

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08/08/2011

Le club du suicide

stevenson_intégrale nouvelles1.jpegIl semblerait que le déclic se soit enfin produit entre Stevenson et moi, après des débuts difficiles. Le mois dernier, j'ai ouvert en frémissant Le Maître de Ballantrae, craignant de passer à côté d'un chef-d'oeuvre : je me suis régalée. C'est donc avec curiosité et une certaine gourmandise que j'ai entamé la lecture de l'intégrale des nouvelles publiées chez Phébus Libretto. Commençons par Le Club du Suicide, autre découverte extrêmement agréable... pour une nouvelle à l'humour grinçant !

Afin de se divertir lorsque l'ennui devient trop écrasant, le prince Florizel et son fidèle Géraldine se déguisent et se fondent ainsi dans les couches sociales les plus diverses, à la recherche d'expériences nouvelles et de sensations fortes. Lors d'une petite soirée de ce type, après des heures d'ennui mortel, les deux amis sont intrigués par un jeune homme qui fait le tour des occupants d'un café en leur proposant des tartes à la crème, qu'il ingurgite en cas de refus. Décidant de passer avec lui la soirée, le prince et Géraldine apprennent que, suite à un problème d'ordre sentimental, le jeune homme a décidé de mettre fin à une vie d'absurdités par un acte encore plus absurde. De fil en aiguille, il leur fait part de son adhésion à un club pour le moins particulier : le club du Suicide. Ni une, ni deux, les deux acolytes décident d'y participer ! Le principe est simple : le responsable du club tirera les cartes devant tous les membres. Celui qui recevra l'as de pique mourra le soir-même, celui qui aura l'as de trèfle sera contraint d'aider son camarade à partir.
S'ensuivent deux autres nouvelles qui semblent a priori sans aucun lien... on découvrira qu'en réalité, le prince Florizel et Géraldine traquent le truand tenant le club du suicide.

Un sujet assez morbide où un club de gentlemen s'avère être un commerce glauque. Un récit féroce et drôle qui m'a emportée de la première à la dernière ligne. A recommander chaudement pour découvrir Stevenson !

L'avis de Soukee

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1882

Challenge-god save the livre.jpglogo kiltissime 09.jpgChallenge God save le livre : 12 livres lus

15/07/2011

Durrisdeer, Ecosse, XVIIIe

stevenson_maitre ballantrae.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec Stevenson, mais ça, c'était avant. Car la lecture du Maître de Ballantrae a été la révélation tant attendue : j'ai pris un immense plaisir à découvrir ce récit de Stevenson, que j'arrive enfin à classer parmi mes grands auteurs victoriens. Il était temps (car cette incompréhension mutuelle me taraudait depuis longtemps) !

Ecosse, XVIIIe, pendant la guerre civile. Au manoir de Durrisdeer, le Maître de Ballantrae, héritier du titre, et Henry, son frère cadet, jouent à pile ou face leur sort en ces temps incertains : le Maître partira combattre avec les rebelles tandis que Henry et son père afficheront leur fidélité au roi George. Ce tirage au sort se fait à la demande du Maître, joueur, opportuniste et aventurier, contre l'avis du père et du frère, persuadés que le tenant du titre devrait rester au manoir. Le Maître part, recrute une troupe de rebelles en soudoyant et menaçant de braves villageois et, au bout d'un certain temps, l'un d'eux revient dans la région et prétend être le seul survivant de l'expédition. Le Maître serait donc mort, mais en réalité, il revient à de nombreuses reprises au cours du récit.

Henry, le cadet, est donc amené à hériter du titre. Contrairement à son frère aîné qui n'est qu'un calculateur peu recommandable, Henry est un homme posé, droit et bon, très amoureux de sa cousine Alison, autrefois promise au Maître. Malgré toutes ses qualités, cet homme n'est reconnu à sa juste valeur que par l'intendant du domaine (narrateur principal) : son père lui est reconnaissant mais préfère le fils indigne, Alison se voit contrainte de l'épouser tout en mettant un point d'honneur à rappeler sa fidélité au disparu, les villageois conspuent Henry qu'ils accusent de la perte d'un homme qui, guère aimé de son vivant, est devenu un héros en mourant.

