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07/05/2013

Daniel Pennac, Au Bonheur des Ogres

pennac-au-bonheur-des-ogres.gifDaniel Pennac est un des auteurs qui ont marqué ma folle jeunesse grâce à sa fabuleuse série sur Kamo, lue et relue il y a bien des années. J'ai été heureuse de le retrouver il y a dix ans (déjà!) avec son très sympathique Comme un roman (qui donne encore plus envie de lire au lecteur avide et m'avait en l'occurence remonté le moral un jour où j'étais clouée au lit) et l'amusant La Fée Carabine. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il m'arrive bien souvent de planter là un auteur dont je pense beaucoup de bien pour la bonne raison qu'un livre d'un autre genre pointe le bout de son nez, puis un deuxième, puis un troisième, si bien qu'à la fin les projets de lecture initiaux en sont bouleversés.

Trouvant peu de temps pour moii et constatant ma grande difficulté à me concentrer ces dernières semaines, j'ai fait récemment le pari d'emporter avec moi Au Bonheur des Ogres dans de sauvages contrées (certains sauront reconnaître le lieu en question et en frémiront sans aucun doute). Revenons-en à nos moutons, ou plutôt à nos chiens puants dans le cas précis, le miracle a eu lieu et je suis parvenue à lire en un temps record  pour ma condition actuelle de ramollie du bulbe cet amusant récit.

pennac-au bonheur des ogres.jpgLe personnage principal de ce roman et de  ceux qui suivent est Benjamin Malaussène, affecté au contrôle technique d'un grand magasin, fonction classique qui cache un emploi bien plus ingrat : bouc émissaire. Dans ce charmant magasin parisien, aucun contrôle technique n'est jamais effectué. Ainsi, lorsqu'un réfrigérateur se met à incinérer un repas de Noël et à brûler les sourcils de sa propriétaire ou lorsqu'un lit cède sous le poids d'un colosse à la première utilisation, Malaussène endosse le rôle du contrôle technique tellement pitoyable et râté qu'il parvient à faire retirer la plupart des plaintes des clients. Mais alors qu'il sillonne le magasin en cet hiver particulier, une première explosion se produit, faisant un mort. Elle sera bientôt suivie de plusieurs autres. Benjamin étant toujours  sur les lieux, il est rapidement suspecté. Et franchement, il n'avait pas besoin de cet ennui supplémentaire, entre sa mère toujours partie avec de nouveaux amours, tous ses frères et soeurs à élever (difficile alors que l'une joue les voyantes ou que l'autre dessine des ogres de Noël qui inquiètent l'école et collectionne les photos de travestis à Boulogne), sans parler d'un chien épileptique qui aurait grand besoin d'un bain.

Je suis ravie d'avoir jeté mon dévolu sur ce roman qui a enfin su me happer (ce qui n'était pas évident visiblement car ces derniers temps j'ouvre un livre pour le reposer dix pages plus tard). C'est drôle, les personnages sont hauts en couleur, le héros est décalé... on passe un très bon moment à démasquer le poseur de bombes. Si je suis cette fois-ci mon idée je ne tarderai pas à relire La Fée Carabine et à découvrir enfin La Petite Marchande de Prose, depuis longtemps dans ma PAL et si souvent croisé au CDI du collège ou sur les listes de lectures recommandées à cette tendre époque.

Merci à Lise pour cette découverte faite dans le cadre du challenge du Prix Campus, un partenariat  des éditions Folio avec Cryssilda, Titine et votre fidèle et dévouée dans le cadre duquel nous avons pendant plusieurs mois parlé de moult beaux titres issus de la liste des candidats en lice, à travers les billets du challenge et plusieurs concours. Pour un recap des liens (hors concours et billets de présentation) et si vous cherchez quelques idées de lecture, vous pouvez faire un petit tour par là. J'en profite pour dire un grand merci à  Nathalie, Céline et Maggie qui ont elles aussi contribué aux nombreux billets.

Et c'est une première participation au challenge Daniel Pennac de George... j'ai mis en avant une ancienne couverture car je trouve la nouvelle bien moins réussie.

