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26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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21/03/2018

Holly Webb, Rose, Série en 4 tomes

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Grâce à Pedro Pan Rabbit, je me suis régalée avec cette série de 4 romans jeunesse, Rose de Holly Webb. Nous plongeons dans une Londres qu'on imagine au XIXe ou au début du XXe. Le roi tel qu'il était décrit me faisait penser au Prince consort Albert. On retrouve beaucoup d'ingrédients chers aux romans dont l'action se déroule à cette époque : les dures conditions de vie à l'orphelinat, l'espoir de trouver un métier respectable, la vie de domestique, enviable par rapport aux nombreux métiers de la rue mais exténuante au quotidien et faite de rivalités. On peut penser notamment aux romans de Mary Hooper Velvet et Waterloo Necropolis, où de jeunes femmes isolées font leur possible pour continuer à payer une pension, conserver un travail détestable, mais honorable.

Rose et la maison du magicien (286 p) : Rose vit dans un orphelinat où le quotidien est insipide et fait de corvées, mais dont la responsable fait preuve d'humanité et où Rose a une amie. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle sait faire apparaître des images sur des surfaces brillantes. Peu de temps après, une gouvernante vient l'embaucher pour travailler au service de Mr Fountain, éminent magicien de la cour. Un roman dans lequel il est aussi question de disparitions d'enfants et d'une sorcière maléfique qui, cette fois-ci, m'a fait penser aux aventures de Penelope Tredwell (Douze minutes avant minuit).

[Pour la suite, spoilers si vous n'avez pas lu le tome précédent]

Rose et la princesse disparue (279 p) : Mr Fountain sait désormais que Rose est une magicienne. Elle continue à travailler comme femme de chambre mais devient aussi son apprentie, au même titre que Freddy, vexé d'être moins doué que sa nouvelle partenaire. La princesse chérie de la nation est menacée et Rose est amenée au palais pour lui servir de garde du corps dans le plus grand secret. Mais la princesse est enlevée et la mission de Rose devient de plus en plus périlleuse. En même temps, un froid polaire s'abat sur Londres et un magicien distribue des boules de neige enchantées qui font une drôle d'impression à la jeune Rose...

Rose et le masque vénitien (250 p) : un masque précieux a disparu au palais. Celui qui le portera pourra acquérir une puissance absolue et il est clair que les Talisiens ont toujours l'ambition d'envahir l'Angleterre. Rose, Freddy, Mr Fountain et sa jeune fille vont partir ensemble à Venise où ils pensent retrouver l'auteur du vol. Une aventure dangereuse pour chacun d'entre eux, et l'occasion d'une rencontre avec une vieille dame, Miss Fell, qui semble avoir des soupçons sur l'identité de Rose.

Rose et le fantôme du miroir (251 p) : Un dernier tome davantage centré sur Rose, même si la menace d'invasion par les Talisiens est dans tous les esprits à leur retour d'Italie. Egalement instruite par Miss Fell, Rose va en apprendre davantage sur son passé.

[Fin des spoilers]

Quatre jolis romans qui se lisent d'une traite. J'ai préféré le premier, pour la découverte de l'univers et le cadre très londonien, et le dernier pour l'intrigue centrée autour de l'identité de Rose après plusieurs complots déjoués. Cependant, chaque livre a ses moments forts et ses aspérités, et c'est aussi le cas du tome 2 avec un hiver de glace fascinant et du tome 3 avec la mystérieuse Venise, cadre idéal pour une lutte entre magiciens. L'intrigue se met aisément en place et si la fin tombe assez rapidement, le plaisir n'est en rien gâché car ce sont avant tout les protagonistes et l'ambiance qui portent ces récits. Les personnages sont bien croqués, complémentaires les uns des autres - et je me suis réjouie de constater que la présence de deux jeunes garçons autour de Rose ne faisait pas prendre un tour mièvre à l'histoire. Une charmante découverte, faite d'amitié, d'entraide, de magie et de nombreux rebondissements.

L'avis de Des livres, des livres ! et de Pedro Pan Rabbit (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez aussi lu cette série).

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Holly Webb, Rose, 4 tomes, 2009-2011

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19/03/2018

Brompton Cemetery : Open the Gates !

Pour ce rendez-vous au cimetière du British Mysteries month, j'ai choisi de partager avec vous quelques photos du Bompton Cemetery (Londres) prises en septembre dernier. Nous résidions à proximité de ce cimetière victorien et avons donc profité d'une matinée nuageuse pour nous y promener. Un peu moins impressionnant et moins sauvage que Highgate, Brompton Cemetery est tout de même un bel endroit regorgeant de statues, de tombeaux décrépits et de recoins mystérieux. Imaginations fertiles, amateurs de lieux victoriens, ce lieu est fait pour vous!

