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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

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06/11/2016

Valérie Martin, Mary Reilly

martin_Mary-Reilly.jpgIl y a quelques années, j'ai découvert le film Mary Reilly avec Julia Roberts et John Malkovich, variation autour du roman L'Etrange cas du Docteur Jekyll & de Mr Hyde... sans savoir qu'il était adapté d'un roman. J'ai donc découvert ce dernier à l'occasion de sa publication aux éditions Phébus Libretto.

Tout le monde connaît plus ou moins l'histoire du docteur Jekyll, qui engage un assistant à la personnalité trouble. Inquiétant, mauvais, Hyde finit par commettre un meurtre. Mais chacun sait qu'in fine, Jekyll & Hyde ne forment qu'une seule et même personne.

Dans son roman, Valérie Martin choisit le point de vue d'une femme de chambre pour raconter cette histoire. Mary Reilly est une jeune femme de basse extraction qui a eu la possibilité d'être éduquée via une institution caritative. Fille d'un alcoolique qui la tourmentait et d'une mère vivant aujourd'hui dans la misère grâce à des travaux de couture, Mary est heureuse de la place qu'elle occupe chez le Dr Jekyll. Elle voit en lui un bon maître mais pas seulement : on s'aperçoit rapidement de sa fascination pour le docteur, dont elle guette chaque menue marque d'attention avec avidité. Certaines scènes entre eux sont empreintes d'un certain érotisme, dans la limite des barrières dressées par leurs positions respectives et leur sens moral élevé - au regard des normes de l'époque.

Mary consigne dans son journal son quotidien de femme de chambre et fait la part belle aux échanges avec le docteur. Jekyll est aperçu plus furtivement, de nuit ou dans le brouillard. Il est d'emblée présenté comme un personnage sinistre, dont la présence inquiète les domestiques, navrés de voir leur bon maître abusé par un individu aussi grossier.

La position privilégiée de Mary auprès du docteur lui permet d'avoir avec lui plusieurs discussions "de fond", et notamment des considérations sur la nature humaine. Elle ne se contente donc pas de simplement observer des faits, ce qui aurait pu conduire à une redite du roman de Stevenson. Valérie Martin n'opère pas seulement un changement de point de vue : Mary livre ses réflexions avec honnêteté mais ne vit pas uniquement à travers l'histoire de Jekyll & Hyde. Son passé douloureux ainsi que des évènements malheureux au moment du récit permettent de faire d'elle un personnage intéressant, non un simple témoin.

Le roman décrit bien également les relations entre domestiques ainsi que le quotidien de ceux-ci. Malgré quelques échappées (parfois sous la pluie ou le brouillard), j'ai eu l'impression de lire une sorte de huis-clos, tant l'atmosphère m'a semblé étouffante parfois, à force de voir Mary limiter ses sorties au perron et au bout de jardin entre la maison et le laboratoire (à l'exception du jour où elle dispose d'une après-midi de congé).

Un roman soigné, à recommander à tous ceux qui s'intéressent à l'époque victorienne et au roman de Stevenson. Il me reste à relire ce dernier pour comparer les scènes telles qu'elles sont décrites dans chacun des romans. 

Je vous recommande cet article très intéressant d'une enseignante anglo-saxonne, sur Reveries under the sign of Austen.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec : Pedro Pan Rabbit, Nahe et Titine.

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250 p

Valérie Martin, Mary Reilly, 1990 (2016 pour la présente édition)

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03/10/2015

Penny Dreadful (série)

serie_penny dreadful 02.pngAujourd'hui, le challenge Halloween proposait de nous retrouver autour d'une série. J'ai choisi de vous parler de Penny Dreadful, qui compte deux saisons à l'heure actuelle (la prochaine étant prévue en 2016) ; j'ai vu pour ma part la première et commencé à regarder la seconde.

Amateurs de monstres victoriens, cette série est pour vous ! Ne serait-ce que le titre devrait vous mettre la puce à l'oreille puisqu'il fait référence aux journaux à sensation de l'époque, qui avaient l'habitude de se répandre sur les crimes contemporains avec moult détails et illustrations racoleuses à souhait.

