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24/04/2017

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire

manga_gourmet solitaire.jpgL'attention portée à l'oeuvre de Taniguchi cette année m'a fait repérer quelques titres prometteurs, moi qui ne connaissais cet auteur que de nom. Je pensais lire Quartier Lointain mais le dernier exemplaire venait de partir et j'ai opté pour Le Gourmet solitaire sur les conseils de la libraire. Je ne regrette pas du tout mon choix !

Le Gourmet solitaire, ce sont 18 chapitres et autant de rencontres gustatives et culturelles. Le personnage principal est un commercial célibataire, un loup solitaire qui, au gré de ses déplacements et sorties, nous fait partager le moment de son repas. Cela pourrait paraître ennuyeux à mourir mais, si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu au Japon, vous devriez vous régaler avec cet album qui s'adresse beaucoup à nos papilles, mais pas que.

Côté repas, c'est une cuisine simple que l'on découvre, une cuisine du quotidien, souvent traditionnelle mais aussi parfois inspirée par d'autres pays. Des plats goûteux, avec des éléments récurrents (légumes au sel et surtout riz, un incontournable pour le personnage principal). On voit notamment souvent le repas dans son ensemble avec les commentaires qu'il inspire au protagoniste, fin gourmet. Autant vous dire qu'on a envie de déguster la vraie cuisine japonaise après avoir lu cet album !

Mais la cuisine est aussi un bon moyen de découvrir la vie de tous les jours, entre la recherche d'un lieu où manger, la découverte de restaurants et gargotes en tous genres ainsi que la clientèle, observée par notre héros culinaire. Quelques commentaires laissent voir l'abîme entre nos deux cultures, avec un portrait du Japon qui n'est pas toujours flatteur (statuts hommes-femmes, ouverture vis-à-vis des étrangers...).

On ne sait pas grand-chose du personnage principal qui interagit globalement assez peu avec son entourage mais, paradoxalement, il parvient à être assez touchant.

Cet album est un vrai coup de coeur pour moi. Je craignais de ne pas prendre autant de plaisir à la lecture d'autres titres de Taniguchi mais je viens de réaliser qu'il y a une suite au Gourmet solitaire. C'est donc par là que je poursuivrai ma découverte...

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200 p

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, 1997

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05/04/2017

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga)

manga_black butler.jpgCeux qui suivent un peu les chroniques de votre fidèle et dévouée se souviendront peut-être de mes avis très mitigés à la découverte de la série Black Butler. Pourtant, de par son cadre d'inspiration victorienne, elle avait tout pour me plaire et me réconcilier avec les mangas, que je lis très peu. Malheureusement, les énormes aberrations historiques avaient eu raison de moi. De même, je n'avais pas du tout adhéré à l'humour, assez caricatural à mon avis. Pourtant, cette série de manque pas d'admirateurs.

Il aura fallu attendre le troisième tome pour que le déclic opère. Si je ne m'étais pas procuré les trois tomes d'emblée, je n'aurais sans doute pas renouvelé l'expérience, mais je suis désormais tentée de poursuivre l'aventure.

Black Butler, c'est l'histoire de ce majordome lié par un pacte diabolique à son maître Ciel, héritier de la maison Phantomhive. Ciel fait partie des chiens de garde de la reine, il doit ainsi veiller aux intérêts du royaume. Son majordome l'assiste dans cette tâche, résistant à l'épreuve des armes - qui ne font qu'abîmer ses vêtements impeccables. Dans le tome 3, Ciel a résolu l'affaire Jack l'Eventreur.

[Spoilers] Il découvre que sa tante est à l'origine des meurtres, assistée de Grell, un ange de la mort.

Sebastian et Grell vont se livrer un combat graphiquement très esthétique (bien que sanglant) tandis que la tante revient sur ses souvenirs. Cette intervention apporte une autre dimension au récit, lui donnant enfin la profondeur qui lui manquait. Peu de scènes à l'humour raté selon moi (malgré une qui m'a fait chercher mes sels en urgence), c'est un titre plus sombre que voilà.

Si je ne fais pas partie des inconditionnels de la série, me voilà prête à tenter le tome 4 !

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga), 2010

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25/10/2016

Yana Toboso, Black Butler T2 (manga)

bd manga_black-butler-tome-2.jpgJe poursuis ma lecture de la série Black Butler (j'ai de toute façon les trois premiers tomes à la maison) et dois avouer que je reste dubitative. Dans ce deuxième tome, le jeune noble et chien de garde la reine Ciel Phantomhive se rend à Londres avec son "diable de majordome" pour enquêter sur les meurtres de Jack l'Eventreur. Un pitch de départ classique et plutôt prometteur... on imagine une intrigue haletante, une enquête fouillée, une hypothèse intéressante ou originale quant à l'identité de l'assassin et bien entendu, un plongeon dans les quartiers d'une Londres victorienne. Je n'ai rien trouvé de tout ça en lisant ce deuxième tome (le premier m'ayant laissée un peu sur ma faim également).

