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17/03/2017

Angela Huth, La Vie rêvée de Virginia Fly

51ZiCHR17PL._SX195_.jpgC'est avec ce roman que je découvre enfin Angela Huth. Ecrit en 1972, La Vie Rêvée de Virginia Fly vient d'être publié en France par les éditions Quai Voltaire / la Table Ronde - avec un choix de titre très différent de l'original, Virginia Fly is drowning.

Voici une petite pépite ! Fin, ironique, sans doute un peu triste, ce roman étonnant croque à merveille le portrait d'une jeune trentenaire encore vierge et de son entourage plutôt médiocre, issu d'une classe moyenne mal dégrossie. 

Virginia Fly a donc la petite trentaine. Enseignante, elle vit chez ses parents "à la campagne", dans une banlieue proche de Londres. Son père est un homme moyen, qui s'attache à mener une vie dans la moyenne, par exemple en calculant le temps moyen qu'il lui faut pour faire certains trajets, à une vitesse moyenne. Sa mère est sotte, pour ne pas dire assez insupportable (elle ne manquera pas d'évoquer Mrs Bennet aux amateurs de littérature anglaise).

A une époque où la révolution sexuelle suit son cours, Virginia semble vivre à une autre époque, voire dans un autre monde. Hormis une rencontre brutale lors de vacances il y a des années de cela, la jeune femme n'a jamais connu que deux hommes : d'une part à travers la relation surannée qu'elle entretient avec un professeur de musique autrichien qui l'invite à des concerts, d'autre part, via les lettres qu'elle échange avec un correspondant américain. Ses parents sont d'ailleurs très au fait de cet échange épistolaire; aussi, lorsque le correspondant décide de se rendre en Angleterre, sa venue est perçue comme un grand événement et suscite de grands espoirs chez Virginia, qui s'est auto-persuadée du fait qu'ils allaient se marier et repartir ensemble aux Etats-Unis. 

Je fais le choix de ne pas en révéler trop sur l'intrigue pour vous laisser tout le plaisir de suivre pas à pas les cheminements de notre héroïne, frémir devant son absence de logique et de sens de la survie et assister impuissants à la confrontation de ses rêves d'adolescente avec la réalité.

Je ne peux que recommander ce roman aux multiples facettes. On y trouve la description fascinante d'une époque et d'une société, notamment à travers la thématique des relations hommes femmes - Virginia s'en remet complètement aux hommes qu'elle rencontre, naïvement. Elle n'envisage pas un instant la possibilité de conserver son poste d'enseignante si elle en venait à se marier. La psychologie des personnages est indubitablement le point fort de ce texte, avec une Virginia complexe, touchante dans son innocence intellectuelle, et en même temps étrangement prompte à nourrir des fantasmes de viol, mélangeant parfois allègrement les notions de sexe, d'amour et de mariage sans distinction aucune. Le sexe mis à part, Virginia m'a parfois fait penser à Margaret, l'héroïne de Stella Gibbons dans Westwood.

Voilà une nouvelle plume féminine anglo-saxonne qui a su me séduire. J'ai hâte de poursuivre la découverte de l'oeuvre d'Angela Huth - ça tombe bien, j'ai deux de ses livres qui m'attendent sagement dans une de mes bibliothèques !

Merci aux Editions Quai Voltaire / la Table Ronde pour ce partenariat !

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Les avis de : Anne, Antigone, Fanny du Manoir aux LivresLa Pause Libraire, Le Club des Incorrigibles lecteurs, Les Deux BouquineusesLes Lectures de Nefertiti, Lilas, Mrs Figg, Tant qu'il y aura des livres, Wonderbook, Virginie Neufville

218 p

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Angela Huth, La Vie rêvée de Virginia Fly, 1972

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17/12/2016

Anne Perry, Un Noël à New York

perry_un noel a new york.jpgParmi mes traditions de Noël, il y a celle qui consiste à lire le récit de Noël d'Anne Perry, parfois dans le train qui m'emmène en vacances, ou au pied du sapin. C'est avec un peu d'avance que je me suis plongée dans son dernier opus, afin de participer à une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries.

Voilà ma première lecture d'Anne Perry hors période victorienne. Nous sommes ici en 1904. Jemima Pitt, la fille du célèbre couple d'enquêteurs, a plus de vingt ans - ce qui m'a causé un petit choc car ce personnage était resté une petite fille dans mon souvenir. Miss Pitt accompagne la jeune héritière Delphinia lors de son voyage transatlantique, alors que la jeune femme s'apprête à épouser le fils du partenaire en affaires de son père. Mariage d'amour qui a tout pour satisfaire les familles des deux promis, puisque cette union consacrera le partenariat des aînés, avec la naissance d'une nouvelle dynastie.

Jemima est à mille lieues de l'état d'esprit de Delphinia, qui est un peu bécasse et condescendante par dessus le marché. La fille du célèbre enquêteur a hérité de l'esprit indépendant de sa mère et a soif d'aventure. A leur arrivée, Jemima s'aperçoit du malaise entourant le nom de la mère de Delphinia, qui a abandonné sa famille des années plus tôt. Puis c'est au tour du frère aîné du futur marié de la mettre dans la confidence et de lui demander de rechercher avec lui la mère disparue, qui selon lui se trouve à New York.

