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15/04/2017

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda

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Mon Panda, c'est le doudou perdu d'un enfant qui s'interroge tout au long de cet album sur ce qui a bien pu arriver à sa peluche. Il personnifie son doudou et émet des hypothèses sur ce qu'il a bien pu faire. Du quotidien au poétique en passant par l'humour, l'imagination du jeune narrateur nous fait entrevoir l'attachement qu'il a pour son petit panda.

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C'est un très joli album, original, empreint de douceur et de nostalgie. Les illustrations sobres en noir et blanc piquées de légères touches de couleur sont superbes. Il me semble qu'il a peut-être plus de chances de plaire aux parents qu'aux enfants. Il ne fait pas partie des favoris lors du choix de la lecture du soir en ce moment - mais le deviendra peut-être. Il est d'ores et déjà bien apprécié.

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Si la chute est un peu triste (l'enfant dit clairement que son panda est vieux et usé mais espère le retrouver), l'histoire est intelligemment menée et pourra peut-être rassurer les petits ayant perdu leur doudou favori. Il est préférable de l'imaginer vivant de fabuleuses aventures que perdu sous un banc ou donné à un autre enfant.

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De la tendresse, de la finesse et un graphisme inspiré de l'art traditionnel japonais. Une bien jolie rencontre !

Le site des éditions Belize

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25 p

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda, 2008

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18/12/2014

Le Vieil Homme et la Perle

album_le vieil homme et la perle.jpgLe Vieil Homme et la Perle est un très bel album davantage destiné aux adultes qu'aux enfants. Ce conte aux accents poétiques s'inspirerait d'une histoire vraie.

Il y est question de Lucien, ancien chanteur d'opéra ayant perdu sa voix, désormais homme âgé vivement chichement dans le Quartier Latin. Avec la gloire, Lucien a perdu sa femme, son argent et vit depuis dans la solitude. Il aime particulièrement s'asseoir sur un banc, place de la Contrescarpe, pour regarder les passants. C'est ainsi qu'il tombe amoureux de Madeleine, qui passe souvent par là.

Un soir, alors qu'il s'apprête à passer le Réveillon tout seul, Lucien cède à un coup de tête et entre dans un restaurant manger des huîtres (trois, c'est tout ce qu'il peut s'offrir). Sa vie en sera changée.

Je suis tombée sous le charme de cet album. L'histoire emprunte de nostalgie est touchante. Elle est aussi portée par le cadre, le quartier Mouffetard, quelques décennies plus tôt. A travers les illustrations superbes, d'une grande finesse, l'atmosphère de l'époque est très bien restituée. On s'imagine sur le banc à côté de Lucien, on entend les bruits de pas, on voit la vie lui tourner tout autour, le frôler pour finalement le laisser tout à sa solitude. Puis on ressent avec lui le froid et l'excitation du réveillon.

J'aimais me promener dans ce quartier avec Pierre Gripari quand j'étais enfant et j'adore m'y rendre aujourd'hui. Ce livre était fait pour moi.

A noter qu'il est accompagné d'un CD dans lequel l'histoire est racontée. Je ne me suis toujours pas mise aux livres audio et je n'ai pas vraiment trouvé beaucoup d'intérêt à ce CD. J'aurais aimé deux narrateurs pour commencer (une voix féminine pour Madeleine a minima). J'ai trouvé que la narration était trop rapide et ne laissait pas au lecteur le temps de s'imprégner du texte et de l'atmosphère. Enfin, la musique est trop peu utilisée alors qu'elle aurait pu faire toute la différence. Mais peu importe, l'album est en soi un petit bijou.

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32 p

Florence Noiville et Philippe Dumas, Le vieil homme et la perle, 2013

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05/12/2010

Une touche de magie

nicoletta_cover.jpgHier en commençant mes achats de Noël, j'ai passé un certain temps à feuilleter quelques albums et beaux livres, ce qui m'a fait penser de nouveau à Beautiful Nightmares dont je voulais vous parler.

Très bel album où les petites filles jouent à des jeux inquiétants, où les princesses ont un l'air mélancolique, où la féérie n'exclue pas une touche de morbidité. Un univers magnifique et étrange, dont on perçoit d'abord la beauté avant de fixer son attention sur quelque détail insolite, parfois dérangeant. Un monde à la Alice au Pays des Merveilles, où merveilleux et monstruosité vont souvent de pair.

Ce livre regroupe la plupart des travaux de Nicoletta Ceccoli, sous plusieurs chapitres :

"Babes of Toyland" (mon préféré), petit bonbon acidulé aux tons pastels, grâce auquel on peut pourfendre un attaquant imaginaire puis se promener dans une forêt de sucettes ou de bonbons.

 

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"Beautiful Nightmares" nettement plus sombre et mélancolique, où les contes et légéndes de notre enfance sont détournés, telle cette princesse qui ci-dessous se retourne contre son prince charmant.

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"Water girls", un curieux rêve éveillé où il n'est point besoin d'eau pour voir danser les poissons.

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"Forbidden Fruit", qui conjugue peut⁻etre davantage que les autres chapitres tentation, érotisme et insolite.

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"Weird and Wonderful" où les personnages ont une morphologie des plus curieuses, les petites filles se faisant araignée, octopus, souris ou oiseau (parfois en cage).

