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09/05/2009
Sur la ligne 2
Entre Montréal et Paris, nous suivons la narratrice, sa grand-mère kabyle (autrefois la plus belle fille du village), sa cousine Celia, anéantie par le décès de sa mère, ainsi que deux jumeaux, Fril et Gan. L'un d'eux, autiste et brillant, est tombé amoureux de Marguerite Yourcenar et veut la rencontrer, ne sachant pas qu'elle est décédée depuis près de vingt ans. Histoires de famille, d'amour, d'amitié, portraits de personnages entiers, les sujets ne manquent pas.
Difficile de ne pas être surpris par le curieux livre de Katia Belkhodja. Plutôt que de roman, on peut peut-être parler de poésie romancée, l'écriture servant de prétexte à la trame, aux allers-retours entre les personnages, les points de vue, les instants. Certains seront déconcertés ; les amateurs de poésie sans doute intrigués, parfois charmés, tandis que les lecteurs attachant beaucoup d'importance à l'aspect narratif risqueront une drôle de déconvenue.
Certains passages chargés de sens marquent à la lecture, véhiculant des images fortes. Tel le curieux début : « J'avais ta chair arrachée entre les dents. » (p9) Cette phrase entêtante est celle qui est venue un jour troubler Katia Belkhodja et, de fil en aiguille, la pousser à rédiger un texte étonnant. Parfois un peu prétentieux, volontairement (mais un peu trop) répétitif, le style est en tout cas original et fait tout l'intérêt de cette lecture déroutante. Le fond n'a plus tant d'importance, ce qui explique peut-être la quête absurde de ce jumeau épris de Yourcenar en raison d'une phrase qu'elle n'a jamais écrite et qui, au moment d'ouvrir enfin une oeuvre de sa Marguerite, décide d'abandonner ses recherches, la réponse qu'il cherchait tant n'ayant plus vraiment de sens. J'ai été tour à tour charmée et agacée par ce patchwork littéraire qui, s'il ne m'a pas totalement séduite, vaut bien le détour. Car, quoi qu'il en soit, c'est un texte hybride et étrange, un ovni poétique qui saura sans aucun doute charmer plus d'un lecteur.
Quatrième lecture pour la présélection du Prix des Cinq Continents.
J'ai finalement renoncé à lire le cinquième titre qui m'avait été envoyé mais j'ai globalement trouvé ces lectures intéressantes, ma préférence allant au roman d'Annie Cloutier.
98 p
Katia Belkhodja, La peau des doigts, 2008
08:00 Publié dans Littérature française et francophone, Prix des Cinq Continents | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : québec, marguerite yourcenar, la peau des doigts
Commentaires
Heu...Vraiment pas pour moi. Rien ne me plaît, à priori, ni le titre (BEURK !!!) ni la couverture (re-beurk !!!) ni le thème. Ma PAL va donc être épargnée, youpi !!!! ;-)
Écrit par : Turquoise | 09/05/2009
Répondre à ce commentaireJe suis un peu dubitative devant ce genre de livre ..
Écrit par : Aifelle | 09/05/2009
Répondre à ce commentaireoui didonc deja ta premiere phrase j'ai du la lire plusieurs fois...kabyle, montreal, paris...cela promet de la belle curiosite...mais je sais pas....je pense qu'il faut etre dans un certain etat pour pouvoir le lire...pourquoi pas?..;o)
Écrit par : rachel | 09/05/2009
Répondre à ce commentaireJ'avais hésité beaucoup à suivre la Recrue quand ils l'ont présenté... et finalement, je pense que j'ai bien fait. Je ne suis pas du tout certaine que ce soit pour moi, malgré que certains aspects (le garçon amoureux de Marguerite Yourcenar par exemple) m'attiraient!
Écrit par : Karine :) | 10/05/2009
Répondre à ce commentaireOh comme il me parle bien celui là !!! Il est paru en France ? Je m'en vas regarder !
Écrit par : Océane | 10/05/2009
Répondre à ce commentaireMoi, j'ai abandonné ce livre, le rythme m'a beaucoup déplu...
Écrit par : Jules | 10/05/2009
Répondre à ce commentaireL'extrait ne me tente pas trop...je passe mon tour.
Écrit par : Edelwe | 10/05/2009
Répondre à ce commentaireCe livre m'intéresserai si je le rencontre, j'aime bien les textes ovnis et poétiques.
Écrit par : Alice | 10/05/2009
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Écrit par : cathuluc | 09/05/2009
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