06/09/2009

L'objet pratique du jour

BD_enfants capitaine grant.jpgAmis lecteurs, amis blogueurs, chers vous, chère Maryse,

Aujourd'hui, votre fidèle et dévouée a choisi de vous présenter un objet pratique, peu encombrant, ultra résistant, le tout  pour seulement quelques euros de rien du tout, n'est-ce pas beau chère Maryse ? Oui je sais c'est beau, presque trop beau même, absolument magnifique, et vous qui nous lisez, je suis persuadée que vous frétillez d'impatience à l'idée de découvrir l'objet pratique du jour.

Il s'agit de ce superbe, que blablaté-je ?, de cette unique pièce de collection qui ornera à la perfection votre salon, bref, vous l'avez deviné, il s'agit de cet album intitulé Delcourt Ex Libris, euh, non, pardon, c'est le fabricant, ah ah ah chère Maryse je suis toute troublée, je disais donc de cet album intitulé Les enfants du Capitaine Grant, une adaptation de l'œuvre de l'immense, du plus grand, du génie de la littérature, et c'est bien sûr, c'est bien sûr Maryse ? Mais oui, Jules Verne, bien sûr !

Pourquoi donc investir dans cet objet qui, je le rappelle, sera à vous pour la modique somme de je ne sais plus combien ? Eh bien Maryse, présentons donc à nos amis lecteurs la fiche technique de ce fabuleux objet du jour :

En l'espace de quelques pages, vous découvrirez un grand roman sans effort, tout en douceur, ce qui est ma foi diablement judicieux en ces temps de crise où il est bon d'être rentable (ce dont on se moque éperdument en la matière, et on a bien raison).

Vous qui aimez l'art, sans sortir de chez vous, en restant vautré sur un banc ou dans votre bon vieux fauteuil, vous aurez devant vous de supeeerbes illustrations qui vous raviront les mirettes (et Miss Lou de renchérir: vrai de vrai, foi de Miss Lou, le dessinateur est un orfèvre hors pair et mérite le déplacement ou la lecture à lui seul !).

BD_enfants capitaine grant 03.jpgVous n'aurez plus besoin de vous décarcasser pour vivre dangereusement, le trépidant Capitaine Grant participant pour deux à de folles aventures. Fini le temps des bâillements et des minutes passées à tourner en rond ou à zapper pour tomber sur des émissions débilitantes dont vous trouverez de toute manière les perles en couverture de tous les magazines de France et de Navarre d'ici la fin de l'été. A vous les traversées de l'Atlantique, la rencontre avec les Indiens d'Amérique et bien sûr, à l'horizon, un départ pour l'Australie !

Enfin, chers amis, Les Enfants du Capitaine Grant constitue un objet particulièrement esthétique qui ornera aussi bien votre table basse que votre bibliothèque ou, de manière moins conventionnelle, si vous meBD_enfants capitaine grant 04.jpg permettez chers amis, vos lieux consacrés au rafraîchissement.

En somme, amis lecteurs, chère Maryse et chers vous tous, voilà un objet du jour exceptionnel, à ne laisser passer sous aucun prétexte !

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46 p

Alexis Nesme, Les enfants du Capitaine Grant, 2009


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somoza_clef_abime_ptt.jpgJuste un petit mot pour vous signaler dans le cadre de la "rentrée" l'interview de Somoza, sur laquelle j'ai planché un peu cet été. Ce qui m'a d'ailleurs donné envie de lire cet auteur, enfin !

23/02/2009

Sous le soleil des tropiques...

maugham.jpgUn vrai billet avec de vrais livres, des héros fougueux, de folles péripéties et un (un)happy end, vous n'y croyiez plus ? Il faut dire que mon défi douteux du nombre de mots à la minute masquait mal mon retard sensationnel et mon manque de temps tout aussi abyssal ! Eh bien, amis lecteurs, grâce à SuperMrLou qui nous prépare un somptueux repas en direct de sa kitchenette, je vais enfin pouvoir prendre le temps de causer littérature (si si, ça m'arrive !).

Et le sujet du jour, mes amis, n'est autre que Le Fugitif, écrit par l'incontournable Somerset Maugham et offert en l'occurrence par Lilly, déjà séduite par un autre roman du même auteur.

