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20/06/2013

Agatha Christie, A l'Hôtel Bertram

christie_hotel bertram.jpgJ'ai trouvé la lecture parfaite pour ce mois anglais... impossible de faire plus English ! J'ai ainsi posé mes valises à l'Hôtel Bertram en compagnie de cette chère Agatha... et découvert le paradis sur terre. Imaginez un hôtel des années soixante qui semble tout droit sorti de l'époque édouardienne, avec un portier bardé de médailles militaires, un préposé à l'art du five o' clock aux manières exquises et des muffins bien savoureux, "à l'ancienne". Imaginez des fauteuils de toute sorte faits pour s'adapter aux morphologies les plus diverses, un système de chauffage bien masqué et des feux ronflant dans le salon, une température adaptée aux pensionnaires (quelques degrés de plus pour les Américains que pour nos amis Anglais). Un hôtel où l'on croise du personnel d'époque, certes, mais aussi des hommes d'église, des majors et tout le gratin anglais d'un autre âge... tout ce qui fait le charme si typique, si anglais de l'hôtel aux yeux des riches étrangers qui y séjournent.

C'est là que Miss Marple a choisi de passer ses vacances, une quinzaine de jours à Londres pour revivre ses jeunes années... et qui trouve que tout a l'air un peu "faux" dans ce lieu qui finit par la mettre mal à l'aise. Elle remarque notamment une certaine Bess Sedgwick, connue pour son rythme de vie trépidant et ses exploits (voitures, avions, chevaux et divers accidents), ainsi que sa fille Elvira. Cette dernière n'a pas été élevée par sa mère mais tombe par hasard sur elle à l'hôtel. Elle pense bientôt que sa vie est menacée... quant aux autorités, elles enquêtent sur de spectaculaires fraudes qui semblent toutes mener finalement au Bertram.

On ne lit pas tant ce roman pour le suspense que pour l'ambiance délicieuse... et je ne peux que le recommander aux amateurs d'atmosphères anglaises, ils se régaleront !

D'Agatha Christie sur blog : La Maison biscornue ; Mon Petit Doigt m'a dit.

Lecture commune consacrée à Agatha Christie en ce Mois Anglais, avec : (j'actualiserai en fin de journée, n'hésitez pas à m'indiquer vos liens à la suite de ce billet :))

Et dans la mesure où l'hôtel Bertram se veut édouardien, je ferai une petite entorse à la règle et dirai que ce roman entre aussi dans le cadre du challenge British Mysteries (qui normalement s'arrête à l'entre-deux-guerres).

279 p

Agatha Christie, A l'Hôtel Bertram, 1965

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02/01/2012

Mystère victorien à Cloisterham

 dickens mystere drood.gifSi Le Mystère d'Edwin Drood ne compte pas parmi les romans de Dickens qui me tentaient le plus, j'ai souvent hésité à le lire afin de pouvoir enfin profiter des “drooderies”, variations diverses et variées sur le thème d'Edwin Drood, à commencer par le premier roman de Jean-Pierre Ohl (dont j'ai savouré avec un bonheur immense Les Maîtres de Glenmarkie à sa sortie), mais aussi L'Affaire D, repéré il y a quelques années et, plus récemment, Drood de Dan Simmons. J'espérais lire une ou plusieurs de ces suites au roman inachevé de Dickens pendant le mois anglais mais j'ai sans doute péché par excès d'optimisme à ce sujet. En revanche, j'ai enfin lu le fameux Mystère d'Edwin Drood qui a tant fait couler d'encre !

