08/09/2009

Abandon

berwin_lila_neuf_plantes.jpgA l'époque insouciante où je me laissais encore trop tenter par les couvertures alléchantes, j'ai accepté de recevoir en SP Lila et les neuf plantes du désir de Margot Berwin. Livre commencé il y a environ 2 mois et, l'envie de le reprendre ne revenant toujours pas aujourd'hui, je rends mon tablier et laisse d'autres lecteurs plus convaincus vanter les mérites de ce roman où une jeune cadre dynamique travaille dans la pub de jour et bichonne de drôles de plantes la nuit.

L'esprit exotique annoncé par l'éditeur m'avait attirée, et j'avoue avoir pris un certain plaisir à découvrir oiseau du paradis, fougère de feu et autres noms paradisiaques associés à des plantes plus séduisantes les unes que les autres. Le roman se laisse lire facilement, le style n'a pas d'intérêt en soi mais il n'est pas non plus désagréable.

Pourquoi l'abandonner alors ? Parce que ce livre est très chick lit et que ce n'est pas ma tasse de thé,  parce que c'est un mélange de Sex and the City sans humour, de The Devil wears Prada sans Miranda et de Working Girl sans Sigourney Weaver. Bref, si Lila et les neuf plantes du désir était un film je le verrais certainement au moment de son passage sur les chaînes publiques, trois ans après sa sortie en salle, mais je renonce à lire ce roman avec lequel j'ai l'impression de perdre mon temps, le fond étant inexistant et le roman parvenant à me distraire un peu, sans doute, mais certainement pas au point de m'enthousiasmer.

Beaucoup de lecteurs ont apprécié la fraîcheur de ce roman que je ne vous déconseille vraiment pas mais qui ne correspond pas à mes goûts.

305 p

Margot Berwin, Lila et les neuf plantes du désir, 2009

(Ma PAL s'allège mais, n'ayant pas terminé ce livre, je ne l'ajoute évidemment pas à mes réussites objectif PAL)

 

30/08/2009

Abracadabra !

BD_malle sanderson.jpgJe profite d'un coup de tête et d'un abonnement soudain à la médiathèque (accès gratuit aux livres, comment une livrovore de mon acabit pourrait y résister ?) pour découvrir des BD dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Parmi les 4 albums récemment choisis au hasard, La Malle Sanderson m'a permis de découvrir Jean-Claude Götting, que je ne crois pas avoir déjà croisé en sautant de bulle en bulle (hormis les couvertures françaises de Harry Potter que je trouve particulièrement moches, eh oui).

BD_malle_sanderson_01.jpgParis, dans les années trente. L'illusionniste Sanderson triomphe avec ses évasions et ses numéros de divination (« mind reading »). Recherché par la haute société qui s'est entichée de ses tours et serait ravie de l'exhiber dans des dîners privés, Sanderson rencontre Marie, l'épouse blasée d'un négociant de pierres précieuses qu'elle n'aime pas. Alors que notre héros s'apprête à réaliser à New-York une évasion spectaculaire, Marie se déclare prête à tout quitter pour lui. Ce qui ne serait pas souhaitable pour la carrière de son amant, à qui tout réussit pour l'instant.

BD_malle_sanderson_02.jpgSans être un coup de coeur, cet album m'a finalement beaucoup plu en raison de la chute ironique et cruelle qui apporte un élément de surprise à une histoire fluide et agréable, un peu trop peut-être. L'originalité tient surtout au portrait de l'illusionniste, dont les tours de magie sont pleinement offerts à la vue du spectateur qui découvre aussi bien le tour apparemment mystérieux que la solution rationnelle à l'inexplicable. Loin de prétendre avoir des dons surnaturels, Sanderson déclare publiquement que les magiciens qui se prêtent des pouvoirs ne sont que des charlatans. C'est un esprit cartésien, qui prend plaisir à concevoir les plans de ses « outils » d'évasion avec minutie, développant des mécanismes astucieux qui lui permettent d'innover par rapport à ses concurrents.

Sur le plan esthétique, les dessins en noir et blanc sont sobres et soignés. L'ensemble est agréable à l'oeil mais je dois avouer que ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus séduite. En somme, un album sympathique et un thème intéressant à découvrir même si pour ma part je reste un peu sur ma faim.

