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24/01/2013

Dominic Cooper, Nuage de Cendre

cooper_nuage cendre.pngJe vais inaugurer une nouvelle catégorie aujourd'hui : « Ces livres dont j'aurais voulu vous parler » (on verra après pour le logo, le billet dans un premier temps). Mais qu'est-ce cette nouvelle manie bizarroïde ? Amis lecteurs, vous y trouverez tous les livres lus par votre gentille hôtesse il y a des mois, voire des années, aimés ou pas, en tout cas jamais chroniqués. J'espère ainsi attaquer la pile de chroniques en attente et enfin ranger les livres concernés qui y végètent depuis longtemps. Ce sera aussi l'occasion de parler de quelques romans adorés mais lus avant d'ouvrir ce blog (je pense notamment à quelques titres lus juste avant son ouverture, que je regrette maintenant de ne pas avoir chroniqués). Mais évidemment, je ne me souviens plus très bien d'un certain nombre de ces titres, ce qui promet des billets farfelus. 

Attaquons donc en beauté avec ma première lecture dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai eu la bonne idée de lire ce roman environ six mois avant les trois autres romans en lice pour le Prix, autant dire que j'ai oublié beaucoup d'aspects de ce texte dont j'avais à l'origine très envie de parler, coup de coeur oblige !

A l'inverse du roman de Louise Welsh, autre roman sélectionné par Cryssilda pour le Prix, Nuage de Cendre est assez loin de mes sujets de prédilection habituels. L'action se déroule en Islande, dans un milieu rural, or je ne suis pas particulièrement attirée par le grand nord et affectionne particulièrement les romans dans lesquels les villes occupent une place importante ; enfin, malgré la belle couleur de la couverture, ce nuage de cendre me rebutait plus qu'il ne me donnait envie d'ouvrir ce roman. Je suis bien d'accord, ce sont des préjugés sans intérêt, mais je dois avouer également que je n'ai jamais pu venir à bout de Vers l'Aube du même auteur et que c'était sans doute ce détail là qui m'inquiétait particulièrement. Heureusement le résumé de l'éditeur a rapidement éveillé ma curiosité.

Fin du XVIIIe. Des éruptions volcaniques provoquent des ravages et, dans un pays où la vie est déjà dure, les familles vivent dans la misère et sont frappées par la famine. Dans ce contexte, une affaire va faire scandale et nourrir la haine que se vouent deux représentants de l'autorité danoise. Une jolie orpheline, Sunnefa, est accusée d'entretenir des relations incestueuses avec son jeune frère Jon, dont elle est enceinte. Le récit se déroule sur plusieurs années, au cours desquelles le frère et la soeur vont être séparés (chacun sous la responsabilité de l'un des shérifs), en attente d'un jugement, risquant la peine de mort.

Le récit va dès lors croiser les points de vue. A partir d'un fait divers, Dominic Cooper essaie d'imaginer ce qui a pu motiver les protagonistes ainsi que la réaction des habitants. La rivalité entre les deux shérifs est évoquée au début de l'histoire et le déroulement de l'affaire sera l'occasion de comprendre ce qui, petit à petit, a pu nourrir la haine que se vouent les deux hommes et leurs familles.

J'ai pris un immense plaisir à lire ce roman qui, je peux déjà le dire, est celui pour lequel j'ai choisi de voter dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai tout aimé ! D'abord le sujet lui-même, dont Dominic Cooper parvient à retraduire le caractère tragique. J'ai suivi avec angoisse l'évolution de l'affaire à l'approche du jugement. La forme : un récit foisonnant, polyphonique, qui mêle les points de vue mais aussi les supports (lettres, témoignages...) et repose sur des personnages complexes, créant ainsi une véritable dynamique. La nature occupe également une place importante dans ce roman. La beauté glaciale des fjords est ici magnifiquement restituée et le cadre de nombreuses scènes est très bien rendu. L'écriture de Dominic Cooper m'a de même vraiment séduite. J'avais déjà été sensible à sa plume en lisant Vers l'Aube, mais le récit quasi inexistant avait eu raison de ma bonne volonté. Ici l'auteur nous livre un texte passionnant et très bien maîtrisé. Un très beau livre et même, un pur régal !

D'autres avis kiltissimes plus détaillés : Cryssilda, Titine, ...

Un grand merci aux éditions Métailié pour cette très belle découverte !

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236 p

Dominic Cooper, Nuage de Cendre, 1978

*****

Mon classement pour le prix Kiltissime :

1) Dominic Cooper, Nuage de Cendre

2) Peter May, L'Homme de Lewis

3) Louise Welsh, De Vieux Os

4) John Burnside, Scintillations

21/12/2012

Louise Welsh, De Vieux Os

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osVoilà enfin les vacances de Noël, mais avant de partir à la recherche de Santa Claus je m'acquitte de mes devoirs et termine enfin mes lectures dans le cadre du Prix Kiltissime, prix des blogueurs du meilleur roman écossais, organisé par la très gaélique Cryssilda.

