Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2018

M. C. Beaton, T11, Agatha Raisin and the Love from Hell

: editions constable,roman anglais,roman policier anglais,angleterre,challenge british mysteries,m. c. beaton,agatha raisin,agatha raisin and the love from hell

Photo Copyright Myloubook

Après avoir lu le dixième tome des aventures d’Agatha Raisin pendant mes vacances, j’ai eu envie de la retrouver rapidement, ne voulant pas rester sur ma faim suite aux derniers rebondissements.

Après deux escapades en Angleterre, sur la côte et dans le Norfolk, Agatha Raisin retrouve donc Carsely et découvre la vie à deux avec James, qu’elle a finalement épousé. Le mariage se veut moderne : chacun garde son cottage et Agatha conserve son nom de jeune fille. Malheureusement, comme on pouvait s’y attendre avec ce mariage précipité, le bonheur n’est pas au rendez-vous. L’ancien célibataire endurci a bien du mal à accorder à Agatha l’indépendance dont elle a besoin. Il s’avère un époux tatillon, attendant d’Agatha qu'elle se comporte en bonne ménagère des années cinquante, tout en lui faisant des remarques sur son style vestimentaire. Bien évidemment, notre inénarrable héroïne n’est pas prête à accepter n’importe quoi – malgré une première période de confusion !

Très rapidement, un événement va bouleverser ce (très) fragile équilibre. James disparaît après avoir été attaqué chez lui. Puis Melissa Sheppard, avec qui il semblait avoir une aventure, est assassinée. Aidée de Sir Charles Fraith, désormais un soutien incontournable, Agatha va mener l’enquête pour s’innocenter et retrouver James, s’il est encore vivant.

Un excellent opus que j’ai dévoré avec un plaisir renouvelé. Le tandem peu conventionnel Charles-Agatha fonctionne toujours aussi bien. Leur amitié est de plus en plus tangible, avec un Charles moins égoïste (mais tout aussi pingre) qu’à l’habitude. Charles semble s’attacher véritablement à celle qu’il ne suivait au départ que par goût de l’aventure. On retrouve également le policier Bill Wong et l'ambitieux Londonien Roy Silver avec plaisir. Agatha questionne sa relation avec James au cours de leur enquête et l’issue surprenante laisse beaucoup de possibilités d’évolution pour la suite. Enfin, l’enquête m’a paru plus fouillée qu’habituellement. Certes, nos deux détectives amateurs ont du flair et pas mal de chance, mais leurs raisonnements m’ont semblé plus construits – il faut dire qu’il arrive souvent à Agatha de fouiner partout maladroitement jusqu’à faire peur au tueur, qui finit par se découvrir. Nous retrouvons les Cotswolds mais voyageons aussi jusqu’à Londres, Cambridge, Wyckhadden et le Sud de la France. Difficile de rentrer au bercail après cet agréable périple ! J’ai désormais hâte de me plonger dans l’opus suivant – surtout que j’ai eu le malheur d’en lire les premières pages et découvert un nouveau retournement de situation (mais il faudra peut-être me résoudre à faire une pause pour honorer le Mois américain puis le challenge Halloween).

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

314 p

M. C. Beaton, T11, Agatha Raisin and the Love from Hell, 2001

British mysteries 2016_2.jpg  feel good01.png

05/09/2018

M. C. Beaton, T10, Agatha Raisin and the Fairies of Fryfam

20180825_143624.jpg

Photo Copyright myloubook

Après la station balnéaire, le Norfolk ! Agatha Raisin désespère de son absence de relation avec James et décide de repartir. Cette fois-ci, elle suit les conseils de la diseuse de bonne aventure rencontrée lors du tome précédent et part dans la région où elle pense peut-être rencontrer l'âme soeur. La voilà à Fryfam, dans un cottage de location. Le climat est rude, son logement est chauffé exclusivement par les cheminées présentes un peu partout, le pub ne sert que des boissons. C'est aussi le repère exclusif d'une bande de maris antipathiques, fantasmant tous sur la belle barmaid. Et si quelques voisines viennent rendre une visite de bienvenue à Agatha, celle-ci les entend médire dès qu'elles repartent, peu convaincues par les récits enlevés de la nouvelle venue au sujet de ses enquêtes passées. Bref, notre intrépide héroïne regrette déjà Carsely. 

Néanmoins, dans ce coin reculé et peu avenant, plusieurs évènements vont éveiller la curiosité d'Agatha. Des lumières qui scintillent au bout de son jardin, d'origine indéterminée. Des objets qui disparaissent mystérieusement. Des villageois qui croient aux fées. Puis un assassinat : le propriétaire terrien du coin, un parvenu qui tente d'oublier les origines de sa fortune (les salles-de-bain) et de jouer les seigneurs en triant ses fréquentations sur le volet et en passant son temps libre à chasser. Même si notre intrépide quinquagénaire envisage à plusieurs reprises de plier bagage, elle finit par rester pour mener l'enquête, également poussée par Sir Charles venu lui rendre visite.

Une nouvelle enquête loin de James, où le délicieux Charles fait son retour. Egal à lui-même, imprévisible et égoïste, il forme avec Agatha un tandem irrésistible et dynamique dont je ne me lasse pas. Comme dans le tome précédent, tout semble suggérer que ces lumières ne sont qu'une mascarade mais, pour ceux qui aiment imaginer que les fées sont bien réelles, le doute est encore permis à l'issue des dernières pages. Un opus dans la lignée du précédent, flirtant avec les superstitions tout en nous éloignant un peu de Carsely - mais pas trop. Seule déconvenue: le renversement de situation brutal avec James, qui m'a rappelé la fin du tome 4 sur l'affaire des randonneurs. Mais Agatha, qu'as-tu encore fait ?

