17/01/2010

You've gotta pick a pocket or two !

Les 21 et 22 novembre derniers, j'étais parmi la bande joyeux lurons partie hanter Londres en groupe, histoire d'augmenter radicalement la population de batraciens dans le secteur, de dépenser beaucoup, de s'émerveiller toutes les deux secondes et aussi d'entrer là :

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Pour voir ça :

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Quelques semaines avant, notre équipe de bras cassés (à savoir les Victorian Frogs, un club de lecture où l'on parle de tout SAUF de lecture) avait décidé de lire Oliver Twist pour l'occasion. Résultat des courses : deux personnes seulement l'avaient fini à temps (dont une dans une version pour enfants de 125 pages, court mais efficace !), les autres ayant soit commencé (comme moi, avec trois ou quatre chapitres à mon actif, admirez mon efficacité redoutable), soit renoncé (à leur décharge, elles avaient déjà lu le roman avant dans une version non tronquée, je le souligne car moi aussi j'ai lu au collège Oliver Twist et en anglais s'il vous plaît, dans une superbe édition illustrée d'environ 90 p et interligne 1,5).

Bref, peu importe, nous voilà donc le 21 novembre au soir à Covent Garden, au poulailler, avec une vue magnifique sur la scène et des genoux broyés (sans parler de mes Cadburry éclairs doués d'une volonté propre et bien décidés à s'échouer lamentablement sur la tête de ma voisine de devant). Etaient présentes Cryssilda, royale organisatrice, Emma, Fashion, Isil, Stéphanie et Vounelles.

Que vous dire de cette comédie musicale ? "wahou" relève franchement de l'euphémisme. Typiques du genre, les chansons se laissent facilement fredonner sans chambouler du tout au tout l'histoire de la musique. L'histoire, on la connaît. Oliver, orphelin généreusement élevé par la paroisse, a un jour le culot de demander une deuxième ration de gruau (on aura tout vu). S'ensuit tout un processus pour mettre ledit morveux en apprentissage chez un croque-mort, histoire de lui donner une petite idée des dures réalités de la vie et de lui faire regretter sa précédente pension.

The bowls never wanted washing. The boys polished them with their spoons till they shone again; and when they had performed this operation (which never took very long, the spoons being nearly as large as the bowls), they would sit staring at the copper, with such eager eyes, as if they could have devoured the very bricks of which it was composed; employing themselves, meanwhile, in sucking their fingers most assiduously, with the view of catching up any stray splashes of gruel that might have been cast thereon. Boys have generally excellent appetites. Oliver Twist and his companions suffered the tortures of slow starvation for three months: at last they got so voracious and wild with hunger, that one boy, who was tall for his age, and hadn't been used to that sort of thing (for his father had kept a small cook-shop), hinted darkly to his companions, that unless he had another basin of gruel per diem, he was afraid he might some night happen to eat the boy who slept next him, who happened to be a weakly youth of tender age. He had a wild, hungry eye; and they implicitly believed him. A council was held; lots were cast who should walk up to the master after supper that evening, and ask for more; and it fell to Oliver Twist. Extrait de la David Perdue's Dickens page.

De cette histoire si connue, cette comédie musicale parvient à tirer le meilleur parti possible avec deux atouts de poids : des comédiens impressionnants, à commencer par l'interprète de Fagin (qui a remplacé Rowan Atkinson) et plus encore, les décors et les costumes à couper le souffle. Dès l'introduction (la fameuse scène du réfectoire), sur une scène immense qui s'étend très loin en profondeur, on voit arriver une ribambelle de gamins en habits rapiécés (c'est là qu'on commence à soupçonner le très léger fossé entre les comédies musicales anglo-saxonnes et françaises !). Et là, tout s'enchaîne : les danses dans les rues de Londres avec une quantité phénoménale de figurants, le défilé des costumes et les changements de décors qui s'empilent, s'emboîtent, montent, descendent et coulissent dans tous les sens, faisant apparaître en quelques secondes boutiques, logements et rues entières. Le tout avec une telle précision que l'on se croirait vraiment au XIXe à Londres, ce qui évidemment m'a fait ouvrir grand les yeux pendant toute la durée du spectacle (que je n'ai pas vu passer malgré sa longueur qui m'inquiétait un peu a priori). Un grand moment de bonheur ! Voici le site du musical.

