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22/10/2011

Once bitten, twice damned

king-salem's lot.jpgAdolescente, j'ai découvert avec horreur et délectation la littérature d'épouvante. Avec Hilde et une autre amie, nous lisions avec avidité les romans de Stephen King ou d'Anne Rice, plus ou moins en même temps, inventions des personnages inspirés de ces récits et savourions ensemble ces lectures d'un genre nouveau. J'ai assez rapidement cessé de lire Stephen King et l'ai abandonné pendant des années... à vrai dire je ne l'avais jamais relu depuis le lycée. Je ne suis pas attirée par ses derniers livres, en revanche depuis quelques années j'envisage de lire ou relire ses "classiques", qui me paraissent plus sérieux, moins commerciaux.

J'ai donc choisi pour cette lecture commune Salem's Lot, qui traîne depuis un certain temps dans ma bibliothèque. Ce roman me tentait dans la mesure où il traitait du mythe du vampire, qui m'intéresse beaucoup... et curieusement, je n'arrivais jamais à me mettre à le lire : il me tombait des mains au bout de quelques pages et j'étais persuadée (je ne sais pas pourquoi) que le vampire n'était évoqué que de façon métaphorique. Je me suis donc fait violence, car l'introduction me déplaît toujours autant. Un homme et un petit garçon se sont réfugiés dans un coin perdu... une ombre plane sur leurs vies, car ils ont vécu ou connaissent quelque chose de terrible, mamma mia !... et l'on revient sur ce qui leur est arrivé. Et là, le récit devient très intéressant. Cette introduction est vraiment courte, pourtant elle a bien failli me faire déclarer forfait : j'ai lu trente pages avant de partir en Grèce, ai abandonné King pour Virginia Woolf et c'est uniquement parce que j'anticipais mon retour à Paris et le manque de temps que j'ai repris ma lecture pendant mes derniers jours libres. C'est donc sur une plage catalane que je me suis plongée dans les premiers chapitres d'un roman que je qualifierais finalement de très intéressant.

Salem's Lot (Jerusalem's Lot à l'origine) est une paisible petite ville américaine sans intérêt, où il ne se passe jamais rien. L'une des premières scènes marque la rencontre entre Ben Mears, écrivain de retour dans cette ville après de nombreuses années (et une tragédie personnelle), et Susan Norton, jeune femme un brin artiste désabusée par la vie à Salem's Lot.

Au début du roman, le lecteur apprend l'existence de Marsten House : située un peu hauteur, cette maison qui domine la ville est abandonnée depuis des années, depuis que son propriétaire s'est pendu après avoir abattu sa femme. Ben se souvient d'être entré dans la maison par défi lorsqu'il était enfant et pense avoir vu le cadavre grotesque de Hubbie Marsten le regarder, toujours suspendu à sa corde. C'est en partie pour exorciser ce mauvais souvenir que Mears est revenu écrire un roman inspiré de la maison en question. Bizarrement, alors qu'il envisageait de la louer, il apprend qu'elle vient d'être achetée par deux antiquaires souhaitant monter leur affaire à Salem.

Rapidement après l'arrivée de Mears, deux enfants se font attaquer dans la forêt alors qu'ils empruntaient à la nuit tombée un raccourci pour se rendre chez un camarade. Le plus petit a disparu tandis que le deuxième, choqué, décède peu de temps après.

Le roman emprunte ensuite les principaux codes du récit de vampire : un à un, puis de plus en plus rapidement, les victimes semblent souffrir d'anémie et décèdent, avant de se réveiller après le crépuscule. Ces vampires dépendent de leur maître, leur "père originel", dont je ne vous parlerai pas plus car il faut bien que vous découvriez vous-mêmes ce roman. Les armes sont on ne peut plus traditionnelles : aïl, croix, eau bénite, prières et bénédictions, "stake through the heart" et j'en passe !