Penny Dreadful mélange joyeusement les grands classiques de l'épouvante dans un cadre londonien, mais aussi victorien. On y croise donc une medium; le Diable, qui essaie de prendre possession de l'âme d'une des protagonistes, assisté en la matière par de cruelles sorcières ; des vampires, avec des références à Dracula, et des chasseurs de vampires, dont Van Helsing, qui malheureusement pour lui ne fait pas long feu dans la série car il est assassiné brutalement par la créature de Frankenstein. Le célèbre monstre rejeté dès la "naissance" vit dans l'ombre et cherche une partenaire, poussant son créateur à lui faire une âme soeur, sous la contrainte. Un tel univers serait incomplet sans la présence d'un chasseur de vampires lui-même loup-garou, d'une prostituée des bas fonds (Billie Piper), d'un ancien explorateur (Timothy Dalton) tourmenté par le rapt de sa fille par un vampire et surtout, de Dorian Gray, à l'âme si corrompue. Dorian Gray qui cherche à se divertir dans la luxure et le vice sans succès, jusqu'au jour où il croise le chemin de la principale héroïne, Vanessa Ives (Eva Green). On attend le Dr Jekyll qui devrait rejoindre ses camarades lors de la saison 3.serie_penny dreadful 05.jpg

La reconstitution des décors, les scènes extérieures et les costumes sont un vrai atout et confèrent à la série un cadre très fidèle à l'image que l'on a de Londres au XIXe, avec de nombreuses scènes nocturnes sombres et inquiétantes à souhait. Les références littéraires séduiront bien évidemment les habitués du genre, même si le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux ; j'ai eu pour ma part l'impression que toutes ces influences se mêlaient sans une grande cohérence à certains moments. Autour du fil conducteur, quelques pistes sont lancées mais ne sont pas exploitées à fond ; on suppose que les saisons suivantes se feront plaisir d'exploiter les vides laissés jusque-là. C'est une série qui s'adresse à un public averti, en raison de quelques scènes violentes ou d'une certaine noirceur (par exemple la lutte de Vanessa contre le Diable qui veut la posséder), mais aussi de scènes en tenue légère qui interviennent très régulièrement (et n'apportent souvent pas grand-chose en termes de narration, mais ça, c'est un autre débat). 

Dans la mesure où la première quête des héros est en partie terminée, beaucoup de possibilités s'offrent aux scénaristes et ceux qui ont goûté aux premiers épisodes auront bien du mal à ne pas se laisser tenter par la suite !

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Série Penny Dreadful, 2014

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06/06/2015

Wendy Wallace, The Painted Bridge

wallade_painted bridge.jpegAmateurs de romans historiques victoriens, ce livre s'adresse à vous !

Dans The Painted Bridge, nous faisons connaissance d'Anna. Fille de marin, récemment mariée à un pasteur hypocrite et arrogant, Anna a été abandonnée dans un asile privée des environs de Londres. A cette époque, les asiles privés sont très critiqués et soumis à des contrôles, ce qui obsède le directeur de l'établissement où est accueillie la jeune femme, Lake House.

Il s'agit d'une belle demeure, dont les propriétaires ont été contraints pour des raisons financières de transformer une partie des pièces en centre de repos pour femmes aux nerfs fragiles. Le propriétaire a pris la succession de son père dans ce triste métier et, comme cela arrive assez fréquemment à l'époque, il fait montre de peu de scrupules lorsqu'il s'agit d'interner des parentes gênantes sur la base d'un certificat pour le moins douteux – les médecins prêts à se montrer arrangeants ne manquant pas à l'époque.

A son arrivée, Anna fait preuve de naïveté, elle s'entête à vouloir prouver le fait qu'elle n'a rien à faire à Lake House. Elle tarde à comprendre que parmi ses compagnes d'infortune, nombreuses sont celles à y faire un séjour sans être plus malades qu'elle. C'est notamment le cas d'une jeune femme internée pour être tombée amoureuse d'un homme jugé infréquentable par sa famille. Le roman va être celui de l'apprentissage d'Anna, qui restera toujours convaincue qu'elle pourra sortir libre un jour de Lake House, même si sa tactique et ses opinions évoluent au fur et à mesure.

wallace_SarineCollodion2.jpegJ'avais déjà croisé de sordides asiles victoriens mais jamais de maison de campagne cossue de ce genre, où les apparences sont trompeuses : sous la vieille vaisselle, les travaux de tricot et les politesses, petites et grandes souffrances quotidiennes ne manquent pas, du simple fait de porter chaque jour une robe malpropre dont on ne connait pas la provenance jusqu'aux traitements barbares (« douche » glacée et surtout, la chaise tournante, dont je n'avais encore jamais entendu parler – et dont je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le fonctionnement... si cela vous dit quelque chose, je veux bien quelques éclaircissements). Sans parler de la gouvernante, ancienne patiente reconvertie en gardienne mesquine, parfois cruelle.

