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20/10/2015

Hubert Ben Kemoun, Halloween, pire qu'Halloween!

ben_kemoun_halloween pire qu halloween.jpgUne nouvelle curiosité découverte en farfouillant dans les rayons de la médiathèque. Halloween, pire qu'Halloween ! Comment ça, Halloween pourrait être encore pire ? Mais que cherche-t-on à nous faire croire ?

L'histoire : Alexandre et Gaspard se sont déguisés cette année en affreux monstres dégoulinants pour partir en quête de bonbons. Jusque-là, classique, me direz-vous. Jusqu'au moment où les enfants décident de faire un grand détour pour aller menacer selon la tradition le marchand de bonbons. Pas bête ! Mais alors qu'ils montent jusqu'à son appartement, les enfants se rendent compte qu'ils sont en route pour le 6e étage... d'un immeuble qui n'en compte que cinq ! C'est alors que les ennuis commencent, lorsque les garçons atterrissent dans une fête très, très privée. Sauront-ils être crédibles en monstres parmi leurs « pairs »?

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Un texte léger mais amusant, qui ne se veut pas effrayant mais plutôt humoristique, en dépit de son assortiment de monstres faits pour tous les goûts. Si vous voulez voir Dracula draguer une immonde vieille sorcière en lui faisant miroiter ses caveaux, c'est par ici ! Presque mignon et servi par des illustrations très réussies. Un livre qui devrait plaire à vos petits monstres...

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Hubert Ben Kemoun, Halloween, pire qu'Halloween !, 2003

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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10/02/2014

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight

challenge british mysteries,challenge i love london,challenge myself,christopher edge,penelope tredwell,montgomery flinch,époque victorienne,londres,londres xixe,angleterre,angleterre victorienne,roman jeunesse,bedlam,penny dreadfulLorsque je lis des mots tels qu'Angleterre, victorien, Londres, Bedlam ou encore mystère, un déclic doit se produire inconsciemment dans mon petit monde de lectrice et j'éprouve de suite une envie irrépressible de me procurer sur-le-champ le livre incriminé. Alors lorsque plusieurs lectrices ont présenté Twelve Minutes to Midnight (Douze minutes avant Minuit en VF) de Christopher Edge, je n'ai pas su résister !

Roman jeunesse néo-victorien, Twelve Minutes to Midnight met en scène la jeune Penelope Tredwell. Orpheline, elle a pris la succession de son père à la tête d'un magazine, The Penny Dreadful. Depuis qu'elle en est devenue l'éditrice et rédige sous le nom de plume de Montgomery Flinch des histoires à sensations, le magazine connaît un succès sans précédent. Lorsque débute le récit, Penelope a engagé un acteur pour incarner Flinch et assurer la promotion de chaque nouvelle histoire publiée dans le Penny Dreadful. Ensemble, ils vont être amenés à se rendre à Bedlam : une lettre a été adressée à Flinch afin de résoudre une curieuse affaire. En effet, chaque nuit, à minuit moins douze, les patients de l'asile se lèvent brutalement et se mettent à écrire frénétiquement (sur du papier ou à défaut, tout ce qui est à portée de main), laissant d'étranges messages a priori sans aucun sens.

Twelve to Midnight est un agréable roman jeunesse qui se laisse lire tout seul (bon il m'a fallu un peu de temps mais c'est dû à l'exigeante Baby Lou, moi je n'y suis pour rien). Il faut tout de même accepter de grosses ficelles et un postulat peu crédible à la base. Une adolescente victorienne de treize ans éditrice d'un magazine ? auteur de best-sellers ? qui sait quoi faire quels que soient la situation ou les dangers (capable par exemple d'extraire du venin d'une araignée comme si elle faisait ça tous les jours) ? D'accord, on n'y croit pas un seul instant. Mais il faut bien avouer que lorsqu'on lit un roman traitant des patients "ensorcelés" du célèbre asile londonien, on peut bien accepter quelques petites invraisemblances ! Alors je me suis plongée une fois de plus dans une Londres victorienne pleine de mystères pour côtoyer les patients de Bedlam mais aussi une troublante femme-araignée vivant dans les beaux quartiers. Voilà un roman plein de rebondissements, de facture assez classique certes, mais cela ne nous empêche pas de passer un très bon moment ! J'ai hâte de lire le second tome !