 Je vous avais déjà parlé de Scintillations de John Burnside et de L'Homme de Lewis de Peter May. Poursuivons avec De Vieux os de Louise Welsh. Dans quelques jours je publierai mon billet sur Nuage de Cendre de Dominic Cooper et vous dirai enfin qui est mon heureux élu !

J'avais hâte de lire De Vieux os mais j'ai réservé cette lecture pour la fin, car je nourrissais de grands espoirs à son égard et anticipais un plaisir de lecture certain. Et pour cause : le héros, Murray Watson, docteur en lettres à l'Université de Glasgow (je vois déjà des yeux qui scintillent), vient de prendre une année sabbatique afin de se consacrer à des recherches sur un poète des années 70, Archie Lunan. Murray est fasciné par un recueil de Lunan depuis son adolescence et est bien décidé à écrire une biographie qui rendra enfin justice à ce jeune génie mort sur un rafiot en pleine tempête. Suicide ? Inconscience ? Le mystère plane autour de la disparition de cet énigmatique personnage, dont on ne connaît qu'un recueil et que la postérité a oublié.

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osMurray tâtonne d'abord : peu de documents intéressants dans les archives de la bibliothèque; Christie, qui vivait avec Lunan à l'époque de ses débauches puis de son décès, refuse d'être interviewée. Mais petit à petit, et grâce à de nombreux hasards tout de même, Murray parvient à retrouver des gens qui ont connu Lunan ou ses comparses. Plus l'enquête avance, plus la fascination presque malsaine que Murray éprouve pour Lunan grandit. Et, au-delà des recherches sur un jeune homme talentueux noyé dans l'alcool, menant une vie de hippie et s'intéressant aux sciences occultes, Murray s'interroge sur sa propre vie et sur le sens de sa démarche. Sur le plan littéraire, il finit par se demander s'il convient vraiment de connaître l'auteur pour comprendre l'oeuvre et plus son enquête avance, plus il songe à abandonner pour publier une analyse purement critique de Lunan. Sur le plan personnel, l'histoire sordide de Lunan et la solitude des personnes qu'il croise au cours de ses recherches mettent en évidence le vide de sa propre existence. Sa mère a disparu depuis bien longtemps, son père vient de mourir sénile, loin de sa maison et de ses deux fils ; Murray vient de se brouiller avec son frère Jack, sa maîtresse Rachel (la femme du chef du département) le quitte, il s'attend à perdre son emploi, une aventure d'une nuit refuse de donner suite, son appartement et son mode de vie chaotiques reflètent sa solitude... bref, ce récit sera aussi celui-ci de la vie de Murray : son travail aura-t-il un effet positif sur lui ?

C'est là un roman fort plaisant, une sorte de thriller littéraire dont le thème avait tout pour me plaire. J'ai évidemment apprécié les références à d'autres textes, toutes les réflexions sur la littérature, brûlé d'envie d'en savoir plus sur Lunan, espéré en secret un nouveau départ pour Murray. Malgré tout cette lecture a légèrement déçu mes attentes car, en raison du sujet, je m'attendais à un texte plus abouti, à une plume plus alerte. A titre de comparaison les descriptions des îles Hébrides faites par Peter May étaient plus spectaculaires – j'emploie ce mot délibérément car en lisant Peter May je voyais les éléments se déchaîner sur les côtes sauvages écossaises. Et paradoxalement, je n'ai pas été complètement emportée par le récit malgré toutes ses qualités (peut-être parce que tout s'imbrique finalement trop bien et que le hasard fait vraiment bien les choses ?).

Une phrase que je trouve peu élégante mais très drôle : Quelques moutons qui s'abritaient derrière s'effrayèrent à son approche et s'enfuirent avec une hâte irréfléchie, telles de grosses dames dévalent une colline sur des talons hauts. (p218)

Et sur Lunan : Je pensais qu'il était plus épris de l'idée d'être écrivain que du besoin de créer. (p94)

Quelques avis kiltissimes : Cryssilda, Melodie ; Choupynette s'est tellement ennuyée qu'elle n'a pas fait de billet, (membres du jury oubliés n'hésitez pas à me laisser vos liens)

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392 p

Louise Welsh, De Vieux Os, 2010

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07/12/2012

Peter May, L'Homme de Lewis

may_homme lewis_jpeg.jpgC'était LE roman de la sélection Kiltissime qui me faisait un peu peur car je lis très peu de polars depuis des années, hormis quelques romans dont l'action se situe au XIXe (ce qui là change ma perception des choses, bizarrement...).