Récit une fois de plus très court et vite avalé, plaisant mais sans plus. Pourtant, même si j'en arrive à la même conclusion au moins une fois sur deux dès lors que je lis un récit de Noël d'Anne Perry, j'ai toujours plaisir à retrouver cette ambiance spéciale. Pour être honnête, lorsque le crime s'est produit, j'ai pensé "espérons que la solution ne soit pas celle que j'ai en tête juste après avoir appris le meurtre", car je n'ai pas été bien loin dans mes réflexions. Et ça n'a pas manqué, j'ai résolu l'enquête au moment même où elle allait débuter - et je suis certaine que tout le monde en ferait de même. Pour le mobile, c'est un peu plus compliqué, c'est certain.

Il y a donc de vraies faiblesses au niveau du récit, mais j'ai tout de même passé un bon moment car j'ai aimé me balader dans New York et découvrir une Jemima Pitt adulte. Son histoire d'amour naissante avec un policier américain d'origine irlandaise ne passe pas inaperçue pour les lecteurs de la série Pitt : en entendra-t-on parler dans les autres volumes de la série ?

L'avis d'Anne (Des Mots et des Notes)

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

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Anne Perry, Un Noël à New York, 2016

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28/11/2016

Concours Agatha Raisin

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J'ai le plaisir de vous proposer un nouveau concours Agatha Raisin dans le cadre du challenge British Mysteries, en partenariat avec les éditions Albin Michel que je remercie une nouvelle fois.

Plusieurs exemplaires du tome 4 Randonnée Mortelle sont en jeu. Que vous soyez déjà adepte ou que vous n'ayez pas encore croisé le chemin d'Agatha, n'hésitez pas à tenter votre chance !

Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de répondre à cette question :

Si vous aviez écrit Randonnée Mortelle, que serait-il arrivé à vos randonneurs ?

Vous pouvez multiplier vos chances de gagner en relayant ce billet ou si vous participez au challenge British Mysteries. Merci de bien penser à le signaler dans votre commentaire :o)

Vous avez jusqu'au 10 décembre pour participer.

Le gagnant sera désigné par tirage au sort.

Bonne chance à toutes et à toutes !

14/09/2016

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T2, Remède de Cheval

beaton_agatha-raisin-enquete-t2-remede-de-che.jpgJ'ai poursuivi fin juin ma découverte d'Agatha Raisin, personnage haut en couleur menant des enquêtes qui ne la regardent pas dans un petit village des Costwolds. Après La Quiche fatale, fatale pour un juge de concours de village mais jouissive pour le lecteur en mal d'humour, nous voici partis sur les traces d'un tueur de vétérinaire à travers ce deuxième tome, Remède de Cheval.

Le petit village où notre Londonienne de choc s'est installée pour sa retraite anticipée est remué par l'arrivée d'un (relativement) jeune et sémillant vétérinaire, qui, après l'ancien militaire James Lacey, déchaîne les passions parmi la gent féminine du village. Et voilà toutes ces braves dames soudain particulièrement préoccupées par la santé de leurs chats et faisant la queue pour rencontrer le nouveau venu. Cependant, peu de temps après le cabinet est désert, car notre sujet principal ne supporte pas les chats (un comble pour un vétérinaire) et prend un malin plaisir à leur faire passer un mauvais quart d'heure en les oscultant.

Alors qu'il s'apprête à opérer un cheval chez le gentleman du coin, le vétérinaire succombe à une injection. La police locale semble croire à un accident et classe rapidement l'affaire. C'est sans compter sur notre héroïne Agatha qui décide une nouvelle fois de mener l'enquête, aidée cette fois-ci par son séduisant voisin James Lacey.

Dans la même veine que le précédent tome, ce deuxième opus offre au lecteur un moment délectable où le cadre tellement anglais, l'humour et les personnages décalés se mêlent pour faire un joyeux mélange. S'il ne fait visiblement pas bon vivre dans les Costwolds, le lecteur a bien envie de s'y arrêter un peu pour suivre l'intrépide, l'autoritaire, l'improbable Agatha dans ses recherches, armée d'un culot sans limite et prête à mener des interrogatoires sans subtilité ni discrétion aucune. On a du mal à comprendre comment elle peut être à l'origine d'une longue série étant donné que, vu son comportement, on s'attendrait plutôt à la voir trépasser à tout moment dans le cadre d'un malencontreux accident... mais curieusement, les héros ont toujours beaucoup de chance.

Un page turner so British, à mettre entre toutes les mains !

Un petit extrait noté lors de ma lecture : [James Lacey] écrivait un livre d'histoire militaire et, comme la plupart des écrivains, il passait ses journées à chercher des excuses pour ne pas travailler (p 64).

Le billet de ma copine Cryssilda qui a elle aussi rencontré Agatha pendant le Mois anglais.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte.

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266 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T2, Remède de Cheval, 1993

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30/06/2016

Memories of England : London by night

En ce dernier jour de Mois anglais, je vous emmène à Londres pour une promenade nocturne lors du Jubilé de la reine en 2012. 

