Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/10/2012

Rapaces, tomes 1 à 4

rapaces1.jpgJ'envisage de vous parler de Rapaces depuis le premier challenge Halloween, mais je n'avais jamais eu l'occasion de relire les 4 tomes. Une petite insomnie m'a aidé à mener mon diabolique projet à bien. Cette série d'albums est sortie avant la déferlante Twilight et autres vampires adolescents, quand les monstres suceurs de sang n'avaient pas encore le vent en poupe... et il est certain qu'on est loin ici d'une version édulcorée.

rapaces2.jpgNew York. Une série de meurtres frappent la ville, tous signés du message « Votre règne s'achève ». Les victimes sont vidées de leur sang et toutes présentent un kyste percé derrière l'oreille. Vicky Lenore et Spiaggi mènent l'enquête et vont rapidement être mêlés à une conspiration de grande envergure qui les dépasse : les vampires se sont installés depuis l'Inquisition à des postes clef mais aujourd'hui, alors qu'ils ont pris leur aise et perdu de leur vigueur à force de ne plus se battre, ils sont menacés par de mystérieux vengeurs. Il s'agit de Drago et Camilla, frère et soeur incestueux aux tenues de cuir, prêts à semer la terreur pour instaurer un nouvel ordre et venger par là-même leurs parents. Bien qu'animés par des motifs différents, Vicky et les deux vampires vont servir la même cause : une rencontre qui va changer radicalement la vie de Vicky.

rapaces3.jpgRapaces04.jpgUne série dont je gardais un excellent souvenir et qui a très bien résisté à une deuxième lecture. Le scénario bien ficelé est servi par un esthétisme irréprochable, dans un cadre très urbain et moderne. Une BD sexy (mais pas mièvre) et bouillonnante qui balaie d'un coup les idées reçues sur la question vampirique. Si vous pensiez tout savoir sur nos amis à dents pointues, n'hésitez pas à vous plonger dans cette série. Dépaysement garanti !

Après un vampire végétalien, deux vampires meurtriers pour accompagner le challenge Halloween, co-organisé avec ma comparse Hilde Van Helsing, et pour participer à la BD du mercredi, sous l'égide de notre chef d'orcheste Mango.

4coeurs.jpg

 

 

 



Rapaces, 4 tomes, Dufaux et Marini, (publication de 1998 à 2003)

Halloweem 2012.jpgLogo BD Mango Vert.jpg

20/04/2011

Détour américain

grimsley_enfant des eaux.gifEcrit à la première personne, L'Enfant des eaux de Jim Grimsley est l'histoire d'Ellen qui, bien des années plus tard, repense à son enfance misérable en Caroline du Nord. Voyant en rêve sa mère glisser sous la surface de l'eau d'une rivière, croisant régulièrement son fantôme, Ellen est submergée par les souvenirs. Des souvenirs qui prennent possession d'elle plus qu'elle ne les maîtrise réellement.

On retrouve certaines composantes du roman social à l'américaine, dans un cadre qui a été souvent dépeint : un monde où Blancs et Noirs ne se côtoient pas et où la déchéance de la famille d'Ellen est complète lorsqu'elle se voit obligée d'habiter une masure près des habitations dévolues aux Noirs. Ce n'est pourtant pas là le sujet du roman, qui traite davantage de la question du déterminisme social et des caprices de la mémoire, tout en décrivant un milieu particulièrement défavorisé à une période importante de l'histoire mondiale. Les mauvais sont les Jaunes, ces Japonais contre qui les Américains sont en guerre.

On pourrait croire qu'il s'agit d'un roman profondément sombre et déprimant : un père alcoolique, une mère lunatique et égoïste, des enfants que l'on frappe à tout bout de champ sans la moindre raison, des allusions à peine voilées aux relations incestueuses, peu de nourriture,  encore moins de loisirs, un entourage grossier en général et, a priori, aucune perspective d'avenir.