Je ressors pourtant de L'Homme de Lewis de Peter May vraiment ravie de cette découverte (car il est certain que je n'aurais pas lu ce roman si je n'avais pas participé au prix).

Alors que le coût de l'énergie augmente, de nombreux habitants de l'île de Lewis retrouvent les habitudes de leurs ancêtres et utilisent désormais la tourbe pour se chauffer. Le roman s'ouvre avec la découverte d'un corps momifié dans la tourbe. Rapidement, un lien est établi entre le défunt et le vieux Tormod MacDonald, le père de l'ancienne petite amie de Fin Macleod, ex-détective de retour sur son île natale à la suite d'une tragédie familiale. Avant que n'arrive un inspecteur étranger aux îles, Fin commence à mener l'enquête afin de protéger les MacDonald et d'innocenter Tormod, suspect numéro 1. En parallèle de l'enquête, alors qu'il est atteint de sénilité, Tormod se souvient de son enfance et de son adolescence malheureuse : orphelin, il a été envoyé avec son frère Peter dans les îles Hébrides en tant que « homer », au service d'une famille locale.

peter may,écosse,roman écossais,l'homme de lewis,prix kiltissimeJe ne sais pas encore si je me laisserai tenter par les autres romans de Peter May et notamment, par le premier opus de cette trilogie, car j'ai surtout apprécié la dimension historique avec le destin de ces orphelins devenus des homers et bien plus que l'intrigue policière en elle-même, c'est le récit de la vie de Tormod qui m'a fait dévorer de nombreux passages. A l'inverse, je me suis moins intéressée aux personnages plus jeunes.

En ce qui concerne le Prix Kiltissime j'attends ma dernière lecture et la relecture d'extraits du roman de Dominic Cooper pour me prononcer. Nuage de Cendre avait été un vrai coup de coeur mais ma lecture date un peu ; L'Homme de Lewis me paraît un peu moins abouti mais je me suis régalée à la lecture de nombreux chapitres, dont la fin, et j'ai été sous le charme des descriptions. Peter May sait faire vivre les îles écossaises sous nos yeux, retraduire la force brute des éléments et la beauté sauvage d'un littoral battu par les vents... sur ce point, cette lecture a été un vrai régal !

(En cherchant une image pouvant illustrer les homers je suis tombée sur le joli dessin en bas)

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315 p

Peter May, L'Homme de Lewis, 2011

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04/12/2012

John Burnside, Scintillation

burnside_scintillation.jpgVoilà un roman dont je vais avoir bien du mal à parler. Il y a plusieurs mois j'avais accepté avec joie de participer au Prix Kiltissime visant à récompenser un roman écossais, prix des lecteurs/blogueurs organisé par ma copine Cryssilda. Après avoir lu Nuage de Cendre sur lequel je dois encore rédiger un billet (ce qui ne sera pas chose facile après plusieurs mois) j'ai tardé à poursuivre mes lectures, mais me rattrape enfin ! Commençons donc avec Scintillation de John Burnside. Et quel drôle de texte !

Le début est assez déstabilisant car il s'agit du passage dans l'au-delà de l'un des personnages, passage qui je dois l'avouer m'a franchement épouvantée car rien de tel qu'une introduction très mystique pour me faire grincer des dents ! Heureusement pour moi j'ai trouvé beaucoup de qualités à ce roman par la suite.

Le récit se déroule dans l'Intraville, lieu imaginaire aux allures de banlieue populaire en crise après la désaffection d'une usine chimique. La ville est marquée par la disparition de jeunes garçons dont personne ne sait ce qu'il est advenu ; personne, à l'exception du représentant des forces de l'ordre local qui a trouvé le premier corps, les bras disposés en croix dans un simulacre de rite religieux. Dans cette ville marquée par les maladies et la folie, les gens choisissent de croire à la version officielle et renoncent à rechercher les garçons disparus. Tous sauf le jeune Leonard, qui est persuadé qu'il est arrivé quelque chose à son meilleur ami, le dernier sur la liste.

On pourrait penser au début qu'il s'agit d'une histoire policière mais rapidement on devine que l'étranger dont Leonard s'est rapproché n'est autre que le tueur et que la fin n'aura rien de réjouissant. L'intérêt du roman repose sur le cadre étonnant, sur ce site industriel en ruine d'où s'échappent des rejets toxiques, responsables de l'abrutissement et de la déchéance physique des habitants de la ville. Burnside crée de toutes pièces une ambiance pesante et sait tenir son lecteur en haleine, car j'ai lu d'une traite de nombreux chapitres. Et pourtant, je ne peux pas vraiment dire que ce roman m'ait plu et j'étais contente d'arriver au bout, sans doute parce que l'univers ne me plaisait pas spécialement et que je ne me suis attachée à aucun personnage. Une lecture intéressante mais douloureuse !

