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14/09/2016

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T2, Remède de Cheval

beaton_agatha-raisin-enquete-t2-remede-de-che.jpgJ'ai poursuivi fin juin ma découverte d'Agatha Raisin, personnage haut en couleur menant des enquêtes qui ne la regardent pas dans un petit village des Costwolds. Après La Quiche fatale, fatale pour un juge de concours de village mais jouissive pour le lecteur en mal d'humour, nous voici partis sur les traces d'un tueur de vétérinaire à travers ce deuxième tome, Remède de Cheval.

Le petit village où notre Londonienne de choc s'est installée pour sa retraite anticipée est remué par l'arrivée d'un (relativement) jeune et sémillant vétérinaire, qui, après l'ancien militaire James Lacey, déchaîne les passions parmi la gent féminine du village. Et voilà toutes ces braves dames soudain particulièrement préoccupées par la santé de leurs chats et faisant la queue pour rencontrer le nouveau venu. Cependant, peu de temps après le cabinet est désert, car notre sujet principal ne supporte pas les chats (un comble pour un vétérinaire) et prend un malin plaisir à leur faire passer un mauvais quart d'heure en les oscultant.

Alors qu'il s'apprête à opérer un cheval chez le gentleman du coin, le vétérinaire succombe à une injection. La police locale semble croire à un accident et classe rapidement l'affaire. C'est sans compter sur notre héroïne Agatha qui décide une nouvelle fois de mener l'enquête, aidée cette fois-ci par son séduisant voisin James Lacey.

Dans la même veine que le précédent tome, ce deuxième opus offre au lecteur un moment délectable où le cadre tellement anglais, l'humour et les personnages décalés se mêlent pour faire un joyeux mélange. S'il ne fait visiblement pas bon vivre dans les Costwolds, le lecteur a bien envie de s'y arrêter un peu pour suivre l'intrépide, l'autoritaire, l'improbable Agatha dans ses recherches, armée d'un culot sans limite et prête à mener des interrogatoires sans subtilité ni discrétion aucune. On a du mal à comprendre comment elle peut être à l'origine d'une longue série étant donné que, vu son comportement, on s'attendrait plutôt à la voir trépasser à tout moment dans le cadre d'un malencontreux accident... mais curieusement, les héros ont toujours beaucoup de chance.

Un page turner so British, à mettre entre toutes les mains !

Un petit extrait noté lors de ma lecture : [James Lacey] écrivait un livre d'histoire militaire et, comme la plupart des écrivains, il passait ses journées à chercher des excuses pour ne pas travailler (p 64).

Le billet de ma copine Cryssilda qui a elle aussi rencontré Agatha pendant le Mois anglais.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte.

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266 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T2, Remède de Cheval, 1993

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04/06/2015

L.C. Tyler, Etrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage

tyler_etrange suicide dans une fiat.JPGJ'ai failli passer à côté de ce roman malgré sa chouette couverture. Je m'étais surtout arrêtée à la Fiat - moi qui n'aime pas les voitures et ne sais pas distinguer une Mercedes d'une Twingo ou peut s'en faut – et je n'avais pas du tout réalisé que le roman pouvait se dérouler en Angleterre (eh bien oui, peut-être qu'un taxi londonien, voire une Mini à faible kilométrage m'auraient mis la puce à l'oreille mais la Fiat, non). Bref, c'est un peu par hasard que je suis finalement revenue sur mes pas en librairie pour y jeter un oeil et là, lorsque j'ai vu que le héros était écrivain ET anglais, j'ai bien sûr commencé à trouver ce livre bien plus intéressant. Que voulez-vous, quand on est « du bon côté de la Manche », comme le dit l'un des personnages (p 238), je suis aux anges.

Ethelred Hengist Tressider (oui, je sais) est donc un écrivain plus ou moins raté qui gagne à peu près correctement sa vie tout en restant lucide en ce qui concerne la qualité de ses rejetons littéraires. Il publie sous trois noms différents des polars contemporains et historiques ainsi que des romans à l'eau de rose (sous le pseudo adapté au genre d'Amanda Collins : C'était évidemment, comme tous les romans à l'eau de rose, un ramassis de conneries » p 113 - dixit son agent aux avis tranchés).