Tout d'abord qualifié de "tale" par Stevenson, puis de "tragédie", ce récit mélange les genres avec panache : roman d'aventures, où l'on découvre un bateau pirate, des indiens "scalpeurs", une traversée en mer sous la tempête, l'Inde, sans parler de la guerre civile, fond de toile ; mais aussi tragédie, où deux frères  se haïssent et se livrent un combat sans fin, qui ne pourra aboutir qu'à la mort de l'un d'eux, et où l'amour n'est jamais réciproque.

Les personnages sont peu nombreux dans ce récit qui repose principalement sur le duel opposant les deux frères : Ballantrae, dépossédé de son titre, de sa fortune et, accessoirement, de sa fiancée, nourrit une rancoeur sans fin à l'égard de son cadet ; celui-ci, d'abord plutôt enclin à céder au chantage auquel il est soumis, finit petit à petit par céder à la folie, la solitude l'ayant peu à peu détruit.

L'évolution des personnages est particulièrement fascinante : au début du récit, Henry est le frère incompris, certes un peu terne mais intègre, intelligent; puis il devient de plus en plus dur et intraitable, afin de faire de son frère une véritable obsession, qui causera sa perte ; à la fin, Henry devient un être pitoyable, qui n'a plus tout à fait sa tête et qui s'aliène ceux qui lui sont finalement attachés.

A l'inverse, le Maître est au début une sinistre individu, buveur, fourbe, profitant de son vieux père au coeur trop tendre ; c'est aussi un séducteur, beau parleur, capable de tromper facilement son entourage (à côté de lui le pauvre Henry paraît bien fade à leur père et à la nouvelle Mme Henry Durrie) ; malgré tout, petit à petit, on finit par prendre un peu en pitié le Maître, qui parvient à manipuler le lecteur sans doute ; en dépit de la façon dont il persécute Henry et sa famille, le Maître est finalement un homme qui a échoué toute sa vie, que tous détestent et méprisent et dont le dernier compagnon est son serviteur indien.

A noter le parallèle entre McKellar, serviteur dévoué de Henry et Secundra Dass, qui accompagne le Maître : tous deux sont les  seuls alliés indéfectibles des frères ennemis.

Voici deux passages donnant un apperçu intéressant du Maître (le premier étant l'un des seuls extraits plutôt amusants) :

"Il haïssait le baron d'une haine terrible ? demandai-je.

- Ses entrailles se nouaient quand l'homme approchait de lui, dit le Maître.

- J'ai ressenti cela, dis-je.

- En vérité ! s'écria le Maître. ça, c'est une nouvelle, alors ! Je me demande... je me flatte, peut-être ? ou suis-je la cause de ces perturbations abdominales ?" (p827)

"Si j'avais été le moindre petit chef de clan dans les Highlands, si j'avais été le plus petit roi des nègres qui vivent nus dans le désert d'Afrique, mon peuple m'aurait adoré. Mauvais, moi ? Ah ! mais j'étais né pour faire un bon tyran ! Demandez à Secundra Dass ; il vous dira que je le traite comme un fils. Unissez votre sort au mien demain, devenez mon esclave, mon bien, une chose que je puisse commander, comme je commande les forces de mes membres et de mon esprit... vous ne verrez plus ce côté sombre que je tourne vers le monde, dans ma colère. Il me faut tout ou rien. Mais quand on me donne tout, je le rends avec usure. J'ai le caractère d'un roi : c'est ce qui fait ma perte !" (p831)

Un texte superbe et foisonnant qui mêle habilement les récits les plus divers. Conduisant le lecteur d'un manoir écossais jusqu'aux forêts glacées d'Amérique du Nord, ce livre dépaysant est de ceux que l'on ne peut abandonner. La lutte fratricide du Maître et du nouveau Lord est aussi la nôtre, et c'est le coeur glacé d'effroi que nous suivons les tortueux chemins conduisant au désastre final.