Pourquoi ce manga ne m'a pas convaincue (autant arrêter de tourner en rond) ?

  • On pourrait être à Londres, à Paris ou New-York, Yana Toboso a accordé peu de place aux décors. Si ses costumes sont stylisés, elle ne parvient pas à rendre l'atmosphère victorienne. J'ai franchement eu l'impression que ce qui lui plaît, c'est de dessiner ses personnages mais que tout ce qui concerne les rues, les maisons, les vues d'ensemble, voire certains éléments de contexte (attelages, scènes du quotidien dans la rue...), bref, tout ce qui va au-delà d'un habit cintré ou des froufrous d'une robe lui passe un peu au-dessus.
  • ... Ce qui m'amène à mon deuxième point : on sent que le travail de documentation a été très léger ou en tout cas, qu'on ne s'en est pas assez imprégné avant de se lancer dans ce projet. D'où des scènes improbables. Vous me direz que si le personnage principal est diabolique, on ne doit pas trop chercher la vraisemblance : ce ne sont pas les péripéties que je remets en cause mais la toile de fond. A la traduction, on a fait le choix du tutoiement entre gens du même rang ou dès lors qu'il y a une hiérarchie descendante, or, dans un milieu aristocratique, les relations étaient très formelles et le vouvoiement est généralement choisi dans les dialogues traduits (le "you" n'a pas tant d'ambiguïté que ça dans ce cas). Vous me direz que je pinaille, mais lorsque vous saurez que, dans ce monde tellement à cheval sur l'étiquette, la tante de Ciel se permet de donner en public une petite tape sur les fesses du séduisant Sebastian en disant "pardon, ça m'a échappé", vous compatirez. Autre exemple, la tante et son domestique entrent chez Ciel avant que celui-ci ne soit arrivé et se mettent à fouiller partout pour trouver du thé : nous sommes dans la haute société à Londres en 1888, pas dans une colloc de Camden de nos jours !
  • Toujours dans la légèreté de la recherche historique, on ne peut pas dire que le cas de Jack l'Eventreur ait fait l'objet de beaucoup de documentation... ou alors, plus probablement, beaucoup de raccourcis ont été faits pour faciliter l'intrigue. Les informations dont les personnages disposent sur les meurtres sont inexactes et leur hypothèse de base pour trouver le meurtrier écarte d'emblée toute personne n'étant pas versée dans la médecine. Or, les meurtres laissaient penser que l'assassin avait des connaissances anatomiques mais d'autres hypothèses avaient été soulevées que celles d'une personne ayant étudié la médecine.
  • Enfin, les traits d'humour ne volent pas haut. Oui, il y a des blagounettes et non, elles ne m'ont pas fait sourire. J'ai même été un peu agacée par le début de ce volume, qui reprend à l'identique le schéma narratif du premier tome : le majordome qui fait tout, les trois domestiques incompétents dont deux qui font la même erreur que le jour précédent (ruiner le jardin en désherbant ou carboniser la viande prévue pour le repas à venir).

Au final, un avis très mitigé... je l'ai lu par curiosité, c'est une lecture qui fait passer le temps mais superficielle et agaçante dans bien des domaines. Le prochain tome promet la lutte entre deux majordomes. Espérons que l'intrigue s'étoffe un peu. 

Avec quelques jours de retard, dans le cadre de la LC Haunted and scary London.

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T2, 2007

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19/10/2016

Yana Toboso, Black Butler T1 (manga)

manga black butler tome 1.jpgCeux qui lisent ce blog depuis un moment se seront peut-être rendu compte du fait que je n'étais pas une grande amatrice de mangas. Soyons clairs, je n'y connais rien, je suis parfois attirée par certaines séries mais ne suis pas forcément convaincue quand je feuillette un tome au hasard.

Jusqu'ici, seuls deux mangas sont vraiment sortis du lot pour moi : Le Pays des Cerisiers et Vampire Knight (dont j'ai lu les premiers tomes). Alors que les mangas d'inspiration victorienne ont a priori tout pour me plaire, je suis passée complètement à côté de Steamboy (film d'animation) ou du tome 1 de la série Emma. Sans être un coup de coeur, le tome 1 de Black Butler s'en tire un peu mieux ! 

Sebastian est majordome, au service de Ciel Phantomhive, héritier d'une prestigieuse lignée. C'est un majordome parfait, qui gère le domaine à la tête d'une équipe de bras cassés sans cervelle. Son travail dépasse de loin celui associé à sa fonction. Il excelle dans les arts martiaux, joue les pâtissiers pour son jeune maître et dirige l'emploi du temps de celui-ci. Ses talents sans limite sont tout de même quelque peu suspects... et il y a effectivement anguille sous roche !