Traitant à la fois des asiles et des débuts de la photographie, The Painted Bridge est intéressant sur le plan historique tout en proposant au lecteur une histoire qui tient la route. J'ai beaucoup apprécié l'essentiel du récit, entre Lake House et Londres, même si j'ai porté un peu moins d'intérêt aux rêves éveillés d'Anna, qui lui font repenser à des événements de son enfance – même s'ils s'avèrent avoir une importance cruciale pour le récit. [Spoilers ci-après] J'aurais peut-être aimé une issue un peu plus douce en voyant s'épanouir la relation entre Anna et St Clair, un docteur venant parfois à Lake House. Néanmoins, objectivement. Wendy Wallace a sans doute eu raison de privilégier une autre issue pour Anna en faisant d'elle une femme indépendante et maîtresse de son destin.

Lecture commune du Mois anglais : Roman historique se déroulant en Angleterre 

Source image : http://britishphotohistory.ning.com/profiles/blogs/the-painted-bridge

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386 p 

Wendy Wallace, The Painted Bridge, 2012

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25/06/2014

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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04/06/2014

Clues, Tome 1, Sur les Traces du Passé

bd_clues_t1_cover.jpgEncore une série ayant pour cadre Londres à l'époque victorienne ! On peut dire que les amateurs du genre sont gâtés ! Cette fois-ci nous accompagnons Emily, de retour à Londres pour venger sa mère, assassinée quelques années auparavant. La jeune femme avait découvert peu avant son décès que sa mère se livrait désormais à des activités criminelles au sein d'un gang, qu'elle tient pour responsable de sa mort. Emily intègre Scotland Yard et devient l'assistante de l'inspecteur Hawkins, brillant mais redoutable avec ses collaborateurs. D'abord réticent à l'idée d'engager une femme malgré ses bonnes références, Hawkins lui confie des tâches ingrates telles que le nettoyage du bureau ou la préparation du thé. Mais un jour, n'ayant personne pour l'accompagner lors d'une explosion dans une morgue, Hawkins demande à Emily de se joindre à lui. Tout en restant brusque, il va être amené à réaliser que sa nouvelle assistante est bien plus dégourdie et futée qu'il ne l'aurait pensé, Emily réussissant à débloquer l'enquête et à lui sauver la vie.

bd_clues_t1_2.jpgDans ce premier tome, l'héroïne s'affirme grâce à un caractère bien trempé, de l'audace et beaucoup d'abnégation. Elle gagne en légitimité et pourra recevoir une formation d'officier. Son personnage ainsi que celui de l'inspecteur Hawkins sont complémentaires et ne versent pas dans la caricature malgré des tempéraments forts. L'intrigue m'a de suite plu, même si je trouve qu'elle verse dans la facilité au départ : la toute première affaire sur laquelle Emily intervient est liée au gang auquel appartenait sa mère. J'imaginais plutôt qu'elle allait se livrer à sa propre enquête en parallèle de son travail. Quoi qu'il en soit c'est un premier tome très dynamique et servi par des illustrations modernes d'inspiration victorienne, qui prennent toutefois certaines libertés : une Londres assez éloignée des représentations habituelles et qui m'évoquait plus des quartiers d'habitation en périphérie de la ville par exemple, avec des maisons individuelles larges, moins tassées, un pub de Whitechapel dans une grande bâtisse qui ressemble vaguement à un manoir ; quelques coiffures décalées, sans parler de la tenue de nuit d'Emily, plutôt légère et sexy pour l'époque !

Si la suite est aussi réussie, je m'offrirais volontiers l'intégrale si la série venait à être publiée sous cette forme.

(A noter une grosse coquille en p 29 "je n'en croit pas mes oreilles")

Une interview de Mara ici.

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55 p

Clues, T1, Sur les Traces du Passé, Mara, 2008

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29/04/2014

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères

waddell_Depuis-le-temps-de-vos-peres_3570.jpegAprès le très prometteur Code 1879 de Dan Waddell, j'avais hâte de poursuivre la lecture des Enquêtes du généalogiste. Celles-ci conjuguent polar contemporain et recherches généalogiques, les crimes d'aujourd'hui trouvant leur origine dans ceux d'hier.

