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29/04/2017

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent

shun_pleurs du vent.jpgDernière chronique de ce Mois au Japon, et une très belle rencontre avec cet auteur nippon que je ne connaissais pas du tout. C'est en déambulant entre les rayons de L'Arbre à Lettres dans le Marais que je suis tombée sur ce livre à la jolie couverture (dont les couleurs ne sont pas très bien rendues ici).

Après Shimazaki qui évoquait la bombe atomique dans Le Poids des Secrets, Medoruma Shun évoque aussi la seconde guerre mondiale, avec la bataille d'Okinawa. Que ceux qui n'aiment pas les romans traitant de guerre ou de bataille se rassurent : point de combat ici, ni de tactiques de guerre, mais plutôt le souvenir d'une période douloureuse et son empreinte sur plusieurs protagonistes des décennies plus tard.

Les Pleurs du vent, ce sont les lamentations du crâne d'un kamikaze japonais tué pendant la guerre, qui repose dans un ossuaire désormais inaccessible en haut d'une falaise, face à la mer. Quand le vent souffle, une plainte sourde et angoissante résonne. Des légendes courent sur ce crâne. On ne connaît pas leur nature mais on sait qu'elles sont suffisamment inquiétantes pour tenir les gens à l'écart. 

Puis arrive une équipe de reporters, décidés à filmer le crâne et à raconter son histoire. Chez les habitants, les points de vue divergent. Certains y voient l'opportunité d'attirer l'attention sur le village et de développer le tourisme. Seikichi, lui, s'oppose fermement à ce qu'on dérange le crâne. Et pour cause, il en sait bien plus long que tous les autres sur ses origines.

Ce court roman est un coup de coeur pour moi. Comme le dit l'éditeur : ce texte "conte magnifiquement la paix retrouvée des âmes". Sa construction est originale et nous entraîne là où on ne pensait pas forcément aller au départ. L'écriture m'a séduite, en particulier lorsque l'auteur décrit la nature autour du village, avec son aspect sauvage et luxuriant, voire dangereux : "la prolifération des banians et des liserons", "l'embouchure où la mangrove poussait dru", ou encore cette luciole qui jaillit "laissant derrière elle une fugitive traînée scintillante ; elle tourna autour d'Akira, monta le long de la cascade de liserons, passa entre les deux formes légèrement bleutées et s'évanouit". Je ne regarderai plus jamais un crabe de la même façon désormais (si vous voulez savoir pourquoi, il ne vous reste plus qu'à lire ce roman).

J'ai découvert que les éditions Zulma avaient publié un recueil de nouvelles de cet auteur. Autant vous dire que je pense déjà en parler l'an prochain lors du prochain Mois au Japon.

124 p

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent, 1997

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28/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T2, Hamaguri

shimazaki_hamaguri.jpgJ'ai manqué le jour de la lecture commune consacrée à la pentalogie Le Poids des Secrets mais, le Mois au Japon touchant à sa fin, je triche un peu en antidatant mon billet afin de pouvoir partager avec vous mes dernières lectures nippones.

Deuxième tome de la pentalogie, Hamaguri est en quelque sorte le miroir du 1er tome, dans lequel la narratrice racontait un secret de famille à sa fille dans une lettre posthume. Elle y évoquait notamment le jeune fils de ses voisins, lorsqu'elle était adolescente pendant la 2e guerre mondiale et notamment, lors des bombardements américains. Dans ce nouvel opus, c'est le jeune voisin qui s'exprime. C'est désormais un homme âgé, qui n'a pas oublié son amour de jeunesse. On lit ce tome avec d'autant plus d'intérêt que l'on connaît d'avance le secret que cet homme mettra toute sa vie à comprendre.

Hamaguri porte un autre regard sur une histoire commune. Comme le roman précédent, il est porté par une écriture fluide et épurée. La structure narrative va elle aussi à l'essentiel. Les personnages n'en sont pas moins attachants. La guerre occupe une place moins importante, en revanche, le carcan social est au premier plan, puisqu'il est question des choix qui s'offrent à une mère célibataire et son fils "bâtard", souffrant de la cruauté des autres enfants.

Un récit d'une simplicité désarmante et de nouveau, un vrai bonheur à la lecture.

112 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets Tome 2, Hamaguri, 2000

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24/04/2017

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire

manga_gourmet solitaire.jpgL'attention portée à l'oeuvre de Taniguchi cette année m'a fait repérer quelques titres prometteurs, moi qui ne connaissais cet auteur que de nom. Je pensais lire Quartier Lointain mais le dernier exemplaire venait de partir et j'ai opté pour Le Gourmet solitaire sur les conseils de la libraire. Je ne regrette pas du tout mon choix !

Le Gourmet solitaire, ce sont 18 chapitres et autant de rencontres gustatives et culturelles. Le personnage principal est un commercial célibataire, un loup solitaire qui, au gré de ses déplacements et sorties, nous fait partager le moment de son repas. Cela pourrait paraître ennuyeux à mourir mais, si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu au Japon, vous devriez vous régaler avec cet album qui s'adresse beaucoup à nos papilles, mais pas que.

Côté repas, c'est une cuisine simple que l'on découvre, une cuisine du quotidien, souvent traditionnelle mais aussi parfois inspirée par d'autres pays. Des plats goûteux, avec des éléments récurrents (légumes au sel et surtout riz, un incontournable pour le personnage principal). On voit notamment souvent le repas dans son ensemble avec les commentaires qu'il inspire au protagoniste, fin gourmet. Autant vous dire qu'on a envie de déguster la vraie cuisine japonaise après avoir lu cet album !