Au final, Scintillation est indéniablement un roman intelligemment construit mais je l'écarte pour ma part sans hésiter de ma sélection de favoris pour le Prix Kiltissime, parce que nous n'étions pas faits pour nous aimer... mais d'autres ont adoré ce roman et je vous invite à lire leur billet, à commencer par celui de Cryssilda qui l'a sélectionné pour le Prix Kiltissime.

Un grand merci à Jérôme et aux éditions Points pour cet envoi !

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308 p

John Burnside, Scintillation, 2008

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20/11/2011

Steve, back again !

stevenson_intégrale nouvelles1.jpeg2011 aura été mon année Stevenson. Après trois tentatives infructueuses, j'ai découvert une autre dimension de l'auteur avec le célèbre Maître de Ballantrae (un chef d'oeuvre que je vous invite à lire sans plus attendre si vous appréciez les classiques anglo-saxons), avant de me régaler avec Le Club du Suicide. Cette série de trois nouvelles fait partie des Nouvelles Mille et Une Nuits de R.L. Stevenson ; elle introduit pour la première fois le prince Florizel de Bohème, que l'on retrouve dans le Diamant du Rajah, nouvelle série de textes courts. Ces récits devraient donc logiquement être lus d'une seule traite, d'autant plus qu'ils partagent plus qu'un personnage commun. L'esprit et le ton sont les mêmes et Stevenson y dresse avec beaucoup d'humour le portrait d'une société pervertie.

Au début de cette histoire ayant pour cadre Londres et Paris, le diamant du Rajah est en possession du général Vandeleur : cette pierre unique lui a été offerte par le Rajah après qu'il l'ait fidèlement servi, commettant de nombreuses atrocités afin de s'assurer à titre de remerciement la possession du diamant. Marié à une femme qui incarne tout sauf la douce Victorienne idiote, le Général sait qu'il ne doit cette alliance qu'à sa fortune. Quant à sa chère et tendre, elle s'apprête à revendre le diamant pour couvrir des dettes contractées pour sa toilette. Seul obstacle à cela : son secrétaire particulier, qui ne sent pas ses oreilles siffler lorsque le frère de sa patronne parle devant lui de chien-chien à sa mémère qui pourrait tout faire capoter. On finit par lui confier le diamant et d'autres bijoux dans un carton à chapeau, le chargeant de les remettre à un mystérieux interlocuteur. C'est alors que le général s'en mêle, tente de récupérer le carton et qu'à la suite de nombreuses péripéties le diamant du Rajah est perdu.

On pourrait parler de conte moral, dans la mesure où le diamant une fois retrouvé par le Prince Florizel est jeté par ses soins dans la Seine, afin que plus jamais la convoitise et la cupidité qui l'entourent ne causent de nouveaux malheurs. Pourtant, le narrateur est loin de dépeindre une société fidèle aux critères moraux victoriens : le général a été récompensé pour ses crimes; le secrétaire stupide mais fidèle est bien mal récompensé pour son dévouement; la femme du général est vénale et envisage d'occire son compagnon; un prêtre se détourne de ses études pour se lancer dans l'industrie du crime une fois le diamant en sa possession ; quant au prince Florizel, à force de se mêler des affaires d'autrui et de s'illustrer par son oisiveté, il finit par être renversé de son trône (il faut avouer qu'il semble bien ne jamais mettre les pieds en Bohème, préférant mourir d'ennui à Londres et traîner dans les cafés parisiens).

Un bijou d'ironie !

Le billet de Raison et Sentiments

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1878

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Challenge God save le livre : 19 livres lus

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08/08/2011

Le club du suicide

stevenson_intégrale nouvelles1.jpegIl semblerait que le déclic se soit enfin produit entre Stevenson et moi, après des débuts difficiles. Le mois dernier, j'ai ouvert en frémissant Le Maître de Ballantrae, craignant de passer à côté d'un chef-d'oeuvre : je me suis régalée. C'est donc avec curiosité et une certaine gourmandise que j'ai entamé la lecture de l'intégrale des nouvelles publiées chez Phébus Libretto. Commençons par Le Club du Suicide, autre découverte extrêmement agréable... pour une nouvelle à l'humour grinçant !

