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19/02/2012
Was Shakespeare a fraud ?
Si vous voulez en savoir plus sur Edward de Vere, 17e comte d'Oxford, vous ne devriez manquer sous aucun prétexte Anonymous, film hautement intellectuel réalisé par celui qui avait déjà marqué l'histoire du cinéma d'auteur avec Independance Day et Godzilla. Et il fallait bien un maître pour aborder la question de la paternité des oeuvres shakespeariennes.
Ce film débute à Broadway. Derek Jacobi arrive sous la pluie dans un théâtre, passe par les coulisses, il est en retard, presque essoufflé mais il est là. Le rideau s'ouvre et le voilà se posant en narrateur, introduisant ce récit. Et hop ! Le temps d'une transition remarquablement maîtrisée, nous voilà plongés dans l'Angleterre élisabéthaine. Et les révélations commencent !

Le film repose sur la thèse qui vit le jour dans les années 1920 et selon laquelle Edward de Vere serait le véritable Shakespeare. Le comte d'Oxford aurait en effet été dans l'incapacité d'assumer la paternité de ses oeuvres (pièces engagées, art condamné dans une famille puritaine, notamment par son beau-père, Robert Cecil, conseiller de la reine). Mais la thèse développée par le film ne manque pas d'humour.
Imaginez une reine Elizabeth portée sur le théâtre et les hommes, fortement influencée par ses conseillers, plutôt gâteuse sur le tard (au point de se déboutonner en public et de fourrer sa main sous son corsage). Une reine vierge qui, sachez le, serait parvenue à accoucher au moins deux fois en toute discrétion lors de tournées à travers le pays. Mais s'il ne s'agissait que de cela : Edward de Vere tombe sous le charme de la reine alors qu'il n'est qu'un très jeune homme ; leur passion est ardente, la reine tombe enceinte mais de Vere a été contraint d'épouser la fille de Robert Cecil et, sous les conseils de celui-ci, la reine renonce à exiger d'épouser de Vere et accepte d'abandonner son fils. Bien des années plus tard, de Vere découvre que lui-même était le fils de la reine... une reine Vierge qui a un fils (et un petit-fils) de son fils inconnu, il fallait toute la subtilité de Roland Emmerich pour avoir cette idée.

Quant à Shakespeare, le vrai William Shakespeare, nous avons découvert qu'il s'agissait d'un acteur médiocre et suffisant, presque illettré, maître chanteur complètement stupide, bref, un râté de première.
Le film s'achève avec l'incendie du théâtre de Shakespeare, dans lequel étaient cachés les manuscrits du comte d'Oxford, tout juste mort et contraint de soustraire ses écrits à une famille hostile au théâtre et à la littérature. Heureusement, grâce à l'invention récent du coffre ignifugé (remarque fortement pertinente de notre Miss Marple de choc, Isil), les manuscrits sont sauvés des flammes (en plein jour, sachant que celui qui les cherche vient de quitter la tour de Londres, où il vient de passer un bon moment (scène tout à fait plausible, surtout lorsqu'il ouvre le coffre encore fumant à mains nues).
Bref, ce film ne repose sur aucune logique ; impossible d'aller le voir pour en savoir plus sur Shakespeare et l'époque car les nombreux rebondissements hollywoodiens ôtent toute crédibilité à l'histoire. Malgré tout j'ai passé un très bon moment. Les costumes sont très soignés, le casting impressionnant, l'histoire amusante, les reconstitutions de rue sentant un peu l'image de synthèse mais nous faisant malgré tout voyager. Un divertissement bien agréable, même si la trame est cousue de fil blanc. Un film qui nous aura fait découvrir que le fauteuil roulant existait déjà à l'époque, et même bien avant (au moins un détail historique que nous aura appris Anonymous).

Sur les thèses concernant la paternité des oeuvres de Shakespeare, voici le lien Wikipedia (rubrique "la question de l'identité").
Vu dans le cadre du challenge Shakespeare de Maggie et Claudia.