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Photos Copyright MyLouBook

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18/03/2018

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham

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Nouvelle enquête pour Agatha Raisin, et un peu d'inédit puisque dans ce tome, James Lacey n'apparaît qu'à la dernière page ou presque. Parti en voyage on ne sait où, James va laisser toute sa place à Agatha qui, cette fois-ci, sera accompagnée de Sir Charles Fraith, cet aristocrate que l'on croise régulièrement depuis leur rencontre dans Randonnée mortelle.

Sans James, Agatha se morfond dans son cottage et, comble du désespoir, se découvre de premiers cheveux gris. Elle tente d'y remédier elle-même mais se retrouve avec des cheveux violets... heureusement, la femme du pasteur, Mrs Bloxby, lui recommande un certain Mr John, dont on dit beaucoup de bien. Agatha se rend donc à Evesham, dans un salon bondé où le très séduisant Mr John oeuvre avec art pour un résultat capillaire au-delà de ses espérances. Dans ce salon, on surprend les conversations les plus étonnantes : toutes les femmes d'âge mûr qui s'y rendent adorent se confier à leur coiffeur, qui est aux petits soins avec elles. Et depuis les toilettes, Agatha surprend une dispute entre un homme et une femme, qui se termine par une menace de mort. Très vite, Agatha soupçonne Mr John d'être un maître-chanteur. Elle décide de mener l'enquête, encouragée par Sir Charles qui a du temps à tuer et se réjouit de ce divertissement. 

Une cuvée sympathique, où une Agatha en forme va de nouveau prendre des risques inconsidérés et fourrer son nez dans le passé plus ou moins sordide des clientes de Mr John. Malgré l'expérience, Agatha reste un coeur d'artichaut qui ne se méfie pas suffisamment du beau coiffeur... si elle pense qu'il méprise les vieilles rombières qu'il fait peut-être chanter, elle finit par le croire sincèrement intéressé par sa personne. Le fait d'avoir été séduite par l'assassin dans une aventure précédente n'a visiblement pas suffi à la rendre plus prudente.

Quelques questions restent sans réponse à la fin et j'avais deviné de suite l'identité de la femme de Mr John, que l'on cherche pendant un moment. Néanmoins l'enquête était agréable à suivre et j'ai surtout savouré les personnages secondaires. Roy, égal à lui-même, qui passe en coup de vent mais embrasse Agatha dans l'air, en faisant des sons "mwaa, mwaa" pour imiter le bruit des fausses bises. Mrs Bloxby qui tient tête au pasteur, beaucoup moins charitable qu'elle. Mrs Darry dont le petit chien reçoit un annuaire sur la tête dans une piètre tentative d'Agatha pour gagner du temps avec la police. Et surtout Sir Charles, toujours aussi pingre, opportuniste et égocentrique. Charles prend tout ce qui est bon à prendre, suit le sens du vent et, quand on pourrait commencer à entrevoir une étincelle d'humanité, un soupçon d'affection, il prend ses jambes à son coup ou fait preuve d'une grossièreté sans nom. Un Sir Charles au sommet de sa forme dans cet opus, jusqu'au dernier instant où, grâce à lui, un James Lacey de fort méchante humeur claque la porte de son cottage dès son retour de vacances.

Toujours léger et savoureux, comme un thé dans les Costwolds...

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

250 p

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham, 1999

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14/03/2018

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan

springer_enola holmes_t4_pink fan.jpegCela fait presque 4 ans que ce roman de Nancy Springer attendait dans ma PAL. Je l'avais commandé à une période très heureuse où je profitais notamment d'un printemps radieux pour faire de belles lectures au parc. C'était aussi une période où je lisais beaucoup de "mystery novels" et de polars historiques anglais. Voyant fleurir les billet élogieux autour de cette série sur la petite soeur de Sherlock et Mycroft Holmes, j'avais choisi un de ses titres d'après la couverture, pour finalement faire passer d'autres lectures en priorité. Ayant décidé cette année d'exhumer des titres qui sont dans ma PAL depuis trop longtemps, j'ai commencé par jeter mon dévolu sur ce titre-ci. 