Pourtant ce roman comporte de très beaux passages également porteurs d'espoir, à travers les liens d'affection qui unissent malgré tout Ellen à sa famille, l'ambition de cette enfant qui est studieuse, qui profite des occasions qui lui sont données de manger à sa faim et qui veut être une mère complètement différente pour ses propres enfants. Porté par un personnage principal attachant, habité de fantômes que l'on se plait à croiser ici et là, ce livre est une très belle réussite.

Merci aux éditions Métaillé pour ce plongeon dans l'Amérique des années 1940.

3,5coeurs.jpg

 

 

248 p

Jim Grimsley, L'Enfant des Eaux, 1997

24/05/2010

You don't own me

greer_histoire mariage.jpgQuelle jolie couverture que celle de L'Histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer, entre fraîcheur et nostalgie ! A l'image d'un livre qui m'a bien plu, malgré quelques réserves.

Etats-Unis, années 50. La narratrice Pearlie Cook nous fait pénétrer dans son foyer au moment où se joue une étape décisive de son mariage avec Holland Cook, cet homme qu'elle a rencontré adolescent puis retrouvé par hasard sur une plage à la fin de la guerre. Le couple semble vivre heureux avec leur fils handicappé Sonny et leur chien muet, en dépit de l'étrange maladie de coeur de l'époux qui pousse Pearlie à découper les faits divers brutaux dans les journaux afin de le préserver. Un jour sonne à la porte un étranger, Buzz. Muni de cadeaux, cet homme sorti du passé de Holland s'apprête à briser le fragile équilibre sur lequel repose le mariage des Cook.

Ce roman bien écrit décrit avec aisance la période des années cinquante : les générations revenues de la seconde guerre mondiale, celles parties depuis peu en Corée, la ségrégation et les prémices de la lutte pour les droits civiques, sans parler des petites choses insignifiantes du quotidien, tels que la visite matinale du livreur de lait, les lieux de danse ou les soirées passées à écouter la radio.

Quant au récit lui-même, l'histoire d'un mariage, il part à mon avis d'une idée très intéressante et m'a séduite, même si on peut lui reprocher quelques longueurs et certaines maladresses. Plusieurs révélations sont distillées au compte-goutte. Si le procédé est intéressant a priori, sa récurrence finit par devenir un peu lassante et ne permet pas forcément à l'auteur d'exploiter d'autres aspects de son sujet, à commencer par le regard qu'Holland Cook porte sur son mariage. Comme d'autres, j'ai trouvé que l'une des informations brutalement révélées n'avait aucune raison de constituer un mystère, même si cela a sans doute pour but de déstabiliser le lecteur en lui donnant une idée fausse au départ  et permet de donner au récit une nouvelle dimension. Quoi qu'il en soit, on ne fait pas un livre avec des "si" et des "peut-être" et, tel qu'il est, j'ai déjà beaucoup apprécié ce roman que j'ai trouvé empreint de sensibilité et très agréable à lire, hormis quelques petites  longueurs. Pearlie Cook est attachante et j'ai beaucoup savouré cette fin où l'on réalise que le couple s'est forgé une idée erronée de cette période importante de leur mariage, se trompant sur les intentions de l'autre pendant des années. Finalement, les zones d'ombre peuvent constituent aussi un atout. Un moment doux amer que l'on déguste avec plaisir.

Ce livre a été très largement commenté sur la blogosphère ; les avis de : Amanda, Brize, Cathulu, Cécile, Clarabel, Cuné, Dasola, Heclea, Joëlle, Jules, Kathel, Lili, Lillly, Ma, Manu, Papillon, Plaisirsacultiver, Sibylline, Voyelle et consonne...

Merci à Marie des éditions du Points pour cette très jolie découverte !

("You don't own me" : titre des Blow Monkeys)

3,5coeurs.jpg

 

 

264 p

Andrew Sean Greer, L'Histoire d'un Mariage, 2008

02/08/2009

Du rififi in the middle of nowhere

gottlieb_ainsi soit il.jpgÉcrivain en vogue issu d'une petite ville où rien ne se passe jamais, Rob Castor s'est récemment suicidé après avoir assassiné son ex petite amie. Son ami d'enfance Nick ne s'en remet pas et revient sur l'histoire de Rob, leur amitié et, en passant, sur sa propre vie privée, ses problèmes conjugaux, le psy de sa femme, le chien du voisin, le rhododendron de sa grand-mère... désolée je m'égare.