Elles m'ont donné envie de le lire : BiancaCoccinelle, GeorgeSharon et je viens de tomber sur l'avis d'un blog anglo-saxon, The overflowing Library.

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / Myself de Romanza - lire en VO / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

254 p

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight, 2012

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12/10/2011

Brume et fantômes en Espagne

el-principe-de-la-niebla1.jpgConnu en France pour L'Ombre du Vent et Le Jeu de l'Ange, Zafón a publié en Espagne quatre romans jeunesse dont Marina, qui vient de sortir en France. Nul doute que la trilogie commençant par El príncipe de la niebla sera bientôt traduite.

Point de Barcelone cette fois-ci. Alors que la guerre assombrit le ciel européen, Max et sa famille quittent la ville pour pour un petit village de la côte atlantique. Alors que les Carver viennent d'arriver, un premier phénomène étrange attire l'attention de Max : l'horloge de la gare semble indiquer l'heure à rebours.

La famille emménage près de la plage, dans une maison abandonnée qui a été le théâtre de bien tristes événements : elle a en effet été bâtie par un médecin, dont le fils est mort noyé.

Observateur attentif et curieux, Max sait qu'il se passe quelque chose d'inhabituel : le chat de sa soeur semble l'espionner et semblera être aussi à l'origine de la chute de la fillette dans les escaliers ; depuis sa fenêtre, Max voit un jardin embrumé où il découvre de morbides statues représentant des personnages de cirque et qui semblent bouger ; enfin il découvre qu'une épave gît non loin de là. La mort rôde ainsi autour du village.

Ce récit fantastique se lit avec beaucoup de plaisir. Zafón crée un cadre intéressant et original, même si, bien que l'histoire reste plaisante, on pourra toujours lui reprocher un développement assez simple et une fin plutôt classique. C'est pour moi un bon roman jeunesse : un récit au décor fascinant, qui tient le lecteur en haleine et lui offre un vrai plaisir de lecture.

Si vous aussi craignez les affreux clowns, les maquillages de cirque, les bâteaux fantômes et les chats maléfiques, El príncipe de la niebla est certainement fait pour vous ! C'est aussi une option tout à fait honorable pour ceux qui aiment séjourner dans les maisons hantées... une certaine scène où la porte de l'armoire s'ouvre toute seule ne serait pas pour vous déplaire !

Le site de l'auteur

D'autres avis : Ciberanika (plusieurs avis), Miguel Lorca (petit blog consacré au roman), Reginairae (présentation du livre et divers avis)

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230 p

Carlos Ruiz Zafón, El príncipe de la niebla, 1993

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26/08/2011

Dans ma bibliothèque idéale

webster papa longues jambes.gifAmis lecteurs,

Vous arrive-t-il de repenser aux livres qui ont bercé votre enfance ? De songer à refaire un bout de chemin en compagnie de Tom, Josephine, Laura et autre amis secrets avec qui vous partagiez des aventures dont seuls eux et vous avez connaissance ?

Récemment, j'ai repensé à un de mes romans préférés de petite fille, Papa-Longues-Jambes. J'ai dû le lire entre huit et onze ans. Il figurait dans mon coffre à trésors lorsque je passais des vacances à Paris, je l'avais même dans deux éditions différentes et j'ai dû le lire environ une fois par an à cette époque (je l'aimais autant que les Quatre Filles du Docteur March, et ce n'est pas peu dire !).

Je me  souviens aussi d'un dessin-animé tiré de ce livre et diffusé au début des années 1990. Je revois l'ombre démesurée de Papa Longues Jambes, mais serais bien en peine d'en dire plus, si ce n'est que je raffolais de cette adaptation !