Force est de constater que j'aurais sans doute mieux fait de commencer par le commencement et de lire les premières aventures d'Enola Holmes, a minima en BD. Les premières pages ont été un peu abruptes, hors contexte. Qu'est-ce que c'est que cette héroïne qui cherche à fuir ses deux frères et mène une vie extravagante pour son jeune âge et sa condition de femme ? Cela dans une société où la femme est juste bonne à marier pour produire un héritier, quand elle ne travaille pas d'arrache-pied pour payer les pintes de monsieur, selon le milieu social. J'ai eu donc une certaine difficulté à accepter de me laisser happer par l'intrigue, ne croyant pas une seule seconde au postulat de base. Une Enola qui vivrait dans l'East End chez une logeuse s'occupant bien d'elle, dans un confort relatif qui ne cadre pas beaucoup avec les représentations habituelles de ce quartier. Une Enola qui a réussi à monter une agence de détective en se faisant passer pour la secrétaire d'un homme qui n'est jamais présent, qui se déguise à longueur de journée et porte les objets les plus incongrus sur elle au cas où. Bien sûr, cela fait du bien de voir une héroïne audacieuse et peu conventionnelle, mais c'est un peu tiré par les cheveux.

Dans ce tome, Enola aide Lady Cecily Alistair (qu'elle connaît déjà) à échapper à un mariage forcé. Grâce à un message codé inscrit sur un éventail rose que laisse tomber Lady Cecily près d'elle lors d'une rencontre fortuite, Enola comprend que la jeune femme est séquestrée et mène l'enquête pour la délivrer. A l'occasion de ses investigations - souvent nocturnes, on croisera notamment des aristocrates sans scrupule, un Sherlock Holmes charismatique mais moins brillant que ce à quoi on est habitué, un Mycroft toujours pontifiant, un orphelinat, une péniche et un molosse, tout en explorant divers quartiers de la ville.

Une lecture appréciée mais sans plus, je me suis un peu forcée pour en venir à bout rapidement, après quelques jours passés sans lire grand-chose. J'ai les deux premiers tomes des BD à la maison et suis curieuse de les lire pour enfin planter le décor et mieux comprendre les relations que la jeune détective entretient avec ses frères aînés.

183 p

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan, 2008

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12/03/2018

The British Mysteries challenge : Billet recap

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Janvier-Février 2018 :

Adely Maelly (Lecture enfant parent)

Anne :

Belette (The Cannibal Lecteur) :

Bidib Mapetitmédiathèque :

FondantGrignote :

Hilde :

Kobaitchi :

Lou :

Malo Ellcrys :

Pativore :

Pedro Pan Rabbit :

The British Mysteries Month / Mars 2018 : Le recap

Du 1er au 4 mars :

4 mars

Petits meurtres à table dans un cottage anglais avec Syl, cuisine et empoisonneurs au menu :

 Du 5 au 10 mars :

Read-a-thon du 9 au 11 mars :

11 mars

Petits meurtres à table dans un cottage anglais avec Syl, cuisine et empoisonneurs au menu :

Du 12 au 18 mars :

18 mars

Petits meurtres à table dans un cottage anglais avec Syl, cuisine et empoisonneurs au menu :

Du 19 au 25 mars :

25 mars

Petits meurtres à table dans un cottage anglais avec Syl, cuisine et empoisonneurs au menu :

Du 26 au 31 mars :

02/03/2018

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death

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Dans le village voisin de Carsely, Ancombe, une fontaine emblématique des lieux va être exploitée par un groupe industriel. Les habitants sont divisés, entre ceux qui pensent aux opportunités commerciales et ceux qui s'inquiètent pour l'intégrité du village. Le conseil municipal est lui aussi partagé. Un seul homme réserve son opinion et fera tout basculer. Il est bientôt retrouvé mort à la fontaine, dans laquelle son sang s'écoule.

Après avoir lu les six premiers tomes d'Agatha Raisin en français, j'enchaîne en anglais après avoir trouvé l'ensemble des 20 premiers tomes neufs pour moins de 20 pounds. J'ai donc de quoi voir venir... la lecture d'Agatha Raisin en anglais est très plaisante et lui donne une petite touche locale supplémentaire. J'ai pris un immense plaisir à retrouver cette quinquagénaire de choc dans sa langue d'origine. Et puis, comme l'action se déroule dans les années 90, je sais maintenant dire "épaulettes" en anglais !

C'est le premier tome dont la lecture a été un peu polluée par le visionnage de la série. Si l'adaptation n'a pas grand-chose à voir avec les livres de M.C. Beaton, elle s'amusait à intervertir et emberlificoter les intrigues des premiers romans, ce qui fait que je savais déjà qui était le tueur en ouvrant the Wellspring of Death. Peu importe, on lit plus ces romans pour l'ambiance anglaise et cosy que pour l'intrigue. Je ne trouve pas qu'Agatha soit une très bonne enquêtrice. Elle met son nez partout pour avoir des informations mais elle prend des risques inconsidérés en se rendant seule chez de potentiels suspects et au final, c'est souvent un peu par hasard qu'elle découvre le meurtrier. On peut comprendre que les gens qu'elle interroge soient agacés par sa démarche.