Mais la cuisine est aussi un bon moyen de découvrir la vie de tous les jours, entre la recherche d'un lieu où manger, la découverte de restaurants et gargotes en tous genres ainsi que la clientèle, observée par notre héros culinaire. Quelques commentaires laissent voir l'abîme entre nos deux cultures, avec un portrait du Japon qui n'est pas toujours flatteur (statuts hommes-femmes, ouverture vis-à-vis des étrangers...).

On ne sait pas grand-chose du personnage principal qui interagit globalement assez peu avec son entourage mais, paradoxalement, il parvient à être assez touchant.

Cet album est un vrai coup de coeur pour moi. Je craignais de ne pas prendre autant de plaisir à la lecture d'autres titres de Taniguchi mais je viens de réaliser qu'il y a une suite au Gourmet solitaire. C'est donc par là que je poursuivrai ma découverte...

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200 p

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, 1997

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22/04/2017

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie

album_jour de pluie.jpgEncore une petite pépite dénichée au détour d'un rayon jeunesse, pendant que Petite Lou écoutait un conteur à quelques pas de là.

Dans Jour de Pluie, Akiko s'ennuie ferme, coincée à la maison à cause de la pluie. Elle rouspète jusqu'à ce qu'elle remarque une grenouille à la fenêtre, qui vient lui proposer de la suivre dehors pour s'amuser ensemble. Car quand vient la pluie, c'est la fête pour les batraciens. Akiko la suit, accompagnée de plusieurs doudous et jouets qui s'animent et sont eux aussi ravis de cette activité imprévue.

Une jolie histoire qui plaît beaucoup à ma fille - dont le moment favori reste l'arrivée de petites grenouilles venues se joindre à la fête, et qu'il faut retrouver en regardant attentivement des feuillages verts.

Les illustrations se prêtent très bien à l'univers enfantin décrit. Traits de crayon visibles, tons pastels, de la douceur et du réalisme, voilà qui accompagne à la perfection le récit.

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Une nouvelle délicieuse surprise nippone et une ode à l'imagination, à savourer quelle que soit la météo.

Publié aux Editions Bibi.

Lu dans le cadre de la LC Album jeunesse japonais.

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32 p

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie, 2017 (édition française)

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17/04/2017

Yoko Ogawa, L'Annulaire

ogawa_annulaire.jpgYoko Ogawa est un auteur que j'affectionne particulièrement. Je l'ai d'abord découverte avec trois textes, un lumineux - La Formule préférée du Professeur, les deux autres plus dérangeants, Le Musée du Silence et L'Annulaire. Les ayant lus avant la naissance de blog, j'ai pensé que cette journée en hommage à Ogawa serait l'occasion de relire un de ces textes qui m'avaient marquée à l'époque.

Mon choix s'est finalement porté sur L'Annulaire, en partie parce que j'en avais un souvenir plus confus, mais aussi, avouons-le, parce que c'est un texte court et que je ne suis pas en avance dans mes chroniques japonaises de ce mois d'avril !

La narratrice, jeune femme d'environ 20 ans, trouve un travail chez M. Deshimaru, dans une impressionnante bâtisse où l'on fait des "spécimens". Les clients trouvent l'endroit sans publicité, lorsqu'ils ont vraiment besoin de faire un enfermer un objet associé à un souvenir particulier. Les spécimens une fois préparés sont stockés sur place et les propriétaires peuvent venir les voir, mais cela n'arrive pratiquement jamais. Tout peut être conservé : objets les plus insolites mais aussi musique ou encore un jour, une cicatrice. Le procédé reste mystérieux car M. Deshimaru n'ouvre pas la porte de son laboratoire à la narratrice, qui ne saura donc pas ce qu'il est advenu de la jeune fille ayant fait cette demande si particulière.

La jeune employée a elle même perdu une partie d'un doigt lors d'un précédent travail à l'usine et cette particularité semble fasciner son employeur, plus âgé, avec qui elle ne tarde pas à avoir une liaison. Entre eux, le rapport des forces est peu équilibré et l'ambiance est paradoxalement calme, apaisée mais aussi parfois malsaine, en raison de l'étrangeté des lieux et du personnage de M. Deshimaru.

Je crois que j'apprécie particulièrement cette facette d'Ogawa car j'avais également beaucoup aimé Le Musée du Silence, un peu dans la même veine. Un texte court qu'on peut volontiers recommander pour découvrir une partie de l'univers d'Ogawa ; rien qu'une partie cependant, car elle s'attache à des thèmes variés et ses textes ne sont pas tous aussi étranges.

Si vous voulez découvrir d'autres sources d'inspiration de cet auteur, voici quelques pistes avec mes précédents articles sur certains de ses romans ou nouvelles : 

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95 p

Yoko Ogawa, L'Annulaire, 1994

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15/04/2017

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda

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Mon Panda, c'est le doudou perdu d'un enfant qui s'interroge tout au long de cet album sur ce qui a bien pu arriver à sa peluche. Il personnifie son doudou et émet des hypothèses sur ce qu'il a bien pu faire. Du quotidien au poétique en passant par l'humour, l'imagination du jeune narrateur nous fait entrevoir l'attachement qu'il a pour son petit panda.

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C'est un très joli album, original, empreint de douceur et de nostalgie. Les illustrations sobres en noir et blanc piquées de légères touches de couleur sont superbes. Il me semble qu'il a peut-être plus de chances de plaire aux parents qu'aux enfants. Il ne fait pas partie des favoris lors du choix de la lecture du soir en ce moment - mais le deviendra peut-être. Il est d'ores et déjà bien apprécié.