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366 p

Robert Louis Stevenson, Le Maître de Ballantrae, 1889

stevenson, le maître de ballantrae, pléiade, roman écossais, roman victorien, roman xixe, écosse, challenge kiltissime, henry durrie, durrisdeer  Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 11 livres lus

18/06/2011

Robert Louis, mon ami...

DSC05040.JPGJ'ai beau particulièrement aimer les auteurs du XIXe, plus encore lorsqu'ils sont anglo-saxons, je peine à apprécier les textes de Stevenson, tout en étant convaincue de passer à côté d'un auteur incontournable. Je profite donc du "mois écossais" pour lire à nouveau cet auteur en espérant enfin me laisser séduire - d'autant plus que je l'ai lu il y a quelques années déjà. Après l'avoir lu  Stevenson en anglais, c'est avec une traduction de The Bottle Imp (La Bouteille endiablée) que je reprends mes lectures... un texte qui me disait quelque chose : et pour cause, je l'avais déjà lu en anglais ! J'avais oublié de nombreux détails mais l'histoire me semblait tout de même familière : j'ai d'abord pensé confrondre avec un autre texte traitant du même thème "classique" qui évoque Faust, mais après vérification, il n'en était rien !

Kéaoué fait la rencontre d'un homme vivant dans une maison magnifique. L'homme semble pourtant abattu : il doit sa richesse à une bouteille dans laquelle vit un diable. Une bouteille qu'il doit revendre à un prix inférieur au prix d'achat sous peine de perdre son âme. Kéaoué la lui rachète puis se fait construire une maison suite au décès de proches parents et donc, d'un héritage imprévu. Il pense pouvoir se défaire facilement  de la bouteille mais se voit contraint de la racheter pour des raisons que je ne préciserai pas car je ne voudrais bien entendu pas mettre fin au suspense. S'ensuivent de nombreux rebondissements, la bouteille passant de maître en maître et son prix chutant à chaque fois.

Un conte qui se lit facilement mais qui ne m'a pas fait grande impression malgré tout. Je reste herméthique à certains passages tels que ceux-ci :

C'est ainsi que Kéoué fit sa cour ; les choses avaient été rapides; mais ainsi va la flèche, et la balle de fusil plus vite encore, et pourtant l'une et l'autre peuvent atteindre la cible. (p47)

Robert_Louis_Stevenson_by_Sargent.jpg"Me voici maintenant au pinacle, se dit-il. La vie ne peut pas être meilleure. C'est ici la cime de la montagne et tout autour de moi dégringole vers le pire. Pour la première fois, je vais illuminer les salles et me baigner dans ma belle baignoire à eau chaude et froide et dormir seul dans le lit de ma chambre nuptiale". (p48)

Malgré tout, j'ai passé un moment agréable en lisant ce récit reprenant le thème classique du pacte avec le diable en l'inscrivant dans un cadre nouveau, Hawaï. Si j'ai trouvé certaines ficelles un peu grosses et ai regretté le peu d'intérêt que je portais à Kéaoué (parfois antipathique), j'ai goûté le rebondissement final, assez inattendu. J'aurais aimé savoir apprécier davantage ce texte et faire davantage honneur aux talents de conteur de Stevenson mais  cette lecture m'a laissée assez indifférente, sans vraiment me déplaire pour autant. J'entends bien me rattraper avec Le Maître de Ballantrae, que je compte lire ce mois-ci.

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93 p

Robert Louis Stevenson, La Bouteille endiablée, 1891

logo kiltissime 05.jpgChallenge-god save the livre.jpg Challenge God Save the livre de Passion livre: 7 livres lus...  catégorie Prince William (10 livres lus). Prince-William.jpg

09/10/2009

La belle, le docteur et la bête

mary_reilly 01.jpgAujourd'hui, l'Angleterre fête la journée nationale du monstre victorien. Si si. Votre fidèle et dévouée a voulu célébrer l'événement à sa manière et a choisi de parler cinéma.