L'histoire débute à Cloisterham, petite ville tranquille en Angleterre : Edwin Drood, neveu bien-aimé de Jasper, vient rendre visite à son oncle et à la jolie Rosa Budd, orpheline. Tous deux sont fiancés depuis la naissance en raison des liens d'amitié qui unissaient leurs parents ; leur mariage s'approche et les deux jeunes promis ne cessent de se chamailler... cette union qui leur a toujours été présentée comme une évidence laisse peu de place aux sentiments et c'est le coeur plein de doutes que Rosa et Edwin semblent se résigner. A la même époque, le chanoine Crisparkle accueille chez lui le jeune Neville Landless (dont la soeur deviendra l'amie intime de Rosa au pensionnat). Ce jeune homme venu d'Inde, cet orphelin au tempérament violent s'éprend de Rosa et conçoit immédiatement des sentiments peu charitables envers Edwin, indigne de Rosa selon lui. Et il faut bien avouer qu'Edwin n'est guère attachant. Ce jeune citadin sûr de lui est assez agaçant et c'est avec un certain soulagement que j'ai appris sa disparition. Dès lors, la question est posée : Edwin Drood s'est-il absenté sans prévenir quiconque ? A-t-il été tué ? Et si oui, doit-on accuser le jeune Neville, comme semble le penser Jasper, oncle effondré ? Ou faut-il écouter l'instinct de Rosa qui, la première, commence à soupçonner Jasper, qui est amoureux d'elle et lui a toujours inspiré du dégoût ?

dickens_mystere drood2.jpgDickens étant décédé au milieu des livraisons prévues, nul ne saura jamais le fin mot de l'histoire ; pourtant les thèses ne manquent pas. Dans sa très intéressante biographie de Dickens, Jean-Pierre Ohl met notamment en avant une hypothèse intéressante : le coupable serait Jasper mais il serait atteint d'un dédoublement de la personnalité, d'où son comportement étrange, ses tirades inquiétantes et son addiction à l'opium. J'aime cette thèse faisant de Jasper un personnage plus inquiétant mais aussi plus humain, et ce plusieurs années avant la publication Dr Jekyll & Mr Hyde. Les arguments avancés par Ohl pour soutenir cette thèse me semblent intéressants ; il évoque notamment le fait que Dickens se soit vanté d'avoir trouvé une idée nouvelle (on écarterait alors par exemple le retour du héros, vivant finalement), son intérêt grandissant pour les personnages ambigus et doubles. J'ai repensé à divers passages qui m'avaient troublée à la lecture et avec cette thèse, les différents éléments du puzzle semblent se rassembler de manière plutôt satisfaisante. Ce serait en effet une issue originale, inédite à l'époque, alors que Dickens avait déjà largement usé des différents ressors du roman à sensation.

Je ne peux pas vraiment dire que cette lecture m'ait totalement enchantée en soi mais les questions qu'elle soulève et les pistes de lecture qu'elle m'apporte lui donnent un nouvel intérêt. Certains passages sont par ailleurs savoureux, de même que des personnages plus ou moins secondaires tels Durdles, tailleur de pierre qui passe des heures entières dans la crypte de la cathédrale, Mr Sapsea, imbécile se délectant de sa son génie ou encore Mr Grewgious, homme de loi au bon fond mais peu doué pour les relations humaines. On sent que Dickens s'est amusé à les créer et c'est pour le lecteur un vrai délice que de découvrir leurs petits travers décrits par la main du grand écrivain.

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Lecture commune autour de Dickens, partagée avec : CryssildaTitineKarineEliza, Perséphone.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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Charles Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood, 1870

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25/12/2011

Un thé au petit goût d'amande

christie_petit doigt.jpgGrâce à mon amie la terrible Titine, véritable tornade pour ma PAL, j'ai retrouvé cette chère Agatha Christie, que j'avais presque oubliée ! Curieusement, j'ai beau adorer l'Angleterre, me délecter de lectures anglaises, je n'éprouve - ou devrais-je dire n'éprouvais plus - de fascination pour cette sympathique dame. Quand j'avais douze ans, sur les conseils d'une copine, j'ai découvert Mort sur le Nil. J'étais dans ma période égyptienne, j'enchaînais les romans et livres plus sérieux sur l'Egypte ancienne, sur laquelle j'avais même écrit de petits textes. Bref, c'était l'Angleterre de mon adolescence (comme quoi j'ai finalement préféré les climats pluvieux). Mort sur le Nil a été un coup de coeur et j'ai rapidement lu quatre ou cinq Christie qui m'ont tous plu, puis j'ai oublié cet auteur aussi vite que j'y étais venue. J'ai bien fait une petite tentative avec La Maison biscornue mais malgré un bon moment, je n'ai pas non plus eu de révélation. C'était avant Mon petit doigt m'a dit, qui vient de me faire replonger. Si bien que ma PAL s'est alourdie de trois nouveaux Christie (elle en avait besoin, vous vous en doutez !).