Côté sentiments, la relation entre Agatha et James ressemble davantage à ce qu'elle était au début, malgré un intérêt désormais partagé pour l'autre. On se rembarre, on prétend avoir autre chose à faire mais on s'espionne discrètement... et voir James monter les escaliers à toute vitesse pour voir par la fenêtre qui Agatha reçoit m'a fait gentiment sourire.

Au final, un plaisir de lecture renouvelé, et l'envie de retrouver les Cotswolds. Il n'y a pas à dire, la série perdait un peu de son charme en partant à Chypre. Mon exemplaire est bourré de post-its de répliques amusantes ou de lieux que j'aimerais voir ou revoir. Alors avant de sillonner de nouveau cette belle région, je l'arpenterai par l'imagination en accompagnant Agatha dans ses prochaines aventures !

Une participation au rendez-vous Meurtre à la campagne du British Mysteries Month !

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

293 p

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death, 1998

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27/01/2018

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes

collectif_Les-Avatars-de-Sherlock-Holmes.jpgDifficile de résister aux belles couvertures de la collection consacrée à Sherlock Holmes par les éditions Rivage / Noir. J'ai encore beaucoup à apprendre sur Holmes mais, comme toute amatrice de l'Angleterre qui se respecte, j'ai toujours été attirée par ce personnage que l'on connaît souvent davantage à travers les adaptations que par les romans et nouvelles d'origine - Le Chien des Baskerville mis à part.

Les Avatars de Sherlock Holmes réunit une série de pastiches de la fin du XIXe / 1ère moitié du XXe, comptant parmi leurs auteurs James M. Barrie, A. A. Milne ou encore P.G. Wodehouse. C'est donc la curiosité qui m'a poussée à découvrir ces courtes nouvelles assez inégales.

James M. Barrie, "Une soirée avec Sherlock Holmes" : texte relativement amusant où le narrateur dit avoir demandé à rencontrer le grand Sherlock lors d'une soirée, pour le battre à plate couture sur son domaine d'excellence, soit sa capacité à deviner "d'un seul coup d'oeil le menu de votre dîner du jeudi précédent".

P.G. Wodehouse, "Extraits du carnet d'un détective" : dans un club de gentlemen, un homme explique comment il a démasqué Holmes, qui serait en réalité un criminel. Il déroule son raisonnement totalement tiré par les cheveux. C'est là que réside l'humour mais venant de cet auteur on aurait pu s'attendre à plus drôle. Where is Jeeves ?! Le seul trait d'humour qui m'ait arraché un sourire figure à la première page.

E.F. Benson et Eustace H. Miles, "Le Retour de Sherlock Holmes" : voilà qui me rappelle les récits Mapp & Lucia repérés pour la première fois en visitant la maison de Henry James à Rye, j'aurais sans doute mieux fait de commencer par là ! Un texte où l'on découvre que Sherlock n'a pas disparu dans les chutes à cause de Moriarty, mais qu'il a fui Watson car il ne le supportait plus. Heureusement, il revient pour le meilleur et pour le pire, en disant "il y a en vous quelque chose qui l'emporte sur tout cela, je l'ai compris (il vient de dresser la liste de ses défauts). C'est votre incomparable médiocrité d'esprit et de style, qui se trouve être le médium le plus adapté pour narrer mes aventures, car il laisse l'esprit du lecteur entièrement libre pour suivre ce que je fais."

A. A. Milne, "L'enlèvement de Sherlock" : quelques pages qui, à vrai dire, ne méritent pas que l'on parle d'elles. La finesse du texte se résume à sa touche finale, "[Moriarty] n'existe pas, dit-il. C'est juste une marque de porridge". No comment.

John Kendrick Bangs, "Une énigme pragmatique" : Les capacités de déduction du grand détective sont tournées en ridicule à travers un Holmes très pompeux qui explique à Watson tout ce qu'il sait de ses faits et gestes récents... en s'appuyant sur des observations sans queue ni tête puisqu'ils ont passé tout ce temps ensemble et que sa capacité de déduction n'a rien à voir là-dedans. Agaçant. A noter au passage quelques moqueries concernant les étudiants américains ("des joueurs de football s'engageant pour un parcours de quatre ans dans une institution savante") et Henry James, que personne ne comprend.