Je l'avoue, ce résumé est nettement moins alléchant que celui qui figure au dos de mon édition. Malgré tout, je le trouve plus à la hauteur des ambitions et du contenu de ce livre où il ne se passe finalement pas grand-chose. Si je reprends donc le résumé plus alléchant que j'évoquais à l'instant, on apprend que « dans le paysage des jours enfuis, d'étonnants secrets le guettent ». Ce n'est pas faux. Deux révélations importantes se font, expliquant certains aspects un brin étonnants du comportement du narrateur. Ce qui me gêne plus, c'est le fait que ces deux nouveautés arrivent comme un tas de cheveux au milieu de la soupe au brocoli (soyons précis sur ce point, voulez-vous ?) ; elles ne sont pas franchement exploitées, que l'on pense à l'éventuelle « intensité dramatique » de la chose ou, ce qui est sans doute plus important, à l'impact sur le dénouement du récit. Nick n'évolue pas, la fin n'en est pas une (malgré les révélations, on reste un peu sur sa faim) et, de bout en bout, on suit le parcours d'un mari geignard qui s'écoute parler. Ce qui, personnellement, a fini par me lasser, le personnage m'étant profondément indifférent.

wood_american-gothic.jpgFinalement, comme le récit stagne beaucoup du début à la fin, il me semble que l'intérêt principal résidait dans l'analyse du comportement du narrateur. J'imagine que l'objectif recherché tenait davantage du portrait psychologique que du thriller, ce qui aurait dû me convenir parfaitement au vu de mes goûts personnels. Malheureusement, le sujet observé est aussi creux qu'une Veruca Salt * ; qui plus est, il est parfaitement antipathique. L'essentiel de ses jérémiades concerne sa femme, qui détourne ses enfants de lui et fait preuve d'une jalousie tout à fait inappropriée. Parallèlement à ce constat, voilà notre narrateur qui raconte comment il retrouve la sœur de Rob, son ex petite-amie, ennemie jurée de sa femme. Et comment (accessoirement) il devient son amant. Je me suis mortellement ennuyée en suivant les manifestations d'auto-apitoiement de ce cher Nick, ce qui est particulièrement gênant étant donné leur caractère répétitif. Voilà un héros qui tente de se remettre en question mais qui ne va pas assez loin dans sa démarche et ronronne un peu trop à mon goût. A part ça, ce roman se laisse lire (le style est d'ailleurs agréable) et convient tout à fait aux séances de lecture dans les transports en commun.

Ah oui, pourquoi ce titre à la place de Now you see him en anglais ? Ainsi soit-il m'a d'ailleurs valu des commentaires dans le métro de la part d'un monsieur sympathique chargé comme une mule avec un sac Boulinier.

Mon avis est très proche de celui de Petite Fleur et je suis également d'accord avec Hedwige
On lit le roman vite, sans y penser, sans réfléchir, et on l’oublie tout de suite ; certes il ne laisse pas de mauvais souvenirs flagrants, c’est qu’en réalité il ne laisse pas de souvenirs du tout… Il est dommage qu’un livre sans défauts majeurs manque à ce point là de qualités. »),
mais la plupart des avis référencés par Bob sont beaucoup plus positifs ; beaucoup de lecteurs ont au contraire été touchés par le personnage ou intéressés par les étonnants secrets qui le guettaient.

Lu dans le cadre du partenariat entre Bob et les éditions 10-18.

(Tableau : American Gothic de Grant Wood, cité par le narrateur)

1,5coeur.jpg

 


274 p

Eli Gottlieb, Ainsi soit-il, 2008

 

* Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl

22/03/2009

Wouldn't it be nice

haigh_condition.jpg

Saga familiale couvrant la période 1976 – 2001, La Condition de Jennifer Haigh débute avec la découverte de la maladie de la jeune Gwen, atteinte du syndrome de Turner. Petite taille, absence de puberté, stérilité, telles sont les principales caractéristiques de cette maladie.