Une lecture parfaite cet été, savourée comme il se doit au bord de la piscine (histoire de ne pas trop souffrir du climat du Norfolk).

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

263 p

M. C. Beaton, T10, Agatha Raisin and the Fairies of Fryfam, 2000

British mysteries 2016_2.jpg  feel good01.png

01/09/2018

M. C. Beaton, T9, Agatha Raisin and the Witch of Wyckhadden

m.c. beaton_t9_wyckhadden.jpg

Lu à l'origine pour le Mois anglais, le tome 9 de la série Agatha Raisin s'est avéré un bon cru. Suite à son enquête précédente dans le monde des coiffeurs, une aventure qui avait laissé notre héroïne partiellement chauve (suite à un shampoing à la crème dépilatoire), Agatha s'est enfuie sur la côte anglaise à Wyckhadden pour éviter que son cher James ne la voie défigurée. La voilà qui loge dans un vieil hôtel au luxe démodé, dans une station balnéaire vide, sous la pluie, avec pour seuls compagnons les résidents à l'année de l'hôtel, tous à la retraite. Ce petit groupe aux allures de Cluedo semble faire front contre la nouvelle, qu'ils invitent à leurs parties de scrabble mais tiennent à l'écart de toute discussion intéressante. En particulier lorsqu'il s'agit de commenter le meurtre de la sorcière locale, reconnue pour ses potions diverses et variées et ses dons de medium. Agatha ayant une fois de plus un lien direct avec l'affaire, elle ne tarde pas à faire connaissance avec la police locale, qui la suspecte. Agatha usera également d'un philtre d'amour pour tenter de séduire l'inspecteur local... sans croire à l'efficacité des décoctions de la victime.

Un opus réussi à plus d'un titre. Nous quittons les Cotswolds mais, s'il offre un peu de variété, le cadre reste délicieusement anglais. Un nouvel homme fait son entrée dans la vie de notre quinquagénaire en quête d'amour, ce qui ne nous empêche pas de retrouver l'exquis Sir Charles, tout aussi sans gêne et charmant que d'habitude... ainsi qu'un James contrarié, qui n'aime pas voir son ex-fiancée aussi indépendante et bien entourée. Jusqu'au bout, le doute subsiste quant aux pouvoirs de ladite sorcière : à chacun de trancher entre superstition et une approche plus rationnelle. Un tome qui permet à la série de se renouveler et apporte un nouveau souffle à la vie sentimentale d'Agatha, aussi chaotique soit-elle. En revanche, les précédentes aventures ne lui ont pas mis plus de plomb dans la cervelle et les amateurs trembleront une fois de plus pour leur enquêtrice de choc

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

3,5coeurs.jpg

 

 

262 p

M. C. Beaton, T9, Agatha Raisin and the Witch of Wyckhadden, 1999

British mysteries 2016_2.jpg  feel good01.png

05/08/2018

Jennifer Ryan, La Chorale des Dames de Chilbury

ryan_chorale dames de chilbury.jpg

Photo MyLouBook

Repéré pendant le Mois anglais grâce à LadyDoubleH et FondantGrignote, La Chorale des Dames de Chilbury est un roman feel good de bonne facture, comparé par l'éditeur au Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou La Dernière conquête du major Pettigrew. Il devrait également plaire aux amateurs du Manoir de Tyneford, qui traite de la même époque.

1940. La guerre s'étend en Europe. Les soldats anglais partent à leur tour, même si le pays n'a pas encore été attaqué. Le petit village de Chilbury se retrouve sans hommes et le pasteur décide de suspendre la chorale, privée de ses voies masculines. Alors qu'est célébrée une messe en l'honneur du premier disparu (un sale type, au passage), les femmes de Chilbury déplorent cette décision, l'autoritaire Mrs B. tentant de monter au créneau auprès du pasteur. En vain. Mais peu de temps après, Miss Primrose Trent (Prim) vient s'installer dans le village. Musicienne de profession, elle convainc le pasteur de la laisser recréer une chorale, La Chorale des Dames de Chilbury. Cette première étape va donner confiance aux femmes du village qui, peu à peu, vont évoluer et oser s'affirmer face à la guerre et aux hommes, dont l'autorité, voire dans un cas précis le despotisme, sont totalement remis en question.

ryan_dames de chilbury.jpg

Formé de lettres, de journaux intimes, d'annonces dans la presse ou à la mairie, ce roman met en avant des personnages variés dont la complexité ou les failles vont être mis en lumière ou questionnés par cette production croisée. Ce que l'on tient pour acquis au début du récit est progressivement nuancé par la suite. Les personnages féminins évoluent lorsqu'ils sont confrontés à des évènements dans leur vie en temps de guerre. Les circonstances vont permettre à certaines de se découvrir une dose de courage insoupçonnée, ou tout simplement, les aider à donner des priorités à leur vie, quitte à remettre en cause les habitudes, les conventions et ce que l'on peut attendre d'elles.

Evidemment, comme dans tout Feel good qui se respecte, il y aura de l'amitié, de l'amour, des déconvenues, quelques passages dramatiques. Les ingrédients sont là et la recette est réussie... point trop léger, ce roman qui ne manque pas de charme et d'humour est habilement construit et laisse peu de répit au lecteur. Difficile de le reposer! Un très joli moment de lecture, à savourer sans se priver dès cet été !

