27/05/2009
"Nous allons remodeler, très légèrement sa structure"
Gentille attaque de l'industrie agro-alimentaire, histoire un poil déjantée de célibataires et de félins, Et le Bébé était cuit à point avait fait mon bonheur il y a quelques mois grâce aux bons soins de Mary Dollinger. Je n'en attendais pas moins du Journal désespéré d'un écrivain raté. On y parle littérature, édition, XIXe. Et puis, peut-être parce que Mary (en insistant sur son prénom, les lettres roulant sur la langue...) est une Anglaise qui aime la langue française en maniant parfaitement l'humour British et que je suis une Française qui aime la langue anglaise (et l'Anglais, l'Angleterre, la Tamise, la brume et le mouton sauce mint), je manque d’objectivité. Ce sont des choses qui arrivent. Ah… ! Le charme anglais !
Comme on ne mélange pas les meilleurs ingrédients sans avoir une petite chance d'obtenir un résultat honorable et qu'ici, la cuisinière jongle avec habileté avec les herbes et les épices, la sauce a pris une fois de plus. Trêve d'ambiance culinaire, votre chroniqueuse fidèle au poste a goûté lu et approuvé.
Il est ici question des mésaventures de l'auteur et de quelques illustres écrivains l’ayant précédée sur le chemin tortueux qui, péniblement, poussivement, serpente entre marécages et forêts hantées jusqu'à l'apothéose, le panthéon livresque, la gloire littéraire – éphémère ou pas, j'ai nommé : la sacro-sainte publication. On retrouve ainsi Balzac (retour à l'envoyeur du manuscrit), Zola (et l'inventaire de supermarché), Proust (publié à compte d'auteur, et alors ?), Maupassant (séduisant), Stendhal (soit le Marquis est « idiot, soit il y a une grosse lacune dans votre récit »), Flaubert (Madame Bovary, ce n'est pas un titre, autant choisir un prénom et comme Jane Austen est passée par là avant, ce sera Clara), Hugo, Sand et Musset.
Voilà un texte malicieux, divertissant, qui donne envie de se replonger dans la lecture de quelques grands classiques (ils gagneraient franchement à être écourtés de quelques centaines de pages, n'est-ce pas M. Beyle ?). Un court exercice de style, léger, sans prétention, qui réussit avec simplicité (et beaucoup d'honnêteté) à rendre hommage à l'écriture. Et à un animal dont le martyr est source d'inspiration : l'auteur.
Offert par l'éditeur.
78 p
Mary Dollinger, Journal désespéré d’un écrivain raté, 2007
00:27 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : littérature xixe, classiques, dollinger, journal désespéré d'un écrivain raté, jacques andré éditeur, proust, balzac, maupassant, zola, musset, sand, humour
11/05/2009
Made in Heaven
Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu de Zola. Pourtant, je fais partie de la génération qui a passé son bac de français en 2000, plongée dans les joies et (surtout) les malheurs du naturalisme. Alors que la conseillère d’éducation avait recommandé lors de son court passage en salle de classe de bien nous assommer avec L’Assommoir (si si), notre brillant professeur faisait naître en moi un début de fascination pour les Rougon-Macquart (s’il y a un enseignant qui a marqué mon parcours et dont j’ai attendu les cours avec impatience de septembre à juin, c’est bien lui).
Moi qui songeais à reprendre mes lectures cette année avec Nana ou L’Oeuvre, j’ai finalement découvert trois textes extraits des Nouveaux Contes à Ninon.
Dans « le Paradis des Chats » (c’est d’être enfermé et battu dans une pièce où il y a de la viande), un chat de salon fait l’expérience de la liberté des chats de gouttière. Vient ensuite « Le Grand Michu », où des pensionnaires décident de se rebeller contre la nourriture infecte qui leur est servie. Le livre s’achève sur « Mon Voisin Jacques », où le voisin du narrateur est trop honteux de son métier pour oser en parler, de crainte d’être traité en paria.
Dans ces quelques contes, j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’assurance d’un Zola à la plume décidée. Ces textes sont bien sûr beaucoup plus abordables que les romans de l’auteur, étant destinés à un public plus jeune. On retrouve pourtant certains thèmes très présents dans son œuvre (mais Zola ce n’est pas que ça !) : la misère, l’injustice et les différences sociales. L’intégrité républicaine et les valeurs morales défendues par certains protagonistes rappellent aussi l’aspect plus engagé de la personnalité de Zola. J’ai presque trouvé amusant de retrouver dans la chute de ces contes au ton plus léger une portée morale aux accents très zoliens.
L’intérêt de cette nouvelle édition est le format agréable (environ 22 cm/15cm, couverture souple, papier glacé). Chaque conte est illustré par Anne Brouillard. Les différentes scènes accompagnent judicieusement le récit et font de ce livre court un petit bijou, peut-être plus pour un public adulte ou adolescent (je me souviens que lorsque j’étais petite, les livres illustrés qui m’attiraient étaient moins artistiques, tandis que les aquarelles ou les dessins précis et trop travaillés de type gravure ne me faisaient pas trop envie, même si je pouvais les trouver jolis… je sais, c’est passionnant, amis lecteurs !).
Il ne me reste plus qu’à retrouver la famille de Gervaise…
Offert par l'éditeur via Obiwi.
61 p
Emile Zola, Le Paradis des Chats et autres nouveaux contes à Ninon, (1864 ?)
08:15 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : contes à ninon, paradis des chats, le grand michu, mon voisin jacques, zola, contes, enfants, classiques






