Je ne voudrais pas dévoiler tous les ressorts d'un tel classique fantastique (au passage, c'est le deuxième roman publié par Stephen King après l'excellent Carrie). Le récit est dense, les personnages multiples et leurs histoires croisées tissent petit à petit une trame cohérente, assez classique. A vrai dire, le roman est assez long : on pourrait résumer très rapidement les principaux événements, mais il faut compter avec de nombreuses scènes intermédiaires qui permettent au lecteur de suivre le quotidien inintéressant puis de plus en plus étrange des habitants. Or c'est justement cela qui permet à King de mettre en place une atmosphère très particulière, assez lourde, dérangeante qui, lorsque la tension monte à son comble, finit par devenir assez effrayante. La première scène de vampire dans un cimetière est très angoissante d'ailleurs ! Salem's Lot est pour moi un roman réussi, très bien mené, qui tient le lecteur en haleine de bout en bout... ou presque, car les toutes dernières pages me paraissent à peu près aussi fascinantes que les premières. Si l'écriture n'est pas "esthétique", le style parvient à parfaitement retraduire l'état d'esprit des personnages et la menace qui plane sur eux (un style à mon avis parfaitement approprié au but que s'est fixé l'auteur, et en aucun cas maladroit). Un roman qui par ailleurs n'est pas inintéressant sur le plan sociologique, car King excelle lorsqu'il s'agit de décrire la classe moyenne américaine lambda.

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483 p

Stephen King, Salem's Lot, 1975

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12/10/2011

Brume et fantômes en Espagne

el-principe-de-la-niebla1.jpgConnu en France pour L'Ombre du Vent et Le Jeu de l'Ange, Zafón a publié en Espagne quatre romans jeunesse dont Marina, qui vient de sortir en France. Nul doute que la trilogie commençant par El príncipe de la niebla sera bientôt traduite.

Point de Barcelone cette fois-ci. Alors que la guerre assombrit le ciel européen, Max et sa famille quittent la ville pour pour un petit village de la côte atlantique. Alors que les Carver viennent d'arriver, un premier phénomène étrange attire l'attention de Max : l'horloge de la gare semble indiquer l'heure à rebours.

La famille emménage près de la plage, dans une maison abandonnée qui a été le théâtre de bien tristes événements : elle a en effet été bâtie par un médecin, dont le fils est mort noyé.

Observateur attentif et curieux, Max sait qu'il se passe quelque chose d'inhabituel : le chat de sa soeur semble l'espionner et semblera être aussi à l'origine de la chute de la fillette dans les escaliers ; depuis sa fenêtre, Max voit un jardin embrumé où il découvre de morbides statues représentant des personnages de cirque et qui semblent bouger ; enfin il découvre qu'une épave gît non loin de là. La mort rôde ainsi autour du village.

Ce récit fantastique se lit avec beaucoup de plaisir. Zafón crée un cadre intéressant et original, même si, bien que l'histoire reste plaisante, on pourra toujours lui reprocher un développement assez simple et une fin plutôt classique. C'est pour moi un bon roman jeunesse : un récit au décor fascinant, qui tient le lecteur en haleine et lui offre un vrai plaisir de lecture.

Si vous aussi craignez les affreux clowns, les maquillages de cirque, les bâteaux fantômes et les chats maléfiques, El príncipe de la niebla est certainement fait pour vous ! C'est aussi une option tout à fait honorable pour ceux qui aiment séjourner dans les maisons hantées... une certaine scène où la porte de l'armoire s'ouvre toute seule ne serait pas pour vous déplaire !

Le site de l'auteur

D'autres avis : Ciberanika (plusieurs avis), Miguel Lorca (petit blog consacré au roman), Reginairae (présentation du livre et divers avis)

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230 p

Carlos Ruiz Zafón, El príncipe de la niebla, 1993

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08/10/2011

Un aïeul bien encombrant

lovecraft-affaire-charles-dexter-ward.jpgSacré Lovecraft ! Une fois que l'on a lu deux ou trois de ses textes, c'est toujours en terrain connu que l'on a l'impression de revenir !

Petite fiche d'identité de L'Affaire Charles Dexter Ward de Lovecraft

Lieu : Providence, Nouvelle Angleterre

Epoque : Début du XXe

Quoi : Epris d'archéologie et d'histoires anciennes en tout genre, Ward se découvre une parenté avec Joseph Curwen, mort à Providence en 1771. Ward mène par curiosité une petite enquête, ayant eu vent de légendes peu rassurantes au sujet de son aïeul, . Cela l'amènera à faire de bien dangereuses rencontres avec l'au-delà et d'autres mondes qu'il ne fait pas bon fréquenter.

Cette novella mêle l'histoire de Ward à celle de Curwen, couvrant ainsi deux époques : le XVIIIe et un XXe siècle encore jeune.