En réalité, nous entendons surtout parler de la série consacrée à l'inspecteur Fairfax : Peter Fielding écrit des polars ayant pour héros le redoutable inspecteur Fairfax, de la police du Buckfordshire. Fairfax a la cinquantaine bien tassée et le tempérament aigri par son absence de promotion et mon inaptitude à lui écrire des scènes de sexe d'aucune sorte. Quand je l'ai créé, il y a seize ans, il avait 58 ans et il était à deux doigts de partir en préretraite. Il a maintenant 58 ans et demi et a résolu douze affaires quasiment insolubles au cours des six derniers mois. Il a donc légitimement le droit de penser qu'il mérite une promotion (p12).

Divorcé depuis des années (et plaqué pour son ex meilleur ami), Ethelred voit un jour la police débarquer pour lui apprendre la disparition de son ex-femme Géraldine. Les choses s'aggravent lorsqu'on retrouve le corps d'une femme étranglée rapidement identifiée comme étant celui de Géraldine. Dès lors, poussé par son agent littéraire Elsie (qui n'a pas sa langue dans sa poche et n'hésite pas à lui dire que son dernier roman, c'est de la merde, et pour être plus précise, de la merde de chien), Ethelred va mener sa petite enquête en parallèle, alors que tous les soupçons des autorités se portent d'abord sur lui.

Une histoire rafraîchissante, pleine d'humour et d'ironie très British, dont le dénouement m'a prise au dépourvu (je parle de la chute et de l'hypothèse extravagante d'Elsie qui laisse espérer une suite à cette histoire). L'été approche, aussi je ne saurais trop vous conseiller de penser à ajouter ce titre à vos lectures de bord de mer, histoire de démêler ce joyeux tissu de mensonges au soleil (car du soleil, j'ai eu le sentiment qu'il n'y en avait pas beaucoup dans ce roman).

Sur ce, je vous laisse méditer sur cette dernière phrase : Il y a une différence majeure entre la fiction et la vraie vie. La fiction doit être crédible (p 98).

272 p

L.C. Tyler, Etrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage, 2007

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20/06/2013

Agatha Christie, A l'Hôtel Bertram

christie_hotel bertram.jpgJ'ai trouvé la lecture parfaite pour ce mois anglais... impossible de faire plus English ! J'ai ainsi posé mes valises à l'Hôtel Bertram en compagnie de cette chère Agatha... et découvert le paradis sur terre. Imaginez un hôtel des années soixante qui semble tout droit sorti de l'époque édouardienne, avec un portier bardé de médailles militaires, un préposé à l'art du five o' clock aux manières exquises et des muffins bien savoureux, "à l'ancienne". Imaginez des fauteuils de toute sorte faits pour s'adapter aux morphologies les plus diverses, un système de chauffage bien masqué et des feux ronflant dans le salon, une température adaptée aux pensionnaires (quelques degrés de plus pour les Américains que pour nos amis Anglais). Un hôtel où l'on croise du personnel d'époque, certes, mais aussi des hommes d'église, des majors et tout le gratin anglais d'un autre âge... tout ce qui fait le charme si typique, si anglais de l'hôtel aux yeux des riches étrangers qui y séjournent.

C'est là que Miss Marple a choisi de passer ses vacances, une quinzaine de jours à Londres pour revivre ses jeunes années... et qui trouve que tout a l'air un peu "faux" dans ce lieu qui finit par la mettre mal à l'aise. Elle remarque notamment une certaine Bess Sedgwick, connue pour son rythme de vie trépidant et ses exploits (voitures, avions, chevaux et divers accidents), ainsi que sa fille Elvira. Cette dernière n'a pas été élevée par sa mère mais tombe par hasard sur elle à l'hôtel. Elle pense bientôt que sa vie est menacée... quant aux autorités, elles enquêtent sur de spectaculaires fraudes qui semblent toutes mener finalement au Bertram.

On ne lit pas tant ce roman pour le suspense que pour l'ambiance délicieuse... et je ne peux que le recommander aux amateurs d'atmosphères anglaises, ils se régaleront !

D'Agatha Christie sur blog : La Maison biscornue ; Mon Petit Doigt m'a dit.