Mary Reilly revisite l'histoire du Docteur Jekyll et de Mister Hyde, en suivant le point de vue d'un nouveau personnage : celui de la servante. Beaucoup de grands noms ont participé à ce film : dans la peau de Jekyll et de Hyde, un certain John Malkovich (monstre sacré du cinéma s'il en est!), tandis que Julia Roberts incarne Mary Reilly et que Glenn Close joue les tenancières de bordel et se fait sauvagement assassiner par ce cher docteur. Quant au réalisateur, il s'agit de Stephen Frears, autre référence incontournable.

On peut dire que l'époque victorienne et ses monstres sont loin de me laisser indifférente, mais ma lecture du mary reilly 02.jpgclassique de Stevenson ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. D'accord, soyons sincères, avouons, avouons mes amis : je me suis passablement ennuyée et j'ai été terriblement déçue, parce que j'attendais énormément de ce roman, ou peut-être plutôt parce que j'attendais autre chose. Malgré tout, l'histoire de Jekyll et de Hyde continue de me fasciner et j'ai abordé le film Mary Reilly avec un optimisme débordant (de toute manière, ne serait-ce que pour les scènes avec Malkovich, je savais que ce film vaudrait son pesant de cacahouètes).

mary reilly_malkovich as jekyll.jpgmary reilly_malkovich as hyde.jpgMalgré le rôle extrapolé de Mary Reilly, servante professionnelle mais trop curieuse, soupçonneuse mais fidèle, malgré la relation ambiguë qui existe entre Jekyll, Hyde et elle – autant d'éléments qui pourraient dénaturer l'histoire principale, le scénario est globalement très crédible. Le personnage témoin est un allié précieux qui permet de croiser le docteur et le monstre dans leur intimité ou au laboratoire et de provoquer des réactions qui ne nuisent en rien à la complexité du cas Jekyll et Hyde. La dualité entre ces deux protagonistes est assez subtilement traitée, même si elle laisse encore la place au doute sur certains aspects de la transformation ou l'origine des crises, comme c'est aussi le cas dans le récit. La dernière scène représente Mary Reilly allongée contre le corps de Jekyll qui devient Hyde dans le plan suivant, lorsqu'elle quitte l'endroit. C'est peut-être le seul passage qui n'a pas grand intérêt et apporte bien peu à l'histoire, puisqu'il ne dévoile pas grand-chose de l'ambiguïté des sentiments de Mary, que l'on devinait déjà avant ; d'autres gestes tout aussi symboliques auraient été beaucoup plus crédibles à mon sens. Mais je vous l'accorde, vous qui me lisez, c'est un petit détail sans importance.

 

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Au final, voilà un film qui se laisse voir avec plaisir et que je recommande chaudement aux amateurs de Stevenson, de monstres classiques et mary reilly_04.jpgd'époque victorienne. Les acteurs sont convaincants, y compris Julia Roberts qui joue ici un rôle très différent de tous ceux dans lesquels je l'avais vue précédemment. J'ai été plus séduite par Malkovich en Jekyll car il me semble que le traitement de Hyde est un poil superficiel et qu'il prend peu de risques dans son interprétation. Il reste malgré tout crédible et brille en Jekyll, tandis que Glenn Close est presque méconnaissable en mère maquerelle fardée à outrance et peinturlurée avec un rouge à lèvres criard mal appliqué. Les décors sont soignés, de même que les costumes. Je me suis régalée devant plusieurs plans de Londres dans sa traditionnelle vision sombre – certaines images des toits m'ont fait penser aux quelques scènes sordides de Mary Poppins qui avaient marqué mon enfance (non ! les comparaisons incongrues ne me font pas peur, d'ailleurs il existe un évident lien de parenté entre Mary Poppins et Hyde, vous ne trouvez pas ?). Un très bon film donc, dont la réalisation aurait peut-être gagné à être un peu moins classique.

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Mary Reilly, un film de Stephen Frears, 1996