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Photos Copyright My Lou Book

Enjoy your day !

Il vous reste encore quelques jours pour rédiger un billet de clôture du challenge si vous souhaitez le faire : jusqu'au 10 juillet, pour vous laisser un peu de temps. Cryssilda et moi annoncerons également dans les prochains jours les gagnants des concours que nous avons eu le plaisir de vous proposer en juin.

Long live the English Month !

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28/06/2016

Comptines en anglais / Nursery rhymes

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M'inspirant du billet d'Estelle qui nous a parlé de livres pour apprendre l'anglais aux enfants, j'ai voulu vous présenter ici des disques et livres-CD que Baby Lou réclame beaucoup à la maison.

Un point commun à ces quatre titres : la diction des chanteurs est très claire, pour certains très anglaise, et permet à l'enfant de bien s'approprier la prononciation des paroles. On peut donc les recommander sans réserve pour sensibiliser l'oreille des petits à la langue anglaise.

  • Le CD The Wheels on the Bus de la BBC : plus d'une vingtaine de comptines chantées par un homme et une femme. Sans être exceptionnel sur le plan musical, ce disque est bien fait avec de petits bruitages et une orchestration bien adaptée aux différentes histoires et thématiques. Ça se laisse très bien écouter (je pense aussi aux parents...).

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  • Peppa Pig, Nursery Rhymes and Songs : de tous, c'est l'album que Mr Lou et moi aimons le moins, mais il plaît beaucoup à Baby Lou qui connaît visiblement relativement bien Peppa Pig. Parfait pour les petits adeptes de l'univers de ce personnage, mais moins agréable pour les parents. Seules quelques comptines sont chantées et orchestrées, d'autres sont récitées (toujours avec une voix d'enfant). Chaque titre est très court mais répété deux fois à la suite ; c'est un peu frustrant tout de même, on a l'impression qu'il y a peu de matière. Il y a quelques touches d'humour appréciables. Dans la photo ci-dessus, une chanson connue est détournée : "The wheels on the bus" qui devient "Grandpa's Little train". Les comptines en musique sont plutôt amusantes mais malheureusement vraiment courtes et peu nombreuses. Enfin, le livre lui-même est souple, y compris la couverture, ce qui n'est pas idéal pour un public très jeune.

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  • Mes comptines anglaises : après Peppa Pig, voilà un CD qui fait du bien aux oreilles ! Toutes les comptines sont enregistrées en musique, avec une seule chanteuse. Les berceuses sont douces et mignonnes, les chansons plus drôles sont bien rythmées. Quant au livre : petit format cartonné, de belles couleurs vives, un graphisme efficace et très anglais.  Un joli album et un disque agréable. 

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  • Comptines pour chanter en anglais : à la première écoute, Mr Lou et moi avons détesté le disque alors que le petit livre qui l'accompagnait était adorable, avec des dessins pleins de douceur, fourmillant de détails pour certains. Et puis, peut-être parce que nous avons depuis enduré d'autres musiques pour enfants dont certaines sont aussi irritantes qu'elles vous trottent dans la tête des heures durant, quand nous avons réécouté le CD nous avons trouvé qu'il était parfaitement audible. La musique est soignée, avec parfois quelques bruitages en lien avec la chanson (par exemple l'éléphant). Ce qui nous avait déplu initialement et ne nous dérange plus, ce sont les voix d'enfants, parfois légèrement fausses ou tremblantes, forcément aiguës. Il faut juste le savoir avant de décider d'acheter cet album ou non.

Le CD aussi bien que les trois livres musicaux connaissent un grand succès à la maison. Concernant ces trois derniers, notre fille passe beaucoup de temps à écouter attentivement les chansons et à tourner les pages en rythme. Elle est vraiment très concentrée et commence à chanter certaines comptines en imitant les chanteurs, réclamant elle-même plusieurs fois par jour tel ou tel album. Et en ce mois anglais où je suis à la maison avec elle, c'est aussi devenu notre petit rituel du matin post breakfast !

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27/06/2016

V. H. Leslie, Bodies of Water

leslie_bodies of water.jpgAu mois de mai, j'ai découvert tout à fait par hasard Bodies of Water - roman tout récent d'une jeune femme actuellement en train de travailler à sa thèse. Attirée par la couverture, j'ai vu que les chapitres alternaient les histoires de deux personnages : Kirsten, à notre époque, et Evelyn, à la fin du XIXe. Ajoutons à cela la thématique de l'eau (fascination pour l'eau et hydrothérapie à la mode au XIXe) et je me suis emparée dudit roman sans chercher beaucoup plus loin. Bien m'en a pris !

1871. Evelyn est envoyée par son père à Wakewater house pour y suivre un traitement basé sur le principe d'hydrothérapie alors en vogue. La jeune femme s'est beaucoup engagée pour aider des prostituées des bas-fonds de Londres à changer de vie et s'est particulièrement attachée à l'une d'entre elles, dont on comprend rapidement qu'elle s'est noyée. Comme beaucoup de filles sans espoir, elle a sauté dans la Tamise pour mettre fin à ses tourments. Il est donc ironique qu'Evelyn se retrouve dans un établissement prônant les effets curatifs de l'eau et ayant une vue plongeante sur la Tamise. Autour d'Evelyn, les "invitées" comme aime à les appeler le médecin sont là pour des raisons diverses et variées. L'eau semble soigner tout ce que les Victoriens associent aux troubles féminins, qui englobent un spectre large de maladies, physiques ou psychologiques. Il ne faisait pas bon être une femme à l'époque.

