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17/09/2009

La fin d'une utopie

bd_phalanstère.jpgImaginez que vos parents, soucieux de votre éducation, vous abandonnent aux portes d'un établissement censé vous former pour les prochaines années. Imaginez maintenant que le pensionnat en question est un mélange d'opherlinat dickensien, de Mervyn Peake, de Tim Burton et de galère grecque. Que 364 jours par an, les eaux recouvrent le seul chemin menant à l'établissement, rendant toute visite ou tentative de fuite impossibles. Que le directeur est un vampire et que les élèves sont habillés dans des pyjamas rayés évoquant davantage le bagne que le système éducatif. Vous aurez une petite idée de ce phalanstère où j'ai traîné mes guêtres le temps d'une lecture.

Voilà un tableau morbide et, je vous l'accorde, l'histoire est dans le fond tout à fait épouvantable. Et pourtant, les monstrueux dessins ajoutent un aspect décalé, grotesque et même parfois comique à ce récit, qui devient une aventure fantastique enthousiasmante. Il s'agit d'un conte judicieusement sombre qui devrait plaire aux amateurs des diverses références citées plus haut. L'intrigue est solide et l'idée originale, tandis que les dessins en noir et blanc servent parfaitement le récit, avec des plans extrêmement bien choisis et quelques contrejours à l'effet intéressant. J'ai savouré cette promenade dans un monde halluciné... d'autres seraient-ils prêts à me suivre dans les couloirs du phalanstère ?

(PS : ce livre n'est pas un livre de vampires à proprement parler mais vu la place qu'occupe finalement cette créature dans le déroulement, j'irai classer cette BD dans mes Chroniques de vampires, toujours accessibles dans la colonne de gauche)

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116 p

Corbeyran et Bouillez, Le Phalanstère du bout du monde, 2001

06/09/2009

L'objet pratique du jour

BD_enfants capitaine grant.jpgAmis lecteurs, amis blogueurs, chers vous, chère Maryse,

Aujourd'hui, votre fidèle et dévouée a choisi de vous présenter un objet pratique, peu encombrant, ultra résistant, le tout  pour seulement quelques euros de rien du tout, n'est-ce pas beau chère Maryse ? Oui je sais c'est beau, presque trop beau même, absolument magnifique, et vous qui nous lisez, je suis persuadée que vous frétillez d'impatience à l'idée de découvrir l'objet pratique du jour.

Il s'agit de ce superbe, que blablaté-je ?, de cette unique pièce de collection qui ornera à la perfection votre salon, bref, vous l'avez deviné, il s'agit de cet album intitulé Delcourt Ex Libris, euh, non, pardon, c'est le fabricant, ah ah ah chère Maryse je suis toute troublée, je disais donc de cet album intitulé Les enfants du Capitaine Grant, une adaptation de l'œuvre de l'immense, du plus grand, du génie de la littérature, et c'est bien sûr, c'est bien sûr Maryse ? Mais oui, Jules Verne, bien sûr !

Pourquoi donc investir dans cet objet qui, je le rappelle, sera à vous pour la modique somme de je ne sais plus combien ? Eh bien Maryse, présentons donc à nos amis lecteurs la fiche technique de ce fabuleux objet du jour :

En l'espace de quelques pages, vous découvrirez un grand roman sans effort, tout en douceur, ce qui est ma foi diablement judicieux en ces temps de crise où il est bon d'être rentable (ce dont on se moque éperdument en la matière, et on a bien raison).

Vous qui aimez l'art, sans sortir de chez vous, en restant vautré sur un banc ou dans votre bon vieux fauteuil, vous aurez devant vous de supeeerbes illustrations qui vous raviront les mirettes (et Miss Lou de renchérir: vrai de vrai, foi de Miss Lou, le dessinateur est un orfèvre hors pair et mérite le déplacement ou la lecture à lui seul !).

BD_enfants capitaine grant 03.jpgVous n'aurez plus besoin de vous décarcasser pour vivre dangereusement, le trépidant Capitaine Grant participant pour deux à de folles aventures. Fini le temps des bâillements et des minutes passées à tourner en rond ou à zapper pour tomber sur des émissions débilitantes dont vous trouverez de toute manière les perles en couverture de tous les magazines de France et de Navarre d'ici la fin de l'été. A vous les traversées de l'Atlantique, la rencontre avec les Indiens d'Amérique et bien sûr, à l'horizon, un départ pour l'Australie !

Enfin, chers amis, Les Enfants du Capitaine Grant constitue un objet particulièrement esthétique qui ornera aussi bien votre table basse que votre bibliothèque ou, de manière moins conventionnelle, si vous meBD_enfants capitaine grant 04.jpg permettez chers amis, vos lieux consacrés au rafraîchissement.