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Si la chute est un peu triste (l'enfant dit clairement que son panda est vieux et usé mais espère le retrouver), l'histoire est intelligemment menée et pourra peut-être rassurer les petits ayant perdu leur doudou favori. Il est préférable de l'imaginer vivant de fabuleuses aventures que perdu sous un banc ou donné à un autre enfant.

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De la tendresse, de la finesse et un graphisme inspiré de l'art traditionnel japonais. Une bien jolie rencontre !

Le site des éditions Belize

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25 p

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda, 2008

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11/04/2017

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

higashino-la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-623808-264-432.jpgVoilà ma première expérience de polar japonais, avec ce roman encensé par la critique et récompensé par le Prix du Polar international de Cognac en 2010.

Sayaka sollicite son ex-petit ami (narrateur de cette histoire) afin de l'aider dans une quête personnelle. La jeune femme ne conserve aucun souvenir de ses années précédant l'entrée au primaire. Suite au décès de son père, elle a retrouvé une clef et un plan. Se souvenant que son père disparaissait parfois pendant plusieurs jours d'affilée autrefois, elle décide de retrouver la maison et espère que cela lui permettra de recouvrer la mémoire par la même occasion. 

Près d'un lac, ils découvrent ainsi une construction de style occidental, cachée entre les arbres. Le temps semble s'y être arrêté. Tous les réveils, horloges et montres indiquent la même heure. La poussière s'est déposée en couches épaisses. Une chambre d'écolier semble figée depuis des années. Le journal du petit garçon qui l'occupait s'est arrêté brutalement. La porte d'entrée est condamnée, il faut ainsi passer par une cave obscure pour accéder à la maison.

Qu'est-il arrivé aux occupants, qui semblent avoir disparu brutalement ? Quel lien avec Sayaka ou son père ?

Un roman policier qui sort des sentiers battus. On se prend même à frissonner à moment donné lorsque le soir tombe - a-t-on vraiment envie de passer la nuit là avec les protagonistes ? Difficile d'en dire davantage sans dévoiler l'intrigue mais voilà avant tout un roman à l'ambiance glaçante très réussie.

Lu dans le cadre de la LC : Un roman policier / thriller.

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256 p

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois, 2010 (pour la publication française)

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07/04/2017

Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories'

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Pour cette première séance ciné du vendredi consacrée aux séries japonaises, j'ai décidé de mettre à l'honneur Midnight Diner : Tokyo Stories, série diffusée par Netflix.

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Le pitch : dans une ruelle de Tokyo, lorsque le quartier s'endort et que les travailleurs ont terminé leur journée et rentrent chez eux, un patron ouvre sa gargote à partir de minuit, jusqu'au petit matin. Il propose peu de plats mais cuisine tout ce que ses clients lui demandent, à partir du moment où il a les ingrédients requis.

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Entrent des clients, des habitués ou de nouvelles têtes. A chaque nouvel épisode, un plat et un groupe de clients sont mis à l'honneur. On suivra les clients du jour en dehors du restaurant, le temps d'arriver à la chute, qui tient souvent du happy end. Le restaurant est en effet un vrai lieu de vie où échangent les clients et le patron, qu'ils se connaissent bien ou non. 

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Jusque-là, la série paraît plutôt classique. Mais si je vous dis qu'on y croise d'anciens acteurs de série à la Bioman, un fantôme encombrant, une célibataire tricotant pour séduire des hommes qu'elle connaît à peine, un savant fou attachant et bien d'autres personnages hauts en couleur, vous vous douterez bien qu'on ne s'ennuie pas une seconde en mettant les pieds dans ce petit restaurant.

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Une série atypique et un peu barge qui permet une immersion totale dans la culture japonaise, entre la vie nocturne à Tokyo, la cuisine mise à l'honneur ou encore les références à la culture populaire (et j'ai dû passer complètement à côté de nombreux détails). C'est aussi une série feel-good avec une jolie philosophie de la vie.

Le patron observe avec intérêt ou amusement ses clients, échange avec eux mais occupe toujours une place plus en retrait, jusqu'au dernier épisode où enfin une scène nous laisse deviner ce que peut être sa vie personnelle. Un personnage discret et attachant.

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La cuisine mise à l'honneur est une cuisine traditionnelle, simple, sans prétention, mais aussi goûteuse et généreuse. Beaucoup de plats ne manqueront pas de titiller vos papilles !

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Quant à moi, j'ai maintenant une folle envie de me promener de nuit dans cette si jolie ruelle et de pousser la porte de ce 'diner'.

Le billet élogieux d'Umamiam dont j'ai découvert avec plaisir le blog très intéressant, tourné vers le Japon. L'article en anglais de Jonathan Pelz.

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Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories', 2009

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03/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T1, Tsubaki

shimazaki_tsubaki.jpgCela fait des années que j'avais envie de lire Le Poids des Secrets d'Aki Shimazaki - depuis 2007 si j'en crois ma wish list en ligne ! L'an dernier, les billets de Romanza ont agi comme une petite piqûre de rappel. Je viens donc de lire Tsubaki, premier récit de cette pentalogie.

A sa mort, Yukiko laisse à sa fille deux lettres : l'une destinée à un frère dont on ignorait l'existence, l'autre racontant son adolescence pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Dans ce court roman, Yukiko révèle un secret familial pesant, qui l'a tout autant marquée que l'explosion de la bombe atomique dont elle a été témoin.