Deux avis découverts depuis : LadyRomance et Une Française dans la Lune.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte !

jennifer ryan,la chorale des dames de chilbury,challenge feel good,le mois anglais,angleterre,angleterre 2e guerre mondiale,2e guerre mondiale

Ce sera ma dernière participation tardive au Mois anglais, avant le billet de bilan... mais aussi une nouvelle participation au challenge de Soukee.

jennifer ryan,la chorale des dames de chilbury,challenge feel good,le mois anglais,angleterre,angleterre 2e guerre mondiale,2e guerre mondiale

 

 

460 p

Jennifer Ryan, La Chorale des Dames de Chilbury, 2018

logo mois anglais 2018.jpgfeel good01.png

 

21/07/2018

Ian McEwan, My Purple Scented novel

mcewan_purple scented novel 01.jpg

Le week-end dernier, alors que je profitais de l'incontournable virée au Waterstones de Picadilly, mon oeil innocent s'est posé sur une pile de livres au petit format peu épais. La couverture était faite pour séduire les amoureux des livres et le titre poétique délicieusement mystérieux. Quand j'ai vu qu'il s'agissait d'une nouvelle de Ian McEwan, je me suis emparée de ce curieux objet sans même essayer d'en savoir plus sur son contenu, impatiente d'être surprise.

My Purple Scented novel nous présente deux amis inséparables devenus auteurs. Les deux jeunes gens ont étudié ensemble, ont partagé leurs débuts de carrière, lu les mêmes livres et découvert et critiqué leurs proses respectives dans un esprit de camaraderie et d'ouverture constructif. Ils ont partagé leurs partenaires, laissé croire qu'ils menaient une relation homosexuelle débridée sans que leurs tentatives de ce côté-là ne les convainquent vraiment. Puis le narrateur (Parker) s'est marié, a fondé une famille, est devenu enseignant, s'est progressivement éloigné de Londres et a continué à publier quelques romans plutôt bien accueillis par la critique, mais sans succès commercial. A l'inverse, après avoir écrit un scénario pour la télévision, son ami Jocelyn est devenu célèbre, ses romans ont connu le succès et lui ont permis de mener une existence luxueuse dans une maison au coeur de Londres, entouré du gratin littéraire et artistique de l'époque.

Cette nouvelle fait référence à un roman de Martin Amis que je serais désormais curieuse de lire, The Information. Dans ce roman, deux amis s'amusent à imaginer les meilleures façons dont un auteur pourrait en anéantir un autre. C'est cette idée que va développer Ian McEwan, qui donne le ton dès le début : "His rise coincided with, though did not cause, my decline. Then his descent was my earthly triumph" (p1). C'est la démonstration de cette affirmation que nous suivrons tout au long de cette nouvelle cruelle et menée d'une main de maître par un Ian McEwan que je découvre pour la première fois en tant que nouvelliste. A glisser sans hésitation dans votre sac de plage ou à déguster un verre de Pimm's à la main cet été ! Et je vous quitte sur le mot de la fin : "Cheers !"

34 p

Ian McEwan, My Purple Scented novel, 2016

logo mois anglais 2018.jpg

08/07/2018

Angela Huth, Valse-Hésitation

huth_valse-hesitation-angela-huth-maitre-de-ballet-web-tete-0301570268010.jpg

Source image

J'enfoncerai une porte ouverte en rappelant à quel point nos lectures sont soumises à notre état d'esprit du moment. Mais rien ne saurait mieux expliquer mon rapport à ce roman de jeunesse d'Angela Huth récemment publié aux Editions de la Table Ronde. Il m'a fallu plusieurs jours pour arriver poussivement à bout des 80 premières pages avant de renoncer au profit d'une autre lecture. Valse-Hésitation n'est pas le seul livre à avoir connu ce sort au cours des deux derniers mois. Puis hier, plus d'un mois après, voilà que je reprends ma lecture et que je dévore en deux jours le roman jusqu'à la dernière page. Mieux vaut se laisser du temps parfois, plutôt que de s'acharner sans plaisir aucun et de passer à côté d'un beau roman.

Dans Valse-Hésitation, nous faisons la connaissance de Clare, une jeune femme qui vient de se rendre aux obsèques de son premier mari, un officier de marine. Clare était presque adolescente lors de ce premier mariage, la "femme-enfant" d'un homme finalement plus porté sur les femmes aux courbes généreuses, ce qui l'a finalement conduit à s'installer avec une Espagnole plus âgée que Clare.

Depuis, Clare a épousé Jonathan, qui se veut écrivain et constitue un mari attentionné, aimant, mais trop envahissant et bourré d'idées préconçues sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, qu'il s'agisse du menu le jour des noces ou de la décoration de la cuisine, en passant par la gestion des glaçons. Au début de ce roman, à la demande de Clare, le couple s'est séparé pour six mois le temps de réfléchir à leur relation et à leur avenir, commun ou non. Jonathan est parti très déprimé et s'est installé dans une mansarde à Rome. Clare vit dans leur maison de Kensington, tournant en rond dans un décor qui l'exaspère.

Cette période va être marquée par deux rencontres. Celle de Mrs Fox, une vieille dame pleine de surprises, et de Joshua, qui réalise des reportages et la fascine dès le premier soir par son comportement détaché et déconcertant. Joshua va rapidement devenir son amant, on s'en doute, sous les yeux bienveillants de Mrs Fox qui recommande de prendre un amant jeune plutôt que de courir le risque d'une névrose sur le tard. C'est cette parenthèse de six mois que nous vivrons avec Clare, dont nous entrevoyons également les souvenirs de ses précédents mariages, souvent lorsqu'elle revit avec Joshua des situations parallèles.