Depuis le Temps de nos Pères suit un schéma proche du premier opus de la série. Katie Drake, actrice sur le déclin portée sur la boisson est retrouvée morte dans son jardin, tandis que sa fille Naomi a disparu. Tout juste de retour à son poste après une longue convalescence, l'inspecteur Foster fait partie des policiers chargés de l'enquête, aux côtés d'Heather notamment, autre personnage du tome 1. Lorsqu'une trace d'ADN de l'agresseur révèle que celui-ci appartiendrait peut-être à la même famille que Katie Drake, Foster et Heather font de nouveau appel à Nigel Barnes, généalogiste ayant été consulté dans le tome précédent. En cherchant à déterminer le degré de parenté de la victime et de son meurtrier ainsi qu'à dresser les membres de la famille de Drake toujours vivants, le trio découvre que l'actrice et sa fille ne sont pas les seules à avoir subi un sort tragique. Une autre adolescente a disparu, sa mère est morte d'overdose... quelqu'un s'en prendrait-il à toute la lignée?

Certes, le lecteur ne trouvera plus ici l'attrait de la nouveauté qui faisait de Code 1879 un polar qui sort vraiment de l'ordinaire. Malgré tout on se régale. Le suspense est au rendez-vous, l'aspect historique toujours très présent et tout aussi passionnant, tandis que les recherches de Barnes font appel à d'autres outils, tels que l'introduction de la génétique ou une incursion dans les bases de données et archives de l'Eglise mormone. Moi qui aime tant arpenter les rues anglaises dans mes lectures, j'ai beaucoup apprécié la partie américaine de ce roman qui nous conduit au fin fond de l'Amérique profonde, dans un village quelque peu inquiétant regroupant les membres d'une secte dissidente de l'Eglise. Notons aussi dans les aspects positifs la relation sentimentale entre Barnes et Heather qui reste discrète et ne vient pas polluer une trame de roman efficace. Je déplore en revanche les coquilles qui ne manquent pas !

 Une lecture partagée avec Soie et Titine. L'avis de Shelbylee. Marie-Malyss a lu Code 1879.

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392 p

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères (The Blood Atonement), 2009

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19/03/2014

Miss Endicott, T2

bd_Miss-Endicott-Tome-2.jpg Londres, époque victorienne. Miss Endicott est récemment arrivée pour remplacer sa mère décédée au poste officieux de conciliatrice. Gouvernante, elle mène une double vie et doit satisfaire les réclamations des uns et des autres dans les querelles de voisinage.

[Spoilers dans ce paragraphe] Dans ce deuxième tome, la mère de Miss Endicott refait surface : son enterrement n'était qu'une mise en scène destinée à lui permettre de prendre sa retraite et à s'assurer secrètement que sa fille était à la hauteur... or elle se juge pour le moment irremplaçable. Les péripéties ne manquent pas : Kevin, l'enfant dont Miss Endicott a la garde, a disparu ; un mystérieux personnage fait son apparition et semble nourrir de sombres projets pour la capitale ; et la menace d'un événement extraordinaire plane toujours puisqu'une étonnante machine doit se mettre en marche le lendemain à minuit. L'enquête se poursuit!

On retrouve dans ce deuxième tome de superbes illustrations et une ville à la fois très victorienne et délicieusement fantastique. Si les deux tomes s'enchaînent parfaitement et constituent ensemble une série très réussie, j'ai personnellement trouvé ce deuxième opus un peu moins convaincant que le premier. Ce deuxième album n'est plus porté par l'attrait de l'originalité, celle de la représentation d'un monde un brin grotesque mais fascinant. A mon sens le rythme soutenu et les scènes d'action ne suffisent pas à former un ensemble satisfaisant et cohérent. L'issue est presque sans surprise. Je ne peux que vous conseiller de lire les deux tomes à la suite : vous serez conquis par l'univers dépeint et les maladresses que je trouve à ce scénario n'auront sans doute plus une grande importance.

Une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries. Virgule a lu les tomes 1 et 2 de Miss Endicott, Soie a lu l'intégrale de Green Manor, Fanny a lu Le Tome 1 des Quatre de Baker Street, Syl a lu la série London (tomes 1 et 2).

Mon billet sur le tome 1 qui a été un véritable coup de coeur.

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80 p

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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07/03/2014

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre

fitzpatrick_neuvieme pierre.jpgAprès avoir lu Code 1879 de Dan Waddell, mon premier roman policier aux accents victoriens de la collection Babel Noir, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai abordé La Neuvième Pierre de Kylie Fitzpatrick.