Mr & Mrs Beresford, anciens détectives privés, rendent visite à la vieille tante Ada, ce vieux dragon qui prend toujours Tuppence pour une traînée et ne daigne parler qu'à son neveu. A l'occasion de ce court passage en maison de retraite, Tuppence Beresford rencontre une pensionnaire qui lui demande "s'il s'agissait aussi de l'un de ses pauvres enfants" et semble penser qu'il y a un cadavre dans la cheminée. Suffisamment éprouvés par quelques heures passées entre une vieille femme aigrie et une autre folle, les Beresford rentrent chez eux. Peu de temps après, Tante Ada meurt et le médecin de la maison appelle Thomas afin de lui faire part d'un petit souci : il semblerait qu'on meure souvent empoisonné au "Coteau ensoleillé. Mais il n'en fallait pas autant pour que Tuppence reprenne les bons vieux réflexes du métier : ayant hérité d'un tableau représentant une maison qu'elle est certaine d'avoir déjà vu, elle a cherché à se remettre en contact avec la femme ayant fait don de l'oeuvre à tante Ada (et qui n'est autre que la dame dérangée voyant des enfants coincés dans des cheminées)). Or cette pensionnaire a disparu. Son enquête la fera errer dans la campagne et les petits villages anglais (on en redemande !), où potins et histoires troubles ne manquent pas, s'il fallait encore épaissir le mystère.

Un excellent Agatha Christie, je me suis régalée d'un bout à l'autre ! L'histoire est bien ficelée et ne manque pas de ramifications, le ton est délicieusement anglais, le couple Thomas-Tuppence drôle et très attachant. Un petit moment de bonheur, savouré une tasse de thé à l'amande à la main !

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252 p

Agatha Christie, Mon Petit doigt m'a dit, 1968


*****

mon petit doigt m'a dit.jpgEn revanche le film m'a beaucoup moins plu. J'avais vu ce film ou une autre adaptation de Christie dans la même veine et je n'avais déjà pas trop accroché : beaucoup trop français à mon goût. Ayant lu le roman il y a juste quelques semaines, j'ai malgré tout eu envie de voir l'adaptation diffusée à la télévision depuis. Je reste sur mon sentiment mitigé, même si j'ai regardé le fim avec plus d'intérêt alors que j'avais abandonné en cours de route à chaque tentative précédente. J'aime beaucoup Catherine Frot et la trouve délicieuse et très drôle comme d'habitude, de même qu'André Dussolier. En revanche j'ai trouvé que plusieurs rôles secondaires ou plus mineure sont mal servis par des acteurs au débit mécanique. La transposition du cadre en Suisse n'est pas un problème en soi, si ce n'est que ce qui m'a tant plu dans le roman, c'est cette ambiance si British, que je n'ai bien sûr pas retrouvée. Le scénario prend des libertés avec le récit et extrapole. C'est parfois amusant mais on ne s'étouffe pas non plus de rire... tandis que  l'histoire est un peu difficile à suivre si on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, les révélations se succédant brutalement à la fin alors que certains personnages ou passages n'ont été qu'ébauchés précédemment. Bref, un film sympathique mais pour ma part, une petite déception.

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Mon petit doigt m'a dit, un film de Pascal Thomas, 2004

Une chronique rédigée dans le cadre du mois anglais, organisé par CryssildaTitine et moi et du challenge God save the livre d'Antoni.

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Je suis partie quelques jours mais je profite de ce billet pour vous souhaiter un joyeux Noël et de joyeuses fêtes, avec un petit clin d'oeil à mon sapin de cette année !

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17/12/2011

Last Christmas I met the Doctor

docwho.jpegPetit souvenir de Noël dernier.