Afin de se divertir lorsque l'ennui devient trop écrasant, le prince Florizel et son fidèle Géraldine se déguisent et se fondent ainsi dans les couches sociales les plus diverses, à la recherche d'expériences nouvelles et de sensations fortes. Lors d'une petite soirée de ce type, après des heures d'ennui mortel, les deux amis sont intrigués par un jeune homme qui fait le tour des occupants d'un café en leur proposant des tartes à la crème, qu'il ingurgite en cas de refus. Décidant de passer avec lui la soirée, le prince et Géraldine apprennent que, suite à un problème d'ordre sentimental, le jeune homme a décidé de mettre fin à une vie d'absurdités par un acte encore plus absurde. De fil en aiguille, il leur fait part de son adhésion à un club pour le moins particulier : le club du Suicide. Ni une, ni deux, les deux acolytes décident d'y participer ! Le principe est simple : le responsable du club tirera les cartes devant tous les membres. Celui qui recevra l'as de pique mourra le soir-même, celui qui aura l'as de trèfle sera contraint d'aider son camarade à partir.
S'ensuivent deux autres nouvelles qui semblent a priori sans aucun lien... on découvrira qu'en réalité, le prince Florizel et Géraldine traquent le truand tenant le club du suicide.

Un sujet assez morbide où un club de gentlemen s'avère être un commerce glauque. Un récit féroce et drôle qui m'a emportée de la première à la dernière ligne. A recommander chaudement pour découvrir Stevenson !

L'avis de Soukee

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Robert Louis Stevenson, Le Club du Suicide, 1882

Challenge-god save the livre.jpglogo kiltissime 09.jpgChallenge God save le livre : 12 livres lus

15/07/2011

Durrisdeer, Ecosse, XVIIIe

stevenson_maitre ballantrae.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec Stevenson, mais ça, c'était avant. Car la lecture du Maître de Ballantrae a été la révélation tant attendue : j'ai pris un immense plaisir à découvrir ce récit de Stevenson, que j'arrive enfin à classer parmi mes grands auteurs victoriens. Il était temps (car cette incompréhension mutuelle me taraudait depuis longtemps) !

Ecosse, XVIIIe, pendant la guerre civile. Au manoir de Durrisdeer, le Maître de Ballantrae, héritier du titre, et Henry, son frère cadet, jouent à pile ou face leur sort en ces temps incertains : le Maître partira combattre avec les rebelles tandis que Henry et son père afficheront leur fidélité au roi George. Ce tirage au sort se fait à la demande du Maître, joueur, opportuniste et aventurier, contre l'avis du père et du frère, persuadés que le tenant du titre devrait rester au manoir. Le Maître part, recrute une troupe de rebelles en soudoyant et menaçant de braves villageois et, au bout d'un certain temps, l'un d'eux revient dans la région et prétend être le seul survivant de l'expédition. Le Maître serait donc mort, mais en réalité, il revient à de nombreuses reprises au cours du récit.

Henry, le cadet, est donc amené à hériter du titre. Contrairement à son frère aîné qui n'est qu'un calculateur peu recommandable, Henry est un homme posé, droit et bon, très amoureux de sa cousine Alison, autrefois promise au Maître. Malgré toutes ses qualités, cet homme n'est reconnu à sa juste valeur que par l'intendant du domaine (narrateur principal) : son père lui est reconnaissant mais préfère le fils indigne, Alison se voit contrainte de l'épouser tout en mettant un point d'honneur à rappeler sa fidélité au disparu, les villageois conspuent Henry qu'ils accusent de la perte d'un homme qui, guère aimé de son vivant, est devenu un héros en mourant.

Tout d'abord qualifié de "tale" par Stevenson, puis de "tragédie", ce récit mélange les genres avec panache : roman d'aventures, où l'on découvre un bateau pirate, des indiens "scalpeurs", une traversée en mer sous la tempête, l'Inde, sans parler de la guerre civile, fond de toile ; mais aussi tragédie, où deux frères  se haïssent et se livrent un combat sans fin, qui ne pourra aboutir qu'à la mort de l'un d'eux, et où l'amour n'est jamais réciproque.

Les personnages sont peu nombreux dans ce récit qui repose principalement sur le duel opposant les deux frères : Ballantrae, dépossédé de son titre, de sa fortune et, accessoirement, de sa fiancée, nourrit une rancoeur sans fin à l'égard de son cadet ; celui-ci, d'abord plutôt enclin à céder au chantage auquel il est soumis, finit petit à petit par céder à la folie, la solitude l'ayant peu à peu détruit.

L'évolution des personnages est particulièrement fascinante : au début du récit, Henry est le frère incompris, certes un peu terne mais intègre, intelligent; puis il devient de plus en plus dur et intraitable, afin de faire de son frère une véritable obsession, qui causera sa perte ; à la fin, Henry devient un être pitoyable, qui n'a plus tout à fait sa tête et qui s'aliène ceux qui lui sont finalement attachés.