Tout en finesse, Tsubaki (Camélia) nous livre les souvenirs d'une femme toute jeune pendant la guerre, travaillant à l'usine pour aider son pays, croisant des prisonniers américains sur son chemin. Une jeune femme également éprise de son voisin, qui a soif de vivre dans un contexte oppressant - car on pressent la défaite du Japon et quant au lecteur, il sait déjà qu'une bombe atomique ravagera la ville quelque temps plus tard.

Ce court récit est un petit bijou, insérant la petite histoire dans la Grande Histoire avec brio. Le contexte historique est au centre du récit ; difficile de rester indifférent aux interrogations du petit-fils de la principale protagoniste : Les victimes étaient pour la plupart des civils innocents. Plus de deux cent mille personnes ont été tuées en quelques semaines ! Quelle est la différence avec l'Holocauste des nazis ? (p11). Malgré tout, l'histoire personnelle de Yukiko est suffisamment intéressante pour toucher le lecteur au-delà de la catastrophe qui s'annonce.

J'ai retrouvé la pudeur et la subtilité des plumes japonaises que je connais. Beaucoup de retenue, une histoire racontée sans détour, sans grands effets ni détournements de notre attention vers d'éventuels détails ou histoires périphériques. La narratrice ne cherche pas non plus à susciter chez nous une émotion particulière : son récit est simple, factuel, sans étalage de sentiments, et pourtant touchant et très humain.

Une belle lecture.

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Le billet de Pasión de la lectura sur les cinq tomes et le billet de Romanza (dont j'aime beaucoup la mise en scène du livre).

Lu dans le cadre de la lecture commune : "Les plumes féminines japonaises à l'honneur".

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115 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T1, Tsubaki, 1999

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02/04/2017

Un mois au Japon : Le Recap

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Et voici le récapitulatif des participations au challenge Un mois au Japon.

Les billets d'annonce de participation / lancement :

Bidib, BlandineKiona, KobaitchiNath (Délivrer des Livres), Syl,

Hilde & Lou

 

1er avril :

2 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

[Hors thème]

3 avril :

Thème du Jour : Plumes féminines japonaises

 [Hors thème]

4 avril :

Thème du Jour : Atelier bricolage

 [Hors thème]

5 avril :

Thème du Jour : Manga

6 avril :

7 avril :

Thème du jour : La séance ciné du vendredi (séries)

 [Hors thème]

8 avril :

Thème du jour : Album jeunesse au choix 

[Hors thème]

9 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

 [Hors thème]

10 avril :

11 avril :

Thème du Jour 1 : Roman policier /Thriller

Thème du Jour 2 : Atelier bricolage

12 avril :

Thème du Jour : Le Japon historique

[Hors thème]

13 avril :

Thème du Jour 1: Haruki Murakami

[Hors thème]

Thème du Jour 2: Haïkus

[Hors thème]

14 avril :

Thème du Jour : Séance Cinéma

[Hors thème]

15 avril :

Thème du jour : Album jeunesse au choix 

[Hors thème]

16 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

 [Hors thème]

17 avril :

Thème du Jour : Yoko Ogawa

[Hors thème]

18 avril :

Thème du jour : Kyoto 

[Hors Thème]

19 avril :

Thème du jour : Hommage à Jiro Taniguchi

20 avril :

21 avril :

22 avril :

23 avril :

24 avril :

[Thème du jour : Tokyo]

[Hors Thème]

25 avril :

 

26 avril :

27 avril :

28 avril :

29 avril :

30 avril :

[Autres participations]

 

WORK IN PROGRESS !!

01/04/2017

Mes lectures japonaises & co

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Aujourd'hui commence le Mois au Japon !

Pendant tout le mois d'avril, nous aurons le plaisir de partager avec vous films, lectures, photos et clins d'oeil au pays du soleil levant.

Pour commencer, j'ai décidé de dresser ici un bilan de mes anciennes chroniques sur ce thème, en espérant vous donner envie de découvrir certains de mes coups de coeurs !

Romans japonais :

  

   