Issue d'une famille pauvre, orpheline, la jeune Irlandaise Sarah O' Reilly travaille pour Le London Mercury. Vêtue en garçon pour accéder à un travail qui lui serait normalement refusé, elle espère se voir confier un jour des travaux plus intéressants. Elle rencontre par le biais du journal la jeune veuve Lily Korechnya, auteur d'articles sur des femmes illustres. Toutes deux vont devenir amies et Lily va ainsi tenter d'aider Sarah et sa petite soeur Ellen, qui toutes deux vivent dans une cave à Devil's Acre. Le destin de Lily croise celui d'une collectionneuse de diamants, Lady Cynthia Herbert. Dès lors, nous suivrons la réalisation d'un talisman en diamants, superbe commande refusée par tous les bijoutiers consultés en Inde en raison du danger inhérent au bijou. Et, en effet, ceux qui croisent les diamants indiens trouvent la mort dans des circonstances étranges...

Dans l'ensemble, La Neuvième Pierre est un roman néo-victorien intéressant mais un peu inégal. Première surprise, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt du parcours de la jeune Sarah O' Reilly. Certes, son destin finit par se mêler plus ou moins à une histoire de meurtres et de talisman en diamants volé, mais ce n'est finalement qu'une toile de fond. L'affaire est résolue rapidement à la toute fin du roman ; la solution à l'énigme est sans surprise et, au fond, on finit par s'en moquer un peu.

La première partie du roman est de loin la plus réussie pour moi. Nous avons là une toile de fond réussie à travers une Londres victorienne bouillonnante de vie et très diverse. Outre la jeune Sarah O' Reilly, deux figures féminines indépendantes d'esprit se démarquent, Lady Cynthia et Lily Korechnya. Malheureusement, j'ai été nettement moins séduite par la suite, qui se déroule principalement en Inde. Après avoir découvert le palais du Maharadjah et rêvassé quelques instants à ses splendeurs, à la lumière particulière précédent la mousson et aux senteurs délicates, je me suis vite ennuyée de la vie monotone qu'on mène dans ce lieu splendide, de ce prince bien fade et de ses concubines assommées par l'opium. J'avais espéré mieux explorer Bénarès sous l'empire britannique mais l'aspect colonial est très peu exploité, si bien qu'on a l'impression de retrouver l'ambiance des Mille et une Nuits, sans aucune petite touche d'originalité. Enfin, je me demande pourquoi Kylie Fitzpatrick a choisi d'assassiner aussi rapidement plusieurs personnages hauts en couleur, car malheureusement l'histoire s'en ressent et perd de son intérêt. Dans l'ensemble ce roman est agréable à lire mais je regrette que le récit n'ait pas été un peu plus dynamique et que l'Inde britannique n'ait pas été mieux dépeinte.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Titine et Soie.

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500 p

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre (The Ninth Stone), 2007

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10/02/2014

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight

challenge british mysteries,challenge i love london,challenge myself,christopher edge,penelope tredwell,montgomery flinch,époque victorienne,londres,londres xixe,angleterre,angleterre victorienne,roman jeunesse,bedlam,penny dreadfulLorsque je lis des mots tels qu'Angleterre, victorien, Londres, Bedlam ou encore mystère, un déclic doit se produire inconsciemment dans mon petit monde de lectrice et j'éprouve de suite une envie irrépressible de me procurer sur-le-champ le livre incriminé. Alors lorsque plusieurs lectrices ont présenté Twelve Minutes to Midnight (Douze minutes avant Minuit en VF) de Christopher Edge, je n'ai pas su résister !

Roman jeunesse néo-victorien, Twelve Minutes to Midnight met en scène la jeune Penelope Tredwell. Orpheline, elle a pris la succession de son père à la tête d'un magazine, The Penny Dreadful. Depuis qu'elle en est devenue l'éditrice et rédige sous le nom de plume de Montgomery Flinch des histoires à sensations, le magazine connaît un succès sans précédent. Lorsque débute le récit, Penelope a engagé un acteur pour incarner Flinch et assurer la promotion de chaque nouvelle histoire publiée dans le Penny Dreadful. Ensemble, ils vont être amenés à se rendre à Bedlam : une lettre a été adressée à Flinch afin de résoudre une curieuse affaire. En effet, chaque nuit, à minuit moins douze, les patients de l'asile se lèvent brutalement et se mettent à écrire frénétiquement (sur du papier ou à défaut, tout ce qui est à portée de main), laissant d'étranges messages a priori sans aucun sens.