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Toujours est-il que lorsque mes projets de sortie un week-end ont été anéantis par une averse, j'ai commencé à lire quelques pages de ce roman. Pour être sincère, amis lecteurs, j'osais à peine le lire car je craignais une déception : et si ce merveilleux souvenir d'enfance n'était rien d'autre qu'une bluette, un roman plein de bons sentiments et ennuyeux à mourir ?

webster-Papa longues-jambes.jpgCar l'histoire pourrait a priori faire pleurer dans les chaumières : Judie, orpheline, travaille sans relâche au foyer John Grier à faire les lits de petits orphelins, les moucher, repriser leurs affaires, sans la moindre perspective d'avenir bien entendu. Alors qu'elle devient trop âgée pour rester à l'orphelinat, un mystérieux bienfaiteur décide de l'envoyer à l'université, séduit par une de ses compositions en anglais, un texte irrespectueux sur les membres bienfaiteurs du foyer. Une seule condition : lui envoyer une lettre une fois par mois. Se faisant appeler John Smith, son mystérieux sauveur ne s'engage en revanche à répondre à aucune de ses missives. S'ensuivent quatre années de correspondance à sens unique, jusqu'à l'obtention du diplôme.

Pour mon plus grand bonheur, j'ai de nouveau dévoré ce roman épistolaire plein de fraîcheur. Judie est une jeune femme attachante qui ne manque pas d'humour : qu'il s'agisse de ses péripéties ou de son amour pour la littérature, qu'elle découvre alors, Judie sait communiquer son enthousiasme au lecteur. Au point que j'avais presque l'impression de partager son appartement avec les autres pensionnaires ! Judie est aussi une femme éclairée, engagée, qui aimerait faire une bonne citoyenne dans un pays où, comme elle le déplore, les femmes ne peuvent pas encore voter. Elle me rappelle un peu Josephine March par son impertinence : dans ses lettres, elle se montre irréverencieuse à l'égard des membres du foyer, et parfois impertinente à l'égard de ce Papa Longues Jambes si silencieux !

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A noter sa passion pour Stevenson, qu'elle dévore et qui correspond à un nouvel engouement chez moi qui viens de lire cinq textes de lui en peu de temps !

Bref, vous l'aurez compris, cette douce lecture est une délicieuse friandise aux arômes délicats et assez riches pour séduire la lectrice formidablement vieillie que je suis (vingt ans séparent cette nouvelle lecture de ma découverte de Webster). Pour mon plus grand bonheur, j'ai découvert que ce livre avait une suite et d'autres frères et soeurs... voilà de belles heures en perspective pour moi !

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Jean_Webster.jpgL'auteur est née en 1876 aux Etats-Unis. Elle s'est mariée à l'âge de 39 ans et est décédée un an plus tard, après la naissance de sa fille. Webster était la nièce de Mark Twain.

Un très joli billet en anglais. Et l'avis enthousiaste de Bloxode.

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215 p

Jean Webster, Papa-Longues-Jambes, 1912

06/07/2009

My bloody Valentine

curtis klause_solitude 02.gifSuite aux conseils de Laëtitia La Liseuse, j'ai découvert récemment La solitude du buveur de sang d'Annette Curtis Klause. Dans la collection Frissons de Pocket Junior qui a marqué mon année de CM2 et mon entrée en 6e (souvenirs souvenirs), ce roman est celui de Zoé, une adolescente qui rencontre un vampire alors que sa vie semble sur le point de s'écrouler. Entre l'agonie de sa mère à l'hôpital et le déménagement de sa meilleure amie, Zoé est une adolescente en souffrance. Lorsqu'un soir elle voit un étrange garçon dans son parc favori, elle est loin de se douter qu'il s'agit d'un adolescent changé en vampire en Angleterre au XVIIe. A la même époque, une vague d'assassinats sauvages perturbe la tranquillité de la petite ville où vit l'héroïne : des jeunes femmes sont retrouvées la gorge tranchée dans des passages obscurs. Zoé emprunte un soir une ruelle dans laquelle on a retrouvé peu de temps avant le cadavre d'une femme égorgée. Elle y découvre Simon, le vampire, des plumes dans les mains et le visage barbouillé de sang.