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04/01/2013

André Gide, La Symphonie Pastorale

gide_la-symphonie-pastorale_couv.jpgIl est souvent amusant de relire un roman, une nouvelle après quelques années. Je me suis ainsi risquée à relire Matilda de Roald Dahl début novembre et me suis absolument régalée (c'était un de mes romans favoris il y a... quelques années dirons-nous) – je ferai normalement un petit billet bientôt. En décembre, j'ai renouvelé l'expérience avec La Symphonie Pastorale d'André Gide, lu alors que j'avais à peu près la moitié de mon âge actuel. Et cette fois-ci, mes impressions de lecture sont très différentes, au point que je n'ai pas le sentiment d'avoir lu le même roman !

Moi-même il y a quinze ans : La Symphonie Pastorale décrit la rencontre entre un pasteur et Gertrude, une jeune aveugle qui a grandi auprès de sa grand-mère sourde et vit pratiquement à l'état sauvage. Le pasteur va apprivoiser Gertrude, l'instruire, l'ouvrir au monde qui l'entoure. Entre eux naît un amour puissant mais lorsqu'une opération permettra à Gertrude de recouvrer la vue, celle-ci préfèrera au pasteur son fils plus séduisant. Cruelle situation, fille superficielle, pauvre pasteur ! (Voilà du moins le souvenir que j'en gardais).

 Et aujourd'hui : le pauvre pasteur dont le sort me peinait adolescente m'est apparu comme un lamentable pleutre, intellectuellement malhonnête, fat. Dès ses prémisses, la relation entre les deux personnages repose sur la grande hypocrisie du pasteur : celui-ci propose généreusement de recueillir la pauvre orpheline à la mort de sa grand-mère, geste d'autant plus altruiste qu'il ne l'engage que pour les quelques heures qu'il envisage de consacrer à son éducation. Celle qui voit sa charge de travail s'alourdir au sein du foyer est son épouse Amélie, qui déjà ne compte pas son temps entre la tenue du foyer et leurs nombreux enfants.

Puis il profite des heures consacrées à l'éducation de Gertrude pour lui livrer une vision du monde partielle et, le temps passant et son intérêt pour la jeune fille grandissant, tournée à son avantage. Ainsi il ne lui cite que les passages de la Bible qui justifient leur relation et fait preuve d'une infinie mauvaise foi lorsque Gertrude lui dit que son épouse est malheureuse du fait de leur amour : « elle serait triste sans cela, protestai-je d'une voix mal assurée. Il est de son tempérament d'être triste » (p124). Mais il est loin d'avoir bonne conscience et craint plusieurs fois que les paroles de Gertrude ne soient entendues : « (elle) cria presque ces derniers mots, de sorte que je fus gêné à l'idée qu'on la pourrait entendre du dehors » (p147).

Juge sévère lorsqu'il s'agit des autres, sur sa femme il écrit : « de même que l'âme heureuse, par l'irradiation de l'amour, propage le bonheur autour d'elle, tout se fait à l'entour d'Amélie sombre et morose » (p115), Amélie qui cultive « les soucis de la vie » (p116). N'oublions pas le contexte et relativisons la faute de cette pauvre Amélie, dont le misérable égoïste refuse de voir le malheur.

C'est ainsi Gertrude qui lui dépeint clairement l'état des choses après avoir recouvert la vue et regrette sincèrement le mal fait à Amélie : « Mon ami, mon ami, vous voyez bien que je tiens trop de place dans votre coeur et votre vie. Quand je suis revenue près de vous, c'est ce qui m'est apparu tout de suite ; ou du moins que la place que j'occupais était celle d'une d'autre et qui s'en attristait. Mon crime est de ne l'avoir senti plus tôt ; ou du moins – car je le savais bien déjà – de vous avoir laissé m'aimer quand même. Mais lorsque m'est apparu tout à coup son visage, lorsque j'ai vu sur son pauvre visage tant de tristesse, je n'ai plus pu supporter l'idée que cette tristesse fût mon oeuvre... Non, non, ne vous reprochez rien ; mais laissez-moi partir et rendez-lui sa joie » (p144-145). Le contraste entre le pasteur et les femmes qui l'entourent est vraiment saisissant.

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgUn court récit sur lequel il y aurait beaucoup à dire encore. Et le plaisir à la lecture ? Modéré la plupart du temps (alors que je gardais un très bon souvenir de ma première lecture), mais ce récit m'a donné matière à réflexion.

