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31/03/2007
Amor de mis amores
L’exposition Peintres de la Lumière a été l’occasion de retrouver la douceur de Sorolla et de découvrir certaines œuvres de John Singer Sargent que je ne connaissais pas encore. Le rapprochement entre les deux peintres n’était pas surprenant. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert l’exposition, avec un magnifique record d’immobilisme devant mes toiles favorites, pourtant maintes fois admirées auparavant !
Après avoir bravé les commentaires insipides de beaucoup de visiteurs cherchant à tout prix à dire quelque chose sur chacune des toiles histoire d’avoir l’air compétent (j’ai été ravie d’entendre qu’une petite fille peinte par Sorolla était effectivement un enfant, comme le prouvaient ses jolies petites fesses bien rondes ; j’ai trouvé encore plus amusant d’entendre une personne particulièrement suffisante parler de « jardin à la française » devant le patio de Sorolla, malgré son bordel organisé, ses azulejos et ses fontaines andalouses), je suis sortie de l’exposition des couleurs plein les yeux et une foule d’impressions en tête.
Puisque je connais moins bien Sargent, c’est surtout ce peintre qui m’a intriguée – bien que ma préférence, hautement subjective, revienne à Sorolla. Notamment :
La capacité de Sargent à faire abstraction des commandes qu’il reçoit et à peindre des portraits à la fois osés et très révélateurs de leur commanditaire. Le peintre n’épargne pas le jeune pédant qui a un magistral coup de soleil sur le front ; il donne vie à ses tableaux en montrant par exemple l’ennui profond de l’enfant qu’il est en train de peindre.
Le réalisme et la précision de ses portraits : l’attention portée au regard et aux marques d’expression donnent un volume et un réalisme inattendus aux personnes représentées. A mes yeux, Sargent est capable de supprimer les barrières qui s’érigent généralement entre l’observateur et l’observé ; ses personnages ont une telle consistance qu’on imagine sans peine les modèles qui les ont inspirés. Chaque portrait a cette petite étincelle de vie qui vous laisse cloué sur place !
L’audace et l’originalité de Sargent tiennent notamment au déséquilibre de ses toiles : visage ultra-réaliste puis imprécisions croissantes dans le décor, tant et si bien que les contours du tableau sont totalement impressionnistes ; attention accordée à une partie de la scène, le reste étant peint grossièrement avec de rapides coups de pinceau de même couleur, le tout laissant une impression d’inachevé.![]()
Pour ceux qui peuvent voir cette exposition, je vous la recommande chaudement en raison de la qualité des toiles exposées et de l’excellent travail de documentation qui permet de découvrir en douceur les principales caractéristiques de
certaines toiles et le contexte dans lequel elles ont été peintes.
Et comme ici, je vous parle de livres, le prétexte à cette petite note est le petit livret édité par le Petit Palais. J’ai longuement hésité avec l’énorme catalogue de l’exposition, mais j’ai finalement décidé de me contenter du livret synthétique, dont les reproductions sont parfois meilleures. Reprenant le parcours de l’exposition, Peintres de la lumière revient sur les portraits, les peintures sociales, les projets de grande envergure ou bien encore les superbes aquarelles (Sargent) exposées.
Et si vous ne pouvez pas aller à l’exposition, ma petite note aura sûrement permis à certains d’entre vous de découvrir Sorolla, qu’on ne connaît pas très bien en France. J’aurai donc accompli ma mission ! :o)
Exposition Peintres de la Lumière
Petit Palais, Paris
Métro Champs-Elysées Clémenceau
13:30 Publié dans Arts & Beaux livres | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
Commentaires
Je ne connais pas du tout le monde de la peinture, mais c'est un plaisir de parcourir cette exposition sous ta plume, merci pour ce très joli billet.
Ecrit par : Cuné | 31/03/2007
Répondre à ce commentaireC'est dans des cas comme ça que je regrette terriblement de ne plus habiter paris... mais seuleemnt dans ces cas là!!
merci de cet aperçu!
Ecrit par : choupynette | 02/04/2007
Répondre à ce commentaireJoli billet. La première toile que tu présentes dans ton article me fait penser à la couvertue d'une livre d'Anita SHREVE.
Ecrit par : anjelica | 03/04/2007
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup la peinture et j'ai adoré faire le musée d'Orsay quand j'étais en week-end sur Paris, merci pour ce parcours initiatique !
Ecrit par : Florinette | 03/04/2007
Répondre à ce commentaireSur mon blog, il suffit de cliquer sur la lettre S dans les auteurs.
Si je ne me trompe pas, il y en a au moins deux de cette auteure. Je pense en avoir lu trois et je les ai tous aimés.
Ecrit par : anjelica | 04/04/2007
Répondre à ce commentaireMerci pour votre "billet". Vous m'avez permis de découvrir les couleurs "éclatées" et solaires de Sorolla..
Ses peintures sont sans mièvreries et comme en demi-teinte...
Moi de même, je les prèfère à Sargent..
Votre "mission" est accomplie..
Bien à Vous.
H.Z.
Ecrit par : Henri Zerdoun | 07/04/2007
Répondre à ce commentaireBonjour Lou. Suite à ta question, j'ai eu envie de faire un post sur cette auteure. Je viens de revoir la couverture de 'un seul amour' et je suis quasi certaine que c'est une partie du tableau que tu nous présentes en premier dans ton bel article.
Bon dimanche de Pâques à toi et aux tiens !
Ecrit par : anjelica | 08/04/2007
Répondre à ce commentaireEt bien moi je découvre ton blog qui me plait beaucoup et je peux te dire que je vais aller voir très bientôt cette exposition avec une amie et que j'en suis enchantée d'une part parce que j'adore Sorello et en plus parce que je serai avec une amie et j'ai trop envie de le dire à la terre entière..voila!..super ton commentaire car il n'y en avait pas encore eu sur ce peintre et ça aurait été trop dommage.
Ecrit par : beatrix | 10/04/2007
Répondre à ce commentaireJ'ai fait l'exposition ce matin et j'en suis revenue éblouie. J'ai comme toi une préférence pour Sorolla, mais certains portraits de Sargent étaient vraiment splendides.
Ecrit par : Caroline | 22/04/2007
Répondre à ce commentaire








































Ecrit par : lamousmé | 31/03/2007
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