Je garde un excellent souvenir de cette collection, qui proposait une large gamme de textes et des histoires très bien menées. Ce titre ne fait pas exception à la règle, même si j'ai été surprise de repérer plusieurs fautes d'orthographe, ce qui me gêne particulièrement dans une édition qui vise un jeune public. Et, si quelques conversations entre Zoé et sa meilleure amie sont peut-être un peu artificielles, j'ai trouvé ce roman plein de qualités. Je l'aurais adoré 15 ans plus tôt. Et, du haut de mes 20 et quelques années, même si j'ai ressenti un certain décalage, j'ai dévoré ce livre, passant un excellent moment en compagnie de Zoé et de Simon.

Ce texte s'appuie finalement beaucoup sur une vision classique du vampire. La transformation se fait par l'échange de sang (c'est le cas curtis klause_solitude buveur 01.jpgdans Anne Rice, en revanche si on repense à LA référence Dracula, toute victime de vampire devient vampire à son tour après sa mort), les croix éblouissent les vampires que l'on peut parfaitement tuer en les transperçant de pieux, ces mêmes vampires qui vivent la nuit, portent avec eux un peu de leur terre natale et brûlent au contact du soleil.

Si j'ai apprécié l'héroïne et suivi avec intérêt ses passages à l'hôpital, les échanges avec sa meilleure amie et autres éléments récurrents de son quotidien, c'est surtout la partie consacrée au vampire qui m'a intéressée. Bien que bref, le récit de la transformation dans l'Angleterre de Cromwell et de Charles II a fait mon bonheur. J'ai trouvé les vampires de ce roman très crédibles, y compris dans leurs échanges avec les mortels et leur intégration dans la société d'une petite ville américaine dans les années 1980-1990.

Et comme je vous aime bien, amis lecteurs, je vous parlerai très certainement bientôt de deux autres romans « jeunesse »* sur le même thème (tant qu'à faire je les lis dans la foulée pour pouvoir comparer). Normal, après la redécouverte de Je m'appelle Dracula, un grand bonheur de lecture à une époque où je portais encore des couettes et gardais dans ma chambre des cassettes de Dorothée, et un plaisir vraiment renouvelé cette année ! Si c'est pas formidouble, ça...

* A ce sujet, je vous invite à lire le très joli billet de Malice qui revient sur la notion maladroite de « littérature jeunesse ».

Et pour le fun, ce montage qui permet à Buffy de tuer Edward et de mettre fin au pire maquillage de l'histoire du cinéma (depuis le film sur Michael Jackson avec un acteur noir maquillé uniquement au visage et ayant en plus l'air gris !).


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214 p

Annette Curtis Klause, La solitude du buveur de sang, 1990

17/06/2009

Princesses, fées et licornes

goudge_Secret de Moonacre.01jpg.jpgAyant repéré récemment l’affiche du film Le Secret de Moonacre, j’ai décidé de découvrir Elizabeth Goudge avec ce roman (The little white horse en VO) avant de me diriger d’un pas décidé vers les salles de cinéma.

What’s going on ? : Epoque victorienne. Maria Merryweather se rend chez un oncle inconnu après le décès de ses parents. Accompagnée de sa gouvernante Miss Heliotrope (sujette aux indigestions et grande consommatrice de bonbons à la menthe), la jeune fille découvre un monde enchanteur, peuplé de personnes exubérantes et d’animaux franchement étranges (dont un chat géant, un chien qui ressemble à tout sauf à un chien et une licorne). Si la joie de vivre semble régner sur le domaine et au sein du village tout proche, une vieille malédiction fait peser sur les habitants une menace bien réelle, avec les terribles Hommes de la Forêt des ombres qui monopolisent l’accès à la baie et pillent leurs voisins. Je suis certaine que vous ne serez pas surpris de savoir que selon la légende, seule une princesse de la Lune pourra réconcilier les Merryweather et les hommes de la Forêt et que celle qui parviendra à rétablir la paix dans la vallée n’est autre que Maria, notre héroïne (accompagnée de quelques adjuvants, dont un charmant jeune garçon – bizarre bizarre !).