Je suis tombée par hasard le 25 décembre sur trois épisodes de Noël de la série Doctor Who, pour le plus grand plaisir de mon cher et tendre désormais converti, bien plus que moi d'ailleurs (et au grand désespoir du reste des téléspectateurs qui nous entouraient et ont été traumatisés par cette incursion dans le monde halluciné du docteur).

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La Prophétie de Noël (2 épisodes - 2009)

Visiblement, il me manquait quelques épisodes pour tout comprendre à cette histoire qui de toute façon m'a un peu ennuyée.

Début de soirée. Le Tardis apparaît dans un vitrail. L'estomac bien rempli, l'esprit un peu embrumé Mr Lou et moi nous exclamons en choeur avec un enthousiasme déconcertant pour notre entourage: “un Tardiiiis, regarde !!!”.

Le générique arrive (ou était-ce juste avant ?). Nous voilà déchaînés, prêts à acclamer Docteur Tennant dès son arrivée. En attendant, nous accompagnons avec enthousiasme le générique : “Ouwiiou ouwiiou”!

Arrive le début. Une prison pour femmes, de grands malades, un peu de menace et là un grand méchant psychopathe revient à la vie grâce au sacrifice de ses disciples (les grands malades en question). S'ensuivent quelques scènes qui achèvent de traumatiser notre entourage : homme électrique qui peut s'envoler et dont on voit le squelette sur fond fluorescent lorsqu'il s'énerve. Summum de l'horreur, sa façon bien à lui de se déchiqueter et de dévorer tout ce qu'il avale.

Je vous ferai grâce de la suite. C'est compliqué.

Sachez tout de même que grâce à Doctor Who, l'humanité sera sauvée (on n'en attendait pas moins de lui). Au passage, le psychopathe qui mange comme un cochon mourra après avoir tenté d'asservir l'humanité et disparaîtront également les Seigneurs du Temps qui auront tenté de faire leur come back (avec à leur tête un Timothy Dalton assez névrosé).

Honnêtement, c'est la fin qui m'a intéressée, lorsque le docteur fait ses adieux aux différents compagnons qu'il a eus avant de se régénérer (séquence émotions - bye bye David Tennant !). Pour le reste, hormis la relation entre Wilfried et le docteur, j'aurais aussi bien pu me remettre au tricot ou sortir un Sudoku.

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Cyber Noël (1 épisode - 2008)

J'étais à deux doigts de renoncer lorsque j'ai vu qu'il y avait un troisième épisode que je ne pouvais absolument pas rater puisqu'il se passait en Angleterre en 1851.

Docteur Tennant débarque à bord de son Tardis. Le voilà en période de Noël, heureux, épanoui, lorsqu'il entend quelqu'un l'appeler et se montre encore plus ravi de cet appel au secour. C'est sans compter sur Rosita, qui le remet à sa place et lui apprend qu'elle n'appelle pas un docteur quelconque mais LE docteur. Car un autre Docteur est bien là, sympathique, enthousiaste et victorien jusqu'au bout des ongles. Pourtant ce nouveau venu semble un peu étourdi. Son Tardis est une mongolfière et ses outils ne sont que des objets quelconques, sans pouvoir spécifique.

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J'ai trouvé cet épisode excellent. Deux histoires se déroulent en parallèle : celle du docteur inconnu et du tandem qu'il forme avec Rosita, ainsi que celle de cybermen, qui ont décidé d'asservir le monde entier (pour changer), aidés d'une Victorienne manipulatrice et meurtrière comme les adore Mary Elizabeth Braddon. Beaucoup d'action, de l'humour et un cadre historique qui évidemment n'était pas pour me déplaire ! Un de mes épisodes préférés dans l'absolu (pour l'instant du moins).

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Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine.

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16/12/2011

Billet recap du mois anglais

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Avant le 15 décembre :

 

Jour 1 (15 décembre) :

 

Jour 2 (16 décembre) :

 

 

Jour 3 (17 décembre) :

 


Jour 4 (18 décembre) :

 

 

Jour 5 (19 décembre)

Jour 6 (20 décembre) :

 

Jour 7 (21 décembre) :

 


Jour 8 (22 décembre) :


Jour 9 (23 décembre) :


Jour 10 (24 décembre) :

 

  Jour 11 (25 décembre) :

Jour 12 (26 décembre) :

Jour 13 (27 décembre) :

Jour 14  (28 décembre) :

Jour 15 (29 décembre) :

Jour 16 (30 décembre) :

Jour 17 (31 décembre) :

 Jour 18 (1er janvier) : BONNE ANNÉE !!!

