Katie Bernet, Beth is dead

📚 Meg, Jo et Amy sont de retour… mais Beth est morte, a priori assassinée.

C’est le point de départ de Beth Is Dead, qui transpose les Quatre filles du docteur March à notre époque, dans un roman pour jeunes adultes ambitieux et très réussi.

Le pitch : 1er janvier, de nos jours. Les sœurs March ont fêté le Nouvel An, certaines séparément. Quand Amy rentre sans Beth, Jo s’inquiète. Avec raison, car peu de temps après, Jo et Amy retrouvent leur sœur morte dans la neige, non loin de la maison de Laurie.

S’ensuit une enquête alternant entre passé et présent : les chapitres donnent successivement la parole aux différentes sœurs, avec des retours en arrière permettant de comprendre petit à petit ce qui a conduit à la situation actuelle. De révélation en révélation, on comprend que beaucoup auraient pu avoir une raison de faire disparaître Beth… y compris ses propres sœurs.

J’ai adoré cette réécriture moderne, dans laquelle le père est écrivain et a récemment connu le succès en publiant Les Quatre Filles de Mr March, un roman dans lequel il dépeint en détail la vie de sa propre famille. Des mouvements de protestation se mettent en place pour soutenir ses filles, le père reçoit des menaces et, entre elles, les filles sont divisées sur le sujet : si Jo, future écrivaine, défend son père bec et ongles, ses sœurs sont beaucoup plus réservées, voire hostiles à cette publication qui déballe leur vie privée en public.

J’ai vraiment apprécié le travail sur l’intertextualité : aux situations du roman de Louisa May Alcott répondent des problématiques parallèles, adaptées à notre époque, avec une lecture féministe et, je trouve, assez engagée. Le roman aborde des thématiques aussi variées que les ambitions de carrière et la réalisation de soi, les prédateurs sexuels, le stalking, le poids des réseaux sociaux, le droit à l’image, les relations toxiques…

Beth Is Dead réalise pour moi une prouesse : un texte contemporain mais, à sa façon, très fidèle au roman d’origine. On le dévore, mais derrière se glisse une invitation à la réflexion. Beaucoup de finesse et de justesse… je recommande chaudement !

💙 Vous aimez les réécritures de classiques ? Et jusqu’où acceptez-vous qu’elles s’éloignent de l’original ?

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