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150 p

André Gide, La Symphonie Pastorale, 1925

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barbery_elegance herisson.jpgEt puisque ce livre entre dans le Challenge du Prix campus, j'en profite pour faire un petit clin d'oeil à un autre texte français de la liste déjà chroniqué par ici, L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery. Je garde le souvenir d'un roman sympathique, fort plaisant à lire mais désespérément cliché et en relisant mon billet c'est tout à fait ce que j'en disais il y a quelques années. "Voilà ce qui pourrait être insupportable dans ce roman : le défilé de caricatures et de situations plus grotesques les unes que les autres. Résumons : les pauvres sont gentils et saisissent à leur manière le sens de la vie. Les riches sont bêtes et méchants. Les pauvres doivent rester à leur place. Les fils de riche sont des débiles profonds mais font des études prestigieuses. Les écoles et l’Université en prennent pour leur grade. Pour résumer, les étudiants sont des petits bourgeois prétentieux arriérés. Les concierges doivent passer pour des abruties finies quoi qu’il leur en coûte. Sans compter qu’une concierge qui ne serait pas laide et ne ferait pas de cassoulet pourrait peut-être passer pour un agent du FBI tant elle serait improbable. Histoire de ne pas trop bouleverser les vieux clichés. Je dirais même qu’à force d’excès de zèle on dépasse même les pires des clichés." (voir mon ancien billet sur le lien ci-dessus pour le florilège de caricatures, qui vaut son pesant de cacahuètes) Mais "Ce roman est un hommage à l’art, à la littérature et à la vie. (...) Le fin le dispute à l’absurde. Quête philosophique, petit traité d’humanité, ce livre m’a au final beaucoup touchée." Et vous, l'avez-vous aimé ?

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Petit recap des billets du challenge du Prix Campus, organisé par Titine, Cryssilda et ici-même en partenariat avec les éditions Folio :

Nathalie (Chez Mark et Marcel) a lu La Métaphysique des Catastrophes de Marisha Pessl, Les Détectives Sauvages de Roberto Bolaño,

Maggie a lu Le Bruit et la Fureur de William Faulkner,

Céline a lu Au Bonheur des Ogres de Daniel Pennac,

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman, de Sur la Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : Pianiste d'Alessandro Baricco et fait un clin d'oeil à La Reine des Lectrices d'Alan Bennett, à Bienvenue au Club de Jonathan Coe,

Le challenge se poursuit finalement jusqu'à fin mars 2013, bien sûr n'hésitez pas à vous joindre à nous en cours de route si vous souhaitez participer avec un billet.

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la symphonie pastorale,andré gide,challenge prix campusEt voici les résultats du concours pour gagner Novecento : Pianiste d'Alessandro Baricco. C'est Perrine qui a remporté ce livre, bravo à toi (pense à m'envoyer ton adresse) ! Et merci aux autres participantes !

15/12/2012

Alessandro Baricco, Novecento pianiste : concours

baricco_novecento pianiste.jpgIl y a quelques années mon chemin a croisé celui des Châteaux de la Colère d'Alessandro Baricco et si je me souviens peu de l'intrigue j'avais pris assez de plaisir à la lecture pour avoir envie de me procurer quelques-uns de ses textes. Malheureusement j'avais poursuivi avec City qui m'avait vraiment déçue (peut-être attendais-je un univers différent) et notre histoire en était restée là. Hier j'ai enfin relu Baricco, avec Novecento : pianiste.

Novecento naît sur un paquebot. Il a vraisemblablement été abandonné par une passagère de troisième classe décidée à tenter sa chance au Nouveau Monde et peu encline à s'encombrer d'un nouveau marmot. Novecento est ainsi recueilli par un des membres de l'équipage et grandit à bord du bateau, dont il ne descend jamais. Un jour on découvre qu'il a appris à jouer du piano et il s'avère être un merveilleux musicien.

novecento-pianiste-alessandro-baricco-L-1.jpgTexte très court, théâtral, Novecento : pianiste me laisse un peu partagée. J'ai été vraiment sous le charme de cette histoire, en soi poétique, qui rappelle l'univers des contes. Beaucoup de scènes sont très belles et imagées lorsqu'on se les représente, comme Novecento jouant du piano et valsant pendant une tempête ou la fin, lorsque le bateau est voué à être détruit. J'ai trouvé le récit très plaisant,  la lecture agréable.  Le texte est riche, très symbolique ; on ne peut qu'être émus par Novecento qui ne se sent pas prêt à affronter la terre ferme et qui, plutôt que de concrétiser ses rêves, préfère revenir à son bateau et vivre à travers sa musique, au côté de passagers toujours nouveaux, aux vies si différentes de la sienne. En revanche, si j'ai bien apprécié le caractère musical et très théâtral de ce texte, l'écriture ne m'a pas complètement comblée. Cette lecture m'a tout de même  vraiment donné envie de relire mes autres romans de Baricco et de poursuivre Il Viaggio , un voyage en Italie organisé par Nathalie.