Aujourd'hui. Après une rupture, Kirsten a choisi de s'éloigner de Londres pour se rapprocher du fleuve, qui la fascine. Elle s'installe dans un appartement neuf à Wakewater House, acheté alors que l'ancien établissement commençait à être rénové. A son arrivée, elle découvre avec surprise que les travaux se sont arrêtés et que seule une autre femme s'est installée à l'étage du dessus, le reste du grand bâtiment restant vide, et en partie laissé à l'abandon. L'ambiance est étrange, voire inquiétante. Des fuites commencent à apparaître rapidement sans raison. Elle aperçoit une silhouette de femme dehors qui l'intrigue. Puis visite une ancienne partie de l'hôpital et découvre des pièces dédiées à l'hydrothérapie, autrefois splendides, désormais délabrées et d'une beauté mystérieuse mais dérangeante.

Je m'attendais au début à un roman traitant plutôt de la folie et des méthodes pour la traiter par le passé, sujet qui m'intrigue et que j'ai déjà croisé dans deux romans : The Painted Bridge de Wendy Wallace (à l'époque victorienne, une femme est enfermée sur un motif douteux par un mari soucieux de se débarrasser d'elle ; il la place dans un asile privé au directeur peu scrupuleux) et La Chambre des âmes de F. R. Tallis (dans les années 1950, un jeune docteur prend la direction d'un asile isolé du Suffolk, où plusieurs patientes sont soumises à une cure de sommeil ; des phénomènes étranges commencent à se produire).

C'est le cas, mais l'ambiance va rapidement prendre une autre dimension à travers l'apparition du surnaturel. Celui-ci intervient d'abord par petites touches avant de dominer le récit.

Bodies of Water est un roman d'inspiration gothique envoûtant, original et plutôt subtil, à l'atmosphère sombre mais poétique. L'eau est omniprésente, on la voit, on l'entend, on la pressent à chaque instant. On sent qu'il y a eu un vrai travail de documentation sans que cela ne pèse sur la narration. Si le sujet vous intéresse je le recommande sans hésiter. Espérons que ce premier roman sera suivi d'autres tout aussi réussis.

Quelques liens : Une interview de V. H. Leslie ainsi que son blog.

Lu dans le cadre du Mois anglais et des challenge British Mysteries et Femmes de Lettres.

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130 p

V. H. Leslie, Bodies of Water, 2016

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24/06/2016

Memories of England : Highgate, Hampstead & Regent's Canal

Let's get to Highgate !

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Waterlow Park

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Walking towards Hampstead

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Hampstead Heath

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Keats House

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Towards Regent's Canal

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[Billet programmé - je lirai vos messages avec beaucoup de plaisir dans quelques jours, alors n'hésitez pas à laisser ici une petite trace !]

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23/06/2016

Memories of England on a special day

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[Billet programmé - comme les prochains ; N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, je serai heureuse de les lire dans quelques jours]

Le 23 juin n'est pas un jour comme les autres pour moi, Mois anglais ou pas, puisque c'est aussi un anniversaire un peu spécial. Je me demandais comment combiner "anglitude" et souvenirs. J'ai finalement cherché des photos prises à Londres tout juste un mois avant notre mariage, lors de notre dernier séjour à deux avant le grand jour.

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Photos Copyright MyLouBook

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Premiers pas sous un temps estival... 

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Du côté de St Paul...

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Et plus au Sud...

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Se baladant au gré des envies...

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Avant mes inévitables rêveries nocturnes à la fenêtre.

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22/06/2016

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées Séchées

jones_livre des fees sechees.jpgTous ceux qui s'intéressent un peu à l'Angleterre victorienne et édouardienne ou à l'engouement pour le surnaturel à cette époque et un peu après ont forcément croisé un célèbre canular, l'affaire des Fées de Cottingley. Deux cousines vivant dans la région du Yorkshire, Elsie Wright et Frances Griffiths, se mettent en scène entourées de fées dans une petite série de photos. L'affaire est notamment célèbre en raison de l'intérêt que lui portait Arthur Conan Doyle, convaincu de l'authenticité des clichés.

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Photo extraite de l'article Arthur Conan Doyle, Spiritualism and Fairies

Le Livre des Fées Séchées s'inspire de cette histoire en nous donnant à voir le prétendu herbier à fées de Lady Cottington. Cet album contient ainsi son journal, de l'enfance à l'âge adulte, ainsi que des illustrations représentant les fées attrapées par la jeune femme.

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Photo Copyright Myloubook

Au début, l'écriture est particulièrement hésitante et bourrée de fautes car c'est une enfant qui ouvre ce journal. L'écriture, l'orthographe et le style s'améliorent au fil des années. On commence également à connaître un peu mieux l'auteur du journal, à travers sa quête des fées, ses préoccupations puis ses premiers succès amoureux (bien involontaires).