Stephen Leacock, "Tiré par les cheveux" : une bonne ouverture : "A présent, le mystère avait atteint son apogée. Premièrement, l'homme avait, sans nul doute possible, été assassiné. Deuxièmement, personne n'aurait pu le faire, c'était absolument certain." Une histoire courte à l'humour un peu sommaire, mais l'absurde fait davantage sourire ici que dans la plupart des textes précédents. Holmes compte identifier un coupable en recherchant le propriétaire d'un cheveu retrouvé sur le lieu du crime. Après avoir passé les rues au peigne fin, il jette son dévolu sur un homme à casquette qui s'avère être chauve et Holmes, plutôt que de reconnaître son erreur, déclare que l'homme n'en était pas à son premier forfait.

Robert Barr, "Le Mystère de Pegram" : Holmes accepte de résoudre un mystère qui passionne tout Londres, celui d'un homme retrouvé mort dans le compartiment d'un train dans des circonstances inexpliquées. A partir de déductions et de calculs, Holmes conclut à un suicide et retrouve l'arme (que le suicidé a jeté par la fenêtre...). Grâce à lui, la police retrouve les propriétaires de l'arme et, officiellement, les vrais coupables... Un texte un plus abouti, sans être renversant.

Robert Barr, "L'affaire du second butin" : Où l'on découvre le triste sort réservé à Holmes. Un Holmes bête comme ses pieds, il faut bien l'avouer. Ce texte, comme le précédent, est un peu au-dessus du lot.

Vous l'aurez compris, ce recueil présentera probablement davantage d'intérêt aux collectionneurs, qu'ils soient holmesiens ou férus de littérature anglo-saxonne. Une curiosité, sans plus.

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139 p

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes, 2015 (textes : Fin XIXe - 1ères moitié XXe)

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20/01/2018

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques

mc beaton_t6_Vacances-tous-risques.jpgL'été dernier, j'ai accompagné mes vacances d'un livre de circonstance avec Vacances tous risques, le 6e tome de la série Agatha Raisin. Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais, venant d'achever la lecture du tome 7, je me suis sentie un peu obligée de rédiger quelques lignes sur le précédent opus.

Dans cette nouvelle aventure de notre quinquagénaire forte en gueule et détective amatrice, tout commence par un bilan bien triste de la vie sentimentale d'Agatha. Ceux qui ont déjà lu la série savent qu'elle devait épouser son voisin James Lacey (une relation qui s'était nouée tellement rapidement qu'on avait un peu de mal à y croire...), mais que celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle depuis qu'il avait découvert qu'elle n'était pas veuve comme elle le prétendait. "Heureusement", le tome 5 était là pour arranger les choses puisque le mari disparu se faisait assassiner après avoir refait brièvement surface. Bref, après cet épisode, James met les voiles.

C'est à Chypre qu'Agatha va le retrouver. Elle se retrouve rapidement mêlée à un groupe de touristes mal assortis, entre un couple de snobs et des parvenus très vulgaires dont elle ne comprend pas la proximité. Evidemment, comme le veut la tradition raisinesque, un meurtre a lieu. Agatha va profiter de sa proximité au sein de ce groupe pour enquêter tout en croisant le chemin de James... mais aussi celui de l'aristocrate Sir Charles Fraith, avec qui elle aura une petite aventure. 

Je suis devenue une inconditionnelle des aventures d'Agatha Raisin, pour l'ambiance doucement surannée, l'héroïne atypique et les errances à travers les Cotswolds, qui me permettent d'y retourner par procuration. Ce dernier aspect m'a manqué, même si je trouvais intéressant de découvrir Chypre dans les années 1990. Mon souvenir s'est un peu estompé. Pas un coup de coeur, mais il vaut mieux passer par là pour continuer le reste de la série.

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286 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques, 1997

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06/01/2018

Lancement du British Mysteries Month / 3e édition du Challenge annuel British Mysteries

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Ça y est, c'est décidé, je me lance de nouveau dans l'aventure du challenge British Mysteries ! C'est un challenge qui me tient particulièrement à coeur mais dont je voulais faire évoluer un peu le format. J'espère que vous aurez envie de vous joindre à moi, pour un, deux ou de nombreux billets.

Amoureux de l'Angleterre, amateurs de detective stories et de mystères (sur)naturels, ce challenge est pour vous !

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De quoi s'agit-il ?

Le cadre géographique : Angleterre, Ecosse, Pays de Galles ou Irlande (nord et sud).

La thématique du challenge : Les mystères britanniques et irlandais

- Detective stories contemporaines, policiers vintage et historiques 

- Essais, documentaires ou tout autre support traitant de meurtres non résolus (Jack the Ripper, l'affaire Caroline Luard, Madeleine Smith... - je vous recommande d'ailleurs la collection de BD " A Treasury of Victorian Murder") 

- Toute histoire ayant sa part de mystère, d'obscurité, voire, de surnaturel : ghost story, monstre du Loch Ness et autres légendes, maisons mystérieuses, portraits de mediums, le culte du deuil à l'époque victorienne...