Je m'attendais à la fin après avoir lu La vie rêvée de Virginia Fly : on ne peut pas dire qu'Angela Huth épargne ses personnages. Elle ne leur laisse aucune chance et les conduit tranquillement à la chute que l'on devine, dans un récit qui ferait une délicieuse pièce de théâtre, pleine de mordant. Les protagonistes vivent des bouleversements tout en masquant de nombreuses émotions, tentent de vivre spontanément et de saisir l'instant : excès de vitesse en voiture, musique tonitruante, escapade sur la côte dans une pension miteuse, une dernière soirée passée à danser sur la plage au son de When I'm 64, joué par un homme-orchestre... Des instants de vie qui, pris bout à bout, dessinent le portrait d'une Clare moins indépendante qu'on ne le croyait. Un roman où l'on sent également vibrer l'époque (fin des sixties ou début des seventies), d'autant plus mise en avant par le personnage de Mrs Fox, qui a traversé le siècle avec beaucoup de panache et qui aujourd'hui, écoute autant de la musique classique que les Beatles, met le volume à fond et se rend à des manifestations publiques histoire de vivre des émotions et de prendre part à l'évènement, quel qu'il soit.

Valse-Hésitation est un roman délicieusement anglais, qui parvient à faire de la vie d'une femme malheureuse en amour une comédie féroce et fort réjouissante.

Merci aux éditions de la Table Ronde pour cette découverte !

quai voltaire.jpg

 

 

 

 

 

 

3,5coeurs.jpg

 

 

229 p

Angela Huth, Valse-Hésitation, 1970

logo mois anglais 2018.jpg

25/06/2018

Patricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes

elliott_house of eyes.jpg

1909. La jeune Connie Carew est orpheline et vit dans une grande maison mal entretenue d'un quartier aisé de Londres, avec ses deux tantes et son oncle par alliance. Connie rêve de devenir anthropologue. Pour se préparer à son futur métier, elle visite assidument le British museum et prend des notes sur ses congénères, à commencer par sa famille. Aunt Sylvie est une drôle de femme chauve aux habits extravagants, qui vit dans son monde, persuadée de communiquer avec des absents ou de sentir ou deviner certaines choses. Aunt Dorothea est accablée par la disparition de sa fille Ida il y a des années de cela, alors qu'elle était bébé. Son deuxième mari, Mr Thurston, est un personnage désagréable qui régente tout son entourage avec autorité et mauvaise humeur. 

Lorsque s'ouvre le roman, Connie se rend avec ses deux tantes à une séance de spiritisme, où le retour proche de la jeune Ida leur est annoncé. Et peu de temps après, une jeune femme frappe à la porte des domestiques pour postuler à un emploi chez eux. Son prénom et un médaillon qu'elle porte persuadent Aunt Dorothea de son identité : l'enfant tant attendu est revenu. La vie dans la maison est alors chamboulée. Aunt Dorothea quitte ses tenues sombres et se remet à sortir, ce qui n'est pas pour plaire à son époux, visiblement plutôt satisfait d'avoir une femme souffreteuse à la maison. Quant à Ida, elle est belle, chante divinement bien et son franc-parler peu raffiné fait finalement d'elle la coqueluche de la bonne société, qui trouve tout cela bien rafraîchissant. Ida devant hériter d'une grande fortune, la presse avait couvert sa disparition et s'empresse de la remettre à l'honneur. Au milieu de toute cette effervescence, seule Connie a des doutes sur la véritable identité de sa cousine retrouvée. Qui plus est, elle a remarqué qu'elle était suivie par un homme inquiétant. Que lui veut-il ? Est-elle en danger ? La jeune Connie va mener l'enquête.

Ce roman jeunesse m'avait attiré avec sa jolie couverture, j'ai un peu hésité à le lire et force est de constater qu'il s'agit d'une belle surprise. Connie est jeune mais futée et courageuse, sans avoir le côté écervelé ou téméraire d'autres héroïnes de ce type de romans. Sa maison offre un cadre intrigant, avec ces tâches d'humidité qui évoquent des visages monstrueux et qui semblent l'observer dans sa mansarde. Certains personnages sont rocambolesques, d'autres moins mais tous ont leur caractère et leurs aspérités. Une intrigue bien menée, un peu d'aventure, de l'amitié, un cadre édouardien et un soupçon de spiritisme, voilà qui fait au final un cocktail savoureux ! J'ai vu récemment que ce roman et le suivant ont été traduits en français (comme la question m'est parfois posée quand je lis en anglais). On en redemande !

Une participation au rendez-vous Roman historique du jour.

4coeurs.jpg

 

 

298 p

Patricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes, 2015

logo mois anglais 2018.jpgPatricia Elliott, A Connie Carew Mystery T1, The House of Eyes, le mois anglais, challenge british mysteries, époque édouardienne, angleterre, angleterre  debut xxe, roman jeunesse anglais, spiritisme

22/06/2018

The Guernsey Potato Peel Pie Society [Film]

The Guernsey Potato Peel Pie Society, challenge feel good, le mois anglais, costume drama, film d'époque, guernesey, période de l'occupation

En 2011, je chroniquais The Guernsey Literary & Potato Peel Pie Society, roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows qui avait connu un succès retentissant sur la blogosphère. J'en gardais le souvenir d'un roman doudou plein de fraîcheur, alors lorsque j'ai vu qu'un film venait d'en être tiré, je n'ai pas tardé avant de m'octroyer une séance cinéma. Un costume drama "à la BBC", ça ne refuse pas !