A l'inverse, le Maître est au début une sinistre individu, buveur, fourbe, profitant de son vieux père au coeur trop tendre ; c'est aussi un séducteur, beau parleur, capable de tromper facilement son entourage (à côté de lui le pauvre Henry paraît bien fade à leur père et à la nouvelle Mme Henry Durrie) ; malgré tout, petit à petit, on finit par prendre un peu en pitié le Maître, qui parvient à manipuler le lecteur sans doute ; en dépit de la façon dont il persécute Henry et sa famille, le Maître est finalement un homme qui a échoué toute sa vie, que tous détestent et méprisent et dont le dernier compagnon est son serviteur indien.

A noter le parallèle entre McKellar, serviteur dévoué de Henry et Secundra Dass, qui accompagne le Maître : tous deux sont les  seuls alliés indéfectibles des frères ennemis.

Voici deux passages donnant un apperçu intéressant du Maître (le premier étant l'un des seuls extraits plutôt amusants) :

"Il haïssait le baron d'une haine terrible ? demandai-je.

- Ses entrailles se nouaient quand l'homme approchait de lui, dit le Maître.

- J'ai ressenti cela, dis-je.

- En vérité ! s'écria le Maître. ça, c'est une nouvelle, alors ! Je me demande... je me flatte, peut-être ? ou suis-je la cause de ces perturbations abdominales ?" (p827)

"Si j'avais été le moindre petit chef de clan dans les Highlands, si j'avais été le plus petit roi des nègres qui vivent nus dans le désert d'Afrique, mon peuple m'aurait adoré. Mauvais, moi ? Ah ! mais j'étais né pour faire un bon tyran ! Demandez à Secundra Dass ; il vous dira que je le traite comme un fils. Unissez votre sort au mien demain, devenez mon esclave, mon bien, une chose que je puisse commander, comme je commande les forces de mes membres et de mon esprit... vous ne verrez plus ce côté sombre que je tourne vers le monde, dans ma colère. Il me faut tout ou rien. Mais quand on me donne tout, je le rends avec usure. J'ai le caractère d'un roi : c'est ce qui fait ma perte !" (p831)

Un texte superbe et foisonnant qui mêle habilement les récits les plus divers. Conduisant le lecteur d'un manoir écossais jusqu'aux forêts glacées d'Amérique du Nord, ce livre dépaysant est de ceux que l'on ne peut abandonner. La lutte fratricide du Maître et du nouveau Lord est aussi la nôtre, et c'est le coeur glacé d'effroi que nous suivons les tortueux chemins conduisant au désastre final.

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366 p

Robert Louis Stevenson, Le Maître de Ballantrae, 1889

stevenson, le maître de ballantrae, pléiade, roman écossais, roman victorien, roman xixe, écosse, challenge kiltissime, henry durrie, durrisdeer  Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 11 livres lus

30/06/2011

Ils sont kiltissimes eux aussi !

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J'ai repensé en cours de challenge à quelques billets écossais que j'avais publiés ici avant (il est fort possible que j'en oublie quelques-uns).

Quelques livres...

Doyle Arthur Conan, Le Pacte des Quatre : une découverte enthousiaste pour moi, énormément d'humour et, si vous hésitez encore à le lire, je vous invite à parcourir mon billet en espérant vous tenter un peu !

Munro Alice, Du Côté de Castle Rock : "L'histoire débute en Ecosse alors que les ancêtres de la narratrice vivent dans la vallée d'Ettrick, lieu ne présentant “aucun avantage” selon une description de l'époque. On découvre ainsi Will O'Phaup, qui incarne l'Ecosse férue de légendes, à travers ses prouesses improbables célèbres à l'époque et les fables que l'on raconte au sujet de ces fantômes et autres créatures étranges l'ayant hanté. Puis d'autres membres de la famille, une génération après, dont James Hogg, l'auteur des Confessions du pêcheur justifié. Cette partie (la plus courte du récit) est  aussi l'occasion de croiser Thomas Boston, pasteur inquiétant incarnant le puritanisme."

Spark Muriel, Les Belles Années de Mlle Brodie :"Célèbre pour le développement de méthodes expérimentales sur des classes de primaire, Mlle Brodie avait pour but de faire de ses élèves « la crème de la crème ». Afin d'extraire le meilleur des jeunes filles dont elle avait la charge dans les années trente, cette personnalité du monde éducatif refusait d'aborder les matières traditionnellement enseignées à l'époque (arithmétique, orthographe, grammaire, histoire, etc.), leur préférant le partage d'anecdotes choisies et soigneusement développées sur sa vie intime"

Stevenson Robert Louis, Dr Jekyll & Mr Hyde : où mon histoire avec Stevenson n'a pas débuté par un coup de foudre... "Au final, si le mythe du Dr Jekyll et de Mr Hyde reste fascinant, le texte original m’a paru bien fade en comparaison de tout l’imaginaire qui l’a toujours entouré."