Twelve to Midnight est un agréable roman jeunesse qui se laisse lire tout seul (bon il m'a fallu un peu de temps mais c'est dû à l'exigeante Baby Lou, moi je n'y suis pour rien). Il faut tout de même accepter de grosses ficelles et un postulat peu crédible à la base. Une adolescente victorienne de treize ans éditrice d'un magazine ? auteur de best-sellers ? qui sait quoi faire quels que soient la situation ou les dangers (capable par exemple d'extraire du venin d'une araignée comme si elle faisait ça tous les jours) ? D'accord, on n'y croit pas un seul instant. Mais il faut bien avouer que lorsqu'on lit un roman traitant des patients "ensorcelés" du célèbre asile londonien, on peut bien accepter quelques petites invraisemblances ! Alors je me suis plongée une fois de plus dans une Londres victorienne pleine de mystères pour côtoyer les patients de Bedlam mais aussi une troublante femme-araignée vivant dans les beaux quartiers. Voilà un roman plein de rebondissements, de facture assez classique certes, mais cela ne nous empêche pas de passer un très bon moment ! J'ai hâte de lire le second tome !

Elles m'ont donné envie de le lire : BiancaCoccinelle, GeorgeSharon et je viens de tomber sur l'avis d'un blog anglo-saxon, The overflowing Library.

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / Myself de Romanza - lire en VO / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

254 p

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight, 2012

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31/01/2014

Dan Waddell, Code 1879

waddell-code-1879.gifVoilà un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps et que je me suis décidée à lire en décembre, alors que je cherchais un bon page-turner pour m'aider à patienter en attendant l'arrivée de Baby Lou.

Code 1879 est le 1er tome de la série Les Enquêtes du Généalogiste de Dan Waddell. A Londres, un clochard est retrouvé pendu à une balançoire ; le corps sans vie d'un autre homme est découvert dans un cimetière, les mains coupées. Rien ne semble relier les deux affaires jusqu'à ce que l'inspecteur Grant Foster remarque un code gravé sur les deux victimes. Grâce à sa jeune collègue Heather, il apprend que ces codes feraient référence à un acte de naissance, de mariage ou de décès. La police contacte donc Nigel Barnes, généalogiste. Celui-ci va finalement suivre le déroulement de l'enquête dans son ensemble et aider à établir un lien entre une sordide histoire victorienne et les meurtres récents qui ont eu lieu dans les quartiers de South Kensington et Notting Hill.

Difficile de davantage révéler l'histoire sans en dire trop, aussi je vous laisserai découvrir la suite par vous-mêmes. Mais est-ce réussi ? Est-ce qu'une série de crimes pourrait trouver son mobile dans une histoire vieille d'une centaine d'années et rester crédible? J'étais dubitative mais il faut avouer que l'intrigue et son développement sont parvenus à me convaincre.

Pourquoi lire ce roman alors ?

Pour la promenade dans les rues de Londres aujourd'hui et en 1879. On suit les pas des enquêteurs et de Nigel Barnes dans des rues disparues, un vieux plan de la ville à la main. On parcourt les lieux au XIXe pour les retrouver ensuite métamorphosés. On écume les bars branchés des quartiers "bobos"... mais on découvre aussi des lieux emplis d'histoire (par exemple, archives des journaux nationaux et locaux...).

Pour l'intrigue bien ficelée, qui me réconcilie avec les polars modernes. Autant je me régale avec les polars historiques (en particulier anglo-saxons évidemment pour ceux qui me connaissent), autant je ne lis pratiquement plus de polars ou thrillers contemporains, qui ne m'attirent plus autant qu'avant. Ce roman a le mérite de jongler entre passé et présent ; l'enquête contemporaine se nourrit d'un fait divers ancien qui nous vaut de parcourir des archives diverses et variées. On suit avec beaucoup d'intérêt les cheminements de Barnes pour qui une découverte va en amener une autre, le lecteur pouvant s'amuser à deviner quelle information il faudra ensuite chercher pour apporter de nouveaux éléments à l'enquête actuelle.

Code 1879 est un roman policier très original, un vrai page-turner très bien documenté. Chaudement recommandé aux lecteurs de thrillers et aux amateurs de littérature neo-victorienne.

J'ai bien failli ne pas rendre ma copie à temps pour cette LC alors que j'avais achevé ma lecture depuis plusieurs semaines ! Nous sommes plusieurs à avoir fait la connaissance du généalogiste : Miss Leo, SoieTitine, Val ... et Shelbylee a lu le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères.