Pour le pitch, je peux reprendre mon introduction du roman: Jeune écrivain révélé par ses chroniques humoristiques en temps de guerre, Juliet Ashton fait une tournée de promotion lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, Dawsey Adams. Celui-ci a trouvé le nom de Juliet dans un livre d'occasion qu'il s'est procuré et la contacte afin d'obtenir l'adresse d'une librairie à Londres pour commander d'autres oeuvres de Charles Lamb, qui lui a beaucoup apporté pendant l'occupation.

the guernsey potato peel pie society,challenge feel good,le mois anglais,costume drama,film d'époque,guernesey,période de l'occupation

Mais la comparaison s'arrête là malheureusement. Car le réalisateur de Quatre mariage et un enterrement a choisi de donner un tour beaucoup plus romantique à son film. La correspondance est limitée : très rapidement, Juliet décide de se rendre à Guernsey. Elle plante sa tournée de promotion et un charmant Américain, qui la demande en mariage et lui offre une énorme bague de fiançailles devant le bateau en partance pour l'île. Juliet va participer à une première séance du club de lecture fondé sous l'occupation. A partir de là, elle va chercher à en savoir plus sur certains mystères entourant le groupe, et notamment, la disparition d'Elizabeth, qui en faisait partie. Tout cela en tournant autour de l'éleveur de porcs Dawsey Adams, qui ne manque pas de charme.

J'ai passé un agréable moment avec ce film qui réunit une belle brochette d'acteurs de Downton Abbey. J'ai savouré les vues de "Guernesey" (en grande partie tournées ailleurs, en Cornouailles notamment...), souri devant des petits moments d'humourcomme l'explication du nom farfelu - et je me suis vraiment intéressée aux membres du club, servis pour la plupart par de très bons acteurs.

the guernsey potato peel pie society,challenge feel good,le mois anglais,costume drama,film d'époque,guernesey,période de l'occupation

Je n'hésiterai pas à le revoir si j'en ai l'occasion, et pourtant, ce n'est pas un coup de coeur ! Trop de mièvrerie, une histoire d'amour naissante envahissante qui laisse trop peu de place aux personnages secondaires hauts en couleur. En relisant mon article sur le roman, je m'aperçois que le film a bel et bien détourné l'intrigue initiale du livre, donnant dans la romance à l'eau de rose quand les points de vue et les personnages s'entrecroisaient davantage dans la version écrite. Et cette Juliet est une jolie jeune femme sympathique, mais qu'a-t-on besoin de la voir se mordiller les lèvres en gros plan à deux reprises, soupirer, regarder en l'air, voir sa respiration s'accélérer dès qu'elle est en situation de stress... trop de minauderies, de regards énamourés ou inspirés (selon les circonstances), d'autant plus que ce n'est franchement pas le personnage le plus intéressant dans cette histoire !

Ce n'est certainement pas un grand film, c'est probablement une assez mauvaise adaptation, mais c'est un film qui se laisse volontiers regarder, plein de bons sentiments, qui vous tirera des larmes et vous donnera envie de prendre le bateau pour Guernesey. A réserver aux adeptes de costume dramas, qui seront servis par le superbe cadre et l'attention portée aux costumes et au décor.

Un film qui s'inscrit dans le cadre du Mois anglais de par le réalisateur, le casting et les quelques scènes tournées à Londres.

3coeurs.jpg

 

 

The Guernsey Potato Peel Pie Society [Film de Mike Newell], 2018

Mois anglais 2013_01.jpgfeel good01.png

13/06/2018

Cambridge : Another view

20170505_181628.jpg

Photos MyLouBook

Cambridge est un de mes lieux favoris en Angleterre. Les photos de ce billet ont été prises lors d'une deuxième visite. Une sélection qui a été amusante à faire et a fait remonter des souvenirs car c'est dans un contexte beaucoup plus familial que j'ai retrouvé cette ville. Malgré tout, j'ai trouvé quelques clichés à partager avec vous pour ce rendez-vous oxbridgien et campus anglais.

Ces photos ont été prises en mai 2017.

20170506_145753.jpg

20170506_162849.jpg

20170506_163638.jpg

20170506_163906.jpg

20170506_164116.jpg

20170506_164347.jpg

20170506_164926.jpg

20170506_165107.jpg

20170506_165432.jpg

20170507_105959.jpg

20170507_111126.jpg

20170507_113251.jpg

So, fancy a visit ?

Photos MyLouBook

logo mois anglais 2018.jpg

10/06/2018

Scarborough : Enjoying the English seaside

20180510_152156.jpg

All pictures : Copyright MyLouBook

Aujourd'hui, outre les exquises gourmandises du dimanche de Syl (auxquelles je ferai honneur la semaine prochaine : je ne suis pas peu fière d'avoir préparé un banana bread de circonstance), l'autre rendez-vous thématique était le bord de mer anglais. La côte anglaise me fait rêver mais force est de constater qu'elle n'est pas très présente sur ce blog.

J'ai donc décidé d'y remédier en partageant avec vous les photos d'une journée à Scarborough, il y a un mois.

******

Scarborough, j'avais déjà envisagé d'y aller en 2010, lors d'un premier voyage dans le Yorkshire et d'un pèlerinage à Haworth, où j'avais découvert qu'Anne Brontë n'était pas enterrée avec ses soeurs. La famille Brontë a connu son lot de deuils et lorsqu'Anne mourut à son arrivée à Scarborough, où on l'avait envoyée pour la sauver, Charlotte décida de l'enterrer sur place pour épargner à leur père la douleur d'une nouvelle cérémonie funèbre. 