Stevenson Robert Louis, The Body Snatcher & other tales : où Lou confrontée pour la première fois à l'accent écossais le prend pour un accent paysan (et fait aujourd'hui son mea culpa). Quoi qu'il en soit c'est un véritable échec : "L’oncle délire sur cinq pages avec un accent de paysan (pardon pardon pardon) qui fait en moins d’un paragraphe sourciller le lecteur, qui  s’accroche, s’agrippe à son livre, transpire, soupire et tourne finalement de l’œil après avoir déclaré forfait."

Stevenson, c'est un peu mon Flaubert victorien : je l'aurai un jour, je l'aurai (car il est hors de question que je m'avoue vaincue) !

Ohl Jean-Pierre, Les Maîtres de Glenmarkie : un vieux coup de coeur maintenant mais un roman que je ne peux que vous recommander encore et encore ! " Les Maîtres de Glenmarkie, livre bien trop passionnant, enflamme le lecteur qui, enfiévré, amoureux de Thomas ou Alexander ou peut-être l’autre Thomas (oui mais Ebenezer ?)… bref, fou à lier, adopte un comportement antisocial qui le pousse à : 1) rejeter des invitations ; 2) perdre tous ses amis (après la troisième lecture) ; 3) recevoir en pyjamas, peignoir (et pantoufles !) le facteur, le plombier, les témoins de Jéhovah, ce quelle que soit l’heure de la journée ; 4) se balader dans la tenue en question devant la fenêtre ouverte dans un moment d’intense concentration, perdant dès lors le peu de crédibilité qui lui restait auprès de ses voisins " Allez relire mon billet si vous hésitez encore, et surtout lisez Jean-Pierre Ohl !

Rowling J.K, Harry Potter T1 and the Sorcerer's Stone

Rowling J.K, Harry Potter T7 and the Deathly Hallows : "Ça y est je sais … comment meurt Harry Potter ! J’ai également découvert avec effroi que Ron était un traitre fini et qu’Hermione avait eu une aventure avec Fred… je sais aussi que Snape est le vrai père de Harry."

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Et parce que le 25 janvier, on fête Robert Burns autour de délicieux plats écossais, au son de la cornemuse, voici un souvenir d'une soirée au Auld Alliance.

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24/06/2011

Polar et brouillard écossais

rankin_etrangleur edimbourg.jpgAprès avoir fait la rencontre de Madeleine Smith (empoisonneuse de son état), j'ai aidé l'inspecteur adjoint Rebus à résoudre une enquête car, il faut bien l'avouer, ce cher John avait bien besoin d'appui pour mettre ses idées au clair et retrouver l'assassin.

Lorsque plusieurs fillettes sont retrouvées mortes à Edimbourg, la police n'a d'autre choix que de mobiliser une grande partie de ses effectifs pour résoudre l'affaire. Parallèlement à cette enquête éprouvante qui lui prend le plus clair de son temps, Rebus reçoit des lettres menaçantes, indiquant que "les indices sont partout" et accompagnées de noeuds et de croix. Compte tenu de ce que vous découvrirez plus tard, l'amnésie de Rebus ainsi que son incapacité à faire le lien entre ces envois (qui arrivent à chaque meurtre) et son affaire sont vraiment peu crédibles. Rebus est un inspecteur adjoint consternant, à qui je voulais sans cesse recommander de modérer sa consommation d'alcool, au risque de devoir supporter un inspecteur à deux doigts du coma éthylique au 4e tome.

Mais on ne lit pas L'Etrangleur d'Edimbourg pour l'enquête ; il s'agit bien plus de goûter à l'ambiance, de se promener dans Edimbourg, que Rankin se plaît à décrire.

Edimbourg somnolait, comme elle somnolait depuis des siècles. On trouvait bien quelques fantômes dans les passages pavés et les cages d'escaliers tortueuses des immeubles d'Old Town. Mais c'étaient là des fantômes des Lumières, éduqués et respectueux. Pas le genre à surgir des ténèbres, une cordelette à la main. (p 52)

edimbourg.jpgLe trajet entre son appartement de Marchmont et la bibliothèque pouvait être une promenade des plus agréables, au coeur des plus beaux fleurons d'Edimbourg. Il traversa The Meadows, un vaste espace vert, avec en ligne de mire à l'horizon l'imposante forteresse grise et son drapeau qui flottait dans la bruine au-dessus des remparts. Il passa devant la Royal Infirmary, qui gardait la mémoire de tant de découvertes et d'illustres personnages, devant une partie de l'université et devant le cimetière de Greyfriars Kirk et sa petite statue de bobby. Depuis combien d'années le petit chien veillait-il sur la tombe de son maître ? (p 266)

Comme Titine l'a dit avant moi, Rebus est un lecteur lui aussi, d'où des allusions à quelques grands maîtres de la littérature, en particulier Dostoievski et Crime et Châtiment.