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Photo Copyright Myloubook

Sur le fond, le texte est au départ logiquement très simple. La jeune fille qui dit aimer les fées ne semble d'ailleurs pas franchement perturbée par le fait de les écrabouiller dans son livre.

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Photo Copyright Myloubook

Petit à petit, les fées semblent venir davantage à elle... mais pas nécessairement avec les meilleures des intentions (pas étonnant !). Elles finissent par intervenir fort mal à propos en la déconcentrant ou la chatouillant ; Lady Cottington donne alors l'impression à un prétendant qui ne l'intéresse pas d'être très réceptive à ses avances. Âmes sensibles s'abstenir, notre chaste Lady ne le restera pas longtemps.

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Photo Copyright Myloubook

Il s'agit sans conteste d'un très beau livre - de ceux que l'on aime offrir ensuite. La couverture à la fois épaisse et rembourrée recrée l'illusion d'un véritable carnet à l'ancienne (on penserait presque à un grimoire). Les illustrations sont splendides, même si j'ai trouvé une certaine ressemblance entre certaines fées ou quelques gnomes et aurais peut-être aimé encore un peu plus de variété dans les images présentées. Parfois, Lady Cottington manque en partie sa prise et nous voilà avec une fée imparfaitement restituée, petite touche d'humour bien appréciable. Pour aller jusqu'au bout de l'exercice, le journal est scellé par une bande de papier à la fin, car les dernières créatures attrapées par Lady Cottington ne sont plus que de petites dévergondées, dont la vue choquerait un public non averti... J'ai été surtout séduite par la forme, plus que par le fond même s'il reste original.

Terry Jones est né au pays de Galles mais ayant "émigré" en Angleterre à l'âge de 4 ans et faisant partie de la "troupe" des célèbres Monty Python, il me semble qu'on peut considérer qu'il a sa place dans ce Mois anglais... Pas d'ambiguïté concernant Brian Froud, l'illustrateur, né à Winchester.

60 p

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées séchées, 1994

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20/06/2016

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T1, La Quiche Fatale

beaton_agatha raisin t1 quiche fatale.jpegAgatha Raisin a le vent en poupe en ce mois anglais ! Et ce n'est pas étonnant, car voilà une petite série bien sympathique. Les éditions Albin Michel viennent de publier les deux premiers tomes, écrits au début des années 1990 ; les quelques petits signes de décalage temporel (auxquels je ne m'attendais pas car je croyais la série plus récente) m'ont bien amusée.

Self-made woman, directrice d'une agence de communication londonienne, Agatha a pris une retraite anticipée pour venir s'installer dans les Costwolds. Un choix très réfléchi, puisqu'il repose essentiellement sur un souvenir de voyage d'enfance ! Notre héroïne a donc acheté un beau cottage dans un charmant village et confié ses clefs à un décorateur qui a eu la main lourde sur les outils agricoles historiques et autres extrémités. 

Habituée à réussir, à diriger son petit monde, à manipuler et cajoler pour arriver à ses fins, Agatha est un peu perdue à son arrivée. Les villageois sont tous charmants mais à part un sourire, un bonjour et un bref commentaire sur la météo, elle sent que son intégration ne sera pas facile. De toute façon, à moins d'être née sur place, on reste toujours un étranger. Son cottage continue d'ailleurs à être nommé en fonction d'un propriétaire décédé  bon nombre d'années auparavant. Ainsi, on lui dit de son antipathique voisine Mrs Barr : "Elle est nouvelle ici ! (...) Ça fait vingt ans qu'elle est là."

Lorsqu'elle découvre qu'un concours de quiches va se tenir dans le village, Agatha y voit une occasion de se démarquer en gagnant. Petit problème : elle a toujours mangé au restaurant ou acheté des plats cuisinés. Ni une ni deux, la voilà partie pour Londres, pour acheter une quiche aux épinards à un traiteur. En parallèle, elle invite le juge du concours et son épouse à un mauvais dîner affreusement cher dans le restaurant de leur choix, pensant l'amener à la choisir de même qu'elle a su mener par le bout du nez ses relations dans les affaires publiques. Peine perdue, c'est la gagnante habituelle qui remporte le concours. Il semblerait d'ailleurs que l'arbitre de la compétition ait ses favorites dans plusieurs villages et les récompense à travers divers concours (confitures, chiens...). Manque de chance, le voilà qui décède dans la nuit après avoir mangé des restes de la quiche d'Agatha.

S'ensuit une enquête qui conclut rapidement à un empoisonnement accidentel. Mais Agatha n'est pas convaincue, continuant à poser des questions... et à se faire quelques ennemis au passage.

Ce roman n'est pas un whodunnit classique. L'intégration d'Agatha Raisin dans le village, ses interventions aux réunions du comité féminin local, ses virées au pub, son organisation d'une vente de charité nous intéressent tout autant que le fait de savoir ce qui est vraiment arrivé au juge. C'est un roman frais, léger, qui nous permet à l'occasion de découvrir un peu les Costwolds. Une lecture vraiment plaisante. J'ai hâte de découvrir le 2e tome, même s'il semble un peu en dessous du premier d'après ce que j'ai pu lire de vos avis. 

