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10/12/2017

Balade à Copenhague : In the neighbourhood

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Photo : Copyright MyLouBook

Au fil du mois de décembre, j'ai prévu quelques carnets de voyage consacrés à Copenhague. On commence par le quartier où j'avais mon home sweet home danois.

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

C'était à la fois joli comme tout et empreint de sérénité. Tout était ouvert, les vélos et les poussettes étaient dans la rue ou dans les jardins sans portillon (ou au portillon ouvert), on sentait que les gens se sentaient en sécurité et bien dans leur quartier. Et surtout il y a ces tables de pique-nique partout et des aires de jeux miniatures dans un coin de rue, ainsi que des tables extérieures sur lesquelles les gens font du télétravail. Loin des villes dortoirs, c'est un coin plein de vie toute la journée. Un véritable art de vivre et une jolie philosophie !

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09/12/2016

Mitsumasa Anno, Le Danemark d'Andersen

album_danemark andersen.jpgPour cette journée de Décembre nordique consacrée au Danemark, j'ai choisi l'album Le Danemark d'Andersen, découvert complètement par hasard à la médiathèque.

Cet ouvrage est le fruit de deux cultures, puisque l'on y retrouve un Danemark historique et littéraire dépeint par un artiste japonais. Si je pointe la nationalité de l'auteur et illustrateur, c'est que Mitsumasa Anno porte un regard respectueux mais très personnel sur l'oeuvre d'Andersen. 

Chaque double page est une nouvelle scène, parfois liée à la précédente par un chemin ou un détail... comme ce personnage à cheval qui se balade de page en page, quitte une île pour rejoindre la capitale et s'en aller en barque... je crois bien que c'est lui le prisonnier évadé, malgré une coupe de cheveux différente (petit défi posé aux lecteurs). A la fin, pour chaque scène se trouvent des explications de l'auteur. D'ailleurs, je parle de scène mais en réalité, c'est un plan large qui s'offre à nous et nous donne à voir plusieurs petites scènes simultanément, qu'elles se déroulent à proximité les unes des autres ou pas.

J'ai d'abord essayé de lire les explications correspondant à chaque page avant de vraiment reporter mon attention sur le dessin, mais j'ai éprouvé une certaine frustration en ne trouvant pas toujours le rapport entre le dessin et les contes évoqués, alors que d'autres mini-scènes m'interpellaient sans être commentées. Finalement, je me suis surtout concentrée sur les dessins, observant l'architecture, les détails historiques et les éléments originaux, avant de lire le commentaire correspondant. Je n'ai pas toujours trouvé le lien entre ce que j'avais vu et ces explications, mais j'ai trouvé l'exercice plus enrichissant dans ce sens. Et si les indications finales m'ont souvent laissée perplexe, elles m'ont donné envie de lire ou de relire certains contes en particulier. J'ai aussi beaucoup apprécié les cas où l'auteur nous invite au jeu, en indiquant avoir caché telle ou telle chose et en nous poussant à la rechercher (parfois au fil des pages).

On sent que Mitsumasa Anno apprécie vraiment l'oeuvre d'Andersen, qu'il s'est approprié celle-ci et a pris plaisir à créer un univers s'en inspirant. C'est un hommage original qui est ainsi rendu au célèbre auteur. Mais c'est aussi un beau livre en soi, avec des illustrations soignées, qui fourmillent de détails. En résumé, le fond, la forme et la philosophie de l'auteur m'ont convaincue. Une belle rencontre !

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50 p

Mitsumasa Anno, Le Danemark d'Andersen, 2004

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09/09/2009

Etre allemand après la guerre

romer_cochon d'allemand.jpgOn ne dirait peut-être pas comme ça, mais je suis une redoutable criminelle. Ma spécialité : l'enlèvement et la séquestration. En l'occurrence, lorsque Malice a innocemment confié Cochon d'Allemand à mes bons soins, elle était loin de savoir que je préparais un siège machiavélique pour lui ravir indéfiniment son bien si précieux. Ceci dit, sous mon masque d'impitoyable kidnappeuse se cache un cœur tendre et, bien que maintenu longtemps en captivité, le petit Knud, héros de ce roman, est heureux de vous faire savoir qu'il a été nourri, choyé et bercé pendant son séjour chez Miss Lou, non seulement par la lectrice en question mais aussi par quelques hôtes de marque qui partageaient son salon. Knud est d'ailleurs ravi d'avoir discuté de l'assassinat en tant que moyen d'expression artistique avec Thomas, de pères tortionnaires avec John Sheridan et du meilleur moyen de masquer ses crocs avec un certain Bram. Bref, comme vous le voyez, amis lecteurs, l'éducation de Knud n'est plus à faire, même si je suis certaine que c'est avec un certain soulagement que Malice le verra rentrer au bercail.