Un texte également lu dans le cadre du Challenge du Prix Campus, organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même, en partenariat avec les éditions Folio. Chroniqué il y a deux bonnes semaines, comme quoi je suis à jour de mes publications (hum !) !

NatGarAndBlue.jpgprix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman, de Sur la Plage de Chesil de Ian McEwan et fait un clin d'oeil à La Reine des Lectrices d'Alan Bennett, à Bienvenue au Club de Jonathan Coe,

88 p

Alessandro Baricco, Novecento : pianiste, 1994

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christmas.jpgEt comme Noël approche...


Prix Campus.jpgAprès l'Allemagne et l'Angleterre, je vous propose un nouveau jeu pour tenter de gagner un exemplaire  de Novecento : pianiste et ainsi découvrir une plume italienne et voguer à votre tour sur l'Atlantique. Pour participer, cette fois-ci j'ai décidé d'oublier un peu la littérature mais de parler culture gastronomique puisque le pays s'y prête bien ! Il vous suffit donc de répondre à la question suivante : quel est votre plat italien préféré (évidemment si vous choisissez une pizza ou des pâtes je vous demanderai de préciser les ingrédients qui les accompagnent – curiosité oblige !) ?

Vous avez jusqu'au 25 décembre pour participer.


Buona fortuna !

[Et les résultats du concours pour gagner un roman anglais seront annoncés par ici dans quelques jours]

29/11/2012

Ian Mc Ewan, Sur la plage de Chesil : concours

McEwan_Sur la Plage de Chesil.jpgIan McEwan faisait partie de ces (nombreux) auteurs dont je convoitais les romans alléchants depuis un moment sans jamais me décider à les lire. J'ai finalement profité d'un séjour londonien pour découvrir son univers avec Sur la Plage de Chesil.

Edward et Florence viennent de se marier et s'apprêtent à traverser ensemble leur nuit de noces. Dans un petit hôtel en bord de mer, le dîner traîne en longueur tandis que les mariés anticipent chacun à sa façon la nuit à venir. D'un côté Edward brûle d'impatience et ne rêve que du bonheur qui l'attend auprès de sa jeune épouse. A l'inverse, Florence est tétanisée : elle n'a jamais voulu en arriver là et elle rêverait d'un amour platonique car la perspective de ce qui l'attend la dégoûte profondément. Tous deux sont complètement inexpérimentés et le mariage est venu brutalement bousculer le statut quo qui existait entre eux, car il est évident pour tous les deux que le serment fait dans la journée a changé officiellement leur relation et ce qu'ils sont en droit d'en attendre.

Une très belle entrée en matière pour ma première rencontre avec Ian McEwan. Dans ce roman qui pour l'essentiel tient en une seule soirée, McEwan nous livre le portrait de deux personnages que tout oppose, deux âmes à la recherche l'une de l'autre mais profondément entravées par le poids de la tradition et des convenances. Toute leur relation se heurte à ce mariage dans lequel tous deux se sont réfugiés pour de mauvaises raisons et qui leur donne de nouveaux droits ou leur octroie de nouveaux devoirs, selon que l'on songe à Edward ou Florence. Ce changement de statut sonnera le glas de la relation romantique et romanesque qu'ils entretenaient avant.

Un roman tout en finesse, des personnages qui prennent vie sous nos yeux, une écriture très agréable... pour ma part un coup de coeur et une lecture qui me marquera !

Un extrait : « Elle vénérait les vieux mélomanes qui mettaient des heures à émerger de leur taxi, ces derniers Victoriens qui rejoignaient leur place en boitant et en s'appuyant sur leur canne, pour écouter un récital dans un silence religieux, leur sens critique en éveil, les genoux recouverts d'un plaid qu'ils avaient apporté avec eux. » (p30).