En somme, amis lecteurs, chère Maryse et chers vous tous, voilà un objet du jour exceptionnel, à ne laisser passer sous aucun prétexte !

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46 p

Alexis Nesme, Les enfants du Capitaine Grant, 2009


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somoza_clef_abime_ptt.jpgJuste un petit mot pour vous signaler dans le cadre de la "rentrée" l'interview de Somoza, sur laquelle j'ai planché un peu cet été. Ce qui m'a d'ailleurs donné envie de lire cet auteur, enfin !

30/08/2009

Abracadabra !

BD_malle sanderson.jpgJe profite d'un coup de tête et d'un abonnement soudain à la médiathèque (accès gratuit aux livres, comment une livrovore de mon acabit pourrait y résister ?) pour découvrir des BD dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Parmi les 4 albums récemment choisis au hasard, La Malle Sanderson m'a permis de découvrir Jean-Claude Götting, que je ne crois pas avoir déjà croisé en sautant de bulle en bulle (hormis les couvertures françaises de Harry Potter que je trouve particulièrement moches, eh oui).

BD_malle_sanderson_01.jpgParis, dans les années trente. L'illusionniste Sanderson triomphe avec ses évasions et ses numéros de divination (« mind reading »). Recherché par la haute société qui s'est entichée de ses tours et serait ravie de l'exhiber dans des dîners privés, Sanderson rencontre Marie, l'épouse blasée d'un négociant de pierres précieuses qu'elle n'aime pas. Alors que notre héros s'apprête à réaliser à New-York une évasion spectaculaire, Marie se déclare prête à tout quitter pour lui. Ce qui ne serait pas souhaitable pour la carrière de son amant, à qui tout réussit pour l'instant.

BD_malle_sanderson_02.jpgSans être un coup de coeur, cet album m'a finalement beaucoup plu en raison de la chute ironique et cruelle qui apporte un élément de surprise à une histoire fluide et agréable, un peu trop peut-être. L'originalité tient surtout au portrait de l'illusionniste, dont les tours de magie sont pleinement offerts à la vue du spectateur qui découvre aussi bien le tour apparemment mystérieux que la solution rationnelle à l'inexplicable. Loin de prétendre avoir des dons surnaturels, Sanderson déclare publiquement que les magiciens qui se prêtent des pouvoirs ne sont que des charlatans. C'est un esprit cartésien, qui prend plaisir à concevoir les plans de ses « outils » d'évasion avec minutie, développant des mécanismes astucieux qui lui permettent d'innover par rapport à ses concurrents.

Sur le plan esthétique, les dessins en noir et blanc sont sobres et soignés. L'ensemble est agréable à l'oeil mais je dois avouer que ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus séduite. En somme, un album sympathique et un thème intéressant à découvrir même si pour ma part je reste un peu sur ma faim.

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109 p

Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson, 2004

08/03/2009

We could be heroes forever and ever

bd zelphire cover.jpgVoilà une BD fantastique qui devrait plaire aux amateurs de X-Men et de steampunk. Presque tous dotés de super pouvoirs, les héros du Réveil du Zelphire se métamorphosent en femme-pieuvre, en arbre vengeur ; certains usent de leur chevelure tentaculaire pour survivre, d’autres ont le pouvoir de tuer ou de sauver leur prochain d’un simple geste.

Dans un cadre qui n’est pas sans rappeler Dickens et une Londres victorienne, on découvre une source au miraculeux pouvoir de guérison, on suit les émois amoureux d’un Sylvan d’écorce et de sève, on rencontre un drôle de savant fou et une sombre famille qui, du haut de son repère, assassine des innocents au nom d’une quête mystérieuse. Vous vous en doutez, après moult péripéties, bons et méchants s’affrontent. Certains perdront la bataille, mais pas la guerre ! A quand le tome 2 pour connaître la suite ?

Un album qui se lit avec grand plaisir et que j’ai trouvé bourré de qualités : dessins adorables (parfois aux airs de manga), personnages sympathiques ou exquisément atroces, beaucoup d’humour, des décors charmants, une histoire haletante… ajoutons à cela certaines vignettes caractérisées par une économie de moyens dont l’illustrateur tire très bien partie et nous voilà forcés de conclure avec enthousiasme. Sans parler des dernières pages où figure notamment une parodie de Goya. Décidément, j’en redemande !

Egalement lu et approuvé par Mr Lou.

Merci aux éditions Bayou et à Sonia pour ce délicieux moment de détente !

D’autres avis : Tamara (qui a organisé un jeu-concours pour recevoir cette bande-dessinée) ; la rédaction de WART ; Benjamin Roure.

128 p

Le Réveil du Zelphire, Tome 1, 2009

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