Jour 19 (2 janvier) :

Jour 20  (3 janvier) :

Jour 21 (4 janvier) :

Jour 22 (5 janvier) :

Jour 23 (6 janvier) :

Jour 24 (7 janvier) :

Jour 25 (8 janvier) :

Jour 26 (9 janvier) :

Jour 27 (10 janvier) :

Jour 28 (11 janvier) :

Jour 29 (12 janvier) :

Jour 30 (13 janvier) :

Jour 31 (14 janvier) :

Jour 32 (15 janvier) :

  

Challenge Le Mois anglais, du 15 décembre 2011 au 15 janvier 2012,  organisé par CryssildaTitine et Lou (ici-même).

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15/12/2011

Et voici Mrs Gaskell pour ouvrir le bal du mois anglais !

gaskell_north and south.jpgEn ce début de mois anglais, je me livre à un périlleux exercice car je vais tâcher de vous raconter ma première rencontre avec Elizabeth Gaskell. L'objet du délit était North and South et ma lecture date de l'été 2010, pendant que je me prélassais près d'un lac en Allemagne.

J'ai abordé ce roman avec de très grandes espérances, après avoir vu  et adoré l'adaptation de la BBC (que je compte revoir avant de la chroniquer ici). Cette adaptation m'avait en quelque sorte fait penser que ce roman pouvait avoir un air de Pride and Prejudice aux accents plus modernes, avec un roman à visée sociale, voire politique.

Je pense que le fait d'avoir vu l'adaptation avant a quelque peu nui à mon plaisir de lecture. Je m'attendais à un roman plus sentimental que ce qu'il n'est en réalité : ce n'est pas ce que je recherche dans un récit mais le fait est que je m'attendais à une histoire d'amour sur fond de contexte industriel, or c'est plutôt l'inverse que j'ai trouvé - j'imagine qu'une deuxième relecture me satisfera beaucoup plus car je n'aurai pas d'attentes parasites. Par ailleurs la série faisait de Margaret un personnage très attachant et c'est une jeune femme parfois assez agaçante que j'ai rencontrée. Margaret a une haute opinion d'elle-même et une vision des travailleurs assez particulière :

"Are those the Gormans who made their fortunes in trade in Southampton ? Oh ! I'm glad we don't visit them. I don't like shoppy people. I think we are far better off, knowing only cottagers and labourers, and people without pretence."

"You must not be so fastidious, Margaret, dear !" said her mother, secretly thinking of a young and handsome Mr. Gorman whom she had once met at Mr. Hume's."

"No ! I don't call mine a very comprehensive taste ; I like all people whose occupations have to do with land ; I like soldiers and sailors, and the three learned professions, as they call them. I'm sure you don't want me to admire butchers and bakers, and candlestick-makers, do you mamma ?" (p18-19)

En réalité cet extrait illustre bien le thème même du roman. Fille de pasteur, Margaret vit dans le sud de l'Angleterre et apprécie son quotidien assez simple à la campagne. Entourée d'un père studieux et d'une mère maladive et plutôt superficielle qui quelque part regrette d'avoir fait un mariage d'amour en-dessous de sa condition, Margaret est une fille aimante qui apprécie les bonheurs simples de la vie au prébystère  et qui est estimée dans les environs pour sa gentillesse et sa solicitude envers les pauvres de la paroisse. Malheureusement, suite à une controverse religieuse sur laquelle son père ne veut pas céder, la famille Hale est obligée de quitter Helstone pour une ville industrielle du Nord, Milton. Dans un pays en pleine révolution industrielle, le fossé qui sépare la ville et la campagne, les propriétaires terriens et les commerçants, le Sud et le Nord est encore énorme. C'est ainsi que Margaret va rencontrer Mr. Thornton, jeune industriel ayant fait fortune dans l'industrie du coton.

