03/09/2011
Bienvenue, Willkommen, Welcome
Voilà un roman que j'avais repéré avant sa sortie et sur lequel j'ai finalement jeté mon dévolu récemment, ne pouvant résister aux clins d'oeil répétés que me faisait le charmant gentleman en couverture !
East end, XIXe. Dans un cabaret minable où la jeunesse aisée de Londres vient s'encanailler, la jeune Bessie, actrice, voleuse et prostituée se fait assassiner par un client un peu trop pressant aperçu par deux collègues. S'enchaînent des chapitres écrits par deux narrateurs différents : Corney Sage, humoriste témoin de la scène, et l'assassin, dont on ne tarde pas à connaître l'identité.
Ce récit fait figure d'ovni parmi les Grands Détectives de 10-18, car il s'agit moins à mon avis d'un roman policier (d'autant plus que les romans de la collection que je connais sont des "whodunnit") que d'un roman de mystère à la Sarah Waters (tel que Du bout des Doigts). L'intrigue ne repose pas sur la traque du criminel, mais sur les aventures qui font se croiser le meurtrier et les témoins gênants, qu'il conviendra peut-être d'éliminer. Un bref descriptif qui donne une piètre idée d'un roman très dense où les personnages ne sont pas ce qu'ils prétendent être, où la duplicité caractérise tout un chacun, où l'on pénètre dans le monde du spectacle, croise des gens de tous les milieux... sans compter que l'on voyage en compagnie de nos héros et anti-héros, qui se fuient et se traquent de ville en ville.
Un pur régal que ce nouveau roman victorien chez 10-18 ; un récit haletant, tout à fait impossible à lâcher, et que j'ai quitté à grand regret ! J'ai plongé avec enthousiasme dans un monde que je ne connaissais pas, celui du spectacle, des cirques, des cabarets (souvent miteux) qui faisaient le bonheur des quartiers populaires victoriens. Un livre que je vous recommande sans réserve. Je me réjouis de savoir qu'il y aura une suite !
D'autres avis : Cassiopée, Bonheur de Lire, Nini, Blog Librairie Mollat, Présentation sur le site de la Royal Holloway...

380 p
Ann Featherstone, Que le spectacle commence !, 2009

Challenge God save le livre : 14 livres lus
21:20 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : ann featherstone, que le spectacle commence, walking in pimlico, roman victorian, 10-18, roman historique, londres, londres xixe, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, époque victorienne, spectacle victorien, cirque victorien
16/03/2011
Beware : highly addictive
Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment exhumé des livres jusque-là cachés chez moi, mais j'ai subitement éprouvé une subite envie de lire un polar historique... et tant qu'à faire, un polar victorien (sans surprise pour ceux qui commencent à me connaître).
Mon choix s'est porté sur l'un des deux romans de Lee Jackson qui attendaient sagement leur tour sur mon étagère. Pour ceux qui n'étaient pas passés par ici à l'époque, j'avais été complètement transportée par cette série qui avaient su me faire passer d'excellents moments à Londres, au XIXe of course.
Troisième volet des enquêtes de Decimus Webb, Le Jardin des Derniers Plaisirs commence avec un banal fait divers : un homme s'amuse à couper les mèches de femmes dans les jardins de Cremorne, dont la réputation légère n'est pas pour plaire au quartier plutôt huppé de Chelsea. Tandis que Rose, fille de bonne famille, prépare son entrée dans le monde, que son père se rend à la City, que sa mère reçoit ses voisines au thé et que le révérend Featherstone milite pour l'éradication du vice, de nombreux fêtards londoniens se rendent chaque soir aux jardins afin de danser et d'assister aux diverses attractions. Mais bientôt a lieu un premier meurtre, lorsqu'une servante est retrouvée morte, brûlée vive dans la cuisine du révérend. George Nelson, tout juste sorti de prison, est bien évidemment soupçonné... si ce n'est que ses alibis semblent tenir la route.
Je ne sais pas si cette impression est due au fait que je n'ai pas lu de roman de Lee Jackson depuis deux ou trois ans, mais je me suis particulièrement régalée avec ce récit très bien mené : les différentes histoires s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir, les personnages ont tous quelque chose à se reprocher et le cadre est passionnant pour quelqu'un qui comme moi s'intéresse de près à l'époque victorienne. Certes, les enquêteurs ne sont pas particulièrement attachants, ni mis en avant, mais c'est un parti pris qui me sied tout à fait. Bref, je me régale avec Lee Jackson, et maintenant que j'ai lu celui-ci, je n'ai qu'une envie : boire une tasse de thé (et surveiller mes arrières) en ouvrant un autre livre de son cru !
Encore bravo aux éditions 10/18 pour les couvertures très réussies de cette série (je ne m'en lasse pas).
D'autres idées de lecture ? Régalez-vous avec : Les Secrets de Londres, et les deux premiers tomes de la série de l'inspecteur Decimus Webb, Le Cadavre du Métropolitain et Les Bienfaits de la Mort.