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  • Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du Ciel : "Petit conte philosophique qui n’est pas sans rappeler les haïkus, ce texte est avant tout poétique. Une écriture agréable s’ajoute à un récit fait d’impressions, d’émotions et de non-dits"
  • Murakami Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil : "Voilà l’histoire d’un homme ordinaire saisie par une plume sobre et agréable. Un livre apparemment simple pourtant servi par une narration d’une grande justesse, un regard lucide et désillusionné porté sur un personnage désenchanté."
  • Niwa Fumio, L'Age des Méchancetés : "C’est un livre terrible sur la vieillesse. Difficile de choisir entre pitié, compassion ou répulsion. Traité avec brio, le résultat est tout simplement fascinant."
  • Ogawa Yoko, Amours en marge : "Peut-être peut-on considérer qu'il s'agit d'un roman contemplatif. On le lit dans le calme, en se délectant de scènes banales qui, à travers le regard d'Ogawa et sa plune fluide, prennent un sens, une profondeur insoupçonnés."
  • Ogawa Yoko, La Petite Pièce Hexagonale : "Au final, la Petite Pièce Hexagonale est une lecture agréable et facile. La narration semble couler de source, les personnages secondaires manquent de relief mais parviennent ainsi à mettre en avant les préoccupations du personnage principal. On retrouve sans difficulté le style doux et poétique d’Ogawa, qui contraste si bien avec les thèmes dérangeants que cet auteur choisit."
  • Ogawa Yoko, La Piscine, Les Abeilles, La Grossesse : "La Grossesse est le récit le plus connu de Yoko Ogawa. Il lui a valu le prix Akutagawa en 1991. Ces trois textes permettent de découvrir « en douceur » son univers étrange peuplé de personnages insolites. Comme toujours, Ogawa sait décrire le quotidien et ses gestes les plus simples en leur conférant un intérêt tout particulier, parfois élégant, parfois malsain."
  • Ogawa Yoko, Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie : "Yoko Ogawa évoque pour moi la pluie s’écoulant avec régularité, suivant de ses grosses gouttes ma fenêtre embuée, dessinant des formes étranges devant les fleurs accrochées à une petite rambarde à la peinture écaillée. Etrange, beau, doux, triste, vivant, essentiel."
  • Ogawa Yoko, Les Tendres Plaintes : "Si les livres de cet auteur ne sont pas toujours gais (celui-là mêlant les moments de plénitude à une histoire au fond plutôt mélancolique), ils parviennent presque toujours à m'arracher au quotidien et à me donner l'impression d'évoluer dans une bulle étrangement calme et bénéfique. Cette fois aussi j'ai vraiment savouré ce plongeon dans ce monde particulier que je quitte à regret, avec l'envie d'ouvrir rapidement les quelques livres d'Ogawa qui me restent à découvrir."
  • Yoshimura, La jeune fille suppliciée sur une étagère : "Beauté et détachement sont les maîtres mots de ces nouvelles traitant avec subtilité d’un thème pourtant grave. Là encore, je suis fascinée par la maîtrise avec laquelle les auteurs japonais font de la mort un sujet envoûtant, nous troublant sans pour autant gâcher le plaisir de la lecture."

Roman d'horreur japonais :

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  • Koji Suzuki, Ring : "Hormis le début angoissant, j'ai trouvé que ce roman s'apparentait davantage à un thriller qu'à un roman d'épouvante, dans un cadre pour le moins mystérieux et inquiétant."

Romans étrangers se déroulant au Japon ou en lien avec l'histoire du Japon :

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  • Lian Hearn, Le Clan des Otoris, Le Silence du Rossignol : "L’histoire est passionnante, bien menée, sans temps morts. ¡L’écriture est très agréable, les descriptions agrémentent le texte en plantant un décor envoûtant, fait de brumes, de montagnes escarpées, de peintures ancestrales et de rumeurs et murmures incessants."
  • Oswald Wynd, Une Odeur de Gingembre : "Oswald Wynd nous projette en Chine et au Japon au tournant du siècle puis à travers la première moitié du XXe, où nous suivons (parfois à distance) les grands évènements qui ont bouleversé l'échiquier politique mondial. L'auteur joue beaucoup sur le non-dit, prête une grande attention aux conventions sociales (anglaises, européennes, chinoises, japonaises), ce qui donne lieu à de remarquables passages tout en délicatesse, parfois remplis d'émotions et pourtant, d'une grande pudeur."
  • Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer : "Julie Otsuka a privilégié une construction de roman audacieuse, prêtant sa plume à de nombreuses voix, celles de toutes ces immigrantes au parcours varié, aux espoirs plus ou moins déçus, aux destins parallèles émaillés de points communs."

Albums :

 

  • Mitsumasa Anno, Le Danemark d'Andersen : On sent que Mitsumasa Anno apprécie vraiment l'oeuvre d'Andersen, qu'il s'est approprié celle-ci et a pris plaisir à créer un univers s'en inspirant. C'est un hommage original qui est ainsi rendu au célèbre auteur. Mais c'est aussi un beau livre en soi, avec des illustrations soignées, qui fourmillent de détails.
  • Rosemary Wells, Yoko : "Un auteur anglo-saxon mais un univers japonisant pour cet album sur la différence, exprimée à travers cette petite Yoko moquée par ses camarades parce qu'elle apporte des sushis pour son déjeuner."
  • Satoshi Iriyama, Petit Ours Blanc a un an : "Par une nuit d'hiver, Ours vert et Ourse rouge ont un Bébé Ours tout blanc. Au fil des saisons, ils vont accompagner leur petit dans les premiers moments importants de sa vie. Beaucoup de tendresse, un coup de coeur."
  • Kazuo Iwamura, L'hiver de la famille Souris : Un bel album sur la famille, l'hiver, le partage et les petits détails qui font de la vie ensemble une réussite.

Mangas :

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  • Tana Toboso, Black Butler, Tomes 1, 2 et 3 (dans les prochains jours) : "Un joli graphisme, une histoire qui pour moi gagne en intérêt au tome 3, mais des libertés historiques qui m'ont vraiment gênée et un humour auquel je n'accroche pas."

               

 . 

  • Kaoru Mori, Emma Tome 1 : Je n'avais pas du tout aimé. Mais alors, pas du tout. "Sans être mortellement ennuyeuse, l’histoire banale n’est pas crédible pour un sou."

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  • Fumiyo Kouno, Le Pays des Cerisiers : "Ce manga traite du bombardement d’Hiroshima à travers le destin de plusieurs personnages. Le récit est assez complexe, mêle présent et passé grâce à de nombreux flash-back et des parties ramenant successivement le lecteur à différentes époques. Les dessins sont très agréables et les traits des personnages particulièrement délicats, tandis que les paysages et les décors sont très fouillés."

Film d'animation

  • Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo : Un univers victorien, il avait tout pour me plaire, mais notre rencontre s'est soldée par un échec. "j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu !"

*****

Voilà a priori tous mes billets consacrés au thème du Japon, ou d'inspiration japonaise. Je compte bien mettre à profit le mois d'avril pour faire de belles découvertes.