Ce roman assez court est très plaisant à lire, le personnage principal fort sympathique (même s'il vole des petits pains dans la rue, petit chenapan !) et si vous aimez le brouillard, le curry de provenance douteuse et la bière, vous serez dans votre élément ! Mon seul regret concerne le style car, sans écrire à la truelle, Rankin ne se prive pas de petites phrases qui ont un certain air de cliché :

La bibliothèque sentait les vieux livres, l'humidité, le cuivre et la cire. Mais, dans ses narines, Rebus ne percevait qu'une seule odeur, l'odeur de l'affrontement, et jamais il ne s'en déferait. (p 270)

Malgré quelques bémols, vous aurez compris que je renouvellerai l'expérience Rankin !

La photo a été prise par le Baron Chelli.

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286 p

Ian Rankin, L'Etrangleur d'Edimbourg, 1987

logo kiltissime 02.gifChallenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 9 livres lus (Catégorie Prince William : 10 livres lus)

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18/06/2011

Robert Louis, mon ami...

DSC05040.JPGJ'ai beau particulièrement aimer les auteurs du XIXe, plus encore lorsqu'ils sont anglo-saxons, je peine à apprécier les textes de Stevenson, tout en étant convaincue de passer à côté d'un auteur incontournable. Je profite donc du "mois écossais" pour lire à nouveau cet auteur en espérant enfin me laisser séduire - d'autant plus que je l'ai lu il y a quelques années déjà. Après l'avoir lu  Stevenson en anglais, c'est avec une traduction de The Bottle Imp (La Bouteille endiablée) que je reprends mes lectures... un texte qui me disait quelque chose : et pour cause, je l'avais déjà lu en anglais ! J'avais oublié de nombreux détails mais l'histoire me semblait tout de même familière : j'ai d'abord pensé confrondre avec un autre texte traitant du même thème "classique" qui évoque Faust, mais après vérification, il n'en était rien !

Kéaoué fait la rencontre d'un homme vivant dans une maison magnifique. L'homme semble pourtant abattu : il doit sa richesse à une bouteille dans laquelle vit un diable. Une bouteille qu'il doit revendre à un prix inférieur au prix d'achat sous peine de perdre son âme. Kéaoué la lui rachète puis se fait construire une maison suite au décès de proches parents et donc, d'un héritage imprévu. Il pense pouvoir se défaire facilement  de la bouteille mais se voit contraint de la racheter pour des raisons que je ne préciserai pas car je ne voudrais bien entendu pas mettre fin au suspense. S'ensuivent de nombreux rebondissements, la bouteille passant de maître en maître et son prix chutant à chaque fois.

Un conte qui se lit facilement mais qui ne m'a pas fait grande impression malgré tout. Je reste herméthique à certains passages tels que ceux-ci :

C'est ainsi que Kéoué fit sa cour ; les choses avaient été rapides; mais ainsi va la flèche, et la balle de fusil plus vite encore, et pourtant l'une et l'autre peuvent atteindre la cible. (p47)

Robert_Louis_Stevenson_by_Sargent.jpg"Me voici maintenant au pinacle, se dit-il. La vie ne peut pas être meilleure. C'est ici la cime de la montagne et tout autour de moi dégringole vers le pire. Pour la première fois, je vais illuminer les salles et me baigner dans ma belle baignoire à eau chaude et froide et dormir seul dans le lit de ma chambre nuptiale". (p48)

Malgré tout, j'ai passé un moment agréable en lisant ce récit reprenant le thème classique du pacte avec le diable en l'inscrivant dans un cadre nouveau, Hawaï. Si j'ai trouvé certaines ficelles un peu grosses et ai regretté le peu d'intérêt que je portais à Kéaoué (parfois antipathique), j'ai goûté le rebondissement final, assez inattendu. J'aurais aimé savoir apprécier davantage ce texte et faire davantage honneur aux talents de conteur de Stevenson mais  cette lecture m'a laissée assez indifférente, sans vraiment me déplaire pour autant. J'entends bien me rattraper avec Le Maître de Ballantrae, que je compte lire ce mois-ci.

2,5coeurs.jpg

 

 

93 p

Robert Louis Stevenson, La Bouteille endiablée, 1891

logo kiltissime 05.jpgChallenge-god save the livre.jpg Challenge God Save the livre de Passion livre: 7 livres lus...  catégorie Prince William (10 livres lus). Prince-William.jpg