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109 p

Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson, 2004

02/08/2009

Du rififi in the middle of nowhere

gottlieb_ainsi soit il.jpgÉcrivain en vogue issu d'une petite ville où rien ne se passe jamais, Rob Castor s'est récemment suicidé après avoir assassiné son ex petite amie. Son ami d'enfance Nick ne s'en remet pas et revient sur l'histoire de Rob, leur amitié et, en passant, sur sa propre vie privée, ses problèmes conjugaux, le psy de sa femme, le chien du voisin, le rhododendron de sa grand-mère... désolée je m'égare.

Je l'avoue, ce résumé est nettement moins alléchant que celui qui figure au dos de mon édition. Malgré tout, je le trouve plus à la hauteur des ambitions et du contenu de ce livre où il ne se passe finalement pas grand-chose. Si je reprends donc le résumé plus alléchant que j'évoquais à l'instant, on apprend que « dans le paysage des jours enfuis, d'étonnants secrets le guettent ». Ce n'est pas faux. Deux révélations importantes se font, expliquant certains aspects un brin étonnants du comportement du narrateur. Ce qui me gêne plus, c'est le fait que ces deux nouveautés arrivent comme un tas de cheveux au milieu de la soupe au brocoli (soyons précis sur ce point, voulez-vous ?) ; elles ne sont pas franchement exploitées, que l'on pense à l'éventuelle « intensité dramatique » de la chose ou, ce qui est sans doute plus important, à l'impact sur le dénouement du récit. Nick n'évolue pas, la fin n'en est pas une (malgré les révélations, on reste un peu sur sa faim) et, de bout en bout, on suit le parcours d'un mari geignard qui s'écoute parler. Ce qui, personnellement, a fini par me lasser, le personnage m'étant profondément indifférent.

wood_american-gothic.jpgFinalement, comme le récit stagne beaucoup du début à la fin, il me semble que l'intérêt principal résidait dans l'analyse du comportement du narrateur. J'imagine que l'objectif recherché tenait davantage du portrait psychologique que du thriller, ce qui aurait dû me convenir parfaitement au vu de mes goûts personnels. Malheureusement, le sujet observé est aussi creux qu'une Veruca Salt * ; qui plus est, il est parfaitement antipathique. L'essentiel de ses jérémiades concerne sa femme, qui détourne ses enfants de lui et fait preuve d'une jalousie tout à fait inappropriée. Parallèlement à ce constat, voilà notre narrateur qui raconte comment il retrouve la sœur de Rob, son ex petite-amie, ennemie jurée de sa femme. Et comment (accessoirement) il devient son amant. Je me suis mortellement ennuyée en suivant les manifestations d'auto-apitoiement de ce cher Nick, ce qui est particulièrement gênant étant donné leur caractère répétitif. Voilà un héros qui tente de se remettre en question mais qui ne va pas assez loin dans sa démarche et ronronne un peu trop à mon goût. A part ça, ce roman se laisse lire (le style est d'ailleurs agréable) et convient tout à fait aux séances de lecture dans les transports en commun.

Ah oui, pourquoi ce titre à la place de Now you see him en anglais ? Ainsi soit-il m'a d'ailleurs valu des commentaires dans le métro de la part d'un monsieur sympathique chargé comme une mule avec un sac Boulinier.

Mon avis est très proche de celui de Petite Fleur et je suis également d'accord avec Hedwige
On lit le roman vite, sans y penser, sans réfléchir, et on l’oublie tout de suite ; certes il ne laisse pas de mauvais souvenirs flagrants, c’est qu’en réalité il ne laisse pas de souvenirs du tout… Il est dommage qu’un livre sans défauts majeurs manque à ce point là de qualités. »),
mais la plupart des avis référencés par Bob sont beaucoup plus positifs ; beaucoup de lecteurs ont au contraire été touchés par le personnage ou intéressés par les étonnants secrets qui le guettaient.

Lu dans le cadre du partenariat entre Bob et les éditions 10-18.

(Tableau : American Gothic de Grant Wood, cité par le narrateur)

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274 p

Eli Gottlieb, Ainsi soit-il, 2008

 

* Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl