Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/11/2013

Armand Farrachi, Un Amour de Dracula

farrachi_amour dracula.gifQuelle déception que cette lecture ! Et quelle déception d'avoir été déçue... d'autant plus que les quelques critiques lues çà et là sur les autres textes d'Armand Farrachi sont toutes positives : je m'en veux de ne pas avoir adhéré à ce court récit.

Un Amour de Dracula traînait dans ma bibliothèque depuis quelques années, à vrai dire je ne sais même plus comment j'ai un jour croisé ce petit livre bleu au titre si alléchant.

Ce récit m'a d'abord séduite, moi qui aime tant les vampires du XIXe, le roman gothique "classique". Jugez-en par la première phrase qui, bien que nécessitant des heures d'entraînement d'apnée (je l'ai d'ailleurs quelque peu entaillée), avait de quoi faire naître en moi certains espoirs.

Tout de cuivre et de verre qu'il semble pourtant bâti, après l'orage, au dernier feu du crépuscule, sinistre est le château de Bistriz, sombres ses couloirs, profonds ses caveaux, là-bas, dans les Carpates tout étouffés sous le grondement des torrents descendus des sommets et le mugissement du vent qui parcourt les forêts à grands coups de hache, et lourd, bien lourd le sommeil du comte Dracula, car, au plus obscur de ses cryptes, au plus souterrain de ses tombeaux, jour après jour, siècle après siècle, depuis tant de siècles, mains croisées sur le nombril, dans son frac noir et dans son cercueil capitonné de soie blanche quoique jaunie par le temps à défaut de soleil, le comte s'endort chaque matin d'un sommeil sans rêve plus épais que la mort, et chaque soir, la rayon soudain disparu qui éteint parmi le lierre la dernier vitre du château rallume son regard en clouant sur sa face plâtreuse les deux diamants de ses prunelles (...) et chaque soir, donc, des profondeurs moussues où s'enterrent les voûtes, et d'un pas encore pesant, le comte Dracula remonte, marche après marche, époque après époque, la spirale d'un escalier (...) (p7-8).

On ne peut guère faire plus gothique, la plume est tourmentée mais pleine d'humour, la scène très visuelle... et pourtant, ma lecture de ce court roman s'est ensuite avérée poussive, chaotique, faite d'espoirs vains et de bâillements. Malgré la minceur de ce volume, celui-ci m'est resté sur les bras plusieurs semaines et c'est en me faisant violence que j'ai lu les 30 dernières pages pour mettre fin à une expérience malheureuse.

Dracula dépérit (autant que peut le faire un vampire voué à mourir tous les soirs), s'ennuie ferme et les quelques visiteurs dont il se repaît n'apaisent en rien son âme tourmentée. Avec nostalgie, le comte songe à de glorieuses époques, rêvant des merveilleux moments passés par exemple en France lors de la Révolution. C'est ainsi qu'il décide de se rendre de nouveau à Paris et de découvrir ce que la capitale est devenue (ce qui nous vaudra au passage quelques tirades sur la pollution et les constructions modernes épouvantables - difficile d'en tenir rigueur au vampire, ce n'est certes pas la tour Montparnasse qui fait le charme de la ville). Il est accompagné de son fidèle serviteur Cukol, qu'il rabroue mais écoute malgré tout. Cukol s'est beaucoup documenté dans la bibliothèque du comte, il est érudit, adore partager ses connaissances et philosopher à n'en plus finir, quitte à se montrer moralisateur à l'encontre de son maître malgré les menaces de celui-ci.

A Paris, Dracula va rencontrer une jeune fille a priori "pure" (ce qui n'est pas si évident par la suite), Lucie (un nom qui ne vous est pas inconnu...). Il tombe amoureux, pense que la jeune fille est amoureuse. Mais comment conjuguer l'amour et la mort, préserver la jeune Lucie et sa candeur ? Cruel dilemme pour celui qui a vu les siècles passer et continuera encore bien longtemps son voyage nocturne sur cette terre.

Lucie avait attendu son noir visiteur, et l'émotion la tint un instant silencieuse tandis que le comte, figé par une beauté à quoi il ne s'habituait pas, se taisait également, immobile, désemparé et sentant toute résolution fondre devant la jeune fille comme neige ou vampire au soleil (p 76).

Ce livre qui s'annonçait si prometteur m'a fait périr d'ennui, si bien que j'ai éprouvé beaucoup de compassion pour ce pauvre comte que plus rien ne distrait. J'ai apprécié les touches d'humour ("fondre comme vampire au soleil", une scène ou Dracula se fait écraser par deux fois et commence à invectiver les automobilistes catastrophés...), le style qui me faisait penser aux tournures réjouissantes de certains écrits du XVIIIe... mais j'ai trouvé l'histoire plate, convenue, sans surprise aucune. Quant aux longues, très longues tirades de Cukol, elles me faisaient désespérer (le comte aussi d'ailleurs, mais cela n'a pas suffi à y mettre un terme visiblement). Un écrin vide, comme je le disais une déception pour moi donc.

2coeurs.jpg



118 p

Armand Farrachi, Un Amour de Dracula, 1998

halloween 2013.jpg

Commentaires

Je ne connaissais pas. Ton avis ne me donne pas envie le le découvrir.

Écrit par : Sharon | 19/11/2013

Dommage... La première phrase rendait effectivement plutôt bien... Bon ben, je ne note pas ;-)

Écrit par : So | 19/11/2013

@ Sharon : je ne pense pas qu'il soit très connu.

@ So : j'espère ne pas faire fuir tous les lecteurs avec cet avis très personnel mais je suis vraiment passée à côté.

Écrit par : Lou | 19/11/2013

Dommage...je passe :-(

Écrit par : sybille | 19/11/2013

@ Sybille : j'ai un peu de mal à le recommander en effet...

Écrit par : Lou | 19/11/2013

et bin tu n'es plus attiree par les romans a l'eau de rose.....il semblerait en ce moment....;)

Écrit par : rachel | 20/11/2013

Ce qui est terrible, c'est qu'on se déçoit toujours un peu quand on est déçu avec un thème ou un auteur qu'on apprécie d'habitude!

Écrit par : Mango | 20/11/2013

@ Rachel : je n'ai jamais été vraiment attirée par les romans à l'eau de rose en même temps. Et là ce n'est pas le souci de l'histoire d'amour, au-delà de l'héroïne insipide (ce que je ne supporte pas, par exemple je râlais déjà contre ça dans "La Dame en Blanc" de Wilkie il y a trois ou quatre ans) c'est surtout ces grands discours généralistes à n'en plus finir, au secours !

@ Mango : oui tout à fait ! C'est un thème que j'adore, une intro prometteuse... et tout retombe à plat quand on était persuadé de passer un bon moment. Ça aurait été Stephenie Meyer je serais partie avec l'idée que ça ne peut être que moins mauvais que l'idée que je m'en fais, mais là c'est un peu l'inverse...

Écrit par : Lou | 20/11/2013

je retiens le mot "déception" - ça me dit toujours que je ne dois pas noter ;)

Écrit par : niki | 20/11/2013

@ Niki : ça dépend des goûts tout de même mais j'ai du mal à le recommander malheureusement.

Écrit par : Lou | 20/11/2013

oh oui effectivement...la totale....bref a fuir lala...;)

Écrit par : rachel | 21/11/2013

@ Rachel : oui et c'est dommage, je m'en veux un peu de m'être autant ennuyée alors que ce texte ne manque pas de qualités !

Écrit par : Lou | 21/11/2013

bin faut t'en vouloir....chacun ses gouts, ce n'est pas ton livre....tu ne peux pas tous les aimer....la forme etait la pas le fond...c tout...;)

Écrit par : rachel | 21/11/2013

@ Rachel : oui c'est sûr !

Écrit par : Lou | 21/11/2013

Bon, ben, je passe. C'était prometteur pourtant!

Écrit par : Edelwe | 09/04/2014

Les commentaires sont fermés.