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362 p

Dan Waddell, Code 1879, 2008

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08/01/2014

Sherlock Holmes, T1, L'Etoile Sanglante

bd_sherlockholmes1_etoile sanglante.jpgVous l'aurez compris, je traverse actuellement une période BD et ne cesse de découvrir de nouvelles séries ! Cette fois-ci je me suis lancée dans l'une des séries inspirées de l'oeuvre d'Arthur Conan Doyle, avec le premier tome de la série Sherlock Holmes, L'Etoile Sanglante.

Nous y retrouvons un tandem Holmes-Watson très classique, dont l'aspect et la tenue vestimentaire sont dans la plus pure tradition holmesienne.

Le pitch : une jeune bouquetière est retrouvée morte dans un parc, la main tranchée et le coeur arraché. Deux autres personnes ont été tuées récemment de la même façon. Sherlock s'intéresse de près à cette affaire, tandis que Scotland Yard patauge et que la presse fait des rapprochements hâtifs entre ces meurtres et l'affaire Jack l'Eventreur, encore fraîche dans les mémoires. Les aventures de Holmes le mèneront à travers les plus hautes sphères politiques mais aussi les groupes d'adeptes des sciences occultes... 


bd_sherlockholmes1_etoile sanglante1.jpgCeux qui viennent fréquemment par ici connaissent mon goût pour l'époque victorienne et les Victorian mysteries. J'ai donc retrouvé avec bonheur un de mes sujets de prédilection et passé un agréable moment en lisant cette BD. Ce n'est pas vraiment un coup de coeur : je trouve les illustrations très classiques, voire un peu datées. L'enquête manque un peu de fraîcheur également et la première déduction de Holmes m'a fait sourire (il dit à Watson qu'il sait que ce dernier est contrarié car on risque d'établir un lien entre les meurtres et la profession médicale, comme dans le cas de l'Eventreur, et attribue cette formidable déduction au fait que Watson prend un air de plus en plus renfrogné en lisant les nouvelles du jour et a jeté un oeil sur son stéthoscope, placé en évidence sur la table de leur salon !). Malgré tout, les amateurs du genre apprécieront ce séjour à Baker Street. L'intrigue est sympathique et se laisse lire facilement, l'arrière-plan politique évoque les débats sur le travail des enfants... on retrouve une ambiance et des personnages familiers. Certes, pas de dépaysement au programme, mais j'ai suffisamment apprécié pour être tentée par la suite de la série.

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46 p

Croquet et Bonte, Sherlock Holmes, Tome 1, L'Etoile Sanglante, 2000

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25/12/2013

Scrooge, un Chant de Noël

bd_scrooge-un-chant-de-noel-bd.jpgQuoi de mieux pour fêter Noël que de faire appel à Charles Dickens et à son inoubliable Mr Scrooge ? Récemment, Petit Speculoos m'a donné envie de découvrir l'adaptation du célèbre récit en BD, avec Scrooge, un Chant de Noël. Une autre façon de retrouver A Christmas Carol, lu plusieurs fois, sans parler de certaines adaptations en film et dessin animé vues et revues (j'avais découvert cette histoire à l'origine avec Le Noël de Mickey !).

[Spoilers dans ce paragraphe pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire] Londres, années 1840. Scrooge est un vieil usurier égoïste et désagréable, qui déteste les fêtes de Noël. Alors que s'annoncent les festivités dans la capitale, le vieux gripsou s'apprête à passer une nuit solitaire dans son appartement délabré. A partir de là, l'album simplifie quelque peu l'histoire. Dans le roman d'origine, son ancien associé décédé Marley lui rend visite et se fait simple messager, pour annoncer la venue de trois autres fantômes au cours de la même nuit (ceux du passé, du présent et du futur). Dans cette BD, Marley a lui-même demandé à intervenir auprès de son ancien partenaire pour lui donner une chance d'éviter la damnation éternelle. Ainsi c'est accompagné de Marley que Scrooge va entreprendre son périple à travers les années : il revoit son enfance solitaire et les moments perdus de sa jeunesse, lorsque le travail l'a par exemple éloigné d'une charmante jeune femme qui aurait été prête à l'épouser ; puis au présent, il découvre qu'il fait l'objet des moqueries de son neveu ou encore que son clerc vit dans une maison misérable et a un petit garçon très malade ; enfin dans le futur, il assiste au suicide de son neveu ruiné, découvre que le petit Tim, le fils de son clerc, est décédé, puis voit son propre enterrement, sans personne pour le pleurer. Il ne lui reste plus qu'à s'amender...