J'apprécie énormément Lovecraft lorsqu'il me transporte dans les quartiers les plus anciens de Nouvelle-Angleterre, lorsqu'il fait revivre une Amérique ancienne, que je retrouve peu dans mes lectures. J'aime ces plongeons dans des lieux peu recommandables marqués par la sorcellerie et les rencontres avec l'au-delà ou autres puissances surnaturelles.

Malgré tout, quelques bémols : une histoire qui met quelques pages à se mettre en place, pour un récit assez court. Par ailleurs, le souci du détail propre à Lovecraft porte parfois à confusion : les formules curieuses et autres rites rencontrés régulièrement ont pour moi un caractère assez répétitif, si bien qu'au final je parviens rarement à y prêter vraiment attention.

Enfin j'avais compris le fin mot assez tôt - ce qui je crois, faisait partie de l'intention de l'auteur qui laisse beaucoup d'indices à notre portée, mais de ce fait, il me semble que les dernières pages n'apportent pas grand-chose, car elles ne font que confirmer ce à quoi l'on s'attendait.

Il y a un côté assez manichéen chez Lovecraft. L'aïeul n'est pas seulement en quête d'immortalité, il veut conquérir le monde tandis que son descendant veut quant à lui lutter contre les forces du mal lorsqu'il prend conscience de ce qui se prépare. Par ailleurs, ayant déjà lu des récits proches de ceux-ci, j'aurais davantage savouré une histoire de fantômes (car il est question d'une ferme maudite et d'une maison délabrée au passé sombre), non de sorcellerie et d'alchimie : ce récit m'a trop rappelé une autre lecture de Lovecraft faite l'été dernier. Cet écrivain crée des mondes assez tordus mes amis, il faut bien le dire, et n'étant pas franchement passionnée par les mondes parallèles, j'aurais aimé découvrir ici un texte un peu différent de ce à quoi il m'avait habituée. Malgré tout il s'agit d'un récit très agréable à lire. J'aurais tout de même tendance à recommander cependant L'Abomination de Dunwich, qui m'avait fait une plus forte impression (comme en atteste ce billet assez décousu, écrit quelques mois après ma lecture, lecture qui ne m'a pas laissé beaucoup de souvenirs... heureusement que j'avais pris quelques notes !).

D'autres avis : Pitiland...

Et ici un document word intéressant où vous trouverez le résumé des oeuvres de Lovecraft.

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126 p

H.P. Lovecraft, L'Affaire Charles Dexter Ward, 1941 (posthume)

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17/10/2010

I'm a lone wolf

egolf_kornwolf.gifAmis lecteurs, apprentis sorciers et massacreurs de citrouilles qui passez par là, sachez que malgré mes ambitions démoniaques et mon approche toute monstrueuse, je me suis comportée depuis le début du mois d'octobre comme une vraie petite fille modèle, me dévouant corps (pas trop quand même) et âme (déjà vendue) à la poursuite du challenge Halloween, avec une approche assez méthodique qui ne cesse de m'étonner.

J'en ai profité pour découvrir Kornwolf, Le Démon de Blue Ball de Tristan Egolf - et je me demande s'il ne s'agit d'ailleurs pas de mon tout premier livre sur le thème du loup-garou (comme c'est charmant si c'est le cas, et comme c'est navrant si à mon âge si peu avancé ma mémoire ressemble déjà à un gruyère industriel particulèrement aéré).

Pennsyltucky. De nombreux incidents se produisent au mois d'octobre dans cette région où pourtant d'habitude rien ne se passe selon Owen, jeune homme revenu dans le coin pour apprendre à boxer malgré tout le mal qu'il pense de sa ville natale. Les rumeurs circulent, des photos compromettantes apparaissent, les langues se délient et ce qui paraissait être un canular s'avère être un phénomène fantastique authentique, qui fait écho à l'apparition d'un autre loup-garou dans les années 70.

loup-garou.jpgImpossible de résumer en quelques lignes ce roman déjanté et franchement halluciné qui semble prendre un malin plaisir à mener ses lecteurs par le bout du nez. C'est un livre dense, une fable servant à dresser un portrait au vitriol de l'Amérique profonde où se noient des ploucs de bas étage, des flics corrompus, des communautés religieuses (Amish et mennonites) peu reluisantes, le tout sur fond de superstitions, d'armes à feu, d'alcool et de lubricité, dans une société où règne la loi du chacun pour soi, et où les personnages les plus intègres se trouvent dans un club de boxe des quartiers chauds dont le coach valeureux a un passé plus que douteux.