D'autres avis : InColdBlog, Levraoueg, Thom, Emjy, Lilly, Sybilline...

Une lecture qui entre dans le cadre du Challenge du Prix Campus, co-organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même en partenariat avec les éditions Folio.

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman,

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178 p

Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil, 2007

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Je profite de cette chronique britannique pour faire un clin d'oeil à deux autres romans qui figurent sur la liste du Prix Campus:

coe_bienvenue au club.jpgBienvenue au club de Jonathan Coe : Un extrait de mon billet datant de 2010 "Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années: (...) En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité.  (...)  Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 ! " N'hésitez pas à aller voir mon billet sur ce roman et mes autres billets sur Jonathan Coe pour vous laisser tenter par cet auteur fabuleux !

alan-bennett-la-reine-des-lectrices.jpeg.jpgLa Reine des Lectrices d'Alan Bennett : Je m'étais ruée sur ce livre à sa sortie, un petit plaisir de lecture comme on les aime ! Ce que j'en ai dit en 2009 : "Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête : lire !. (...) Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA !" Et pour lire mon billet sur ce récit, suivez le guide !

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Prix Campus.jpgEt comme Noël approche, j'ai le plaisir de vous proposer de gagner deux romans britanniques dans le cadre du Prix Campus. Voici donc un nouveau concours pour tenter de gagner un exemplaire de Bienvenue au Club de Jonathan Coe OU de Sur la Plage de Chesil Beach de Ian McEwan. Pour participer, c'est très simple, il suffit de répondre dans les commentaires à cette question : "Quel a été votre roman anglais préféré lu cette année ?" (il peut avoir été publié en 2012 ou bien avant). Pensez aussi à me dire si vous souhaitez participer pour remporter le roman de Jonathan Coe ou celui de Ian McEwan, ou l'un des deux sans préférence. Vous avez jusqu'au 8 décembre pour participer. Good luck !

22/11/2012

Fred Uhlman, L'ami retrouvé : concours

uhlman_ami retrouve.jpgIl y a quelque temps, avant le Challenge Halloween, Cryssilda, Titine et moi vous annoncions notre partenariat avec les éditions Folio dans le cadre du Prix Campus, pour lequel nous avons organisé un challenge. L'idée était de lire des titres tirés de la sélection du Prix (quelques quarante titres contemporains et « classiques modernes »). Le challenge est ouvert à tous ; il vous suffit pour participer de laisser un lien vers vos billets sur ce blog ainsi que ceux de Cryssilda et Titine. A l'occasion de ce Prix, mes co-équipières de choc et moi sommes ravies de vous proposer de gagner des exemplaires des titres en lice. Ouvrez grand vos mirettes, nous avons prévu un certain nombre de jeux concours sur nos blogs dans les semaines à venir.

Je commence mes chroniques du campus avec un texte bien connu que je n'avais encore jamais lu (je suis étonnée de ne jamais l'avoir croisé au collège ou lycée mais mieux vaut tard que jamais). Il s'agit de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman. Raconté à la première personne, ce texte revient sur l'adolescence d'un Allemand juif contraint de quitter son pays natal avec la prise de pouvoir de Hitler. Fils de médecin, élève intelligent, Hans est épris des poètes allemands et attache peu d'importance à la religion, qui n'occupe qu'une place mineure au sein du foyer. Hans est lui-même agnostique, voire athée. Un jour arrive un nouvel élève, Conrad Von Hohenfels qui, comme son nom l'indique, vient d'une illustre famille (son père est comte). Fasciné par le jeune homme, Hans s'emploie à le conquérir ; la recherche de son amitié s'apparente à une opération de séduction chevaleresque et c'est une relation très forte qui va se nouer entre les deux jeunes garçons. Mais, comme on s'en doute, le nazisme séparera le Protestant et le Juif, laissant une blessure douloureuse à Hans qui a dû renier ses origines.