Et puis, si vous avez un doute, si vous êtes du genre soupçonneux, voici la preuve en images de mon voyage à Londres :

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Des bottes pour affronter la pluie, du kitsch parce qu'on est en Angleterre (j'ai failli craquer pour des Docs mais le prix n'était pas le même...).
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Un Union Jack, parce qu'ils sont partout là-bas, et pour montrer qu'on n'est pas en Ecosse admirez en prime le drapeau anglais et les ENGLISH bonbons. Et puis le lion, tant qu'à faire... royal !
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Une boutique rose, qui ne vend que des objets roses. J'ai évidemment pris la photo en pensant à Isil qui manquait ça.
Et puis je suis revenue avec quelques petites choses dans mes valises... (dont évidemment, un DVD avec Colin Firth et un autre sur Queen Victoria):

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En finissant par un gros plan sur Decline of the English Murder (un phénomène qui a apparemment préoccupé un auteur célèbre...), de l'Earl Grey Fortnum & Mason (j'adore cette maison) et deux très jolies éditions de Dickens et James. That's it!

17/09/2009

La fin d'une utopie

bd_phalanstère.jpgImaginez que vos parents, soucieux de votre éducation, vous abandonnent aux portes d'un établissement censé vous former pour les prochaines années. Imaginez maintenant que le pensionnat en question est un mélange d'opherlinat dickensien, de Mervyn Peake, de Tim Burton et de galère grecque. Que 364 jours par an, les eaux recouvrent le seul chemin menant à l'établissement, rendant toute visite ou tentative de fuite impossibles. Que le directeur est un vampire et que les élèves sont habillés dans des pyjamas rayés évoquant davantage le bagne que le système éducatif. Vous aurez une petite idée de ce phalanstère où j'ai traîné mes guêtres le temps d'une lecture.

Voilà un tableau morbide et, je vous l'accorde, l'histoire est dans le fond tout à fait épouvantable. Et pourtant, les monstrueux dessins ajoutent un aspect décalé, grotesque et même parfois comique à ce récit, qui devient une aventure fantastique enthousiasmante. Il s'agit d'un conte judicieusement sombre qui devrait plaire aux amateurs des diverses références citées plus haut. L'intrigue est solide et l'idée originale, tandis que les dessins en noir et blanc servent parfaitement le récit, avec des plans extrêmement bien choisis et quelques contrejours à l'effet intéressant. J'ai savouré cette promenade dans un monde halluciné... d'autres seraient-ils prêts à me suivre dans les couloirs du phalanstère ?

(PS : ce livre n'est pas un livre de vampires à proprement parler mais vu la place qu'occupe finalement cette créature dans le déroulement, j'irai classer cette BD dans mes Chroniques de vampires, toujours accessibles dans la colonne de gauche)

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116 p

Corbeyran et Bouillez, Le Phalanstère du bout du monde, 2001

08/03/2009

We could be heroes forever and ever

bd zelphire cover.jpgVoilà une BD fantastique qui devrait plaire aux amateurs de X-Men et de steampunk. Presque tous dotés de super pouvoirs, les héros du Réveil du Zelphire se métamorphosent en femme-pieuvre, en arbre vengeur ; certains usent de leur chevelure tentaculaire pour survivre, d’autres ont le pouvoir de tuer ou de sauver leur prochain d’un simple geste.

Dans un cadre qui n’est pas sans rappeler Dickens et une Londres victorienne, on découvre une source au miraculeux pouvoir de guérison, on suit les émois amoureux d’un Sylvan d’écorce et de sève, on rencontre un drôle de savant fou et une sombre famille qui, du haut de son repère, assassine des innocents au nom d’une quête mystérieuse. Vous vous en doutez, après moult péripéties, bons et méchants s’affrontent. Certains perdront la bataille, mais pas la guerre ! A quand le tome 2 pour connaître la suite ?

Un album qui se lit avec grand plaisir et que j’ai trouvé bourré de qualités : dessins adorables (parfois aux airs de manga), personnages sympathiques ou exquisément atroces, beaucoup d’humour, des décors charmants, une histoire haletante… ajoutons à cela certaines vignettes caractérisées par une économie de moyens dont l’illustrateur tire très bien partie et nous voilà forcés de conclure avec enthousiasme. Sans parler des dernières pages où figure notamment une parodie de Goya. Décidément, j’en redemande !

Egalement lu et approuvé par Mr Lou.

Merci aux éditions Bayou et à Sonia pour ce délicieux moment de détente !

D’autres avis : Tamara (qui a organisé un jeu-concours pour recevoir cette bande-dessinée) ; la rédaction de WART ; Benjamin Roure.

128 p

Le Réveil du Zelphire, Tome 1, 2009

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