Vingt ans après le diagnostic et le divorce des parents, Paulette et Frank, nous retrouvons les personnages qui, tour à tour, nous laissent peu à peu entrevoir leur vie présente et reviennent sur les années qui se sont écoulées, éloignant ou rapprochant certains membres de la famille.

Paulette, un peu coincée et étroite d'esprit, vit à Concord dans une vieille maison splendide où elle maintient la température à 13 degrés afin de protéger une collection de porcelaines de grande valeur. (Soit dit en passant, elle me rappelle par certains côtés un personnage de Halloween, où une retraitée légèrement névrosée passe son temps à javelliser sa maison et pense uniquement à une tache de sang sur son tapis un jour où son fils est à deux doigts de rendre l'âme. Livre très sympathique et chaudement recommandé !)

Son ex-mari Frank espère être bientôt récompensé dans le milieu scientifique après un beau parcours au M.I.T. Passant pour un obsédé aux yeux de Paulette, ce Dom Juan s'est récemment fait plaquer par une compagne plus jeune pressée de se marier ; il commence à souffrir de la solitude.

Billy, leur aîné, le fils prodigue, médecin vivant à New-York dans un superbe appartement, cache son homosexualité à sa famille. Proche de Gwen et attaché à sa mère, il semble a priori avoir définitivement fait une croix sur Frank (un salaud, un égoïste et un mauvais père) et sur son petit frère Scott (un looser).

Prof d'anglais dont les compétences sont souvent dictées par les collections « Profil », Scott enseigne vaguement dans un établissement minable aux objectifs purement commerciaux. Ancien accro à l'herbe, Scott est coincé dans un lotissement immonde avec son épouse Penny (un peu sotte) et leurs deux enfants difficiles.

Quant à Gwen, elle s'est emmurée dans le silence et se cache dans des sweat-shirts trop grands pour elle. Son travail d'assistante au sein d'un musée est vraisemblablement son seul centre d'intérêt. Si sa maladie sert de point de départ, elle n'occupe qu'une place relative dans cette histoire aux sujets nombreux.

La Condition est un bon page-turner qui se lit sans aucun doute avec plaisir. Alternant les points de vue, ce roman éveille sans cesse notre curiosité et pose un regard sensible et passionnant sur les membres d'une même famille, sur les non dits et les malentendus qui rendent facilement maladroit. Malgré des années de silence et de reproches implicites, parents et enfants éprouvent de l'affection les uns envers les autres, même s'ils sont souvent incapables de s'aimer comme il le faudrait et de satisfaire les attentes de l'autre – si ce n'est « des autres », car il convient aussi de ménager les susceptibilités. Les qualités principales de ce roman tiennent à mon avis à l'attention portée à la psychologie des personnages. Rendant parfaitement compte de la complexité des rapports humains, Jennifer Haigh a trouvé un ton juste qui ne dessert pas ses personnages. On pourrait peut-être lui reprocher la trop grande diversité de situations au sein de la famille et l'accumulation de malheurs, qui manquent un peu de crédibilité. Mais après tout, depuis quand un roman devrait forcément se borner à rendre compte de la réalité dans ce qu'elle a de plus banal ? Les péripéties s'enchaînent, le traitement du sujet est convaincant. Parce qu'il peut être interprété de plusieurs manières, le titre rend justice à la variété des situations qui font la richesse de ce texte. Au final voilà un roman qui ne manque pas d'intérêt et qui m'a donné envie de lire un des précédents romans de Jennifer Haigh.

Merci à Louise Leguay et à Silvana Bergonzi pour cette découverte.

Les avis de : Cathulu, Cuné, Géraldine.

416 p

Jennifer Haigh, La Condition, 2009

Cape Cod, où tout commence

 

cape-cod.jpg
cape-cod2.jpg