314 p
Lee Jackson, Le Jardin des Derniers Plaisirs, 2006
23:20 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : lee jackson, le jardin des derniers plaisirs, 10-18, polar 10-18, roman policier, xixe, policier xixe, londres, londres xixe, époque victorienne, angleterre victorienne, cremorne, chelsea
17/04/2010
London, Scotland : back to the roots !
Avis aux amateurs de la série des détectives de l'étrange de Fabrice Bourland : nouvelle enquête à l'horizon !
Cette fois-ci, nos deux vaillants enquêteurs Andrew Singleton et James Trelawney volent au secours d'Alice Grey, fiancée éplorée recherchant désespérément sa moitié. Ceux qui ont déjà découvert les aventures des deux héros s'attendront peut-être à quelques fantômes, médiums ou autres phénomènes du même genre. C'est pourtant une piste très différente qui sera suivie cette fois, puisque nous croiserons au détour des rues londoniennes divers exemples de mammifères disparus depuis la préhistoire.
Je suis en général plus sensible aux histoires d'esprits et de châteaux hantés qu'aux thèmes abordés ici, mais c'est avec plaisir que j'ai découvert ce roman, qui est peut-être finalement mon préféré parmi les quatre de la série.
Comme toujours, les péripéties s'enchaînent rapidement. Les deux personnages holmesiens gardent un côté un peu suranné plein de charme. La machination tout à fait diabolique (ne mâchons pas nos mots !) dont est victime le fiancé d'Alice Grey est absurde et pourtant, assez crédible si on prend en compte le contexte. Bref, vous le voyez, une escapade pour le moins palpitante qui présente trois atouts de taille : une bonne dose d'humour, marque de fabrique de la série, ainsi que des révélations inédites sur Nessie et les profondeurs du Loch Ness ET sur l'incendie du Crystal Palace. Alors, prêts à vous laisser embarquer ?
Lus et également chroniqués par ici : Le Fantôme de Baker Street, Les Portes du Sommeil, La Dernière Enquête du Chevalier Dupin.

274 p
Fabrice Bourland, Le diable du Crystal Palace, 2010

20:31 Publié dans Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : fabrice bourland, le diable du crystal palace, 10-18, les détectives de l'étrange, écosse, londres, sherlock holmes
14/03/2010
La vieille philosophie de l'âme double
Il peut vous arriver des choses terribles dans la vie, comme le fait d'être à Barcelone pendant le salon du livre 2009. Parfois, une personne soucieuse de votre équilibre mental telle qu'Isil accepte de vous aider à surmonter ce moment difficile en se rendant pour vous au stand 10-18 afin de rencontrer Fabrice Bourland à l'occasion de la sortie de son dernier roman.
C'est ainsi qu'avec quelques mois de retard (j'ai déjà fait bien pire), j'ai lu le mois dernier La dernière Enquête du Chevalier Dupin.
Pour ceux qui connaissent la série, rappelez-vous Les Portes du Sommeil, avec ses morts suspectes survenant pendant les cauchemars d'individus fascinés par les mystères du sommeil. L'écrivain en profitait pour intriguer ses lecteurs en évoquant le suicide de Nerval, avant de les abandonner lâchement aux affres de l'angoisse : qu'en était-il de cette enquête laissée en suspens ?!
Court roman visant à apporter une réponse à cette question, La dernière enquête du chevalier Dupin s'inscrit en marge de la série des détectives de l'étrange (ne vous avisez d'ailleurs pas d'y chercher le tandem holmesien qui anime les deux premiers romans).
Difficile de ne pas en dire trop sur ce récit; je ne ferai donc que jouer les viles tentatrices en faisant miroiter les éléments suivants : vous croiserez au détour d'une rue ou d'un cimetière Edgar Allan Poe, Alexandre Dumas et Gérard de Nerval ; une fois de plus, vous serez confrontés à des énigmes invraisemblables (et à des solutions plus saugrenues encore); enfin, vous pourrez vous promener dans un Paris oublié, fait de ruelles tortueuses et d'endroits parfois sordides sacrifiés par le baron Haussmann.
Une fois de plus, je suis sous le charme de cette série décalée qui sied davantage aux rêveurs qu'aux détectives amateurs. Voilà un roman ingénieux et plein de fraîcheur qui m'a offert une pause très divertissante. Le tout agrémenté d'une plume agréable... autant le dire de suite, je continuerai à lire les aventures pseudo policières de Fabrice Bourland.
Au passage, merci à l'auteur pour la dédicace par procuration très sympa !
Et par ici, les deux précédents romans : Le Fantôme de Baker Street et Les Portes du Sommeil.
Et l'avis de Maggie!