Je souhaite à tous les participants du Mois au Japon un excellent challenge !

29/03/2017

Un mois au Japon, J-3

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Le Mois au Japon commence dans quelques jours... ! Après l'Ecosse et la Belgique, nous vous proposons de poursuivre ce périple littéraire et culturel en prenant un vol long courrier pour Tokyo, pour un séjour du 1er au 30 avril.
 
Un petit rappel du principe :
- Se faire plaisir : vous participez quand vous voulez, à votre rythme (une participation ou 30 !), rejoignez le challenge à tout moment.
- Participer selon ses envies : les billets communs n'ont aucun caractère obligatoire, vous participez si le sujet vous tente et vous pouvez parler d'une autre thématique les jours de billets communs.
- Penser à ajouter le logo du mois au Japon à vos billets et si vous y pensez, le lien url des blogs des gentilles organisatrices
- Ne pas hésiter à laisser un petit commentaire sur les blogs des participants, ça fait toujours plaisir ! Vous pouvez aussi venir papoter sur le groupe facebook.
- Nous signaler vos billets :
  • Le jour même ou à tout moment sur le billet recap des blogs des organisatrices
  • Le jour même : sur le recap quotidien des billets sur le groupe facebook (par contre, si vous actualisez un recap quotidien plusieurs jours après, on risque de ne pas s'en apercevoir ; il vaut mieux dans ce cas passer directement par nos blogs -  suite à notre expérience sur les mois thématiques) 
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Les billets thématiques : 
 
Samedi 1er avril : Les premiers passagers à destination du Japon embarquent, avec un billet sur la thématique de leur choix.
 
Dimanche 2 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. Pour ceux qui cuisinent peu mais veulent participer autour d'une thématique culinaire, tous les billets sont permis : lectures, séries, beau livre de cuisine, dégustations au restaurant ou pour les plus chanceux, au Japon.
 
Lundi 3 avril : Les plumes féminines à l'honneur (Yoko Ogawa, Hiromi Kawakami, Aki Shimazaki, Banana Yoshimoto...)
 
Mercredi 5 avril : Manga avec le challenge BD du Mercredi
 
Vendredi 7 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - une série japonaise.
 
Samedi 8 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 9 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Mardi 11 avril : Un roman policier / thriller
 
Mercredi 12 avril : Le Japon historique, en roman, film, série, manga, documentaire & plus
 
Jeudi 13 avril : Haruki Murakami
 
Vendredi 14 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - film d'horreur (c'est aussi l'occasion de parler de romans d'épouvante si cela vous dit).
 
Samedi 15 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 16 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Lundi 17 avril : Yoko Ogawa
 
Mardi 18 avril : Hommage à Kyoto (des idées par là...)
 
Mercredi 19 avril : Hommage à Jirô Taniguchi avec le challenge BD du Mercredi
 
Jeudi 20 avril : Ichikawa Takuji, roman au choix ("Je reviendrai avec la pluie...")
 
Vendredi 21 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - Film contemporain
 
Samedi 22 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 23 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Lundi 24 avril : Hommage à Tokyo (films, romans dont celui de Mo Hayder, mangas, photos...)
 
Mardi 25 avril : “Le démon de l’île Solitaire” d’Edogawa Ranpo
 
Mercredi 26 avril : Hiroshima (romans, documentaires, film d'animation, manga type Le Pays des Cerisiers, chanson Enola Gay, "Hiroshima fleur d'été", "Le poids des secrets"...)
 
Jeudi 27 avril : "Le poids des secrets" d'Aki Shimazaki, tome au choix
 
Vendredi 28 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) -Film des studios Ghibli (Mon voisin Totoro; Ponyo; Le conte de la Princesse Kaguya...)
 
Samedi 29 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 30 avril : Derniers billets et bilan
 
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Et n'oubliez pas qu'ensuite en mai, nous nous envolerons pour l'Italie, avant de retrouver notre dear old England en juin !
 
Bienvenue à tous et à toutes !
 
Hilde et Lou, organisatrices du Mois au Japon
 

06/11/2012

Etape asiatique pour le Challenge Halloween

ringcover.jpgJ'aurais bien du mal à vous expliquer pourquoi mais, à sa sortie, la version américaine du film The Ring m'a fait une forte impression. Après une séance au cinéma angoissante j'ai été hantée par la cassette video malfaisante, la petite fille monstrueuse sortant de la télé et cette femme se retournant après s'être brossé les cheveux.

Pour l'étape asiatique de notre périple d'Halloween (qui s'achève bientôt) j'ai donc suivi ma fidèle comparse Hilde et lu Ring, le roman original de Suzuki.

Si vous avez vu une adaptation de ce roman vous devinerez facilement son dénouement, malgré les personnages un peu différents. Mais la lecture est loin d'être inintéressante. Le récit s'ouvre sur la soirée d'une adolescente en train de travailler, seule dans une maison. Elle se sent soudain mal à l'aise, se rend dans la cuisine pour boire du coca, sent une menace invisible mais bien présente et imagine quelqu'un dans son dos. On la retrouvera morte un peu plus tard, une expression de peur sur le visage.

Peu de temps après, son oncle journaliste fait le rapprochement entre cette mort mystérieuse et celle d'un jeune motard qui s'est effondré brutalement à un carrefour. Son instinct professionnel stimulé, Asakawa décide de mener l'enquête... ce qui l'amène dans un chalet désert et à une certaine cassette vidéo. Celle-ci est différente de mon souvenir du film : on y voit notamment une vieille femme faire une prémonition, un bébé, un visage d'homme, une éruption. Aidé d'un ami intrépide qui prétend ne pas craindre la mort et décide de voir la vidéo, Asakawa finit par découvrir que la cassette émane de Sadako Yamamura, décédée il y a bien des années.