L'une des raisons de ma visite de Scarborough était donc d'aller dans cette charmante église puis dans une partie un peu à l'écart du cimetière, pour rendre hommage à Anne Brontë. J'avais lu que sa tombe surplombe la mer et j'avais imaginé quelque chose d'assez romantique, comme une falaise battue par les vents. Mais le temps ayant passé, la tombe (qui fait davantage face à l'église qu'à la mer, d'ailleurs) est surtout en haut d'un parking. Un parking bien vert, certes, mais les voitures en contrebas n'ont pas manqué de me surprendre. 

La gestion des cimetières est quelque chose d'assez curieux à Scarborough. On sent bien que les paroissiens ont manqué de place et que les morts ont dû faire place neuve pour les vivants. Le cimetière autour de l'église est coupé par quelques chemins et s'étend sur une large superficie. Le parking en contrebas est entouré de tombes. Et à divers endroits, on croise quelques tombes là où ne les attend pas, plus ou moins entassées les unes sur les autres, toujours sur cette colline qui mène de l'église à la mer.

20180510_125441.jpg

20180510_130403(0).jpg

******

Scarborough, c'est donc aussi la mer, la pêche, la plage...

20180510_151441.jpg

20180510_145954.jpg

20180510_151657.jpg

20180510_152534.jpg

20180510_153003.jpg

20180510_155738.jpg

******

Enfin, Scarborough, c'est l'architecture propre aux villes balnéaires. Du blanc, du bleu du pastel... Au détour de chaque rue, de jolies façades, parfois un peu malmenées par le climat maritime.

20180510_114135.jpg

20180510_132229.jpg

20180510_112331.jpg

20180510_103724.jpg

20180510_123703.jpg

20180510_132104.jpg

20180510_132500.jpg

20180510_132533.jpg

20180510_172009.jpg20180510_172208.jpgIMG_20180510_182521.jpg

All pictures : Copyright MyLouBook

Fancy a visit ?

******

logo_mois-anglais-tea-time.png

06/06/2018

Brimham Rocks : Memories of a sunny day

Brimham-Rocks-0234.jpg

Source photo : Britain Express

Au mois de mai, j'ai découvert Brimham Rocks, situés en bordure des Yorkshire Dales. Sculptures rocheuses naturelles dans des paysages verdoyants et vallonnés, champs, forêts et landes alentours, voilà qui avait de quoi nous enchanter lors d'une belle randonnée sous un soleil de plomb (si si !). Un lieu impressionnant qui dépend à juste titre du National Trust.

BrimhamRocks.jpg

Source Photo : Nidderdale AONB

Après les photos ci-dessus destinées à vous donner une meilleure idée des formations rocheuses (je me suis aperçue que Petite Lou figurait sur la plupart de nos photos les plus impressionnantes), voici ci-dessous quelques souvenirs de cette belle journée.

IMG_20180506_125314.jpg

IMG_20180506_142851.jpg

IMG_20180506_143256.jpg

IMG_20180506_143539.jpg

IMG_20180506_144106.jpg

IMG_20180506_144658.jpg

20180506_152107.jpg

20180506_160135.jpg

20180506_150713-PANO.jpg

Photos Copyright MyLouBook

logo mois anglais 2018_1.jpg

04/06/2018

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death

julia chapman,the dales detective series,t1,date with death,le mois anglais,challenge british mysteries,angleterre,roman à suspense anglais

Au mois de février, j'ai craqué pour cette belle couverture lors d'un voyage à Londres et je suis revenue avec les deux premiers tomes de la série The Dales Detective series. J'ai choisi le premier tome pour m'accompagner au mois de mai lors d'une dizaine de jours dans le Yorkshire. Nous ne logions pas dans les Dales mais y avons fait une randonnée par une superbe journée.

Voilà pour l'anecdote. Pour ce qui est de cette série qui est également sortie récemment en français, vous y trouverez tous les ingrédients indispensables aux cosy mysteries, les petites vieilles bavardes incluses, la dentelle en moins. Ici nous sommes dans un village au fin fond du Yorkshire, les habitants sont nettement plus bruts de décoffrage. Entre la femme de ménage qui recadre les clients peu soigneux ou le patron de pub maussade, le tout avec un fond de vent et de pluie et une ruralité au quotidien parfois difficile, et vous aurez un environnement nettement plus rude que ceux auxquels nous ont habitué d'autres auteurs. 

julia chapman,the dales detective series,t1,date with death,le mois anglais,challenge british mysteries,angleterre,roman à suspense anglais

Dans ce contexte, l'ancien rebelle Samson revient dans son village natal après avoir été mis à pied de la police de Londres. Personne n'est au courant des conditions de son retour, même si Samson est de toute façon persona non grata depuis son départ brutal et son absence lors du décès de son meilleur ami. Lorsque le jeune homme ouvre une agence de détective, tout le monde lui rit au nez. Qui pourrait bien avoir besoin de lui dans un bled où il ne se passe jamais rien ? Mais justement, le jour-même, la mère d'un universitaire vient faire appel à ses services. Elle ne croit pas à la thèse du suicide, son fils s'étant en théorie jeté sous un train au petit matin. Bientôt, d'autres morts accidentelles se produisent. Hasard ou plan machiavélique ? Samson va mener l'enquête, mais aussi sa logeuse Delilah, soeur de son meilleur ami et surtout, propriétaire de l'agence de rencontres du village. Dont les clients disparaissent dans de fâcheuses circonstances...

chapman_date with death 2.jpg

Une série très prometteuse, que j'ai adoré savourer dans un cottage anglais. Les personnalités sont originales et bien creusées. Le cadre sauvage et superbe des Dales est bien restitué et on retrouve bien l'ambiance un peu abrupte mais sympathique qui caractérise la région. Les petits détails ne manquent pas pour donner vie à ce village où tout le monde se connaît et où la femme d'un universitaire s'est vue simplement mariée "au fils du boucher" en revenant s'installer dans la région. Il y a beaucoup de vérité et d'humour dans la façon dont l'auteur croque ses personnages, et notamment les personnages secondaires qui donnent plus d'aspérité au récit.