Beaucoup de choses ont été dites sur ce livre qui constitue une de mes plus belles lectures de l'année. Malgré les quelques vingt ou trente premières pages qu'il m'a fallu dépasser pour « entrer dans le vif du sujet » (ce qui explique en partie la détention prolongée), c'est un roman foisonnant, extrêmement dense, dont l'histoire captivante sert aussi un portrait émouvant des Allemands tels qu'ils ont été perçus longtemps après la période nazie. Entre Danemark et Allemagne, le lecteur suit les pas du jeune Knud qui lui, découvre très tôt que l'identité allemande est un lourd fardeau, y compris lorsque l'on naît en 1960 et que son père est danois. Ce texte est beaucoup moins sombre que je ne le croyais au vu des critiques lues çà et là. Il est bien sûr triste par certains aspects, à commencer par le traitement que reçoivent Knud et sa mère dans leur ville. Écarté par ses anciens confrères et proches, le père se replie sur lui-même et devient de moins en moins intéressant, même s'il reste sympathique ; la mère noie son chagrin dans les cigarettes et l'alcool, cachant d'autres blessures que celles que lui inflige quotidiennement le voisinage (sa façon de préparer l'anniversaire de son fils constitue pour moi le passage le plus bouleversant du livre) ; quant à Knud, c'est ce cochon d'allemand qui n'est pas habillé comme les autres, ne mange pas les mêmes plats et dessine innocemment un drapeau allemand lorsqu'il passe son test d'entrée à l'école. Pourtant, beaucoup de scènes sont plutôt amusantes, comme lorsqu'un oncle se venge de son horrible épouse en léguant sa fortune à sa maîtresse et à la société protectrice des chats, animaux que sa chère et tendre exècre.

Cette histoire très touchante revêt pour moi un caractère spécial comme j'ai retrouvé beaucoup de petits détails qui aujourd'hui encore font halle.jpgpartie de la culture allemande, des habitudes, des traditions, du quotidien. La mère est originaire d'une région qui me tient à cœur, la Saxe.

En résumé, voilà un roman (ou devrais-je dire une autobiographie) qui offre à la fois un récit passionnant, un regard affuté sur un aspect oublié de l'Histoire, ainsi qu'un tableau sociologique très complet. Le tout est servi par la très jolie plume de l'écrivain / du traducteur. Un texte à part, qui vaut la peine d'être lu.

Seul petit bémol : les quelques notes renvoyant à la fin du livre sont à mon avis souvent inutiles. Lorsque le narrateur évoque les romans de son enfance ou une star par exemple, parfois à titre de comparaison, quelques mots sur les particularités des uns et des autres seraient plus utiles que les simples mentions « roman jeunesse de... » par exemple.

Un grand merci (particulièrement mérité) pour cette belle découverte à Malice, reine-lectrice au pays des Allusifs.

(Note prévue à l'origine et rédigée en juillet, comme la plupart de celles qui vont arriver en septembre)

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187 p

Knud Romer, Cochon d'Allemand, 2006

21/12/2008

Une drôle de maison

riel_maison des celibataires.jpgEtant tombée par hasard sur La maison des célibataires, j’ai décidé de profiter de ce court racontar pour découvrir Jørn Riel, dont je n’ai lu jusqu’ici que des critiques positives il me semble.

 

Cinq célibataires vivent depuis des années dans une maison abandonnée par des missionnaires. Le plus jeune d’entre eux travaille pour tous, ses camarades se la coulant douce dans la bicoque délabrée, laissant les jours filer en profitant de leur vie paisible – et buvant un petit coup de temps en temps. Un jour, une idée leur vient à l’esprit : que feront-ils de leur vieux os ? Kernatoq, le plus vaillant de ces bras cassés a une brillante idée : pourquoi n’épouserait-il pas la veuve Bandita qui possède une ferme, de vastes champs et de nombreux animaux ? D’abord horrifiés à cette idée – car la veuve aurait battu son premier époux à mort, les quatre célibataires plus âgés finissent par accepter de se rendre avec Kernatoq chez Bandita. Une fois le mariage organisé, ils vivront sans doute tous heureux, jusqu’à la fin des temps ou du moins, de leurs vieux jours. Pourtant, le projet est tout de même risqué. Et Kernatoq finirait par leur manquer. Il faudra donc trouver une autre solution, quitte à éconduire la fiancée aux bras spectaculaires.

 

Ce texte multiplie les absurdités, enchaîne les idées saugrenues, prend tout au pied de la lettre et s’amuse à tourner les logiques les plus implacables en cheminements totalement grotesques. Il avait donc tout pour me plaire mais je ressors un peu déçue de cette lecture. J’ai aimé le côté loufoque mais je suis restée insensible à l’humour de Riel. L’histoire se lit bien, rapidement. Ce petit livre présente par ailleurs une qualité essentielle : court, donc fin et peu encombrant, il a pu m’accompagner dans le métro, m’occupant l’esprit le temps de parcourir quelques stations. Format très pratique pour les transports et situations d’urgence donc, lecture divertissante mais à mon avis assez dispensable. Dommage, j’adorais l’ours et son grog en couverture. Je les laisse maintenant voyager vers d’autres horizons…

 

76 p

 

Jørn Riel, La maison des célibataires, 1979