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte !

Cryssilda et moi vous faisons gagner ce premier tome des aventures d'Agatha Raisin pour le mois anglais. N'hésitez pas à aller voir les concours que nous vous proposons grâce aux éditeurs partenaires de nos blogs. Nous avons seulement annoncé les gagnantes du premier concours et pourrons nous poser ensemble sur les concours suivants la semaine prochaine ; vous pouvez donc toujours y participer ! 

Lu dans le cadre de la LC consacrée aux auteurs contemporains sur le Mois anglais, ainsi que pour les challenges British Mysteries et Femmes de Lettres.

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320 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T1, La Quiche Fatale, 1992

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19/06/2016

Karen Dolby, Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II

dolby_sautes dhumour delisabeth ii.jpgCette année, Elisabeth II a fêté ses 90 ans. Rendons-lui ici un petit hommage à travers cette lecture qui lui est consacrée !

Cela fait un moment que je louchais sur cette collection "Les Sautes d'humour"... j'hésite toujours à m'offrir celui de Jane Austen mais me dis que je dois retrouver la plupart des extraits dans ses romans. Qu'à cela ne tienne, lorsque j'ai repéré ce titre sur Elisabeth II, j'ai eu envie de tenter ma chance. Une reine anglaise pleine d'humour? Je veux bien le croire ! 

Si on découvre ou re-découvre ici des anecdotes reflétant la personnalité de la reine, le livre porte néanmoins mal son titre. Tout d'abord, on aurait peut-être pu l'intituler "Les sautes d'humour de la famille royale" - le prince consort en particulier n'est pas en reste ici. Mais finalement, l'humour n'occupe qu'une place modeste. Ce livre est plutôt une sorte de petit guide d'introduction à la reine, à la famille royale, au protocole et à divers évènements qui ont marqué le règne d'Elisabeth II avec, il est vrai, des petites touches d'humour de-ci, de-là.

Karen Dolby nous présente une Elisabeth II assez attachante, au caractère bien trempé, certes pas toujours commode mais jamais vraiment antipathique. Et surtout, une reine plutôt malicieuse. On la découvre ainsi dans sa jeunesse, qui se mêle à la population londonienne avec sa soeur pour fêter la fin de la guerre et qui raconte même avoir vu deux fois ses parents de loin, alors qu'elle était au milieu de la foule. Ce dernier soir on les reconnut mais, dès qu'un agent de police eut indiqué que les princesses désiraient "être traitées comme de simples particuliers", plus personne ne vint les importuner (p20). Autre exemple de son fort tempérament et de son audace, lorsqu'en 2012 on propose de faire un film d'introduction aux J.O. avec James Bond et la reine, celle-ci accepte et décide même de jouer son propre rôle. Même les princes Charles, William et Harry n'étaient pas au courant.

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Beaucoup de faits relativement connus, de petits détails du quotidien dans ce livre qui n'est pas sans évoquer parfois les émissions de Stéphane Bern, il faut bien l'avouer. Il en va ainsi de ses tenues excentriques, choisies pour ressortir dans la foule, de ses parapluies transparents permettant de toujours la voir ou encore de la façon dont elle évite les cadres gênants. Ainsi, lors de l'inauguration d'une exposition de Lucian Freud, elle confia avoir veillé à "ne pas être photographiée entre une de ces paires de grosses cuisses" (p40). Et à quelqu'un qui lui demandait si l'artiste l'avait représentée, Sa Majesté de répondre "Si, mais pas comme cela !" (p41).

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Elisabeth II par Lucian Freud (à gauche) et Chris Levine (à droite)

On découvre également une reine "du quotidien". Il y a des années de cela, avant l'invention du magnétoscope, elle alla demander à l'évêque anglican qui préparait la prière du soir à Windsor : "Cela vous ennuierait beaucoup de repousser l'heure de l'office ? Maman veut absolument regarder son feuilleton" (p138). A ceux qui s'imaginent une reine grande lectrice, attendez-vous à une certaine déception. La télé semble avoir davantage de succès. Quant aux lectures, elle aime les policiers et les livres avec des chevaux... notamment ceux d'une certaine Jilly Cooper, auteur d'un best-seller érotique Riders et d'autres batifolages plutôt osés se déroulant à la campagne ! (p138) 

Autre petite anecdote amusante : à l'un des convives qui parlait fort à Windsor pour couvrir le bruit des avions atterrissant à Heathrow, la reine passa le repas à préciser le nom de chacun des avions en train de passer (boeing 747, airbus...). Un peu plus étonnant (ou pas, pour une Anglaise ?), la reine croirait aux fantômes et aurait vu celui d'Elisabeth I alors qu'elle était enfant !

Comme je le disais plus haut, le prince Philip est lui aussi régulièrement cité dans l'ouvrage. Ses remarques sont parfois drôles, parfois franchement condescendantes. Lui-même dit un jour : "La platopédalogie est la science qui consiste à mettre les pieds dans le plat, une science que je pratique depuis pas mal d'années déjà" (p45). Certaines de ses remarques ne le rendent pas franchement sympathique, comme son opinion sur la classe économique en avion, qui doit être vraiment "horrible", même s'il peut aussi être amusant. Il dit ainsi en 1966 à la directrice d'un hôpital antillais : "vous avez les moustiques, et moi j'ai la presse" (p147).