Lecture commune consacrée à Agatha Christie en ce Mois Anglais, avec : (j'actualiserai en fin de journée, n'hésitez pas à m'indiquer vos liens à la suite de ce billet :))

Et dans la mesure où l'hôtel Bertram se veut édouardien, je ferai une petite entorse à la règle et dirai que ce roman entre aussi dans le cadre du challenge British Mysteries (qui normalement s'arrête à l'entre-deux-guerres).

279 p

Agatha Christie, A l'Hôtel Bertram, 1965

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02/02/2013

Lee Jackson, il était une fois un crime

jackson_il etait une fois un crime.jpgLe fait d'avoir lancé le challenge British Mysteries m'a permis de faire un point sur ma PAL, qui regorge de livres autour de ce thème... j'ai d'ailleurs mis dans la colonne de droite de ce blog quelques-uns des livres qui attendent sagement sur mes étagères, afin de vous donner une petite idée des billets à venir ici (n'hésitez pas à me dire si vous les connaissez, les appréciez, avez envie de les lire !). 

J'ai ainsi réalisé qu'il y avait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de Lee Jackson, un de mes auteurs contemporains favoris. Lee Jackson est un spécialiste de l'époque victorienne et tient un site web passionnant sur le sujet (traitant des moeurs et de la société surtout) – j'en ai déjà parlé . J'ai découvert cet auteur en 2007, ce blog avait alors à peine plus de six mois. Je me suis vraiment régalée avec le début de sa série Decimus Webb, dont j'ai continué à parler par ici. Entretemps j'ai échangé quelques mails avec Lee Jackson, qui m'a même laissé quelques commentaires ici (j'ai mis du temps à m'en remettre!) et que j'ai rencontré lors d'un pot de 10-18 au cours duquel il m'a présenté Gyles Brandreth. Et depuis le début, ses livres occupent une place de choix chez moi dans ma section polars historiques (mes bibliothèques étant classées par thèmes d'une logique implacable selon mes critères tout personnels, sans doute moins évidente pour le néophyte !).

Cette fois-ci j'ai lu Il était une fois un crime, un roman sombre dont la construction m'a beaucoup plu. Lorsque le récit débute, deux policiers pénètrent par effraction chez Mr & Mrs Jones, dont la disparition a été signalée. Ils découvrent Dora Jones morte à l'étage, le crâne fracassé contre la cheminée, tandis que dans un salon se trouve un journal, laissé bien en vue. Il s'agirait des confessions de Mr Jones, sur qui les soupçons se tournent immédiatement. Le roman va dès lors alterner les longs extraits du journal de Mr Jones, qui couvre une période de six mois environ, et de brefs chapitres dans lesquels l'inspecteur poursuit son enquête et interroge quelques témoins afin de démêler cette triste affaire. Très rapidement, il suspecte une affaire de coeur : Dora aurait soupçonné son mari d'entretenir une liaison avec une jeune femme issue des classes populaires, Ellen Hungerford. 

Lorsque débute le récit et que le lecteur découvre les premiers passages du journal de Mr Jones, il se demande ce qui a pu conduire celui-ci à tromper son épouse, qui plus est avec Ellen, très jeune et étonnamment innocente pour une orpheline des bas-fonds londoniens. Les premiers mois sont ceux de l'idylle, le couple semble heureux et s'apprête à déménager dans le quartier plus prestigieux d'Islington. Une ombre apparaît bientôt au tableau : alors que son épouse est la fille d'un riche marchand et vient de Chelsea, Mr Jones n'est qu'un simple clerc et fait tout son possible pour se hisser dans la société. Or la réapparition de son père alcoolique plane comme une menace, alors même que son épouse ne sait rien de ses origines. Lorsque son père lui présente la jeune Ellen Hungerford, Jones commence à nourrir un intérêt particulier pour elle et veut faire son possible pour la sortir du quartier dans lequel elle évolue avant qu'elle ne soit corrompue. A partir de là, les rebondissements se multiplient, jusqu'à l'issue tragique, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus ! 