Le Secret de Moonacre (apparemment rebaptisé ainsi pour la sortie du film) est un roman jeunessegoudge_Secret de Moonacre.02.jpg charmant qui m’a fait agréablement rêvasser pendant quelques heures. L’époque, les lieux (le manoir, la propriété et les collines alentours sont tous entourés de mystère et de magie) ainsi que les personnages aux rôles très définis (pour ne pas dire stéréotypés) font de cette histoire une aventure très mignonne qui rappelle d’ailleurs quelques classiques pour enfants. Notamment Peter Pan et Robin des Bois via l’un des personnages ainsi qu’Alice au pays des Merveilles (avec la chute dans un trou qui n’est pas sans évoquer un certain terrier), sans oublier une fuite qui fait penser à celle de Blanche-Neige dans la forêt. Bref, nous voilà plongés dans une sorte de conte de fées un tantinet modernisé, avec une galerie de personnages sympathique et une ambiance ma foi fort « doudouesque ».

goudge_Secret de Moonacre.03.jpgCe livre vaut très certainement beaucoup de romans d'aventures contemporains et devrait plaire à tous ceux qui aiment l’univers victorien des histoires à la Burnett et à la James Matthew Barrie, même s’il ne renouvelle pas franchement le genre. J’ai évidemment savouré les influences très marquées et passé un bon moment, mais je regrette des défauts tout de même évidents : l’absence quasi-totale de surprise, aussi bien dans le déroulement passées les 100 premières pages que lors de la fin (je pensais que l’orpheline atterrirait chez un oncle déplaisant mais c’est bien le seul point sur lequel je me suis trompée) ; une certaine lenteur dans le récit, notamment due à la répétition de quelques journées plus ou moins semblables ; enfin, une tendance insupportable à la profusion de bonnes intentions, avec quelques moments terribles de « bisounours'itude ». Exemple: « Je suis née dans les Cornouailles, où la mer tonne contre les falaises rocheuses et où les géraniums sont les plus beaux de la terre » (p231). Mais surtout vers la fin : «  Se disputer ne servira à rien, dit-elle. Si vous pardonnez à Sir Wrolf d’avoir voulu prendre la terre de William Le Noir, Sir Benjamin vous pardonnera de vous être livré au vol et au braconnage. Et si vous promettez de ne plus être méchant, nous deviendrons amis pour toujours… » (p271). Joli programme.

Le Secret de Moonacre n’est donc pas un exemple impérissable de littérature jeunesse réussie, mais c’est tout de même un roman féerique qui se défend (pour les plus grands) et se dévore (pour les plus petits). Amateurs de romans pour enfants/ados, parents de petits lecteurs et amoureux d’ambiances victoriennes, ce livre devrait vous plaire !

Quelques extraits :

goudge_Secret de Moonacre.04.jpgA la Alice : "L'escalier aboutissait à une porte si minuscule qu'aucun adulte de taille normale ne pouvait la franchir. Mais pour une jeune fille de treize ans, elle était parfaite. Maria l'examina le coeur battant. Bien que petite, étroite, basse et manifestement vieille de plusieurs centaines d'années, elle semblait avoir été spécialement faite pour elle. En effet, si Maria avait eu la possibilité de choisir sa porte, c'est assurément celle-ci qu'elle aurait prise. (...) En chêne vert, ornée de clous argentés, elle avait en guise de heurtoir un délicat fer à cheval, si poli qu'il jetait des éclats. A sa vue, Maria repensa immédiatement à l'adorable petit cheval blanc qu'elle avait cru apercevoir dans le parc et qu'elle avait voulu montrer à Miss Heliotrope." (p33)

A la Peter Pan : "Mais Robin avait disparu de sa vie deux ans auparavant ; dès qu'elle avait commencé à coiffer ses cheveux en chignon et à adopter des allures de dame, il avait cessé de venir." (p50)

"La baie de Merryweather avait la forme d'un croissant de lune. De magnifiques falaises, trouéesgoudge_Secret de Moonacre.05.jpg de grottes, enserraient une petite plage de galets multicolores, bordée par une bande de sable blond, où des rochers retenaient des flaques peuplées d'anémones aux couleurs éclatantes, de coquillages et d'algues qui s'étiraient comme des rubans de satin. Au loin, la mer était d'un bleu profond, parsemée de crêtes blanches qui ressemblaient à des chevaux au galop, des centaines de chevaux blancs s'élançant vers l'horizon dans un déferlement de lumière." (p280)

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334 p

Elizabeth Goudge, Le Secret de Moonacre, 1946