Dans les traits d'humour que j'ai relevés, citons encore les surnoms au sein de la famille royale, et notamment celui de la princesse Alexandra, appelée "Pud" comme "pudding" parce qu'elle est née à Noël. Ou encore, l'opinion de la reine sur le golf : "Le golf me paraît une façon bien compliquée de se promener. Moi, je préfère sortir les chiens" (p119). Sans parler d'un certain flegme ou d'un humour pince-sans-rire. Le jour où elle trouva un domestique complètement soûl affalé au pied d'un escalier, elle se contenta de demander : "Quelqu'un pourrait-il aider Frank à se relever ? J'ai l'impression qu'il n'est pas dans son assiette" (p159).

A recommander aux néophytes ou aux curieux. Une lecture légère et plaisante, parfaite pour se divertir un peu. 

Lu dans le cadre de la LC Rois et Reines d'Angleterre, pour le Mois anglais.

Et aujourd'hui, on retrouve aussi la famille royale avec une immersion dans les années 1990 chez FondantGrignote, qui nous présente La Reine et moi de Sue Townsend, et chez Electra avec The Uncommon Reader (La Reine des lectrices) d'Alan Bennett.

171 p

Karen Dolby, Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II, 2015

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15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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11/06/2016

Henry James, La Bête dans la Jungle / Lamb House (Rye)

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Aujourd'hui, pour la lecture commune du Mois anglais autour d'un écrivain anglais d'origine étrangère, j'ai choisi de consacrer un article à Henry James, qui demanda à être naturalisé à la fin de sa vie. L'écrivain vivant à Rye et très tourné vers l'Europe avait en effet été choqué par la neutralité des Etats-Unis au début de la 1ère guerre mondiale.

Mon choix s'est porté sur une longue nouvelle rédigée à l'origine pour compléter un recueil, La Bête dans la Jungle. Outre le fait que j'avais croisé ce titre à de nombreuses reprises et lu qu'il faisait partie des oeuvres majeures de James, je l'ai choisi car il avait été écrit à Lamb House à Rye - ou plutôt, dicté en trois fois en 1902.

Henry James n'est pas un auteur facile. Si certains textes sont très abordables, d'autres exigent beaucoup d'attention de la part de leurs lecteurs. C'est sans aucun doute le cas de celui-ci.

En visitant la demeure de Weatherend avec un groupe d'amis, John Marcher retrouve May Bartram, rencontrée en Italie une dizaine d'années plus tôt. Si Marcher se souvient l'avoir déjà vue, il a presque tout oublié des circonstances de leur rencontre alors que la jeune femme en garde un souvenir très exact. Plus particulièrement, elle se souvient d'une confession que lui a faite Marcher, qui lui a dit se savoir promis à un grand évènement, menacé par cette "Bête dans la jungle" dont il ne sait rien, si ce n'est qu'elle bondira un jour. Marcher est surpris de s'être livré à la jeune femme et de l'avoir oublié alors qu'il pensait ne jamais s'être ouvert à quelqu'un de son obsession. Il lui demande alors si elle est prête à veiller avec lui jusqu'à l'accomplissement de son destin. A partir de cet instant, les deux jeunes gens vont devenir amis, se fréquenter régulièrement à Londres et vieillir, non pas ensemble mais côte à côte. Finalement, May comprend ce qu'était cet évènement et sait qu'il s'est déjà produit mais John reste toujours perplexe. Ce n'est qu'après la mort de son amie que lui viendra la brutale révélation.

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Mélancolique, ce texte aux accents philosophiques pourrait être l'histoire d'un amour manqué, d'une vie stérile, mais il ne se "limite pas" à cela. Il s'inspire des mythes classiques et de leur ironie (en cherchant à fuir un destin on le rencontre). Il se focalise avant tout sur un personnage totalement tourné vers lui-même et ainsi, se concentre principalement sur sa psychologie, ses tourments, ses doutes, ses limites - John Marcher est au final assez pathétique. Cette nouvelle trouve notamment son origine dans l'amitié qui liait James à Constance Woolson, qui aurait attendu davantage de leur relation et dont le suicide supposé - elle "tomba" dans le Grand Canal à Venise depuis sa fenêtre - marqua profondément l'écrivain. 

Un texte riche, que je ne recommanderais pas pour découvrir James cependant car il est assez ardu de prime abord. J'ai d'ailleurs pris davantage conscience des différentes implications du récit grâce aux commentaires pointus de l'édition de la Pléiade.

D'autres avis chez MissyCornish et George.

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126 p (pour l'édition du Livre de poche)

Henry James, La Bête dans la Jungle, 1903

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Je voulais profiter de ce billet pour vous présenter quelques photos prises à Rye en avril dernier. Les hommages à Henry James seront nombreux cette année, comme celui ci-dessous :

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J'avais surtout envie de partager avec vous quelques photos de Lamb House, la maison de Henry James à Rye.