J'ai ri en tombant sur ce Travel Guide recommandant une lecture accompagnée d'un Yorkshire Tea et d'un Fat Rascal de chez Betty's Tea Room... exactement ce que j'ai fait ! Le Fat Rascal est un délice et j'ai encore beaucoup de sachets de Yorkshire Tea en prévision des prochains tomes. Ah oui, last but not least, la romance que l'on pressent n'est en aucun cas omniprésente. Pas de mièvrerie dans ce roman et ça, on aime bien ! A bientôt avec les tomes suivants...

julia chapman,the dales detective series,t1,date with death,le mois anglais,challenge british mysteries,angleterre,roman à suspense anglais

 

 

373 p

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death, 2017

mois anglais 03.jpg

31/05/2018

Mois anglais 2018 : Le billet recap

mois anglais, mois anglais 2016

Les billets de présentation :

le mois anglais,billet recap mois anglais,angleterre
*****
 
Les billets tout au long du mois
 
1er juin :
Proposition de thématique du jour : Jonathan Coe
 
2 juin :
Proposition de thématique du jour : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson
3 juin :
Proposition de thématique du jour : On passe à table avec Syl !
 

Autres billets :

4 juin :
Proposition de thématique du jour : Detective story
 

Autres billets :

5 juin :
Proposition de thématique du jour : Roman fantastique anglais 
 

Autres billets :

6 juin :
Proposition de thématique du jour : Une région anglaise à l'honneur
 
Autres billets :

7 juin :

Proposition de thématique du jour : Lire en VO

Autres billets :

8 juin :

Proposition de thématique du jour : Lecture de nouvelles

Autres billets :

9 juin :
Proposition de thématique du jour : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson

Autres billets :

10 juin :
Proposition de thématique du jour : Gourmandise avec Syl ou Seaside anglais  
Autres billets :
11 juin :
Proposition de thématique du jour : Epoque victorienne 
 
 

 12 juin :

Proposition de thématique du jour : Rencontre avec Agatha
 
13 juin :
Proposition de thématique du jour : Villes de Cambridge et d'OXford ou Campus anglais
Autres billets :
14 juin :
Proposition de thématique du jour : Lecture jeunesse
Vos autres billets :
 
Dimanche gourmand :
 
Autres billets :
18 juin :
 
1ère Thématique du jour : Jane Austen
Autres billets :
19 juin :
Proposition de thématique du jour : Ghost story
Autres billets :
20 juin :
Proposition de thématique du jour : Anna Hope

Autres billets :

21 juin :
Proposition de thématique du jour : Humour anglais

Autres billets :

22 juin :
23 juin :
Proposition de thématique du jour : Albums jeunesse

Autres billets :

24 juin :
Proposition de thématique du jour : Billet Gourmand avec Syl
Autres billets :
25 juin :
26 juin :
Proposition de thématique du jour : Kate Morton ou Classique
 
27 juin :
Proposition de thématique du jour : Suffragettes
28 juin :
Proposition de thématique du jour : Cercle woolfien

29 juin :

30 juin :
Proposition de thématique du jour : Têtes couronnées
Autres billets :
 
Derniers billets de juillet :
 
le mois anglais,billet recap mois anglais,angleterre

Bon Mois Anglais !

21/03/2018

Holly Webb, Rose, Série en 4 tomes

webb_rose1.jpg

Grâce à Pedro Pan Rabbit, je me suis régalée avec cette série de 4 romans jeunesse, Rose de Holly Webb. Nous plongeons dans une Londres qu'on imagine au XIXe ou au début du XXe. Le roi tel qu'il était décrit me faisait penser au Prince consort Albert. On retrouve beaucoup d'ingrédients chers aux romans dont l'action se déroule à cette époque : les dures conditions de vie à l'orphelinat, l'espoir de trouver un métier respectable, la vie de domestique, enviable par rapport aux nombreux métiers de la rue mais exténuante au quotidien et faite de rivalités. On peut penser notamment aux romans de Mary Hooper Velvet et Waterloo Necropolis, où de jeunes femmes isolées font leur possible pour continuer à payer une pension, conserver un travail détestable, mais honorable.

Rose et la maison du magicien (286 p) : Rose vit dans un orphelinat où le quotidien est insipide et fait de corvées, mais dont la responsable fait preuve d'humanité et où Rose a une amie. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle sait faire apparaître des images sur des surfaces brillantes. Peu de temps après, une gouvernante vient l'embaucher pour travailler au service de Mr Fountain, éminent magicien de la cour. Un roman dans lequel il est aussi question de disparitions d'enfants et d'une sorcière maléfique qui, cette fois-ci, m'a fait penser aux aventures de Penelope Tredwell (Douze minutes avant minuit).

[Pour la suite, spoilers si vous n'avez pas lu le tome précédent]

Rose et la princesse disparue (279 p) : Mr Fountain sait désormais que Rose est une magicienne. Elle continue à travailler comme femme de chambre mais devient aussi son apprentie, au même titre que Freddy, vexé d'être moins doué que sa nouvelle partenaire. La princesse chérie de la nation est menacée et Rose est amenée au palais pour lui servir de garde du corps dans le plus grand secret. Mais la princesse est enlevée et la mission de Rose devient de plus en plus périlleuse. En même temps, un froid polaire s'abat sur Londres et un magicien distribue des boules de neige enchantées qui font une drôle d'impression à la jeune Rose...