Ce premier tome est articulé en quatre chapitres, passant d'un ton léger à un registre beaucoup plus sombre. On plante d'abord le décor : la grande propriété, l'enfant héritier au tempérament orageux, le majordome indispensable mais aussi omnipotent, les autres domestiques inutiles éblouis par Sebastian, la fiancée hystérique de Ciel (promis à elle à la naissance). Puis on commence à comprendre que les Phantomhive ont un rôle particulier et oeuvrent pour la reine, alors que d'autres grandes familles menacent l'équilibre du royaume. C'est dans ce cadre que l'aide de Sebastian s'avère particulièrement précieuse... et que le personnage en dévoile davantage sur son identité, bien plus complexe qu'il n'y paraît.

Je n'ai pas été particulièrement convaincue par les scènes les plus légères (quelques traits d'humour sympathiques mais les domestiques autant que la fiancée sont caricaturaux et agaçants), ni par la mise en place de l'histoire (j'ai trouvé la démonstration des nombreux talents du majordome un tantinet ennuyeuse dans les premiers chapitres ; par ailleurs on est en Angleterre sans y être, la restitution étant un peu superficielle).

En revanche, le thème du pacte avec le diable et l'ambiguité des relations entre Ciel et Sebastian sont annonciateurs de rebondissements intéressants et pourraient bien donner beaucoup de sel à une série qui, sans cela, resterait un brin fade. Ajoutons aussi dans les points positifs le brouillage historique : un cadre plutôt victorien mais l'utilisation de technologies plus récentes (dont les armes à feu ou l'usage des portables par exemple). Bien exploité, cela pourrait offrir un cadre intéressant pour la suite...

Lu pour la BD halloweenesque du mercredi.

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208 p

Yana Toboso, Black Butler T1, 2009

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18/01/2012

Exposition universelle et steampunk

steamboy2.jpgVoilà un film d'animation que je voulais voir depuis un moment et malheureusement, une déconvenue. M'intéressant beaucoup à l'époque victorenne (vraiment ? vous ne l'auriez jamais deviné !), je suis attirée depuis un certain temps déjà par les romans fantastiques inspirés de l'époque et parmi eux, les romans steampunk. Il y a quelques mois, j'ai découvert par hasard l'existence de Steamboy, film d'animation ayant pour cadre l'exposition universelle de Londres.

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Ray Steam est fils et petit-fils d'inventeurs brillants, dans un monde où les technologies à vapeur progressent sans cesse et les scientifiques se livrent une compétition rude. Lorsque le film commence, Ray vient de recevoir une boule à vapeur surpuissante que son grand-père lui demande de remettre au professeur Robert Stevenson. L'objet en question est en réalité convoité par plusieurs scientifiques et, du début à la fin, la question sera de savoir à qui confier cette boule et dans quel but. Car Ray déchante rapidement : lui qui est brillant et plein d'illusions se rend rapidement compte des motivations des hommes qu'il croise, à savoir l'ambition, la soif de pouvoir ou d'argent. Stevenson et le père de Ray (défiguré à la suite d'une expérience) se battent pour développer les meilleures technologies militaires et n'hésitent pas à profiter de l'exposition pour montrer les terribles machines qu'ils sont parvenus à développer.

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SteamBoy_1.jpgLe sujet pourrait être intéressant mais j'ai trouvé le scénario léger et le film d'une lenteur épouvantable. Les scènes d'action s'enchaînent à n'en plus finir et je dois avouer que je trouve ce genre de film d'un ennui mortel. Les personnages ont la psychologie d'un poisson rouge sous laudanum, entre les vilains méchants voulant asservir le monde mouah ahahah et les rares gentils intelligents et courageux qui se doivent de triompher à la fin. Le seul personnage féminin un peu développé est la petite Scarlet, petite-fille d'industriel odieuse à force d'être gâtée, très drôle et parfois étonnante dans ses réactions (voyant que les machines guerrières détruisent tout sur leur passage sans savoir que l'entreprise avait envisagé de faire une telle démonstration de force, elle ordonne simplement avec autorité à son habituel souffre douleur de ne pas perdre cette guerre... alors qu'on aurait pu imaginer qu'un tel événement la bouleverserait et la ferait évoluer). Mais à part la petite peste Scarlet et quelques beaux paysages londoniens, que de machines, de vapeur et d'explosions ! Quant à l'esthétisme je suis assez partagée, ayant trouvé les personnages assez basiques (on aurait dit les mangas que je regardais il y a près de 20 ans) et le tout un peu sombre.

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Bref, j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu ! Mr Lou lui, a un peu plus apprécié, ayant mieux résisté à la surdose de testostérone (mais il n'en attendait pas grand-chose, si ce n'est un nouveau “navet” victorien).

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Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo (2004)

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