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22/12/2008
Like a virgin when your heart beats next to mine
Je n’aurais sans doute jamais découvert L’Amant inachevé sans Lilly et l’échange qu’elle a eu avec son auteur il y a quelques mois. Le sujet ne me tentait pas plus que ça mais, comme je suis de naturel curieux, j’ai été ravie quand elle a proposé de me le prêter. En feuilletant le livre comme je le fais souvent, je suis tombée à peu près uniquement sur des scènes érotiques très crues. Ce n’est pas franchement ma tasse de thé et ce n’est pas sans appréhension que j’ai abordé ce livre.
En intercalant des chapitres décalés dans le temps, Claire raconte à la première personne son initiation à la vie sexuelle par D. et sa vie sexuelle présente. Au collège, Claire découvre la sexualité avec D., dans une relation qui ne se veut pas ouvertement amoureuse. Aujourd’hui, juriste d’une trentaine d’années et mère de famille, Claire mène une vie a priori harmonieuse avec son mari, émaillée de-ci de-là par des sorties dans des clubs échangistes.
Simple roman érotique ? Pas vraiment. Pour moi, les descriptions détaillées qui frisent l’obsession suggèrent que D., plus qu’un partenaire idéalisé, est l’objet d’une fascination amoureuse. Cela expliquerait notamment pourquoi Claire se souvient de D. et non du garçon avec qui elle a perdu sa virginité l’année suivante.
Et puis il y a scène osée et scène osée. En lisant L’amant inachevé j’avais à l’esprit Glamorama (et American Psycho dans une moindre mesure) de Bret Easton Ellis où les scènes de sexe interminables n’apportent à mes yeux pas grand-chose au récit. OK, les générations américaines décadentes, la bisexualité… certes. Mais les scènes s’enlisent et une fois qu’on a compris les chemins et moyens empruntés par les protagonistes le phénomène de répétition finit par m’exaspérer. Ici, l’écriture est travaillée, c’est cru sans être bassement vulgaire et les scènes alimentent réellement l’histoire au lieu de la desservir en l’entrecoupant inutilement.
C’est aussi une autre histoire d’amour qui est évoquée, avec pudeur, ce qui l’a rendue plus émouvante pour moi. Car dans cette histoire il y a aussi ce mari qui, peut-être moins libertin qu’il n’y parait, accepte le ménage à trois et invite sa femme à rappeler D. pour de bien nobles raisons : pour qu’elle puisse s’épanouir mais aussi pour lui montrer qu’il lui fait confiance, afin de lui laisser l’espace de liberté dont elle a besoin et qu’elle pourrait être tentée de retrouver sans son accord. Pour moi, ce mari n’est pas si indifférent. Il est même jaloux mais accepte de s’effacer et de partager son épouse en espérant qu’ainsi il ne la perdra pas – car il a bien compris la nature de la relation entre D. et Claire.
Un roman intéressant et subtil à mon humble avis.
Merci à Lilly pour ce prêt. (Je te renvoie les livres dès mon retour en janvier)
141 p
Gaëlle Guernalec-Levy, L’amant inachevé, 2008
00:32 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : roman français, amour
Commentaires
J'adore ton titre :)
Et j'adore Ellis; on pourrait donc croire que je suis ouverte au roman que tu présentes, mais curieusement, non... Tu en parles fort joliment, ceci dit !
Écrit par : erzébeth | 22/12/2008
Répondre à ce commentaireMalgré un billet élogieux, je reste de glace devant ce roman.
Écrit par : Leiloona | 22/12/2008
Répondre à ce commentaireJ'avoue que je suis assez perplexe devant ton billet. Je ne l'avais pas noté mais maintenant, je doute ! Pourtant, l'histoire ne m'attire pas plus que ça ... mais ça m'intrigue quand même un peu ! mdr !
Écrit par : Joelle | 08/01/2009
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Écrit par : Lilly | 22/12/2008
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