Hormis le début angoissant, j'ai trouvé que ce roman s'apparentait davantage à un thriller qu'à un roman d'épouvante, dans un cadre pour le moins mystérieux et inquiétant. Ce roman nous tient facilement en haleine et si vous voulez savoir ce qui arrive à une jeune femme étrange assassinée, dont la mère s'est jetée dans le cratère d'un volcan, vous aurez la réponse ici. Cette lecture a été un petit exorcisme pour moi : je tenterai peut-être enfin de revoir les adaptations maintenant que je connais le fin mot de l'histoire, même si celle-ci est sans fin. La soif de vengeance de Sadako Yamamura n'est pas prête d'être assouvie... et d'ailleurs à la fin quelques questions restent sans réponse !

J'ai été interpelée par quelques allusions au statut marital, dont cette première phrase : « Pour la première fois depuis qu'ils sont mariés, Asakawa a envie de battre sa femme. » (p 114) A plusieurs reprises, il est fait allusion à cette violence maritale latente annoncée comme quelque chose d'assez normal, Asakawa étant tout de même un chic type car il n'a jamais levé la main sur son épouse. Cela ne m'avait pas marquée jusqu'ici au cours de mes lectures japonaises mais ces passages m'ont fait m'intrroger sur la place de la femme dans les foyers japonais...

 

Enfin en parlant de citations, mon édition était truffée d'erreurs, une vraie honte ! J'ai noté celles-ci : « on avait estimer à » (p19) ; « lui donne Pair assez miteux » (p26) ; « l'on pourra pas pour autant répondre » (formule élégante s'il en est en p 34) ; « ils pressentaient seulement le son côté étrange » (p 104) ; « tu veux dire, par exemple, que l'on peut transformer donner vie à des idées que l'on a dans la tête ? » (p133) ; « que font les gens en général quand il quitte une troupe de théâtre ? » (p152) ; « tant que nous n'aurons pas trouver comment supprimer ce sortilège » (p 155) ; « allongées sur le pierre » (p199). Voilà qui est bien dommage car le texte lui-même ne manque pas d'intérêt.

Lecture terminée à Londres, et une de mes dernières participations au Challenge Halloween 2012, qui touche à sa fin. Challenge co-organisé avec la très énigmatique Hilde.

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308 p

Koji Suzuki, Ring, 1991

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14/03/2012

Direction le Japon !

OGAWA-Yoko-Amours-en-marge.gifLorsqu'on me demande quel est mon auteur préféré, je ne pense plus à citer Yoko Ogawa, pourtant elle fait définitivement partie des écrivains que j'admire le plus. Je l'ai découverte à la sortie du Musée du Silence puis me suis régalée avec La Formule préférée du professeur. Depuis l'ouverture de ce blog j'ai chroniqué plusieurs de ses textes mais je ne la lis plus qu'occasionnellement alors que j'ai encore plusieurs de ses romans en attente. Il y a quelques semaines j'ai profité d'un week-end au chaud pour ouvrir enfin Amours en marge, son premier roman.

Ogawa m'a séduite dès la première rencontre par son univers bien particulier, sa façon bien à elle de mettre en avant des fractions de vie ou des rencontres intenses et sans lendemain, plongeant le lecteur dans une réalité fragile, précaire et souvent en décalage avec nos repères occidentaux.

Dans ce roman, la narratrice est atteinte d'une maladie qui lui fait percevoir des bourdonnements et amplifie les sons au point de la faire hospitaliser. Les symptômes se sont déclenchés juste après le départ de son mari, qui l'a quittée pour une autre. Le récit débute avec la participation de la narratrice à une réunion pour un journal médical. D'autres personnes ayant souffert de ce type de troubles sont réunies pour faire part de leur expérience, des premières manifestations de la maladie à la guérison. L'héroïne y fait la connaissance de Y, sténographe, et est de suite fascinée par ses mains et le pouvoir que leur confère la sténographie. Le roman nous fait suivre ces deux personnages pendant quelques mois, à travers les rechutes et guérisons de la narratrice et leurs rencontres régulières.

Plutôt qu'une nouvelle qui aurait pu bien se prêter à cette histoire, Ogawa a préféré s'étendre en écrivant ce roman apaisé où plusieurs sujets et thèmes sont exploités de manière récurrente, avec d'infimes variations. L'héroïne semble ne pas beaucoup évoluer du début à la fin, alors que, symboliquement, sa vie a changé grâce à Y qui a sténographié ses propos le temps d'utiliser un bloc entier de papier épais, couleur crème (le tas diminuant inquiétant la narratrice, qui sent qu'ensuite sa relation avec Y lui échappera). Y semble réel mais, lorsqu'on connaît Ogawa, on se doute bien qu'il est vain d'espérer l'accomplissement d'une histoire d'amour (d'ailleurs, ce sont davantage les mains de Y que le personnage, dont on ne sait pas grand-chose, qui intéressent la jeune femme)... les dernières pages sèment le doute dans l'esprit du lecteur. Y, si disponible, parfois là quand on ne l'attend pas, disparaissant à la fin du roman en laissant une fausse adresse, le lieu en question étant malgré tout lié au personnage par un détail troublant. Peut-être peut-on considérer qu'il s'agit d'un roman contemplatif. On le lit dans le calme, en se délectant de scènes banales qui, à travers le regard d'Ogawa et sa plune fluide, prennent un sens, une profondeur insoupçonnés. Sans être mon texte favori de l'auteur, c'est indéniablement un beau récit dont j'ai beaucoup apprécié la lecture.