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Photos Copyright MyLouBook

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09/06/2016

Nancy Mitford, Wigs on the Green

mitford_wigs on the green.jpgFin mars / Début avril, je suis allée me ressourcer dans la campagne anglaise équipée de Wigs on the Green de Nancy Mitford, qui se déroule entre un village et les terres d'une grande propriété. Ce roman m'a donc semblé tout indiqué pour ma participation à la LC du Mois anglais autour de la Campagne Anglaise.

Cela fait bien longtemps que je n'avais pas lu cet auteur dont j'avais beaucoup apprécié deux titres, découverts alors que ce blog en était encore à ses balbutiements (La poursuite de l'amour et L'amour dans un climat froid). Wigs on the Green m'a été offert par Alice de Books are my Wonderland dans le cadre du Swap British qu'elle organisait l'an dernier. J'avais été très gâtée comme vous pouvez le constater.

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Dans Wigs on the Green, quatre personnages viennent de s'installer pour quelque temps dans le village de Chalford et vont lier connaissance. Ayant reçu un petit héritage qui fait de lui un parti un peu plus intéressant, Noel est venu dans le but de séduire l'héritière locale Eugenia Malmains, sur les conseils de son ami Jasper, très opportuniste, également du voyage pour profiter au mieux des nouvelles ressources financières de Noel. Marjorie fuit un mariage prestigieux avec un homme qu'elle n'aime pas. Elle est accompagnée de son amie Poppy, qui a une vision beaucoup plus pragmatique du mariage et s'apprête à flirter avec Jasper pendant que son propre époux a une nouvelle passade avec une jeune fille. Ajoutons à cela Mrs Lace, un peu plus âgée mais toujours séduisante, qui va s'intéresser à Noel à partir du moment où on lui aura fait croire qu'il s'agit d'un mystérieux prince là incognito (ce qui donnera lieu à quelques passages cocasses). Le groupe va rejoindre la branche fasciste locale pour plaire à Eugenia. La jeune fille est enthousiaste et obsédée par la cause en question. Si elle est assez ridicule, ses nouvelles connaissances le sont tout autant en se ralliant au mouvement pour des raisons qui n'ont rien à voir avec leurs convictions politiques. Un grand rassemblement festif en faveur du fascisme va les mobiliser et rythmer leurs rencontres tout au long du roman.

Bien évidemment, l'humour est le maître mot pour Nancy Mitford, qui tourne tout le monde en dérision et ne résiste pas aux boutades. Par exemple, voici une réaction qui m'a amusée suite à un discours particulièrement enflammé d'Eugenia en faveur de la cause fasciste : The yokels stood first on one foot and then on the other. Finally, one of them removed a straw from his mouth and remarked that they had all enjoyed Miss Eugenia's speech very much, he was sure, and how was His Lordship's hay-fever? (p10) - His Lordship étant le grand-père d'Eugenia, dont le rhume des foins parle davantage à la population locale que les grands discours de la jeune fille.

J'ai passé un bon moment en lisant Wigs on the Green. Néanmoins, c'est un roman plutôt dérangeant, même si l'on considère qu'il a été écrit dans les années 1930, avant que l'Europe ne prenne pleinement conscience de toutes les implications de la montée du fascisme. Nancy Mitford nous livre ainsi une nouvelle comédie inspirée de ses soeurs Diana et Unity, l'une maîtresse puis épouse du fondateur de la British Union of Fascists, Sir Oswald Mosley, l'autre admiratrice inconditionnelle de Hitler qui ira jusqu'à tenter de se suicider lors de l'entrée en guerre du Royaume-Uni contre l'Allemagne. La publication de ce livre entraîna une brouille entre les soeurs Mitford et Nancy s'opposa à sa réédition en 1951, jugeant notamment qu'il était désormais du plus mauvais goût de faire des plaisanteries à propos du nazisme. Cependant - et c'est ce qui m'a vraiment gênée à la lecture - Nancy disait quelques années plus tôt à ses soeurs que le livre était pour l'essentiel en faveur du fascisme, malgré quelques plaisanteries. Le fait est que non seulement les fascistes du roman ne sont pas plus ridicules que les autres personnages mais qu'in fine, le roman se traduit par un happy end où la jeune héritière Eugenia Malmains réalise son rêve en rencontrant le leader du parti grâce à l'efficacité de son action sur le plan local, le lecteur assistant ensuite à un mariage très joyeux entre les fascistes de Chalford. Je connaissais les attirances obscures de certaines Mitford pour le nazisme ou le fascisme anglais mais n'avais pas réalisé que Nancy était elle aussi plutôt sensible à ce discours et en tout cas suffisamment détachée du sujet pour ne nous livrer ici aucune critique de fond - ni en faire l'apologie d'ailleurs, si tel était son choix. Même en lisant ce roman avec un oeil contemporain, même en connaissant l'ambiguïté de la position de Nancy Mitford sur le sujet, difficile de ne pas être gêné par l'insouciance de l'écrivain qui ne s'implique pas sur le plan politique.

L'avis en anglais de All The Pretty Books.

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170 p hors introduction

Nancy Mitford, Wigs on the Green, 1935

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