- Tous les types de billet sont acceptés : 

  • Chroniques en rapport avec la littérature, la littérature jeunesse, les séries, films, BD, documentaires...
  • Présentation de documentaires écrits, audio et vidéo, d'essais, d'articles
  • Reportages, photos et récits de voyage :
    • Photos de maisons ou lieux dits hantées ou d'apparence étrange / de lieux tels que le Loch Ness / cimetières
    • Si vous avez effectué certains Ghost Tours dont raffolent nos amis d'Outre-Manche, suivi le Jack the Ripper Tour, visité les coins les plus obscurs d'Edimbourg... vos reportages et récits de voyage sont attendus avec impatience!

Les catégories :

Vous n'êtes pas obligés de choisir avant de débuter le challenge.

Esprit es-tu là ? : Manifestations sporadiques et inattendues, effet garanti - entre 1 et 5 participations.

Détective de Scotland Yardentre 6 et 10 participations, vous êtes devenu un limier expert.

Gardien de Highgate Cemetery : 11 participations et plus. Des histoires sombres, vous en avez vu passer depuis que vous détenez les clefs du célèbre cimetière. Aujourd'hui vous avez décidé de pousser pour nous quelques portes aux secrets bien gardés. 

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Dates du challenge : 

Jusqu'à fin décembre 2018 pour cette 3e édition.

Et en parallèle, je vous propose de nous retrouver sur une période plus courte, au mois de mars, avec un mois British Mysteries où nous pourrons prévoir des LC et échanger à la manière des challenges tels que le Mois anglais, ou encore le Mois italien au sein du challenge annuel Il Viaggio.

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Vous pouvez vous inscrire à la suite du billet ci-dessous, pour le challenge annuel ou / et le mois British Mysteries. Vous pouvez aussi vous inscrire au challenge annuel et participer a posteriori au mois thématique.

Vous pouvez aussi rejoindre dès maintenant le groupe facebook du challenge. Vous pourrez y mettre en avant vos lectures, partager des liens vers des articles, proposer des LC... ou tout simplement papoter.

Au passage, n'hésitez pas à proposer de nouveaux logos, vous avez toujours de superbes idées pour enrichir la "logothèque" des mois thématiques... je serais ravie de découvrir vos créations !

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Pour vous donner quelques idées :

Le recap de la 1ère édition 

Le recap de la 2e édition

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Don't be afraid ! Come in !

Sorry about the spiderwebs and those dreadful draughts...

Welcome to my humble abode...

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30/12/2017

Anne Perry, Un Noël en Sicile

perry_noel sicile.jpgLe roman de Noël d'Anne Perry est devenu une tradition pour moi, et cette année plus encore puisque j'ai lu trois titres différents. Avant que l'année ne s'achève je voulais vous présenter l'un d'entre eux. J'ai choisi Un Noël en Sicile, sorti en France pour ce Noël.

Anne Perry semble avoir déserté les salons anglais depuis quelques années, nous faisant  parfois voyager loin de la "perfide" Albion... mais il faut bien se renouveler. Dans ce nouvel opus, James Latterly se rend sur l'île de Stromboli - d'ailleurs, je m'interroge sur le titre français car il me semble que cette île fait partie des îles éoliennes. Je m'attendais à un récit se déroulant vraiment en Sicile.

Bref, James Latterly est un veuf encore jeune. Il a réussi financièrement mais n'est pas satisfait de son parcours et regrette notamment des choix de jeunesse et un manque de caractère, alors qu'il a grandi dans l'ombre d'un frère mort en héros et d'une soeur infirmière volontaire pendant la guerre de Crimée.

Latterly rencontre à son arrivée la jeune Candace, une adolescente orpheline en vacances avec son grand-oncle. Candace et Latterly se lient immédiatement d'amitié malgré leur différence d'âge. Dans la pension du chaleureux Stefano, au pied du volcan, Latterly va également faire la connaissance de personnages peu agréables : Bailey, toujours prêt à critiquer et provoquer ses compagnons de vacances, ainsi que Quinn, terne auteur d'un roman moderne et audacieux. Ce petit groupe est complété par Mrs Bailey, belle femme un peu fade ainsi que le colonel  Bretherton, qui l'admire vivement.

Anne Perry cherche à signer ici un roman d'ambiance, sur l'idée de rédemption, avec un Noël quasi-absent, si ce n'est à la fin, après une terrible épreuve, lorsque les cloches sonnent pour annoncer Noël.