Tous les oppose : Margaret plébiscite le travail de la terre, la simplicité de la vie qu'on mène à la campagne et l'érudition de son père et de leur entourage. Elle n'a que mépris pour les self-made men peu instruits ayant fait fortune rapidement tels que Mr Thornton, qui consacre sa vie à son travail et cherche à s'instruire en faisant appel à Mr Hale, avec qui il devient rapidement ami. Thornton est de suite fasciné par l'inaccessible Margaret - bien que sa mère ne juge pas d'un bon oeil cette demoiselle pauvre qui s'imagine supérieuse à eux ; Margaret n'a que mépris pour lui et se prend rapidement d'amitié pour une famille d'ouvriers employés par Mr Thornton et vivant dans la misère. A noter que ce qui est amusant concernant Margaret, c'est que son idéalisation du sud est davantage dû à ses souvenirs et à son attachement pour ses parents qui y résident, car au début du roman elle vient de quitter Londres pour ce village, après avoir été élevée par sa tante, auprès de sa cousine.

roman anglais,challenge mois anglais,challenge anglais,époque victorienne,angleterre,angleterre xixe,elizabeth gaskell,north and south,nord et sud,roman industriel,roman industriel anglais,thornton,margaret halePlus j'y repense, plus je me rends compte combien j'ai apprécié cette lecture finalement. Ecrit au coeur du XIXe et par une femme qui plus est, ce roman dépeint avec minutie l'industrialisation brutale de l'Angleterre, sans faire dans le pathos ou trancher avec mièvrerie en faveur des ouvriers, auxquels étaient imposées des conditions de travail extrêmement difficiles, pour un salaire bien maigre. Certes, Gaskell dépeint bien les dérives d'une industrialisation qui, après avoir donné du travail à beaucoup, a rapidement pu imposer des conditions de travail honteuses compte tenu de la loi de l'offre et de la demande sur le marché du travail (on évoque même à un moment la possibilité de faire venir des Irlandais pour remplacer les Anglais en grève). Malgré tout, elle parvient à faire de Thornton, l'incarnation du capitalisme triomphant, un homme attachant, certes dur mais qui évolue au fil du temps, capable après réflexion de s'intéresser au sort de ses ouvriers et de chercher à se montrer plus juste. Quant à sa fortune, elle est également mise à mal par les aléas du marché : c'est un homme qui ainsi doit se remettre en question et sans cesse travailler. En ce sens il incarne une vision positive de l'entrepreneur, maître de son destin et non platement assis dans un fauteuil en attendant que les pièces tombent. Je trouve cette illustration intéressante au regard des diverses théories et controverses économiques qui déjà à l'époque ne manquaient pas, les visions simples d'Adam Smith et de Ricardo ne suffisant plus à expliquer le système en place.

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Les ressorts du roman victorien à multiples rebondissements sont bien présents également, avec cette pauvre Margaret qui traverse de terribles épreuves tout au long du roman, avant un véritable coup de chance. Sans compter un aspect secondaire mais essentiel au déroulement de l'histoire : son frère, qui était dans la marine, est accusé de trahison pour avoir refusé d'obéir aux ordres d'un capitaine odieux. Il risque la peine de mort et se tient ainsi éloigné des côtes anglaises, ce qui ajoute un peu de mystère à l'histoire de Margaret, tout en pointant du doigt le manque de discernement de la justice anglaise de l'époque.

En somme, voilà un roman dense dont je garde un souvenir assez précis - ce qui est un signe car j'oublie très souvent ce que j'ai lu il y a plusieurs mois. Un roman qui finit par une petite note romantique et amusante, Thornton et Margaret pensant aux réactions de leurs parents respectifs à l'annonce de leurs fiançailles (allez vous vous doutiez bien que cela finirait comme ça) : "That man !", "That woman !"