Au cours de cette épopée où de nombreux personnages se croisent et sillonnent la région dans un  crescendo apocalyptique, le mythe du loup-garou prête à la parodie : après une évocation de ses origines moyen-âgeuses, le narrateur nous entraîne dans une histoire familiale où les gènes et les conditions de vie se mêlent pour faire d'un homme frustré aux origines fantastiques une bête lubrique assoiffée de sang, dont la plupart des attaques sont motivées par la vengeance.

Un roman profondément américain qui joue avec les codes du roman fantastique pour mélanger un mythe de la vieille Europe à une vision pessimiste d'une Amérique moderne qui a perdu ses valeurs, à travers un loup-garou qui ressemble curieusement à Nixon.

Lu aussi par Dominique, Le Bibliomane (qui fait allusion à Stephen King et Lovecraft).

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488 p

Tristan Egolf, Kornwolf, Le démon de Blue Ball, 2006

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Pour participer, il suffit de publier au moins un billet en rapport avec Halloween (livre, film ou réalisation personnelle sur ce thème) le 31 octobre et le signaler sur mon blog à cet endroit, où chez Hilde. Plus de précisions en cliquant sur le logo.

Les participants au challenge (liste que nous actualiserons au fur et à mesure que vous publierez vos billets) :

Azilys a fait son baptême de l'air (en balai) avec Sorcière pour l'échafaud, avant de suivre le sorcier le plus adulé du moment (Harryyyyy !),

Très enthousiaste, Choupynette a été la première à se jeter à l'eau en faisant un petit séjour à Stockholm en compagnie de vampires louches avec le film Morse, avant de les suivre en Corée via le film Thirst (dont je n'ai retenu que le côté esthétique pour éviter les spoilers)

DeL a fait un petit saut dans les Carpathes avec L'Historienne (roman que j'avais d'ailleurs moi aussi dévoré avant de tenir ce blog)

Eidole a découvert un parc d'attraction pas comme les autres avec Zombillénium, avant de se retrouver dans une ville bientôt contaminée par le virus zombiesque avec 28 semaines plus tard,

Fleur de Cannelle s'intéresse à la criminologie en Corée avec le film Soul, avant de découvrir six histoires de zombies coréens dans Zombie next door,

Ma complice Hilde a refait un plongeon au collège avec la Solitude du Buveur de Sang (et un Simon qui n'a rien à envier à d'autres vampires prépubères), avant de succomber à l'humour noir et très tentant de Pierre Tombal,

Maggie part à la rencontre de Stoker, Irving et Scott (histoire de démarrer en beauté), avant de prendre une douche en compagnie d'un certain Alfred (attention scoop),

Pink Canary a passé un petit moment de détente avec Dead Sexy, avant de demander des bonbons avant l'heure avec Trick'r treat,

Soukee suit une formation à la Vampire Academy, et a rencontré les buveurs d'encre de Draculivre, avant de rencontre la "reine" du roman policier avec Le Crime d'Halloween,

The Bursar a vévu des moments cinématographiques intenses avec Dead Snow (film gore avec zombies nazis - c'est vraiment très effrayant là !), Le Bal des Vampires (pour rire aussi) et L'Abominable Dr Phibes,

Tristhenya a choisi de rencontrer quelques sympathiques zombies à travers un livre sur le film culte La Nuit des Morts vivants, avant de protéger Los Angeles contre un fléau en lisant Zombie Nation (elle est heureusement munie d'un guide de survie en territoire zombie), puis de revenir sur les traces d'un boucher avec Avis de Tempête,

Wax a été victime d'un bug car j'avais déjà mis deux liens mercredi vers son blog, puisqu'elle a fait deux petits tours en Asie en compagnie de sympathiques zombies avec Zombie Next Door et rencontré le démon avec Soul,

 

Ils ont redécoré leur blog pour l'occasion :

DeL, Eidole, Hilde, Pink Canary,  Soukee, Tristhenya (en image ici, et  là aussi

Et une créa pour Halloween :

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