Point de crime de départ : celui-ci n'intervient que dans le dernier tiers, même si on se doute depuis longtemps de l'identité de la future victime. La résolution est bâclée, sans surprise. La situation est même abracadabrante, ou du moins partiellement inexpliquée : par hasard, trois personnes liées par un journal intime se trouveraient en vacances en même temps. Pour le maître chanteur, on peut supposer qu'il ait découvert le journal sur place, mais pour les autres, rien ne nous dit qu'ils avaient une raison de se retrouver dans la même pension familiale de cette île. 

Mais l'intrigue n'est pas la principale préoccupation d'Anne Perry, qui se concentre davantage sur le volcan, personnage à part entière. On découvre un lieu sauvage et un volcan indomptable, imprévisible, qui règne sur l'île et la nature en maître absolu. Ayant effectué quelques séjours dans des îles volcaniques, ces passages évocateurs ont assez bien cerné mon ressenti... on ne découvre pas ce genre de paysage dans l'indifférence. En revanche, j'avoue que je m'attendais à une ambiance un peu différente, plus italienne. L'Italie se résume essentiellement à Stefano et à ses bons plats généreux. Des petits villages, de l'architecture, de l'ambiance, nous ne retrouverons pas grand-chose puisque nous nous attachons uniquement à un petit groupe d'Anglais qui ne se mêlent pas à la vie de l'île.

Pas indispensable, mais agréable et de saison.

Anne (Des Mots et des Notes) a été plus convaincue, je vous invite à lire son joli billet.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

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148 p

Anne Perry, Un Noël en Sicile, 2016


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24/11/2017

Anne Perry, La Disparue de Noël

perry_disparue de noel.jpgAllez, c'est parti ! Ce matin j'ai acheté quelques décorations à personnaliser, je suis en train de me faire un thé chai maison avec tout plein d'épices, je suis enrhubée... autant de signes annonciateurs de Noël ! Pour fêter son arrivée, quoi de mieux qu'un petit crime de Noël comme on les aime ? Voilà donc un chronique très tardive sur une lecture faite il y a des mois de cela pour le mois kiltissime. Un billet qui s'annonce donc pour le moins expérimental.

Si vous avez déjà fait une pause dans mon petit salon littéraire à cette période de l'année, vous avez probablement remarqué que je succombe régulièrement au Anne Perry de Noël, malgré des cuvées inégales.

A la période des fêtes, lors d'une réception mondaine en petit comité à la campagne, Isobel Alvie insulte Gwendolen Kilmuir en lui adressant des sous-entendus à peine voilés quant à son comportement. La jeune veuve entretiendrait-elle des relations inconvenantes avec un domestique ? La remarque blessante est faite en présence d'un parti intéressant semblant prêt à demander Gwendolen Kilmuir en mariage. Le lendemain, la jeune femme est retrouvée morte. Les convives semblent décidés à en faire porter la responsabilité à Isobel. Pour faire pénitence, elle devra annoncer la triste nouvelle et expliquer les circonstances du drame à la famille de Gwendolen.

C'est le début d'un long périple. Accompagnée de Lady Vespasia (personnage récurrent de la série Charlotte et Thomas Pitt), Isobel va entreprendre un voyage périlleux vers une région d'Ecosse encore indomptée par l'homme. Malgré les paysages sauvages et grandioses, le trajet ne s'annonce pas une partie de plaisir. 

Ma lecture date mais j'en garde un très agréable souvenir. Ce n'est pas tant la résolution du mystère qui importe ici que la description minutieuse de la société victorienne et de quelques femmes au caractère bien trempé forcées de faire preuve de courage - malgré tous les défauts d'Isobel. Il est question de rédemption et le récit s'achève sur une note positive. Une lecture cosy qui a le mérite de nous faire voyager et qui donne envie de sillonner l'Ecosse.

Ce titre fait partie de mes récits de Noël d'Anne Perry favoris.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

Ma première participation au Christmas challenge 2017 de Mya Rosa.

126 p

Anne Perry, La Disparue de Noël, 2003

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24/06/2017

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire

beaton mc_t5_Pour-le-meilleur-et-pour-le-pire.jpgJe poursuis ma découverte de la série Agatha Raisin avec Pour le Meilleur et pour le Pire, toujours avec le même plaisir. Si je n'ai pas eu la chance de savourer ce tome-ci dans une maison des Cotswolds, cela ne m'a pas empêché de le dévorer au cours d'un week-end prolongé.