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Un grand merci aux éditions Venusdea qui m'ont fait découvrir cet album de Nicoletta Ceccoli, alors que je ne connaissais que quelques-uns de ses dessins.

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Nicoletta Ceccoli, Beautiful Nightmares, 2010

30/08/2009

Abracadabra !

BD_malle sanderson.jpgJe profite d'un coup de tête et d'un abonnement soudain à la médiathèque (accès gratuit aux livres, comment une livrovore de mon acabit pourrait y résister ?) pour découvrir des BD dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Parmi les 4 albums récemment choisis au hasard, La Malle Sanderson m'a permis de découvrir Jean-Claude Götting, que je ne crois pas avoir déjà croisé en sautant de bulle en bulle (hormis les couvertures françaises de Harry Potter que je trouve particulièrement moches, eh oui).

BD_malle_sanderson_01.jpgParis, dans les années trente. L'illusionniste Sanderson triomphe avec ses évasions et ses numéros de divination (« mind reading »). Recherché par la haute société qui s'est entichée de ses tours et serait ravie de l'exhiber dans des dîners privés, Sanderson rencontre Marie, l'épouse blasée d'un négociant de pierres précieuses qu'elle n'aime pas. Alors que notre héros s'apprête à réaliser à New-York une évasion spectaculaire, Marie se déclare prête à tout quitter pour lui. Ce qui ne serait pas souhaitable pour la carrière de son amant, à qui tout réussit pour l'instant.

BD_malle_sanderson_02.jpgSans être un coup de coeur, cet album m'a finalement beaucoup plu en raison de la chute ironique et cruelle qui apporte un élément de surprise à une histoire fluide et agréable, un peu trop peut-être. L'originalité tient surtout au portrait de l'illusionniste, dont les tours de magie sont pleinement offerts à la vue du spectateur qui découvre aussi bien le tour apparemment mystérieux que la solution rationnelle à l'inexplicable. Loin de prétendre avoir des dons surnaturels, Sanderson déclare publiquement que les magiciens qui se prêtent des pouvoirs ne sont que des charlatans. C'est un esprit cartésien, qui prend plaisir à concevoir les plans de ses « outils » d'évasion avec minutie, développant des mécanismes astucieux qui lui permettent d'innover par rapport à ses concurrents.

Sur le plan esthétique, les dessins en noir et blanc sont sobres et soignés. L'ensemble est agréable à l'oeil mais je dois avouer que ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus séduite. En somme, un album sympathique et un thème intéressant à découvrir même si pour ma part je reste un peu sur ma faim.

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109 p

Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson, 2004

20/08/2009

Monster & co

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Amis lecteurs, amis mélomanes,

Vous aimez les dépaysements passagers ? Vous n'avez pas froid aux yeux ? Alors peut-être aimerez-vous partir en voyage autour du Lac aux Vélies, dont l'atmosphère chargée de mystère est faite pour dérouter les aventuriers qui se risquent à la découvrir.

Conte musical mis en images, Le Lac aux Vélies est déjà en soi un objet tout indiqué pour les amateurs de beaux livres ; il est composé d'un bel album de format horizontal (papier épais, couverture cartonnée épaisse elle aussi) et d'un CD inclus dans un livret très soigné et agrémenté de quelques dessins.

Il est question dans ce conte de Günel, personnage monstrueux et fantastique issu du « croisement des souffles d'un dieu fou et d'un mourant venu pleurer au pied du grand arbre Sladinji ». Attiré par des pleurs alors qu'il vit accroché aux parois d'un arbre depuis toujours, Günel décide de quitter son inconfortable matrice pour rejoindre un monde que l'on pressent désolé. A sa sortie, Günel découvre une femme, Milenaz et, voulant l'embrasser, ne fait que lui briser le nez et les dents. La faisant fuir par la même occasion.

Chantée en « klokobetz », langue inventée par Nosfell, et écrite en version bilingue (klokobetz-français), l'histoire est empreinte de mélancolie.nosfell_lac_velies2.jpg Le personnage effrayant détruit tout, sa quête de l'amour se traduisant par des morts brutales et des gestes maladroits aux conséquences fatales. Morbide et infiniment triste, tel est le sort de Günel. Morbide, c'est aussi l'adjectif qui convient le mieux aux corps dessinés, tourmentés, difformes, anormaux et passablement inquiétants qui peuplent l'album. L'imaginaire prend tout son sens avec ce conte qui n'est pas sans rappeler les contes classiques souvent cruels, tout en inventant un univers bien à part.

Le Lac aux Vélies ne s'adresse pas aux enfants (s'il fallait encore le rappeler étant donné le cadre glauque). C'est un récit qui offre de nombreuses pistes de lecture, allant de la simple curiosité littéraire au texte symbolique traitant d'amour, d'égoïsme, d'altruisme, de sexualité, du rapport complexe aux autres, pour ne citer que quelques aspects.

Une ambiance un peu trop sombre et oppressante à mon goût, mais j'ai savouré les textes finement ciselés et le design très travaillé, parfaitement accompagnés par la musique (évidemment, pas très gaie elle non plus).

On en parle très bien ici (un article qui dit sensiblement la même chose, mais de façon bien plus détaillée).

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Editions Futuropolis

Nosfell & Ludovic Debeurme, Le Lac aux Vélies, 2009