 

En échange de ses services, le docteur Saunders embarque à bord du Fenton, voilier dirigé par la pire des fripouilles, le capitaine Nichols, qui navigue selon toute vraisemblance sous les ordres d'un certain Fred Blake. Celui-ci a soi-disant été confié aux bons soins de Nichols pour des problèmes de santé nécessitant un changement d'air. En réalité Blake semble mêlé à de sombres histoires en Australie, son pays natal. Meurtre ? Complot politique ? Les hypothèses ne manquent pas.

La première partie du roman concerne la rencontre entre les trois personnages puis leur voyage à bord du Fenton. Amateur d'opium et fin observateur de l'âme humaine, le docteur souhaite quitter une île où rien ne se passe afin de profiter de vacances inopinées. Foncièrement méchant et crapuleux, Nichols souffre de problèmes de digestion et impose à Blake la présence du docteur. Quant au troisième larron, il est maussade pendant l'essentiel du trajet et ne dévoile presque rien de son passé, malgré une tendance à compulser les journaux anglo-saxons avec frénésie dès qu'il en a l'occasion. Cette première partie où il se passe finalement peu de choses (si ce n'est une tempête) permet de bien cerner les différents personnages à travers des discussions apportant beaucoup d'éléments nouveaux.

Après une tempête, le Fenton arrive en territoire hollandais, sur une petite île autrefois prospère. Les anciennes propriétés cossues tombent à moitié en ruine, beaucoup de propriétaires ont abandonné leur domaine et pourtant, le lieu est étrangement envoûtant. Les trois compères y font escale et rencontrent Erik Christessen. Jeune, dynamique, chaleureux, Erik a le coeur sur la main et gagne immédiatement la confiance de Blake, qui semble métamorphosé en sa présence. Grâce à Erik, le lecteur fait la connaissance d'une famille propriétaire d'une plantation et, en particulier, de Louise. Autour d'elle va se nouer un drame compliqué que je vous laisse découvrir.

J'ai lu avec beaucoup de plaisir ce roman pourtant assez différent de ce que j'ai l'habitude de lire. Sans être un vrai roman d'aventures, il en emprunte certains codes et l'univers : capitaine roublard, tempête, héros mystérieux, beauté pure et inaccessible, rencontres improbables, dénouements symboliques, îles étranges, moustiques, eau traître et j'en passe. Pourtant très en marge de l'essentiel du récit, l'amour joue un rôle fondamental dont on ne s'aperçoit qu'assez tard ; et encore, ce n'est que l'idéal amoureux qui berce l'un des personnages qui entraîne une série d'actions décisives aux conséquences fatales. L'univers est très masculin, tandis que les relations entre les hommes sont quelque peu ambigües. La force inégalable de leurs relations, leur complicité et plus encore, la manière dont le corps masculin est perçu par le docteur Saunders font de l'homosexualité une thématique sous-jacente. La complexité des personnages rend le roman particulièrement intéressant : moralement répugnant, Nichols est malgré tout amusant et acquiert facilement la sympathie du lecteur, tandis qu'en dépit de ses bonnes actions le docteur laisse entrevoir des pensées peu louables. Très détaché, indifférent au sort de son prochain, Saunders fait penser à un spectateur qui se réjouirait de la scène dramatique à laquelle il vient d'assister.

Au final, la forme est plutôt légère. On part volontiers en voyage à bord de cette coquille de noix qu'est le Fenton, on découvre endroits exotiques et personnages hauts en couleur en jubilant. Pourtant le roman est assez sombre et dresse un portrait dans l'ensemble pessimiste de l'âme humaine. Peut-être faut-il plutôt y voir une volonté de ne pas tomber trop facilement dans le piège du manichéisme. Comme le pressent Louise, on cherche en elle un idéal sans accepter la femme qu'elle est réellement.

Une sombre mais bien belle escapade sous les tropiques, en compagnie d'un auteur que je voulais lire depuis longtemps et que je ne manquerai pas de relire ! Et une très bonne découverte parmi les classiques britanniques !

Merci encore Lilly pour cet excellent choix et ce très beau cadeau !

222 p

Somerset Maugham, Le Fugitif (the Narrow Corner), 1932

 

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