[Attention, spoilers dans ce paragraphe pour ceux qui veulent lire la série mais n'ont pas encore lu le tome 4] Agatha Raisin s'apprête enfin à épouser son cher James, à l'issue d'une demande en mariage pour le moins subite. Le jour J, les éléments semblent se liguer contre elle : une crème anti-rides  lui déclenche une irruption de boutons qu'elle doit cacher en se tartinant de couches de fond de teint ; le vent envoie son chapeau dans une flaque boueuse ; et pour finir, le mari qu'elle espérait mort depuis longtemps refait surface pendant la cérémonie. A la crise de couple qui s'ensuit s'ajoute une nouvelle catastrophe : l'ancien époux d'Agatha est assassiné. Agatha et James se mettent à enquêter pour détourner les soupçons qui pèsent sur eux.

Un cinquième tome dans l'esprit des premiers. Agatha et James ne brillent pas vraiment sur cette affaire mais qu'à cela ne tienne, il est toujours aussi agréable de les suivre pendant leurs interventions d'amateurs inconscients du danger. Malgré les meurtres qui s'accumulent, ils continuent à se rendre chez des témoins et meurtriers potentiels et ne pensent que rarement à leur sécurité personnelle. Cette fois-ci, peut-être encore plus que d'habitude, Agatha a beaucoup de chance de s'en sortir !

On retrouve toujours ce petit côté Barnaby revisité avec une héroïne quinquagénaire un peu moins brute de décoffrage qu'avant, mais toujours aussi amusante. Son côté vulnérable ressort davantage et notamment son inquiétude face aux effets du temps qui passe. Notre Agatha est aussi une grande sentimentale finalement. A savourer avec une bonne tasse de thé à portée de main. Une fois encore, j'ai hâte de lire la suite !

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284 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire, 1996

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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

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07/06/2017

Susan Hill, Dolly

hill susan_dolly.jpgPour cette journée du Mois anglais consacrée à Susan Hill, j'ai choisi Dolly parmi les quelques titres en attente dans ma PAL (il doit en rester encore trois!). De cet auteur j'ai lu plusieurs histoires de fantômes (The Woman in Black et The Man in the Mirror) et des extraits de l'essai autobiographique consacré à ses lectures (Howards End is on the landing). Tentée par une petite histoire de fantômes, j'ai eu envie de découvrir une poupée sans doute effrayante à souhait. Susan Hill est douée pour recréer des atmosphères angoissantes, dans des récits gothiques de facture classique (aux influences victoriennes notamment). Tout à fait ce qu'il me fallait.

Le récit s'ouvre avec le retour du narrateur dans la vieille maison de sa tante décédée. Enfant, orphelin, il y avait passé un été en compagnie d'une cousine qu'il ne connaissait pas. Le lecteur découvre les évènements qui se sont produits à l'occasion de ces vacances, évènements qui influencent la destinée des personnages des années plus tard. Sans vouloir trop en dire, imaginez des bruits suspects, le crissement du papier en bruit de fond, des pleurs de poupée. Le tout dans une bicoque lugubre à proximité d'un cimetière.

Si j'ai pris plaisir à lire ce texte, avec le recul, je trouve qu'il manque un peu de consistance.

Dolly est un court roman qui frise avec la nouvelle et, à vrai dire, j'ai eu l'impression que Susan Hill avait un peu de mal à trouver le bon format pour ce récit. Un peu trop de développements pour être une nouvelle avec la chute que l'on pourrait attendre, mais un texte qui reste assez aride et un peu décousu, avec assez peu de matière.

Par ailleurs, Susan Hill utilise des ressorts classiques du récit gothique, mais on a l'impression qu'elle ponctue son histoire de micro évènements sans être capable de tout à fait les relier entre eux. Par exemple, quand le jeune narrateur ouvre pour la première fois l'armoire de sa chambre, il sent quelque chose lui souffler au visage sans la moindre explication. Par la suite, c'est une poupée qui hantera l'armoire mais elle n'est pas encore arrivée lorsque se produit ce premier incident. Sa cousine Leonora est horrifiée par son reflet dans l'eau et dans un plat en argent à l'église, sans qu'on sache ce qu'elle a vraiment vu. Leonora est rousse, elle a un caractère épouvantable et la gouvernante la suspecte d'apporter le Mal avec elle, mais ce point n'est pas vraiment confirmé ni clarifié à la fin. Et finalement, ce sont deux poupées - et non une - qui semblent porteuses ou victimes d'une étrange malédiction (chacun se fera son opinion), sans que le lien entre elles soit clairement établi. Je vous épargnerai mes multiples hypothèses mais, au final, aucune ne me semble tout à fait convaincante.

In fine, un roman d'atmosphère, sympathique mais soutenu par une structure légère. A réserver aux inconditionnels d'histoires de fantômes, aux amateurs de poupées inquiétantes et aux lecteurs de Susan Hill.

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153 p

Susan Hill, Dolly, 2012

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