Mr Jones est un personnage assez fascinant. Sous des dehors respectables, alors qu'il semble sincèrement épris de sa femme et pourrait tout avoir du jeune ambitieux sympathique de bien des romans du XIXe, Jones laisse régulièrement entrevoir des aspects moins séduisants de sa personnalité. Ainsi par exemple, il rejette tout du milieu dont il vient et méprise les pauvres, tenant à leur sujet des propos abjects (se réjouissant ainsi de s'être élevé au dessus «  de telles immondices »). Puis il fait une fixation sur la pureté d'Ellen Hungerford et s'imagine ce que son père ou d'autres pourraient lui faire, la sexualité étant une thématique sous-jacente très présente dans son journal (à travers beaucoup de non-dits notamment), souvent liée à une morale puritaine, l'Eglise intervenant aussi fréquemment dans le récit. Quant à sa femme, malgré ses propos affectueux (« ma chère petite femme »), elle est très appréciée pour son aspect décoratif il me semble. C'est elle qui lui a permis de faire un beau mariage, il apprécie son physique, son humeur légère mais dès qu'elle se fait plus sombre, on sent poindre la fragilité de leur relation.

Comme toujours, Lee Jackson parvient avec succès à faire revivre Londres à l'époque victorienne (je m'en rends d'autant plus compte que ma lecture actuelle, The Pleasures of Men, ne me convainc pas autant pour l'instant). On se régale de l'ambiance et des quelques descriptions mais on se délecte aussi des personnages aux portraits habilement brossés, si bien que je les voyais sans peine s'animer et m'accompagner lors de tous mes déplacements. Car les romans de Lee Jackson sont de véritables page-turners : difficile de se laisser distraire et de prêter attention à son environnement immédiat une fois que l'on a laissé l'histoire nous happer ! Je ressors enthousiaste de cette lecture et du coup bien décidée à lire la série Sarah Tanner, jamais évoquée ici.

De Lee Jackson sur ce blog (laissez-vous tenter !) :

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Deuxième lecture dans le cadre du challenge British Mysteries, organisé avec Hilde et ici-même, mais aussi un billet pour le challenge I Love London de mes chères Titine et Maggie et du challenge victorien. C'est aussi ma lecture pour le mois de mars avec les Victorian Frogs ans Ladies.

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346 p

Lee Jackson, Il était une fois un crime, 2011

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25/12/2011

Un thé au petit goût d'amande

christie_petit doigt.jpgGrâce à mon amie la terrible Titine, véritable tornade pour ma PAL, j'ai retrouvé cette chère Agatha Christie, que j'avais presque oubliée ! Curieusement, j'ai beau adorer l'Angleterre, me délecter de lectures anglaises, je n'éprouve - ou devrais-je dire n'éprouvais plus - de fascination pour cette sympathique dame. Quand j'avais douze ans, sur les conseils d'une copine, j'ai découvert Mort sur le Nil. J'étais dans ma période égyptienne, j'enchaînais les romans et livres plus sérieux sur l'Egypte ancienne, sur laquelle j'avais même écrit de petits textes. Bref, c'était l'Angleterre de mon adolescence (comme quoi j'ai finalement préféré les climats pluvieux). Mort sur le Nil a été un coup de coeur et j'ai rapidement lu quatre ou cinq Christie qui m'ont tous plu, puis j'ai oublié cet auteur aussi vite que j'y étais venue. J'ai bien fait une petite tentative avec La Maison biscornue mais malgré un bon moment, je n'ai pas non plus eu de révélation. C'était avant Mon petit doigt m'a dit, qui vient de me faire replonger. Si bien que ma PAL s'est alourdie de trois nouveaux Christie (elle en avait besoin, vous vous en doutez !).

Mr & Mrs Beresford, anciens détectives privés, rendent visite à la vieille tante Ada, ce vieux dragon qui prend toujours Tuppence pour une traînée et ne daigne parler qu'à son neveu. A l'occasion de ce court passage en maison de retraite, Tuppence Beresford rencontre une pensionnaire qui lui demande "s'il s'agissait aussi de l'un de ses pauvres enfants" et semble penser qu'il y a un cadavre dans la cheminée. Suffisamment éprouvés par quelques heures passées entre une vieille femme aigrie et une autre folle, les Beresford rentrent chez eux. Peu de temps après, Tante Ada meurt et le médecin de la maison appelle Thomas afin de lui faire part d'un petit souci : il semblerait qu'on meure souvent empoisonné au "Coteau ensoleillé. Mais il n'en fallait pas autant pour que Tuppence reprenne les bons vieux réflexes du métier : ayant hérité d'un tableau représentant une maison qu'elle est certaine d'avoir déjà vu, elle a cherché à se remettre en contact avec la femme ayant fait don de l'oeuvre à tante Ada (et qui n'est autre que la dame dérangée voyant des enfants coincés dans des cheminées)). Or cette pensionnaire a disparu. Son enquête la fera errer dans la campagne et les petits villages anglais (on en redemande !), où potins et histoires troubles ne manquent pas, s'il fallait encore épaissir le mystère.