116 p
Fabrice Bourland, La dernière Enquête du Chevalier Dupin, 2009
02/08/2009
Du rififi in the middle of nowhere
Écrivain en vogue issu d'une petite ville où rien ne se passe jamais, Rob Castor s'est récemment suicidé après avoir assassiné son ex petite amie. Son ami d'enfance Nick ne s'en remet pas et revient sur l'histoire de Rob, leur amitié et, en passant, sur sa propre vie privée, ses problèmes conjugaux, le psy de sa femme, le chien du voisin, le rhododendron de sa grand-mère... désolée je m'égare.
Je l'avoue, ce résumé est nettement moins alléchant que celui qui figure au dos de mon édition. Malgré tout, je le trouve plus à la hauteur des ambitions et du contenu de ce livre où il ne se passe finalement pas grand-chose. Si je reprends donc le résumé plus alléchant que j'évoquais à l'instant, on apprend que « dans le paysage des jours enfuis, d'étonnants secrets le guettent ». Ce n'est pas faux. Deux révélations importantes se font, expliquant certains aspects un brin étonnants du comportement du narrateur. Ce qui me gêne plus, c'est le fait que ces deux nouveautés arrivent comme un tas de cheveux au milieu de la soupe au brocoli (soyons précis sur ce point, voulez-vous ?) ; elles ne sont pas franchement exploitées, que l'on pense à l'éventuelle « intensité dramatique » de la chose ou, ce qui est sans doute plus important, à l'impact sur le dénouement du récit. Nick n'évolue pas, la fin n'en est pas une (malgré les révélations, on reste un peu sur sa faim) et, de bout en bout, on suit le parcours d'un mari geignard qui s'écoute parler. Ce qui, personnellement, a fini par me lasser, le personnage m'étant profondément indifférent.
Finalement, comme le récit stagne beaucoup du début à la fin, il me semble que l'intérêt principal résidait dans l'analyse du comportement du narrateur. J'imagine que l'objectif recherché tenait davantage du portrait psychologique que du thriller, ce qui aurait dû me convenir parfaitement au vu de mes goûts personnels. Malheureusement, le sujet observé est aussi creux qu'une Veruca Salt * ; qui plus est, il est parfaitement antipathique. L'essentiel de ses jérémiades concerne sa femme, qui détourne ses enfants de lui et fait preuve d'une jalousie tout à fait inappropriée. Parallèlement à ce constat, voilà notre narrateur qui raconte comment il retrouve la sœur de Rob, son ex petite-amie, ennemie jurée de sa femme. Et comment (accessoirement) il devient son amant. Je me suis mortellement ennuyée en suivant les manifestations d'auto-apitoiement de ce cher Nick, ce qui est particulièrement gênant étant donné leur caractère répétitif. Voilà un héros qui tente de se remettre en question mais qui ne va pas assez loin dans sa démarche et ronronne un peu trop à mon goût. A part ça, ce roman se laisse lire (le style est d'ailleurs agréable) et convient tout à fait aux séances de lecture dans les transports en commun.
Ah oui, pourquoi ce titre à la place de Now you see him en anglais ? Ainsi soit-il m'a d'ailleurs valu des commentaires dans le métro de la part d'un monsieur sympathique chargé comme une mule avec un sac Boulinier.
Mon avis est très proche de celui de Petite Fleur et je suis également d'accord avec Hedwige («
On lit le roman vite, sans y penser, sans réfléchir, et on l’oublie tout de suite ; certes il ne laisse pas de mauvais souvenirs flagrants, c’est qu’en réalité il ne laisse pas de souvenirs du tout… Il est dommage qu’un livre sans défauts majeurs manque à ce point là de qualités. »), mais la plupart des avis référencés par Bob sont beaucoup plus positifs ; beaucoup de lecteurs ont au contraire été touchés par le personnage ou intéressés par les étonnants secrets qui le guettaient.
Lu dans le cadre du partenariat entre Bob et les éditions 10-18.
(Tableau : American Gothic de Grant Wood, cité par le narrateur)

274 p
Eli Gottlieb, Ainsi soit-il, 2008
* Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl
10:43 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : ainsi soit-il, eli gottlieb, roman américain, etats-unis, usa, amitié, écriture, new-york, manhattan, 10-18, la vie des tortues est fascintante








































Catégorie Prince Charles : 2 books out of 5 !