Wictoria qui aime elle aussi Ogawa a écrit un billet très intéressant sur ce roman, dans lequel elle relève notamment tous les thèmes récurrents chez cet écrivain (tels l'eau, les entraves, le corps humain...).

Sur ce blog, quelques chroniques de textes d'Ogawa :

Une lecture qui tombe à pic puisque le salon du livre 2012 qui aura lieu la semaine prochaine à Paris  met la littérature japonaise à l'honneur... j'espère en profiter pour découvrir de nouveaux auteurs, même si je suis très déçue qu'Ogawa ne soit pas présente !

3coeurs.jpg



Yoko Ogawa, Amours en marge, 1991

01/09/2008

Star-crossed lovers

murakami_sud_frontiere_ouest_soleil.jpgAutant Barbara Kingsolver a été une aventure bien pénible (finalement écourtée), autant cette deuxième découverte dans le cadre du blogoclub de lecture a été couronnée de succès.

 

D’Haruki Murakami je n’avais lu que La Course au Mouton Sauvage, roman drolatique un peu fou que j’avais trouvé fort sympathique (sans en garder un souvenir impérissable). Au passage, je tenterai à l’occasion de l’évoquer ici comme c’est un livre dont on ne parle pas beaucoup sur Internet.

 

Au Sud de la Frontière, à l’Ouest du soleil est un livre bien différent, une sorte de roman initiatique dans lequel Hajime retrace son parcours de l’adolescence à l’âge adulte en plaçant au cœur de son histoire personnelle les relations qu’il a eues avec les différentes femmes de sa vie. De Shimamoto-San, sa jeune voisine de 12 ans perdue de vue, à son épouse, en passant par une première petite amie bafouée, l’histoire montre comment s’est construit un héros assez ambigu (cela dit ses contradictions reflètent sans doute plus justement la réalité et en font un personnage plus complet).

 

S’appuyant sur des principes solides pour adopter un comportement en général éthique dans le domaine professionnel et financier, Hajime n’en est pas moins faible et injuste envers son épouse, s’autorisant des passades qu’il considère sans importance puis entretenant une relation particulière avec son amie d’enfance au point de songer à abandonner du jour au lendemain femme et enfants. A plusieurs reprises, il affirme clairement rester totalement indifférent devant la souffrance de son épouse, pourtant particulièrement fragile. Par ailleurs, Hajime donne sans cesse l’impression de tendre vers un idéal – idéal de vie, idéal moral, idéal amoureux, plans sur la comète – sans se donner les moyens de l’atteindre. C’est un personnage qui, du début à la fin, se cherche, tente de se construire tout en restant un éternel adolescent, sans doute parce que sa vie lui impose de faire des choix douloureux. Alors qu’il approche de la quarantaine, Hajime donne l’impression d’avoir façonné son identité à l’adolescence pour ensuite végéter tout au long de sa vie adulte, saisissant quelques opportunités et se laissant porter sans chercher à garder un tant soit peu le contrôle de sa vie. D’où des objectifs vagues et une impression de vide insoutenable.

 

C’est l’aspect universel de l’histoire d’Hajime que Murakami réussit à souligner avec une certaine sensibilité. Condamné ou condamnable, le héros est dépeint avec un détachement qui  l’expose directement au regard du lecteur, sans que ses faiblesses et ses souffrances soient mises en avant ou au contraire camouflées.

 

Ce roman est aussi celui des femmes qui entourent Hajime, toutes différentes, toutes essentielles. Shimamoto-San, qui boitait autrefois, l’amie aimée en secret devenue une femme superbe, mystérieuse. Toujours entourée d’un parfum de pluie, elle reste insaisissable, incompréhensible et radicale, attachée à Hajime par un lien particulier. Izumi, la petite amie du lycée qui, après avoir accordé sa confiance devient un masque inexpressif, ravagé à vie par le comportement grossier et la trahison de Hajime. Quelques passades aux visages de fantômes et enfin Yukiko, l’épouse qui avait perdu goût à la vie après une déception sentimentale et une tentative de suicide. Fille d’un homme d’affaires à la tête d’un véritable empire financier, Yukiko est douce, aimante et effacée. Si son époux l’aime et trouve en elle la plus parfaite des compagnes, elle ne pourra rien faire face aux retrouvailles avec Shimamoto-San.

 

Au final, voilà l’histoire d’un homme ordinaire saisie par une plume sobre et agréable. Un livre apparemment simple pourtant servi par une narration d’une grande justesse, un regard lucide et désillusionné porté sur un personnage désenchanté. Sans crier au génie (parmi mes lectures japonaises contemporaines Yoko Ogawa reste toujours la plus incontournable à mes yeux), je suis conquise par l’écriture subtile et l’histoire bien menée. Bref, un très bon roman.

 

Extrait :

 

« Au fond de ces ténèbres, je pensai à la mer sous la pluie. Il pleuvait sans bruit sur le vaste océan, à l’insu du monde entier. Les gouttes frappaient la surface des eaux en silence et même les poissons n’en avaient pas conscience.

Longtemps, longtemps, jusqu’à ce que quelqu’un arrive derrière moi et pose doucement sa main sur mon dos, je pensai à la mer. »

 

224 p

 

Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l’ouest du Soleil, 1992

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