Rose et le masque vénitien (250 p) : un masque précieux a disparu au palais. Celui qui le portera pourra acquérir une puissance absolue et il est clair que les Talisiens ont toujours l'ambition d'envahir l'Angleterre. Rose, Freddy, Mr Fountain et sa jeune fille vont partir ensemble à Venise où ils pensent retrouver l'auteur du vol. Une aventure dangereuse pour chacun d'entre eux, et l'occasion d'une rencontre avec une vieille dame, Miss Fell, qui semble avoir des soupçons sur l'identité de Rose.

Rose et le fantôme du miroir (251 p) : Un dernier tome davantage centré sur Rose, même si la menace d'invasion par les Talisiens est dans tous les esprits à leur retour d'Italie. Egalement instruite par Miss Fell, Rose va en apprendre davantage sur son passé.

[Fin des spoilers]

Quatre jolis romans qui se lisent d'une traite. J'ai préféré le premier, pour la découverte de l'univers et le cadre très londonien, et le dernier pour l'intrigue centrée autour de l'identité de Rose après plusieurs complots déjoués. Cependant, chaque livre a ses moments forts et ses aspérités, et c'est aussi le cas du tome 2 avec un hiver de glace fascinant et du tome 3 avec la mystérieuse Venise, cadre idéal pour une lutte entre magiciens. L'intrigue se met aisément en place et si la fin tombe assez rapidement, le plaisir n'est en rien gâché car ce sont avant tout les protagonistes et l'ambiance qui portent ces récits. Les personnages sont bien croqués, complémentaires les uns des autres - et je me suis réjouie de constater que la présence de deux jeunes garçons autour de Rose ne faisait pas prendre un tour mièvre à l'histoire. Une charmante découverte, faite d'amitié, d'entraide, de magie et de nombreux rebondissements.

L'avis de Des livres, des livres ! et de Pedro Pan Rabbit (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez aussi lu cette série).

angleterre,holly webb,série rose,rose et la maison du magicien,rose et la princesse disparue,rose et le masque vénitien,rose et le fantôme du miroir,série rose 4 tomes,challenge british mysteries,british mysteries month

 

 

Holly Webb, Rose, 4 tomes, 2009-2011

angleterre,holly webb,série rose,rose et la maison du magicien,rose et la princesse disparue,rose et le masque vénitien,rose et le fantôme du miroir,série rose 4 tomes,challenge british mysteries,british mysteries month

04/03/2018

Fiona Melrose, Midwinter

melrose_midwinter.jpgLandyn et Vale Midwinter, père et fils, sont agriculteurs dans le Suffolk, une région pauvre d'Angleterre où, derrière les jolis paysages, les marais et les adorables fermes se cachent le travail dur et ingrat de la ferme, les difficultés financières, le manque de perspective pour les jeunes, qui trouvent une échappatoire dans les soirées largement arrosées. Mais, au-delà de ce quotidien rude, les Midwinter sont tourmentés par la mort brutale de Cecelia Midwinter en Zambie des années auparavant. Ce souvenir douloureux refait surface alors que Vale est un jeune homme et réalise que son père est indirectement responsable de ce qui s'est produit. S'enchaînent ainsi les récits croisés des deux hommes qui, chacun à leur tour, avec une voix d'emblée reconnaissable, vont relater les mêmes évènements du quotidien et revenir sur cette période où la famille a fui la misère en participant à un programme agricole attractif en Afrique.

On avait tous été témoins d'apparitions ces derniers jours. On sentait un frisson étranger flotter autour de nous. Ce n'est pas que j'avais peur, j'essayais juste d'être vigilant au cas où le vent tournerait. On n'est pas hanté par ce qui nous fait peur, mais par ce qu'on désire (p 254).

Premier roman âpre, sauvage et très maîtrisé, Midwinter nous plonge dans un milieu extrêmement masculin, où, pourtant, les rares figures féminines ont une influence indéniable sur le père et son fils, qu'il s'agisse de la mère, de la jeune Beth ou d'une mystérieuse renarde, toutes d'un roux flamboyant. Ce récit tissé de maladresses montre avec une grande pudeur tout l'amour qu'éprouvent l'un pour l'autre le père et le fils, malgré une grande difficulté de communication. C'est aussi un roman d'amitié, où, là encore, des hommes apprennent à reposer les uns sur les autres et à témoigner leur affection avec beaucoup de retenue. Midwinter rend par ailleurs hommage à la nature et aux éléments. La neige, la mer, les marais rythment et menacent le quotidien tandis que les animaux chers aux croyances païennes croisent régulièrement les narrateurs tout au long de ce rude hiver. 

Alors, le garçon sortait marcher. Je ne l'ai plus jamais empêché. Au fil des ans, il ressemblait de plus en plus à un garçon au crâne rempli de rats en colère qui le rongeaient, la tête éternellement penchée en avant, on aurait dit une pomme tardive (p261).

fiona melrose 2018.jpg

Beaucoup de profondeur et de recherche dans ce roman, dont j'ai d'autant plus savouré la lecture que j'ai eu la chance de rencontrer Fiona Melrose alors qu'il me restait la moitié du texte à lire. Un beau moment qui m'a permis de réaliser à quel point chaque détail était pensé par cette jeune auteur.

Merci aux Editions de la Table Ronde pour cette découverte.

4coeurs.jpg

 

 

293 p

Fiona Melrose, Midwinter, 2016 

quai voltaire.jpg