Un excellent Agatha Christie, je me suis régalée d'un bout à l'autre ! L'histoire est bien ficelée et ne manque pas de ramifications, le ton est délicieusement anglais, le couple Thomas-Tuppence drôle et très attachant. Un petit moment de bonheur, savouré une tasse de thé à l'amande à la main !

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252 p

Agatha Christie, Mon Petit doigt m'a dit, 1968


*****

mon petit doigt m'a dit.jpgEn revanche le film m'a beaucoup moins plu. J'avais vu ce film ou une autre adaptation de Christie dans la même veine et je n'avais déjà pas trop accroché : beaucoup trop français à mon goût. Ayant lu le roman il y a juste quelques semaines, j'ai malgré tout eu envie de voir l'adaptation diffusée à la télévision depuis. Je reste sur mon sentiment mitigé, même si j'ai regardé le fim avec plus d'intérêt alors que j'avais abandonné en cours de route à chaque tentative précédente. J'aime beaucoup Catherine Frot et la trouve délicieuse et très drôle comme d'habitude, de même qu'André Dussolier. En revanche j'ai trouvé que plusieurs rôles secondaires ou plus mineure sont mal servis par des acteurs au débit mécanique. La transposition du cadre en Suisse n'est pas un problème en soi, si ce n'est que ce qui m'a tant plu dans le roman, c'est cette ambiance si British, que je n'ai bien sûr pas retrouvée. Le scénario prend des libertés avec le récit et extrapole. C'est parfois amusant mais on ne s'étouffe pas non plus de rire... tandis que  l'histoire est un peu difficile à suivre si on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, les révélations se succédant brutalement à la fin alors que certains personnages ou passages n'ont été qu'ébauchés précédemment. Bref, un film sympathique mais pour ma part, une petite déception.

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Mon petit doigt m'a dit, un film de Pascal Thomas, 2004

Une chronique rédigée dans le cadre du mois anglais, organisé par CryssildaTitine et moi et du challenge God save the livre d'Antoni.

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Je suis partie quelques jours mais je profite de ce billet pour vous souhaiter un joyeux Noël et de joyeuses fêtes, avec un petit clin d'oeil à mon sapin de cette année !

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06/11/2008

Plouf ! Dans la Tamise…

jackson_secrets de londres.jpgDans la guerre qui se livre entre lecteurs victoriens acharnés, il y a les pro « Lee Jackson » et les pro « Anne Perry ». Sans être une anti du camp adverse, ma préférence va nettement à Lee Jackson.

Avant de poursuivre (je me sens en effet d’humeur à faire des digressions – sans doute l’influence du narrateur de The Moonstone de Wilkie Collins, que j’ai commencé à lire), Lee Jackson tient un blog et un site que je vous recommande vivement, maintenant que j’ai découvert avec joie et enthousiasme l’existence d’une organisation souterraine de Victoriens convaincus prêts à se lancer dans les défis les plus fous pour Noël.

Victorian London est un excellent site repéré il y a longtemps et classé parmi mes favoris. Depuis j’ai lu Lee Jackson, découvert son blog, échangé avec lui avant de le rencontrer, et ce n’est qu’après lecture que j’ai fait le rapprochement avec le site, une mine précieuse d’informations sur l’époque victorienne. Dès la page d’accueil, vous trouverez un lexique vous renvoyant à des thématiques très variées (l’enfance, la mort, le crime, la maladie, la mode, l’hygiène, les loisirs, le sexe, etc.). Highly recommended for Victorian lovers !

The Cat’s Meat Shop, son blog, plus personnel et essentiellement lié à son travail d’écrivain. Voilà également un contenu très intéressant sur la période, qui permet de mettre en avant des auteurs victoriens ou des spécialistes de l’époque inconnus en France (hors milieu universitaire j’imagine).