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Dans un certain sens, ces derniers mots pourraient s'appliquer à Elizabeth Bennet et Fitwilliam Darcy, que j'avais à l'esprit avant d'aborder ce roman. Il est vrai que Mrs Gaskell a choisi des personnages aux profils  rappelant ces deux héros de Jane Austen : fiers tous les deux, lui riche et elle pauvre (Thornton incarnant la nouvelle richesse tandis que Mr Darcy était l'exemple même du propriétaire terrien), les deux finissant par trouver un compromis et apprendre de leurs erreurs dues à un excès d'orgueil. Les parents de Margaret eux-mêmes ne sont pas sans évoquer le couple Bennet, entre le père rat de bibliothèque et indulgent, la mère encline à se plaindre de son triste sort et un peu frivole (par exemple il est dit au début du roman que son époux avait dû renoncer à toute lecture à voix haute pour égayer les soirées, car ces moments quelque peu studieux n'étaient pas du goût de son épouse) ; Mrs Thornton, la mère du héros, peut également rappeler Lady Catherine de Bourgh car elle a une haute estime d'elle-même et plus encore, de son fils adoré, mais au final malgré des airs sévères elle souhaite avant tout son bonheur - c'est aussi par jalousie qu'elle n'apprécie pas Margaret, qui lui dérobe son précieux enfant.

Un roman qui suscita à l'époque des débats entre Gaskell et Dickens : "The cordial business relationship between Gaskell and Dickens deteriorated over disagreements about North and South. Gaskell worried that Dickens's industrial novel Hard Times, which would be published first, might steal her thunder by treating the same themes she had. "I am not going to strike," Dickens wrote, "so don't be afraid of me." Dickens wished to shorten the part in which the heroine's father, an Anglican minister, doubts the trinity and other doctrines and decides to leave the church. He thought it "a difficult and dangerous subject." Gaskell refused and afterwards resisted having the work shortened, retitled, or shaped for serialization. Dickens vented his frustration to a friend, "If I were Mr. Gaskell, O heaven how I should beat her!" The relationship, although somewhat cooled, nevertheless survived these hard negotiations." (Extrait issu de la page consacrée à Gaskell sur le Dictionary of Unitarian & Universalist Biography)

A noter l'intéressant article de Wikipedia sur le lien entre le roman et l'adaptation.

D'autres avis sur ce roman : Lilly, Clarabel, Titine, Pimpi, Fashion, Wictoria, Emilie, Clara, Keisha, Karine:), Anou, Isil (la première à m'avoir donné envie de lire Gaskell, il y a déjà quelques années), A little bit dramatic... et depuis Jeneen (avec deux billets enthousiastes, un sur le roman, l'autre sur l'adaptation... Jeneen pour qui Thornton a détrôné Darcy, eh oui!).

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine, et pour le challenge God Save the Livre (20 livres lus).

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521 p

Elizabeth Gaskell, North and South, 1854-1855

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14/12/2011

Encore quelques heures...

logo mois anglais4.jpg... avant l'invasion anglaise, qui durera jusqu'au 15 janvier (et plus si affinités, il y en a bien qui ont commencé à publier leurs billets en avance - même moi mais c'était un tout petit billet, ça compte ?).

Pendant le mois anglais, nous vous invitons à parler anglais, penser anglais, respirer anglais, lire anglais, voir anglais, rêver anglais et plus encore, afin de nous abreuver de romans et de films anglais, de muffins, de scones, de photos... bref, sortez votre drapeau anglais, votre service à thé et vos Victoriens, this month will be highly English or will not be !

Beaucoup d'entre vous ont déjà rejoint le groupe facebook où nous parlons de tout et de rien et commentons le challenge au jour le jour : vous pouvez vous y inscrire à tout moment et c'est ici que ça se passe !

Nous avons aussi prévu des billets communs autour de :

-le 15 décembre : Elizabeth Gaskell
-le 22 décembre : William Wilkie Collins
-le 29 décembre : Daphné du Maurier
-le 2 janvier : Charles Dickens
-le 12 janvier : Jane Austen
 
On espère que vous serez nombreux à rejoindre notre salon de thé, la pièce est petite mais les fauteuils et banquettes ne manquent pas, l'arbre de Noël est installé, CryssildaTitine et moi-même serons heureuses de vous offrir un Christmas Tea !
 