Ce texte est une petite merveille. En peu de mots, Ulhman parvient à produire un texte intelligent et puissant que je ne doute pas de relire un jour. Outre l'écriture et l'histoire fascinante de cette amitié naissante, j'ai été particulièrement interpelée par la façon dont l'auteur traite de l'appartenance et de l'absurdité de l'assimilation des Juifs à leur seule religion. Ici, la famille de Hans n'est pas plus concernée par la religion qu'une famille catholique qui assisterait une fois l'an à la messe de minuit pour faire plaisir à la matriarche. En revanche, le père aussi bien que le fils sont profondément fiers de leur appartenance à l'Allemagne, où leur famille vit depuis de nombreuses générations et a porté les couleurs du drapeau allemand. Quitter ce pays est un véritable  déracinement et l'appartenance à une quelconque communauté juive souffrant un même mal n'est qu'un piètre refuge.

Un extrait : Je me rappelle encore une violente dispute entre mon père et un sioniste venu faire une collecte pour Israël. Mon père détestait le sionisme L'idée même lui paraissait insensée. Réclamer la Palestine après deux mille ans n'avait pas pour lui plus de sens que si les Italiens revendiquaient l'Allemagne parce qu'elle avait jadis était occupée par les Romains. (…) Je n'avais jamais vu mon père, pacifique et calme à l'ordinaire, si furieux. Pour lui, cet homme était traître à l'Allemagne, la patrie pour laquelle mon père, deux fois blessé pendant la Première Guerre mondiale était prêt à se battre à nouveau. (p65-67)

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf,

122 p

Fred Ulhman, L'ami retrouvé, 1971

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Prix Campus.jpgUn exemplaire de ce livre est à gagner sur ce blog, en partenariat avec les éditions Folio et dans le cadre du Prix Campus. Pour participer au tirage au sort, il vous suffit de laisser un commentaire à la suite de ce billet en indiquant « Je participe au concours » (eh bien oui peut-être que quelques-uns d'entre vous voudront juste laisser un commentaire sans participer, d'ailleurs n'hésitez pas à me faire part de votre avis sur ce livre, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !) et en répondant à la question suivante : « Quels sont les 3 récits de langue allemande qui vous viennent en premier à l'esprit, que vous souhaitiez les lire ou qu'il s'agisse de coups de coeur que vous avez envie de partager ici ? ». Vous avez jusqu'au 30 novembre pour participer.
Viel Glück !

30/08/2012

Challenge du Prix Campus

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgA l'occasion du Prix Campus organisé par les éditions Folio pour les lecteurs de 15 à 25 ans (participation sur Internet), Cryssilda, Titine et Miss Lou ici présente vous proposent de participer au Challenge du Prix Campus. Il s'agit de lire jusqu'au 31 décembre un ou plusieurs romans tirés de la sélection du Prix. Nous pourrons prévoir des lectures communes pour ceux qui sont tentés ; nous envisageons aussi d'organiser quelques jeux concours à cette occasion. La sélection étant très tentante, nous espérons que vous serez vous aussi partants pour cette aventure !

 

Présentation du Prix Campus (extrait du site de Folio)
Un prix Folio décerné exclusivement par les lecteurs de 15 à 25 ans et qui couronne leur roman préféré.
Ce prix est décerné par un vote large: tous ceux qui ont entre 15 et 25 ans peuvent voter jusqu'au 1er décembre 2012 !
L'édition 2012-2013 de ce prix est parrainée par Carole Martinez, auteur du Cœur cousu et prix Goncourt des Lycéens 2011 pour son dernier roman Du domaine des Murmures.

Pour ma part, j'ai déjà repéré quelques titres...

Dans ma PAL :

Daniel Pennac, Au bonheur des ogres
William Faulkner, Le bruit et la fureur
Kazuo Ishiguro, Auprès de moi toujours
Carole Martinez, Le coeur cousu
Philip Pullman, Les royaumes du nord
Arundhati Roy, Le dieu des petits riens
Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée
Ian McEwan, Sur la plage de Chesil

Pas dans ma PAL mais me tentent :

Frank Conroy, Corps et âme
Jack Kerouac, Sur la route
Milan Kundera, La vie est ailleurs
Vladimir Nabokov, Lolita (je voudrais lire en anglais)
Jean-Paul Sartre, Les mots
Fred Uhlman, L’ami retrouvé
Bernhard Schlink, Le liseur
Alessandro Baricco, Novecento : pianiste

Déjà commentés ici :
Katherine Mosby, Sous le charme de Lilian Dawes
Jonathan Coe, Bienvenue au club
Bennett Alan, The Uncommon Reader (La Reine des Lectrices)

Barbery Muriel, L'Elegance du Hérisson

Alors, partants ?