Revenons à nos moutons ou, en l’occurrence, à nos ruelles lugubres peuplées de criminels. Pour commencer, Les Secrets de Londres (London Dust) ne fait pas partie de la série de l’inspecteur Decimus Webb, dont trois tomes sont déjà parus chez 10/18. Ici, pas d’inspecteur transparent suivant l’investigation sans profondément marquer son lecteur. L’enquête se mène de plusieurs fronts et alterne les 1ère et 3e personnes, croisant la narratrice Nathalie, suspectée du meurtre d’une amie actrice, et toute une série d’individus plus ou moins respectables.

Allons maintenant droit au but, amis victoriens. Pourquoi lire ce livre – hormis bien sûr le fait que l’histoire se déroule à Londres au XIXe, ce qui est en soi une raison suffisante bien entendu ?

-Parce qu’il a réussi à me mener en bateau pendant assez longtemps même si, depuis le temps que je lis des polars historiques, je devrais savoir que chaque détail compte et n’est jamais glissé innocemment. On voit venir la suite, on se pose des questions, on n’est pas loin de la vérité, la fin semble d’une logique implacable et on s’en veut de ne pas l’avoir formulée à voix haute avant… mais on s’amuse à se perdre dans les tours et détours de l’enquête, et c’est ça qui est important.

-Parce que la galerie de personnages est très variée, aussi bien sur le plan social qu’au niveau des traits de caractère des uns et des autres. Les contours sont peut-être un peu trop nets, comme dans beaucoup de polars, mais cette variété alimente fabuleusement le récit. Celui-ci alterne rapidement les personnages au point de perdre un peu le lecteur au début (« mmh… Zébulon… qui était-ce ? Ah oui, sans doute le barman… Ah non, c’est vrai, c’était le livreur de pizzas… Euh… ah non, ça c’était un autre livre »). Mais rassurez-vous, point n’est besoin de trop s’égarer, et Lee Jackson s’en doute bien.

-Parce que vous adorerez le petit côté sulfureux, entre la chanteuse aux revenus suspects et le libraire proposant subrepticement quelques images coquines à de jeunes âmes innocentes.

-Parce que vous lisez ce roman au coin du radiateur ou dans le métro bondé et que l’histoire est là pour vous rafraîchir avec sa brume et sa Tamise glacée. Ou peut-être parce que les pubs sentant la graille vous font déguster avec un plaisir renouvelé votre exquis muffin tout juste sorti du four (bien entendu en prévision de la fournée de Noël).

Alors, encore des hésitations ?

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283 p

Lee Jackson, Les Secrets de Londres, 2003

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20/05/2007

Commerces funèbres

jackson_les-bienfaits-de-la-mort-lee-jackson.jpgL’histoire : les enquêtes se multiplient pour Decimus Webb. Deux prostituées sauvagement assassinées dans un bordel, vraisemblablement par un fanatique laissant derrière lui des extraits du livre de Job. Un cadavre déterré, celui d’un homme impliqué dans un scandale, accusé d’avoir entassé à moindres frais les corps de personnes lui ayant été confiées pour un enterrement décent. Les pas de Webb le conduisent chez Mr. Woodrow, commerçant spécialisé dans les accessoires et vêtements de deuil. Tous les soupçons semblent à un moment converger vers lui. Mais beaucoup de questions restent pourtant sans réponse… Ajoutez à cela une jeune somnambule, une Américaine à Londres et un croque-mort et vous aurez le dernier livre de Lee Jackson !

Verdict : nouveau coup de cœur pour la série Decimus Webb ! Après une lecture boulimique du premier tome de cette série 10/18,  j’ai sans surprise dévoré Les Bienfaits de la Mort (malgré le titre assez bancal, je vous l’accorde). Une fois de plus, Lee Jackson signe un polar passionnant, dans un cadre victorien très crédible. Les personnages bien campés sont presque tous aussi importants les uns que les autres, ce qui permet à Jackson de donner un rythme plus soutenu à l’action. Pas de caricature, pas d’attitudes empesées ni de redondances excessives par rapport au premier tome – ce que je reproche souvent à Anne Perry qui se croit obligée de résumer avec monotonie la rencontre des Pitt et de brosser un portrait social de leurs familles à chaque tome. Si la bonne société tout comme les bas fonds londoniens sont représentés, l’histoire paraît relativement crédible et les transitions entre les différents milieux ne se font pas brutalement, au moyen de portraits brossés à la va-vite par une plume un peu niaise.