bd_scrooge2.jpgDans l'ensemble, j'ai trouvé cet album agréable à lire. Certaines des planches sont très réussies,  tout comme cette couverture qui a tout de suite attiré mon attention. J'ai beaucoup apprécié le sens du détail et les couleurs utilisées dans la représentation des rues ou des boutiques victoriennes en période de Noël. Au niveau du scénario, l'album simplifie quelque peu l'histoire, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Les péripéties sont restituées pour l'essentiel; en revanche, le fait de supprimer les trois fantômes d'origine nuit à la dimension fantastique, car il faut bien dire que, tout comme Scrooge d'ailleurs, le lecteur a un peu la chair de poule en lisant le conte d'origine et en imaginant ces épouvantables spectres, nettement moins sympathiques que le petit Marley avec sa silhouette rondouillarde dans la BD. De même, Scrooge est un peu trop rapidement réceptif au message qu'on cherche à lui faire passer. Autant sa prise de conscience est compréhensible et logique sous la plume de Dickens, autant dans l'adaptation on peut s'étonner de le voir converti si vite. Malgré tout on se laisse vite prendre au jeu et plus l'album avance, plus on passe un bon moment.

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47 p

Rodolphe & Estelle Meyrand, Scrooge : un chant de Noël, 2008

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J'en profite pour vous souhaiter un

JOYEUX NOËL !

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23/12/2013

Les Quatre de Baker Street (T3)

bd_quatre baker street_t3.jpgCet été je me suis régalée avec Les Quatre de Baker Street, malgré une grosse frustration : pas de tome 3 à la médiathèque, j'avais donc fait l'impasse dessus comme j'ai mis ma PAL BD au régime. Pourtant le tome 4 faisait directement allusion à l'aventure précédente et même si on reprenait le fil de l'histoire sans problème, il était assez désagréable de ne pas savoir pourquoi un certain Bloody Percy en voulait tant à nos quatre amis francs-tireurs de Baker Street. Il y a quelques jours j'ai re-vérifié au cas où l'étagère sur laquelle se trouvait la série... yes !! Le tome 3 y figurait, tout beau, tout neuf.

Dans cette nouvelle aventure, Le rossignol de Stepney, Sherlock Holmes est fort occupé par un jeu d'échecs grandeur nature auquel il se livre avec son ennemi Moriarty. Il a donc peu de temps pour s'occuper de suivre  pour le compte de sa mère un jeune Lord qui s'encanaille dans les bas-fonds de la ville. La mission est donc confiée aux quatre de Baker Street, mais va sérieusement se compliquer. Lord Neville Asprey, troisième du nom, est en fait amoureux d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci et son père vivent sous la menace de Bloody Percy qui leur extorque de l'argent au nom de Harry Sikes, qui, lui, tient le quartier d'une main de fer. Le cabaret est incendié alors que nos jeunes amis suivent le Lord : ils l'aident ainsi que sa belle à s'échapper. Dès lors, leur destin est mêlé à celui de Bloody Percy, qui se fait passer pour un gentleman et serait le bâtard d'un aristocrate mais est aussi un fou dangereux.

bd-quatre-de-baker-street,-tome-3---le-rossignol-de-stepney-2633972-250-400.jpgCe troisième tome est une réussite : l'intrigue est une des meilleures de la série, croisant différents milieux (bourgeoisie, aristocratie, artistes pauvres et pègre londonienne), mêlant une histoire de chantage à des considérations de haut rang et de respect de l'étiquette (avec beaucoup d'hypocrisie), en s'appuyant sur une grande variété de personnages. On traverse également différents quartiers de Londres, sans parler de l'asile de Bedlam où l'on voit pour la première fois la mère de Charlie, la tête enfermée dans une cage. Les dessins me plaisent énormément dans cette série et j'ai été particulièrement sensible à la façon dont on restitue ici les quartiers enneigés, les rues la nuit, sans parler du gentleman du crime Bloody Percy dont les tenues soignées, le charme et les éclairs de folie sont si bien retraduits qu'il semble prêt à bondir hors des pages de l'album à tout moment.

Encore un excellent moment passé à Londres è l'époque victorienne, cette fois-ci en plein hiver...

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56 p

Djian, Legrand, Etien, Les Quatre de Baker Street, T3, 2011

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