Anonymous, un film de Robert Emmerich (2011)

00:19 Publié dans Film, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : anonymous, film anonymous, william shakespeare, comte d'oxford, edward de vere, elisabeth 1, époque elisabethaine, angleterre élisabethaine
Commentaires
Molière et Corneille sont aussi passés par là, il faut bien que les universitaires cherchent des sujets pour qu'on s'intéresse à eux ! Pour ce film, les acteurs et les costumes ne vont pas suffire à me convaincre, je le crains...
Écrit par : Ys | 19/02/2012
Répondre à ce commentaireQuand j'ai lu l'intrigue je me suis dit: laisse tomber! (forcément je suis historienne et manque de bol ma période c'est celle des Tudor alors...) merci pour ce compte-rendu très drôle!
Si tu veux en savoir plus sur le VRAI Shakespeare (qui était problablement....Shakespeare oui ça a l'air bête comme ça) je te conseille "Will in the world" de Stephen Greenblatt qui a beaucoup travaillé sur le sujet!
Écrit par : Perséphone | 19/02/2012
Répondre à ce commentairezut alors, le sujet m'intéressait - les théories ont toujours été que c'était christopher marlowe qui était l'auteur de la plupart des pièces de shakespeare
si tu es déçue par ce film, j'imagine que je le serai également
Écrit par : niki | 19/02/2012
Répondre à ce commentaireJ'ai deux réactions primaires ! Au secours ! Ca a l'air diablement débile par moment surtout l'histoire de la reine vierge qui devient une sorte d'oedipe féminin inversée ! ensuite avec le coffre ignifugé !!!! C'est sûr qu'on ne peut pas être spécialiste des lézards géants, des extraterrestres et en plus de Shakespeare !!!!! Ensuite, je vois 3♥ et demi et puis, non seulement ton billet ironique est magnifiquement écrit mais je veux bien te croire lorsque tu dis que tu as ri de bon coeur... 3 ♥ et demi, c'est pas trop tout de mêmes ??? en tant qu'adoratrice des navets anglais, j'irai le voir...
Écrit par : maggie | 19/02/2012
Répondre à ce commentaireJe pense aller le voir, je suis bon public en général ;)
Écrit par : DeL | 19/02/2012
Répondre à ce commentairePar contre, le fait qu'elle était gâteuse sur la fin n'est pas si à côté des faits que ça, car j'avais lu effectivement une anecdote de ce genre-là dans un livre assez sérieux.
Écrit par : The Bursar | 19/02/2012
Répondre à ce commentaireMême si tu en parles très bien, ce film m'a quand même l'air d'atteindre un niveau de stupidité difficilement compatible avec ce que je peux supporter au cinéma. J'ai peur que pour moi la qualité des reconstitutions n'y fasse rien. En plus, je n'ai pas le sens de l'humour: je ne supporte pas qu'on touche à Shakespeare. ;o)
Écrit par : cleanthe | 19/02/2012
Répondre à ce commentairebin euh oui un realisateur....il fait quand meme des films...apres que tu n'aimes pas son style...son cinema...c autre chose...,o)..bin c un blockbuster....cela reglera le probleme....bien que c admirateurs ne risquent pas le suivre lala....;o)
Écrit par : rachel | 20/02/2012
Répondre à ce commentaireA voir donc pour le plaisir mais pas pour apprendre réellement quelque chose ! Mais passer un bon moment, c'est déjà bien sympa ! Par contre, je pense que je ne le verrai qu'à sa sortie en DVD !
Écrit par : Joelle | 20/02/2012
Répondre à ce commentaireET bien dis donc, il fallait le faire! Mais comme dit Woody Allen si Shakespeare est Marlowe ou Chaucer ou de Vere, qui est Shakespeare?
J'aime beaucoup le commentaire plein d'humour de Perséphone, l'historienne , le VRAI Shakespeare ce serait peut-être bien... Shakespeare! Au fait savez-vous que Molière est Corneille?
A ajouter au challenge Shakespeare! Merci Lou!
Écrit par : claudialucia ma librairie | 20/02/2012
Répondre à ce commentaireooohh tu as le droit de ne pas aimer....;o)
Écrit par : rachel | 21/02/2012
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Écrit par : rachel | 19/02/2012
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