Bref, on comprendra que si j’aime à l’occasion retrouver Anne Perry, je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison entre ses livres et ceux de Lee Jackson et qu’à mes yeux, les romans de Jackson sont plus réussis. Là aussi, l’intrigue est bien menée et l’énigme intelligemment résolue. Une différence avec Anne Perry toutefois : il est souvent difficile de démasquer l’assassin chez cet auteur qui cache souvent des informations à son lecteur. Jackson fait un pari plus risqué en lui laissant plus d’indices et, à vrai dire, si je n’avais pas imaginé le scénario final, j’étais moins loin de la réalité que je ne le suis quand je lis Anne Perry. Deux techniques narratives différentes, donc, toutes deux très légitimes. La Palme d’Or catégorie Polar revenant toutefois à Jackson pour son style sentant moins la vieille demoiselle.

A quand le prochain tome ? J’en redemande !

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347 p

Lee Jackson, Les Bienfaits de la Mort, 2005

Lee Jackson's blog

13/04/2007

Mystères Londoniens

jackson_cadavre du metropolitain.jpgQuelle belle surprise que cette nouvelle série policière chez 10/18 – qui, pour le bonheur des lecteurs les plus gourmands, débute avec la publication simultanée de deux tomes ! Je me suis bien sûr jetée avec avidité sur ces romans, convaincue par trois arguments de choix : 1) c’est un 10/18, pas forcément toujours bien traduit, mais j’aime beaucoup leurs sélections et leurs formats (sans parler des couvertures !) ; 2) c’est un polar, et depuis mes dernières lectures un peu décevantes, j’avais envie de me délecter de meurtres plus habilement maquillés ; 3) et surtout (petit soupir), il s’agit d’un polar victorien ! L’affaire était donc faite, je ne pouvais décemment plus reculer et c’est donc d’un pas décidé que je me suis dirigée vers le rayon policier de mon libraire (admirez le courage de votre fidèle chroniqueuse qui, magnanime bien qu’à peine remise d’une brutale déception, donne une nouvelle chance au genre policier !).

Avec Le Cadavre du Métropolitain, Lee Jackson signe un roman assez éloigné des aventures de Charlotte et Thomas Pitt de la très victorienne Anne Perry. Moins de discussions mondaines, un inspecteur qui n’a pas le rôle principal, bref, quelques différences qui ne manqueront pas de séduire les amateurs de polars victoriens en leur apportant un peu de nouveauté.

L’histoire : 1864. Une jeune femme, visiblement une prostituée, est retrouvée morte dans le métro, sur la première ligne mise en service à Londres. Son compagnon de voyage s’enfuit lorsque le cadavre est découvert par un employé du métro près de Baker Street. Et voilà la police de Londres et l’inspecteur Decimus Webb sur les traces du meurtrier. Leurs pas les conduiront dans un foyer pour femmes repenties et dans différents quartiers, d’une maison aisée aux ruelles tortueuses et insalubres des quartiers pauvres.

C’est avec délectation que j’ai parcouru à une vitesse surprenante les quelques chapitres de ce roman, lu d’une traite et terminé en pleine nuit. L’histoire est captivante et le récit habilement mené. L’écriture est agréable et rend le texte fluide. Difficile de faire la différence entre personnages principaux et secondaires, car chaque protagoniste joue un rôle clef dans l’histoire et est doté d’une personnalité propre qui contribue pour beaucoup à l’intérêt du roman. Les quelques descriptions du Londres victorien sont précises et pleines de vie, sans sentimentalisme ou ton moralisateur.

Déjà trois autres romans ont été publiés en Angleterre, autant dire que les lecteurs de 10/18 n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite des aventures de Decimus Webb. Je prévois de mon côté de me plonger dans le deuxième tome très rapidement !
 
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286 p 

Lee Jackson, Le Cadavre du Metropolitain, 2004