England is beautiful, so will be our English month!

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05/11/2011

Le mois anglais

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Amis lecteurs et blogolecteurs, Victoriens en herbe ou aguéris, amoureux des douces contrées anglaises et adeptes du Fish & Chips, ce mois est pour vous !

logo mois anglais3.jpgSuite au mois Kiltissime que Cryssilda et moi vous avions proposé pour nous lancer dans de folles aventures en Ecosse, nous avons décidé de partir de nouveau en voyage ensemble, cette fois-ci accompagnées de Titine, pour une destination qui me tient très à coeur : l'Angleterre. Parce que je suis tombée amoureuse de la langue à la fin de l'école primaire et qu'ado je n'ai eu de cesse de me rendre en Angleterre et de partager magazines, cassettes et autres avec mes correspondantes anglaises ; parce qu'après avoir heureusement réalisé à temps que l'enseignement n'était pas fait pour moi et renoncé à une carrière de prof d'anglais improbable, j'ai continué à me rendre régulièrement dans ce pays auquel je suis profondément attachée ; parce que j'ai découvert que l'accent américain était sympa mais l'accent anglais finalement bien plus séduisant à mes oreilles ; parce que j'aime l'Angleterre y compris sous les pires averses et même lorsque je me suis retrouvée dans des maisons sans chauffage ni eau chaude en hiver ; parce que je déteste leur thé en sachet mais ne trouverai jamais en France des vitrines aussi raffinées que celles de Fortnum & Mason ; parce que depuis l'école primaire, parmi mes chanteurs et acteurs préférés les Anglais viennent presque toujours en tête ; parce que mes auteurs favoris sont anglais et que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent ont bouleversé ma vie de lectrice lorsque j'étais adolescente ; parce que j'aime les légumes à moitié cuits et les scones ; parce que j'aime chacun des endroits que j'ai visités et prévois encore d'innombrables voyages sur place ; parce que je n'exclus pas d'aller y vivre un jour ; enfin parce que je pourrais continuer comme ça pendant des heures (remarquez que je n'ai même pas cité Pride and Prejudice – car sinon on pourrait y passer la nuit). Bref, pour toutes ces raisons, je ne pouvais pas ne pas envisager ce mois anglais, que mes deux acolytes et moi avions hâte d'organiser.

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Le Mois anglais aura donc lieu du 15 décembre au 15 janvier. Vous pourrez au cours de ce mois publier autant de billets que vous le souhaitez sur : vos lectures d'auteurs anglais géniaux ; vos lectures de récits ayant pour cadre l'Angleterre ; des films anglais/se passant en Angleterre et donc potentiellement hautement intéressants ; des artistes que vous souhaiteriez présenter ; des photos de voyage ; des réalisations (scrapbooking, coûture...) so British – choses que je ne serai jamais capable de produire !

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Nous espérons que vous serez nombreux à prendre l'Eurostar ou le Ferry avec nous : mugs, Earl Grey, scones et CD des Beatles sont à votre disposition pour rendre le voyage plus confortable !

challenge,challenge anglais,mois anglais,challenge mois anglais,challenge kiltissime,angleterre,roman anglaisVous pouvez d'ores et déjà nous rejoindre sur le groupe Facebook du Mois anglais, où nous avons commencé à parler de la pluie et du beau temps (enfin plus souvent de la pluie, mois anglais oblige...), de nos futures lectures et de tout et n'importe quoi.

Comme nous avons de folles ambitions et surtout les yeux plus gros que le ventre, nous avons déjà prévu les billets communs suivants... n'hésitez pas à vous joindre à nous (avec la lecture d'un roman de ces auteurs, une adaptation ou une autre oeuvre en rapport avec eux) :

 

-le 15 décembre : Elizabeth Gaskell
-le 22 décembre : William Wilkie Collins
-le 29 décembre : Daphné du Maurier
-le 2 janvier : Charles Dickens
-le 12 janvier : Jane Austen

Et pour nous retrouver et laisser des liens vers vos billets, voici aussi les billets de lancement des trois organisatrices : Cryssilda, Titine et Lou sur ce blog. 

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